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vendredi 24 juillet 2020

La V.O. du vendredi n°154 : Spider-Man / Red Sonja (Marvel / Dynamite - Mars 2008)


Il y a quelques années de cela, Spider-Man s’est retrouvé en fâcheuse posture au sein du Metropolitan Museum, où un démoniaque sorcier venu du fond des âges avait pris possession d’un pauvre gardien de nuit et planifiait d’invoquer de sombres déités. Avec l’aide d’une rousse guerrière à l’épée acérée issue elle aussi de la même lointaine époque, notre héros a réussi à bannir le sorcier et à sauver la situation, et personne ne s’est rappelé quoi que ce soit hormis lui-même.

Mais aujourd’hui, les choses vont changer ! Kulan Gath est de retour, une fois encore, et il a nettement mieux planifié son invasion de notre époque moderne cette fois, c’est le moins que l’on puisse dire. Ayant à nouveau pris possession du corps d’un innocent, le sorcier se met aussitôt à transformer l’ensemble de la réalité l’entourant à l’image de sa propre époque, pour mieux pouvoir en prendre le contrôle. Tous les gens et les bâtiments absorbés par sa magie deviennent de parfaits citoyens de l’âge Hyborien. Tous, sauf notre Tisseur préféré qui conserve sa personnalité et ses souvenirs intacts comme la première fois.

Mais ce coup-ci, Kulan Gath a tout prévu : il pervertit le sortilège qui permettait à Red Sonja de s’incarner dans le corps de Mary-Jane Watson pour le combattre, et il l’appelle pour qu’elle vienne terrasser le démon au corps d’homme-araignée qui se met encore et toujours en travers de sa route ! Et pour bien faire, le noir sorcier fait également appel à un pouvoir encore plus sombre en la personne trouble de Venom, qu’il lance aux trousses des deux combattants occupés à s’entretuer !

Fort heureusement la bravoure de Spidey va réveiller quelque chose dans les souvenirs et l’âme de Red Sonja, qui comprendra juste à temps qu’il n’est pas son ennemi ! Trop tard cependant pour le sauver, car Spider-Man est capturé inconscient par des soldats réunissant les badauds dans les camps de la mort de Kulan Gath afin d’alimenter son pouvoir et de lui permettre d’étendre son influence au reste du monde. Convaincue de la justesse de leur cause commune, Sonja se prépare à la bataille à venir, en réunissant sa propre troupe de rebelles prêts à mourir pour défendre la liberté. Mais de l’autre côté, le sorcier en fait autant en prenant le contrôle de certains des pires ennemis de Spider-Man pour rejoindre son armée, à commencer par le Lézard, le Scorpion, Vermine et le Super-Bouffon !

Et tandis que la bataille fait rage dans le camp assiégé, et que nos deux héros luttent contre un mal bien trop puissant, l’ennemi prend enfin possession de ce qu’il convoite le plus : le symbiote Venom ! Exit Kulan Gath, place à Kulan Venom désormais, un tout nouveau seigneur de l’obscurité, presque un dieu vivant ! Prêt à tout pour refondre le monde tout entier dans son propre univers, le sorcier en transe s’avance pour exécuter ses deux adversaires vaincus… quand soudain, la révolte éclate et les prisonniers s’échappent de partout pour affronter les démons et autres créatures des ténèbres et de l’oppression !

Grâce à cet élan populaire, Spider-Man parvient à reprendre le dessus et à les libérer lui et sa partenaire de choc afin de lui permettre de porter le coup fatal, une fois Kulan Gath débarrassé du symbiote par un allié inattendu. C’est terminé, le noir sorcier retourne à l’âge Hyborien dans une agonie éternelle, tandis que Sonja libère peu à peu la conscience de Mary-Jane qui retrouve Peter sans conserver le moindre souvenir de cette histoire épique. Une fois de plus, le Bien l’a emporté sur le Mal, mais personne ne le saura, hormis les véritables héros.

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C’est un récit que je voulais vraiment VRAIMENT lire un jour et j’ai enfin eu cette chance grâce à la V.O. disponible sur certains sites spécialisés. J’ai donc pu me procurer ce magnifique album en état parfaitement neuf encore sous blister et l’ouvrir tout spécialement pour cette chronique ! C’est aussi mon tout premier album de la collection ‘’Marvel Premier Edition’’ assez luxueuse je dois bien l’avouer, avec jaquette par-dessus une couverture cartonnée noire du plus bel effet, c’est bien simple l’équivalent chez nous serait à chercher du côté des anciens omnibus Panini/Marvel, c’est dire à quel point c’est soigné.

Ce beau livre contient donc deux histoires distinctes mais complémentaires : tout d’abord la toute première rencontre entre Spider-Man et Red Sonja, signée de la main de Chris Claremont en personne et dessinée d’une main experte par non moins que John Byrne, il fallait vraiment la réunion de ces deux légendes afin de nous offrir un récit aussi fort en aussi peu de pages pour l’époque ! Ensuite, les cinq chapitres de la mini-saga de 2007 écrite cette fois par Michael Avon Oeming et dessinée par Mel Rubi, deux grands talents qui connaissent les personnages sur le bout des doigts !

Le vrai point fort pour moi, outre la collaboration de deux de mes héros favoris des comics, ce sont les couvertures tout simplement somptueuses dessinées pour l’occasion tout spécialement par Michael Turner, alors physiquement sur le déclin mais toujours bourré de talent et de savoir-faire. C’est bien simple, ce sont cinq illustrations (et quelques variantes bonus) qui dégagent une telle puissance et une telle beauté que je suis resté à les contempler un bon moment avant de reprendre la lecture. Et quand on voit les nombreux crayonnés présents dans le skechtbook de l’artiste daté de cette époque pour la préparation de cette œuvre, on se rend compte qu’il a vraiment beaucoup travaillé son sujet. Il n’en fallait pas davantage pour me convaincre !

La lecture est plutôt facile, il n’y a pas vraiment besoin de connaître sur le bout des doigts les histoires passées de Red Sonja, tout vous est mâché et expliqué au fur et à mesure et ce dès les premières scènes. Fiez-vous simplement aux impressions du Tisseur et suivez le guide pour une aventure magique et épique que vous ne regretterez pas d’avoir vécue !

mercredi 8 juillet 2020

Grimm Fairy Tales - Art Book tome 2 (Zenescope - Novembre 2014)


Si vous vous souvenez des premiers temps de la V.O. du vendredi sur ce blog, il y a de cela quelques années maintenant, vous n’avez pas pu oublier les titres que je vous présentais chez l’éditeur indépendant Zenescope Entertainment. Eh bien ce sera, un jour prochain, le moment de revenir dans cet univers de contes revisités à la sauce sexy et fantaisie moderne car il y a eu de très intéressants changements depuis la dernière fois, mais pour le moment en guise de mise en bouche voici le second Art Book de la première série Grimm Fairy Tales, qui reprend certaines illustrations et couvertures allant des chapitres 51 à 100. C’est parti !

Tout d’abord, les artistes dont les œuvres sont présentées ici dans ce second recueil sont tous assez similaires en fin de compte, on retrouve globalement le même style si cher à Zenescope : des filles sexy et badass, des références à de célèbres contes et d’autres à des histoires moins connues du grand public Disney. Tout semblait réuni et prêt pour nous faire passer un bon moment. Et pourtant…

Pourtant, en effet. C’est globalement un petit ratage, déjà parce que l’album lui-même est assez fin par rapport à ce à quoi je m’attendais d’après le prix (39,99$), mais aussi et surtout parce que le niveau général est plutôt… moyen. A l’image de l’illustration choisie pour servir de couverture à ce recueil, que je trouve vraiment pas très harmonieuse pour tout vous dire. Quelque chose dans le visage et la disposition des yeux surtout me dérange, je ne suis pas habitué au style de Paolo Pantalena mais j’ai vu des couvertures qu’il a dessiné et qui auraient été de bien meilleur effet, comme celle du chapitre 89 avec Raiponce en vedette. Choix peu judicieux donc que cette Cendrillon bien trop liftée.

Attention, il n’y a pas que du moyen ou du passable, on trouve même de très belles couvertures et illustrations signées par non moins que Stjepan Sejic, Artgerm, Ale Garza, J. Scott Campbell ou encore Talent Caldwell entre autres. Mais ça ne suffit malheureusement pas à rattraper le niveau général qui est décidément trop inégal et tiré vers le bas. On sent bien que ce n’étaient pas les meilleures années de l’éditeur, qui a fait bien mieux depuis comme vous le verrez plus tard. Et ce ne sont clairement pas les petites citations stylisées de chaque chapitre qui viendront égayer le tout malgré les meilleures dispositions du monde.

Je ne vous encourage pas spécialement à vous procurer cet Art Book si vous en avez l’occasion, et j’ignore totalement s’il est meilleur que le premier volet, introuvable à un prix correct de nos jours, mais dans le doute cherchez sur Internet les travaux des artistes que je vous ai cité afin de vous faire une idée plus précise de ce qu’ils peuvent offrir à un univers comme celui de Zenescope, ou plutôt tel qu’il était il y a quelques années de cela. Tapez simplement Grimm Fairy Tales des chapitres 51 à 100 et un nom d’artiste et vous verrez bien si ça vous plaît au point de rechercher les omnibus de la série, au nombre de deux.

Bref, pour moi cet album est une petite déception, atténuée par la présence bienvenue de dessinateurs qui aujourd’hui ont largement su faire leur trou dans le milieu des comics indépendants ou major. Mais comme j’aime bien souffrir et que Zenescope m’a tout de même offert de belles lectures par le passé et à l’avenir, je pense que je vais essayer de me procurer l’un des vrais gros artbooks de l’éditeur concernant les meilleurs travaux des artistes chouchoutés, du moins à ce que l’on en vante, rien que pour voir si leur réputation n’est pas usurpée ou enjolivée. En attendant, préférez donc les comptes et sites/blogs des dessinateurs eux-mêmes pour y trouver votre bonheur, ça sera moins cher et plus profitable je pense et vous permettra de faire votre propre sélection de leurs meilleures œuvres.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 26 juin 2020

La V.O. du vendredi n°153 : Supergirl - Being super (DC Comics - Juin 2018)


Kara Danvers fait tout son possible pour paraître une adolescente de 16 ans relativement normale. Et on pourrait la croire sans problème, n’eussent été sa force prodigieuse et sa capacité à flotter dans les airs et à sauter par-dessus les granges de sa petite bourgade, Midvale. Dans le plus grand secret, bien entendu !

Ses étranges pouvoirs mis à part, Kara fait donc tout pour être normale. Ses parents adoptifs sont de bons fermiers qui l’ont élevé avec des valeurs sûres et dans un environnement aimant. Au Lycée, elle a deux amies proches, l’exubérante Dolly et la sportive Jennifer. Mais depuis quelques temps maintenant, le corps de Kara la trahit dans des moments délicats où elle aurait bien besoin de toutes ses capacités. Tout d’abord un énorme bouton d’acné, et maintenant ses forces qui l’abandonnent d’un seul coup.

Lorsqu’un terrible tremblement de terre ravage Midvale lors d’une compétition sportive, Kara se précipite au secours de ses amies et tente d’utiliser ses pouvoirs pour sauver Jen… mais échoue à nouveau à cause de cette impression de faiblesse qui la saisit. Le deuil sera très dur pour tout le monde, d’autant que Kara était persuadée de pouvoir sauver son amie et qu’elle s’accuse de l’avoir privé d’un grand avenir.

Puis, alors que la vie reprend petit à petit son cours, l’adolescente se met à entendre une voix qui l’appelle au secours, en provenance d’un terrain abandonné… désireuse de se racheter Kara se lance à la poursuite de cette voix et découvre avec horreur qu’un jeune homme est retenu prisonnier dans une sorte de complexe scientifique secret par nulle autre que sa prof de sport, en réalité chercheuse pour LexCorp ! Après avoir aidé le captif à s’échapper, Kara apprend de lui sa véritable nature : elle est une extraterrestre, provenant de la lointaine planète Krypton, et ses pouvoirs lui viennent du soleil jaune de la Terre. Incroyable !

Tan-On, son homologue, lui révèle cette troublante vérité en ajoutant qu’il est lui aussi originaire de Krypton et qu’il est venu sur Terre voilà bien des années en tant qu’ambassadeur de sa culture auprès des peuples humains moins évolués. Capturé par l’armée et confié à LexCorp, il a passé tout son temps enfermé dans une cage et soumis à une batterie de tests que l’on pourrait qualifier de torture. Mais à présent qu’il est libre, il entend bien rectifier son erreur et prendre l’avantage sur les humains !

Kara n’a qu’un seul choix devant elle : soit elle rejoint la folle envie de vengeance de Tan-On, le seul autre membre de son espèce qu’elle connaît, soit elle s’interpose entre lui et la Terre où elle a été élevée et où elle a été recueillie après l’accident de son vaisseau. En fonction de sa décision, Kara sera traitée comme une alliée ou comme une traîtresse à son peuple, et elle doit prendre position très rapidement car Tan-On entend bien mettre ses projets à exécution avec ou sans elle. Se pourrait-il que la clé de toute cette histoire se situe loin dans le passé, au cœur des plus anciens souvenirs d’enfance de Kara auprès de ses véritables parents ? Si la jeune fille accepte sa double nature et son héritage, rien ne pourra l’arrêter !

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Mariko Tamaki, scénariste primée de renom, nous offre une relecture moderne des origines de Supergirl, la cousine de ce cher Kal-El qui ici n’interviendra à aucun moment dans le développement de l’intrigue, laissant Kara se construire seule avec ses doutes et ses peurs mais aussi ses plus grandes forces et son entourage. C’est plutôt bien vu et ce sera disponible d’ici quelques semaines chez Urban dans la collection dédiée aux récits pour adolescentes, avec des super-héroïnes réadaptées à notre monde actuel et avec des problèmes très personnels qui permettent de s’identifier à elles et de franchir certains caps difficiles de l’adolescence. Une riche idée !

Le dessin est signé quant à lui par Joëlle Jones, celle qui nous a offert une très belle prestation sur les titres Batman et Catwoman sous l’ère DC Rebirth, et qui fait ici des merveilles avec cette fille un rien timide aux grandes capacités et aux grands pouvoirs, qui impliquent forcément de grandes responsabilités. On ne va pas vous refaire l’histoire vous la connaissez déjà très bien, mais même de fins connaisseurs de la vie de Kara Zor-El risquent d’être surpris en bien par cette nouvelle version indépendante de toute continuité, mise en images avec simplicité et force de caractère.

Une très bonne histoire donc, que nous allons pouvoir découvrir en version française sous peu et qui je l’espère donnera le goût des comics à de nombreuses lectrices comme à de nombreux lecteurs ! C’est touchant et très fort, très humain, et on ne peut que se sentir proche de Kara à travers les épreuves et les problèmes qu’elle connaît à cet âge où on en a tant et tant. Un graphic novel très sympathique qu’il fait bon ajouter à sa collection et aux autres récits sur ce personnage si attachant !

vendredi 15 mai 2020

La V.O. du vendredi n°152 : Venom - Tooth and claw (Marvel - Septembre 2018)


Nous débutons ce volume par une histoire mettant en scène notre symbiote préféré, Venom, associé à Wolverine dans la traque d’un dangereux mutant capable de changer d’apparence ! Le mutant en question ayant grandement énervé nos deux affreux, il a peu de chances de s’en tirer, encore faut-il que Venom comme Wolverine soient capables de modérer leur mauvais caractère pour faire équipe suffisamment longtemps et survivre à une chasse à travers le tissu extra-dimensionnel.

Juste après, Eddie Brock et son autre auront affaire à toute une unité d’élite du SWAT qui le traque jusque dans les égouts pour le mettre en état d’arrestation. Venom n’étant à ce moment pas au mieux de sa forme, il finit par être capturé et trainé en justice pour le meurtre supposé d’un policier durant ses premiers temps, ainsi que tout un tas d’autres charges. N’ayant pas les moyens de s’offrir un avocat, Eddie risque la peine capitale… mais Matt Murdock, alias Daredevil, compte bien s’interposer ! Le procès est intense, avec l’intervention pour la partie civile de Carnage lui-même comme témoin. Le psychotique a bien vite fait d’inventer une histoire sordide à propos de son ancien colocataire de cellule, mais Murdock flaire aussitôt le mensonge et le prouve dans la foulée. Carnage s’énerve alors suffisamment pour que le bêtabloquant dans son organisme ne puisse plus faire effet et son symbiote s’invite lui aussi à la partie ! Venom intervient à son tour, et c’est une massive et musclée interruption du procès qui a lieu, avec l’arrivée du SWAT à nouveau et deux super-héros en plus, puisque Spider-Man est lui-même venu témoigner en faveur de la défense ! Sitôt le combat achevé et Carnage replacé en détention d’où il n’aurait jamais dû sortir, la Cour se voit notifier par le Gouvernement la suspension définitive des poursuites contre Venom, s’il accepte de redevenir Eddie Brock devant tout le monde et s’il accepte surtout de suivre un mystérieux agent de l’État qui semble avoir une belle proposition à lui faire…

C’est désormais chose faite et actée : Venom devient un agent secret au service des États-Unis ! Ses premières missions sont, évidemment, des bains de sang monstrueux et cela donne matière à réfléchir au commandement, qui décide de lui implanter une bombe dans la poitrine pour le tenir en respect. La prochaine mission est en effet des plus délicates… il faut qu’Eddie Brock aille livrer personnellement une rançon faramineuse à un savant-fou de l’ex-Union Soviétique qui menace de répandre une toxine mortelle dans l’atmosphère. Eddie parvient à s’introduire dans la base ennemie sans grande difficulté mais sa couverture doit sauter très rapidement car le Dr. Yes confirme les pires craintes des généraux. Le seul moyen de le vaincre est d’envoyer une tête nucléaire droit sur sa base ! Venom a donc le droit de se lâcher comme jamais et de se frayer un chemin vers la liberté juste avant l’explosion, mais il vient de se créer un redoutable ennemi qui ne manquera pas le prochain rendez-vous…

Dans un petit interlude nous suivons un Eddie Brock d’un autre temps, un jeune journaliste idéaliste qui désire plus que tout montrer la Vérité à ses lecteurs, dans un monde où celle-ci n’a que peu de valeur. Lorsqu’il tombe sur une entité extraterrestre semant la désolation sur son passage, Eddie n’attend pas un seul instant et fonce au-devant du scoop, mais ce sera une douche bien froide qui le réveillera. L’humanité n’aime pas ce qui la dérange, ce qui la choque, encore moins sur sa propre planète. Le scoop d’Eddie est enterré, ainsi que son sens moral.

Nous retrouvons ensuite notre cher Venom pour une nouvelle mission des plus délicates, confiée par les huiles du Gouvernement. Il doit rester incognito et protéger de son mieux un dictateur Sud-Américain venu à New York pour dévoiler au monde entier sa profession de foi et sa vertu. En effet, l’homme clame avoir changé et être conscient des crimes qu’il a pu commettre, et surtout qu’il a la volonté de changer tout cela. Bien vite cependant son passé le rattrape et une bande de terroristes s’en prend à la foule rassemblée dans l’église où se déroule son discours. Venom doit intervenir pour le sauver avant que ça ne tourne mal… mais quand le Ghost Rider en personne s’en mêle, il va forcément y avoir de la casse ! On découvre alors que les apparences sont très souvent trompeuses et qu’il faut bien faire attention à la personne en qui on place sa confiance…

Puis, une nouvelle mission est fixée à celui que l’on peut appeler l’agent top-secret Venom : faire en sorte que Jonah Jameson ne sorte pas un article très défavorable dans son journal, le Daily Bugle. Mais il est possible que Venom ait mal interprété le jargon du monde de l’espionnage, car sa solution est radicale : il va tuer Jameson ! Heureusement, Spider-Man se trouvait au bon endroit et au bon moment… mais pas en grande forme. Peter se remet tout juste d’une maladie, affaibli, et il doit non seulement sauver la peau de Jameson mais aussi combattre Venom de toutes les forces qu’il lui reste s’il veut empêcher un assassinat pur et simple. Devenant lui-même la cible de Venom, Spidey pourrait bien ne jamais s’en sortir… jusqu’à l’intervention de Mary-Jane qui détourne l’attention de Venom juste le temps qu’il fallait pour que son mari reprenne des forces et ne se lance à fond dans la bataille ! Pendant ce temps l’agent Smith, le superviseur de Venom, prend Jameson en main et le met en sécurité. Venom sort de l’affrontement avec difficulté, ayant bien failli y rester pour de bon face à un Spider-Man déchaîné. Apparemment, le Gouvernement aurait tout intérêt à revoir le contrat passé avec Eddie...

Enfin, dans les trois derniers chapitres de cette compilation, nous assistons à l’affrontement final entre Venom et Spider-Man ! Alors que Venom allait être exécuté par ses anciens commanditaires, après le fiasco de l’affaire Jameson, il parvient à s’échapper et remonte à la surface, juste à temps pour tomber sur une parade dont il prend la tête pour dévoiler au monde entier les secrets du Gouvernement en direct-live. Spider-Man arrive quant à lui juste après l’armée et les forces spéciales, mais personne ne semble en mesure d’arrêter Venom, ivre de rage comme jamais. Spidey se jette alors dans la bataille, mano a mano, un face à face terrifiant avec l’un de ses pires ennemis, qui ne pourra se solder que par la disparition totale de l’un d’eux. Peter sait que c’est peut-être un aller simple, mais il n’a pas le choix et il met toutes ses forces en jeu… pour réussir enfin à mettre Venom K.O. pour le compte. Grâce à lui, le symbiote est totalement détruit et Eddie Brock emmené en détention pour être jugé, cette fois, jusqu’au bout. Ainsi en a-t-on fini avec le terrible Venom…

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Ou pas. En effet, même si le petit mot à la fin de l’album nous laisse penser que c’était bien le chapitre final de l’épopée de Venom chez Marvel, il y a toujours une petite note d’espoir pour les fans du personnage. Le symbiote a déjà été déclaré mort par le passé et est pourtant toujours revenu vers Eddie. Tant que celui-ci est en vie, quelque part, il existe un risque que Venom ressurgisse. Et si ce n’est pas forcément aux commandes de sa propre série comme auparavant, ce sera en tant qu’ennemi redoutable pour le Tisseur !

Cette dernière compilation des aventures de Venom dans les années ’90 (1997 pour être précis) nous entraîne donc dans différentes directions. Au début je dois l’avouer j’ai encore eu beaucoup de mal avec le style bien trop caricatural de Joe St. Pierre, que je trouve très laid et inharmonieux. Mais ensuite, les dessinateurs font des progrès pour rendre le scrip de Larry Hama plus agréable à l’œil, ce qui n’est pas peu dire. Ma partie préférée commence avec l’affaire Jameson, mais évidemment le plus beau morceau revient sans aucun doute à l’affrontement final avec Spider-Man dans les rues de New York scandalisées et effrayées. C’est vraiment l’un des meilleurs styles de dessin que l’on peut trouver à cette période chez Marvel comme chez les indépendants, ça frise le niveau de l’époque de Michael Turner. Grand merci à Mark Pajarillo pour ces efforts qui rehaussent considérablement le niveau.

J’ai vraiment apprécié cette dernière partie, et même si évidemment on connaît tous la suite des événements (évidemment que Venom n’allait pas disparaître comme ça voyons…) c’est un bon point final à ses aventures en solo. La période choisie est aussi très importante : en 1997, la plupart des super-héros sont portés disparus, pour ne pas dire considérés comme morts, après le désastre mondial de Onslaught. Les mutants ne sont pas vraiment portés dans le cœur des gens normaux à ce moment-là, donc il reste peu de vrais héros encore en fonction. C’est justement le bon moment pour un vilain comme Venom pour passer du bon côté de la loi, ou du moins essayer avec un peu de casse au passage. Heureusement, on finit par voir clair dans cette histoire et le vrai héros apparaît pour mettre fin à cette mascarade.

Mascarade qui, pourtant, était purement visionnaire déjà à l’époque. Rendez-vous compte, en 1997 nous avons déjà eu un Agent Venom, bien avant que Flash Thompson ne récupère le symbiote et ne serve les États-Unis à son tour comme élément paramilitaire. Au final, rien de ce que nous avons pu lire ces dernières années n’aurait été rendu possible sans cette petite aventure de quelques chapitres l’espace d’une seule et même année fatidique. Comme quoi, les auteurs même de nos jours trouvent toujours de l’inspiration dans le passé !

Rassurez-vous, nous retrouverons donc Venom très bientôt pour son entrée en fanfare dans les années 2000, mais avant cela petite récréation chez DC ! A la prochaine !