mardi 25 août 2020

Spider-Man - Spider-verse (Panini Comics - Décembre 2019)


Il existe d’innombrables planètes Terre à travers le multivers, et chacune possède au moins une personne en commun : un Spider-Man (ou Woman) ! Ceux-ci sont les totems, les détenteurs des pouvoirs de la grande araignée cosmique et à travers elle de la faculté de comprendre et de réparer la grande toile du destin. Mais s’il existe des totems, il existe également des créatures qui s’en nourrissent…

 

On les appelle les Héritiers. Ils sont apparentés à des vampires se nourrissant d’énergies vitales de divers totems animaliers, et ce dans l’ensemble du multivers car ils règnent en maîtres absolus sur la Terre-001, où se trouve la grande toile elle-même et le Tisseur originel. Leurs noms ne vous diront rien, à part pour l’un deux, le fils préféré, un certain… Morlun !

 

Sur la Terre-616, Peter Parker vient à peine de découvrir qu’il n’est pas le seul à avoir été piqué par la fameuse araignée radioactive il y a longtemps et qu’il partage beaucoup de points communs avec Silk, sa moitié idéale d’après les fils du destin. Cependant pas le temps de roucouler bien longtemps, nos deux héros sont soudain embarqués dans une guerre à échelle cosmique entre les Spider-Men de tous les univers et les Héritiers au complet !

 

Alors que le Spider-Man Supérieur mène son propre groupe de combattants qui n’hésitent pas à se salir les mains, notre Peter fait pour sa part équipe avec d’autres totems-araignées pour tenter de trouver un moyen de vaincre l’ennemi sans avoir à tuer, ni dans l’idéal à sacrifier un seul autre Parker. Mais des choix difficiles attendent chacun de nos protagonistes principaux et il faudra bien se résoudre à prendre de lourdes décisions par moments, ne serait-ce que pour assurer la survie du plus grand nombre, car les Héritiers eux ne feront montre qu’aucune sorte de pitié ou de clémence.

 

Toute cette guerre se jouera sur différents niveaux et sur plusieurs mois pour certains combattants, mais au final tout se règlera sur la Terre-001 dans un affrontement titanesque entre les pires forces que le multivers peut abriter. Qui sortira vainqueur ? Vous connaissez déjà la réponse, bien entendu. Mais à quel prix, là est la vraie question...

 

---

 

Alors là je dois m’attaquer à un gros morceau de la carrière de Dan Slott, scénariste principal aux commandes de la plupart des titres Spider-Man chez Marvel dans la décennie qui vient de s’écouler. Après son très polémique mais néanmoins très réussi Superior Spider-Man, Slott ouvre à la voie en 2014 à une toute nouvelle ère de Tisseurs au pluriel avec Spider-verse, une épopée grandiose se jouant sur plusieurs niveaux et univers à la fois et remettant au goût du jour la menace de Morlun et des siens face aux totems, dans la continuité des créations de J. M. Straczynski à l’origine plus de dix ans plus tôt.

 

On sait à quel point Dan Slott adore jouer avec les jouets des autres et leur offrir des aventures incroyables dans des proportions épiques, avec toujours un humour décapant et du drama à ne plus savoir qu’en faire. Spider-verse est une vraie réussite à mon sens sur tous ces points, d’autant que plusieurs dessinateurs de renom sont venus prêter main forte pour l’occasion ! Beaucoup de personnages aujourd’hui emblématiques de l’univers de Spider-Man sont apparus ici pour la première fois tous ensemble, et c’est cette histoire qui a permis quelques temps plus tard au film d’animation de Sony Spider-Man : New Generation d’exister et d’émerveiller les connaisseurs comme les débutants de tous horizons ! Rien que pour ça, un grand merci à tous ces artistes si talentueux et patients !

 

Pourtant, après cette lecture, quelque chose me reste en travers de la gorge, comme un goût d’inachevé. Il faut dire qu’à l’époque de la première parution de Spider-verse, alors en kiosque, on pouvait lire TOUTES les séries dédiées les unes à la suite des autres, avec une sorte de guide éditorial vraiment bienvenu qui permettait de se repérer et de comprendre tout ce qui se passait sur les nombreux terrains parallèles de cette guerre. J’étais très content de voir que Panini avait sorti plus tard cette saga sous différents formats reliés, et j’ai naturellement opté pour le ‘’Marvel Deluxe’’ nouvelle mouture que je pensais être une belle intégrale n’attendant qu’à être dévorée et me rappeler les heures passées à lire les revues quelques années plus tôt. Eh bien c’est là que j’ai été bien déçu !

 

En effet, dans cet album et probablement dans toutes les autres éditions reliées, vous ne trouverez JAMAIS l’intégralité des chapitres de toutes les séries concernées par Spider-verse. A plusieurs reprises vous verrez les groupes de héros se séparer en plusieurs petits commandos, et si contrairement aux lecteurs de la première heure vous n’aviez pas eu la chance à l’époque de lire leurs aventures dans leurs propres séries en simultané de la principale, vous l’avez dans l’os car personne ne viendra vous expliquer ce qu’il s’y passe ! Dans cet album, vous suivez essentiellement le groupe principal et encore seulement pour les moments les plus cruciaux. C’est… frustrant, au bas mot, et je regrette presque cet achat rien que pour ça. Je ne perds cependant pas l’espoir fugace qu’un jour Panini nous sorte une VRAIE intégrale totale de cette saga magnifique, par exemple en omnibus pourquoi pas…

 

En attendant, il vous faudra chercher probablement du côté de la V.O. pour trouver les chapitres manquants ici, car les revues kiosque de l’époque sont devenues très rares et surtout assez mauvais marché de nos jours. Prenons notre mal en patience et croyons en la capacité d’écoute et de réflexion de Panini, qui sait nous faire de belles surprises inattendues et bien dosées quand il le faut ! Ne me reste plus maintenant qu’à vous citer les artistes au complet : au scénario Dan Slott, Christos N. Gage et Jason Latour, et aux dessins Olivier Coipel, Giuseppe Camuncoli, Humberto Ramos, Robbi Rodriguez, Miguel Angel Sepulveda et David Williams. Que du beau monde !

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 24 août 2020

V-wars tome 1 - La Reine Pourpre (Graph Zeppelin - Décembre 2019)

 

La fonte des grands glaciers a fini par provoquer une véritable catastrophe, mais pas celle à laquelle nous nous attendions. En effet, un virus extrêmement virulent a été libéré dans l’atmosphère et peut potentiellement toucher n’importe qui, n’importe où, et activer une section oubliée de notre ADN qui transforme alors n’importe quel être humain… en vampire !

 

Difficile de croire en une histoire pareille, et pourtant c’est la bien triste réalité désormais et personne ne semble en mesure d’y échapper. Certains sont contaminés, d’autres non, et personne ne sait encore pourquoi exactement, mais ce qui est sûr c’est qu’une nouvelle partie de l’humanité est en train d’émerger, réclamant son droit de vivre comme tout à chacun.

 

Seulement, à la transformation physique assez variable s’ajoutent nombres d’éléments violents voir extrêmes, des représentants d’un nouveau genre de terrorisme. Ces vampires constituent des cellules entières vouées à la destruction du genre humain, et ne supportent pas la moindre idée de cohabitation pacifique entre les deux espèces. D’autres en revanche, du côté des humains comme de celui des vampires, pensent que cette cohabitation est non seulement possible mais aussi nécessaire, et ils feront tout pour y parvenir, quitte à forger des alliances jugées contrenatures.

 

Le Dr. Luther Swann a personnellement été victime d’une tragédie vampirique : sa fille a dévoré sous ses yeux son fils et son ex-femme, prise d’une soif de sang insatiable. Pourtant, ce père brisé continue de croire qu’une paix est toujours possible entre les deux camps malgré tous les accès de violence qui éclatent un peu partout sur le territoire Américain. Conseiller spécial du Président, il est envoyé au sein de l’unité V-8, des tueurs de vampires chevronnés et armés jusqu’aux dents, pour attester qu’une certaine moralité est néanmoins respectée. Ses observations sont malheureusement trop souvent reléguées aux oubliettes et personne ne semble le prendre au sérieux, du moins pas ouvertement. Pourtant, un maigre espoir subsiste malgré tout…

 

Dans la ville de Pepper Grove, des vampires se sont installés au milieu d’humains normaux et ne semblent pas montrer le moindre signe agressif envers eux. Mieux que ça, ils vivent dans une communauté très bien organisée et soudée, chacun des membres pouvant compter sur les autres. Ce qui n’est pas au goût de tout le monde, aussi l’unité V-8 est-elle dépêchée en urgence sur place pour empêcher à tout prix qu’une autre tuerie de masse ne se déclenche. Cette fois, ils devront protéger ces vampires pacifistes même contre leurs propres préjugés, ce qui ne sera pas chose aisée.

 

Des manifestations hostiles se produisent un peu partout et le reste du pays a bien du mal à considérer Pepper Grove comme un nouvel espoir… pourtant certains font ce choix. Mais l’inévitable bain de sang finit par éclater, sans entamer pour autant les tractations de paix entre les deux espèces, du moins entre leurs membres les plus raisonnables. Une nouvelle ère pourrait bien s’ouvrir, et mettre fin à cette guerre qui n’a déjà que trop durée.

 

Mais quand une série d’attentats revendiqués par des vampires éclatent et menacent directement les plus grands symboles de la nation, c’est la goutte d’eau de trop. Le Dr. Swann est alors cordialement invité à rencontrer un être qu’il pensait entièrement fictif ou idéalisé, la mystérieuse Reine Pourpre, qui désire que la paix revienne au plus vite et des deux côtés. Luther passe donc un accord avec sa cour et entreprend dès lors d’isoler avec précision des cellules vampires terroristes, tandis que la Reine lui fournit toutes les informations dont il pourrait avoir besoin, ainsi qu’une motivation supplémentaire pour ne pas baisser les bras. Mais quelles sont ses véritables intentions, et peut-on lui faire confiance ?

 

---

 

Je n’attendais vraiment pas grand-chose de cette série quand j’en ai entendu parler pour la première fois, et je ne me suis même pas vraiment renseigné dessus en amont de cette lecture, c’est dire à quel point ça ne m’intéressait pas spécialement. Pourtant j’avais tort, au moins en partie, parce que ce n’est pas juste un énième récit de monstres (zombies ou vampires, faites votre choix) dans un monde moderne en proie à une guerre sans fin, non, cette fois c’est bien de la chute ou plutôt de la transformation radicale de toute une société dont il est question, et ce point de vue est plutôt intéressant je dois dire !

 

Si le dessin d’Alan Robinson n’est pas franchement génial il faut bien l’avouer, il a tout de même le mérite de porter le récit de Jonathan Maberry (auteur du roman) avec passion à défaut de précision. On reprochera par exemple le manque d’expressivité de certains personnages à plusieurs moments, ou encore la présence des clichés inévitables du genre vampirique, mais c’est traité d’une façon assez nouvelle. Cette fois on essaie d’encourager la paix, la neutralité même, là où la plupart des autres histoires se contentent de nous livrer une dose de massacre entre humains et monstres, sans plus de réflexion.

 

On pourrait ajouter que le genre vampirique en littérature a toujours été un brin plus complexe et plus profond que celui des zombies par exemple. Depuis les grands classiques du XIXème siècle les choses ont beaucoup évolué, et il est courant de nos jours de gober des œuvres plus réfléchies et avec plusieurs niveaux de compréhension mais également de sympathie de la part du lecteur/spectateur.

 

V-wars n’est pas une série d’une grande qualité, encore moins un récit d’exception, mais il a le mérite d’exister et de sortir un tout petit peu de la masse grouillante des histoires du genre post-apocalyptique, en nous plongeant cette fois au cœur de cette Apocalypse justement. Graph Zeppelin fait un très bon travail d’édition comme d’habitude, et j’espère que le public a été au rendez-vous à l’époque de la sortie. Peut-être tombez-vous sur cet article en cherchant des infos sur la série Netflix, ou l’inverse, mais en tout cas, l’album n’est pas très cher et pas très long à lire, donc ce n’est qu’un petit investissement pour compléter votre bibliothèque de connaissances. A vous de voir !

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 8 août 2020

The Mask (Delirium - Septembre 2019)

 

Tout le monde porte en soi une part d’ombre, d’insondables ténèbres dans les profondeurs de notre subconscient. Pour certains, c’est juste une petite voix qui se fait entendre de temps en temps. Mais pour d’autres, comme Stanley Ipkiss, c’est une véritable pulsion tapie juste sous la surface et qui ne demande qu’à apparaître au grand jour…

 

Quand Stanley achète pour sa petite-amie Kathy un étrange masque vert, il ne se doute pas que ce simple geste va bientôt chambouler toute sa vie. L’envie lui prend, après une énième dispute, de mettre le masque sur son visage, juste pour voir… et il devient alors Big Head, un psychotique de la pire espèce capable d’à peu près tout tant qu’il peut l’imaginer, et invulnérable de surcroit !

 

En l’espace d’une nuit, Stanley va déchaîner un véritable enfer dans les rues de la ville, s’en prenant à toutes les personnes qui lui ont fait du tort un jour ou l’autre, parfois même totalement gratuitement pour tester ses aptitudes. Les cadavres dans son sillage s’accumulent rapidement, et le lieutenant de police Kellaway est contraint de sortir l’artillerie lourde pour tenter d’en venir à bout. Finalement, c’est de Kathy que viendra la solution, quand elle comprendra que le masque et Stanley ne font qu’un. Désespérée après s’être débarrassée de Stanley, Kathy décide de confier le masque au lieutenant Kellaway avec pour instruction très stricte de ne jamais le mettre.

 

Mais évidemment, les meilleures blagues sont celles qui se répètent souvent ! Kellaway en vient lui aussi à enfiler l’étrange masque vert et devient à son tour un avatar de Big Head, décidé cette fois-ci à répandre la justice dans une ville corrompue, une justice expéditive bien sûr et avec un humour très noir à fort dosage. Les médias ne savent plus où donner de la tête : Big Head, tueur en série fou furieux ou héros inconnu qui nettoie les rues ? Kathy, elle, sait que la véritable nature du masque va finir par prendre le dessus tôt ou tard, et qu’il faut mettre un terme à ses agissements au plus vite !

 

De fil en aiguille, et surtout dans un nouveau bain de sang, le masque va passer entre les mains d’un petit malfrat peu sûr de lui qui deviendra lui aussi Big Head, avec comme ambition affichée d’être le nouveau parrain de la pègre ! Et pour ça, tous les moyens sont bons, à commencer par la méthodique et très sale extermination de tous les clans rivaux ! Avec Kellaway hors-jeu, Kathy est désormais la seule personne à pouvoir faire quelque chose pour tenter de récupérer le masque, quitte à user de ses charmes pour cela.

 

Mais même elle n’est pas insensible au chant ténébreux et envoûtant de l’artefact, et elle finit par l’enfiler à son tour pour débarrasser la ville des ultimes responsables de ses malheurs. Kathy pense être capable de garder le contrôle malgré la folie qui la dévore peu à peu, et elle ne devra son salut qu’à l’intervention de la dernière chance d’un allié de confiance… ou peut-être un nouveau coup tordu du masque pour chercher un nouveau propriétaire. La fête ne fait que commencer !

 

---

 

Dans ce très bel album de chez Delirium, nous avons droit aux deux premières grandes histoires parues sur cet étrange masque qui dévoile la personnalité enfouie de son détenteur et le pousse à des actes absolument horribles pour assouvir ses moindres désirs secrets. The Mask et Le retour du masque sont deux récits complémentaires et qui se suivent de très près, mettant en scène les mêmes personnages principaux gravitant autour de l’objet maudit, chacun avec ses propres raisons.

 

Si comme moi vous faites partie de la génération qui a été bercée avec le célèbre film homonyme mettant un Jim Carrey délirant à souhait en vedette… eeeh bien passez votre chemin, parce qu’ici le masque, ou plutôt Big Head quelle que soit son identité, n’est pas du tout un justicier tordu avec beaucoup d’humour et de gags potaches en réserve. Ici, c’est un meurtrier de sang-froid, aussi malsain que le Joker par exemple, avec une invulnérabilité toute relative et surtout un leitmotiv récurrent : semer le chaos partout, tout le temps. La Justice au sens propre ne l’intéresse absolument pas, ce qui compte en premier lieu c’est de révéler et d’exacerber les plus mauvais côtés de la personnalité de son propriétaire du moment. Le masque passe d’un hôte à l’autre avec à chaque fois une conclusion sanglante et glaçante d’ironie. A ne clairement pas mettre entre toutes les mains.

 

Le Stanley Ipkiss que l’on voit ici en premier n’est qu’un raté qui passe trop de temps à se soucier de ses vieux démons, rien à voir avec l’adorable amateur de cartoons du film des années ’90. Le côté justicier extrême vient plutôt de Kellaway ainsi que ce sens du spectacle tout particulier, et ainsi de suite pour chaque détenteur du masque. Chacun laisse sa marque, son empreinte, et le Stanley du film de notre enfance n’est qu’un amalgame des meilleures parties de ses tristes avatars de papier. Je comprends totalement pourquoi le film a été à ce point édulcoré en lisant enfin l’œuvre d’origine, qui est vraiment prenante et qui se lit d’un bout à l’autre sans pause ni détours. Mais cette violence à la fois graphique et morale, que l’on doit aux auteurs John Arcudi et Doug Mahnke sur une idée de base de Mike Richardson, à vraiment de quoi mettre mal à l’aise par moments si on n’est pas enclin à ce genre d’humour très très noir et très très froid.

 

The Mask est une œuvre décomplexée comme il en a existé plusieurs durant les années ’80 et surtout ’90, terreau fertile pour des auteurs hors-limites. Mais peu d’histoires vont aussi loin dans le lâcher-prise et la violence gratuite, même si quelques lignes rouges ne sont jamais franchies afin de conserver un minimum de décence dans toute cette folie. Au final, qui des auteurs ou des lecteurs sont les plus séduits et possédés par le masque ? A vous de trancher.

 

Attention, pour être bien clair là-dessus, c’est une lecture que j’attendais vraiment avec impatience et que j’ai dévoré avec plaisir, mais qui m’a beaucoup surpris et désarçonné par moments, donc je vous conseille de ne pas vous faire de fausse idée avant de vous lancer dans ce pavé de très bonne qualité par ailleurs. Peut-être que le reste des aventures du masque maudit sera publié un jour, je l’espère en tout cas, et chez Delirium si possible !

Pour finir, je vous conseille une petite série cross-over du dessin-animé avec l’univers DC, dans laquelle le Joker s’empare du masque et fait régner la terreur à Gotham. Imaginez un peu ce que peut donner un objet révélant les plus mauvais côtés de votre personnalité chez un dingue qui ne vit déjà que pour semer le désordre partout. A lire au plus vite, Joker/Mask est aussi le chant du cygne officiel de la série avec une conclusion assez triste qui surprend elle aussi dans toute cette débauche de gags de mauvais goût.

 

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 7 août 2020

La V.O. du vendredi n°155 : Avengelyne tome 1 - Devil in the flesh (Image Comics - Février 2012)


Autrefois membre d’une garde d’élite du Paradis, l’ange Avengelyne a été déchue de ses ailes et de son rang pour avoir questionné l’amour de Dieu envers les humains. Désormais presque humaine elle-même, elle tente de gagner sa rédemption en luttant contre les forces du Mal sur Terre au nom du Seigneur, avec l’aide du Père Peter de la Nouvelle Église, basée à New York.

 

Dans leur tâche apparemment sans fin, les deux justiciers du Bien vont rencontrer un nombre croissant de créatures infernales et d’ennemis acharnés, mais rien ne parviendra à les séparer ! Sauf quand Avengelyne se réveille soudain dans le corps d’une autre femme, totalement étrangère, tandis que son propre corps est possédé par nul autre que le grand Dragon Rouge, l’incarnation du Mal à l’état pur, le tout premier Déchu.

 

Grâce à l’aide du Père Peter et surtout de l’ange de la Mort Passover en personne, Avengelyne va réussir à regagner son propre corps et à bannir de nouveau le Dragon Rouge jusqu’aux tréfonds des Enfers, mais ce-dernier sait que ce n’est jamais que partie remise et que les occasions de se manifester à nouveau seront nombreuses dans un avenir très proche. Alors, il attend, ses émissaires zélés faisant tout leur possible pour rendre la vie des gens de bien insupportable.

 

Quand un tueur en série s’en prend aux femmes de mauvaise vie de New York, Avengelyne et Passover découvrent qu’il s’agit en réalité d’un démon cherchant à collecter des âmes pour augmenter sa puissance et la terreur qu’il répand. Après un rapide combat l’ennemi est défait et son hôte humain est incarcéré, mais le mal est fait de toute manière. C’est dans ce contexte de terreur dans les rues nocturnes qu’apparaît alors un nouveau sauveur très expéditif, le Prêtre, qui extermine purement et simplement ceux qu’il considère comme de la racaille. Deux faces d’une même pièce...

 

---


Je vais être honnête avec vous tout de suite, j’ai avant tout été séduit par la couverture de l’album, sans même avoir fait de recherche préalable sur l’histoire de la série et de son personnage principal, créé par Rob Liefeld, le papa de Deadpool chez Marvel notamment et l’un des fondateurs d’Image dans les années ’90. Et je ne cacherai pas ma déception en ouvrant l’album et en tombant sur un dessin très simpliste, limite cartoon, et une intrigue finalement assez peu originale. C’est du vu et revu dans le domaine du surnaturel, on est bien en terrain connu et la seule qualité du récit vient de quelques brefs visuels un peu plus étudiés que l’ensemble.

 

Les couvertures de chaque chapitre sont signées par Liefeld, quoi de mieux pour vendre la renaissance de sa créature, mais la déception est donc toujours au rendez-vous lorsque l’on se rend compte que l’artiste choisi pour cette résurrection, Owen Gieni, n’a pas du tout le même niveau que le boss, loin de là même. Dommage… ah, et le coscénariste, Mark Poulton, ne fait guère mieux à son propre niveau. Autant dire que c’est un bilan assez mitigé, je ne regrette pas cependant car dans les bonus il y a toutes les couvertures de Liefeld et des dessins inédits ainsi qu’un récapitulatif des différents personnages contenus dans cette histoire depuis sa fondation. Mais bon, avouons que c’est cher payé tout de même pour seulement quelques pages de plaisir !

 

L’album en lui-même est de bonne qualité et la fabrication a été soignée, c’est un hardcover du plus bel effet avec couverture vernie, il ne contient que 6 chapitres mais on a l’impression d’en avoir davantage, évidemment surtout grâce aux bonus de fin de lecture. Si vous avez l’occasion de vous retrouver face à des chapitres des origines, sûrement mieux dessinés, faites-vous plaisir mais si possible évitez ce reboot pas très inspiré ni inspirant, qui a ses qualités mais aussi beaucoup de gros défauts. On ne gagne pas à tous les coups !