mercredi 30 novembre 2022

Fatale - L'intégrale tome 2 (Delcourt - Février 2022)


Les années passent et la malédiction de Joséphine se poursuit sans relâche, ensorcelant chaque homme dont elle croise le chemin, ces pauvres malheureux prêts à sacrifier leur vie pour elle sans en comprendre le pourquoi ou le comment. Toujours traquée par les prêtres d'un culte honni, la femme fatale par excellence va finir par trouver refuge une fois de plus dans les bras d'un jeune homme des idées plein la tête, qui tentera de se convaincre qu'il l'aime de lui-même.


Même frappée d'amnésie suite à une mauvaise rencontre, Jo reste dangereuse pour ceux qui l'entourent, comme vont rapidement en faire l'expérience les membres d'un groupe de musique grunge qui la recueillent alors qu'ils sont eux-mêmes au plus mal artistiquement et financièrement parlant. Ce qui suivra sera un véritable massacre, qui rendra la mémoire à la beauté mais qui permettra également à ses poursuivants de retrouver sa trace.


Il est alors grand temps de mettre fin à la traque et à cette religion de souffrances et d'horreurs. Mais pour cela, Jo va avoir besoin d'une dernière victime, d'un dernier homme à égarer dans ses propres filets. A celui-ci, elle offrira le savoir, la compréhension d'un tout plus grand que la somme de ses parties, et un rôle déterminant dans la grande messe qui doit se dérouler sitôt qu'elle sera capturée. Car elle le sait, cette fois c'est pour de bon, le tout ou rien, le pari le plus risqué de sa longue vie. Peut-être gagnera-t-elle, ou sera-t-elle mise en charpie par des dieux atroces dans un vide sidéral lointain... mais dans tous les cas, son existence s'achèvera enfin, ainsi que les souffrances des hommes qui la croisèrent.


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En ce second et dernier tome de la réédition au format intégrale de la série Fatale, Delcourt nous offre comme toujours un luxe de détails et de bonus dont on aurait grand peine à se passer maintenant que l'habitude est prise ! Ed Brubaker et Sean Phillips terminent avec brio cette histoire très clairement inspirée des mythes légués par Lovecraft & Cie, avec exactement ce qu'ils voulaient en faire et avec la juste durée adaptée.


Je ne connais pas beaucoup le travail de ces deux artistes en dehors de leurs fréquentes collaborations, mais je dois dire que pour le coup Fatale restera une expérience de lecture mémorable à plus d'un titre. Au fil de ce récit qui traverse tout le XXème siècle on retrouve tous les bons éléments des récits d'horreur et de science-fiction sombres de la grande période des magazines pulps, peuplés de cauchemars sans commune mesure. Ainsi en est-il pour cette série, et c'était vraiment très sympa !


Je ne vois pas grand chose d'autre à ajouter à cette chronique, si ce n'est que le second tome paraît encore meilleur que le premier et que je suis bien content d'avoir insisté auprès de ma personne pour lire la série jusqu'au bout parce que ça en valait clairement la peine. Delcourt nous gâte comme à chaque fois avec ces belles éditions intégrales que l'on prendra toujours plaisir à intégrer et exposer fièrement dans nos bibliothèques, et si l'envie vous en prend la liste complète des autres histoires du tandem est disponible au besoin à la fin de l'album, après une belle collection de bonus et de couvertures.


Comme pour le tome précédent, deux essais sont joints dans ces fameux bonus, deux essais sur la littérature et l'occultisme signés par l'historien spécialiste Jess Nevins qui se consacre ici une nouvelle fois à l'héritage de Lovecraft mais également à la vie mouvementée et teintée de mystère du -trop- célèbre Aleister Crowley, qui inspira lui aussi nombre d'esprits enfiévrés par la suite. Deux lectures très utiles pour comprendre les sources de Fatale et pour mieux situer les origines de ce style unique en son genre et pourtant tellement copié au fil des générations. Quand loisirs et études se rejoignent, c'est gagnant pour tout le monde !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 29 novembre 2022

Saga tome 10 (Urban Comics - Octobre 2022)


Trois ans après la mort de Marko, Alana et Hazel continuent de parcourir la galaxie en vivant d’expédients et en tâchant de se protéger mutuellement de leur mieux, ainsi que le jeune Écuyer dont l'existence est aussi un secret. En fait, Alana s'est même reconvertie dans un business juteux bien que très risqué : la contrebande ! Et ça marche du tonnerre, du moins quand les autorités lui lâchent la grappe assez longtemps pour qu'elle puisse faire vivre sa petite famille.


Mais de leur côté justement, les fameuses autorités suprêmes voient d'un très mauvais œil qu'aucune avancée majeure n'ait été réalisée dans la recherche de Hazel et son élimination. Les échiquiers bougent et tous les pions sont en mouvement, tandis que de nouvelles alliances se forment et que la guerre entre Couronne et Continent se poursuit sur d'autres mondes. Le Testament rend visite au Roi Robot pour lui annoncer une grande nouvelle, première étape d'un plan mûrement réfléchi par quelqu'un qui en voulait personnellement à Marko et à son engeance...


Abordée par des pirates de l'espace, la petite famille d'Alana prend le temps de se reposer en profitant de l'hospitalité toute relative des bandits tandis qu'Alana elle-même effectue une livraison spéciale de drogue pour le capitaine. Si tout se passe bien, ce devrait être plus que suffisant pour racheter leur liberté et obtenir en prime une assurance de pouvoir continuer à vendre leur lait en poudre tout ce qu'il y a de plus officiellement. Mais toute chose a un prix, et c'est aussi valable pour les amitiés forgées en temps difficiles et les accords secrets passés tard dans la nuit.


Alors que de nouveaux agents sont lancés sur les traces des fugitifs, une nouvelle tragédie vient frapper de plein fouet la petite famille recomposée qui se pensait enfin à l'abri. Une perte cruelle de plus dans le long chemin pavé d’embûches de la vie pour Hazel et sa mère, mais une étape nécessaire à leur évolution encore une fois. Les jours sombres s'annoncent, et ça risque de ne pas être joli à voir...


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Voilà enfin le grand retour de Saga, cette série indépendante de space-opera complètement subversive et délicieuse qui nous avait tant manquée depuis tout ce temps ! Brian K. Vaughan retrouve Fiona Staples pour un dixième tome contenant les chapitres 55 à 60 de leur œuvre commune, un volume riche en rebondissements et totalement irrévérencieux comme on aime !


Une fois de plus c'était un vrai plaisir à lire et à partager, les rires sont garantis et les lecteurs passeront toujours un excellent moment en compagnie d'Alana et de son petit monde azimuté, tout en réfléchissant aux débouchés de cette intrigue de longue haleine qui ne semble pas prête de se finir, pour ma plus grande joie. J'ignore combien de temps il nous reste encore, mais si on se fie au récit de Hazel elle-même je dirais qu'on doit se trouver à mi-chemin, en espérant que tout aille bien pour la suite.


Après tous ces mois, voir années, passés sans nouvelles de Saga, je commençais sérieusement à m'inquiéter de la viabilité de la série et de la collaboration de ses auteurs, mais fort heureusement ce tome nous rassure toutes et tous et nous prouve que la flamme est toujours là, aussi vivace qu'au début. Longue vie à cette série unique en son genre qui a décidément le chic pour se faire dévorer aussi vite qu'elle s'est faite longuement attendre ! On retrouve les différents personnages qui poursuivent leur route, rencontrent de nouveaux alliés ou ennemis en chemin, et tout ça le plus naturellement du monde en plus. Saga porte très bien son titre, je peux vous assurer que c'est amplement mérité et que je ne connais personne qui regrette de s'être lancé dans cette histoire. J'espère ce que sera le cas aussi longtemps que possible !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 28 novembre 2022

Wika tome 3 - Wika et la Gloire de Pan (Glénat - Novembre 2019)


La tragédie frappe le royaume elfique, tandis que Wika s'éteint après un acte héroïque de résistance face à la fureur des loups. Le frêne des mondes s'écroule, pris d'assaut par le mal et les flammes, disparaissant dans la naissance de l'Hiver et offrant à la terre nourricière une dernière trace de son existence.


Mais le destin n'est pas encore satisfait, la grande prophétie prononcée sur le berceau d'Obéron jadis n'est pas encore advenue, et il reste tant de travail à abattre pour que tombe le tyran blanc. Wika est ramenée à la vie par la magie de Pan, le dieu cornu, qui fait d'elle sa messagère et l'investit de toute sa gloire. Pendant ce temps, Megg, la vieille sorcière noire, la dame aux corbeaux, accueille sa dernière fille et prépare en grande pompe les troupes rebelles pour épauler Wika lorsqu'elle reprendra la bataille pour laver l'affront terrible.


Dans tout les royaumes, la révolte gronde et le sang est versé. Le mot d'ordre est donné, l'assaut est lancé, Avalon doit tomber ! Obéron, torturé à vif par sa propre armure pour les crimes de ses enfants, se prépare lui aussi pour son grand moment, le dernier de sa longue vie, de son règne terrible, quand enfin viendra l'heure du face à face avec Wika. La volonté de tous les peuples opprimés s'exprime enfin et le tyran blanc va chuter, emporté par son ultime victoire.


Déjà l'Hiver laisse place au renouveau, le monde s'éveille d'une longue nuit de songerie et de tourments, et Wika s'unit au prince loup pour que vive l'éternelle Avalon sous un autre jour. De nombreuses autres années et batailles attendent le couple béni, mais ce seront de toutes autres histoires...


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C'est le point final de cette trilogie centrée sur la fée Wika, créée par Thomas Day et dessinée de façon magistrale et ultra-détaillée par Olivier Ledroit. Pour celles et ceux qui se souviennent de mon premier article sur le sujet il y a de cela quelques années, cette histoire devait être une tétralogie mais voilà tout n'est pas rose dans le monde mouvementé de l'édition, à plus forte raison dans la bande-dessinée. Soyons juste contents et satisfaits d'avoir une œuvre certes écourtée mais tout de même bien remplie !


Dans ce dernier tome vous trouverez des pages proprement somptueuses où le merveilleux le dispute au steampunk, où se croisent les légendes d'antan et où s'achève en grande pompe une bataille mémorable à plus d'un titre. Je suis vraiment content d'avoir pu enfin prendre le temps de lire Wika et la Gloire de Pan, de connaître enfin le fin mot de toute l'histoire, et aussi et surtout d'espérer à la sortie de cette lecture qu'il y aura d'autres aventures dans l'avenir, peut-être... si le public est au rendez-vous et si les auteurs en trouvent le temps, bien entendu.


Pour trois tomes en tout, je ne saurais trop vous conseiller de lire Wika et de vous plonger dans ces pages qui ont certainement demandé des mois si ce n'est des années de travail, largement visibles dans tous les détails qui foisonnent partout et tout le temps. Amateurs de l'imaginaire, vous ne devriez pas être déçus du voyage !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 12 novembre 2022

Unboxing - Supergirl (DC) by Artgerm, by DC Collectibles (Designer Series)


Bonjour à toutes et à tous, et soyez les bienvenus à nouveau sur Radiophogeek blog et chaîne YouTube pour un nouvel unboxing ! On repasse du côté de chez la Distinguée Concurrence avec un personnage que j'affectionne tout particulièrement, la ravissante Kara Zor-El alias Supergirl, cousine d'un célèbre super-héros au logo identique, dans l'ombre duquel elle reste trop souvent.


Kara est ici représentée sous son design de la série-animée Superman – L'ange de Metropolis des années 1990, qui faisait suite à la très estimée série-animée Batman lancée par Bruce Timm et Paul Dini notamment. Le ton est ici beaucoup plus lumineux qu'à Gotham City, le personnage est on ne peut plus solaire, une jeune femme adolescente radieuse venue d'une planète voisine de Krypton et qui devra apprendre à s'adapter à la vie sur Terre en compagnie de son cousin venu la sauver du fin fond de l'espace.


La tenue, top blanc et jupe bleue avec cape rouge et petit serre-tête dans les cheveux, est iconique et sera reprise dans les séries suivantes, comme Justice League Unlimited pour ne citer que celle-là. Ici pour cette magnifique statuette éditée par DC Collectibles dans la gamme Designer Series, c'est à l'excellent Stanley ''Artgerm'' Lau que l'on a emprunté une représentation proprement sculpturale de cette version de Supergirl.


Artgerm a toujours réussi selon moi à dessiner les personnages féminins, tous éditeurs confondus, en leur donnant un air parfaitement innocent et pur, presque malicieux par moments, que l'on retrouve sur la statue ici-présente avec un très gros travail sur le visage et le regard. L'ombrage des vêtements (top et cape) est volontairement foncé et accentué sur la peinture pour sans doute rendre un effet comics plus présent, comme on le voit parfois sur des goodies de mangas depuis quelques années. Le résultat final est vraiment bluffant vous en conviendrez !


Voilà, j'étais simplement très heureux de vous partager enfin cet unboxing et cette nouvelle arrivée dans ma collection, qui trouvera sans problème sa place de choix au milieu des autres grandes demoiselles héroïques. Attention toutefois au socle et à la tige de fixation, très légère et sans doute fragile, qu'il conviendra de manipuler avec précautions et d'installer dans un endroit sans aucun risque de mouvements accidentels. C'est le seul vrai défaut que je trouve à cette statuette, même son prix est attractif pour une série limitée !

 

lundi 31 octobre 2022

Le tombeau de Dracula tome 1 omnibus (Panini Comics - Octobre 2020)


Nous sommes en 1973. Un petit groupe de voyageurs traverse l'Europe en direction de la Transylvanie, pour se rendre dans un château mythique oublié du reste du monde. Frank Drake, l'heureux nouveau propriétaire de la demeure médiévale, a subi plusieurs revers de fortune ces derniers temps, mais cette fois-ci il semble bien décidé à profiter de sa chance, du moins s'il accepte de suivre les conseils pas toujours très avisés de son meilleur ami qui l'accompagne dans ce périple.


Là, au cœur d'une nuit plus sombre que d'ordinaire, les trois étrangers vont découvrir au sein du château la dépouille enfermée dans un cercueil de nul autre que l'ancêtre de Frank, un certain comte Vlad Dracul. Personne ne croirait vraiment aux événements décrits dans le célèbre roman de Bram Stoker, n'est-ce pas ? Pourtant, c'est avec une conviction mêlée de crainte que l'on retire le pieu de bois qui perce le cœur du cadavre squelettique... qui reprend alors des couleurs, la chair revenant sur les os poussiéreux, une vie impie et maudite habitant de nouveau le corps décomposé.


Ils n'avaient aucun moyen de le savoir à l'époque, mais leurs vies allaient être changées du tout au tout par ce geste malheureux. Car les légendes sont vraies, voyez-vous, tout est vrai, et bien plus encore. Et ce soir, le terrible Comte Dracula renaît une fois encore pour hanter la nuit des simples mortels, sa seule existence incarnant un suprême affront à la face de Dieu et de l'ordre naturel ! Oui, Dracula vit à nouveau, de sa non-vie contre-nature, et avec lui reviennent également les hordes infernales qu'il a généré des siècles durant.


Après avoir échappé de justesse à la fureur de son ancêtre, Frank reprend la direction de l'Angleterre et y fait la rencontre de Rachel Van Helsing, petite-fille du célèbre chasseur de vampires qui a un siècle plus tôt réussi à stopper le comte dans sa terrible tentative d'invasion. Quincy Harker est là lui aussi, vieil homme dont les parents ont donné leur vie pour défendre un monde ignorant tout de la menace qui planait sur ses habitants. Ils seront rejoints par beaucoup d'autres dans leur lutte contre le Prince du Mal, comme le mutique Hindou Taj ou encore le chasseur impétueux connu sous le nom de Blade, armé de ses célèbres couteaux de lancer en bois qui font des ravages dans les rangs des morts-vivants.


Ensemble, ils combattront Dracula sur tout le territoire Européen, ne lui laissant aucun répit, affrontant ses légions et ses sbires les uns après les autres, l'acculant plusieurs fois sans jamais réussir à le détruire totalement. A chaque fois qu'un plan est contré, une autre machination se met en place, les ramifications tentaculaires de l'esprit malade du seigneur des vampires ne connaissant aucun repos. A présent, le vieux monde tremble chaque nuit quand la lune perce les voiles de ténèbres de la campagne britannique, Londres ne trouve plus le sommeil, et de très nombreux innocents devront périr dans la gueule infâme de la créature. S'attaquant aussi bien aux hommes qu'aux femmes, ses proies de prédilection, Dracula n'hésite pas un seul instant à attirer dans ses filets des âmes pures et ignorantes du danger, comme de simples enfants ou encore de douces victimes à la psyché brisée.


Le roi des vampires veut conquérir le monde, lui imposer la plaie du vampirisme et régner à jamais sur des hordes d'enfants de la nuit éternelle, mais ses projets vont à de nombreuses reprises devoir attendre car d'autres que les chasseurs se dressent sur sa route, des menaces surnaturelles qu'il lui faut éradiquer afin d'être parfaitement sûr d'être le seul maître de la Terre quand viendra l'heure dernière. Rivaux, rebelles, résistants, tous périront de la main du Comte Dracula. Et tandis que sa fureur et son ombre s'étendent toujours davantage, Vlad l'Empaleur se plaît à replonger dans ses expériences passées et ressasse ses échecs pluriels, jurant que ni Dieu ni le Diable ne l'arrêteront définitivement. Car il est et sera toujours Dracula, maître de la nuit, fléau des mortels, régnant par la peur et le sadisme, mais toujours seul.


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La série du Tombeau de Dracula naît au début des années '70 grâce à un assouplissement involontaire de la très crispée Comic-Code Authority, qui permet alors à nombre d'artistes frustrés jusque là de représenter la mort et certaines transgressions morales plus facilement dans leurs récits illustrés. Les séries d'horreur ont le vent en poupe à cette époque, et Marvel sait bien que pour asseoir son emprise sur le marché des lecteurs il lui faut séduire toutes les tranches du public, pas seulement avec des super-héros colorés. Très vite, des icônes de la culture littéraire classique et gothique refont leur apparition dans les pages des périodiques, dont bien évidemment Dracula en personne. Il faudra toutefois attendre le septième numéro de sa nouvelle revue pour que le succès vienne enfin à la rencontre des artistes, grâce notamment à l'association géniale de Marv Wolfman le bien-nommé et de Gene Colan la légende vivante, aidés par d'autres talents comme Tom Palmer et son encrage des plus experts.


Qu'ai-je pensé de ces quelques trente-et-un premiers numéros compilés dans ce premier omnibus ? Ma foi... je suis intéressé par le scénario, même s'il part trop souvent dans des directions éparses et assez rapidement brouillées, et le dessin est vraiment plaisant surtout pour l'époque, mais ça reste très -trop- classique à mon goût. L'inspiration principale vient des vieux films de la Hammer, où Dracula est vêtu comme un aristocrate du vieux monde, suranné et en faisant des caisses, et possède malgré lui de nombreuses faiblesses que ses adversaires peuvent exploiter, à commencer par son égo et sa fierté. Se cantonnant principalement à l'Europe, le prince des vampires ne rencontrera pour l'instant aucun super-héros du nouveau monde, même si son existence dans la même réalité Marvel est validée à quelques reprises.


Le microcosme gravitant autour de cette version de Dracula ne s'en éloigne jamais vraiment, et même si quelques tentatives sont faites pour explorer son passé antérieur, rien dans ce premier omnibus ne sort vraiment du lot, et j'en suis bien désolé. Peut-être que j'ai passé trop de temps à faire des recherches sur le personnage, sa légende, son existence, les inspirations, etc. Peut-être que j'attendais tout simplement trop d'une série centrée sur lui, malgré son air vieillot et sa portée assez minime il faut bien le reconnaître. La vérité c'est que je ne suis pas devenu un fan inconditionnel comme j'aurais aimé l'être, mais toutefois j'ai bien aimé cette lecture et je poursuivrai sans problème avec les suivantes.


Il sera fait référence quelques fois à une autre série, Dracula Lives !, qui ne sera malheureusement pas présente et qui elle en revanche me fait terriblement envie. Fort heureusement, elle paraîtra très bientôt dans le troisième et dernier omnibus au début du mois de Novembre 2022, et nous aurons enfin le plaisir de poser les yeux sur ces pages en noir et blanc d'un charme profond et qui exploreront à loisir tous les détails de la légende vivante.


Autrement, une seconde série appelée La Malédiction de Dracula intervient parfois entre deux chapitres du Tombeau, pour apporter aux lecteurs de nouvelles aventures et étoffer un peu plus les intrigues qui sans ça se répètent tout de même beaucoup. Combien de fois ai-je eu l'impression de voir la même case ou les mêmes postures au fil des pages d'un seul album ? Sans parler des dialogues ou monologues qui tournent très souvent en rond. C'était une autre époque, que voulez-vous, il faut s'y préparer quand on replonge comme ça des années en arrière pour redécouvrir des œuvres aujourd'hui dépassées.


Ne vous méprenez pas, j'aime quand même cette version du personnage de Dracula, mais je préfère toutefois la version plus fidèle de Coppola ou celles qui s'inspirent davantage du personnage historique derrière la légende et les mythes. Aujourd'hui c'est Jason Aaron qui, à ma connaissance, nous a offert la plus récente vision de Dracula chez Marvel, dans les premiers tomes de sa série Avengers débutée en 2018, et même là c'était assez anecdotique. N'y aurait-il du bon que dans le passé le plus lointain ?


En attendant de trouver la réponse à cette question, aussi éternelle que la soif de sang du Prince de la Nuit, je vous laisse apprécier par vous-mêmes ces quelques histoires tirées du meilleur des années 1970, et je vous souhaite de trouver le repos quand la nouvelle lune arrivera. Qui sait ce qu'elle entraînera dans ses lueurs...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture et un Joyeux Halloween, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 28 octobre 2022

La V.O. du vendredi n°219 : Red She-Hulk tome 1 - Hell Hath No Fury (Marvel - Avril 2013)


Betty Ross, tout comme son père le mythique Général Ross, a subi une transformation radicale entre les mains du Leader et de MODOK, durant l'affaire de l'Intelligencia et leur tentative de prise de contrôle du monde. Désormais dotée d'une force prodigieuse et conservant son esprit relativement sain, elle est capable de se changer à loisir en Miss Hulk Rouge, et représentait pendant un bon moment une menace à éliminer pour diverses agences gouvernementales.


Aujourd'hui cependant, Betty a un nouveau but et opère en solo pour détruire un mal insidieux à la racine. Ayant eu accès à des visions d'un futur apocalyptique où les surhumains dominent le monde, elle est convaincue que le Général Fortean, via son programme de bio-ingénierie, va provoquer une crise mondiale qui aboutira à une guerre sans merci où une nouvelle race de super-soldats boostés domineront les simples mortels.


Pour empêcher cela, Betty s'infiltre dans les différents sites où se situent les laboratoires du projet Échelon, combattant sous sa forme écarlate des légions de super-soldats expérimentaux et laissant à chaque fois une menace planer dans l'air à son départ : ne pas chercher à aller plus loin. Mais évidemment, c'est l'effet inverse qui se produit et les équipe de Fortean parviennent sans mal à obtenir les crédits et autorisations nécessaires pour poursuivre leurs expériences au nom de la nation, dans le but d'arrêter les créatures dangereuses comme la Miss Hulk Rouge !


Poursuivie par Captain America et les plus gros calibres des Avengers, comme Thor ou Captain Marvel et Iron Man, cette nouvelle Hulk doit donc opérer en secret et rester sous sa forme humaine le plus longtemps possible pour éviter d'être repérée. Parmi ses adversaires, il y en a un toutefois qui ne croit pas vraiment à la version officielle d'une crise de folie inarrêtable. Machine Man en effet perçoit un schéma régulier dans les agissements de Betty Ross, et il va tenter en solo de se rapprocher d'elle pour mieux comprendre le danger qu'elle représente, ou plutôt celui contre lequel elle veut les mettre en garde.


Coopérant finalement ensemble, Miss Hulk Rouge et Machine Man se lancent dans une opération périlleuse pour freiner les activités du Général Fortean avant qu'il ne soit trop tard et que la dernière grande guerre n'éclate sur Terre, dommageable pour toutes et tous. Avec l'aide inattendue d'un émissaire du passé qui en sait très long sur l'avenir, plus que de raison, ce duo improbable va malgré tout finir par être rattrapé par les Avengers et l'armée, qui n'entendent pas les laisser agir à leur guise. Échappant encore une fois de justesse à leurs poursuivants, nos deux héros doivent maintenant repenser leur stratégie avant de passer de nouveau à l'action, mais d'autres surhumains se rassemblent pour les mettre hors d'état de nuire...


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Red She-Hulk par Jeff Parker est une série datée de l'ère ''Marvel Now!'', dont le premier tome rassemble en fait des épisodes tardifs des aventures de ce nouveau personnage haute en couleurs. Si Betty Ross a toujours été connue comme la femme maudite de Bruce Banner, tentant à chaque nouvelle catastrophe de limiter les dégâts lors des affrontements entre son mari et l'armée américaine, elle est désormais elle-même incriminée et traquée par l'armée qui cherche à percer le secret de sa nouvelle condition.


Un nouvel antagoniste majeur apparaît dans la galerie déjà bien fournie des ennemis des Hulks, le Général Fortean, que vous connaissez sans doute via la série Immortal Hulk d'Al Ewing où il est aux commandes de la Base Ombre qui rend la vie impossible à un Banner en pleine crise identitaire. Ici, Fortean débute tout juste sa mission de pacification mondiale, au moyen d'une petite armée de surhumains créés en laboratoires et génétiquement modifiés pour répondre à toutes les situations possibles... sauf face à un Hulk, bien entendu, sinon il n'y aurait plus de quoi faire une série.


Si on la compare à Jennifer Walters, ce qui se fait presque automatiquement, on constate que Betty est beaucoup plus impulsive, perdant elle aussi ses inhibitions lors de sa transformation mais à un degré plus élevé, sans toutefois risquer la perte de contrôle totale même si le cas se présente rapidement après un affrontement massif. Comme X-51 va vite s'en rendre compte, elle ne représente pas vraiment une menace ou un danger pour elle-même, mais elle cause cependant de nombreux dégâts collatéraux lors de chacune de ses apparitions, elle doit donc être jugulée ou à défaut accompagnée dans sa croisade pour éviter ce genre de débordements.


Le dessin de Carlo Pagulayan et Wellinton Alves est harmonieux, on se trouve ici pour le coup en présence d'artistes qui semblent vouloir ancrer leur travail dans la nouvelle ère Marvel de l'époque et respecter les styles utilisés par le passé pour représenter au mieux le personnage mis en scène. Il faut une bonne dose de sexy et de muscles, certes, mais aussi des moments plus doux, touchants et intimes, où la créature écarlate révèle ses failles et accepte une main tendue. Jusqu'où son nouveau partenariat avec Machine Man pour enrayer la fin du monde pourra-t-il aller avant qu'il ne soit trop tard ? Réponse la semaine prochaine avec une invitée de marque !

jeudi 27 octobre 2022

Vlad Draculea tome 3 (Soleil Manga - Septembre 2021)


L'heure est enfin venue pour la Valachie d'apprendre à obéir, et surtout à respecter et à craindre son seul et unique maître. Alve, le dernier grand seigneur boyard s'opposant à Vlad, va faire les frais de cette dure leçon lors d'une bataille expéditive qui condamnera ses forces et permettra au prince de se sacrer véritable leader du petit pays. Alve est exécuté par Vlad en personne, juste après lui avoir délivré un ultime avertissement...


Bien vite, c'est de nouveau le moment de payer le tribut aux Ottomans, dont l'empire ne cesse de lorgner sur les terres de l'Europe de l'Est à cette époque. Pour maintenir la paix fragile entre les différentes nations de cette partie du continent, la Valachie doit fournir une certaine somme chaque année... mais cette fois, les exigences de l'émissaire Ottoman sont bien supérieures à ce qui était attendu ! Toutefois, Vlad consent à payer l'ensemble de la dette réclamée, tout en préparant en grand secret une stratégie gagnante pour que cette année soit la dernière passée sous le joug Ottoman.


Accroissant ses forces armées en récupérant les hommes et armes de ses anciens adversaires, et se débarrassant une fois pour toutes de Dan Danesti et de ses forces rebelles qui avaient pourtant les faveurs de la Hongrie, le prince Vlad exécute à nouveau un coup de maître en parvenant à soutirer à au royaume saint une contribution conséquente au futur effort de guerre contre l'empire Ottoman. Vlad s'est également servi à bon escient des intrigues de sa femme, cousine du roi de Hongrie lui-même, qui récoltait et envoyait secrètement des informations au roi pour soutenir Danesti. Maintenant que ce stratagème est éventé, la princesse de Valachie sait qu'elle ne doit la vie qu'à la clémence de son époux, dont elle comprend enfin la terrible réputation. Elle s'évertue dès lors à convaincre son cousin de soutenir Vlad en toutes circonstances, lui faisant miroiter le devoir sacré du royaume de protéger ses vassaux contre le Mal venu d'au-delà des mers. Une stratégie à nouveau gagnante, puisque le roi s'engage personnellement à fournir à Vlad tout ce qu'il lui demandera pour accroître ses forces sur le terrain et accélérer l'érection de la nouvelle forteresse de Bucuresti, créée tout spécialement pour résister aux assauts Ottomans quand le temps viendra. Et justement...


A nouveau, en ce début d'année 1461, l'émissaire de l'empire vient quérir le tribut imposé à la Valachie. Mais cette fois, l'ambiance est bien différente... Vlad l'accueille ainsi que ses compagnons de voyage dans une salle du trône encerclée par des gardes armés, et leur explique calmement son intention de ne rien payer du tout cette année ni jamais. Tournant habilement les coutumes des Ottomans contre eux, Vlad fait littéralement clouer leurs turbans sur leurs têtes pour ne pas l'avoir salué comme il convient à son rang. Cette action envoie un message fort au sultan Mehmet II, qui sait à présent qu'il va devoir composer avec la résistance acharnée de la Valachie et des territoires annexes contre son avancée en Europe. La grande guerre est sur le point de commencer !


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Dans ce troisième tome, outre la fin des intrigues du boyard Alve et le mariage arrangé de Vlad qui sont plutôt rapidement expédiés, on assiste aussi et surtout à quelques moments volés du passé, quelques années en arrière, quand Vlad n'était alors qu'un prince sans trône sous protection d'une autre nation, ou bien plus loin encore quand il était otage au sein de l'empire Ottoman pour garantir la bonne conduite de son pays face au futur envahisseur. C'est là qu'il a noué une relation intellectuelle très forte avec Mehmet, futur sultan rêvant lui aussi de conquêtes et d’hégémonie, redoutable tacticien et combattant émérite, qui risque bien d'être le grand défi que Vlad III devra immanquablement relever durant son règne, malgré tout encore bien récent.


Nous avons aussi quelques aperçus de la vie en Valachie, notamment aux travers des yeux d'un marchand étranger de passage dans la capitale qui s'étonne de n'y constater aucune sorte de criminalité urbaine, ce à quoi on lui répond que le prince est un homme terrifiant mais juste, et qu'il garantit la paix à tous en échange d'une totale obéissance aux règles qu'il édicte. De nos jours ce serait considéré comme une dictature très sévère, pas forcément l'idéal de notre monde moderne mais à l'époque il faut savoir que Vlad III était un souverain à la fois extrêmement craint à l'étranger et respecté sur son territoire. Encore aujourd'hui, vous trouverez certaines populations en Roumanie qui vouent un véritable culte à sa mémoire, pas seulement pour les touristes de passage.


Cette série est vraiment excellente et je compte bien la poursuivre autant que possible, et j'espère que ces trois premiers tomes présentés ici sur le blog vous auront également donné l'envie de la lire et de la découvrir à votre tour. Pour tout amateur de la grande Histoire, c'est un ensemble d'anecdotes et de récits assez intéressants sur un personnage étrangement trop méconnu malgré la célébrité de son héritage littéraire via Bram Stoker. Découvrez par vous-mêmes le personnage historique derrière le personnage de roman d'horreur gothique, avec une bonne dose de gore quand il le faut !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 26 octobre 2022

Amazing Spider-Man tome 5 - Dans les coulisses (Panini Comics - Août 2021)


Suite aux événements de la chasse-partie organisée par Kraven et fils à Central Park, Peter se lance à la recherche du Dr. Connors, qui a disparu sans laisser de traces. Mais grâce à sa profonde empathie et à sa parfaite connaissance des tourments de son ami, Peter parvient à le retrouver en fouillant dans son ordinateur personnel et en découvrant un repaire secret aménagé dans le but de se volatiliser. Il s'agit en réalité davantage d'un mouroir que d'un antre, un endroit où Connors s'est lui-même enfermé pour s'y laisser mourir plutôt que de prendre le risque de représenter à nouveau une menace pour sa famille sous la forme du Lézard. Après un combat acharné contre une légion de robots tueurs et de drones de sécurité, Peter parvient toutefois à faire réaliser à Connors qu'il risque surtout de perdre toutes les personnes qui comptent vraiment pour lui, et que sa vie vaut encore la peine d'être vécue. Annulant alors le protocole d'isolement, Curt décide de faire confiance à Spider-Man et de suivre ses conseils, après une nouvelle opération pour se faire greffer une puce inhibitrice plus sécurisée que la précédente. Le voilà prêt à renouer avec son foyer et sa famille...


Pendant ce temps, un autre ennemi de Spider-Man affronte lui aussi ses propres tourments. En pleine séance de psychanalyse à l'institut Ravencroft, Mysterio se retrouve confronté au mystérieux démon qui semble être à l'origine de sa résurrection et qui exige de lui un paiement de sa dette, une affaire sérieuse qui concerne Spider-Man et Peter Parker au premier plan ! Parvenant à s'échapper de Ravencroft, Mysterio décide de concrétiser sa part du marché en mettant en place un nouveau plan démentiel pour faire souffrir notre héros... et quoi de mieux pour cela que de s'en prendre à sa compagne Mary-Jane Watson, qui vient de faire un retour en grâce hallucinant sous les feux de la rampe ?


D'ailleurs, suite à l'altercation entre Mary-Jane et la nouvelle Électro, cette dernière est transférée dans une prison de haute sécurité, mais comme bien souvent dans ces cas-là le convoi se retrouve attaqué en route et la vilaine parvient à s'échapper, avec l'aide de nouvelles associées aux dents longues qui désirent lui faire une proposition très alléchante : intégrer à part égale le Syndicat, une formation quasi-professionnelle de super-vilaines voulant s'imposer sur le marché du crime organisé, presque exclusivement masculin, avec de gros moyens et surtout une détermination sans failles ! Si la première impression laisse Électro perplexe, la perspective de s'en prendre à Boomerang lui fait immédiatement réviser sa position et accepter les termes de son nouveau contrat !


Et voilà donc à nouveau Spider-Man obligé de voler au secours de son ancien ennemi, dans les locaux en réfection du F.E.A.S.T. dirigé maintenant par Tante May. Personne n'a dit que les secondes chances s'obtenaient facilement ! Fred Myers se fait finalement capturer et emmener au Q.G. du Syndicat, où les nouvelles associées se font bêtement trahir par leur meneuse avant de prendre conscience qu'ensemble elles représentent véritablement un atout intéressant dans le grand jeu de la criminalité. Le Tisseur sauve Boomerang avant qu'il ne soit livré au Caïd, mais cette fois-ci il exige de savoir pourquoi le nouveau maire de New York lui en veut tellement. Boomerang va donc devoir s'expliquer et révéler un énorme secret qui pourrait bien tout changer à l'avenir...


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Encore une fois, Nick Spencer désamorce en toute vitesse une situation de crise en résolvant en l'espace d'un chapitre les conséquences directes de la chasse des Kravinoff sur le personnage de Curt Connors. Son lien avec Spider-Man est respecté à la lettre, une sorte d'amitié et de respect teinté de crainte que son mauvais côté ne reprenne un jour totalement le dessus pour faire du mal à toutes les personnes qu'il aime, et aussi la peur que le Tisseur ne soit pas de taille à l'arrêter cette fois. Une certaine confiance existe maintenant bel et bien entre eux, mais confiance ne va pas sans une légère dose de méfiance et de préparation, juste au cas où.


Le reste de l'album est consacré à Mary-Jane autant qu'à Boomerang, et autant j'ai bien aimé la partie sur la rousse la plus aimée des comics, autant celle sur Fred Myers et ses ennuis avec le nouveau Syndicat me laisse de marbre, ou peu s'en faut. Je ne saurais pas vous expliquer pourquoi exactement, mais le personnage de Boomerang m'est antipathique et je reste indifférent à son sort, il représente davantage une distraction ennuyeuse qu'un réel intérêt à mes yeux pour la série. Mais sait-on jamais, peut-être que son secret concernant le Caïd va lui faire gagner quelques points à l'avenir ?


Et justement en parlant d'avenir, on voit en une seule page l'arrivée douloureuse du Spider-Man de l'an 2099 à notre époque, sans aucune autre explication ! Il paraît évident que les deux Tisseurs vont à nouveau se rencontrer, m'est d'avis qu'un certain studio de cinéma n'est pas étranger non plus à l'affaire... en tout cas cette intrigue-là pour le coup m'intéresse déjà beaucoup dès le départ et j'ai très envie d'en savoir rapidement davantage, d'autant plus que j'attendais avec impatience l'omnibus intégral de Spider-Man 2099 cette semaine et qu'il a été repoussé à Avril prochain... déception cruelle et donc fort logiquement frustration à gérer, mais ne craignez rien puisque nous pourrons suivre les aventures en solo de Mary-Jane dans sa propre série dès que possible dans les V.O. du vendredi ici-même sur le blog !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 25 octobre 2022

Batman - Trois Jokers (Urban Comics - Octobre 2021)


Une nuit d'horreur comme les autres à Gotham City. Le Joker s'est évadé de l'asile d'Arkham il y a quelques jours, et il a été aperçu à trois endroits différents la même nuit, pratiquement au même moment, en train de commettre un crime vicieux à chaque fois et se laissant totalement repérer pour que la police, mais surtout Batman, soient au courant. Quand le Chevalier Noir arrive sur l'une des scènes de crime, il devient évident tout de suite que le Joker cherche à être poursuivi et à entraîner Batman et ses proches alliés dans la spirale infernale de violence et de douleur qu'est son existence.


Séparément, chacun de ces crimes n'a aucune raison d'être, ce pourrait être du pur chaos, du hasard complet, sans la moindre signification. Mais pris ensemble, avec le contexte adéquat, c'est une piste plus que voyante qui mènera Batman, Batgirl et Red Hood jusqu'aux tréfonds du cauchemar qu'incarne pour chacun d'eux le Joker, ou plutôt les Jokers. Car Batman, depuis son expérience avec le Trône de Mobius, sait qu'il existe non pas un mais trois criminels portant le nom et le visage du Joker, trois personnes qu'il a pu rencontrer et affronter à de nombreuses reprises par le passé sans jamais faire la différence, tout comme ses compagnons d'armes.


Le Clown, le Comique, le Criminel. Chacun des trois Jokers va orchestrer un vaste plan absolument parfait et sans la moindre fausse note pour entraîner Batman plus bas que tout, au cœur de son Enfer personnel, et y plonger avec lui de tout son être. Barbara et Jason feront tout leur possible pour épauler leur mentor et l'aider à s'en sortir, mais ils seront eux aussi aux prises avec leurs propres démons et leurs propres traumas liés à leurs rencontres avec l'un des Jokers.


Au final, tout le monde sera intimement touché par cette affaire, par cette nuit d'horreur sans commune mesure. Les trois Jokers ont un secret, jalousement gardé et conservé depuis très longtemps dans les méandres de leurs esprits tortueux et chaotiques. Mais, devinez quoi ? Batman aussi a un secret...


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Alors là... WAHOU. Un grand un magnifique wahou et un grand et magnifique bravo à Geoff Johns et Jason Fabok qui, dans ce récit publié dans le ''Black Label'' et donc peut-être pas tout à fait canon, nous plongent nous autres pauvres lecteurs qui pensions tout connaître de Batman et de son histoire, sa relation tordue avec le Joker, dans des abîmes encore jamais atteins jusque là.


Le dessin de Jason Fabok est génial, le récit de Geoff Johns pourrait totalement devenir un film dans un futur idéal, un vrai grand film BATMAN qui voudrait se donner tous les moyens de réussir le pari risqué de renouveler la franchise et l'univers du héros de Gotham, bref je VEUX une adaptation un jour en film live ou en OAV animée de cette histoire, c'est obligé ! DC/Warner si vous me lisez, pitié ne zappez pas cette occasion en or de faire du bon travail !


J'exagère à peine. J'ai été tout d'abord réticent, ayant mes propres à-priori et conceptions profondes sur la dualité qui oppose éternellement le Joker et Batman, deux faces d'une même carte à jouer depuis trop longtemps connue de toutes et tous. Et pourtant, il restait encore une part de mystère à élucider, et je me suis jeté dans cette lecture à corps perdu comme Batman dans cette enquête, dévorant tout l'album et ces trois gros chapitres fort copieux jusqu'à la toute fin... et c'était juste magistral de bout en bout, je n'ai rien de plus à ajouter. Je conseille vivement, à Halloween de l'an-dernier comme à celui-ci peu importe, lisez Trois Jokers vous ne serez absolument pas déçus non plus du voyage !!


Chacun aura développé sa petite théorie au sujet des fameux trois Jokers en eux-mêmes. Ça peut aller du trouble dissociatif de l'identité jusqu'aux réalités parallèles qui auraient fusionnées, mais Geoff Johns va nous livrer une explication bien plus tangible et plausible que tout ça combiné, un truc de fou et d'une noirceur absolue dont on n'a jamais vraiment eu l'habitude chez DC ces dernières années, et qui vous laissera bras ballants à la fin de la dernière case.


Une dernière chose, un dernier conseil si je puis me permettre : ne cherchez surtout SURTOUT pas à vous spoiler cette intrigue, vivez-la pleinement en la lisant c'est juste le meilleur hommage que vous pouvez rendre à cette histoire et à ces artistes qui ont presque littéralement donné leurs tripes pour que ce récit existe enfin. Ou à la rigueur, attendez la future adaptation que j'appelle de mes vœux ! Rendez justice à Batman, au Joker, à Gotham... lisez cet album à votre rythme et digérez-le au mieux en réfléchissant bien. Certaines réponses viendront du célèbre Killing Joke d'Alan Moore et Brian Bolland, c'est plus qu'une évidence à présent, mais il y aura aussi des passages plus anciens ou plus méconnus, comme certaines parties extraites de la série Gotham Knights du milieu des années 2000 et enfin réhabilités ici avec maestria. Je n'en dis pas plus, motus et bouche cousue, à vous de jouer et n'oubliez pas : SOURIEZ !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 24 octobre 2022

Maestro - Symphonie en gamma majeur (Panini Comics - Août 2021)


Réveillé en sursaut d'un sommeil artificiel durant lequel il revivait sans cesse les plus grands moments de sa vie, Bruce Banner se rend immédiatement compte que quelque chose ne va pas. Il se trouve dans une sorte de laboratoire clandestin, harnaché à toute une machinerie complexe, et sous sa forme de Hulk qui plus est, tout en conservant sa conscience propre.


C'est après une tentative d'évasion musclée qu'il fait la rencontre de MODOK, dans une version vieillissante et malade, dirigeant toujours l'A.I.M. comme une petite armée privée. L'ancien vilain lui apprend alors qu'il s'est réveillé dans une époque post-apocalyptique, après qu'une grande guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie ait dévasté l'ensemble de la planète. Il ne reste ici et là que quelques vestiges des anciennes villes d'autrefois, et les radiations sont omniprésentes.


Prenant le large dès que possible, Hulk se rend vite compte de l'étendue des dégâts et de la catastrophe à laquelle il a survécu malgré lui. Les plus grands héros sont tombés, comme leurs vilains, et la perte du monde moderne n'est signée que par la main de l'homme ordinaire, ceux-là mêmes que les surhumains ont défendu durant tant d'années depuis leur apparition. Un plan se met alors en place tout doucement dans l'esprit de ce nouveau Hulk, un plan qui devrait lui permettre de prendre le contrôle de la plus grande ville encore debout, à l'Est, où se concentre la plupart de la population survivante sous la coupe d'un certain Maestro.


Pénétrant dans les ruines de New York et s'enfermant dans ce qu'il reste des laboratoires Alchemax, Hulk construit rapidement une petite armée de robots et de pilotes modifiés génétiquement afin de prendre le contrôle de la ville, se voyant comme l'unique chance des survivants de connaître des jours meilleurs sous son égide. Mais avant de régner, il devra faire face au Maestro en personne, nul autre que Hercule, qui s'empresse de l'accueillir avec une vive démonstration de force.


Même s'il est vaincu dans un premier temps par le Prince du Pouvoir, Hulk/Banner sait patienter et prépare sa revanche loin des regards curieux, arpentant le monde à la recherche d'un moyen de tuer un dieu vivant. Et lorsque ce sera chose faite, les gens ordinaires n'auront plus que lui vers qui se tourner, et il régnera alors en maître incontesté des ruines de cette époque, menant les masses d'une main de fer vers un avenir meilleur. La fin d'un tyran pour l'ascension d'un autre, prenant à son tour le nom de Maestro.


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Peter David avait créé durant la saga du Futur Imparfait cette version à venir d'un Hulk ayant pleinement fusionné ses différentes personnalités pour redevenir un tout unique, l'esprit d'un Bruce Banner désabusé dans le corps d'un titan de jade à la recherche du pouvoir absolu. Ici, dans cette symphonie en gamma majeur, l'auteur nous propose de découvrir enfin les origines de ce personnage et de ce revirement chez le héros dont il a écrit les aventures durant près de douze ans !


On y retrouvera avec plaisir quelques clins d’œil disséminés un peu partout et l'histoire amènera le lecteur à se poser beaucoup de questions supplémentaires, complétant certainement ainsi l'expérience menée durant les années '80-'90, à l'image de ce que Peter David nous propose dans la série récente Symbiote Spider-Man.


Pour ma part je ne connaissais que très peu le personnage du Maestro, n'ayant pas encore lu le fameux run de Peter David sur Incredible Hulk, je suis donc ravi de pouvoir démarrer ici par les origines jusque là inédites et inconnues dans un style résolument moderne grâce aux talents combinés de Dale Keown et German Peralta.


Petit point faible de l'album selon moi, toujours pareil avec la collection ''100% Marvel'' de Panini : les couvertures proposées à la fin de l'histoire sont en format miniature, ne permettant pas d'en profiter à fond alors que le travail demandé pour leur réalisation devrait être reconnu lui aussi il me semble à sa juste valeur. Il suffirait de quelques pages de plus, rien de bien méchant, mais peut-être qu'il y a là une logique commerciale qui m'échappe et dont je n'ai pas tous les éléments à l'esprit.


Quand bien même, je conseille vivement cette lecture qui n'engage absolument à rien d'autre, peut se découvrir tout à fait indépendamment de tout le reste de la production Marvel à côté, et surtout sans avoir lu au préalable les douze années de règne de Peter David sur les aventures du Géant Vert. Un point d'entrée idéal donc, qui se poursuivra ensuite avec de nouveaux épisodes à venir très prochainement dans ma bibliothèque (déjà parus à l'heure où j'écris ces lignes). Qui sait, peut-être que le Maestro fera son grand retour un jour prochain dans le déroulé des événements réguliers de l'éditeur ? En attendant, profitez pleinement du récit de ses origines et apprenez à le respecter tout autant qu'à le craindre !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 22 octobre 2022

Aphrodite IX Rebirth tome 1 (Éditions Réflexions - Octobre 2022)


De nombreux siècles ont passé depuis la dernière fois qu'elle fût activée. Aujourd'hui, la Terre est peuplée principalement par deux espèces dérivées de l'ancienne humanité, qui se livrent une guerre acharnée pour la suprématie. D'un côté, une faction modifiée génétiquement et profondément croyante, de l'autre une armée de cyborgs et de drones prêts à conquérir l'espace. Le monde est maintenant arrivé à un tournant décisif, l'atmosphère est polluée, les terres arides, les récoltes et l'énergie se font rares... la situation est une véritable poudrière. Et c'est dans ce contexte explosif qu'une nouvelle venue va tout bouleverser.


Après une attaque menée par le prince héritier du peuple saint de Genesis, Marcus, celui-ci se retrouve pourchassé par une escouade de drones et sa monture est mortellement blessée, s'écrasant au milieu de ruines enterrées sous la roche désertique. Là, Marcus va découvrir un caisson de stase contenant une femme étrange aux cheveux verts et semblant absolument parfaite, vestige d'une civilisation révolue. Aphrodite s'éveille alors, et avec elle l'intelligence artificielle redoutable qui en fait une combattante experte capable de s'extraire de toute situation dangereuse. Comme elle sauve involontairement la vie de Marcus en retrouvant ses capacités martiales, le prince décide de la ramener avec lui à Genesis pour qu'elle puisse servir sa cause et l'aider à défendre son peuple, mais avant tout pour la remercier de son geste. Aphrodite suit, perplexe, en proie à de nombreuses pensées et commandes contradictoires.


Peu de temps après, c'est un nouvel escadron de drones venu de Speros qui pénètre dans les ruines à la recherche de Marcus, mais ce qu'ils y découvrent les laisse sans voix. Un homme, lui aussi conservé en pleine stase non loin de l'ancien caisson d'Aphrodite, semblant n'avoir subi aucune modification cybernétique et être lui aussi rescapé du lointain passé. Burtch, c'est son nom, sera récupéré par Speros et modifié pour être capable de survivre dans cette nouvelle atmosphère viciée, avant de devoir rendre des comptes à l'exécuteur Chronos. Ce qu'il lui apprend va très vite se révéler un atout décisif dans cette guerre sans fin entre deux humanités opposées...


En effet, Aphrodite va à nouveau servir d'assassin camouflée au sein de ses proies, pendant vingt minutes toutes les vingt-quatre heures son contrôle opérationnel revient à Burtch qui l'utilise pour tuer les souverains de Genesis et semer le doute et la discorde au nom de Speros et de Chronos. Une attaque majeure est bientôt planifiée pour profiter de la faiblesse de l'ennemi, tandis qu'Aphrodite se retrouve chaque fois sans aucun souvenir de ses actes et doit en déduire qu'elle n'est plus maîtresse de ses propres gestes et pensées. Heureusement sa conscience demeure et lui dicte le bon choix, lui permettant de justesse d'éviter d'assassiner Marcus pour qui son programme lui a fait développer des sentiments presque sincères.


Chassée de Genesis après avoir réussi à empêcher la destruction de la cité par l'armée de Chronos, Aphrodite échoue dans le vaste désert, accompagnée simplement dans sa solitude par sa monture-dragon, alors qu'au loin d'autres êtres vivants sont en approche et la surveillent très attentivement. Se pourrait-il qu'il existe une troisième faction au sein de ce monde mourant, et quelles seront les conséquences futures des choix d'Aphrodite ?


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Bien avant que cela ne devienne une habitude et une mode chez les principaux éditeurs de comics, le studio Top Cow de chez Image avait relancé son univers et certaines de ses séries avec comme objectif de faire renaître des licences disparues et de les adapter à un tout nouveau contexte narratif. C'est ainsi que la déjà légendaire Aphrodite IX de David Finch reprend vie, sous les crayons virtuels de Stjepan Sejic et la plume de Matt Hawkins, deux artistes qui se sont très bien trouvés et dont les talents s'équilibrent ici à merveille !


Ce futur post-apocalyptique qu'ils nous décrivent et dans lequel ils plongent notre héroïne de plein fouet apparaît comme totalement probable de nos jours, encore plus avec toutes les crises qui nous guettent à mesure que le temps passe. Le lecteur assidu retrouvera quelques éléments fondateurs de la mythique assassin aux cheveux verts, et en découvrira d'autres avec grande surprise et une curiosité sans cesse titillée par toutes ces nouveautés et ce développement qui amène immanquablement une suite, c'est obligé selon moi.


Comme toujours avec Stjepan Sejic les visuels et le graphisme sont magnifiques, on dévore chaque page des yeux et une fois de plus le seul inconvénient de cette adaptation française reste le format bien trop petit de l'album chez Réflexions, qui ne permet pas d'après ma propre expérience de profiter pleinement de l'art que l'on a sous les yeux sans forcer sa vue. La taille de la police est elle aussi assez réduite, ce qui demande encore quelques efforts.


En dehors de ces défauts inhérents à l'éditeur indépendant aujourd'hui bien connu des fans et des amateurs, je dois m'estimer très satisfait de cette lecture, que je recommande vivement même à toutes celles et ceux qui auraient raté le coche lors de la ressortie de la toute première série de Finch il y a quelques temps maintenant, toujours chez Réflexions. J'ai hâte que le second tome de cette version Rebirth paraisse et que l'on puisse enfin connaître la grande conclusion du scénario développé par Matt Hawkins, l'homme fort de chez Top Cow depuis de nombreuses années déjà.


En bonus vous pourrez profiter à fond de la galerie des couvertures réalisées pour l'occasion par Stjepan Sejic lui-même ainsi que par David Finch ou encore Eric Basaldua, des artistes dont le talent pour représenter les belles femmes n'est plus à prouver. A mi-chemin entre Avatar de James Cameron et Terminator, vous devriez pouvoir trouver tout ce que cherchez dans Aphrodite IX Rebirth et plus encore !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 21 octobre 2022

La V.O. du vendredi n°218 : She-Hulk by Charles Soule & Javier Pulido - The complete collection (Marvel - Décembre 2018)


Une fois de plus, Jennifer Walters doit repenser sa carrière et l'orientation qu'elle souhaite donner à sa vie. Son activité super-héroïque est des plus calmes, il lui faut donc travailler de nouveau comme avocate au sein d'un prestigieux cabinet de New York. Mais quand ses patrons lui refusent une promotion largement méritée selon elle, c'est plus qu'il ne lui en faut pour claquer la porte et reprendre à zéro de son côté !


Se trouvant un local à louer dans un immeuble dédié aux activités professionnelles des personnes possédant des pouvoirs ou des savoirs très particuliers, Jen monte son propre cabinet indépendant, mais elle n'a aucun client et sa réputation n'a pas mis longtemps à faire le tour de la ville. Il faudrait être fou pour l'engager sur une affaire, elle dont le caractère peut s'avérer si difficile à gérer. Mais petit à petit, à force d'efforts et de résilience, Jen va réussir à se constituer un petit capital qui l'aidera à mieux se faire connaître et à démarrer son affaire.


Et quelle meilleure façon de commencer que d'être engagée par un prince Européen en fuite ? Bon, ce n'est pas n'importe quel prince, il s'agit tout de même du fils adoptif du Docteur Fatalis en personne, Kristoff Vernard, qui souhaite plus que tout obtenir le droit de mener une vie calme loin de la Latvérie et surtout loin des obligations du pouvoir. Autant dire que ce n'est pas du tout au goût de son souverain de père, qui dépêche aussitôt une légion de Fatalibots pour le ramener au pays par la peau des fesses avant même la fin de l'audience préliminaire pour sa demande d'asile en territoire Américain.


Jen reste toutefois confiante, et après un voyage jusqu'en Latvérie et une confrontation morale face à Fatalis lui-même, elle parvient à faire entendre raison au plus impitoyable des dictateurs et à lui faire promettre de lâcher la bride à son héritier, s'il souhaite vraiment le conserver auprès de lui plus tard. Et voilà une première affaire rondement menée... même si elle n'a rien rapporté !


Toujours aussi fauchée mais désormais entourée d'amies comme Hellcat et Angie, sa mystérieuse secrétaire et assistante légale, Jennifer Walters peut maintenant se jeter à l'eau et prendre des dossiers de plus en plus risqués. Par exemple, pourquoi ne pas intervenir dans une dispute entre scientifiques adeptes de la miniaturisation moléculaire ? Avec l'aide de Hank Pym, rien n'est impossible dans le monde microscopique ! Mais son plus grand défi à ce jour l'attend au tournant, quand Captain America l'engage pour le défendre lors d'un procès où il se retrouve accusé de meurtre au second degré ! L'avocat de l'accusation ? Nul autre que Matt Murdock, alias Daredevil ! Un procès durant lequel se jouera ce qu'il reste d'avenir à un Steve Rogers vieillissant et dont la réputation ainsi que l'héritage moral pourraient bien être ternis à jamais !


Enfin, il sera grand temps une fois rentrés à New York de se pencher sur le sombre cas du Dossier Bleu, une affaire où Jen elle-même se retrouve sur le banc des accusés en compagnie d'individus peu recommandables et d'autres héros de seconde zone, impliqués dans des événements dont personne ne conserve le moindre souvenir et dont toute trace officielle semble avoir disparu ! Quand Titania fait son apparition pour décider Jen à lâcher l'affaire, à grand renfort de coups, l'éternelle bagarre entre elle et Miss Hulk redémarre de plus belle, avec quelques surprises au programme ! Souvenez-vous que rien n'est jamais ce qu'il semble être... d'autant plus aux yeux de la Justice !


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L'album se termine sur deux chapitres tirés d'autres séries scénarisées par Charles Soule et qui permettent de remettre en scène Jennifer Walters et ses proches collaboratrices le temps de quelques instants volés, en compagnie de Deadpool notamment, alors en pleine crise d'identité et persuadé de pouvoir incarner la relève après la mort toute récente de Wolverine. Pas forcément des histoires nécessaires mais c'est toujours sympa de prolonger l'expérience !


Cette série est donc la troisième à porter le titre de She-Hulk, après les runs de Dan Slott et de Peter David, c'est maintenant au tour de Charles Soule de s'y coller pour rendre à Miss Hulk son accréditation légale en tant qu'avocate, un rôle qui lui colle décidément à la peau et qu'elle a bien du mal à éviter. La série sera moins orientée super-héros et davantage investigation et procédure pénale, avec surtout le procès-fleuve de Captain America qui verra s'opposer Jennifer et Matt autour d'une histoire de meurtre teintée de nombreuses zones d'ombres.


Qu'on se le dise, ce n'est clairement pas la série qu'il fallait suivre en 2014 si vous cherchiez des bagarres de folie et de la violence physique, on en est même très loin ici. L'intellect prime sur le reste, et cette fois-ci Miss Hulk nous prouve une fois pour toutes qu'elle en a aussi dans le ciboulot et qu'elle sait s'en servir à bon escient ! En soi je n'ai rien contre ce principe, ça donne quelques histoires fort agréables et qui ne s'étalent pas trop en longueur, il n'y a que douze chapitres en tout dans cet album pour la série principale ça n'engage donc pas à grand chose.


Mais... j'ai vraiment du mal avec le style graphique de l'album dans son ensemble. Javier Pulido fait un travail remarquable, mais auquel je n'adhère pas, c'est aussi simple que cela malheureusement. Les goûts et les couleurs, etc. Attention je ne dis pas que c'est mauvais, il y a de la beauté partout et Pulido est un dessinateur doué dans son domaine, simplement ça ne me convient pas et je n'accroche pas, n'étant pas habitué à ce style plutôt orienté vers les productions indépendantes il me semble. J'attendais peut-être trop de ce côté-là pour une nouvelle série She-Hulk, et je suis donc un peu déçu je pense que ça se comprend.


Les couvertures cependant sont très belles, quelques aquarelles signées Kevin Wada si je comprends bien les crédits de l'album, ça invite à la lecture et donne vraiment envie de poursuivre et de savourer les scènes qui y sont dépeintes. La série de Charles Soule n'aura au final pas tenu plus d'un an, mais Marvel avait certainement d'autres projets plus importants et impactant pour le personnage de Jennifer, comme on le verra très prochainement. Restez branchés !