vendredi 3 avril 2026

La V.O. du vendredi n°378 : Captain Planet and the Planeteers #4 (Dynamite - Septembre 2025)

Variant cover by Christian Ward

Alors que les autres Planétaires sont allés trouver refuge loin des combats et de l'agitation qui règne en ville, Wheeler a décidé de répondre à l'offre de Lucian Plunder et de lui remettre sa bague élémentaire du Feu pour que l'industriel puisse l'étudier et en apprivoiser l'énergie, prétendument pour la mettre au service d'un grand projet de redistribution mondiale des ressources énergétiques de la planète de manière plus équitable que jamais.


En réalité, Plunder veut surtout dupliquer la bague et ses pouvoirs pour se les approprier et faire ainsi fonctionner son tout nouveau réacteur, un risque environnemental que personne ne voudrait courir si tout était connu du grand public. Gaïa, retenue prisonnière dans son laboratoire, voulait justement empêcher cela en adressant les cinq bagues aux Planétaires... et malheureusement, son plan a échoué.


Tandis que les quatre autres Planétaires viennent d'identifier enfin la zone où se trouve Gaïa et tentent le tout pour le tout afin de la sortir de là grâce aux pouvoirs qu'il leur restent, Plunder décide d'activer les nouvelles bagues synthétiques dont il vient de se doter... et le résultat en est catastrophique. Devenu l'incarnation-même du mal-être de notre pauvre vieille Terre, Lucian Plunder est désormais Captain Pollution, une entité supérieure et entièrement dévouée à la corruption de la nature par les forces humaines. Qui pourrait lui faire face ??


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Évidemment vous connaissez comme moi la réponse à cette question. Le plus grand combat des Planétaires est tout juste sur le point de commencer, à peine le précédent est-il derrière eux. Plunder/Pollution incarne tout ce qui ne va pas dans le progrès technologique de l'humanité, tandis qu'eux incarnent plutôt la prise de conscience mondiale qu'il nous faudrait de notre rôle de gardiens de cette Terre qui souffre tant. Mais peut-être est-il déjà trop tard...


En tout cas le constat est sans appel : s'ils ne récupèrent pas très vite la bague du Feu pour l'unir aux quatre autres et invoquer Captain Planet, le cataclysme sera total et irréversible ! Mais quand on a vu précédemment ce que la simple pollution de l'air ambiant fait à notre pauvre élémental, comment imaginer sérieusement qu'il puisse tenir le coup deux secondes face à toute la pollution humaine réunie en un seul et même être surpuissant ?


Les deux prochains chapitres seront les derniers et marqueront un tournant majeur dans l'histoire de ce personnage et de son univers si semblable au nôtre, désespérément semblable devrais-je même écrire, et l'on ne peut qu'espérer que le rapport de forces s'inversera dans le bon sens... mais l'espoir, vraiment, est très ténu. Il faudrait un miracle...

La V.O. du vendredi n°377 : Batman #1 - Vast colors in the dark (DC Comics - Septembre 2025)

Variant cover by Marc Silvestri

Killer Croc s'est échappé des Tours Arkham où il était retenu pour étudier sa récente régression mutagène, dont ses médecins pensent qu'elle affecte non seulement son corps mais également son esprit qui s'avère davantage celui d'un jeune enfant que d'un adulte criminel. Batman en prend bonne note malgré ses propres réticences et préjugés en la matière, et se lance à la poursuite du vilain sans perdre de temps.


Pendant que le Chevalier Noir traque sa proie, les forces de police de Gotham se réorganisent autour de leur nouveau commissaire, nul autre que Vandal Savage, qui dit vouloir imposer une force sûre en ville et faire en sorte que les criminels y réfléchissent désormais à deux fois avant de lancer une nouvelle attaque dévastatrice. Une force en présence qui sera incarnée par les nouvelles troupes surarmées de Savage, formées à intervenir dans toutes les situations délicates et potentiellement violentes. Les membres réguliers de la police sont invités à ne s'en tenir qu'à des signalements dès qu'ils repèrent du trouble quelque part en ville, et attendre les renforts. Quant à la question du Batman... lui aussi, assure Savage, devra un jour répondre de ses agissements. Mais pour l'heure, la Chauve-souris ne constitue pas une menace avérée ni une priorité, contrairement à Croc.


Après une rapide enquête sur le terrain, qui le mènera jusqu'au Musée d'Histoire Naturelle, Batman découvre que Croc s'y est réfugié et s'apprête à venir le cueillir quand le héros s'aperçoit que son adversaire n'est là que pour admirer le T-Rex monumental exposé dans la grande galerie, comme un enfant pétrifié devant tant de majesté. S'approchant alors à pas doux, Batman fait ce qu'il n'aurait auparavant jamais envisagé une seule seconde et se met à nu face à Croc, qui l'accepte à ses côtés et avec qui il discute alors comme deux enfants fascinés.


Quand les troupes spéciales arrivent enfin, Croc est apaisé et accepte de les suivre sans le moindre mal ni la moindre provocation, tandis que Batman disparaît dans la nuit comme à son habitude. Cet échange avec l'un de ses ennemis les plus massifs et brutaux l'a fait réfléchir et pas de sa manière habituelle justement, le poussant à sortir à la fois de sa réserve et de sa routine face aux malades de Gotham. Malades comme lui, peut-être ? Après tout, ne voit-il pas très régulièrement l'esprit d'Alfred l'accompagner et lui permettre un dialogue imaginaire qui le stimule et l'apaise également, comme au bon vieux temps ?


L'occasion de se poser ces questions passera malheureusement trop rapidement, car Robin appelle sur la ligne d'urgence ! En effet, l'oisillon a été surpris lors d'une intervention par les troupes spéciales de Savage, et il est même mis en joue par eux et demande donc conseil au plus vite sur la façon de se tirer de ce pétrin sans aggraver la situation plus que nécessaire...


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Eh bien c'était vraiment une sacrée expérience ! Voir Batman ôter de lui-même son masque pour se mettre littéralement à nu devant Killer Croc, c'était une vraie grosse surprise et un vrai bon démarrage pour cette nouvelle relance de la série grâce à Matt Fraction. J'étais très étonné, surpris, mais en même temps tellement compréhensif devant l'état mental de Croc... c'est une nouvelle ère, avec de nouveaux codes et de nouveaux enjeux à venir tout prochainement !


Mais rassurez-vous, je ne comptais pas suivre la série en V.O. mais bien en V.F. dès que le premier tome sortira chez nous chez Urban Comics, au mois de Mai il me semble donc tout bientôt ! Nous avons globalement un an de décalage avec la parution originale, ce qui nous permet de déguster plusieurs chapitres d'un seul coup ce qui n'est pas plus mal dans ces circonstances ou pour des séries qui en valent vraiment la peine, comme Batman nouvelle mouture ici.


Il y a des tas de petits changements et je ne vous les spoilerai pas plus que de raison ou plus que je ne l'ai déjà fait ici, sachez simplement qu'il ne s'agit pas d'une remise à zéro de l'univers comme lors des New52 mais bien d'une continuation sur la durée, partant simplement sur de nouvelles bases peut-être plus intéressantes que les précédentes. Ce sera à nous de juger, mais pour l'heure je suis vivement attiré par ce récit qui débute tout juste, et j'attends avec impatience de connaître la suite ! Le marché est donc pleinement rempli à mon sens, et je félicite les auteurs !

La V.O. du vendredi n°376 : Batgirl #11 - The Three Swords, part 3 of 3 (DC Comics - Septembre 2025)


Au ranch du Tigre de Bronze, la situation vient de se corser d'un cran. Le premier assaillant vient d'être achevé par une nouvelle arrivée, qui dit être venue faire une offre à Cassandra en mémoire de sa mère... dont elle est de la famille !


Cette cousine se présente comme faisant partie de la Lignée du Sang, ces guerriers occultes qui savent utiliser leur propre sang comme armes en combat, et que Lady Shiva a jadis combattu avec ferveur. La proposition est fort simple en vérité : Cass peut rejoindre les rangs de la secte et devenir commandante de ses légions de fanatiques... ou refuser et donc périr ce jour. Avec son frère, puisqu'il est désormais avéré que Tenji, le Tigre de Jade, est bel et bien son petit frère tenu à l'écart mais entraîné tout aussi sérieusement qu'elle par son père.


À eux deux, ils font face courageusement à leur ennemie qui finit par être vaincue, terrassée par sa propre utilisation du Sang et les noirs rituels qui l'accompagnent. Le duel se devait d'être à mort... aucune échappatoire.


Désormais, Tenji et Cass doivent rassembler leurs affaires et partir ensemble en quête de la vérité concernant leurs parents, et en quête de ce lien familial dont ils ont tous les deux si désespérément besoin. Le Tigre de Bronze confie alors à Tenji ses griffes attitrées, ainsi qu'à Cass le sabre de Shiva, avant de se joindre pour un temps à leur voyage. Voyage qui se fera vers les terres de la Ligue des Ombres, reformée par Nyssa al Ghul et se préparant à affronter la secte des Déterrés en réponse à leurs violentes agressions ! L'aventure ne fait alors que commencer...


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Bon bah voilà c'est déjà terminé pour ce troisième chapitre des aventures de Batgirl version Cassandra Cain, deux duels et une explication plus tard et les voici d'ores et déjà cul et chemise avec Tenji son frère, prenant la route vers leur prochain combat.


Je ne peux toujours pas m'empêcher de comparer cette série à un de ces films d'arts martiaux typiques des années '70-'80, tellement il y a d'éléments concordants et même fortement inspirés je pense en toute sincérité.


La tradition est maintenue et aussi fortement encouragée à s'épanouir malgré la présence de la Bat dans l'histoire, j'ai même envie d'écrire au-delà de cette présence justement. Cass va devoir découvrir son autre famille par elle-même et apprendre à tisser des liens, liens qui se retourneront peut-être justement contre elle par la suite... ou seront utilisés contre elle, c'est selon.


Un risque qu'elle semble pourtant prête aujourd'hui à prendre, et c'est tant mieux puisque le titre avec elle seule à l'affiche n'aurait pas été si complet ni si intéressant je pense. La Ligue des Ombres semble avoir elle aussi radicalement changé, du moins c'est ce qu'annonce son émissaire... nous verrons bien ce qu'il en est par la suite ! En attendant, bon accueil au Tigre de Jade dans les parages immédiats de notre héroïne, en espérant qu'il tiendra la distance !

mardi 24 mars 2026

Orgueil & Préjugés (Hauteville - Mars 2020)


Les époux Bennet ont cinq filles : Jane, Elizabeth, Mary, Kitty et Lydia. Si tous les regards se portent naturellement sur l'aînée, qui est bien en âge de se marier, au grand désespoir de leur mère ce sont surtout les deux dernières qui attirent toutes les attentions, auprès des soldats de la garnison locale.


Jane et Elizabeth sont un peu les têtes froides de la sororité, apprenant bien plus en pensant qu'en flirtant, tandis que Mary se consacre pleinement à ses études personnelles. De fait, aucune des cinq filles Bennet n'est encore engagée auprès d'un galant, ce qui n'augure rien de bon pour Mrs Bennet puisque à la mort sans doute prochaine de son époux elle et ses filles se verront chassées de leur propriété pour une bête histoire d'héritage par substitution !


Il y aurait tout de même de quoi se réjouir si les aînées étaient un peu plus enclines à se laisser approcher et séduire par les gentilshommes qui viennent s'installer dans la campagne environnante et donnent régulièrement dîners et bals pour la plus grande joie des locaux. Seulement, Jane est plutôt réservée et placide avec ses propres sentiments, tandis qu'Elizabeth a hérité de l'humour typiquement disposé à la satyre de son cher père, dont elle est l'enfant préférée.


Pour Lizzy, rien n'est plus amusant que de se moquer de la bonne société et de ses usages, tout en les retournant contre ceux-là même qui veulent en abuser. Et quel meilleur sujet de moquerie ces temps-ci que l'ombrageux Mr Darcy, jeune homme de haute naissance et possédant une considérable fortune mais hélas doté d'une morosité à toute épreuve, qu'aucune compagnie ne semble en mesure d'égayer ou de vaincre.


Si bien qu'au final, cette aigreur et ce sérieux dont fait preuve Mr Darcy commencent à exaspérer son voisinage, Elizabeth la première, surtout quand l'importun fait soudain montre d'un intérêt grandissant pour la jeune femme, qui contre toute attente aurait donc su le charmer ! Mais, trop fier en vérité pour supporter la débâcle, Darcy en sera quitte pour une rebuffade glaciale quand il s'avérera qu'il est en grande partie responsable des récents malheurs sentimentaux de Jane, jusque-là courtisée en toute discrétion par Mr Bingley, le meilleur ami de Darcy.


Darcy, fier et entêté, orgueilleux au-delà du raisonnable, et Elizabeth, satyrique et piquante mais l'esprit empli de préjugés moraux, vont pourtant devoir se rapprocher l'un de l'autre pour résoudre une bien triste affaire familiale et mettre à nu l'intrigue sournoise d'un galant de bas étage pour l'une des sœurs cadettes Bennet. Et qui sait, de ce rapprochement pourrait bien naître une amitié sincère, qui avec le temps et surtout beaucoup de bonne volonté pourrait à son tour déboucher sur des sentiments plus fervents... si les deux intéressés parviennent toutefois à mettre de côté leur mauvais caractère et à se parler franchement !


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Que n'a-t-on pas dit ou écrit autour de la romance très contrariée d'Elizabeth Bennet et de Mr Darcy, au fil de toutes les lectures, relectures, adaptations théâtrales et cinématographiques qui se sont succédées depuis la parution originelle de cette histoire d'amour ? Voulue comme une véritable satyre cinglante des bonnes mœurs de son époque, tournant en ridicule la noblesse chevaleresque de certains et l'ego surdimensionné des autres, Orgueil & Préjugés n'est pourtant que le second ouvrage majeur de son autrice, la déjà légendaire Jane Austen, qui fait preuve d'une clarté d'écriture et d'esprit que beaucoup pourraient lui envier encore de nos jours.


Les chapitres sont assez simples à suivre, on s'attaque tout de suite à ce qui apparaît comme essentiel dans la vie des Bennet père et mère, avant même de rencontrer leurs filles et d'assister à leurs débuts dans le grand monde. Outre les personnages déjà cités dans la partie résumée, on peut aussi s'attarder sur la représentation des nobles lignées ridiculement hautaines et des nombreux courtisans qui ne le sont pas moins en conséquence.


Portrait de toute une génération, de toute une époque, LE roman phare de Jane Austen nous fera passer par tous les états d'esprit possibles et imaginables pour une œuvre de ce calibre. Tantôt atterrés ou fiévreux, tantôt emportés ou stupidement bornés, les personnages et leurs sentiments sont mis à rude épreuve au sein d'une bonne société qui ne jure que par le mariage de ses enfants, davantage avec une certaine rente à la clé qu'avec un bon parti.


Elle-même célibataire endurcie jusqu'à la fin de sa vie, Jane Austen semble pourtant éprouver à la fois les transports de la jeunesse qu'elle s'acharne à nous dépeindre dans toute son hypocrisie et sa vanité, et le tempérament plus modéré de ceux qui comme Mr Bennet se contentent bien souvent de ne rien dire et d'assister aux événements avec malice. On rit autant avec que de, et ça vaut aussi bien pour les sœurs Bennet que pour les hommes, qu'il s'agisse du ridicule Mr Collins ou donc de l'orgueilleux Darcy, en passant par le filou patenté qu'incarne Wickham.


Dans la mesure du possible, j'essaie de découvrir les œuvres de Jane Austen dans l'ordre où elle les a écrites... et c'est peu dire qu'entre son premier grand roman Raison & Sentiments et celui-ci, il y a énormément de changements en peu de temps, seulement deux ans les séparent pour leur parution ! L'autrice a beaucoup mûri depuis son premier grand succès, et elle a su se renouveler dès le suivant sans pour autant perdre de vue l'essentiel de son style et de la personnification presque caricaturale de ses plus célèbres figures littéraires.


Je voulais garder le rythme d'un roman de Jane Austen par an, mais face à mon attrait renforcé pour son style et son écriture je vais peut-être devoir repenser mon calendrier ! A quoi m'attendre pour le prochain ? Sans doute un nouveau coup de cœur qui ne se démentira point !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 20 mars 2026

La V.O. du vendredi n°375 : Poison Ivy tome 3 - Mourning sickness (DC Comics - Septembre 2024)


Enfin de retour à Gotham City après un périple de plus d'un an à travers le pays, Pamela Isley se tient désormais aux côtés de son grand amour Harley Quinn, accompagnée par sa propre coéquipière Janet bien malgré elle.


Mais revenir à Gotham signifie aussi renouer avec le passif que Pamela cherchait justement à éviter ces derniers temps, et faire également une croix sur son projet de pacification mondiale, juste au moment où celui-ci commence à donner des résultats dans son dos... mais surtout, c'est faire face aux investigation et au harcèlement constant de Batman et de ses alliés ! Chaque ruelle sombre devient dès lors un gouffre d'où la Chauve-souris peut surgir à tout moment et réclamer des comptes sur les intentions d'Ivy, qui n'a plus qu'une idée en tête, trouver un coin tranquille et loin de la mégalopole pour y poursuivre ses petites expériences.


Elle sera aidée en cela par Killer Croc, dont elle envahit sans le savoir le petit domaine privé au cœur des marais. En échange de sa protection et de l'usage de son abri, Croc demande un service à Ivy : qu'elle l'aide à se débarrasser d'un chantier de construction d'immeuble de luxe, future résidence pour ultra-riches, poussant en plein sur ce qu'il considère être son territoire en ville. A contrecœur, Pamela accepte et se rend aussitôt sur place pour enquêter à sa manière, se faisant passer pour une experte venue inspecter le chantier.


Mais sitôt à l'intérieur du géant de verre et d'acier, les perceptions de Pamela commencent à sérieusement dériver et le délire s'installe dans son esprit. Elle subit des visions et des vagues de déstabilisation, dont elle est certaine qu'elles proviennent toutes de la même source végétale qu'elle-même, connectée d'une façon ou d'une autre à la Sève. C'est en cherchant désespérément la sortie dans ce labyrinthe en pleine mutation qu'elle fait la rencontre du promoteur, Peter Undine, qui semble avoir lui aussi muté d'une bien horrible manière...


Durant leur brève rencontre, Undine explique ses origines à Ivy : il venait de créer une nouvelle matière, baptisée Acier Végétal, capable de se réaligner et de se modifier à loisir pour concevoir des constructions de plus en plus complexes à un coût dérisoire. Mais cette matière était bien moins généreuse avec l'environnement, au grand dam de son créateur, contraint de faire disparaître dans les fondations de ses chantiers des litres de produits toxiques générés par ses expériences. Ayant lui-même fait les frais des capacités adaptatives de son matériau et ayant muté vers une forme de vie quasi-végétale, Undine est désormais capable de générer des illusions terrifiantes et de consumer toute forme de vie à sa portée. Il y voit sa rédemption et son nouveau grand projet à concrétiser, pour compenser le mal que sa création a pu faire à la nature.


Après une rapide échauffourée, Undine laisse Ivy se dépêtrer avec ses perceptions altérées et elle ne devra finalement son salut qu'à l'intervention de Croc, venu la récupérer en urgence après avoir constaté son absence dans leur abri commun des marais. Plus résistant qu'Ivy aux illusions du bâtiment, Croc va permettre à la belle de reprendre assurance et contenance avant d'affronter à nouveau Undine sous sa forme mutée par le champignon lamia, et de finir par l'absorber totalement à défaut de pouvoir le détruire.


Leur fuite couverte par l'effondrement de la super structure privée de son alimentation principale, Ivy et Croc regagnent les marais pour découvrir une autre mauvaise surprise sur place : des zombies végétaux mutés qui suivaient leur créatrice involontaire, Ivy, à travers tout le pays ! Apparemment déterminés à l'attaquer et à lui faire du mal, ces créatures infortunées se révèlent incapables de faire effet sur Croc, dont la propre mutation semble l'avoir immunisé au champignon mutagène utilisé par Ivy, qui s'intéresse dès lors de très près à son bras armé pour créer une sorte d'antidote en urgence.


Mais face à l'affluence des zombies, et à la possibilité de plus en plus probable que bien d'autres encore aient été contaminés sur son passage sans qu'elle ne s'en rendre compte, Pamela commence à comprendre qu'elle ne se sortira pas de cet enfer sans l'aide massive de Batman. Résolue à dicter ses propres conditions à son ancien ennemi, Poison Ivy lui fournit un échantillon de l'antidote en l'enjoignant de le reproduire à grande échelle le plus vite possible avant une invasion de Gotham par les zombies végétaux.


Et en parlant de zombies, voici que surgit Solomon Grundy du fin fond des marais, lui aussi troublé par les créatures d'Ivy et désireux de protéger sa douce retraite. Parvenant à s'en faire un allié à l'instar de Croc, Ivy dispose désormais de deux grands costauds capables de la protéger pendant qu'elle s'acharne sur ses fioles d'antidote, tout en comptant sans le reconnaître vraiment sur Batman pour venir les sauver au dernier moment.


Mais alors qu'elle est sur le point de faire une avancée majeure dans la compréhension de ses créatures, Pamela est soudainement reprise par les affreuses crampes abdominales qui l'assaillent depuis quelques temps déjà, et qui s'avèrent en réalité être des contractions ! Enceinte sans même le savoir, Ivy est sur le point de donner naissance à quelque chose de totalement nouveau... et d'extrêmement dangereux !


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Étant donné mon grand retard de lecture et la parution de tous les autres tomes en version française depuis un moment déjà, je ne vais pas vous faire languir davantage et nous allons parler du final de ce troisième album sans plus tarder.


Vous l'aurez peut-être déjà deviné en voyant la couverture, mais le ''bébé'' enfanté par Poison Ivy n'est autre que son plus grand ennemi personnel, l'Homme-Floronique, qu'elle avait pourtant absorbé corps et âme dans le tome précédent après une bataille mémorable. Eh bien, il s'avère qu'à l'instar de Peter Undine, Ivy ne peut pas vraiment détruire ce qu'elle et son lamia peuvent absorber, mais au contraire qu'ils les intègrent dans leur propre structure cellulaire et onirique pour s'adapter et continuer à survivre sous une forme toujours plus altérée.


Jason Woodrue est donc de retour après avoir trouvé le moyen de tromper les sens d'Ivy, se servant de son corps pour générer le sien en retour, désormais doté lui aussi des pouvoirs du champignon lamia j'imagine ! Le suspens est insoutenable, et j'ai du mal à visualiser l'intensité du danger que représentent les zombies végétaux d'un côté et l'Homme-Floronique de l'autre, tout en me doutant que l'on va peut-être apprendre dans le prochain tome que Woodrue peut contrôler les créatures !


Sans parler de la pression mise à Ivy par Batman constamment à chacune de leurs rencontres, ni du fait que Harley semble avoir trompé Ivy avec Janet le temps d'un rapide baiser... bref, il s'en passe des choses, et heureusement que l'autrice G. Willow Wilson parvient à nous faire rire ici et là par de petites touches décalées, autrement nous aussi aurions une sacré pression sur les épaules à la lecture de ces quelques chapitres !


Niveau conception du bouquin c'est toujours un grand plaisir que de suivre les aventures solo de Poison Ivy sous ce format deluxe repensé pour respecter au mieux les exigences environnementales, avec du papier recyclé et un traitement sans doute favorable à la préservation de la nature, du moins je l'espère. Je déplore cependant que les images elles-mêmes soient parfois recyclées, dans le sens où les mêmes visuels sont par endroits repris de case en case en changeant juste les dialogues dans les phylactères, technique un peu paresseuse s'il en est mais qui reste fort heureusement minoritaire dans cet album.


On aura également le droit au passage de pas mal d'artistes invités dès l'ouverture du tome pour illustrer les retrouvailles d'Ivy et de Harley, ainsi que la prise de nouveaux repères dans Gotham et l'atmosphère sombre provoquée par la présence insidieuse du Batman. Ces changements de visuels ne sont pas désagréables, contrairement à ce que l'on aurait pu redouter, et sont même plutôt bien enchaînés les uns les autres, sans rupture majeure des designs malgré les styles parfois très différents des artistes.


Bref, que du bon encore une fois, j'ai dévoré ce tome en quelques heures à peine et j'en redemande instamment, tout en m'interrogeant sur ce qui m'a poussé à attendre si longtemps depuis sa parution et son acquisition pour le lire seulement maintenant ! Poison Ivy s'avère vraiment être une série de qualité chez DC depuis son premier chapitre et le public ne s'y est pas trompé puisqu'elle est toujours en cours actuellement, le septième tome d'ores et déjà annoncé en V.O. pour dans quelques mois, la V.F. suivant en plus assez rapidement derrière ce qui est une sacrée chance pour nous !


Je ne saurai trop vous conseiller de lire cette série, en V.O. ou en V.F. comme vous préférez, pourvu que vous lui fassiez une bonne place au sein de votre collection. Personnellement je préfère la conception des albums de la V.O. avec cette jaquette glacée du plus bel effet, mais chacun ses goûts ! Rendez-vous prochainement je l'espère pour la suite de cette histoire très mouvementée, féministe autant qu'engagée pour l'environnement, sans jamais trahir ou dénaturer son personnage principal. Une vraie réussite à l'heure actuelle, qu'il convient donc de saluer et de soutenir !

vendredi 13 mars 2026

La V.O. du vendredi n°374 : Sonja Reborn #1 - The Dark Book, chapter one, ''Six Impossible Things Before Breakfast'' (Dynamite - Août 2025)


Je ne vais pas me casser les pieds à vous faire un résumé détaillé ou même attractif de ce premier single, puisque j'en ai été extrêmement déçu pour le moment.


Sachez simplement qu'il s'agit, ENCORE, d'une histoire de voyage dans le Temps entre notre époque actuelle et celle de Red Sonja, quand une diplomate Britannique en plein acte de vengeance tombe dans un long tunnel sombre et se réveille soudain dans la peau de la guerrière rousse, sans que cela ne la choque plus que nécessaire à vrai dire.


Il sera bien question de s'habituer au champ de bataille, mais elle prend ça plutôt bien je trouve, un peu trop bien en fait. Humour très détaché voire distant par rapport à la situation, aucune difficulté avec l'écart de langages, et en ligne de mire une seule et même personne devenue la convoitise de tout le monde sur les terres ravagées par les Cimmériens, comme par hasard la même personne que pourchassait justement la diplomate avant de sombrer.


Je n'ai pas été très attiré par cette histoire, quand bien même le niveau graphique serait dans la bonne moyenne de ce que Dynamite nous propose ces temps-ci. La faute donc en grande partie à l'écriture de Christopher Priest, que décidément je ne supporte pas très bien ou qui a bien du mal à me cueillir c'est selon, ce depuis son run sur Black Panther que je trouvais déjà d'un ennui mortel. C'est d'ailleurs l'unique raison pour laquelle vous n'avez plus de Vampirella dans les V.O. du vendredi sur le blog, parce que c'est Priest qui a repris en mains l'écriture des aventures de la belle de Drakulon et que ça ne me disait mais alors vraiment vraiment pas de lire ce qu'il allait bien pouvoir en tirer.


J'ai tenté pour Red Sonja, dans cette nouvelle mini-série avec des couvertures de belle facture, et... ah oui tiens d'ailleurs, on en parle des couvertures. Ne les croyez surtout pas ! Les visuels, les scènes illustrées, même pour la principale, tout cela n'est que du vent, à défaut d'être totalement mensonger si je puis dire. Depuis le temps que je lis du Dynamite je devrais savoir qu'il ne faut pas toujours se fier aux couvertures, mais là j'ai craqué en me disant que peut-être ils allaient mettre les bouchées doubles pour nous offrir une série magnifique qui serait la véritable renaissance de l'héroïne des steppes... que nenni !


Voilà donc mon impression concernant ce premier chapitre, rassurez-vous je lirai les suivants et je vous les chroniquerai aussi mais peut-être pas sous le format habituel si Priest poursuit son récit de cette façon hautement déplaisante pour moi. Au final, j'en suis quitte pour de belles illustrations de couvertures de Stjepan Sejic, dont une foil pour le chapitre 1, à exposer fièrement dans ma collection. C'est pas si mal, comme disait l'autre...

La V.O. du vendredi n°373 : Runaways #3 - Think of the children, part three (Marvel - Août 2025)


Dans les anciens locaux des Fugitifs, Karolina fait sa réapparition mais ne retrouve aucun de ses compagnons d'aventure pour l'accueillir, seulement le traître Alex Wilder vêtu de l'uniforme de Doc Justice. Alors qu'elle est sur ses gardes et s'apprête à le combattre, Alex lui signifie qu'il est venu lui aussi pour s'inquiéter du sort de leurs amis, et ils décident finalement de partir tous les deux à leur recherche en suivant les quelques indices sur leur route.


Pendant ce temps, dans la nouvelle résidence de fortune des Fugitifs, à savoir la demeure des Yorkes à Malibu, le petit groupe resserre les liens après la catastrophe qu'ils viennent tout juste d'éviter en détruisant le Time Portico de Gert, qui le prend pour sa part très mal étant donné qu'elle considérait l'invention de ses parents comme étant sa seule chance de briller au sein du groupe.


Mais, conseillée et réconfortée par Nico Minoru, Gert finit par prendre goût aux recherches littéraires que lui propose son amie et ensemble elles parviennent même à isoler certains passages des journaux personnels de leurs parents qui permettraient notamment à Nico d'utiliser la magie, à condition de s'y prendre correctement ou d'avoir suffisamment confiance en soi bien entendu.


Dans le salon, les discussions autour de l'avenir de Fatalibot sont animées, surtout depuis que Chase est de retour dans la vie des Fugitifs et qu'il souhaite activement reprendre la main sur le groupe. Fatalibot refuse d'être séparé de ses compagnons, qu'il dit considérer comme étant sa responsabilité principale, mais il ne peut cependant pas ignorer l'appel général lancé à tous les Fatalibots de la planète pour se regrouper sous la bannière de l'Empereur Fatalis, même si ainsi il risque tout bonnement la reprogrammation, et donc de disparaître tel qu'il est actuellement, avec toute sa singularité propre.


Pas le temps d'y réfléchir davantage malheureusement, puisque les Fatalibots reviennent à la charge et assaillent la maison des Yorkes avec les jeunes Fugitifs à l'intérieur. Mais par un étrange caprice du Destin, au moment le plus fatidique et où personne n'y croyait plus, Nico fait soudain preuve de magie protectrice et parvient à sauver tout le monde d'une attaque massive. Reste à savoir combien de temps elle pourra donner le change, les Fatalibots de l'Empereur Fatalis n'ayant pas la moindre intention cette fois de repartir sans leur objectif et étant venus en nombre pour cela...


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Cette petite série qui s'arrêtera au cinquième chapitre (nous en sommes donc en plein milieu) est toujours aussi intéressante mais continue pourtant de m'échapper partiellement, n'ayant pas du tout en tête les évolutions et situations traversées ces dernières années par les Fugitifs dans leurs aventures. Je passe donc à côté de pas mal de références ou de rappels de ce qui s'est passé juste avant dans le groupe et autour du groupe.


Mais je tâche de rester concentré pour ne pas perdre de vue l'intrigue principale qui reste le devenir de Fatalibot, prisonnier à la fois de son allégeance envers son créateur mais également de son propre programme singulier qui le rend unique au monde et qui risquerait de disparaître s'il n'avait tous ses amis et compagnons de route pour le défendre au péril de leurs vies face à ses congénères.


Le dessin est simpliste, pas vraiment ce que je préfère d'ailleurs à l'heure actuelle, mais bon au fond je n'ai pas vraiment de quoi râler sur cette mini-série de Rainbow Rowell qui fait de son mieux pour tenir le public en haleine avec une intrigue reposant autant sur le passé que sur le présent immédiat, avant de devoir peut-être s'intéresser davantage à l'avenir proche notamment avec le personnage de Chase...


Première fois que je la rencontre, mais j'aime déjà bien Karolina Dean. Pour autant, est-ce que je vais me mettre à suivre les autres aventures des Fugitifs ou à me renseigner sur le passif du groupe ? Pas franchement ni l'envie ni le temps pour ça, je prends comme ça vient et seulement à vrai dire parce qu'il s'agit d'une histoire parallèle de l'event principal One World Under Doom de Ryan North. Vous me direz, il y a beaucoup d'autres séries en parallèle justement qu'il aurait été intéressant de suivre, mais je préférais ne pas me prendre la tête plus que de raison. Je table toujours sur l'édition d'un gros omnibus regroupant l'ensemble des récits autour de l'event majeur, pour tout rattraper d'un coup. En attendant, on continue ce petit bout de chemin avec les Fugitifs, qu'importe où ça nous mènera pourvu que ça nous occupe un peu.

La V.O. du vendredi n°372 : DOOMED 2099 (Marvel - Août 2025)


Cette histoire en one-shot se situe entre l'épisode 5 et l'épisode 6 de One World Under Doom.


Fatalis est donc le nouveau Sorcier Suprême de la Terre, et prend son nouveau rôle de protecteur très à cœur. Au point surtout de se placer en Empereur Suprême de la planète, la Latvérie prenant de fait le contrôle de toutes les autres nations pour les modeler sur son propre schéma, tout en prenant en compte leurs nombreuses différences bien entendu.


Évidemment il y a beaucoup de personnes que cette situation dérange, et Fatalis en a déjà affronté plusieurs d'ailleurs... mais certainement pas venues d'aussi loin que son prochain adversaire : lui-même ! Ou plutôt, sa version issue de l'an 2099, où les méga-corporations règnent sans partage sur un monde futuriste dystopique, et où Fatalis règne au-dessus à nouveau.


Le Fatalis de 2099 utilise les dernières réserves d'énergie en sa possession pour alimenter sa machine à voyager dans le Temps, et programme une apparition en 2025 pour affronter son incarnation du passé et surtout l'avertir d'un grand danger qui menacerait son existence sur l'ensemble de l'espace-temps.


Mais bien sûr, l'Empereur Fatalis n'a que faire d'un tel avertissement, n'étant pas franchement convaincu dès le départ qu'il lui émane de sa propre personne dans le futur. Fatalis 2099 avait prévu cela, se connaissant bien, et déchaîne alors une équipe de justiciers prélevés dans différents avenirs, que l'Empereur Fatalis vaincra finalement sans grand mal avant de les renvoyer dans leurs époques respectives.


Ses pouvoirs magiques et sa science étant à leur paroxysme, l'Empereur Fatalis n'a aucun devoir d'attention envers une hypothétique version du futur de lui-même venue lui intimer l'ordre de déposer toute cette puissance avant qu'il ne soit trop tard. Triomphant des protections du Fatalis 2099, l'Empereur Fatalis se montre toutefois magnanime et le réexpédie fissa en l'an 2099, se coupant ainsi de tout conseil judicieux qu'il aurait peut-être mieux fait d'écouter plutôt que de laisser son orgueil parler pour lui...


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La situation qui nous est présentée dans les scènes représentant l'ère 2099 m'est inconnue, n'ayant pour l'heure pas eu l'occasion de lire la série Doom 2099 déjà disponible en omnibus chez Panini par chez nous. Mais on comprend sans le moindre effort où veut nous emmener ce one-shot sorti avec un léger retard mais s'intercalant bien après les deux chapitres consacrés au combat face à Dormammu.


Les scénaristes et dessinateurs se permettent donc un petit écart sur le côté de l'intrigue principale de Ryan North pour nous raconter la rencontre entre deux versions ''ultimes'' du même personnage à deux moments-clés de son existence, les deux ne s'appréciant pas vraiment l'une l'autre et n'ayant qu'un laps de temps très court à consacrer à chacun. J'ai eu l'impression que le Fatalis 2099 est plus posé et moins enclin aux crises d'ego qui frappent souvent notre Fatalis dans les moments où il pourrait sans cela triompher, et c'était là sans doute l'avertissement qu'il devait lui délivrer...


Nous verrons bien si la situation présentée en 2099 adviendra ou non à l'issue de l'event en neuf parties que nous suivons actuellement, mais tout est mis en place de telle façon que les travaux des auteurs précédents ne soient pas anéantis pour autant, et se situent en parallèle les uns des autres époque par époque.


Comme l'ère Krakoa pour les mutants, l'Empereur Fatalis est une apogée pour le personnage de Victor Von Fatalis, et malgré toutes ses précautions (et il y en a énormément) il est très possible désormais que le goût de sa plus grande victoire soit des plus amers...

La V.O. du vendredi n°371 : This Ends Tonight #2 (Image - Août 2025)


Les nuits sont longues et torrides à Las Vegas, ville de tous les vices et de tous les plaisirs, mais surtout de tous les excès. En plein enterrement de vie de jeune fille, six amies et collègues vont se retrouver au cœur de la tourmente, alors que la folie se déchaîne et que les coups pleuvent de toutes parts !


Chasseurs de prime ou militaires, commandos spéciaux ou cow-boys de spectacle, tout le monde veut sa chance de prendre les filles au filet pour toucher les récompenses faramineuses placées sur leurs têtes ! Et elles le leur rendent bien, puisque chaque tentative de les capturer ou de les éliminer tourne immanquablement au pugilat, voire à la sévère correction, tout cela tandis que la future mariée poursuit les festivités comme si de rien n'était.


Sur leur passage, les six jeunes femmes vont laisser un véritable carnage et un sillon de souffrances que les nombreuses attractions de la ville perpétuellement illuminée ne tarderont cependant pas à panser. C'en est presque anecdotique, mais on se demande tout de même si la fiancée va dire oui ou non lors de la noce, une fois la chapelle atteinte en bout de parcours. En aura-t-elle seulement l'occasion, avec tout ce monde qui les traque armé jusqu'aux dents ?


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Second chapitre de cette trilogie signée Gerry Duggan, Kelvin Mao et Robert Window, sur des dessins toujours aussi efficaces et emportés du duo Jae Lee et June Chung. On y découvre cette fois-ci l'envers du décor concernant les événements du premier chapitre, là où certaines routes se croisent et où les échauffourées éclatent et explosent de plus belle à mesure que les récits convergent.


On comprend bien vite que les six héroïnes que l'on nous présente en train de surveiller l'une des leurs faisant la fête comme s'il n'y avait plus de lendemain sont une sorte de milice armée très spéciale, une agence de combattantes aguerries prêtes à se salir les mains dès que le besoin s'en fait sentir et qui vendent certainement leurs services à des nations ou des barons du crime, peu importe au fond puisqu'au final elles sont traquées et pourchassées par tout le monde ou presque en ville !


Un peu comme dans un film de Quentin Tarantino, tout part en vrille et tout se recoupe pourtant toujours, des histoires séparées qui finissent par n'en plus faire qu'une et nous émerveiller. Seul petit regret de ce format si court : c'est trop court, on se croirait devant une pub ou une bande-annonce pour une série plus longue à venir mais qui malheureusement n'existera jamais... ou alors je n'en suis pas informé.


J'ai préféré ce second chapitre par rapport au premier, preuve que l'écriture s'améliore et que le rythme du récit se fait plus stable et mieux vivre avec davantage de personnages à traiter et à mettre en scène. Le final est au bout du chemin, mais est-ce que la ville du jeu éternel sera encore debout en fin de partie ?

vendredi 6 mars 2026

La V.O. du vendredi n°370 : Supergirl tome 3 - Ghosts of Krypton (DC Comics - Juin 2017)


Cela fait maintenant près de deux ans que Kara Zor-El est arrivée sur Terre, rejoignant ainsi son illustre cousin Superman et devenant au terme d'une aventure cosmique la nouvelle, seule et unique Supergirl. Cependant, elle demeure une presque inconnue pour la plupart des gens sur cette planète arriérée, on lui préfère toujours Superman, qui incarne bien mieux qu'elle et depuis bien plus longtemps les valeurs justes de cette population qui en demande tant à ses héros. Et si Kal-El accepte de bon cœur de servir et d'incarner, Kara quant à elle cherche désespérément un véritable sens à donner à sa mission sur Terre, pour sortir de l'ombre étouffante de son cousin.


Même dans le lointain futur de la Légion des Super-Héros, il n'est question que de Superman, encore et encore, éternelle inspiration de tout à chacun en cette époque glorieuse entre toutes. Kara doit donc trouver sa place et définir clairement son utilité, ce qu'elle peut et veut faire de ses faramineux pouvoirs, tout en respectant l'idéal de sa famille mais surtout leur mémoire.


Il s'avère d'ailleurs, contre toute attente, qu'il n'y avait pas de message de ses parents dans sa capsule, aucun témoignage vibrant de la vie sur Krypton avant la destruction, aucune dernière pensée adressée à la dernière fille de la planète condamnée. Juste une mission répétée encore et encore : « Veille sur ton cousin ». Mais à quoi bon puisqu'il est bien plus âgé qu'elle désormais et qu'il est très loin d'avoir besoin de son soutien et encore moins de son aide !


Au détour d'une intervention aux côtés des Green Lanterns, Superman et Supergirl vont découvrir presque par hasard que le secteur de l'univers où ils se retrouvent alors se situe à un point idéal pour observer Krypton, ou plutôt son existence passée à bien des années-lumière de là. Rien de plus simple en concentrant leur super-vision... et Kara assiste donc à rebours à quelques instants volés de la vie de son foyer, de sa famille et surtout de ses parents, qui avaient bel et bien pour elle de tendres pensées, seulement bouleversées par la fin imminente de leur monde.


Si Kal-El incarne l'Espoir, cette valeur cardinale pour la Maison El, Kara quant à elle est la survivance de Krypton en personne. Le message la concernant, il était bien là, dans la Forteresse de Solitude, parmi les archives holographiques de son oncle Jor-El pour son fils. En Kara, en son esprit et en sa mémoire, survivent tous les habitants de Krypton. Et sa mission est de ne jamais les oublier, ni surtout s'oublier elle-même en chemin vers ce nouveau monde qui l'attend et a tant à lui apporter, autant qu'elle a à lui apporter en retour.


Mais soudain, alors que Kara venait peut-être de trouver la clé de cette paix intérieure qui lui échappe continuellement, une nouvelle contrariété surgit quand au milieu d'un combat face à un certain Reactron aux pouvoirs cosmiques elle fait la promesse à un petit garçon qu'elle ne le laissera pas mourir. Une promesse normale pour elle... une vie entière pour lui. Car ce petit garçon est atteint d'un cancer du cerveau, inopérable, et n'a que quelques semaines devant lui en tout et pour tout. Ses parents, furieux après Supergirl, doivent maintenant tenter de lui expliquer que non, son héroïne ne peut pas vraiment l'empêcher de disparaître des suites de sa maladie, et qu'il doit continuer de s'y préparer, entouré des siens.


Le cœur brisé, Kara décide de prendre le problème dans un autre sens et jure qu'elle parviendra à trouver un remède au cancer, qu'importent les moyens ! Elle est Kryptonienne, sa mère Alura était une grande scientifique sur son monde, elle-même se destinait à de grandes études, la technologie et le savoir de Krypton sont toujours disponibles dans les archives de son oncle... pourquoi ne pas simplement y rechercher la solution ?


Évidemment ça paraît si simple, présenté comme ça, mais Kara va bien sûr se heurter à plusieurs obstacles de taille sur sa route, à commencer par la visite impromptue d'assassins venus du futur quelques siècles plus tard pour l'empêcher à tout prix de réaliser sa vision, qui condamnerait l'humanité à disparaître plutôt que d'être sauvée. Mais Kara est pleine de ressources et sa volonté est infaillible, elle est déterminée coûte que coûte à trouver un moyen de tenir sa promesse. Elle explorera seulement d'autres voies, voilà tout.


Par exemple... Resurrection-man, un homme des cavernes basiquement immortel qui dispose dans son ADN de la capacité de toujours revenir d'entre les morts, à chaque nouveau trépas, qu'importent les circonstances, et à chaque fois doté d'un nouveau pouvoir aléatoire. Si seulement on pouvait isoler cette capacité unique dans tout l'univers et la répliquer, ou du moins la transférer dans l'organisme d'un être mourant pour justement contrer les effets de sa maladie et empêcher le trépas d'intervenir, alors tout serait réglé pour tout le monde et pour toujours !


Mais une fois encore, c'est un échec. Non seulement parce que le pouvoir de Resurrection-man ne fonctionne pas vraiment de cette façon, non sans parler du fait que son concepteur n'a aucune réelle intention de servir une juste cause avec cette invention même si Kara le fait sortir de prison exprès, mais surtout... parce que tandis que Kara parcourait le monde et accumulait les tentatives et les expériences, le petit garçon est décédé. Superman le lui apprend, après avoir lui-même constaté le fait accompli cinq minutes plus tôt.


Dévastée, Kara s'entête pourtant encore une dernière fois et repousse son chagrin à plus tard. Il est forcément possible de revenir d'entre les morts, les super-héros et super-vilains le font pratiquement sans arrêt, pourquoi serait-ce totalement inaccessible pour un mortel qui avait toute la vie devant lui sans cette horrible maladie ? Mais après un ultime combat contre la mort, Supergirl doit s'avouer vaincue. Détruite moralement par cet échec et tout ce que cela implique pour elle et les parents du petit garçon qu'elle voulait tant protéger de tout, Kara s'isole de plus en plus et même si dans le futur elle parvient peut-être à inspirer les gens pour le meilleur, là tout de suite elle se sent vraiment au plus mal et ne trouve aucune solution pour sortir de ce marasme.


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Vous connaissez la citation : « L'Enfer est pavé de bonnes intentions... », et c'est à mon sens exactement ce qu'il y a à retenir dans ce troisième tome des aventures de Supergirl dans les années 2000. Joe Kelly laisse la place de scénariste à Kelley Puckett, qui décide de briser le personnage adoré des fans mais mal-aimé de ses contemporains comme rarement on a osé briser une figure super-héroïque jusque-là.


Toute la première partie, sur la quête de sens de Kara pour son existence sur Terre et sortir à tout prix de l'ombre de son cousin, tout cela c'était déjà bien dense, mais c'est complètement balayé par l'atroce douleur ressentie au fond de soi quand on découvre la seconde partie de l'album, ce petit garçon condamné, que rien ni personne ne pourra jamais sauver, ce malgré toute la volonté et tous les efforts de l'univers...


Ce petit garçon, si on déroule la métaphore, c'est aussi un peu Krypton finalement, pour Kara du moins. Supergirl refuse de laisser son monde, réduit alors à un seul être lui faisant une totale confiance, disparaître à nouveau sous ses yeux sans rien pouvoir faire pour le sauver. Sa quête va l'amener à souffrir comme jamais, à devoir affronter l'échec final droit dans les yeux et admettre qu'elle ne peut rien faire, ce malgré tous ses pouvoirs incroyables et son brillant esprit en ébullition. Car il y a tout simplement des choses qui sont ainsi, font aussi partie de la Vie, et ne peuvent en aucun cas être remises en question.


Je ne vous cacherai pas qu'au départ je me suis demandé si cette intrigue allait vraiment durer aussi longtemps dans l'album, car après tout ce n'était qu'un genre de qui-pro-quo malheureux qui pouvait très bien se résoudre en deux cases à peine. Mais les artistes ont préféré exploiter cette histoire jusqu'au bout, afin que l'on ressente bien à chaque nouvelle expérience, à chaque nouvelle page, le Temps qui poursuit sa marche et la Mort qui attend au bout du chemin, inflexible. Il est des choses que l'on ne peut tout simplement pas changer, même si on le voudrait de toutes ses forces.


Kara apprend de cette façon une dure leçon sur la Vie, sur ce qu'elle-même représente ou peut représenter à terme pour les habitants de la Terre, et sur ce qu'elle souhaite désormais incarner de son côté pour se démarquer de Superman et de sa titanesque aura. C'est bien triste, et même la Fille d'Acier ne peut que se résoudre à rester à sa place face à ce genre de concepts intraitables, mais elle souhaite ardemment représenter quelque chose de positif pour contrebalancer, et c'est ce vers quoi elle va tendre à présent, du moins je l'espère. Entourée des derniers mots de ses parents et de l'affection de son monde disparu, Kara Zor-El est moins seule qu'elle ne le pense...


Concernant les dessins malheureusement c'est très loin d'être aussi travaillé et glorieux que le scénario, bien au contraire même, c'est parfois franchement moche à regarder d'une case à l'autre suivant les perspectives adoptées et les postures des personnages. Je ne peux vraiment pas féliciter les artistes de ce troisième tome sur ce point, même si j'ai trouvé la partie confiée à Ron Randall de meilleure facture que celle abattue par Drew Johnson. J'espère de tout cœur que les prochains chapitres et prochains tomes seront bien mieux travaillés à ce niveau et confiés à de véritables experts de ce genre de personnages et de leurs aventures, histoire que ce soit enfin à la hauteur de nos attentes et de nos espérances.


Pour conclure, je me permettrai simplement de vous conseiller de relire le début du run de David Michelinie sur la série Amazing Spider-Man, ou bien encore la série animée Spider-Man de 1994, dans les deux cas vous y retrouverez une histoire relativement similaire qui a très certainement servi d'inspiration à Kelley Puckett pour son brillant travail avec Supergirl dans ce tome. Je croise les doigts pour que la suite de la série ne soit tout de même pas aussi intense et brutale, sinon je ne suis pas certain de tenir le choc jusqu'au bout !

 

mardi 3 mars 2026

X-Men - L'intégrale 1989 tome 1 (Panini Comics - Juillet 2024)


Les Maraudeurs n'ont qu'à bien se tenir ! Le groupe de terroristes et assassins mutants, à qui l'on doit notamment l'extermination des Morlocks dans les tunnels de Manhattan, a enfin été repéré en activité par les nouveaux ordinateurs des X-Men, désormais basés en Australie et disposant de tout un appareillage des plus sophistiqués pour surveiller et traquer leurs ennemis.


Mais intervenir contre les Maraudeurs, cela veut aussi et surtout dire révéler au monde entier que les héros ne sont pas morts en sauvant notre réalité comme ils l'avaient fait croire après l'affrontement face à l'Adversaire. Si certains sont prêts à courir le risque, d'autres commençaient justement à prendre goût à cette petite retraite dans le désert.


Mais qu'importe, c'est le devoir qui prime avant tout, encore et toujours, et les X-Men se lancent à l'assaut de leurs ennemis mortels pour leur faire payer tous leurs crimes ! Face à une équipe remontée à bloc et ne leur laissant aucun répit, les Maraudeurs ne font clairement plus le poids, assurés qu'ils étaient de leur supériorité sauvage jusque-là face à des cibles faciles. Il n'y a guère que Malice qui s'en sort positivement, les autres se faisant tous mettre K.O. ou passer au crible. Cela ne ramènera peut-être pas les nombreux Morlocks massacrés, mais les héros se défoulent quand même et l'action leur manquait sérieusement.


Cependant, dans l'ombre se trame une nouvelle et sinistre affaire... Madelyne Pryor, qui a toujours été un soutien indéfectible de l'équipe, opère en réalité pour son propre intérêt après avoir pactisé avec un démon des Limbes, N'astirh, qui lui a promis la vengeance et le pouvoir contre Scott Summers et ses alliés en échange d'un sacrifice qui permettrait de générer une passerelle permanente entre la dimension infernale et la Terre.


Au comble du désespoir et de la fureur, Madelyne a accepté ce prix, la vie de son propre enfant, comme condamnation définitive de sa relation avec Scott, celui-ci ayant préféré retourner dans le giron de Jean Grey dès sa résurrection. N'ayant jamais digéré cet affront, Madelyne a nourrit dès lors une rancœur farouche contre son mari et attendait patiemment son heure, quand les démons seraient prêts eux aussi à frapper, et que les X-Men seraient au plus mal moralement parlant. Les ayant même conduit à l'affrontement direct avec les élèves originaux de Xavier sous leur mouture de Facteur-X, en filtrant les informations transmises à ses équipiers via les ordinateurs trafiqués préalablement.


Et voilà que le glas sonne enfin. Tout Manhattan est transformée en véritable incarnation des Enfers, les Limbes se déversent dans la cité en proie au cauchemar le plus atroce, tandis que les deux équipes de héros s'affrontent l'une l'autre et se découvrent, pour certains, une soif de sang des plus féroces. Mais même dans ce plan démoniaque, Madelyne tire malgré tout son épingle du jeu en menant ses propres objectifs et en trompant la vigilance de N'astirh, dont les plans vont se retourner contre lui. Damnée désormais, Madelyne n'a plus rien à perdre mais confronte tout de même Jean sur le plan astral et mental qui les relient, afin de prouver sa supériorité sur celle qui lui a tout volé.


Et c'est là que la vérité éclate enfin. Madelyne n'était rien de plus qu'un clone de Jean, développée par Monsieur Sinistre dans le plus grand secret afin de simplement remplacer la X-Woman alors présumée morte auprès de Scott, ce pour obtenir de leur union charnelle leur descendance que Sinistre suppose posséder d'immenses et redoutables pouvoirs, dont il a grand besoin dans sa propre quête. Abattue de n'avoir été jusqu'au bout qu'une pâle copie, Madelyne s'efface tandis que les forces infernales viennent réclamer leur dû. En rage et amère, l'ancienne femme de Scott Summers jure la perte des X-Men dans leur totalité, mais la tâche reviendra à Sinistre désormais dont les plans ont été exposés et qui va devoir se préparer à une confrontation inévitable dans les ruines désertes de l'Institut Xavier, au cœur-même de l'intimité de chacun, où il a su puiser toutes ses informations pour ses nombreuses expériences...


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Nous y sommes enfin arrivés, finalement et après tout ce temps et tous ces détours, toutes ces intrigues secondaires et ces petits indices disséminés ci et là par Claremont... ça y est, Inferno est bien là et chamboule tout pour les mutants.


En excellent chef d'orchestre, Chris Claremont parvient sans peine à nous faire vibrer d'une série à l'autre, entre les X-Men et X-Factor, entre New York et le bush australien. La jungle urbaine devient véritablement cauchemardesque, et jusqu'à présent je n'avais eu que des petits aperçus de cette période si spéciale via d'autres séries comme chez Spider-Man par exemple. Tout découvrir en pleine face dans cette première intégrale de l'année 1989 fait donc un sacré choc, surtout avec la révélation de la vraie nature de ce conflit sans égal.


Je suis peut-être juste un peu déçu que les poids lourds comme Magnéto ne participent pas encore, mais apparemment ce sera pour la prochaine intégrale donc patience !


Pour sa première grosse confrontation face aux héros, Monsieur Sinistre se place comme un antagoniste sérieux à ne surtout pas prendre à la légère, d'autant plus quand on découvre en même temps que Cyclope à quel point il a su manipuler sa vie presque depuis toujours, dans l'ombre, trompant même les investigations mentales de Charles Xavier. Difficile de penser que Sinistre ait pu disparaître définitivement, et nous savons bien vous et moi que c'est très loin d'être le cas... mais découvrir comment il fera son grand retour, là sera le vrai plaisir !


Enfin, un petit mot triste pour Madelyne Pryor... elle aussi est revenue depuis le temps, mais cette petite saga familiale des mutants de chez Marvel nous plonge en plein dans sa tragédie, sa vie inutile et même superflue selon son propre créateur... les angoisses et la colère se mêlent au cœur de ce récit catastrophe dont personne ne sortira indemne, même si les deux derniers chapitres présents dans ce volume nous font croire le contraire. En effet, ces deux dernières aventures laissent plutôt la part belle à la détente et à la bouffonnerie même, deux histoires assez loufoques mettant en scène tour à tour les filles et les garçons de l'équipe principale, comme si l'on pouvait le temps d'une petite virée shopping ou soirée au bar du coin s'oublier un peu et surtout laisser de côté les récentes souffrances. On y croisera même une toute nouvelle recrue potentielle, une certaine Jubilé...


Marc Silvestri est en plein boum à l'époque, son style clair et précis détonne parmi la production de cette toute fin des années '80 et rien ne lui semble impossible, se perfectionnant mois après mois, gagnant plus d'assurance et d'expérience à toute vitesse à mesure qu'il abat les planches demandées à un rythme fou. Évidemment là encore nous connaissons la suite de l'Histoire, comment sa carrière prît un tour décisif à peine quelques années plus tard et la façon dont il a su se rendre indispensable à tout le public tout en s'absentant et en menant ses nouvelles affaires chez Image... Oui, tout ceci appartient bel et bien à l'Histoire des comics, et Marc Silvestri en est un vibrant et vivant hommage, tout en style et en finesse, en précision, en images impactantes même à cette époque déjà lointaine pour nous, et il commence alors tout juste à s'échauffer... Quel plaisir immense de redécouvrir tout cela grâce aux intégrales de Panini !


Dans le second et dernier volume consacré aux années '80, nous découvrirons normalement ce qu'il est advenu des équipes des Nouveaux Mutants et des X-Terminators, de bons compléments au tronc principal du scénario d'Inferno que nous avons pu savourer jusque-là. J'ai vraiment hâte, parce que cette seconde intégrale de 1989 est l'une des toutes premières à avoir rejoint ma collection, et il s'est déjà passé tellement de temps avant d'en arriver à ce stade, où je puisse vous la chroniquer et la découvrir moi-même à loisir... tout ce que j'espère désormais c'est ne pas être déçu du voyage !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

jeudi 19 février 2026

Hadès, ou l'enfer des noces tome 2 (Pika Édition - Janvier 2025)


Le temps poursuit sa course folle, tandis que les divinités de tout le monde antique tentent leur chance avec le souverain impitoyable et imperturbable des Enfers, le toujours aussi sinistre Hadès. Dont le cœur pourrait pourtant bien finir par chavirer, si l'on en croit certaines rumeurs et observations méticuleuses...


Pour que la partie soit complète, il fallait évidemment que la chasseresse vierge Artémis vienne se mêler aux prétendantes, avec l'aide pas si désintéressée de son jumeau Apollon ! Si Hadès n'en a cure, la belle déesse d'albâtre n'entend pas se retirer si facilement de la compétition, surtout depuis qu'une autre divinité l'a publiquement défiée de se marier et d'avoir une fructueuse descendance ! Mais hélas, c'est surtout dans la tête d'Apollon qu'il se passe bien des choses, et une fois ce léger malentendu dispersé la vie reprend son cours normal dans l'après-vie...


Jusqu'à ce que l'intrépide Hermès ne vienne lui aussi en rajouter une couche avec une idée toute nouvelle pour alimenter son florissant commerce de rencontres amoureuses : une boîte à profils, qui permettrait à quiconque l'utilise de sélectionner la bonne personne avec qui débuter une heureuse relation. Heureusement, rien qui n'intéresse Hadès une fois encore, mais Hermès trouvera tout de même le moyen de faire des affaires avec la horde de déesses désespérées de trouver un jour l'âme-sœur...


Mais enfin, quand la déesse de la magie Hécate et le fleuve Styx en personnes vous disent que quelque chose ne va vraiment pas dans toute cette histoire, il est plus que temps de faire amende honorable et de réfléchir une bonne fois pour toutes à ce concept de mariage infernal. Hadès en sera quitte pour quelques nouvelles migraines, rien d'inhabituel pour lui, mais il se surprendra aussi à penser de plus en plus souvent à la présence de Coré, la timide déesse du Printemps, qui passe ses journées ligotée mais également à faire pousser çà et là de très jolies fleurs qui réjouissent tout à chacun.


N'eurent été les manigances de Zeus et d'Héra pour le forcer à se marier, Hadès aurait somme toute assez de temps pour lui et se détendre... mais voilà que le dieu de la Guerre, Arès, décide de lui donner encore plus de travail en provoquant des conflits sanglants de par le vaste monde, dans le seul et unique but de se rapprocher de son pote de boulot ! Les morts affluent par milliers et les juges des Enfers sont débordés, de même que les tortionnaires qui redoublent pourtant d'efforts à la vue de leur seigneur et maître qui ne ménage pas les siens, au contraire.


Une fois encore, c'est la douce Coré qui incarnera la voix de la raison en ramenant Hadès à des préoccupations plus nobles et surtout en l'aidant à faire revenir le calme aux Enfers, après le passage d'Arès. Se pourrait-il en fin de compte que le roi sombre puisse éprouver quelque chose, lui qui délite toute forme d'énergie vitale de par son simple toucher ? La réponse se trouve sans doute quelque part dans l'esprit tortueux de Menthé, la nymphe autrefois si proche du seigneur Hadès quand celui-ci venait tout juste de prendre ses hautes fonctions. Cependant, à trop chercher on finit par ne plus voir ce qui se trouve juste sous ses yeux... et que pas mal d'autres personnes commencent à observer avec malice !


Qui l'emportera : l'aveuglement ou l'épiphanie ? Hadès est bien obstiné à ne jamais prendre épouse, malgré son propre serment sur les eaux du Styx qui l'engage plus que tout autre décret divin à tenir sa parole !


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Bon, comme je l'écrivais précédemment on se doute très fortement de la façon dont toute cette histoire va se terminer, mais c'est quand même toujours aussi plaisant d'explorer cette revisite des mythes de l'Antiquité façon manga de romance !


Le dessin est selon moi le vrai point fort de cette petite série qui ne va pas chercher bien loin, tout en soignant son graphisme et aussi ses références bien entendu. Avec un soupçon de modernité dans le langage et dans les comportements de certains, ce qui réactualise pas mal les légendes d'antan mine de rien, on parvient à un résultat assez surprenant qui nous réserve ci et là quelques trouvailles amusantes pour détendre l'atmosphère.


Entre les conceptions très datées du monde antique et de ses divinités pas toutes bien intentionnées, et la réinvention du mythe de Perséphone aux Enfers pour correspondre à un courant de pensée bien plus féministe qu'il n'y paraît, on a de quoi lire durant un bon moment car n'allez pas croire que les tomes de ce manga s'épuisent rapidement, au contraire même ! Ils ont beau n'être que trois, leur lecture vous tiendra en haleine assez longtemps pour que vous commenciez à sincèrement apprécier cette vision des choses, ou du moins à en rire tout aussi sincèrement.


Vous l'aurez peut-être noté comme moi, il manque encore UNE grande divinité associée à l'Amour, point central de cette histoire pourtant... Peut-être entrera-t-elle en scène avec fracas dans le troisième et dernier tome, elle qui se fait tant attendre et désirer ? Je l'espère de tout cœur, en tout cas je vous donne rendez-vous pour la fin du mois si tout va bien afin de découvrir ensemble le fin mot de tout ceci. Si vous ne connaissez vraiment rien à la mythologie grecque, n'allez pas vous spoiler avant le dernier chapitre surtout ! Mais si quelques recherches ne vous font pas peur, donnez-vous-en à cœur-joie !


A mon sens, c'est encore la plus belle réussite de ce genre d'œuvres de réinterprétation/relecture, à savoir donner envie à un nouveau public de découvrir la racine de l'histoire via des versions détournées ou en tout cas remaniées pour raviver l'intérêt des générations présentes et futures. Il va sans dire qu'une telle démarche doit selon moi être encouragée sinon saluée, et que je considère ce manga comme pouvant être mis entre toutes les mains ! Mais nous aurons certainement l'occasion d'en reparler lors du dernier article le concernant.


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !