Le Titan Prométhée a trahi la confiance du Roi des Dieux une fois de plus, en subtilisant le feu sur l'Olympe et en l'offrant aux humains, simples mortels délaissés par les divinités toutes-puissantes. C'était la fois de trop. Zeus, au comble de la fureur, a proféré un châtiment exemplaire pour Prométhée, de quoi décourager toute autre tentative de le défier. Mais le Titan déchu conserve malgré tout un espoir...
Dans les entrailles de l'Olympe, Héphaïstos met la dernière touche à sa toute dernière création, supervisée par plusieurs autres dieux et déesses, et avec l'aval de Zeus en personne. La première femme de l'humanité naît ainsi, de l'argile de la terre et de la volonté du souverain divin, qui la nomme Pandore, ''tous les dons''. Bien entendu, Zeus a une idée derrière la tête, et son plan commence dès maintenant, en offrant cette femme humaine au petit frère de Prométhée, Épiméthée, dont la simplicité n'a d'égal que le mystère entourant sa frugale existence.
Zeus compte sur Pandore pour dévoiler les secrets de la fratrie de Titans, et surtout l'existence d'une prophétie réputée détenir la clé pour faire chuter le roi des dieux en personne, prophétie que Prométhée est soupçonné de conserver dans le plus grand secret malgré les affreuses tortures dont il fait toujours l'objet depuis son forfait.
A peine éveillée à la Vie et consciente de ses atouts et autres possibilités offertes par les dieux, Pandore est donc envoyée chez son nouveau mari... qui ne l'accueille pas vraiment les bras ouverts. En réalité beaucoup plus malin qu'il ne le laisse penser, Épiméthée redoute que Pandore soit un piège tendu envers lui et envers son frère, et que l'avenir entrevu par son aîné ne puisse plus advenir si le cadeau des dieux devait être accepté définitivement. Cependant, il n'a pas le choix, car repousser ouvertement Pandore serait la condamner elle aussi aux yeux de ses créateurs.
Le couple aura toutes les peines du monde à s'apprivoiser et à se supporter, chacun faisant de l'autre le responsable d'une situation qui les fait souffrir et dont les enjeux les dépassent complètement. Nourrie par sa curiosité insatiable, Pandore veut absolument rencontrer Prométhée pour écouter sa sombre prophétie dès qu'elle en entend parler, chose que son mari comme ses rares amis lui défendent absolument. Mais celle qui possède tous les dons ne saurait résister bien longtemps...
Alors que les jours se succèdent, ce qui devait arriver arrive finalement : Pandore et Épiméthée finissent tant bien que mal par s'accepter et même se dévoiler l'un à l'autre, concédant ici un terrain offert là. Convaincu désormais de la sincérité de sa nouvelle femme, le jeune Titan n'a cependant toujours aucune envie de confronter son frère pour obtenir la prophétie contre laquelle on l'a toujours mis en garde. Pandore conçoit alors un stratagème pour duper les dieux et leur surveillance incessante, suffisamment longtemps pour permettre l'entrevue fatidique.
Mais dans les hauteurs de l'Olympe, il se murmure que Zeus n'est pas assez satisfait de sa création, ni de la dévotion des êtres humains. Prévoyant l'impensable, le souverain prépare en secret la destruction des mortels s'il n'obtient pas très vite ce qu'il espère de tout cœur, et pour cela son arme sera la même que pour le plan précédent : Pandore en personne.
Confrontée à l'immensité des forces cosmiques en jeu et aux volontés qui s'opposent et se combattent sur tous les plans, la jeune femme fait également de son côté d'étranges découvertes sur ses congénères humains, et sur ce qu'ils représentent véritablement pour les dieux. Et à présent que Zeus en personne lui ordonne de déchaîner sur ses semblables un ensemble de maux plus affreux les uns que les autres, contenus dans un pithos à peine scellé, Pandore n'a plus vraiment le choix. Doit-elle se soumettre et entraîner la perte des mortels, ou bien doit-elle rallier la cause de son mari et œuvrer en secret à la chute des dieux ?
Un si beau mal... kalon kakon... c'est par ces simples mots que Zeus a donné vie à Pandore. Mais n'existait-elle pas déjà avant cela ? Serait-elle une arme de destruction, ou bien le salut de son espèce toute entière ? Pour la toute première fois de sa jeune existence, c'est à elle et seulement à elle de le décider.
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Poursuivons notre redécouverte des grands mythes de l'Antiquité Grecque sous un jour nouveau, avec cette fois-ci l'histoire de Pandore, archi-connue et on ne peut plus galvaudée désormais. L'autrice spécialiste du genre, Bea Fitzgerald, nous offre ici une relecture assez convaincante de la légende, sous un jour évidemment plus éclairé qu'à l'époque concernée, plus féministe, plus humaniste aussi surtout.
On y découvre une Pandore très curieuse en effet, mais surtout neurodivergente à sa manière et dont la seule existence représente tout à la fois un défi, un danger et un point de bascule indéniable dans l'Histoire de l'humanité soumise aux caprices parfois criminels des dieux qu'elle doit pourtant vénérer sans réserve.
Déjà à l'œuvre dans La Reine des Enfers, son premier roman du genre, Bea Fitzgerald continue de nous raconter des situations intimes intenables datant de l'Antiquité mais résonnant toujours fortement de nos jours. Je crois avoir fait l'impasse sur le second roman, mais en tout cas La Beauté du Mal, son troisième il me semble, ne réussit pas forcément là où son aîné brillait particulièrement. Et c'est tant mieux quelque part, comme ça il y a suffisamment de différences et de divergences entre les récits et entre les traitements des légendes d'autrefois, pour que le lectorat ne se sente pas replongé dans la même soupe encore et encore comme on en avait justement pris l'habitude avec les récits mythologiques depuis leur redécouverte massive à la Renaissance.
J'ai conscience que mon résumé dévoile déjà beaucoup, mais en réalité ces enjeux sont révélés presque dès la rencontre entre Pandore et Épiméthée, et le roman tout entier tourne autour de cet axe qui n'en finit pas et qui, peut-être par moments je l'avoue, a pu me lasser, m'exaspérer ou simplement me désintéresser de ma lecture, expliquant ainsi le laps de temps entre son commencement et la dernière page refermée. Mais au final ça valait le coup, c'est l'essentiel. Je suis cependant davantage attiré par l'histoire de Perséphone et Hadès que par celle de Pandore ici, et j'en suis le premier désolé.
Peut-être que lire le second roman, consacré à Cassandre, est en vérité nécessaire pour tout bien apprécier. Les trois livres ne se suivent pas et ne se complètent pas forcément les uns les autres, mais les personnages s'y retrouvent d'une mise en scène à une autre, certains visages familiers et d'autres totalement cruciaux s'alignant dans chaque histoire. Peut-être existe-t-il donc une certaine forme de continuité qui m'a échappée, et que je vais devoir rattraper. En attendant, c'était une bonne lecture et au bout du compte un bon gros moment de passé, avec des sujets de réflexion à maturer dans son coin par la suite. Hâte de découvrir le prochain mythe à passer sous cette plume !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

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