samedi 8 août 2020

The Mask (Delirium - Septembre 2019)

 

Tout le monde porte en soi une part d’ombre, d’insondables ténèbres dans les profondeurs de notre subconscient. Pour certains, c’est juste une petite voix qui se fait entendre de temps en temps. Mais pour d’autres, comme Stanley Ipkiss, c’est une véritable pulsion tapie juste sous la surface et qui ne demande qu’à apparaître au grand jour…

 

Quand Stanley achète pour sa petite-amie Kathy un étrange masque vert, il ne se doute pas que ce simple geste va bientôt chambouler toute sa vie. L’envie lui prend, après une énième dispute, de mettre le masque sur son visage, juste pour voir… et il devient alors Big Head, un psychotique de la pire espèce capable d’à peu près tout tant qu’il peut l’imaginer, et invulnérable de surcroit !

 

En l’espace d’une nuit, Stanley va déchaîner un véritable enfer dans les rues de la ville, s’en prenant à toutes les personnes qui lui ont fait du tort un jour ou l’autre, parfois même totalement gratuitement pour tester ses aptitudes. Les cadavres dans son sillage s’accumulent rapidement, et le lieutenant de police Kellaway est contraint de sortir l’artillerie lourde pour tenter d’en venir à bout. Finalement, c’est de Kathy que viendra la solution, quand elle comprendra que le masque et Stanley ne font qu’un. Désespérée après s’être débarrassée de Stanley, Kathy décide de confier le masque au lieutenant Kellaway avec pour instruction très stricte de ne jamais le mettre.

 

Mais évidemment, les meilleures blagues sont celles qui se répètent souvent ! Kellaway en vient lui aussi à enfiler l’étrange masque vert et devient à son tour un avatar de Big Head, décidé cette fois-ci à répandre la justice dans une ville corrompue, une justice expéditive bien sûr et avec un humour très noir à fort dosage. Les médias ne savent plus où donner de la tête : Big Head, tueur en série fou furieux ou héros inconnu qui nettoie les rues ? Kathy, elle, sait que la véritable nature du masque va finir par prendre le dessus tôt ou tard, et qu’il faut mettre un terme à ses agissements au plus vite !

 

De fil en aiguille, et surtout dans un nouveau bain de sang, le masque va passer entre les mains d’un petit malfrat peu sûr de lui qui deviendra lui aussi Big Head, avec comme ambition affichée d’être le nouveau parrain de la pègre ! Et pour ça, tous les moyens sont bons, à commencer par la méthodique et très sale extermination de tous les clans rivaux ! Avec Kellaway hors-jeu, Kathy est désormais la seule personne à pouvoir faire quelque chose pour tenter de récupérer le masque, quitte à user de ses charmes pour cela.

 

Mais même elle n’est pas insensible au chant ténébreux et envoûtant de l’artefact, et elle finit par l’enfiler à son tour pour débarrasser la ville des ultimes responsables de ses malheurs. Kathy pense être capable de garder le contrôle malgré la folie qui la dévore peu à peu, et elle ne devra son salut qu’à l’intervention de la dernière chance d’un allié de confiance… ou peut-être un nouveau coup tordu du masque pour chercher un nouveau propriétaire. La fête ne fait que commencer !

 

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Dans ce très bel album de chez Delirium, nous avons droit aux deux premières grandes histoires parues sur cet étrange masque qui dévoile la personnalité enfouie de son détenteur et le pousse à des actes absolument horribles pour assouvir ses moindres désirs secrets. The Mask et Le retour du masque sont deux récits complémentaires et qui se suivent de très près, mettant en scène les mêmes personnages principaux gravitant autour de l’objet maudit, chacun avec ses propres raisons.

 

Si comme moi vous faites partie de la génération qui a été bercée avec le célèbre film homonyme mettant un Jim Carrey délirant à souhait en vedette… eeeh bien passez votre chemin, parce qu’ici le masque, ou plutôt Big Head quelle que soit son identité, n’est pas du tout un justicier tordu avec beaucoup d’humour et de gags potaches en réserve. Ici, c’est un meurtrier de sang-froid, aussi malsain que le Joker par exemple, avec une invulnérabilité toute relative et surtout un leitmotiv récurrent : semer le chaos partout, tout le temps. La Justice au sens propre ne l’intéresse absolument pas, ce qui compte en premier lieu c’est de révéler et d’exacerber les plus mauvais côtés de la personnalité de son propriétaire du moment. Le masque passe d’un hôte à l’autre avec à chaque fois une conclusion sanglante et glaçante d’ironie. A ne clairement pas mettre entre toutes les mains.

 

Le Stanley Ipkiss que l’on voit ici en premier n’est qu’un raté qui passe trop de temps à se soucier de ses vieux démons, rien à voir avec l’adorable amateur de cartoons du film des années ’90. Le côté justicier extrême vient plutôt de Kellaway ainsi que ce sens du spectacle tout particulier, et ainsi de suite pour chaque détenteur du masque. Chacun laisse sa marque, son empreinte, et le Stanley du film de notre enfance n’est qu’un amalgame des meilleures parties de ses tristes avatars de papier. Je comprends totalement pourquoi le film a été à ce point édulcoré en lisant enfin l’œuvre d’origine, qui est vraiment prenante et qui se lit d’un bout à l’autre sans pause ni détours. Mais cette violence à la fois graphique et morale, que l’on doit aux auteurs John Arcudi et Doug Mahnke sur une idée de base de Mike Richardson, à vraiment de quoi mettre mal à l’aise par moments si on n’est pas enclin à ce genre d’humour très très noir et très très froid.

 

The Mask est une œuvre décomplexée comme il en a existé plusieurs durant les années ’80 et surtout ’90, terreau fertile pour des auteurs hors-limites. Mais peu d’histoires vont aussi loin dans le lâcher-prise et la violence gratuite, même si quelques lignes rouges ne sont jamais franchies afin de conserver un minimum de décence dans toute cette folie. Au final, qui des auteurs ou des lecteurs sont les plus séduits et possédés par le masque ? A vous de trancher.

 

Attention, pour être bien clair là-dessus, c’est une lecture que j’attendais vraiment avec impatience et que j’ai dévoré avec plaisir, mais qui m’a beaucoup surpris et désarçonné par moments, donc je vous conseille de ne pas vous faire de fausse idée avant de vous lancer dans ce pavé de très bonne qualité par ailleurs. Peut-être que le reste des aventures du masque maudit sera publié un jour, je l’espère en tout cas, et chez Delirium si possible !

Pour finir, je vous conseille une petite série cross-over du dessin-animé avec l’univers DC, dans laquelle le Joker s’empare du masque et fait régner la terreur à Gotham. Imaginez un peu ce que peut donner un objet révélant les plus mauvais côtés de votre personnalité chez un dingue qui ne vit déjà que pour semer le désordre partout. A lire au plus vite, Joker/Mask est aussi le chant du cygne officiel de la série avec une conclusion assez triste qui surprend elle aussi dans toute cette débauche de gags de mauvais goût.

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 7 août 2020

La V.O. du vendredi n°155 : Avengelyne tome 1 - Devil in the flesh (Image Comics - Février 2012)


Autrefois membre d’une garde d’élite du Paradis, l’ange Avengelyne a été déchue de ses ailes et de son rang pour avoir questionné l’amour de Dieu envers les humains. Désormais presque humaine elle-même, elle tente de gagner sa rédemption en luttant contre les forces du Mal sur Terre au nom du Seigneur, avec l’aide du Père Peter de la Nouvelle Église, basée à New York.

 

Dans leur tâche apparemment sans fin, les deux justiciers du Bien vont rencontrer un nombre croissant de créatures infernales et d’ennemis acharnés, mais rien ne parviendra à les séparer ! Sauf quand Avengelyne se réveille soudain dans le corps d’une autre femme, totalement étrangère, tandis que son propre corps est possédé par nul autre que le grand Dragon Rouge, l’incarnation du Mal à l’état pur, le tout premier Déchu.

 

Grâce à l’aide du Père Peter et surtout de l’ange de la Mort Passover en personne, Avengelyne va réussir à regagner son propre corps et à bannir de nouveau le Dragon Rouge jusqu’aux tréfonds des Enfers, mais ce-dernier sait que ce n’est jamais que partie remise et que les occasions de se manifester à nouveau seront nombreuses dans un avenir très proche. Alors, il attend, ses émissaires zélés faisant tout leur possible pour rendre la vie des gens de bien insupportable.

 

Quand un tueur en série s’en prend aux femmes de mauvaise vie de New York, Avengelyne et Passover découvrent qu’il s’agit en réalité d’un démon cherchant à collecter des âmes pour augmenter sa puissance et la terreur qu’il répand. Après un rapide combat l’ennemi est défait et son hôte humain est incarcéré, mais le mal est fait de toute manière. C’est dans ce contexte de terreur dans les rues nocturnes qu’apparaît alors un nouveau sauveur très expéditif, le Prêtre, qui extermine purement et simplement ceux qu’il considère comme de la racaille. Deux faces d’une même pièce...

 

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Je vais être honnête avec vous tout de suite, j’ai avant tout été séduit par la couverture de l’album, sans même avoir fait de recherche préalable sur l’histoire de la série et de son personnage principal, créé par Rob Liefeld, le papa de Deadpool chez Marvel notamment et l’un des fondateurs d’Image dans les années ’90. Et je ne cacherai pas ma déception en ouvrant l’album et en tombant sur un dessin très simpliste, limite cartoon, et une intrigue finalement assez peu originale. C’est du vu et revu dans le domaine du surnaturel, on est bien en terrain connu et la seule qualité du récit vient de quelques brefs visuels un peu plus étudiés que l’ensemble.

 

Les couvertures de chaque chapitre sont signées par Liefeld, quoi de mieux pour vendre la renaissance de sa créature, mais la déception est donc toujours au rendez-vous lorsque l’on se rend compte que l’artiste choisi pour cette résurrection, Owen Gieni, n’a pas du tout le même niveau que le boss, loin de là même. Dommage… ah, et le coscénariste, Mark Poulton, ne fait guère mieux à son propre niveau. Autant dire que c’est un bilan assez mitigé, je ne regrette pas cependant car dans les bonus il y a toutes les couvertures de Liefeld et des dessins inédits ainsi qu’un récapitulatif des différents personnages contenus dans cette histoire depuis sa fondation. Mais bon, avouons que c’est cher payé tout de même pour seulement quelques pages de plaisir !

 

L’album en lui-même est de bonne qualité et la fabrication a été soignée, c’est un hardcover du plus bel effet avec couverture vernie, il ne contient que 6 chapitres mais on a l’impression d’en avoir davantage, évidemment surtout grâce aux bonus de fin de lecture. Si vous avez l’occasion de vous retrouver face à des chapitres des origines, sûrement mieux dessinés, faites-vous plaisir mais si possible évitez ce reboot pas très inspiré ni inspirant, qui a ses qualités mais aussi beaucoup de gros défauts. On ne gagne pas à tous les coups !

jeudi 6 août 2020

Sexy Cosplay Doll tome 3 (Kana - Mai 2020)


Une nouvelle venue fait son entrée dans la vie de Gojô ! Elle se nomme Sajuna et est en réalité bien plus âgée que son petit corps le laisse croire. Mais avant tout, c’est une experte dans le domaine du cosplay, et elle a une demande très sérieuse à soumettre à Gojô après avoir vu les photos de Marine dans son costume fait sur mesures. Celle qui est plus connue dans le milieu sous le pseudo de Princesse Juju veut également son propre costume des mains de Gojô !

 

Marine, qui est une grande fan des photos de Juju, n’en revient pas et demande aussitôt à faire un cosplay en équipe avec elle, ce que Juju accepte puisque cela lui permettra de bénéficier d’une réduction pour le coût du studio à louer et surtout de l’expertise et du talent de Gojô pour son costume. Alors qu’on pourrait la penser calculatrice et légèrement jalouse, Juju est en fait en admiration totale devant le travail de Gojô et celui-ci comprend qu’il vient de vivre, par la création d’un cosplay, ce grand moment de joie dont lui parlait autrefois son grand-père quand un client s’émerveillait sur le travail d’une poupée traditionnelle !

 

Au comble du bonheur, Gojô accepte donc et se met à bûcher sérieusement l’anime dont sera issu le cosplay de Juju, une magical girl du nom de Shion, en compagnie de Marine qui bien évidemment est fan elle aussi de cette série et en possède tous les épisodes. L’occasion pour elle de se rapprocher encore un peu de Gojô, qu’elle aime sincèrement maintenant elle en est certaine !

 

Quand vient le moment du repérage des lieux en compagnie de la photographe officielle de Juju, qui n’est autre que sa petite sœur Shinju, Gojô en arrive à comprendre les motivations profondes de Sajuna pour faire du cosplay, et ce que cela représente pour elle. Loin d’être attentive au regard public, elle fait tout cela avant tout pour elle-même et se sentir mieux dans sa peau en se rapprochant de ses idoles animées. Son succès est venu assez vite après les premières photos prises par sa sœur, et depuis la barre ne cesse d’être placée plus haut. Un défi de taille que Gojô se sent prêt à relever, avec les encouragements de son grand-père qui est enfin rassuré en voyant que son petit-fils se livre à ses propres passions.

 

Quant à Marine, elle projette de passer tout l’Été en compagnie de Gojô, du moins le plus de temps possible, et d’en profiter pour peut-être lui déclarer sa flamme au passage. Pour le moment elle fait encore le tri dans ses sentiments et met de l’ordre dans ses idées, mais elle ne peut pas nier le vif intérêt qu’elle porte au jeune homme si réservé et appliqué. Décidément oui, ces vacances promettent beaucoup…

 

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Et voilà déjà le troisième tome de cette petite série super intéressante et toujours aussi bien détaillée sur le monde du cosplay ! Cette fois la part belle est faite à un sujet très important dans le domaine : la photographie ! Et par extension, le matériel adéquat et la gestion de la luminosité et des ombres naturelles, par exemple. Tout vous sera expliqué et présenté de façon très simple et facile à comprendre, une véritable aubaine !

 

Un nouveau personnage rejoint donc notre duo, ou plutôt deux personnages puisque Juju ne va pas sans sa sœur cadette Shinju, et le prochain cosplay en équipe avec Marine devrait être assez plaisant pour les deux filles comme pour Gojô qui va avoir beaucoup de travail sur les bras encore une fois. Mais pour le coup, aucun impératif de temps cette fois, il peut se mettre au boulot sans stresser, du moins pas autant que pour le premier cosplay de Marine ! Et à côté de ça, la relation qu’il entretien justement avec Marine évolue plutôt dans le bon sens, il serait temps qu’une petite touche d’intimité se fasse autour d’eux…

 

C’est toujours aussi bien raconté et dessiné, un grand merci à Kana de nous livrer cette série dans sa collection ‘’Big Kana’’ et surtout un grand grand bravo à Shinichi Fukuda qui parvient pratiquement sans peine à nous séduire et à nous transporter au cœur des sujets les plus importants et cruciaux du monde du cosplay, qui au final recoupe beaucoup de domaines artistiques variés mais complémentaires ! On en saura certainement davantage encore la prochaine fois, le quatrième tome étant annoncé pour la fin du mois. Un peu de patience donc !

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 5 août 2020

Heroes in Crisis (Urban Comics - Novembre 2019)


Il arrive parfois que les héros soient blessés, physiquement le plus souvent, mais aussi psychologiquement et moralement après de rudes épreuves. Pour les aider à s’en remettre et à se relever, il existe un endroit, tenu secret : le Sanctuaire. Fondé par la Trinité (Wonder Woman, Batman et Superman) et destiné à abriter tous leurs alliés ayant subi de profonds traumatismes, c’est un lieu idéal où chacun peut rester anonyme et travailler sur soi en toute quiétude.

 

Mais cette paisible atmosphère va être bouleversée d’un coup quand tous les résidents sont assassinés sauvagement par un mystérieux bourreau ! Il n’y a que deux survivants : Booster Gold… et Harley Quinn. Et évidemment, les deux sont aussi suspects l’un que l’autre. Pourtant, chacun clame son innocence et tente de prouver que c’est l’autre qui a perpétré ces meurtres atroces.

 

Batman mène évidemment son enquête mais piétine, les éléments essentiels refusant de se plier à sa logique. Quelque chose le dépasse dans toute cette affaire… Harley va trouver de l’aide auprès de Batgirl, qui décide de faire sa propre enquête de son côté en sa compagnie. Quant à Booster Gold, rejoint par le Blue Beetle original, il tente tant bien que mal d’encaisser le choc et de prouver lui aussi son innocence dans cette histoire.

 

Se pourrait-il que le Sanctuaire ait eu une faille ? Quelqu’un aurait-il pu découvrir cet endroit, un ennemi acharné peut-être ? Ou bien quelqu’un qui était déjà à l’intérieur… un traître ? Bientôt, des confessions intimes de chacun des héros hébergé dans le Sanctuaire commencent à arriver sur le bureau de Lois Lane, qui n’aura pas d’autre choix que de rédiger un article sur la tragédie, révélant au monde entier l’existence des troubles de nos plus grands héros. Dès lors, comment maintenir la confiance du public envers des personnages doués de tant de pouvoirs et pourtant si faillibles ?

 

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Tom King, que l’on connaît surtout pour son run d’exception sur la série Batman Rebirth, exploite ici tout son génie créatif pour donner une suite bien fournie à une petite idée qu’il avait glissé l’air de rien dans le tome 6 de la série de Batman, quand Poison Ivy avait besoin d’un endroit où se reposer psychologiquement. Le Sanctuaire fait ici sa première apparition véritable au-delà d’une simple citation, mais hélas c’est pour nous dévoiler un vrai drame pour nos héros, qui va les secouer comme jamais et les faire douter d’eux-mêmes et de leurs alliés.

 

Pour les connaisseurs, on retrouve complètement le genre d’atmosphère très lourde et sombre d’un récit précédent dans les années 2000, Crise d’identité, qui voyait là-aussi un meurtre se produire au sein de la communauté super-héroïque et une enquête être conduite jusqu’à la révélation finale plutôt glaçante. Je ne vous dévoilerai pas le mot de la fin évidemment, mais sachez cependant que la couverture de l’album vous donne un indice si vous regardez et réfléchissez bien.

 

Si le scénario est en béton, c’est aussi le cas pour les dessins qui sont là encore très bons de façon générale, Tom King ayant fait venir sur le projet plusieurs artistes avec lesquels il a l’habitude de travailler sur ses autres séries : Clay Mann, Travis Moore, Lee Weeks, Mitch Gerads et Jorge Fornés. Tous se complètent plutôt bien et suivre l’histoire est un effort assez agréable pour ne pas perdre le lecteur en cours de route. Bref, que du bon encore une fois, et qui confirme la qualité de grand penseur de Tom King, si doué pour faire paraître plus humains des héros aussi emblématiques que ceux de DC !

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 4 août 2020

New Justice tome 3 - Retour au Mur Source (Urban Comics - Novembre 2019)


La Légion Fatale possède désormais l’artefact appelé la Totalité, volé à la Ligue de Justice totalement impuissante. Alors que Lex Luthor tente de percer les nombreux secrets de cet objet pratiquement aussi vieux que l’univers lui-même, le Joker tire sa révérence et trahi la Légion, avant de disparaître non sans laisser un ultime avertissement à Luthor au sujet du Batman Qui Rit, qu’il détient toujours en secret.

 

Pendant ce temps, les héros menés par le Limier Martien tentent d’en apprendre eux aussi davantage au sujet de la véritable nature du Mur Source et de l a Totalité, et pour cela ils vont avoir besoin d’accéder à la plus grande banque d’informations de l’univers : Thanagar-Prime, une planète fortifiée sur laquelle réside un peuple ailé des plus familiers. Mais J’onn finit par comprendre que cette civilisation n’est pas aussi glorieuse qu’elle le paraît aujourd’hui, et avec l’aide de ses compagnons il va réussir à briser le mensonge pour rétablir une vérité cosmique à faire froid dans le dos.

 

Désormais, les deux équipes rivales ont un seul et même objectif : atteindre le Mur Source, cette ultime frontière du Multivers ! Un endroit comme il n’en a jamais existé ailleurs, et qui est censé protéger l’ensemble des univers du possible retour d’une entité comme il n’y en aura jamais aucune autre. Alors que la Ligue rallie les plus grandes forces des galaxies alliées pour tenter de refermer le Mur, la Légion s’immisce dans le projet au pire moment et avec l’aide de Brainiac ramené à la vie ils parviennent à l’impensable : briser totalement le Mur Source, libérant ainsi toute l’horreur qu’il retenait.

 

Au comble de la défaite, J’onn propose un rendez-vous avec Luthor pour lui révéler une partie de ses propres souvenirs et de ses recherches sur Mars et la nature véritable du symbole que poursuit Lex depuis un long moment. Hélas l’esprit de Lex est trop fier pour accepter cette réalité et il retourne auprès de ses propres alliés afin de livrer à Brainiac le moyen de ramener la très ancienne entité nommée Perpetua à la vie. Il s’agit ni plus ni moins que de celle qui a créé l’univers précédent le nôtre, et nul ne doute à cet instant que le regard qu’elle portera sur le présent à son réveil sera des plus acérés…

 

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Nous y voici enfin, dans ce troisième tome de New Justice par Scott Snyder et James Tynion IV nous avons droit à l’ultime révélation qui nous manquait depuis le tout début pour comprendre la portée de cette histoire, conséquence assez directe des événements de Batman Metal. Snyder poursuit sur sa lancée et développe toujours davantage sa petite création privée, qui nous entraîne jusqu’aux confins de l’univers DC pour en découvrir encore davantage page après page.

 

Comme les principaux personnages de la Ligue nous serons forcés de rester spectateurs et de regarder les membres de la Légion Fatale avancer dans leur propre direction avec une conviction inébranlable, quitte à sacrifier une partie de la réalité autour d’eux. Bientôt les événements dramatiques vont se succéder à toute vitesse jusqu’au point de non-retour, si tant est que nous n’y soyons pas déjà arrivés.

 

En ce qui concerne le dessin le niveau général de tous les artistes du projet est très bon, c’est très harmonieux même si certains personnages sont dessinés assez différemment d’une main à l’autre par moments, je pense notamment à Hawkgirl, sans que cela ne soit pourtant gênant pour la lecture. Tout est fait pour faciliter le plus possible la compréhension du texte par le visuel, tout en offrant un peu de matière à la réflexion personnelle du lecteur. Bref, une très bonne lecture et une excellente série qui prend enfin pleinement son envol, jusqu’au prochain grand bouleversement de chez DC !

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !