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vendredi 7 septembre 2018

La V.O. du vendredi n°110 : Red Hood and the Outlaws tome 4 - League of Assassins (DC Comics - Juin 2014)


Alors que Jason se remet à peine des récents événements survenus durant Le deuil de la famille après les manigances du Joker, il décide de disparaître et s'éloigne de ses deux partenaires et amis, désirant se rendre dans les hautes montagnes de l'Himalaya afin de retrouver ceux qui l'ont formé durant des années pour devenir un combattant hors-pair, pour qu'ils lui ôtent tout souvenir de cette vie qu'il refuse désormais. Roy et Kori sont bien entendu opposés à l'idée de perdre la personnalité de leur ami et meneur, et se lancent donc à sa recherche malgré les avertissements de héros plus expérimentés. Mais lorsqu'ils retrouvent finalement Jason, il est déjà trop tard : Red Hood n'existe plus. Sa mémoire et tout ce qui concernait sa vie de meurtres et de violences a été extraite de sa personne, ne laissant qu'un amnésique perdu dans le vague. A peine le temps d'accepter cette terrible vérité que nos trois compagnons sont une fois de plus séparés par le flot des événements lorsque la Ligue des Assassins surgit pour enlever Jason et l'entraîner dans leur cité fortifiée, avec comme objectif d'en faire leur futur chef pour les mener au combat dans une guerre mortelle qui doit avoir lieu sous peu. Si certains doutent encore, Bronze Tiger se refuse à remettre en cause les paroles de sa maîtresse précédente, Talia al Ghul, et fait donc de Jason Todd leur nouveau leader. Si Jason accepte cet honneur, c'est avant tout car il n'a pas d'autre choix : en effet, il préfère encore devenir ce que d'autres prévoient pour lui plutôt que de prendre le risque de redevenir l'individu violent et meurtrier qu'il était auparavant. Seulement, les choses changent et la roue tourne toujours, et il est désormais certain que seul celui qui se faisait appeler encore récemment Red Hood puisse sauver la Ligue des Assassins de son anéantissement des mains d'une confrérie encore plus ancienne et terriblement puissante, menée par un mystérieux personnage semblant en connaître très long sur les forces en présence. Les Hors-la-Loi se réunissent malgré tout ce qui se dresse contre eux, une dernière fois, face au Mal à l'état brut et prêts à en découdre jusqu'au bout s'il le faut !
En guise de petit bonus vous aurez aussi le plaisir de vivre les premiers temps de Jason comme combattant des rues lors de L'An Zéro à Gotham tandis qu'il tente de sauver sa mère de la misère et qu'il fait face au retour du gang des Red Hood avec un nouveau meneur à sa tête, et qu'il fait la rencontre d'une femme qui sera amenée à changer sa vie à jamais...

Si l'histoire de ce quatrième tome est centrée sur Jason Todd, le point névralgique de toute l'affaire se trouve être Roy Harper, alias Arsenal, et son inépuisable sens de l'amitié qui l'empêche de douter en toutes circonstances des liens qui l'unissent avec Kori et Jason. C'est bien grâce à la force de volonté de Roy que les choses avancent dans le bon sens et que le groupe se trouvera réuni de nouveau alors que tout semble les séparer. Roy Harper est un héros atypique, souvent en retrait mais toujours présent quand il le faut, et cela fait du bien de le voir mis en avant de cette façon pour une fois. Malgré tout je dois avouer que je n'ai pas trop accroché à ce tome-ci, la faute principalement à une intrigue beaucoup trop longuette et surtout à un style graphique pas forcément toujours de bon goût (certains visages sont vraiment... hilarants, au mieux). La série vire un peu à la fan-fiction ou au soap-opera du pauvre alors qu'elle possédait jusque là un fort potentiel. Mais ne craignons rien il reste encore trois tomes avant le point final, les choses peuvent encore s'améliorer d'autant que l'auteur d'origine revient aux commandes après la fin de cet arc sur la Ligue des Assassins. Wait and see !

vendredi 4 mai 2018

La V.O. du vendredi n°101 : Witchblade - Borne Again tome 1 (Top Cow/Image - Juin 2014)


Cela fait maintenant deux ans que Sara Pezzini a abandonné sa charge de porteuse du Witchblade, ayant fait appel à Magdalena pour lui permettre de retirer l'artefact sacré et de le sceller à jamais loin d'éventuelles mauvaises mains. En deux ans, la vie de Sara a beaucoup changé, et en même temps est restée assez similaire à son passé : forte d'un nouvel élan, elle est désormais devenue la shérif d'une petite ville non loin de New York et y coule des jours tranquilles à défaut d'être vraiment heureux. Mais soudainement son petit monde vole en éclat quand un tueur fanatique et psychotique commence à s'en prendre aux habitants de la ville, de façon apparemment aléatoire et selon un rituel sanglant bien défini. Sara et son équipe enquêtent de leur mieux sur ces meurtres qui ne cessent de les plonger dans l'inconnu, sans aucune preuve matérielle pour relier quoi que ce soit, à part l'étrange sentiment de déjà-vu dont notre héroïne n'arrive pas à se défaire... se pourrait-il que la magie soit de retour dans sa vie ? Au moment où elle se retrouve seule, Sara est agressée et se fait tirer dessus par une arme étrange qui la laisse au bord de la mort. Sauvée de justesse sur la table d'opération et devant son salut tant bien aux efforts du chirurgien qu'à sa propre volonté de résister à la fatale attraction, elle doit désormais se reposer et son poste est confié par le maire de la ville à un de ses adjoints, qui récoltera les lauriers quand l'assassin refera surface pour tuer Sara dans son sommeil à l'hôpital. Grâce à l'intervention d'une policière dévouée, Sara est épargnée et parvient à reprendre le contrôle de l'arme du tueur avant qu'il ne s'en serve à nouveau, et il s'avère que cette arme n'est rien d'autre qu'une partie du Witchblade ! L'autre partie trône depuis quelques temps au poignet de la nouvelle incarnation de l'Angelus, qui désire se servir de ce pouvoir pour prendre possession du monde et instaurer un nouvel ordre. Sara confronte finalement l'Angelus pour s'emparer du reste du Witchblade une fois rétablie, et après un combat difficile mais victorieux notre héroïne retrouve la pleine maîtrise de ses pouvoirs et des capacités formidables du Witchblade, tandis que l'Angelus démasquée s'enfuit en jurant de se venger. Malgré tous ses efforts, Sara ne sera donc pas parvenue à tenir éloigné très longtemps le Witchblade de sa vie, et la voici de retour comme porteuse de l'artefact et garante de l'équilibre des forces à nouveau. Un rôle dont elle avait décidé de se passer, mais pour lequel elle semble être faite quoi qu'elle en pense...

Ron Marz est de retour à l'écriture de la série Witchblade pour son dernier grand arc, Borne Again, qui voit le retour de l'artefact au poignet de Sara Pezzini. Ce premier tome est également accompagné de tout un ensemble de courts articles d'informations sur les autres personnages principaux de l'histoire depuis la re-création de l'univers Top Cow par le Darkness durant l'ère du Rebirth. Des informations précieuses qui aident à comprendre l'évolution de notre héroïne sans perdre le fil de l'histoire et sans avoir besoin de lire toutes les séries relancées, comme la série principale Artifacts qui est ici résumée de façon à être comprise par tout public. C'est donc à la fois un retour aux meilleurs moments de Witchblade grâce à l'auteur moderne l'ayant le mieux écrite, mais aussi une nouvelle porte d'entrée pour des lecteurs novices qui peuvent ici trouver toutes les infos dont ils auront besoin pour suivre sans difficultés. Rendez-vous très prochainement pour la suite !
P. S. : Les connaisseurs auront bien sûr reconnu la couverture de ce premier tome, œuvre de Marc Silvestri lui-même, qui reprend l'ambiance de celle devenue célèbre qu'il avait signé pour les X-Men au tout début des années '90. Un gage de qualité s'il en est !

jeudi 25 septembre 2014

La Patience du Diable (Maxime Chattam - Albin Michel - Juin 2014)



Ca y est la voilà enfin, la suite tant attendue de La Conjuration Primitive dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois ! Maxime Chattam développe sa nouvelle saga thriller avec autant de rapidité que d'efficacité, reliant une fois encore nombre de ses anciens cycles dans cette nouvelle œuvre appelée à rester dans les mémoires.

Un an et demi après les événements du premier tome et la sombre découverte réalisée dans le nord du Québec, Ludivine Vancker et ses collègues de la SR (Section de Recherche) de la Gendarmerie Française estiment que le pire est derrière eux et qu'ils ont déjà affronté l'horreur véritable, en étant tous sortis blessés mais grandis. Ludivine, en mémoire d'Alexis, disparu lors de leur enquête, s'est rapprochée du grand criminologue Richard Mikelis afin qu'il lui livre tout son savoir en la matière et la forme pour qu'elle puisse prendre la relève, au cas où...
Et justement, alors que les esprits s'apaisent et que la tension retombe, le Mal frappe à nouveau. Deux adolescents montent à bord d'un TGV et se mettent à tirer sur tous les passagers, perpétrant un véritable massacre de guerre qui ne laissera personne indifférent, avant de se suicider tous les deux. Moins d'une semaine après cette catastrophe, la France est pratiquement à feu et à sang. De partout les actes désespérés surgissent, les instincts meurtriers se réveillent et n'importe qui semble pouvoir devenir du jour au lendemain une vraie bombe à retardement : un homme exécute froidement tous les clients d'un restaurant parisien avant de se tirer une balle dans la tête, un autre organise une attaque à l'acide sulfurique massive sur un centre commercial dans le Nord, des gens sont retrouvés chez eux littéralement morts de peur, de terreur même, le visage atrocement déformé, sans le moindre signe d'effraction nulle part, rien qui puisse indiquer une présence autre que la victime au moment du décès... le Diable marcherait-il parmi nous, désormais ? C'est que prétendent certains de ses ''adeptes'', interpellés par la Gendarmerie et n'ayant que ce mot-là à la bouche : le Diable... le Diable les a conseillé, il leur a donné les moyens de se révéler et d'accomplir leur destin, son service, pour préparer son règne à venir, très bientôt. Pour Ludivine, ça ne fait aucun doute : quelqu'un dans l'ombre s'emploie à réunir des psychopathes dans tous les coins de la France, des gens qui ne demandent qu'une petite poussée dans le dos pour se lancer, et fait d'eux des monstres sans pitié. Quelqu'un organise les tueurs en série, les meurtriers de masse, quelqu'un tente de les fédérer ou du moins de synchroniser leurs actions, de les former pour qu'ils frappent la société là où elle aura vraiment mal. Cette nouvelle enquête risque bien d'être encore plus angoissante et dangereuse que la précédente, car cette fois le Mal est préparé à la résistance qu'on lui opposera et il a appris de ses erreurs précédentes. Cette fois, le Mal est partout, et le fait savoir, dans un monde en crise au bord de l'explosion, où les citoyens de plus en plus stressés et mis sous pression risquent de craquer d'un moment à l'autre et de devenir, eux-aussi, des pions meurtriers au service d'un sombre dessein. Cette fois, le Diable pourrait bien remporter la victoire... à moins qu'il ne soit déjà trop tard.

Un second tome énormément attendu et que certains ont jugé décevant justement par rapport à ces attentes, pour ma part je l'ai lu d'une seule traite sans pouvoir le lâcher une seule seconde, en une nuit blanche des plus passionnantes. Le seule autre livre dans ma vie récente pour lequel j'ai vécu la même chose à la lecture est un autre roman de Maxime Chattam, Prédateurs (second tome sur les trois de son Cycle de l'Homme, que je vous conseille vivement). Je m'estime donc pleinement satisfait car ce livre a parfaitement rempli sa mission, me divertir, me distraire, me faire réfléchir et me tenir en haleine comme jamais. Il est vrai que l'enquête comporte quelques facilités, malgré les recherches très immersives de l'auteur pour coller au mieux aux méthodes de la réalité, mais ça reste une œuvre de fiction il ne faut pas non plus exiger qu'elle soit naturaliste !
Les personnages sont forts, intéressants, donnent envie de les suivre dans leur enquête et dans leurs péripéties, de se plonger dans l'histoire à leurs côtés et de ressentir leurs angoisses et leurs doutes. Un nouveau méchant, très charismatique et envoûtant à plus d'un titre (rassurez-vous je ne dirai rien de plus à son sujet pour vous garder la surprise, sachez simplement comme le précise Chattam lui-même dans le livre que ce personnage a un lien avec un autre, au sein de La Trilogie du Mal...) qui poussera les gendarmes et la belle Ludivine dans leurs tous derniers retranchements, sachant taper exactement là où ça fait vraiment mal. Jamais autant que dans ce tome vous ne ressentirez le stress et l'angoisse grimpante que Chattam instille en vous à mesure que vous dévorez les chapitres, aucun ne vous laissera en paix et ne vous permettra de lâcher prise. Des suites sont déjà annoncées, l'histoire ne s'arrête pas là et des liens restent encore à venir avec les anciens cycles de l'auteur, tous reliés ici pour le meilleur mais surtout le pire...

Vous l'aurez compris, je suis on ne peut plus enthousiaste et j'attends ces prochains tomes avec impatience, car je ne suis pas le Diable et je ne tiendrais sûrement pas jusque là tout seul. Ne jugez pas ce second volume trop sévèrement et gardez à l'esprit qu'il est le point d'articulation d'un nouveau cycle, d'une nouvelle saga, et qu'il trouvera sa finalité dans ses suites.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 5 septembre 2014

Batman, le Chevalier Noir tome 3 - Folie furieuse (Urban Comics - Juin 2014)


Batman, le Chevalier Noir est une série à part des autres concernant le protecteur de Gotham. Seule échappant au jour de Scott Snyder, elle fait son petit chemin dans son coin sans se préoccuper du reste, à part les grands événements. La qualité varie suivant les chapitres et les scénaristes, passant de Paul Jenkins pour le premier tome à Gregg Hurwitz depuis le second, qui fut un vrai chef-d'oeuvre au passage. Ce troisième tome, dessiné par Ethan Van Sciver, est un peu moins bon que le précédent mais tout aussi intéressant dans sa démarche, consistant à approfondir le passé d'un vilain de l'univers Batman et à le faire découvrir au public sous un nouveau jour.

Alors que la ville de Gotham est effrayée par une nouvelle vague d'enlèvements, peu après les derniers agissements de l'Epouvantail, Batman tente d'identifier son nouvel adversaire mais également côté Bruce Wayne de maintenir à flot sa relation avec la pianiste Ukrainienne Natalya Trusevich, qui commence à soupçonner la double-vie de son mystérieux amant. Et tandis que la ville s'affole, Jervis Tech, dit le Chapelier Fou, prépare une nouvelle monstruosité en faisant enlever toujours plus de personnes innocentes afin de lui construire un décor de rêve pour sa psychose. L'occasion de l'accompagner dans ses délires vers les confins de ses souvenirs, son enfance et son amour transit pour LA fille, la belle Alice, et le moment fatidique où tout son univers construit autour d'elle s'effondra en le laissant sans le moindre espoir. Une enfance malheureuse, dont il est malgré tout le seul responsable, et qui fera de lui le monstre que l'on connaît aujourd'hui et qui s'apprête à perpétrer un nouveau massacre, à moins que Batman n'arrive à temps pour l'en empêcher cette fois. Un Batman qui devra lui aussi voyager dans la plus sombre noirceur de son être, de sa personnalité, et explorer un chemin angoissant qui le poussera à franchir la ligne, à peut-être devoir commettre l'impardonnable pour stopper la folie de son ennemi... et, peut-être, devenir comme lui.

Ce tome m'a moins plu et transporté que le précédent sur l'Epouvantail, qui lui était véritablement magistral de bout en bout. Ici le personnage principal est celui du Chapelier Fou, et le lecteur découvrira les secrets de son enfance ainsi que de ses traumatismes, lui faisant éprouver tantôt de la compassion tantôt du dégoût pour cette infortunée créature. Grosso-modo la même recette que pour l'Epouvantail du coup, et autant la première fois c'était un coup de génie, autant la seconde fois ça sent un peu le réchauffé de la part de Gregg Hurwitz, c'est un peu dommage je trouve. La formule est bonne, elle fonctionne, mais risque de devenir lassante si chaque arc de la série s'articule de cette façon. Enfin, il n'en reste plus beaucoup à paraître chez nous puisque la série a été arrêtée en V.O. au bout de 5 tomes à peu près.
Le dessin d'Ethan Van Sciver, accompagné pendant un ou deux chapitres par Szymon Kudranski, est toujours aussi bon que précédemment, aucun soucis à relever sur ce point. On regrette simplement que certaines planches, travaillées pour plonger le lecteur au sein du delirium du Chapelier et de Batman, perdent en clarté par moments.
En résumé un tome sympathique, efficace, qui nous permet de mieux connaître le Chapelier Fou, mais qui s'égare quelques peu dans un schéma de narration en boucle depuis le tome d'avant, et qui à trop vouloir se détacher du reste de l'univers Batman perd l'essence de son personnage à diverses reprises. Je vous en laisse seul juge, pour ma part j'ai trouvé que certaines répliques ou certains actes du Chevalier Noir ne lui correspondaient pas du tout, délire ou pas. On sent une réelle maîtrise pour ce qui touche aux ennemis, à leur genèse et à leurs motivations profondes, mais en revanche une maladresse plutôt gênante concernant Batman lui-même. J'espère que cela sera corrigé dans les derniers arcs de la série, à venir chez Urban d'ici l'an prochain j'imagine. En tout cas Batman, le Chevalier Noir reste l'une de mes séries Gotham préférées du moment depuis ses débuts.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !