jeudi 19 février 2026

Hadès, ou l'enfer des noces tome 2 (Pika Édition - Janvier 2025)


Le temps poursuit sa course folle, tandis que les divinités de tout le monde antique tentent leur chance avec le souverain impitoyable et imperturbable des Enfers, le toujours aussi sinistre Hadès. Dont le cœur pourrait pourtant bien finir par chavirer, si l'on en croit certaines rumeurs et observations méticuleuses...


Pour que la partie soit complète, il fallait évidemment que la chasseresse vierge Artémis vienne se mêler aux prétendantes, avec l'aide pas si désintéressée de son jumeau Apollon ! Si Hadès n'en a cure, la belle déesse d'albâtre n'entend pas se retirer si facilement de la compétition, surtout depuis qu'une autre divinité l'a publiquement défiée de se marier et d'avoir une fructueuse descendance ! Mais hélas, c'est surtout dans la tête d'Apollon qu'il se passe bien des choses, et une fois ce léger malentendu dispersé la vie reprend son cours normal dans l'après-vie...


Jusqu'à ce que l'intrépide Hermès ne vienne lui aussi en rajouter une couche avec une idée toute nouvelle pour alimenter son florissant commerce de rencontres amoureuses : une boîte à profils, qui permettrait à quiconque l'utilise de sélectionner la bonne personne avec qui débuter une heureuse relation. Heureusement, rien qui n'intéresse Hadès une fois encore, mais Hermès trouvera tout de même le moyen de faire des affaires avec la horde de déesses désespérées de trouver un jour l'âme-sœur...


Mais enfin, quand la déesse de la magie Hécate et le fleuve Styx en personnes vous disent que quelque chose ne va vraiment pas dans toute cette histoire, il est plus que temps de faire amende honorable et de réfléchir une bonne fois pour toutes à ce concept de mariage infernal. Hadès en sera quitte pour quelques nouvelles migraines, rien d'inhabituel pour lui, mais il se surprendra aussi à penser de plus en plus souvent à la présence de Coré, la timide déesse du Printemps, qui passe ses journées ligotée mais également à faire pousser çà et là de très jolies fleurs qui réjouissent tout à chacun.


N'eurent été les manigances de Zeus et d'Héra pour le forcer à se marier, Hadès aurait somme toute assez de temps pour lui et se détendre... mais voilà que le dieu de la Guerre, Arès, décide de lui donner encore plus de travail en provoquant des conflits sanglants de par le vaste monde, dans le seul et unique but de se rapprocher de son pote de boulot ! Les morts affluent par milliers et les juges des Enfers sont débordés, de même que les tortionnaires qui redoublent pourtant d'efforts à la vue de leur seigneur et maître qui ne ménage pas les siens, au contraire.


Une fois encore, c'est la douce Coré qui incarnera la voix de la raison en ramenant Hadès à des préoccupations plus nobles et surtout en l'aidant à faire revenir le calme aux Enfers, après le passage d'Arès. Se pourrait-il en fin de compte que le roi sombre puisse éprouver quelque chose, lui qui délite toute forme d'énergie vitale de par son simple toucher ? La réponse se trouve sans doute quelque part dans l'esprit tortueux de Menthé, la nymphe autrefois si proche du seigneur Hadès quand celui-ci venait tout juste de prendre ses hautes fonctions. Cependant, à trop chercher on finit par ne plus voir ce qui se trouve juste sous ses yeux... et que pas mal d'autres personnes commencent à observer avec malice !


Qui l'emportera : l'aveuglement ou l'épiphanie ? Hadès est bien obstiné à ne jamais prendre épouse, malgré son propre serment sur les eaux du Styx qui l'engage plus que tout autre décret divin à tenir sa parole !


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Bon, comme je l'écrivais précédemment on se doute très fortement de la façon dont toute cette histoire va se terminer, mais c'est quand même toujours aussi plaisant d'explorer cette revisite des mythes de l'Antiquité façon manga de romance !


Le dessin est selon moi le vrai point fort de cette petite série qui ne va pas chercher bien loin, tout en soignant son graphisme et aussi ses références bien entendu. Avec un soupçon de modernité dans le langage et dans les comportements de certains, ce qui réactualise pas mal les légendes d'antan mine de rien, on parvient à un résultat assez surprenant qui nous réserve ci et là quelques trouvailles amusantes pour détendre l'atmosphère.


Entre les conceptions très datées du monde antique et de ses divinités pas toutes bien intentionnées, et la réinvention du mythe de Perséphone aux Enfers pour correspondre à un courant de pensée bien plus féministe qu'il n'y paraît, on a de quoi lire durant un bon moment car n'allez pas croire que les tomes de ce manga s'épuisent rapidement, au contraire même ! Ils ont beau n'être que trois, leur lecture vous tiendra en haleine assez longtemps pour que vous commenciez à sincèrement apprécier cette vision des choses, ou du moins à en rire tout aussi sincèrement.


Vous l'aurez peut-être noté comme moi, il manque encore UNE grande divinité associée à l'Amour, point central de cette histoire pourtant... Peut-être entrera-t-elle en scène avec fracas dans le troisième et dernier tome, elle qui se fait tant attendre et désirer ? Je l'espère de tout cœur, en tout cas je vous donne rendez-vous pour la fin du mois si tout va bien afin de découvrir ensemble le fin mot de tout ceci. Si vous ne connaissez vraiment rien à la mythologie grecque, n'allez pas vous spoiler avant le dernier chapitre surtout ! Mais si quelques recherches ne vous font pas peur, donnez-vous-en à cœur-joie !


A mon sens, c'est encore la plus belle réussite de ce genre d'œuvres de réinterprétation/relecture, à savoir donner envie à un nouveau public de découvrir la racine de l'histoire via des versions détournées ou en tout cas remaniées pour raviver l'intérêt des générations présentes et futures. Il va sans dire qu'une telle démarche doit selon moi être encouragée sinon saluée, et que je considère ce manga comme pouvant être mis entre toutes les mains ! Mais nous aurons certainement l'occasion d'en reparler lors du dernier article le concernant.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

Destiny of X tome 11 (Panini Comics - Mai 2023)


X-Men Red #7 : Uranos a finalement été vaincu sur Arakko, par l'union des pouvoirs de Tornade et de Magnéto. Mais celui-ci a sacrifié pour cela tout ce qui restait d'énergie vitale en lui, et doit désormais faire face à sa propre mort, inéluctable puisqu'il a décidé de ne plus avoir de sauvegarde Cérébro pour une éventuelle résurrection. Confiant le sort d'Arakko à Ororo ainsi que ses craintes quant à l'avenir de Charles Xavier, Erik s'éteint avec la conviction du devoir accompli, enfin en paix. Par la suite, Ororo décide de prendre sa place au Siège de la Défaite, au sein du Grand Cercle, afin de bien signifier à tout le monde que la régente d'Arakko ne renoncera jamais à se battre pour eux, même dans des circonstances dramatiques. Isca l'Imbattable fait quant à elle face à son propre jugement pour avoir trahi le Grand Cercle lors de l'assaut d'Uranos, et son propre pouvoir se retourne à nouveau contre elle pour lui faire admettre une demie-victoire bien terne. En orbite, Petit Génie et Cable découvrent la vérité au sujet des agissements récents d'Abigail Brand... et se préparent à réagir en conséquence !


Immortal X-Men #7 : Les habitants de la Terre ont tous été jugés par le Céleste Géniteur... et sa décision est prise : ce monde doit disparaître. Tandis que les plus grands héros de la planète tentent tout leur possible pour retarder l'inévitable, de son côté Diablo assemble les pièces d'un grand plan d'urgence qui devrait permettre à la fois de vaincre cette menace titanesque et de redorer l'image des mutants aux yeux du reste du monde. Sur la foi de ce plan désespéré, des centaines de mutants acceptent de sacrifier leur vie pour permettre à celui qui a théorisé l'Étincelle de sauver ceux qui peuvent encore l'être. Grâce à l'aide de Captain America, et contre toute attente, les mutants partagent enfin leur don de résurrection avec le reste de l'humanité, en un exemple flamboyant. Et tandis que tous se préparent à la fin de la guerre contre le Géniteur, quelle qu'elle puisse être, Diablo a encore un petit tour dans sa manche et se rend à plusieurs reprises sur la station orbitale solaire d'ORCHIS pour convaincre Moira et Nemrod de leur prêter main forte afin d'éviter l'extinction totale de toute vie dans le système...


Sabretooth #1 : Châtié pour avoir commis l'impensable, puni pour avoir fait ce que tous les autres refusaient de faire... Dents-de-Sabre a été condamné à la Fosse, la seule prison de tout Krakoa, dont l'existence tient plus du mythe dissuasif que de la réalité commune. Un sort peu enviable, puisqu'il consiste à être piégé physiquement et mentalement dans une zone de l'île qui n'existe même pas véritablement. Ayant eu tout loisir de s'imaginer s'évader et se venger de tous ses bourreaux, Victor Creed a également eu du temps, beaucoup de temps, pour réfléchir à une issue possible à cette situation. Quand toutes ses illusions tombent et que le moment est venu de passer un accord pour un petit peu plus de liberté mentale, il ne fait pas le difficile bien longtemps et signe, se voyant désormais Maître de la Fosse et de tout ce qui y entre... pour ne plus jamais en sortir.


X-Men Unlimited – X-Men Green #1 : Nature Girl, ancienne élève de Wolverine dont les pouvoirs la connectent à l'essence-même de la nature planétaire, ne supporte plus de vivre dans le paradis qu'est Krakoa tout en sachant que le reste du monde doit subir pollution et désastres écologiques de masse les uns après les autres dans un cycle sans fin. S'échappant de l'île-nation mutante, l'adolescente prend les commandes de son destin et devient rapidement une épine dans le pied des grosses compagnies pétrolières, qui cherchent un moyen de se débarrasser d'elle au plus vite, quitte à faire appel à des mercenaires à pouvoirs pour cela. De son côté, Logan a été chargé par Xavier en personne de ramener fissa Nature Girl au bercail afin qu'elle soit jugée entre mutants pour ses actes récents, et d'éviter une fâcheuse situation d'escalade qui ne l'entraînerait que vers la Fosse et un sort des plus cruels pour celle qui n'est, au fond, qu'une nouvelle idéaliste. Mais quand les choses se corsent vraiment sur le terrain et que l'intéressée fait de la résistance, plus rien n'est garanti !


New Mutants #29 : Enfin, Daken et Warpath vont faire équipe malgré eux pour retrouver la petite dernière du clan Wolverine, Gabby, qui a mystérieusement disparu après avoir franchi un portail vers une destination on ne peut plus dangereuse puisqu'il s'agit d'une base arrière d'ORCHIS. Les deux mutants n'ont pas vraiment le même point de vue sur la situation ni sur la façon de considérer Gabby au juste, comme une enfant ou comme une guerrière... mais ils vont pourtant bien devoir faire face à leurs différents pour arriver à leurs fins et sortir de ce guêpier avant qu'il ne soit trop tard. Au final tout se résoudra de la meilleure façon possible, et Gabby sera retrouvée saine et sauve et même prête à dialoguer davantage avec son grand frère. Une leçon admirable que Warpath s'engage à apprendre et à appliquer lui aussi avec son propre aîné, le plus tôt possible !


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Mis à part le chapitre de New Mutants sur la disparition éphémère de Gabby, qui serait plutôt un genre de one-shot sans vraie conséquence, le reste des aventures mutantes de ce onzième numéro de la revue de Panini Comics nous entraîne dans les tréfonds de Krakoa et de ses lois les plus sacrées... et de ce qui arrive quand elles sont enfreintes même dans l'intérêt du plus grand nombre.


On assiste cette fois-ci bel et bien à la mort de Magnéto, martyr de sa propre cause sur un monde qui n'était pas le sien mais qui a su l'adopter malgré tout et pour lequel il a tout sacrifié. Le fait que sa toute dernière vision dans cette vie soit sa défunte première enfant venue l'accueillir dans ce passage vers une autre, je trouve cela assez beau et émouvant. Tornade n'était peut-être pas la plus farouche partisane des méthodes du Maître du Magnétisme, mais elle est sans doute la mieux placée aujourd'hui pour comprendre ses craintes quant à l'avenir des mutants et de l'humanité, et surtout pour agir en conséquence.


Enfin, le grand architecte moral qu'est Kurt Wagner nous démontre une fois encore quel sauveur il peut devenir et incarner quand il s'en donne vraiment les moyens ! Véritable héros de Krakoa durant cette guerre divine contre les Éternels et le Géniteur, Diablo a visiblement réussi à fédérer autour de son plan et de sa vision, quitte à y laisser plusieurs fois la vie, et se montre infatigable défenseur de la logique de la main tendue vers l'ennemi dans les situations les plus catastrophiques. Espérons que cela ne se retournera pas contre lui par la suite, si suite il doit y avoir...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 17 février 2026

Batman White Knight - Génération Joker (Urban Comics - Mai 2024)


Bruce Wayne, après avoir largement contribué à sauver Gotham City des manigances totalitaristes de Derek Powers tout récemment, peut commuer sa peine de prison en aidant le FBI avec une nouvelle affaire qui l'éloignera de la ville quelques temps, une affaire de première importance qui va accaparer toute son attention, et pour cause !


Mais en son absence, les choses continuent de bouger à Gotham. Harleen ne s'en sort pas vraiment au mieux avec ses enfants, les jumeaux Jackie et Bryce, qui veulent en savoir davantage sur leur véritable père Jack Napier, ou plutôt son alter-ego le Joker ! Leur maman fait tout son possible pour leur dévoiler les informations au compte-goutte et sans les blesser, mais leur curiosité devient plus forte de jour en jour, au point que l'hologramme de Jack finit par prendre les choses en mains et pousse les jumeaux à emprunter la batmobile de leur mère et à le mettre aux commandes du bolide pour une petite virée en famille !


Durant cette excursion, Jack espère faire connaître à ses enfants les recoins de la ville qui ont fait de lui ce qu'il était avant de devenir le Joker, comme sa maison d'enfance par exemple ou bien les endroits qu'il a pu fréquenter et qui ont forgé sa personnalité, ainsi que son amour pour Harleen. Bien mal lui en prend toutefois, car chaque nouvelle étape sur le parcours n'est qu'une nouvelle occasion de constater que la personnalité du Joker semble bel et bien la plus fortement représentée et que le Prince du Crime se retrouve partout sur leur chemin !


D'ailleurs, le Joker n'est pas vraiment le seul danger que les enfants devront affronter durant cette sortie avec leur père holographique. D'anciens détenus d'Arkham veulent eux aussi présenter leurs respects aux descendants du Joker, tout comme la bande de voyous dévoyés qui se disent tenir de lui, les Jokerz, terrorisant les petites rues de la ville. La seconde Harley Quinn sera également de la partie, tout comme son amante Poison Ivy, qui quant à elle dépérit à vue d'œil. Quelque chose semble la ronger de l'intérieur, mais pas le temps de s'y attarder car désormais Harleen et Marian vont devoir faire équipe à leur façon pour retrouver les jumeaux avant qu'ils n'aillent trop loin dans leur exploration du passif de leur géniteur, d'autant que maintenant les autorités sont aussi à leurs trousses !


En effet, l'agent spéciale Diana Prince est à leur recherche avec son partenaire John Stewart, et leur patience est déjà à rude épreuve... autant dire que ça ne s'arrangera pas quand Bruce entendra lui aussi parler de la petite virée improvisée des jumeaux, et qu'il décidera lui aussi d'intégrer l'aventure de gré ou de force !


Au final, comme bien souvent, les choses se régleront entre les murs de l'ancien asile d'Arkham, pour le meilleur comme pour le pire... car il demeure encore un petit secret que le Joker avait dissimulé à tout le monde, sauf à sa meilleure partie. Jack fait tout son possible pour éviter que ses enfants n'y soient confrontés, mais lui-même commence à défaillir à mesure que le disque-dur qui l'abrite tombe en morceaux au fil des confrontations et des chocs qui lui sont imposés. Avant de disparaître totalement, son esprit résiduel aimerait pourtant tellement se montrer totalement sincère avec ses enfants, d'autant qu'ils lui ressemblent tant par certains côtés...


Mais côtoyer Jack Napier, c'est aussi prendre le risque de se retrouver face au Joker à n'importe quel moment, aussi la situation qui se dégrade de plus en plus ne risque-t-elle pas d'arranger de beaucoup le sort de Jackie et de Bryce. Face à l'héritage de leur père et à toutes ses facettes, que pourraient-ils bien penser de lui ? Quel souvenir garderont-ils de Jack Napier, quand tout ce qu'il leur montre ne leur évoque que le Joker ?


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Retour aux manettes de l'autrice Katana Collins, déjà à l'œuvre sur le chapitre Batman White Knight – Harley Quinn précédemment. Ici elle utilise tout ce qu'il reste de la période Beyond de Sean Murphy pour approfondir la relation entre Harleen et ses enfants, relation assez conflictuelle puisque se dresse sans cesse entre eux le spectre de Jack Napier et de son sinistre alter-ego.


Les dessins sont signés par Mirka Andolfo dans son style si unique et pourtant assez fidèle à celui de Murphy si on regarde bien, quoique avec un petit côté cartoon vraiment sympa et bienvenu par moments il faut le reconnaître.


Dans ce chapitre intermédiaire mais qui fait suite directement à l'arc Beyond de cette saga devenue immédiatement culte, ce sont surtout les jumeaux Jackie et Bryce qui seront au cœur des événements et des révélations, même si une petite partie concernera aussi Marian et Ivy et la façon dont elles ont construit leur propre relation sur les ruines laissée par le Joker.


L'héritage de Jack Napier, héritage immatériel mais hautement symbolique, constitue aussi le maître-mot de cet épisode. A plusieurs moments les larmes pourraient monter en vous en assistant à ses propres déconvenues et à la façon dont le spectre du Joker possède encore douloureusement ses souvenirs et derniers instants sur Terre. Mais que ne ferait-on pas pour ses enfants ?


Bien sûr, il y aura à de nombreuses reprises des allusions assez fortes à ce qui a été révélé à la fin du chapitre précédent de la saga, et à cette fameuse menace inédite qui plane dans l'air et nécessite les connaissances de Bruce Wayne comme de Jack Napier. Mais le mystère reste maintenu tout du long, à part si comme moi vous avez l'œil pour discerner les petits détails dans le coin de certaines cases... Du reste, le final ne sera pas si avare en révélations lui non plus, et tout nous annonce une confrontation au sommet entre deux immenses figures de l'univers DC dans cette réalité si particulière et terriblement intimiste pour autant ! Vivement la suite, j'ai déjà honte d'avoir attendu si longtemps depuis sa parution pour lire cet album...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

Sinstress #1 (Swyney & Terris - Novembre 2025)

Variant cover by Kevin Tolibao

Pour tout le monde au sein de la cité fortifiée qui abrite ce qui reste de l'humanité, la journaliste Skye Searle n'est plus. Après avoir été jetée hors du grand mur qui protège la gigantesque métropole, et confrontée aux monstres mutants qui vivent au-dehors, elle est supposée morte et tout le monde semble bien s'en porter au final. Ses anciens collègues vendent son décès à la population abreuvée de fake news, tandis que les responsables de sa disparition se frottent les mains.


Mais apparemment, Skye n'est pas aussi morte qu'on veut bien nous le faire croire... en réalité, elle est même revenue dans la cité, mais dotée désormais d'étranges pouvoirs et d'une certaine connexion avec les mutants de l'extérieur, une connexion qui va lui permettre de remonter lentement mais sûrement la piste des véritables responsables de sa situation actuelle et de tout ce qui va mal dans la ville-refuge.


Alors que Skye apprend petit à petit à maîtriser et à utiliser correctement ses nouvelles capacités surhumaines, le monde criminel commence à bouillir tandis que le sinistre Tony le Fantôme fait le grand ménage dans ses contacts de la pègre pour rappeler à tous qui est le patron. Lors d'une réunion de crise, Skye fait sa réapparition et confronte son ancien boss sur ses mensonges à son sujet, utilisant ses pouvoirs pour annihiler toute résistance des services de sécurité. Mais la vérité sera-t-elle si facile à obtenir ?


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Pour ne rien vous cacher, ce premier chapitre officiel de la nouvelle série encouragée par Thomas Rivière chez nous m'a laissé un peu de marbre. Pas parce que ce n'était pas agréable, surtout grâce aux dessins d'Alex Owens, mais plutôt à cause du scénario et des dialogues de Richard Emms et Homero Rios, les têtes pensantes de la série.


En fait il serait plus juste de dire que je me retrouve assez confus après cette lecture, sans doute un peu comme son héroïne principale après son retour de derrière les murs protecteurs de la cité humaine. Les choses et les événements qui s'enchaînent à un rythme assez saccadé ne me paraissent pas encore avoir véritablement de sens, il manque sans doute encore quelques informations capitales qui ne seront obtenues qu'après quelques chapitres encore, mais j'espère honnêtement que la sauce d'origine telle que prévue ne sera pas trop diluée par les auteurs au profit de la continuité de la série sur le long terme, ce serait à mon humble avis assez dommageable.


Enfin, toujours est-il que cette aventure éditoriale est tout de même assez satisfaisante et que vous me retrouverez bien entendu pour le second chapitre quand sa campagne de financement sera lancée sur Ulule par Thomas Rivière en France au sein de son nouveau label, et avec un peu de chance peut-être qu'entre-temps nous découvrirons une seconde série de chez Impressia Comics dont le teasing ne cesse d'alimenter notre imagination.


La question que je me pose le plus : est-ce que j'ai tant envie que ça de lire et de suivre les aventures de Skye Searle en l'état ? Pas vraiment, mais comme je l'écrivais plus haut c'est très certainement à cause d'un manque d'information ou peut-être même d'implication personnelle dans l'histoire, peut-être que ça s'arrangera vraiment quand le second chapitre paraîtra et que la série aura vraiment commencé à raconter son histoire de la bonne façon. Plus complète en tout cas.


Au sujet de la couverture, je me permets une petite remarque personnelle : j'aurais nettement préféré que soit choisie celle de Felix Morales, présente dans la galerie bonus de fin de fascicule, elle me paraît bien plus envoûtante et entraînante que celle que vous pouvez admirer ici et qui était déjà fort sympathique au demeurant. Là encore, peut-être un léger manque de confiance en le produit final qui fait que les ayants droits se retiennent un peu de tout nous présenter en grande pompe, mais pas de mal au fond. Juste un peu d'impatience pour que les choses se mettent enfin en place correctement !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 14 février 2026

Hadès, ou l'enfer des noces tome 1 (Pika Édition - Octobre 2024)


Le monde Antique est divisé en trois grands domaines, appartenant chacun aux plus grands de tous les dieux du panthéon olympien. Sur la terre ferme et dans les cieux, règne le tout puissant et volage Zeus, seigneur de la foudre et roi des dieux. Les rivières, lacs, mers et océans sont la propriété de son frère cadet, Poséidon, au caractère bien trempé. Quant au domaine souterrain, ce que l'on nomme avec crainte le royaume des morts... il appartient au terrifiant et redoutable Hadès, souverain incontesté de ce vaste territoire hostile où l'éternité se passe entre tourments et félicité.


Hadès, révéré par tous ses sujets dont les dieux jumeaux Hypnos et Thanatos, a fait jadis le serment de ne jamais se laisser détourner de sa charge et de ses responsabilités dans l'au-delà par qui que ce soit ou quoi que ce soit. Imperturbable et toujours le sérieux chevillé au corps, il orchestre la vie dans l'après-vie, juge les âmes, répartit les suppliciés comme les bénis, et chacun peut légitimement dire qu'on a rarement vu divinité plus investie dans son rôle.


Mais ses frères, c'est autre chose... Zeus ne pense qu'à ses prochaines conquêtes dans le dos de sa femme, et Poséidon n'a de cesse de harceler les belles créatures passant à sa portée. Ces deux-là ont fait de l'amusement et de la légèreté leur train de vie, et ils tentent régulièrement d'en faire de même avec leur aîné au caractère si sombre. Bien mal leur en prend, Hadès ne connaît ni réjouissances ni détente, mais ses emportements sont légendaires en cas de contrariété. Aussi, quand il est invité une énième fois sur l'Olympe pour partager les plaisirs de l'endroit, le dieu des Enfers ne peut décliner mais ne compte pas pour autant s'investir dans les festivités.


Sauf que lesdites festivités cette fois-ci consistent à tirer des flèches d'Eros, le dieu de l'Amour, dans sa direction et de voir qui parviendra à le toucher pour le faire éperdument tomber amoureux de la première personne qui croiserait alors son regard envoûté. Comble de malchance, c'est en voulant corriger ses frères que Hadès se plante lui-même une de ces flèches dans le front... et le voilà désormais condamné à garder les yeux fermés derrière un bandeau jusqu'à ce que quelqu'un parvienne à le libérer du maudit artefact !


De retour aux Enfers, rien n'y fait. Personne ne peut retirer la flèche d'Eros, même pas les autres divinités. Ni aucun magicien ni aucune créature n'obtient davantage de résultat, et le seigneur de l'au-delà commence à se dire qu'il vaut de toute façon mieux être aveugle que béatement épris de la première venue. Et voici justement qu'en se retirant seul dans son sanctuaire privé, il tombe -littéralement- sur la jeune Coré, déesse du Printemps, dont le contact seul parvient à faire disparaître la maudite flèche enchantée ! Mais en portant son regard sur elle, Hadès ne semble rien éprouver de plus que d'ordinaire... étrange.


Cependant, ayant eu vent de sa récente rencontre et de sa mésaventure, les autres dieux se pressent désormais au portillon pour assister au rituel de fiançailles avec l'heureuse élue, quelle qu'elle puisse être. Hadès décide de retenir en cachette Coré aux Enfers en punition, et devant les badauds il clame qu'il n'a aucune intention d'épouser qui que ce soit. Mais c'était sans compter la volonté de la puissante Héra, qui lui accorde malgré tout sa bénédiction officielle pour son futur mariage !


Voilà donc le roi des Enfers contraint et forcé de subir toute une procession de prétendantes potentielles parmi les nombreuses divinités convoitant cette place de choix à ses côtés pour l'éternité. Se bornant à toutes les renvoyer chez elles, ou même allant carrément jusqu'à détruire intentionnellement leurs belles illusions sur sa personne pour décourager les autres, Hadès enrage de plus en plus de ne pouvoir échapper à ce destin qui le guette. Pourtant, peut-être a-t-il déjà non loin de là une personne chère à son cœur autrefois si glacial, sans qu'il s'en doute le moins du monde...


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Ce manga en trois tomes édité chez Pika par chez nous est une énième réinterprétation/réappropriation du mythe de Perséphone, la seule femme à avoir jamais réussi l'exploit de séduire le cruel Hadès dans les temps antiques. Si la légende de départ nous parle plutôt d'un genre d'enlèvement puis de contrat établi bon gré mal gré entre les futurs époux, cette histoire a depuis quelques années été de très nombreuses fois reprise et réécrite par les auteurs et surtout autrices désirant présenter Coré/Perséphone comme une figure féministe avant l'heure et largement émancipée de caractère comme de mœurs.


Dans l'idée je n'ai absolument rien contre, je vous ai déjà par ailleurs chroniqué un roman entier basé sur ce même concept il y a quelques temps de cela et qui m'avait bien plu. Cependant, j'ai un peu peur que la surmultiplication des œuvres similaires ayant la même légende pour base commune n'aille malheureusement jusqu'à dénaturer le mythe d'origine ou du moins les principales caractéristiques de ce récit, cédant peut-être parfois à trop de modernisme.


Mais au final, que sont les mythes et les légendes sinon des récits dont toutes les générations peuvent s'emparer pour illustrer leurs propres dilemmes moraux ou sentimentaux ? En ce sens, ce manga remplit lui aussi son office et nous présente une version une fois encore réactualisée avec une très large place accordée à l'humour de situation et à l'absurde par moments, ce qui peut s'avérer rapidement lourdingue au début mais finira par devenir rafraîchissant à la longue quand on prendra l'habitude de relever tous les petits clins d'œils disséminés çà et là.


Si certains personnages frôlent aisément la caricature de bas niveau, d'autres sont étonnamment approfondis et méritent une attention soutenue en arrière-plan tandis que l'intrigue principale suit son cours et que défilent les prétendantes malheureuses du roi des Enfers. Hadès, ou l'enfer des noces est pour le moment une vraie bonne surprise qui n'engage vraiment à pas grand chose de la part du lecteur, l'histoire plutôt singulière d'un célibataire endurci contraint de se marier avec une femme pas trop calamiteuse à ses yeux, sans savoir que l'élue de son cœur se trouve déjà à proximité.


On retrouve ce genre de thématique dans beaucoup de récits romantiques et sentimentaux, dans les domaines littéraire ou cinématographique voire télévisuel, des drames aux comédies, et ce manga fait évidemment partie des secondes et le revendique haut et fort. Personnellement je préfère quand même la version du roman découvert il y a quelques années de cela, mais je n'ai rien contre une bonne séance de rigolade autour de ces sujets par trop sérieux habituellement. J'espère que la suite vaudra toujours le coût, en tout cas ce sera certainement mon fil rouge ''manga'' de ce mois de Février 2026 dédié à tous les amoureux de par le vaste monde !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

Destiny of X tome 10 (Panini Comics - Mai 2023)


X-Men #14 : Gameworld a fermé ses portes, mais certains joueurs n'ont pas l'air vraiment au courant... C'est ainsi que Magie et Cyclope sont forcés, en pleine guerre contre les Éternels de Druig pour la survie ou non des mutants sur Terre, de faire un crochet par la couronne solaire de notre système afin d'appréhender un équipage de Nova déchus qui tentent de provoquer une extinction de masse en déchaînant un orage plasmique. Les mutants n'ont que huit minutes pour préserver la Terre de la catastrophe, et c'est Iceberg qui se charge de générer dans la haute atmosphère un véritable bouclier de glace pour sauver la situation, repoussant ainsi toujours plus loin les limites de ses pouvoirs et de sa condition d'oméga.


Marauders #6 : Toujours en pleine tourmente face aux armées de drones tueurs des Éternels, les membres des Maraudeurs doivent tout de même faire le point sur les récentes intrusions du Géniteur dans leurs vies, afin de les juger dans leurs esprits comme s'ils l'étaient par eux-mêmes pour des fautes que bien souvent ils sont déjà seuls à se reprocher. Avec l'aide de la mutante Birdy, spécialiste des thérapies mentales, et en combinant cela avec les pouvoirs de Somnus, l'équipe va devoir faire face à ses propres démons intérieurs et accepter le jugement du Céleste quel qu'il soit, pour aller de l'avant le plus rapidement possible et reprendre les combats en plein cœur de la guerre qui se joue au-dehors.


Wolverine #25 : De leur côté, Logan et Solem se retrouvent en Arctique pour aller combattre le Géniteur directement sur ses terres ! Poursuivis cependant par la Fiancée des Enfers désireuse de prendre sa revanche sur les deux mutants immortels, les guerriers vont devoir se plier aux jeux et aux règles fixées par le Céleste pour pouvoir progresser dans cet environnement hautement hostile et meurtrier. C'est finalement en acceptant le poids de ses erreurs que Wolverine parvient plus ou moins à faire la paix avec la Fiancée, du moins d'une certaine façon en lui sauvant la vie alors qu'il aurait très bien pu l'achever sur place comme Solem l'aurait fait lui-même. Solem ne perd d'ailleurs pas une occasion pour se faire bien voir et accepter par la Fiancée et repart même avec elle directement aux Enfers afin d'y vivre la grande vie au beau milieu des péchés. Ne reste alors que Logan seul dans le froid, avec une quête impossible qu'il lui faut terminer ou bien y renoncer et accepter de se battre ailleurs.

Une seconde histoire bonus nous présente pour ce numéro anniversaire des aventures de Wolverine un Logan prenant du bon temps dans ses endroits favoris au monde : les bars. Du fin fond des États-Unis jusqu'à Madripoor, parmi les humains ou entre mutants, il n'y a jamais de meilleur moment pour lui que celui où il peut prendre le temps d'écouter de la musique rock en savourant une bonne bière au comptoir. Avant une bonne bagarre traditionnelle évidemment !


X-Force #32 et #33 : Tandis que les mutants de Krakoa se raccrochent désespérément à la vie par tous les moyens et que la guerre contre les Éternels fait toujours rage dans les cieux, au sol c'est une autre menace qui finit par attirer l'attention du Fauve et de X-Force : Kraven le Chasseur s'est introduit sur l'île-nation mutante et a démarré un véritable carnage parmi les homo-superior, cherchant à rencontrer sur son chemin le plus redoutable d'entre eux pour en faire son ultime trophée. C'est évidemment sur Wolverine que se porte son choix final, et Kraven va donc fort logiquement préparer le terrain pour cet affrontement au sommet entre lui et le mutant griffu. Enlevant le Fauve et l'obligeant à déprogrammer les sécurités de la Salle des Ombres, Kraven génère un terrain virtuellement illimité largement inspiré de la Terre Sauvage, mais avec encore plus de dangers mortels à chaque pas ! Le duel tant attendu verra la victoire sans difficulté de Logan sur le Chasseur, mais Wolverine se refuse alors à achever son adversaire, entraînant ainsi une nouvelle rivalité qui devra bien s'achever d'une façon ou d'une autre dans un futur proche. De leur côté, Deadpool et Oméga Red règlent leurs comptes après que ce-dernier ait abandonné le premier démembré sur la banquise à la merci des prédateurs locaux !


Legion of X #6 : Au tour de David Haller d'être jugé par le Céleste connu désormais sous le nom du Géniteur. Mais quand la divinité se rend compte de l'immense pouvoir détenu par Légion, il préfère plutôt lui demander de quelle façon il voudrait être jugé. David décide alors de lui raconter en détail son altercation récente avec Uranos, le Titan exterminateur envoyé par les Éternels sur Arakko pour répandre la mort et la désolation en une heure seulement. De puissances parfaitement égales, Légion et Uranos se sont affrontés durant ce qui paru dans leurs esprits une véritable éternité, avant d'être départagés par les combats au sol et la volonté de l'un de protéger les innocents face à l'autre. C'est finalement Tornade et Magnéto qui parvinrent à détruire Uranos et ses machines de mort, tandis que David utilisait les vastes capacités de son esprit pour accueillir tous les réfugiés en sécurité au sein de l'Autel. David se sent toutefois assez mal suite à cette histoire, car il aurait voulu avoir le rôle du martyre à la place de Magnéto pour donner enfin un sens à son existence si solitaire... ce que comprend le Céleste, lui décernant un jugement favorable pour sa bravoure et la beauté de son acte malgré ses ressentis personnels. Désormais, il faut réparer tout ce qui peut l'être, et mener le long décompte des victimes d'Uranos, à commencer par Magnéto...


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Je ne sais pas vraiment si toute cette histoire de guerre entre les X-Men et les Éternels me passionne vraiment, mais une chose est sûre on a droit à des histoires parfois ridicules et parfois assez poignantes avec ce scénario global !


J'en veux pour exemple toutes les séries qui font clairement du remplissage à leur façon en attendant que les choses se tassent, mais aussi celles qui comme X-Men Red ou ici plutôt Legion of X nous servent des récits clairement pas destinés aux premiers venus et d'un niveau de violence rehaussé de beaucoup !


La mort de Magnéto semble cette fois inéluctable, puisqu'il avait clairement exprimé le vœu de se laisser mourir sur Arakko en s'y rendant en exil et qu'il a lui-même détruit la seule sauvegarde de son esprit contenue dans une unité Cérébro. Impossible donc de le ramener par le protocole de résurrection des Cinq sur Krakoa, et même si c'était chose faisable ce n'est pas certain qu'il aurait apprécié le geste. Magnéto s'est littéralement sacrifié pour tout un peuple qui ignorait tout de lui ou presque, et ce sera maintenant à Tornade, Diablo et Légion de porter le deuil mais surtout l'héritage du Maître du Magnétisme sur toute la planète, en espérant que la dure société arakkii le permette.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 10 février 2026

Les Aventuriers de la Mer tome 1 - Le Vaisseau magique (Éditions J'ai Lu - Septembre 2003)


Au Sud du royaume des Six-Duchés, se trouve une terre de marins et de marchands, explorateurs autant que négociants en toutes formes de richesses. La magie existe également au sein de cette nation, notamment en ce qui concerne les incroyables prouesses des vivenefs, ces navires conscients fait de bois-sorcier et capables dit-on d'éviter les pires dangers des hautes mers.


Althéa Vestrit, jeune femme intrépide tout juste sortie de l'adolescence et seconde fille d'une prestigieuse lignée d'Anciens Marchands de Terrilville, navigue sur le vaisseau de son père, la Vivacia, qui fut commandée trois générations plus tôt et devrait bientôt s'éveiller pour devenir une véritable vivenef, source de toutes les convoitises. Alors qu'elle s'attend à hériter du commandement de la Vivacia, impatiente de partir au large explorer les océans à son bord, c'est son beau-frère le capitaine Kyle Havre qui dirige les récentes expéditions, et fait tout son possible pour priver la pauvre Althéa de son légitime héritage.


Ephron Vestrit, le patriarche de la famille, est mourant. Son décès doit absolument intervenir sur les ponts de son navire afin de lui permettre de s'éveiller enfin à la pleine conscience, mais les retards accumulés en chemin par son beau-fils mettent en péril cette fragile réalisation. Contraint de revoir ses propres plans quant à la répartition de ses biens et de sa fortune, le vieil homme sait qu'il va devoir léser sa précieuse enfant dans le but de sauver l'ensemble de la famille de la ruine qui couve chaque jour davantage.


Et tandis que tout Terrilville attend avec ferveur le retour de la Vivacia pour assister en grande pompe à son éveil, de terribles dangers menacent par-delà les embruns. De gigantesques serpents de mer se rassemblent en nœuds et remontent vers le Nord en quête de nourriture et d'un passé dont la mémoire les fuit. Les redoutables pirates des Rivages Maudits s'organisent peu à peu sous la direction d'un ambitieux capitaine qui aspire à créer une véritable nation de forbans, malgré quelques résistances ci et là.


Et dans l'œil de tout à chacun brille la convoitise et la volonté de posséder une si précieuse vivenef, qu'importe la façon dont ils s'y prendront au final. Au centre du tumulte se trouve la famille Vestrit, sur le point d'être brutalement déchirée par les querelles et le mauvais sort qui frappent sans merci. Les rêves d'Althéa, l'ambition de Kyle, les tourments de Ronica et d'Ephron et les regrets du jeune Hiémain, tout cela s'assemble pour former une véritable tragédie qui ne laissera que bien peu de satisfaits derrière elle.


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C'est le début de la seconde saga de fantasy signée Robin Hobb, dans un style résolument moins archaïque que la première moitié de L'Assassin Royal et où la part belle est faite à une héroïne forte et convaincue de son bon droit, un personnage une fois encore lésé par la vie et le destin et qui va sans doute devoir réapprendre quelle est sa juste place dans l'ordre des choses avant de braver l'injustice qui la frappe. Bref, tout un programme dont on ne saurait se priver !


Se situant dans le même univers que les aventures de FitzChevalerie, d'ailleurs pratiquement en parallèle des événements de la guerre contre les Pirates rouges, cette seconde saga nous place donc plus au Sud sur la grande carte du continent, au cœur de la vie si mouvementée des marchands et colons de Terrilville, coincés entre le fleuve du Désert des Pluies d'un côté et l'océan des Rivages Maudits de l'autre, obligés pour survivre et faire prospérer la colonie de se livrer à un commerce sans fin dans des eaux infestées de dangers.


En ce qui me concerne j'ai toujours visualisé, durant ma lecture, l'atmosphère générale de ce récit comme se situant davantage dans un style Renaissance que Moyen-Âge, au contraire des Six-Duchés. Mais au final je suis bien obligé d'admettre que ce n'est qu'une vue de l'esprit sans aucun doute générée par tous les grands films de piraterie à succès de ces vingt dernières années. Toutefois, je ne serai pas si étonné que cela d'apprendre par la suite que cette impression se confirme, puisque par exemple la ville de Gué-de-Négoce était ouvertement tendue vers la modernité et le raffinement en comparaison de Castlecerf et de sa forteresse impétueuse. Tout demeure possible et c'est à votre propre imagination de donner corps à cette nouvelle aventure.


Fitz démarrait avec rien du tout, tandis qu'ici Althéa possédait pratiquement tout ce qu'il lui fallait avant de tout perdre et de devoir repartir de zéro. Il y a quelques similitudes entre les deux parcours et les deux personnages, mais ce premier tome se concentre vraiment essentiellement sur la tragédie qui frappe la famille Vestrit et les tout premiers temps de vie de Vivacia. Il faudra donc attendre les prochains tomes pour en connaître davantage sur les projets d'Althéa et la façon dont elle compte bien récupérer ce qui lui revient de droit avant qu'il ne soit trop tard.


A la sortie de cette lecture, je trouve que la thématique principale est vraiment celle de l'injustice, tant morale que sociale, à la fois dans les coups durs qui frappent la famille Vestrit et sa jeune héritière mais aussi dans la violence qui s'exprime à travers le personnage de Kyle Havre et sa dévorante ambition qui ne souffre aucune remise en question. Un nouvel antagoniste de poids, peut-être pas aussi frontal que le prince Royal Loinvoyant pour Fitz, mais qui rattrape ce manque d'assurance par une réelle aptitude à égrener les complots et les mauvaises décisions, y embarquant tout le monde à sa suite bon gré mal gré. Et comme pour Royal juste avant, j'ai hâte d'assister à sa chute tant attendue d'ici la fin de la saga !


Il s'agit là de thèmes relativement universels et qui seront vécus et compris par tout le monde je pense, gages d'un vrai succès littéraire qui ne se dément apparemment pas de tome en tome. Robin Hobb nous prouve qu'elle sait très bien concevoir son univers et les chemins de vie de ses personnages, principaux comme secondaires, et qu'elle mérite amplement sa renommée et son statut de maîtresse architecte de ses œuvres. Pour tout vous dire j'avais très peur de ne pas accrocher aux Aventuriers de la Mer en comparaison de L'Assassin Royal, mais fort heureusement c'est tout le contraire qui s'est produit et je m'engage donc assez sereinement dans cette nouvelle lecture dont il me tarde de connaître la suite.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 2 février 2026

Les Contes Interdits - Cendrillon (ADA Éditions - Octobre 2020)


Cendrine a tout ce qu'il faut dans la vie pour être heureuse : des parents aimants, une certaine aisance financière, une situation enviable... Elle est la petite princesse de son père, et rien ne semble pouvoir entamer cette confiance mutuelle entre eux. Jusqu'au jour où son père se remarie avec Carmen, à la suite du décès de sa première femme. Carmen est adorable avec Cendrine, de même que ses deux filles plus âgées, Anastasia et Annabelle.


Sauf que lors des fréquentes absences du père pour affaires, devant gérer au mieux son entreprise de crématorium, Cendrine découvre bien vite qu'elle est en réalité la proie idéale pour tout le mépris et la violence tant morale que physique dont les trois intruses peuvent faire preuve envers elle. Rien ne lui sera épargné, des tâches les plus ingrates du foyer jusqu'au rabaissement quotidien et à la trahison du père devenu mou et lâche.


Des années plus tard, Cendrine en a beaucoup trop encaissé et l'heure de la juste vengeance a sonné. Se débarrassant de façon assez horrible de ses deux demi-sœurs, la petite orpheline s'apprête à faire de même avec sa belle-mère mais est arrêtée juste à temps par les agents de la Sûreté du Québec, pourtant venus au départ lui annoncer la tragique disparition de son père dans un accident de voiture.


Privée de tout ce qui faisait son monde jusque-là, Cendrine est traitée de folle à lier, de furie meurtrière sans aucune rédemption possible, et est aussitôt placée en détention parmi la lie de l'humanité. Là encore, rien ne lui sera épargné... mais elle encaisse, comme toujours, certaine de pouvoir attendre l'heure de finaliser sa vengeance suicidaire contre sa belle-mère.


Et quand Nadia, une jeune journaliste spécialisée sur les tueurs en série, lui rend visite en prison en lui apprenant que le décès de son père est loin d'être un accident, Cendrine décide que le moment tant attendu est enfin arrivé. Se débarrassant une fois de plus de ses entraves, la Cendrée va semer dans son sillage mort et désolation, horreur et consternation de la part d'une société qui a refusé en bloc de la soutenir et de l'aider quand elle en avait le plus besoin.


Désormais, il est trop tard pour faire machine arrière. La Cendrée est lâchée et sa toute dernière victime est à portée de main, il suffit d'un dernier petit effort... et de l'aide de ses fidèles amies des ténèbres, les souris qui lui parlent chaque nuit et lui apportent réconfort et encouragent ses atroces fantasmes...


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Bon somme toute c'est une histoire de vengeance assez classique qui n'apporte pas grand chose de vraiment intéressant au conte d'origine revisité comme d'habitude désormais sous une version plus glauque et horrifique.


Ce Conte Interdit consacré à Cendrillon est loin de briller par son originalité ou sa qualité d'écriture, c'est même, oserais-je le formuler, l'un des moins bons que j'ai pu lire ces dernières années. Pas forcément de la faute de l'auteur, qui a pondu de meilleurs textes dans la collection auparavant, mais peut-être un léger manque d'inspiration pour rendre le tout un peu plus excitant ou se tenant un peu mieux dans l'ensemble.


On passe de cliché en cliché, l'histoire est assez rapide à lire en plus donc n'offre pas particulièrement matière à réflexion ni à prolonger l'expérience. C'est vraiment dommage, je pense qu'il y aurait eu plusieurs façons d'améliorer le récit ou du moins de l'enrichir davantage, mais Sylvain Johnson préfère sans doute aller directement au cœur de l'action sans tergiverser plus que de raison. Il y a aussi pas mal de vulgarité gratuite, pas nécessaire à mon humble avis pour rehausser la tension générale.


Bref, déception que cette lecture-ci, pas franchement à la hauteur de ce qui a pu se faire jusque-là dans la collection sulfureuse venue du Québec. Ou alors le problème vient de moi et j'en attendais peut-être bien plus que ce que j'étais en droit d'espérer. Quoi qu'il en soit, Cendrillon ne réussit pas sa métamorphose horrifique à mes yeux, mais je reste néanmoins curieux de découvrir les titres suivants pour me faire une meilleure idée générale de ce projet éditorial un peu fou.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 30 janvier 2026

La V.O. du vendredi n°369 : Witchblade tome 1 (Image/Top Cow - Janvier 2025)


Sara Pezzini a vu sa vie basculer quand elle était encore enfant, alors que son père, inspecteur des forces de police de New York, se faisait assassiner au cours d'un règlement de comptes entre ripoux. Devenue adulte, Sara a dédié toute son existence et toute son énergie à retrouver les trois hommes responsables de ce tragique et injuste décès, en s'engageant tout d'abord dans l'armée et les forces spéciales pour tâcher d'oublier avant de revenir sur le terrain et de devenir à son tour inspectrice dans la Grosse Pomme.


Au fil de ses recherches, Sara a pu identifier deux des coupables du meurtre de son père, et a tout fait ensuite pour ruiner leur vie et leur carrière, avec un certain succès. Mais le troisième homme court toujours...


Pendant ce temps, en Allemagne, un chantier de fouilles privées met à jour un étrange artefact qui semble doté de conscience et s'attache immédiatement à toutes les personnes féminines qu'il peut croiser, afin de se rendre vers sa légitime détentrice selon toutes les probabilités. Kenneth Irons, richissime collectionneur et homme de pouvoir, cherche par tous les moyens à retrouver cet artefact mystique et à s'en emparer ou du moins à en acquérir le contrôle, et il suivra sa course folle jusqu'à New York où l'objet finira entre les mains de Sara Pezzini lors d'une opération d'infiltration hautement risquée.


Devenant dès lors la nouvelle élue du Witchblade, une sorte de symbiote ancestral qui lui ouvre de toutes nouvelles perspectives et affûte ses sens comme aucune drogue ne saurait le faire, Sara va devoir apprendre à gérer ses nouveaux appétits ainsi que les troubles qui apparaissent soudainement dans sa vie quand d'étranges créatures la prennent en chasse.


Sur son chemin, Sara va pouvoir rapidement compter sur le savoir et l'expérience du ténébreux Ian Nottingham, expert en combat et apparemment lié d'une façon ou d'une autre à l'étrange pouvoir du Witchblade, et qui cherche à se rapprocher de Sara afin de la garder à l'œil et de l'entraîner de son mieux. Mais Ian poursuit aussi ses propres buts dans cette affaire, et n'accepte de révéler que ce qui peut le servir parmi toutes les connaissances qu'il possède.


Bouleversée par sa nouvelle existence, par sa puissance redoutable et l'intensité de ses nouvelles capacités, Sara s'isole peu à peu de ses rares proches et reprend avec l'aide de Ian l'enquête sur la mort de son père bien des années auparavant, une blessure jamais cicatrisée que le Witchblade pourrait bien l'aider à guérir pour de bon. Mais pour cela, il lui faut retrouver le fameux troisième homme, qui semble bien protégé en hauts lieux. Pour l'atteindre et remonter jusqu'à lui, Sara va devoir exploiter le moindre petit indice sur sa route, y compris via des moyens peu orthodoxes qui vont la questionner tout autant sur sa morale que sur les agissements de son paternel à son époque.


Au bout du compte, une piste exploitable se présente enfin à elle, mais pour accéder à l'information qu'elle recherche si désespérément, Sara va devoir demander à Ian une faveur : qu'il l'introduise auprès d'un certain Kenneth Irons...


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Que vous dire à part que j'ai positivement a-do-ré cette lecture ??


Inutile je pense à ce stade de vous refaire tout l'historique de l'œuvre Witchblade depuis les années '90, sachez simplement qu'après 185 chapitres cette première série a fait l'objet d'un relaunch durant les années 2010 qui n'a franchement pas connu le même succès, loin s'en faut... mais que ça n'a pas découragé pour autant les auteurs de chez Top Cow et l'éternel ambitieux Marc Silvestri, qui ont lancé une campagne parallèle sur Kickstarter pour financer une réédition de la première série tout en permettant l'existence d'une troisième !


Et ce tome 1 que je vous présente ici, ce n'est ni plus ni moins que le premier recueil de cette nouvelle troisième série Witchblade, écrite cette fois-ci par Marguerite Bennett et dessinée par Giuseppe Cafaro, duo qui fait vous le verrez très vite de grands progrès sur ce titre par rapport aux itérations précédentes.


Ici exit le côté voyeur et rentre-dedans des années '90, exit aussi la prise de tête narrative de la seconde série, et bonjour au retour de ce qui faisait le succès véritable du titre il y a près de 30 ans déjà, à savoir le personnage de Sara Pezzini et son histoire si mouvementée et complexe, où gravitent les bons et les mauvais dans un mouchoir de poche et où ce coup-ci le point de vue strictement féminin de l'affaire fait vraiment plaisir à lire !


Sara nous apparaît donc bien plus crédible, bien plus vivante, bien plus réaliste dans ses réactions et dans ses intentions, sa psychologie brisée en constante reconstruction, car écrite par une autrice qui sait comprendre ce genre de personnages comme personne ou peu s'en faut. Si le dessin reste assez classique parmi la production actuelle, il ne faut pas sous-estimer le talent de Cafaro qui est sur une très bonne lancée et dont les crayonnés sont fort joliment perfectionnés par les couleurs et l'encrage de Arif Prianto.


Pour l'occasion, Marc Silvestri en personne sortira de sa retraite artistique pour signer quelques couvertures, dont la principale bien entendu, et même un édito de fin d'album dédié à la mémoire de tous les auteurs précédents, ainsi et surtout qu'au toujours si regretté Michael Turner dont Witchblade restera éternellement débitrice quant à son immense succès public et critique de l'époque de sa première version.


Pourquoi vous devez lire cette troisième version ? Parce que les défauts des deux premières ont été gommés, tandis que leurs qualités respectives ont été réactualisées de façon plus juste, plus précise, et les personnages repensés pour atteindre un public plus éveillé à certaines causes et à certains schémas de nos temps présents.


A ce jour la série compte deux albums et près de 20 chapitres, ce qui rattrape pratiquement le score de la seconde série en son temps. Il ne tient qu'à vous de permettre à cette troisième et ultime version de Witchblade de marquer son époque tout autant que son illustre aînée, tout en sachant par ailleurs qu'une nouvelle série The Darkness arrive également pour soutenir l'effort et développer toujours plus cet univers en pleine résurrection ! A ce titre je ne vous chroniquerai que les albums, pas les chapitres single, ce qui permettra peut-être d'avoir davantage à analyser et surtout à raconter tout en m'obligeant à restreindre mes résumés pour éviter les spoilers gênants.


En route tous ensemble pour cette merveilleuse aventure, j'embarque sans la moindre réserve et je vous invite à faire de même si vous avez ne serait-ce qu'apprécié la première série et espéré qu'elle devienne plus mûre avec plus de temps et davantage de points de vue artistiques devant elle. Tout ce que la première version était est encore mieux ici, du moins pour le moment, et même les quelques qualités de la seconde sont reprises pour une écriture plus fine et mieux dosée ! Que demander de plus, franchement ? Longue vie à Witchblade et à Top Cow !

jeudi 15 janvier 2026

L'Assassin Royal tome 6 - La Reine solitaire (Éditions J'ai Lu - Septembre 2002)


La quête du prince Vérité et de ses rares partisans encore en vie touche presque à sa fin, alors que le petit groupe mené tant bien que mal par Kettricken et Fitz à travers les Montagnes débouche enfin sur le vaste et étrange territoire des Anciens. Gigantesques dragons statufiés, comme profondément endormis depuis des siècles, ces nobles créatures ne semblent pourtant pas pouvoir être tirées de leur transe rocheuse, au grand désarroi de la reine qui ne songe qu'au prix impossible que doit payer le peuple des Six-Duchés pour cette quête insensée d'un souverain désormais presque oublié.


Mais, alors que le moral est au plus bas, le groupe parvient enfin à retrouver Vérité lui-même, au cœur d'une monumentale carrière de pierre noire, occupé fanatiquement à sculpter son propre dragon dans la roche avec ce qui reste de son épée et de son pouvoir d'Art. Ses pensées dérivent constamment, et tout ce qui faisait de lui un être exceptionnel semble avoir été sacrifié au dragon pas encore né, somme irréaliste de toutes ses espérances les plus folles.


Devant un tel aveu d'échec, Kettricken ne peut qu'accuser le coup et tenter de faire bonne figure pour servir son époux loyalement même dans la folie, alors que Fitz découvre bien vite que leurs ennemis sont bien à leur poursuite et presque à leur portée désormais. Les sbires de Royal sont plus nombreux, mieux armés et mieux organisés, menés par les membres du Clan fidèle de l'usurpateur, et terribles seront également les révélations faites par cette tragique situation.


Alors que tout espoir raisonnable semble bel et bien anéanti, le petit groupe décide de céder à la folie ambiante et de tout donner pour Vérité et sa quête, sinon tout est perdu. Aucune bataille ne sera victorieuse sur l'escadron ennemi, aucun sauvetage de dernière minute n'est à attendre, ni aucune preuve de raison véritable de la part du souverain déchu... Ne restent alors que les ultimes relents de pure humanité de quelques êtres brisés par le sort qui s'acharne, et qui s'échinent eux-mêmes à se maintenir en vie coûte que coûte pour réaliser un rêve de plus en plus inaccessible alors qu'ils en prennent la pleine mesure.


Lentement, patiemment, le dragon de Vérité prend forme et consistance, et le regain de foi en sa quête semble emporter toute la compagnie. Mais Fitz, quant à lui, réalise que son propre destin ne lui appartient pas et ne lui a sans doute jamais appartenu dans toute cette histoire. Selon les prophéties du Fou, le Catalyseur doit périr pour que le monde soit à jamais changé. Jamais le pauvre orphelin ne pourra poser les yeux sur sa tendre descendance, sur la femme tant aimée, sur l'avenir qu'il offrira au reste de l'Histoire... et devant ce gigantesque, ce titanesque sacrifice qui lui est encore une fois demandé au seuil de toute raison, l'assassin du roi se met à hésiter, ce qui pourrait bien leur être fatal à tous !


Pendant ce temps, les Six-Duchés sont la proie des Pirates rouges, qui non contents d'avoir dévasté les bastions de la côte s'en prennent désormais aux territoires de l'Intérieur, qui ne s'attendaient certainement pas sous le règne de Royal à subir pareille vague de violence et de terreur. Le monde tel qu'on le connaît est à feu et à sang, l'usurpateur livre une guerre insensée à son voisin des Montagnes tout en commanditant en secret les troupes envoyées aux trousses de son propre frère et de son neveu, pour s'approprier toute la puissance qui découlerait éventuellement d'un éveil des Anciens afin de maintenir coûte que coûte son emprise sur les ruines du royaume.


Dans de telles conditions, est-il encore aisé et raisonné de rêver ? D'espérer, contre toute logique des faits ? Un geste de pure foi, c'est tout ce qu'il faudrait... mais sera-ce suffisant ?


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Wahou ! Je ne m'attendais certainement pas à une telle fin de cycle pour ce morceau des aventures de L'Assassin Royal de Robin Hobb ! Je suis agréablement surpris par la profondeur si intense du récit, de sa portée et de ses ambitions morales et narratives, ainsi et surtout que par ce que je considère être une véritable prouesse de la part de l'autrice d'avoir réussi à achever toutes ces intrigues en une quinzaine de chapitres seulement. Un grand bravo admiratif pour saluer tout cela !


Quand on se retrouve à la dernière page du dernier chapitre de ce dernier tome, on se retourne soudain et on contemple tout le chemin parcouru depuis le tout premier des premiers, et la vue est simplement vertigineuse. Tellement de vie, de puissance, de symbolique et aussi plus simplement d'histoires entrecroisées, si humaines, si menues par rapport aux grands enjeux qui nous sont enfin présentés dans toute leur majesté, si terribles, si impardonnables. J'avais beaucoup d'appréhension et d'hésitation à démarrer cette lecture, parce que peut-être que je ne souhaitais tout simplement pas en arriver à la conclusion... mais j'avais grand tort !


Je trouve la façon dont Fitz parvient à démêler toute cette intrigue et sa propre participation à cette longue aventure vraiment rafraîchissante, et pourtant bon sang ça fait presque un quart de siècle que ce récit a été publié ! Il y a tellement à dire, et en même temps tellement à taire pour conserver le mystère intact jusqu'au bout !


Tout simplement, je pense me contenter de vous dire que contre toute attente le personnage qui souffre le plus ici est certainement la reine Kettricken, pour bien des raisons... que le cœur ignore aussi bien que l'esprit la plupart du temps. Ses tourments sont au moins égaux à ceux de Fitz, et ce tome porte très justement son titre je crois. Mais là encore, je ne peux que vous laisser tout découvrir et espérer ne pas trop en divulguer dans ma béate crise d'admiration.


Prochaine étape, la saga des Aventuriers de la Mer, dans le même format si possible (et je sais que ça l'est). Mais je suis plus que volontaire et partant pour la suite du cycle de l'assassin du roi quelle qu'elle puisse être ! Pour l'instant c'est un sans faute sur six tomes, Robin Hobb peut m'emporter où elle le veut, je tâcherai de profiter de chaque chapitre et de chaque instant de pure découverte et de pure magie, magie de l'écriture autant que de l'esprit. Tout mon respect, c'est un final en apothéose qui se savoure aussi délicatement et âprement qu'un fugace instant de bonheur au milieu de la tempête. Vraiment, bravo, juste bravo. Wahou. Quelle aventure ! Et ce n'est encore qu'un commencement...


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !