samedi 9 août 2014

Superior Carnage - Complexe de supériorité (Kevin Shinick & Stephen Segovia - Panini Comics - Juillet 2014)


La collection ''Marvel Dark'' de Panini Comics a été initiée il y a maintenant plus d'un an, avec Venom vs. Carnage – Un enfant est né. Depuis, nous avons eu droit à de nombreux récits sur le devenir de ces symbiotes, et tout particulièrement Carnage. Deux tomes dans la collection ''100% Marvel'', une mini-série dans la revue trimestrielle Spider-man Universe. Et à présent, ''Marvel Dark'' revient avec son dernier récit paru en date, à l'ère du Spider-man Supérieur : voici Superior Carnage – Complexe de supériorité.

Après avoir été lobotomisé par Kaine (Scarlet Spider) durant la mini-série Minimum Carnage (à lire dans Spider-man Universe n°7), Cletus Kasady est enfermé dans une prison de très haute sécurité pour super-vilains. Neutralisé et apathique, il ne représente plus une réelle menace pour les autres, mais la crainte qu'il suscite est toujours présente dans les esprits. Notamment dans celui du Sorcier, un adversaire historique des Quatre Fantastiques, qui monte une opération visant à faire s'évader Carnage de sa prison afin de prendre ensuite le contrôle de son esprit et de l'intégrer à la toute nouvelle version de l'équipe des Terrifics, en tant qu'arme secrète. Malheureusement tout ne se passe pas comme prévu et le Sorcier découvre bien vite que l'esprit du symbiote comme celui de son hôte sont totalement imperméable à toute forme de contrôle mental, et uniquement avides de sang et de mort. Alors, pour mener à bien son projet, le Sorcier décide de transférer le symbiote dans le corps d'un autre hôte, un scientifique paralysé des jambes qui offrira un esprit plus facile à manipuler. La fusion réussie, le résultat dépasse les espérances du vilain, qui enclenche alors la vitesse supérieure avec ce Carnage Supérieur. Mission : prendre d'assaut la mairie de New York pour en déloger J. Jonah Jameson et faire main basse sur la ville. Si aucune force de police ne semble en mesure d'arrêter ces nouveaux Terrifics, il faudra toutefois compter sur le Spider-man Supérieur qu'est Otto Octavius, bien déterminé à ne pas laisser sa ville finir entre les mains de fous dangereux. L'affrontement sanglant qui s'en suit sera le théâtre de trahisons, d'espoirs brisés et de retournements de situations des plus dangereux, surtout lorsque Cletus Kasady est amené sur le lieu des combats pour que son symbiote puisse le retrouver. Il faudra toute la ruse d'Otto et le sacrifice d'une noble et profonde amitié pour permettre de remporter la victoire, lourde de conséquences pour l'avenir de certains personnages. Mais la tempête semble bien passée à présent et les choses reprennent leur cour normal... jusqu'au prochain carnage !

Les couvertures magnifiques de Clayton Crain ne sont pas vraiment représentatives du style de dessin à l'intérieur des chapitres, c'est ce que l'on remarque en premier lieu. Mais le dessinateur Stephen Segovia livre tout de même une belle performance, agréable à regarder et facile à suivre, plutôt bien réalisée et dynamique. Si le récit en lui-même n'est pas forcément fondamental ni d'une importance cruciale dans l'univers du Tisseur et des symbiotes, il permet cependant de se placer du côté du vilain pour une fois. Le Sorcier est en effet le vrai personnage principal de l'histoire, lui qui paraît dépassé en raison de son âge et de la folie naissante que sa tumeur au cerveau propage. Reformer pour la énième fois les Terrifics, attaquer la mairie de la ville... tout cela paraît de prime abord l'oeuvre d'un vilain classique et has-been, est en réalité le dernier acte désespéré d'un père pour retrouver l'attention de son fils, qui lui a été enlevé par ses ennemis et qui le méprise. Se sachant inconsciemment condamné par sa maladie, le Sorcier veut simplement laisser une trace mémorable de son passage dans l'Histoire, ne pas disparaître pour rien et que l'on se souvienne de lui, que son propre fils se souvienne de lui et soit fier de lui. Qu'importe si pour cela il faut faire appel au mal personnifié, à ce symbiote dégénéré qui sème la mort et la désolation partout où il passe. Derrière le rideau du comique facile et de la série un brin déjantée, c'est bien une tragédie sentimentale qui se joue sous nos yeux et entre les pages de cet album, le dernier coup d'éclat désespéré d'un homme brisé qui refuse de rendre les armes, aux portes de la mort et de la folie. Voilà qui permet donc aisément à cette mini-série de figurer au sein du catalogue de la collection ''Marvel Dark'', conçue pour abriter des récits d'une profondeur plus intense que les parutions habituelles, plus sombres aussi et surtout plus violents. Des récits qui vous restent en tête, d'une façon ou d'une autre.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

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