Alors
que les autres Planétaires sont allés trouver refuge loin des
combats et de l'agitation qui règne en ville, Wheeler a décidé de
répondre à l'offre de Lucian Plunder et de lui remettre sa bague
élémentaire du Feu pour que l'industriel puisse l'étudier et en
apprivoiser l'énergie, prétendument pour la mettre au service d'un
grand projet de redistribution mondiale des ressources énergétiques
de la planète de manière plus équitable que jamais.
En
réalité, Plunder veut surtout dupliquer la bague et ses pouvoirs
pour se les approprier et faire ainsi fonctionner son tout nouveau
réacteur, un risque environnemental que personne ne voudrait courir
si tout était connu du grand public. Gaïa, retenue prisonnière
dans son laboratoire, voulait justement empêcher cela en adressant
les cinq bagues aux Planétaires... et malheureusement, son plan a
échoué.
Tandis
que les quatre autres Planétaires viennent d'identifier enfin la
zone où se trouve Gaïa et tentent le tout pour le tout afin de la
sortir de là grâce aux pouvoirs qu'il leur restent, Plunder décide
d'activer les nouvelles bagues synthétiques dont il vient de se
doter... et le résultat en est catastrophique. Devenu
l'incarnation-même du mal-être de notre pauvre vieille Terre,
Lucian Plunder est désormais Captain Pollution, une entité
supérieure et entièrement dévouée à la corruption de la nature
par les forces humaines. Qui pourrait lui faire face ??
---
Évidemment
vous connaissez comme moi la réponse à cette question. Le plus
grand combat des Planétaires est tout juste sur le point de
commencer, à peine le précédent est-il derrière eux.
Plunder/Pollution incarne tout ce qui ne va pas dans le progrès
technologique de l'humanité, tandis qu'eux incarnent plutôt la
prise de conscience mondiale qu'il nous faudrait de notre rôle de
gardiens de cette Terre qui souffre tant. Mais peut-être est-il déjà
trop tard...
En
tout cas le constat est sans appel : s'ils ne récupèrent pas
très vite la bague du Feu pour l'unir aux quatre autres et invoquer
Captain Planet, le cataclysme sera total et irréversible ! Mais
quand on a vu précédemment ce que la simple pollution de l'air
ambiant fait à notre pauvre élémental, comment imaginer
sérieusement qu'il puisse tenir le coup deux secondes face à toute
la pollution humaine réunie en un seul et même être surpuissant ?
Les
deux prochains chapitres seront les derniers et marqueront un
tournant majeur dans l'histoire de ce personnage et de son univers si
semblable au nôtre, désespérément semblable devrais-je même
écrire, et l'on ne peut qu'espérer que le rapport de forces
s'inversera dans le bon sens... mais l'espoir, vraiment, est très
ténu. Il faudrait un miracle...
Killer
Croc s'est échappé des Tours Arkham où il était retenu pour
étudier sa récente régression mutagène, dont ses médecins
pensent qu'elle affecte non seulement son corps mais également son
esprit qui s'avère davantage celui d'un jeune enfant que d'un adulte
criminel. Batman en prend bonne note malgré ses propres réticences
et préjugés en la matière, et se lance à la poursuite du vilain
sans perdre de temps.
Pendant
que le Chevalier Noir traque sa proie, les forces de police de Gotham
se réorganisent autour de leur nouveau commissaire, nul autre que
Vandal Savage, qui dit vouloir imposer une force sûre en ville et
faire en sorte que les criminels y réfléchissent désormais à deux
fois avant de lancer une nouvelle attaque dévastatrice. Une force en
présence qui sera incarnée par les nouvelles troupes surarmées de
Savage, formées à intervenir dans toutes les situations délicates
et potentiellement violentes. Les membres réguliers de la police
sont invités à ne s'en tenir qu'à des signalements dès qu'ils
repèrent du trouble quelque part en ville, et attendre les renforts.
Quant à la question du Batman... lui aussi, assure Savage, devra un
jour répondre de ses agissements. Mais pour l'heure, la
Chauve-souris ne constitue pas une menace avérée ni une priorité,
contrairement à Croc.
Après
une rapide enquête sur le terrain, qui le mènera jusqu'au Musée
d'Histoire Naturelle, Batman découvre que Croc s'y est réfugié et
s'apprête à venir le cueillir quand le héros s'aperçoit que son
adversaire n'est là que pour admirer le T-Rex monumental exposé
dans la grande galerie, comme un enfant pétrifié devant tant de
majesté. S'approchant alors à pas doux, Batman fait ce qu'il
n'aurait auparavant jamais envisagé une seule seconde et se met à
nu face à Croc, qui l'accepte à ses côtés et avec qui il discute
alors comme deux enfants fascinés.
Quand
les troupes spéciales arrivent enfin, Croc est apaisé et accepte de
les suivre sans le moindre mal ni la moindre provocation, tandis que
Batman disparaît dans la nuit comme à son habitude. Cet échange
avec l'un de ses ennemis les plus massifs et brutaux l'a fait
réfléchir et pas de sa manière habituelle justement, le poussant à
sortir à la fois de sa réserve et de sa routine face aux malades de
Gotham. Malades comme lui, peut-être ? Après tout, ne voit-il
pas très régulièrement l'esprit d'Alfred l'accompagner et lui
permettre un dialogue imaginaire qui le stimule et l'apaise
également, comme au bon vieux temps ?
L'occasion
de se poser ces questions passera malheureusement trop rapidement,
car Robin appelle sur la ligne d'urgence ! En effet, l'oisillon
a été surpris lors d'une intervention par les troupes spéciales de
Savage, et il est même mis en joue par eux et demande donc conseil
au plus vite sur la façon de se tirer de ce pétrin sans aggraver la
situation plus que nécessaire...
---
Eh
bien c'était vraiment une sacrée expérience ! Voir Batman
ôter de lui-même son masque pour se mettre littéralement à nu
devant Killer Croc, c'était une vraie grosse surprise et un vrai bon
démarrage pour cette nouvelle relance de la série grâce à Matt
Fraction. J'étais très étonné, surpris, mais en même temps
tellement compréhensif devant l'état mental de Croc... c'est une
nouvelle ère, avec de nouveaux codes et de nouveaux enjeux à venir
tout prochainement !
Mais
rassurez-vous, je ne comptais pas suivre la série en V.O. mais bien
en V.F. dès que le premier tome sortira chez nous chez Urban Comics,
au mois de Mai il me semble donc tout bientôt ! Nous avons
globalement un an de décalage avec la parution originale, ce qui
nous permet de déguster plusieurs chapitres d'un seul coup ce qui
n'est pas plus mal dans ces circonstances ou pour des séries qui en
valent vraiment la peine, comme Batman
nouvelle mouture ici.
Il y a des tas de petits changements et je ne vous les
spoilerai pas plus que de raison ou plus que je ne l'ai déjà fait
ici, sachez simplement qu'il ne s'agit pas d'une remise à zéro de
l'univers comme lors des New52 mais bien d'une continuation sur la
durée, partant simplement sur de nouvelles bases peut-être plus
intéressantes que les précédentes. Ce sera à nous de juger, mais
pour l'heure je suis vivement attiré par ce récit qui débute tout
juste, et j'attends avec impatience de connaître la suite ! Le
marché est donc pleinement rempli à mon sens, et je félicite les
auteurs !
Au
ranch du Tigre de Bronze, la situation vient de se corser d'un cran.
Le premier assaillant vient d'être achevé par une nouvelle arrivée,
qui dit être venue faire une offre à Cassandra en mémoire de sa
mère... dont elle est de la famille !
Cette
cousine se présente comme faisant partie de la Lignée du Sang, ces
guerriers occultes qui savent utiliser leur propre sang comme armes
en combat, et que Lady Shiva a jadis combattu avec ferveur. La
proposition est fort simple en vérité : Cass peut rejoindre
les rangs de la secte et devenir commandante de ses légions de
fanatiques... ou refuser et donc périr ce jour. Avec son frère,
puisqu'il est désormais avéré que Tenji, le Tigre de Jade, est bel
et bien son petit frère tenu à l'écart mais entraîné tout aussi
sérieusement qu'elle par son père.
À
eux deux, ils font face courageusement à leur ennemie qui finit par
être vaincue, terrassée par sa propre utilisation du Sang et les
noirs rituels qui l'accompagnent. Le duel se devait d'être à
mort... aucune échappatoire.
Désormais,
Tenji et Cass doivent rassembler leurs affaires et partir ensemble en
quête de la vérité concernant leurs parents, et en quête de ce
lien familial dont ils ont tous les deux si désespérément besoin.
Le Tigre de Bronze confie alors à Tenji ses griffes attitrées,
ainsi qu'à Cass le sabre de Shiva, avant de se joindre pour un temps
à leur voyage. Voyage qui se fera vers les terres de la Ligue des
Ombres, reformée par Nyssa al Ghul et se préparant à affronter la
secte des Déterrés en réponse à leurs violentes agressions !
L'aventure ne fait alors que commencer...
---
Bon
bah voilà c'est déjà terminé pour ce troisième chapitre des
aventures de Batgirl version Cassandra Cain, deux duels et une
explication plus tard et les voici d'ores et déjà cul et chemise
avec Tenji son frère, prenant la route vers leur prochain combat.
Je
ne peux toujours pas m'empêcher de comparer cette série à un de
ces films d'arts martiaux typiques des années '70-'80, tellement il
y a d'éléments concordants et même fortement inspirés je pense en
toute sincérité.
La
tradition est maintenue et aussi fortement encouragée à s'épanouir
malgré la présence de la Bat dans l'histoire, j'ai même envie
d'écrire au-delà de cette présence justement. Cass va devoir
découvrir son autre famille par elle-même et apprendre à tisser
des liens, liens qui se retourneront peut-être justement contre elle
par la suite... ou seront utilisés contre elle, c'est selon.
Un
risque qu'elle semble pourtant prête aujourd'hui à prendre, et
c'est tant mieux puisque le titre avec elle seule à l'affiche
n'aurait pas été si complet ni si intéressant je pense. La Ligue
des Ombres semble avoir elle aussi radicalement changé, du moins
c'est ce qu'annonce son émissaire... nous verrons bien ce qu'il en
est par la suite ! En attendant, bon accueil au Tigre de Jade
dans les parages immédiats de notre héroïne, en espérant qu'il
tiendra la distance !
Les
époux Bennet ont cinq filles : Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et
Lydia. Si tous les regards se portent naturellement sur l'aînée,
qui est bien en âge de se marier, au grand désespoir de leur mère
ce sont surtout les deux dernières qui attirent toutes les
attentions, auprès des soldats de la garnison locale.
Jane
et Elizabeth sont un peu les têtes froides de la sororité,
apprenant bien plus en pensant qu'en flirtant, tandis que Mary se
consacre pleinement à ses études personnelles. De fait, aucune des
cinq filles Bennet n'est encore engagée auprès d'un galant, ce qui
n'augure rien de bon pour Mrs Bennet puisque à la mort sans doute
prochaine de son époux elle et ses filles se verront chassées de
leur propriété pour une bête histoire d'héritage par
substitution !
Il
y aurait tout de même de quoi se réjouir si les aînées étaient
un peu plus enclines à se laisser approcher et séduire par les
gentilshommes qui viennent s'installer dans la campagne environnante
et donnent régulièrement dîners et bals pour la plus grande joie
des locaux. Seulement, Jane est plutôt réservée et placide avec
ses propres sentiments, tandis qu'Elizabeth a hérité de l'humour
typiquement disposé à la satyre de son cher père, dont elle est
l'enfant préférée.
Pour
Lizzy, rien n'est plus amusant que de se moquer de la bonne société
et de ses usages, tout en les retournant contre ceux-là même qui
veulent en abuser. Et quel meilleur sujet de moquerie ces temps-ci
que l'ombrageux Mr Darcy, jeune homme de haute naissance et possédant
une considérable fortune mais hélas doté d'une morosité à toute
épreuve, qu'aucune compagnie ne semble en mesure d'égayer ou de
vaincre.
Si
bien qu'au final, cette aigreur et ce sérieux dont fait preuve Mr
Darcy commencent à exaspérer son voisinage, Elizabeth la première,
surtout quand l'importun fait soudain montre d'un intérêt
grandissant pour la jeune femme, qui contre toute attente aurait donc
su le charmer ! Mais, trop fier en vérité pour supporter la
débâcle, Darcy en sera quitte pour une rebuffade glaciale quand il
s'avérera qu'il est en grande partie responsable des récents
malheurs sentimentaux de Jane, jusque-là courtisée en toute
discrétion par Mr Bingley, le meilleur ami de Darcy.
Darcy,
fier et entêté, orgueilleux au-delà du raisonnable, et Elizabeth,
satyrique et piquante mais l'esprit empli de préjugés moraux, vont
pourtant devoir se rapprocher l'un de l'autre pour résoudre une bien
triste affaire familiale et mettre à nu l'intrigue sournoise d'un
galant de bas étage pour l'une des sœurs cadettes Bennet. Et qui
sait, de ce rapprochement pourrait bien naître une amitié sincère,
qui avec le temps et surtout beaucoup de bonne volonté pourrait à
son tour déboucher sur des sentiments plus fervents... si les deux
intéressés parviennent toutefois à mettre de côté leur mauvais
caractère et à se parler franchement !
---
Que
n'a-t-on pas dit ou écrit autour de la romance très contrariée
d'Elizabeth Bennet et de Mr Darcy, au fil de toutes les lectures,
relectures, adaptations théâtrales et cinématographiques qui se
sont succédées depuis la parution originelle de cette histoire
d'amour ? Voulue comme une véritable satyre cinglante des
bonnes mœurs de son époque, tournant en ridicule la noblesse
chevaleresque de certains et l'ego surdimensionné des autres,
Orgueil & Préjugés
n'est pourtant que le second ouvrage majeur de son autrice, la déjà
légendaire Jane Austen, qui fait preuve d'une clarté d'écriture et
d'esprit que beaucoup pourraient lui envier encore de nos jours.
Les
chapitres sont assez simples à suivre, on s'attaque tout de suite à
ce qui apparaît comme essentiel dans la vie des Bennet père et
mère, avant même de rencontrer leurs filles et d'assister à leurs
débuts dans le grand monde. Outre les personnages déjà cités dans
la partie résumée, on peut aussi s'attarder sur la représentation
des nobles lignées ridiculement hautaines et des nombreux courtisans
qui ne le sont pas moins en conséquence.
Portrait
de toute une génération, de toute une époque, LE roman phare de
Jane Austen nous fera passer par tous les états d'esprit possibles
et imaginables pour une œuvre de ce calibre. Tantôt atterrés ou
fiévreux, tantôt emportés ou stupidement bornés, les personnages
et leurs sentiments sont mis à rude épreuve au sein d'une bonne
société qui ne jure que par le mariage de ses enfants, davantage
avec une certaine rente à la clé qu'avec un bon parti.
Elle-même
célibataire endurcie jusqu'à la fin de sa vie, Jane Austen semble
pourtant éprouver à la fois les transports de la jeunesse qu'elle
s'acharne à nous dépeindre dans toute son hypocrisie et sa vanité,
et le tempérament plus modéré de ceux qui comme Mr Bennet se
contentent bien souvent de ne rien dire et d'assister aux événements
avec malice. On rit autant avec que de, et ça vaut aussi bien pour
les sœurs Bennet que pour les hommes, qu'il s'agisse du ridicule Mr
Collins ou donc de l'orgueilleux Darcy, en passant par le filou
patenté qu'incarne Wickham.
Dans
la mesure du possible, j'essaie de découvrir les œuvres de Jane
Austen dans l'ordre où elle les a écrites... et c'est peu dire
qu'entre son premier grand roman Raison & Sentimentset
celui-ci, il y a énormément de changements en peu de temps,
seulement deux ans les séparent pour leur parution ! L'autrice
a beaucoup mûri depuis son premier grand succès, et elle a su se
renouveler dès le suivant sans pour autant perdre de vue l'essentiel
de son style et de la personnification presque caricaturale de ses
plus célèbres figures littéraires.
Je
voulais garder le rythme d'un roman de Jane Austen par an, mais face
à mon attrait renforcé pour son style et son écriture je vais
peut-être devoir repenser mon calendrier ! A quoi m'attendre
pour le prochain ? Sans doute un nouveau coup de cœur qui ne se
démentira point !
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !
Enfin
de retour à Gotham City après un périple de plus d'un an à
travers le pays, Pamela Isley se tient désormais aux côtés de son
grand amour Harley Quinn, accompagnée par sa propre coéquipière
Janet bien malgré elle.
Mais
revenir à Gotham signifie aussi renouer avec le passif que Pamela
cherchait justement à éviter ces derniers temps, et faire également
une croix sur son projet de pacification mondiale, juste au moment où
celui-ci commence à donner des résultats dans son dos... mais
surtout, c'est faire face aux investigation et au harcèlement
constant de Batman et de ses alliés ! Chaque ruelle sombre
devient dès lors un gouffre d'où la Chauve-souris peut surgir à
tout moment et réclamer des comptes sur les intentions d'Ivy, qui
n'a plus qu'une idée en tête, trouver un coin tranquille et loin de
la mégalopole pour y poursuivre ses petites expériences.
Elle
sera aidée en cela par Killer Croc, dont elle envahit sans le savoir
le petit domaine privé au cœur des marais. En échange de sa
protection et de l'usage de son abri, Croc demande un service à
Ivy : qu'elle l'aide à se débarrasser d'un chantier de
construction d'immeuble de luxe, future résidence pour ultra-riches,
poussant en plein sur ce qu'il considère être son territoire en
ville. A contrecœur, Pamela accepte et se rend aussitôt sur place
pour enquêter à sa manière, se faisant passer pour une experte
venue inspecter le chantier.
Mais
sitôt à l'intérieur du géant de verre et d'acier, les perceptions
de Pamela commencent à sérieusement dériver et le délire
s'installe dans son esprit. Elle subit des visions et des vagues de
déstabilisation, dont elle est certaine qu'elles proviennent toutes
de la même source végétale qu'elle-même, connectée d'une façon
ou d'une autre à la Sève. C'est en cherchant désespérément la
sortie dans ce labyrinthe en pleine mutation qu'elle fait la
rencontre du promoteur, Peter Undine, qui semble avoir lui aussi muté
d'une bien horrible manière...
Durant
leur brève rencontre, Undine explique ses origines à Ivy : il
venait de créer une nouvelle matière, baptisée Acier Végétal,
capable de se réaligner et de se modifier à loisir pour concevoir
des constructions de plus en plus complexes à un coût dérisoire.
Mais cette matière était bien moins généreuse avec
l'environnement, au grand dam de son créateur, contraint de faire
disparaître dans les fondations de ses chantiers des litres de
produits toxiques générés par ses expériences. Ayant lui-même
fait les frais des capacités adaptatives de son matériau et ayant
muté vers une forme de vie quasi-végétale, Undine est désormais
capable de générer des illusions terrifiantes et de consumer toute
forme de vie à sa portée. Il y voit sa rédemption et son nouveau
grand projet à concrétiser, pour compenser le mal que sa création
a pu faire à la nature.
Après
une rapide échauffourée, Undine laisse Ivy se dépêtrer avec ses
perceptions altérées et elle ne devra finalement son salut qu'à
l'intervention de Croc, venu la récupérer en urgence après avoir
constaté son absence dans leur abri commun des marais. Plus
résistant qu'Ivy aux illusions du bâtiment, Croc va permettre à la
belle de reprendre assurance et contenance avant d'affronter à
nouveau Undine sous sa forme mutée par le champignon lamia, et de
finir par l'absorber totalement à défaut de pouvoir le détruire.
Leur
fuite couverte par l'effondrement de la super structure privée de
son alimentation principale, Ivy et Croc regagnent les marais pour
découvrir une autre mauvaise surprise sur place : des zombies
végétaux mutés qui suivaient leur créatrice involontaire, Ivy, à
travers tout le pays ! Apparemment déterminés à l'attaquer et
à lui faire du mal, ces créatures infortunées se révèlent
incapables de faire effet sur Croc, dont la propre mutation semble
l'avoir immunisé au champignon mutagène utilisé par Ivy, qui
s'intéresse dès lors de très près à son bras armé pour créer
une sorte d'antidote en urgence.
Mais
face à l'affluence des zombies, et à la possibilité de plus en
plus probable que bien d'autres encore aient été contaminés sur
son passage sans qu'elle ne s'en rendre compte, Pamela commence à
comprendre qu'elle ne se sortira pas de cet enfer sans l'aide massive
de Batman. Résolue à dicter ses propres conditions à son ancien
ennemi, Poison Ivy lui fournit un échantillon de l'antidote en
l'enjoignant de le reproduire à grande échelle le plus vite
possible avant une invasion de Gotham par les zombies végétaux.
Et
en parlant de zombies, voici que surgit Solomon Grundy du fin fond
des marais, lui aussi troublé par les créatures d'Ivy et désireux
de protéger sa douce retraite. Parvenant à s'en faire un allié à
l'instar de Croc, Ivy dispose désormais de deux grands costauds
capables de la protéger pendant qu'elle s'acharne sur ses fioles
d'antidote, tout en comptant sans le reconnaître vraiment sur Batman
pour venir les sauver au dernier moment.
Mais
alors qu'elle est sur le point de faire une avancée majeure dans la
compréhension de ses créatures, Pamela est soudainement reprise par
les affreuses crampes abdominales qui l'assaillent depuis quelques
temps déjà, et qui s'avèrent en réalité être des contractions !
Enceinte sans même le savoir, Ivy est sur le point de donner
naissance à quelque chose de totalement nouveau... et d'extrêmement
dangereux !
---
Étant
donné mon grand retard de lecture et la parution de tous les autres
tomes en version française depuis un moment déjà, je ne vais pas
vous faire languir davantage et nous allons parler du final de ce
troisième album sans plus tarder.
Vous
l'aurez peut-être déjà deviné en voyant la couverture, mais le
''bébé'' enfanté par Poison Ivy n'est autre que son plus grand
ennemi personnel, l'Homme-Floronique, qu'elle avait pourtant absorbé
corps et âme dans le tome précédent après une bataille mémorable.
Eh bien, il s'avère qu'à l'instar de Peter Undine, Ivy ne peut pas
vraiment détruire ce qu'elle et son lamia peuvent absorber, mais au
contraire qu'ils les intègrent dans leur propre structure cellulaire
et onirique pour s'adapter et continuer à survivre sous une forme
toujours plus altérée.
Jason
Woodrue est donc de retour après avoir trouvé le moyen de tromper
les sens d'Ivy, se servant de son corps pour générer le sien en
retour, désormais doté lui aussi des pouvoirs du champignon lamia
j'imagine ! Le suspens est insoutenable, et j'ai du mal à
visualiser l'intensité du danger que représentent les zombies
végétaux d'un côté et l'Homme-Floronique de l'autre, tout en me
doutant que l'on va peut-être apprendre dans le prochain tome que
Woodrue peut contrôler les créatures !
Sans
parler de la pression mise à Ivy par Batman constamment à chacune
de leurs rencontres, ni du fait que Harley semble avoir trompé Ivy
avec Janet le temps d'un rapide baiser... bref, il s'en passe des
choses, et heureusement que l'autrice G. Willow Wilson parvient à
nous faire rire ici et là par de petites touches décalées,
autrement nous aussi aurions une sacré pression sur les épaules à
la lecture de ces quelques chapitres !
Niveau
conception du bouquin c'est toujours un grand plaisir que de suivre
les aventures solo de Poison Ivy sous ce format deluxe repensé pour
respecter au mieux les exigences environnementales, avec du papier
recyclé et un traitement sans doute favorable à la préservation de
la nature, du moins je l'espère. Je déplore cependant que les
images elles-mêmes soient parfois recyclées, dans le sens où les
mêmes visuels sont par endroits repris de case en case en changeant
juste les dialogues dans les phylactères, technique un peu
paresseuse s'il en est mais qui reste fort heureusement minoritaire
dans cet album.
On
aura également le droit au passage de pas mal d'artistes invités
dès l'ouverture du tome pour illustrer les retrouvailles d'Ivy et de
Harley, ainsi que la prise de nouveaux repères dans Gotham et
l'atmosphère sombre provoquée par la présence insidieuse du
Batman. Ces changements de visuels ne sont pas désagréables,
contrairement à ce que l'on aurait pu redouter, et sont même plutôt
bien enchaînés les uns les autres, sans rupture majeure des designs
malgré les styles parfois très différents des artistes.
Bref,
que du bon encore une fois, j'ai dévoré ce tome en quelques heures
à peine et j'en redemande instamment, tout en m'interrogeant sur ce
qui m'a poussé à attendre si longtemps depuis sa parution et son
acquisition pour le lire seulement maintenant ! Poison Ivy
s'avère vraiment être une série de qualité chez DC depuis son
premier chapitre et le public ne s'y est pas trompé puisqu'elle est
toujours en cours actuellement, le septième tome d'ores et déjà
annoncé en V.O. pour dans quelques mois, la V.F. suivant en plus
assez rapidement derrière ce qui est une sacrée chance pour nous !
Je
ne saurai trop vous conseiller de lire cette série, en V.O. ou en
V.F. comme vous préférez, pourvu que vous lui fassiez une bonne
place au sein de votre collection. Personnellement je préfère la
conception des albums de la V.O. avec cette jaquette glacée du plus
bel effet, mais chacun ses goûts ! Rendez-vous prochainement je
l'espère pour la suite de cette histoire très mouvementée,
féministe autant qu'engagée pour l'environnement, sans jamais
trahir ou dénaturer son personnage principal. Une vraie réussite à
l'heure actuelle, qu'il convient donc de saluer et de soutenir !
Je
ne vais pas me casser les pieds à vous faire un résumé détaillé
ou même attractif de ce premier single, puisque j'en ai été
extrêmement déçu pour le moment.
Sachez
simplement qu'il s'agit, ENCORE, d'une histoire de voyage dans le
Temps entre notre époque actuelle et celle de Red Sonja, quand une
diplomate Britannique en plein acte de vengeance tombe dans un long
tunnel sombre et se réveille soudain dans la peau de la guerrière
rousse, sans que cela ne la choque plus que nécessaire à vrai dire.
Il
sera bien question de s'habituer au champ de bataille, mais elle
prend ça plutôt bien je trouve, un peu trop bien en fait. Humour
très détaché voire distant par rapport à la situation, aucune
difficulté avec l'écart de langages, et en ligne de mire une seule
et même personne devenue la convoitise de tout le monde sur les
terres ravagées par les Cimmériens, comme par hasard la même
personne que pourchassait justement la diplomate avant de sombrer.
Je
n'ai pas été très attiré par cette histoire, quand bien même le
niveau graphique serait dans la bonne moyenne de ce que Dynamite nous
propose ces temps-ci. La faute donc en grande partie à l'écriture
de Christopher Priest, que décidément je ne supporte pas très bien
ou qui a bien du mal à me cueillir c'est selon, ce depuis son run
sur Black Panther
que je trouvais déjà d'un ennui mortel. C'est d'ailleurs l'unique
raison pour laquelle vous n'avez plus de Vampirella
dans les V.O. du vendredi sur le blog, parce que c'est Priest qui a
repris en mains l'écriture des aventures de la belle de Drakulon et
que ça ne me disait mais alors vraiment vraiment pas de lire ce
qu'il allait bien pouvoir en tirer.
J'ai tenté pour Red Sonja, dans cette nouvelle
mini-série avec des couvertures de belle facture, et... ah oui tiens
d'ailleurs, on en parle des couvertures. Ne les croyez surtout pas !
Les visuels, les scènes illustrées, même pour la principale, tout
cela n'est que du vent, à défaut d'être totalement mensonger si je
puis dire. Depuis le temps que je lis du Dynamite je devrais savoir
qu'il ne faut pas toujours se fier aux couvertures, mais là j'ai
craqué en me disant que peut-être ils allaient mettre les bouchées
doubles pour nous offrir une série magnifique qui serait la
véritable renaissance de l'héroïne des steppes... que nenni !
Voilà donc mon impression concernant ce premier
chapitre, rassurez-vous je lirai les suivants et je vous les
chroniquerai aussi mais peut-être pas sous le format habituel si
Priest poursuit son récit de cette façon hautement déplaisante
pour moi. Au final, j'en suis quitte pour de belles illustrations de
couvertures de Stjepan Sejic, dont une foil pour le chapitre 1, à
exposer fièrement dans ma collection. C'est pas si mal, comme disait
l'autre...
Dans
les anciens locaux des Fugitifs, Karolina fait sa réapparition mais
ne retrouve aucun de ses compagnons d'aventure pour l'accueillir,
seulement le traître Alex Wilder vêtu de l'uniforme de Doc Justice.
Alors qu'elle est sur ses gardes et s'apprête à le combattre, Alex
lui signifie qu'il est venu lui aussi pour s'inquiéter du sort de
leurs amis, et ils décident finalement de partir tous les deux à
leur recherche en suivant les quelques indices sur leur route.
Pendant
ce temps, dans la nouvelle résidence de fortune des Fugitifs, à
savoir la demeure des Yorkes à Malibu, le petit groupe resserre les
liens après la catastrophe qu'ils viennent tout juste d'éviter en
détruisant le Time Portico de Gert, qui le prend pour sa part très
mal étant donné qu'elle considérait l'invention de ses parents
comme étant sa seule chance de briller au sein du groupe.
Mais,
conseillée et réconfortée par Nico Minoru, Gert finit par prendre
goût aux recherches littéraires que lui propose son amie et
ensemble elles parviennent même à isoler certains passages des
journaux personnels de leurs parents qui permettraient notamment à
Nico d'utiliser la magie, à condition de s'y prendre correctement ou
d'avoir suffisamment confiance en soi bien entendu.
Dans
le salon, les discussions autour de l'avenir de Fatalibot sont
animées, surtout depuis que Chase est de retour dans la vie des
Fugitifs et qu'il souhaite activement reprendre la main sur le
groupe. Fatalibot refuse d'être séparé de ses compagnons, qu'il
dit considérer comme étant sa responsabilité principale, mais il
ne peut cependant pas ignorer l'appel général lancé à tous les
Fatalibots de la planète pour se regrouper sous la bannière de
l'Empereur Fatalis, même si ainsi il risque tout bonnement la
reprogrammation, et donc de disparaître tel qu'il est actuellement,
avec toute sa singularité propre.
Pas
le temps d'y réfléchir davantage malheureusement, puisque les
Fatalibots reviennent à la charge et assaillent la maison des Yorkes
avec les jeunes Fugitifs à l'intérieur. Mais par un étrange
caprice du Destin, au moment le plus fatidique et où personne n'y
croyait plus, Nico fait soudain preuve de magie protectrice et
parvient à sauver tout le monde d'une attaque massive. Reste à
savoir combien de temps elle pourra donner le change, les Fatalibots
de l'Empereur Fatalis n'ayant pas la moindre intention cette fois de
repartir sans leur objectif et étant venus en nombre pour cela...
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Cette
petite série qui s'arrêtera au cinquième chapitre (nous en sommes
donc en plein milieu) est toujours aussi intéressante mais continue
pourtant de m'échapper partiellement, n'ayant pas du tout en tête
les évolutions et situations traversées ces dernières années par
les Fugitifs dans leurs aventures. Je passe donc à côté de pas mal
de références ou de rappels de ce qui s'est passé juste avant dans
le groupe et autour du groupe.
Mais
je tâche de rester concentré pour ne pas perdre de vue l'intrigue
principale qui reste le devenir de Fatalibot, prisonnier à la fois
de son allégeance envers son créateur mais également de son propre
programme singulier qui le rend unique au monde et qui risquerait de
disparaître s'il n'avait tous ses amis et compagnons de route pour
le défendre au péril de leurs vies face à ses congénères.
Le
dessin est simpliste, pas vraiment ce que je préfère d'ailleurs à
l'heure actuelle, mais bon au fond je n'ai pas vraiment de quoi râler
sur cette mini-série de Rainbow Rowell qui fait de son mieux pour
tenir le public en haleine avec une intrigue reposant autant sur le
passé que sur le présent immédiat, avant de devoir peut-être
s'intéresser davantage à l'avenir proche notamment avec le
personnage de Chase...
Première
fois que je la rencontre, mais j'aime déjà bien Karolina Dean. Pour
autant, est-ce que je vais me mettre à suivre les autres aventures
des Fugitifs ou à me renseigner sur le passif du groupe ? Pas
franchement ni l'envie ni le temps pour ça, je prends comme ça
vient et seulement à vrai dire parce qu'il s'agit d'une histoire
parallèle de l'event principal One World Under Doom
de Ryan North. Vous me direz, il y a beaucoup d'autres séries en
parallèle justement qu'il aurait été intéressant de suivre, mais
je préférais ne pas me prendre la tête plus que de raison. Je
table toujours sur l'édition d'un gros omnibus regroupant l'ensemble
des récits autour de l'event majeur, pour tout rattraper d'un coup.
En attendant, on continue ce petit bout de chemin avec les Fugitifs,
qu'importe où ça nous mènera pourvu que ça nous occupe un peu.
Cette
histoire en one-shot se situe entrel'épisode 5 et l'épisode 6 de
One World Under Doom.
Fatalis est donc le nouveau Sorcier Suprême de la
Terre, et prend son nouveau rôle de protecteur très à cœur. Au
point surtout de se placer en Empereur Suprême de la planète, la
Latvérie prenant de fait le contrôle de toutes les autres nations
pour les modeler sur son propre schéma, tout en prenant en compte
leurs nombreuses différences bien entendu.
Évidemment il y a beaucoup de personnes que cette
situation dérange, et Fatalis en a déjà affronté plusieurs
d'ailleurs... mais certainement pas venues d'aussi loin que son
prochain adversaire : lui-même ! Ou plutôt, sa version
issue de l'an 2099, où les méga-corporations règnent sans partage
sur un monde futuriste dystopique, et où Fatalis règne au-dessus à
nouveau.
Le Fatalis de 2099 utilise les dernières réserves
d'énergie en sa possession pour alimenter sa machine à voyager dans
le Temps, et programme une apparition en 2025 pour affronter son
incarnation du passé et surtout l'avertir d'un grand danger qui
menacerait son existence sur l'ensemble de l'espace-temps.
Mais bien sûr, l'Empereur Fatalis n'a que faire d'un
tel avertissement, n'étant pas franchement convaincu dès le départ
qu'il lui émane de sa propre personne dans le futur. Fatalis 2099
avait prévu cela, se connaissant bien, et déchaîne alors une
équipe de justiciers prélevés dans différents avenirs, que
l'Empereur Fatalis vaincra finalement sans grand mal avant de les
renvoyer dans leurs époques respectives.
Ses pouvoirs magiques et sa science étant à leur
paroxysme, l'Empereur Fatalis n'a aucun devoir d'attention envers une
hypothétique version du futur de lui-même venue lui intimer l'ordre
de déposer toute cette puissance avant qu'il ne soit trop tard.
Triomphant des protections du Fatalis 2099, l'Empereur Fatalis se
montre toutefois magnanime et le réexpédie fissa en l'an 2099, se
coupant ainsi de tout conseil judicieux qu'il aurait peut-être mieux
fait d'écouter plutôt que de laisser son orgueil parler pour lui...
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La
situation qui nous est présentée dans les scènes représentant
l'ère 2099 m'est inconnue, n'ayant pour l'heure pas eu l'occasion de
lire la série Doom
2099
déjà disponible en omnibus chez Panini par chez nous. Mais on
comprend sans le moindre effort où veut nous emmener ce one-shot
sorti avec un léger retard mais s'intercalant bien après les deux
chapitres consacrés au combat face à Dormammu.
Les scénaristes et dessinateurs se permettent donc un
petit écart sur le côté de l'intrigue principale de Ryan North
pour nous raconter la rencontre entre deux versions ''ultimes'' du
même personnage à deux moments-clés de son existence, les deux ne
s'appréciant pas vraiment l'une l'autre et n'ayant qu'un laps de
temps très court à consacrer à chacun. J'ai eu l'impression que le
Fatalis 2099 est plus posé et moins enclin aux crises d'ego qui
frappent souvent notre Fatalis dans les moments où il pourrait sans
cela triompher, et c'était là sans doute l'avertissement qu'il
devait lui délivrer...
Nous verrons bien si la situation présentée en 2099
adviendra ou non à l'issue de l'event en neuf parties que nous
suivons actuellement, mais tout est mis en place de telle façon que
les travaux des auteurs précédents ne soient pas anéantis pour
autant, et se situent en parallèle les uns des autres époque par
époque.
Comme l'ère Krakoa pour les mutants, l'Empereur Fatalis
est une apogée pour le personnage de Victor Von Fatalis, et malgré
toutes ses précautions (et il y en a énormément) il est très
possible désormais que le goût de sa plus grande victoire soit des
plus amers...
Les
nuits sont longues et torrides à Las Vegas, ville de tous les vices
et de tous les plaisirs, mais surtout de tous les excès. En plein
enterrement de vie de jeune fille, six amies et collègues vont se
retrouver au cœur de la tourmente, alors que la folie se déchaîne
et que les coups pleuvent de toutes parts !
Chasseurs
de prime ou militaires, commandos spéciaux ou cow-boys de spectacle,
tout le monde veut sa chance de prendre les filles au filet pour
toucher les récompenses faramineuses placées sur leurs têtes !
Et elles le leur rendent bien, puisque chaque tentative de les
capturer ou de les éliminer tourne immanquablement au pugilat, voire
à la sévère correction, tout cela tandis que la future mariée
poursuit les festivités comme si de rien n'était.
Sur
leur passage, les six jeunes femmes vont laisser un véritable
carnage et un sillon de souffrances que les nombreuses attractions de
la ville perpétuellement illuminée ne tarderont cependant pas à
panser. C'en est presque anecdotique, mais on se demande tout de même
si la fiancée va dire oui ou non lors de la noce, une fois la
chapelle atteinte en bout de parcours. En aura-t-elle seulement
l'occasion, avec tout ce monde qui les traque armé jusqu'aux dents ?
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Second
chapitre de cette trilogie signée Gerry Duggan, Kelvin Mao et Robert
Window, sur des dessins toujours aussi efficaces et emportés du duo
Jae Lee et June Chung. On y découvre cette fois-ci l'envers du décor
concernant les événements du premier chapitre, là où certaines
routes se croisent et où les échauffourées éclatent et explosent
de plus belle à mesure que les récits convergent.
On
comprend bien vite que les six héroïnes que l'on nous présente en
train de surveiller l'une des leurs faisant la fête comme s'il n'y
avait plus de lendemain sont une sorte de milice armée très
spéciale, une agence de combattantes aguerries prêtes à se salir
les mains dès que le besoin s'en fait sentir et qui vendent
certainement leurs services à des nations ou des barons du crime,
peu importe au fond puisqu'au final elles sont traquées et
pourchassées par tout le monde ou presque en ville !
Un
peu comme dans un film de Quentin Tarantino, tout part en vrille et
tout se recoupe pourtant toujours, des histoires séparées qui
finissent par n'en plus faire qu'une et nous émerveiller. Seul petit
regret de ce format si court : c'est trop court, on se croirait
devant une pub ou une bande-annonce pour une série plus longue à
venir mais qui malheureusement n'existera jamais... ou alors je n'en
suis pas informé.
J'ai
préféré ce second chapitre par rapport au premier, preuve que
l'écriture s'améliore et que le rythme du récit se fait plus
stable et mieux vivre avec davantage de personnages à traiter et à
mettre en scène. Le final est au bout du chemin, mais est-ce que la
ville du jeu éternel sera encore debout en fin de partie ?
Cela
fait maintenant près de deux ans que Kara Zor-El est arrivée sur
Terre, rejoignant ainsi son illustre cousin Superman et devenant au
terme d'une aventure cosmique la nouvelle, seule et unique Supergirl.
Cependant, elle demeure une presque inconnue pour la plupart des gens
sur cette planète arriérée, on lui préfère toujours Superman,
qui incarne bien mieux qu'elle et depuis bien plus longtemps les
valeurs justes de cette population qui en demande tant à ses héros.
Et si Kal-El accepte de bon cœur de servir et d'incarner, Kara quant
à elle cherche désespérément un véritable sens à donner à sa
mission sur Terre, pour sortir de l'ombre étouffante de son cousin.
Même
dans le lointain futur de la Légion des Super-Héros, il n'est
question que de Superman, encore et encore, éternelle inspiration de
tout à chacun en cette époque glorieuse entre toutes. Kara doit
donc trouver sa place et définir clairement son utilité, ce qu'elle
peut et veut faire de ses faramineux pouvoirs, tout en respectant
l'idéal de sa famille mais surtout leur mémoire.
Il
s'avère d'ailleurs, contre toute attente, qu'il n'y avait pas de
message de ses parents dans sa capsule, aucun témoignage vibrant de
la vie sur Krypton avant la destruction, aucune dernière pensée
adressée à la dernière fille de la planète condamnée. Juste une
mission répétée encore et encore : « Veille sur ton
cousin ». Mais à quoi bon puisqu'il est bien plus âgé
qu'elle désormais et qu'il est très loin d'avoir besoin de son
soutien et encore moins de son aide !
Au
détour d'une intervention aux côtés des Green Lanterns, Superman
et Supergirl vont découvrir presque par hasard que le secteur de
l'univers où ils se retrouvent alors se situe à un point idéal
pour observer Krypton, ou plutôt son existence passée à bien des
années-lumière de là. Rien de plus simple en concentrant leur
super-vision... et Kara assiste donc à rebours à quelques instants
volés de la vie de son foyer, de sa famille et surtout de ses
parents, qui avaient bel et bien pour elle de tendres pensées,
seulement bouleversées par la fin imminente de leur monde.
Si
Kal-El incarne l'Espoir, cette valeur cardinale pour la Maison El,
Kara quant à elle est la survivance de Krypton en personne. Le
message la concernant, il était bien là, dans la Forteresse de
Solitude, parmi les archives holographiques de son oncle Jor-El pour
son fils. En Kara, en son esprit et en sa mémoire, survivent tous
les habitants de Krypton. Et sa mission est de ne jamais les oublier,
ni surtout s'oublier elle-même en chemin vers ce nouveau monde qui
l'attend et a tant à lui apporter, autant qu'elle a à lui apporter
en retour.
Mais
soudain, alors que Kara venait peut-être de trouver la clé de cette
paix intérieure qui lui échappe continuellement, une nouvelle
contrariété surgit quand au milieu d'un combat face à un certain
Reactron aux pouvoirs cosmiques elle fait la promesse à un petit
garçon qu'elle ne le laissera pas mourir. Une promesse normale pour
elle... une vie entière pour lui. Car ce petit garçon est atteint
d'un cancer du cerveau, inopérable, et n'a que quelques semaines
devant lui en tout et pour tout. Ses parents, furieux après
Supergirl, doivent maintenant tenter de lui expliquer que non, son
héroïne ne peut pas vraiment l'empêcher de disparaître des suites
de sa maladie, et qu'il doit continuer de s'y préparer, entouré des
siens.
Le
cœur brisé, Kara décide de prendre le problème dans un autre sens
et jure qu'elle parviendra à trouver un remède au cancer,
qu'importent les moyens ! Elle est Kryptonienne, sa mère Alura
était une grande scientifique sur son monde, elle-même se destinait
à de grandes études, la technologie et le savoir de Krypton sont
toujours disponibles dans les archives de son oncle... pourquoi ne
pas simplement y rechercher la solution ?
Évidemment
ça paraît si simple, présenté comme ça, mais Kara va bien sûr
se heurter à plusieurs obstacles de taille sur sa route, à
commencer par la visite impromptue d'assassins venus du futur
quelques siècles plus tard pour l'empêcher à tout prix de réaliser
sa vision, qui condamnerait l'humanité à disparaître plutôt que
d'être sauvée. Mais Kara est pleine de ressources et sa volonté
est infaillible, elle est déterminée coûte que coûte à trouver
un moyen de tenir sa promesse. Elle explorera seulement d'autres
voies, voilà tout.
Par
exemple... Resurrection-man, un homme des cavernes basiquement
immortel qui dispose dans son ADN de la capacité de toujours revenir
d'entre les morts, à chaque nouveau trépas, qu'importent les
circonstances, et à chaque fois doté d'un nouveau pouvoir
aléatoire. Si seulement on pouvait isoler cette capacité unique
dans tout l'univers et la répliquer, ou du moins la transférer dans
l'organisme d'un être mourant pour justement contrer les effets de
sa maladie et empêcher le trépas d'intervenir, alors tout serait
réglé pour tout le monde et pour toujours !
Mais
une fois encore, c'est un échec. Non seulement parce que le pouvoir
de Resurrection-man ne fonctionne pas vraiment de cette façon, non
sans parler du fait que son concepteur n'a aucune réelle intention
de servir une juste cause avec cette invention même si Kara le fait
sortir de prison exprès, mais surtout... parce que tandis que Kara
parcourait le monde et accumulait les tentatives et les expériences,
le petit garçon est décédé. Superman le lui apprend, après avoir
lui-même constaté le fait accompli cinq minutes plus tôt.
Dévastée,
Kara s'entête pourtant encore une dernière fois et repousse son
chagrin à plus tard. Il est forcément possible de revenir d'entre
les morts, les super-héros et super-vilains le font pratiquement
sans arrêt, pourquoi serait-ce totalement inaccessible pour un
mortel qui avait toute la vie devant lui sans cette horrible
maladie ? Mais après un ultime combat contre la mort, Supergirl
doit s'avouer vaincue. Détruite moralement par cet échec et tout ce
que cela implique pour elle et les parents du petit garçon qu'elle
voulait tant protéger de tout, Kara s'isole de plus en plus et même
si dans le futur elle parvient peut-être à inspirer les gens pour
le meilleur, là tout de suite elle se sent vraiment au plus mal et
ne trouve aucune solution pour sortir de ce marasme.
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Vous
connaissez la citation : « L'Enfer est pavé de bonnes
intentions... », et c'est à mon sens exactement ce qu'il y a à
retenir dans ce troisième tome des aventures de Supergirl dans les
années 2000. Joe Kelly laisse la place de scénariste à Kelley
Puckett, qui décide de briser le personnage adoré des fans mais
mal-aimé de ses contemporains comme rarement on a osé briser une
figure super-héroïque jusque-là.
Toute
la première partie, sur la quête de sens de Kara pour son existence
sur Terre et sortir à tout prix de l'ombre de son cousin, tout cela
c'était déjà bien dense, mais c'est complètement balayé par
l'atroce douleur ressentie au fond de soi quand on découvre la
seconde partie de l'album, ce petit garçon condamné, que rien ni
personne ne pourra jamais sauver, ce malgré toute la volonté et
tous les efforts de l'univers...
Ce
petit garçon, si on déroule la métaphore, c'est aussi un peu
Krypton finalement, pour Kara du moins. Supergirl refuse de laisser
son monde, réduit alors à un seul être lui faisant une totale
confiance, disparaître à nouveau sous ses yeux sans rien pouvoir
faire pour le sauver. Sa quête va l'amener à souffrir comme jamais,
à devoir affronter l'échec final droit dans les yeux et admettre
qu'elle ne peut rien faire, ce malgré tous ses pouvoirs incroyables
et son brillant esprit en ébullition. Car il y a tout simplement des
choses qui sont ainsi, font aussi partie de la Vie, et ne peuvent en
aucun cas être remises en question.
Je
ne vous cacherai pas qu'au départ je me suis demandé si cette
intrigue allait vraiment durer aussi longtemps dans l'album, car
après tout ce n'était qu'un genre de qui-pro-quo malheureux qui
pouvait très bien se résoudre en deux cases à peine. Mais les
artistes ont préféré exploiter cette histoire jusqu'au bout, afin
que l'on ressente bien à chaque nouvelle expérience, à chaque
nouvelle page, le Temps qui poursuit sa marche et la Mort qui attend
au bout du chemin, inflexible. Il est des choses que l'on ne peut
tout simplement pas changer, même si on le voudrait de toutes ses
forces.
Kara
apprend de cette façon une dure leçon sur la Vie, sur ce
qu'elle-même représente ou peut représenter à terme pour les
habitants de la Terre, et sur ce qu'elle souhaite désormais incarner
de son côté pour se démarquer de Superman et de sa titanesque
aura. C'est bien triste, et même la Fille d'Acier ne peut que se
résoudre à rester à sa place face à ce genre de concepts
intraitables, mais elle souhaite ardemment représenter quelque chose
de positif pour contrebalancer, et c'est ce vers quoi elle va tendre
à présent, du moins je l'espère. Entourée des derniers mots de
ses parents et de l'affection de son monde disparu, Kara Zor-El est
moins seule qu'elle ne le pense...
Concernant
les dessins malheureusement c'est très loin d'être aussi travaillé
et glorieux que le scénario, bien au contraire même, c'est parfois
franchement moche à regarder d'une case à l'autre suivant les
perspectives adoptées et les postures des personnages. Je ne peux
vraiment pas féliciter les artistes de ce troisième tome sur ce
point, même si j'ai trouvé la partie confiée à Ron Randall de
meilleure facture que celle abattue par Drew Johnson. J'espère de
tout cœur que les prochains chapitres et prochains tomes seront bien
mieux travaillés à ce niveau et confiés à de véritables experts
de ce genre de personnages et de leurs aventures, histoire que ce
soit enfin à la hauteur de nos attentes et de nos espérances.
Pour
conclure, je me permettrai simplement de vous conseiller de relire le début du run de David Michelinie sur la série Amazing
Spider-Man, ou bien encore la
série animée Spider-Man de 1994, dans les deux cas vous y
retrouverez une histoire relativement similaire qui a très
certainement servi d'inspiration à Kelley Puckett pour son brillant
travail avec Supergirl dans ce tome. Je croise les doigts pour que la
suite de la série ne soit tout de même pas aussi intense et
brutale, sinon je ne suis pas certain de tenir le choc jusqu'au
bout !
Les
Maraudeurs n'ont qu'à bien se tenir ! Le groupe de terroristes
et assassins mutants, à qui l'on doit notamment l'extermination des
Morlocks dans les tunnels de Manhattan, a enfin été repéré en
activité par les nouveaux ordinateurs des X-Men, désormais basés
en Australie et disposant de tout un appareillage des plus
sophistiqués pour surveiller et traquer leurs ennemis.
Mais
intervenir contre les Maraudeurs, cela veut aussi et surtout dire
révéler au monde entier que les héros ne sont pas morts en sauvant
notre réalité comme ils l'avaient fait croire après l'affrontement
face à l'Adversaire. Si certains sont prêts à courir le risque,
d'autres commençaient justement à prendre goût à cette petite
retraite dans le désert.
Mais
qu'importe, c'est le devoir qui prime avant tout, encore et toujours,
et les X-Men se lancent à l'assaut de leurs ennemis mortels pour
leur faire payer tous leurs crimes ! Face à une équipe
remontée à bloc et ne leur laissant aucun répit, les Maraudeurs ne
font clairement plus le poids, assurés qu'ils étaient de leur
supériorité sauvage jusque-là face à des cibles faciles. Il n'y a
guère que Malice qui s'en sort positivement, les autres se faisant
tous mettre K.O. ou passer au crible. Cela ne ramènera peut-être
pas les nombreux Morlocks massacrés, mais les héros se défoulent
quand même et l'action leur manquait sérieusement.
Cependant,
dans l'ombre se trame une nouvelle et sinistre affaire... Madelyne
Pryor, qui a toujours été un soutien indéfectible de l'équipe,
opère en réalité pour son propre intérêt après avoir pactisé
avec un démon des Limbes, N'astirh, qui lui a promis la vengeance et
le pouvoir contre Scott Summers et ses alliés en échange d'un
sacrifice qui permettrait de générer une passerelle permanente
entre la dimension infernale et la Terre.
Au
comble du désespoir et de la fureur, Madelyne a accepté ce prix, la
vie de son propre enfant, comme condamnation définitive de sa
relation avec Scott, celui-ci ayant préféré retourner dans le
giron de Jean Grey dès sa résurrection. N'ayant jamais digéré cet
affront, Madelyne a nourrit dès lors une rancœur farouche contre
son mari et attendait patiemment son heure, quand les démons
seraient prêts eux aussi à frapper, et que les X-Men seraient au
plus mal moralement parlant. Les ayant même conduit à
l'affrontement direct avec les élèves originaux de Xavier sous leur
mouture de Facteur-X, en filtrant les informations transmises à ses
équipiers via les ordinateurs trafiqués préalablement.
Et
voilà que le glas sonne enfin. Tout Manhattan est transformée en
véritable incarnation des Enfers, les Limbes se déversent dans la
cité en proie au cauchemar le plus atroce, tandis que les deux
équipes de héros s'affrontent l'une l'autre et se découvrent, pour
certains, une soif de sang des plus féroces. Mais même dans ce plan
démoniaque, Madelyne tire malgré tout son épingle du jeu en menant
ses propres objectifs et en trompant la vigilance de N'astirh, dont
les plans vont se retourner contre lui. Damnée désormais, Madelyne
n'a plus rien à perdre mais confronte tout de même Jean sur le plan
astral et mental qui les relient, afin de prouver sa supériorité
sur celle qui lui a tout volé.
Et
c'est là que la vérité éclate enfin. Madelyne n'était rien de
plus qu'un clone de Jean, développée par Monsieur Sinistre dans le
plus grand secret afin de simplement remplacer la X-Woman alors
présumée morte auprès de Scott, ce pour obtenir de leur union
charnelle leur descendance que Sinistre suppose posséder d'immenses
et redoutables pouvoirs, dont il a grand besoin dans sa propre quête.
Abattue de n'avoir été jusqu'au bout qu'une pâle copie, Madelyne
s'efface tandis que les forces infernales viennent réclamer leur dû.
En rage et amère, l'ancienne femme de Scott Summers jure la perte
des X-Men dans leur totalité, mais la tâche reviendra à Sinistre
désormais dont les plans ont été exposés et qui va devoir se
préparer à une confrontation inévitable dans les ruines désertes
de l'Institut Xavier, au cœur-même de l'intimité de chacun, où il
a su puiser toutes ses informations pour ses nombreuses
expériences...
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Nous
y sommes enfin arrivés, finalement et après tout ce temps et tous
ces détours, toutes ces intrigues secondaires et ces petits indices
disséminés ci et là par Claremont... ça y est, Inferno
est bien là et chamboule tout pour les mutants.
En excellent chef d'orchestre, Chris Claremont parvient
sans peine à nous faire vibrer d'une série à l'autre, entre les
X-Men et X-Factor, entre New York et le bush australien. La jungle
urbaine devient véritablement cauchemardesque, et jusqu'à présent
je n'avais eu que des petits aperçus de cette période si spéciale
via d'autres séries comme chez Spider-Man par exemple. Tout
découvrir en pleine face dans cette première intégrale de l'année
1989 fait donc un sacré choc, surtout avec la révélation de la
vraie nature de ce conflit sans égal.
Je suis peut-être juste un peu déçu que les poids
lourds comme Magnéto ne participent pas encore, mais apparemment ce
sera pour la prochaine intégrale donc patience !
Pour sa première grosse confrontation face aux héros,
Monsieur Sinistre se place comme un antagoniste sérieux à ne
surtout pas prendre à la légère, d'autant plus quand on découvre
en même temps que Cyclope à quel point il a su manipuler sa vie
presque depuis toujours, dans l'ombre, trompant même les
investigations mentales de Charles Xavier. Difficile de penser que
Sinistre ait pu disparaître définitivement, et nous savons bien
vous et moi que c'est très loin d'être le cas... mais découvrir
comment il fera son grand retour, là sera le vrai plaisir !
Enfin, un petit mot triste pour Madelyne Pryor... elle
aussi est revenue depuis le temps, mais cette petite saga familiale
des mutants de chez Marvel nous plonge en plein dans sa tragédie, sa
vie inutile et même superflue selon son propre créateur... les
angoisses et la colère se mêlent au cœur de ce récit catastrophe
dont personne ne sortira indemne, même si les deux derniers
chapitres présents dans ce volume nous font croire le contraire. En
effet, ces deux dernières aventures laissent plutôt la part belle à
la détente et à la bouffonnerie même, deux histoires assez
loufoques mettant en scène tour à tour les filles et les garçons
de l'équipe principale, comme si l'on pouvait le temps d'une petite
virée shopping ou soirée au bar du coin s'oublier un peu et surtout
laisser de côté les récentes souffrances. On y croisera même une
toute nouvelle recrue potentielle, une certaine Jubilé...
Marc Silvestri est en plein boum à l'époque, son style
clair et précis détonne parmi la production de cette toute fin des
années '80 et rien ne lui semble impossible, se perfectionnant mois
après mois, gagnant plus d'assurance et d'expérience à toute
vitesse à mesure qu'il abat les planches demandées à un rythme
fou. Évidemment là encore nous connaissons la suite de l'Histoire,
comment sa carrière prît un tour décisif à peine quelques années
plus tard et la façon dont il a su se rendre indispensable à tout
le public tout en s'absentant et en menant ses nouvelles affaires
chez Image... Oui, tout ceci appartient bel et bien à l'Histoire des
comics, et Marc Silvestri en est un vibrant et vivant hommage, tout
en style et en finesse, en précision, en images impactantes même à
cette époque déjà lointaine pour nous, et il commence alors tout
juste à s'échauffer... Quel plaisir immense de redécouvrir tout
cela grâce aux intégrales de Panini !
Dans
le second et dernier volume consacré aux années '80, nous
découvrirons normalement ce qu'il est advenu des équipes des
Nouveaux Mutants et des X-Terminators, de bons compléments au tronc
principal du scénario d'Inferno
que nous avons pu savourer jusque-là. J'ai vraiment hâte, parce que
cette seconde intégrale de 1989 est l'une des toutes premières à
avoir rejoint ma collection, et il s'est déjà passé tellement de
temps avant d'en arriver à ce stade, où je puisse vous la
chroniquer et la découvrir moi-même à loisir... tout ce que
j'espère désormais c'est ne pas être déçu du voyage !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et
je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver
bientôt pour un nouvel article !
Le
temps poursuit sa course folle, tandis que les divinités de tout le
monde antique tentent leur chance avec le souverain impitoyable et
imperturbable des Enfers, le toujours aussi sinistre Hadès. Dont le
cœur pourrait pourtant bien finir par chavirer, si l'on en croit
certaines rumeurs et observations méticuleuses...
Pour
que la partie soit complète, il fallait évidemment que la
chasseresse vierge Artémis vienne se mêler aux prétendantes, avec
l'aide pas si désintéressée de son jumeau Apollon ! Si Hadès
n'en a cure, la belle déesse d'albâtre n'entend pas se retirer si
facilement de la compétition, surtout depuis qu'une autre divinité
l'a publiquement défiée de se marier et d'avoir une fructueuse
descendance ! Mais hélas, c'est surtout dans la tête d'Apollon
qu'il se passe bien des choses, et une fois ce léger malentendu
dispersé la vie reprend son cours normal dans l'après-vie...
Jusqu'à
ce que l'intrépide Hermès ne vienne lui aussi en rajouter une
couche avec une idée toute nouvelle pour alimenter son florissant
commerce de rencontres amoureuses : une boîte à profils, qui
permettrait à quiconque l'utilise de sélectionner la bonne personne
avec qui débuter une heureuse relation. Heureusement, rien qui
n'intéresse Hadès une fois encore, mais Hermès trouvera tout de
même le moyen de faire des affaires avec la horde de déesses
désespérées de trouver un jour l'âme-sœur...
Mais
enfin, quand la déesse de la magie Hécate et le fleuve Styx en
personnes vous disent que quelque chose ne va vraiment pas dans toute
cette histoire, il est plus que temps de faire amende honorable et de
réfléchir une bonne fois pour toutes à ce concept de mariage
infernal. Hadès en sera quitte pour quelques nouvelles migraines,
rien d'inhabituel pour lui, mais il se surprendra aussi à penser de
plus en plus souvent à la présence de Coré, la timide déesse du
Printemps, qui passe ses journées ligotée mais également à faire
pousser çà et là de très jolies fleurs qui réjouissent tout à
chacun.
N'eurent
été les manigances de Zeus et d'Héra pour le forcer à se marier,
Hadès aurait somme toute assez de temps pour lui et se détendre...
mais voilà que le dieu de la Guerre, Arès, décide de lui donner
encore plus de travail en provoquant des conflits sanglants de par le
vaste monde, dans le seul et unique but de se rapprocher de son pote
de boulot ! Les morts affluent par milliers et les juges des
Enfers sont débordés, de même que les tortionnaires qui redoublent
pourtant d'efforts à la vue de leur seigneur et maître qui ne
ménage pas les siens, au contraire.
Une
fois encore, c'est la douce Coré qui incarnera la voix de la raison
en ramenant Hadès à des préoccupations plus nobles et surtout en
l'aidant à faire revenir le calme aux Enfers, après le passage
d'Arès. Se pourrait-il en fin de compte que le roi sombre puisse
éprouver quelque chose, lui qui délite toute forme d'énergie
vitale de par son simple toucher ? La réponse se trouve sans
doute quelque part dans l'esprit tortueux de Menthé, la nymphe
autrefois si proche du seigneur Hadès quand celui-ci venait tout
juste de prendre ses hautes fonctions. Cependant, à trop chercher on
finit par ne plus voir ce qui se trouve juste sous ses yeux... et que
pas mal d'autres personnes commencent à observer avec malice !
Qui
l'emportera : l'aveuglement ou l'épiphanie ? Hadès est
bien obstiné à ne jamais prendre épouse, malgré son propre
serment sur les eaux du Styx qui l'engage plus que tout autre décret
divin à tenir sa parole !
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Bon,
comme je l'écrivais précédemment on se doute très fortement de la
façon dont toute cette histoire va se terminer, mais c'est quand
même toujours aussi plaisant d'explorer cette revisite des mythes de
l'Antiquité façon manga de romance !
Le
dessin est selon moi le vrai point fort de cette petite série qui ne
va pas chercher bien loin, tout en soignant son graphisme et aussi
ses références bien entendu. Avec un soupçon de modernité dans le
langage et dans les comportements de certains, ce qui réactualise
pas mal les légendes d'antan mine de rien, on parvient à un
résultat assez surprenant qui nous réserve ci et là quelques
trouvailles amusantes pour détendre l'atmosphère.
Entre
les conceptions très datées du monde antique et de ses divinités
pas toutes bien intentionnées, et la réinvention du mythe de
Perséphone aux Enfers pour correspondre à un courant de pensée
bien plus féministe qu'il n'y paraît, on a de quoi lire durant un
bon moment car n'allez pas croire que les tomes de ce manga
s'épuisent rapidement, au contraire même ! Ils ont beau n'être
que trois, leur lecture vous tiendra en haleine assez longtemps pour
que vous commenciez à sincèrement apprécier cette vision des
choses, ou du moins à en rire tout aussi sincèrement.
Vous
l'aurez peut-être noté comme moi, il manque encore UNE grande
divinité associée à l'Amour, point central de cette histoire
pourtant... Peut-être entrera-t-elle en scène avec fracas dans le
troisième et dernier tome, elle qui se fait tant attendre et
désirer ? Je l'espère de tout cœur, en tout cas je vous donne
rendez-vous pour la fin du mois si tout va bien afin de découvrir
ensemble le fin mot de tout ceci. Si vous ne connaissez vraiment rien
à la mythologie grecque, n'allez pas vous spoiler avant le dernier
chapitre surtout ! Mais si quelques recherches ne vous font pas
peur, donnez-vous-en à cœur-joie !
A
mon sens, c'est encore la plus belle réussite de ce genre d'œuvres
de réinterprétation/relecture, à savoir donner envie à un nouveau
public de découvrir la racine de l'histoire via des versions
détournées ou en tout cas remaniées pour raviver l'intérêt des
générations présentes et futures. Il va sans dire qu'une telle
démarche doit selon moi être encouragée sinon saluée, et que je
considère ce manga comme pouvant être mis entre toutes les mains !
Mais nous aurons certainement l'occasion d'en reparler lors du
dernier article le concernant.
Sur
ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite
une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un
nouvel article !