mercredi 4 mars 2015

Vampirella tome 1 - Couronne de Vers (Panini Comics - Juin 2012)


Comme promis voici une seconde et dernière héroïne ''bad-girl'' à ajouter à votre catalogue si vous ne la connaissez pas déjà, au moins de nom si ce n'est de réputation. Je vous ai déjà parlé durant le mois d'Octobre passé de ce personnage, au travers de l'histoire conçue par Grant Morrison et Mark Millar pour elle dans la collection Masters Series.

Vampirella est, comme son nom ne le suggère pas, une vampire. Une vampire diablement sexy, véritable icône de la culture rock underground depuis sa création en 1969 par Forrest J. Ackerman et Frank Frazetta pour l'éditeur Warren Publishing. Rock, sexy, puissante, provocante, envoûtante et intelligente autant que déterminée, Vampirella n'est pas une super-héroïne. C'est une créature tragique, issue de la planète lointaine Drakulon où les océans, mers et pluies sont de sang et où chaque habitant peut se changer en chauve-souris et vivre en paix grâce à ce précieux liquide de vie. Tout change lorsque la planète disparaît, suite à un effroyable cataclysme, et que Vampirella se retrouve embarquée dans une sonde d'exploration venue de la Terre et rentrant chez elle. Découvrant notre monde, où le sang se trouve dans les veines et où la nuit est peuplée de bien d'autres monstres qu'elle, Vampirella apprend bien vite à se faire sa place au milieu des horreurs qui hantent notre imaginaire. Tour à tour chasseuse, proie, recluse, elle ne cessera durant plusieurs décennies de réinventer son existence au travers des nombreuses histoires parues chez Warren (1969-1983), Harris Publications (1988-2008) et Dynamite Entertainment (2010 à nos jours). En France, on peut noter la parution de deux revues durant les années '70 et '80, et en albums signalons les deux parus dans les années '90 chez Soleil, un anecdotique chez Semic puis enfin les trois albums de Panini à partir des années 2010.

C'est justement l'un de ces trois albums qui nous intéresse aujourd'hui, le premier paru chronologiquement en Juin 2012, reprenant les sept premiers chapitres de la nouvelle série de l'époque chez Dynamite à partir de 2011. Ces sept numéros forment un récit complet, premier arc bouclé de la série, que l'on retrouve donc chez nous sous le titre Couronne de Vers. Il est de notoriété désormais que Vampirella soit en réalité une vampire originaire de la Terre, et non du monde oublié de Drakulon, qui n'aurait été qu'une implantation illusoire dans son esprit pour couvrir ses véritables origines. Sauvée de la mort par Lilith et investie de la mission sacrée d'éradiquer tous les vampires du monde des mortels, Vampirella arpente désormais son territoire en chasseresse impitoyable, tuant et torturant ses ennemis afin de leur arracher l'information qu'elle recherche à tout prix : la localisation de son plus grand ennemi, le terrible Vlad Dracula en personne. Si elle parvient à le vaincre, il se pourrait bien que la fin de la race vampirique soit à portée de main. Mais Dracula est loin d'être un vampire ordinaire, et il sème sur son passage la mort et la désolation au cœur des populations humaines, régnant sans partage sur ses domaines et ses légions de nouveaux vampires avides de sang et de massacres. Pourtant, ces temps-ci le grand maître est préoccupé par autre chose que la belle tueuse aux dents longues. Quelqu'un ou quelque chose sape son contrôle sur sa progéniture, s'empare peu à peu de nombreux esprits et instille une horrible pourriture dans les corps et les âmes tourmentés des autres vampires. Quelque chose gronde, un mal ancien se réveille peu à peu et dévore à pleines dents le monde de la nuit. Dracula se sait menacé par cette rébellion qui couve, et décide alors de contracter une alliance contre-nature avec Vampirella pour vaincre l'être quasi-divin qui menace l'ensemble des créatures vivantes, l'ensemble de la vie elle-même. Vampirella et sa nouvelle alliée humaine devront se méfier de chaque nouvelle rencontre et de chacune des paroles du prince noir, si elles veulent survivre aux terribles épreuves qui les attendent. Pour la première fois, il se pourrait bien que les vampires aient trouvé leur prédateur naturel. Pour la première fois, il se pourrait qu'il n'y ait aucun salut à l'immortalité.

Une histoire très bien dessinée de bout en bout, agrémentée par Panini des couvertures originales des nombreux artistes ayant travaillé sur le personnage de Vampirella pour Dynamite (Paul Renaud, Alex Ross, Joe Madureira, et bien d'autres), et scénarisée par Eric Trautmann (qui si j'en crois Wikipedia a du faire ses armes sur l'univers étendu des jeux Halo), qui livre une bonne petite performance tranquillement lisible et compréhensible même sans connaître aucune série antérieure sur le personnage, avec une dimension mystique assez fouillée que ne renieraient pas des fans de Lovecraft. Tout le passif essentiel est d'ailleurs admirablement bien résumé et présenté par Panini au début de l'album, donc aucun moyen de se retrouver perdu ! Seul petit défaut encore, l'album n'est pas chapitré et donc chaque nouveau numéro s'enchaîne directement derrière le précédent, l'accroche de fin de chapitre n'est pas respectée. Mais au final là ça ne dérange pas tellement, et le reste de l'édition est un travail remarquable.

Il existe un second tome, que je vous présenterai une autre fois, mais je pense que ça n'ira pas plus loin quand bien même la série en V.O. fait plus d'une grosse vingtaine de numéros. En effet, le second tome chez Panini date de début 2013, et depuis il n'y a plus eu aucune annonce concernant le personnage et ses aventures. Tout comme pour les Masters Series dont nous n'aurons sans doute jamais que le premier tome à nous mettre sous la dent, sur 9. De quoi frustrer, et de quoi prouver encore une fois que s'il s'agit d'icônes extrêmement emblématiques et populaires dans leur pays d'origine, les bad-girls sont plutôt boudées en France et ne sont suivies que par une petite minorité silencieuse et avide, dont j'aimerais pouvoir faire partie si j'avais accès à plus de lectures de ce genre. Peut-être un jour, avec de l'espoir...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

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