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mercredi 7 septembre 2016

Batman, le Chevalier Noir tome 4 - De l'argile (Urban Comics - Août 2016)


Dernier tome de la série, qui se sera fait attendre mais enfin nous l'avons !

Batman enquête sur l'évasion de Gueule d'Argile de l'asile d'Arkham, le criminel métamorphe faisant régner une nouvelle vague de terreur dans la ville de Gotham à force de braquages sanglants et de cambriolages. L'occasion de revenir sur les origines de ce personnage méconnu et qui possède tant de facettes, ce que nous propose Gregg Hurwitz en poursuivant sa logique de récits mettant d'abord en scène les super-vilains avant le justicier de Gotham. Ce sera d'ailleurs également le cas pour Man-Bat, ou plutôt sa nouvelle et sanguinaire incarnation, qui permettra à l'auteur de faire un rapide retour sur l'original, Kirk Langstrom, scientifique aux meilleures intentions. Enfin, nous aurons également droit à un récit court en deux chapitres, totalement silencieux, où Batman traque et remonte la piste d'une filière d'immigration illégale qui exploite et réduit à l'esclavage de nombreux demandeurs d'asile, le tout menant presque comme de juste entre les mains du Pingouin et de ses nombreux réseaux criminels. Un récit fort et tout en images, rapide à lire mais faisant néanmoins effet auprès du lecteur et déclenchant une certaine réflexion intérieure.

Un dernier tome très attendu donc par celles et ceux qui avaient choisis de poursuivre la lecture de cette série malgré les mauvaises critiques, et le voici enfin entre nos mains. La série s'arrête sur une note amère avec sa dernière histoire finissant plutôt en queue de poisson, Batman étant pratiquement mis en échec par cette dernière affaire face à Man-Bat. Ce fut malgré tout une très bonne lecture du début à la fin, mettant l'accent sur différents vilains de l'univers du Chevalier Noir, de Bane à Man-Bat en passant par l’Épouvantail et le Chapelier Fou, jusqu'au Pingouin souvent en arrière-plan. On regrette simplement que certaines parties de l'époque de David Finch et Paul Jenkins ne soient pas plus exploitées après le départ des deux auteurs, comme par exemple le personnage du Lapin Blanc qui présentait pourtant un fort potentiel et qui finit totalement oublié de tous, n'ayant pas eu droit à sa propre intrigue et enquête par la suite. Dommage donc. Malgré cela, Batman, le Chevalier Noir reste une série courte plutôt sympathique et intéressante si l'on désire creuser un peu plus le passé des méchants, en seulement quatre tomes, ce qui est assez abordable dans une collection.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 5 septembre 2014

Batman, le Chevalier Noir tome 3 - Folie furieuse (Urban Comics - Juin 2014)


Batman, le Chevalier Noir est une série à part des autres concernant le protecteur de Gotham. Seule échappant au jour de Scott Snyder, elle fait son petit chemin dans son coin sans se préoccuper du reste, à part les grands événements. La qualité varie suivant les chapitres et les scénaristes, passant de Paul Jenkins pour le premier tome à Gregg Hurwitz depuis le second, qui fut un vrai chef-d'oeuvre au passage. Ce troisième tome, dessiné par Ethan Van Sciver, est un peu moins bon que le précédent mais tout aussi intéressant dans sa démarche, consistant à approfondir le passé d'un vilain de l'univers Batman et à le faire découvrir au public sous un nouveau jour.

Alors que la ville de Gotham est effrayée par une nouvelle vague d'enlèvements, peu après les derniers agissements de l'Epouvantail, Batman tente d'identifier son nouvel adversaire mais également côté Bruce Wayne de maintenir à flot sa relation avec la pianiste Ukrainienne Natalya Trusevich, qui commence à soupçonner la double-vie de son mystérieux amant. Et tandis que la ville s'affole, Jervis Tech, dit le Chapelier Fou, prépare une nouvelle monstruosité en faisant enlever toujours plus de personnes innocentes afin de lui construire un décor de rêve pour sa psychose. L'occasion de l'accompagner dans ses délires vers les confins de ses souvenirs, son enfance et son amour transit pour LA fille, la belle Alice, et le moment fatidique où tout son univers construit autour d'elle s'effondra en le laissant sans le moindre espoir. Une enfance malheureuse, dont il est malgré tout le seul responsable, et qui fera de lui le monstre que l'on connaît aujourd'hui et qui s'apprête à perpétrer un nouveau massacre, à moins que Batman n'arrive à temps pour l'en empêcher cette fois. Un Batman qui devra lui aussi voyager dans la plus sombre noirceur de son être, de sa personnalité, et explorer un chemin angoissant qui le poussera à franchir la ligne, à peut-être devoir commettre l'impardonnable pour stopper la folie de son ennemi... et, peut-être, devenir comme lui.

Ce tome m'a moins plu et transporté que le précédent sur l'Epouvantail, qui lui était véritablement magistral de bout en bout. Ici le personnage principal est celui du Chapelier Fou, et le lecteur découvrira les secrets de son enfance ainsi que de ses traumatismes, lui faisant éprouver tantôt de la compassion tantôt du dégoût pour cette infortunée créature. Grosso-modo la même recette que pour l'Epouvantail du coup, et autant la première fois c'était un coup de génie, autant la seconde fois ça sent un peu le réchauffé de la part de Gregg Hurwitz, c'est un peu dommage je trouve. La formule est bonne, elle fonctionne, mais risque de devenir lassante si chaque arc de la série s'articule de cette façon. Enfin, il n'en reste plus beaucoup à paraître chez nous puisque la série a été arrêtée en V.O. au bout de 5 tomes à peu près.
Le dessin d'Ethan Van Sciver, accompagné pendant un ou deux chapitres par Szymon Kudranski, est toujours aussi bon que précédemment, aucun soucis à relever sur ce point. On regrette simplement que certaines planches, travaillées pour plonger le lecteur au sein du delirium du Chapelier et de Batman, perdent en clarté par moments.
En résumé un tome sympathique, efficace, qui nous permet de mieux connaître le Chapelier Fou, mais qui s'égare quelques peu dans un schéma de narration en boucle depuis le tome d'avant, et qui à trop vouloir se détacher du reste de l'univers Batman perd l'essence de son personnage à diverses reprises. Je vous en laisse seul juge, pour ma part j'ai trouvé que certaines répliques ou certains actes du Chevalier Noir ne lui correspondaient pas du tout, délire ou pas. On sent une réelle maîtrise pour ce qui touche aux ennemis, à leur genèse et à leurs motivations profondes, mais en revanche une maladresse plutôt gênante concernant Batman lui-même. J'espère que cela sera corrigé dans les derniers arcs de la série, à venir chez Urban d'ici l'an prochain j'imagine. En tout cas Batman, le Chevalier Noir reste l'une de mes séries Gotham préférées du moment depuis ses débuts.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !