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vendredi 15 mai 2020

La V.O. du vendredi n°152 : Venom - Tooth and claw (Marvel - Septembre 2018)


Nous débutons ce volume par une histoire mettant en scène notre symbiote préféré, Venom, associé à Wolverine dans la traque d’un dangereux mutant capable de changer d’apparence ! Le mutant en question ayant grandement énervé nos deux affreux, il a peu de chances de s’en tirer, encore faut-il que Venom comme Wolverine soient capables de modérer leur mauvais caractère pour faire équipe suffisamment longtemps et survivre à une chasse à travers le tissu extra-dimensionnel.

Juste après, Eddie Brock et son autre auront affaire à toute une unité d’élite du SWAT qui le traque jusque dans les égouts pour le mettre en état d’arrestation. Venom n’étant à ce moment pas au mieux de sa forme, il finit par être capturé et trainé en justice pour le meurtre supposé d’un policier durant ses premiers temps, ainsi que tout un tas d’autres charges. N’ayant pas les moyens de s’offrir un avocat, Eddie risque la peine capitale… mais Matt Murdock, alias Daredevil, compte bien s’interposer ! Le procès est intense, avec l’intervention pour la partie civile de Carnage lui-même comme témoin. Le psychotique a bien vite fait d’inventer une histoire sordide à propos de son ancien colocataire de cellule, mais Murdock flaire aussitôt le mensonge et le prouve dans la foulée. Carnage s’énerve alors suffisamment pour que le bêtabloquant dans son organisme ne puisse plus faire effet et son symbiote s’invite lui aussi à la partie ! Venom intervient à son tour, et c’est une massive et musclée interruption du procès qui a lieu, avec l’arrivée du SWAT à nouveau et deux super-héros en plus, puisque Spider-Man est lui-même venu témoigner en faveur de la défense ! Sitôt le combat achevé et Carnage replacé en détention d’où il n’aurait jamais dû sortir, la Cour se voit notifier par le Gouvernement la suspension définitive des poursuites contre Venom, s’il accepte de redevenir Eddie Brock devant tout le monde et s’il accepte surtout de suivre un mystérieux agent de l’État qui semble avoir une belle proposition à lui faire…

C’est désormais chose faite et actée : Venom devient un agent secret au service des États-Unis ! Ses premières missions sont, évidemment, des bains de sang monstrueux et cela donne matière à réfléchir au commandement, qui décide de lui implanter une bombe dans la poitrine pour le tenir en respect. La prochaine mission est en effet des plus délicates… il faut qu’Eddie Brock aille livrer personnellement une rançon faramineuse à un savant-fou de l’ex-Union Soviétique qui menace de répandre une toxine mortelle dans l’atmosphère. Eddie parvient à s’introduire dans la base ennemie sans grande difficulté mais sa couverture doit sauter très rapidement car le Dr. Yes confirme les pires craintes des généraux. Le seul moyen de le vaincre est d’envoyer une tête nucléaire droit sur sa base ! Venom a donc le droit de se lâcher comme jamais et de se frayer un chemin vers la liberté juste avant l’explosion, mais il vient de se créer un redoutable ennemi qui ne manquera pas le prochain rendez-vous…

Dans un petit interlude nous suivons un Eddie Brock d’un autre temps, un jeune journaliste idéaliste qui désire plus que tout montrer la Vérité à ses lecteurs, dans un monde où celle-ci n’a que peu de valeur. Lorsqu’il tombe sur une entité extraterrestre semant la désolation sur son passage, Eddie n’attend pas un seul instant et fonce au-devant du scoop, mais ce sera une douche bien froide qui le réveillera. L’humanité n’aime pas ce qui la dérange, ce qui la choque, encore moins sur sa propre planète. Le scoop d’Eddie est enterré, ainsi que son sens moral.

Nous retrouvons ensuite notre cher Venom pour une nouvelle mission des plus délicates, confiée par les huiles du Gouvernement. Il doit rester incognito et protéger de son mieux un dictateur Sud-Américain venu à New York pour dévoiler au monde entier sa profession de foi et sa vertu. En effet, l’homme clame avoir changé et être conscient des crimes qu’il a pu commettre, et surtout qu’il a la volonté de changer tout cela. Bien vite cependant son passé le rattrape et une bande de terroristes s’en prend à la foule rassemblée dans l’église où se déroule son discours. Venom doit intervenir pour le sauver avant que ça ne tourne mal… mais quand le Ghost Rider en personne s’en mêle, il va forcément y avoir de la casse ! On découvre alors que les apparences sont très souvent trompeuses et qu’il faut bien faire attention à la personne en qui on place sa confiance…

Puis, une nouvelle mission est fixée à celui que l’on peut appeler l’agent top-secret Venom : faire en sorte que Jonah Jameson ne sorte pas un article très défavorable dans son journal, le Daily Bugle. Mais il est possible que Venom ait mal interprété le jargon du monde de l’espionnage, car sa solution est radicale : il va tuer Jameson ! Heureusement, Spider-Man se trouvait au bon endroit et au bon moment… mais pas en grande forme. Peter se remet tout juste d’une maladie, affaibli, et il doit non seulement sauver la peau de Jameson mais aussi combattre Venom de toutes les forces qu’il lui reste s’il veut empêcher un assassinat pur et simple. Devenant lui-même la cible de Venom, Spidey pourrait bien ne jamais s’en sortir… jusqu’à l’intervention de Mary-Jane qui détourne l’attention de Venom juste le temps qu’il fallait pour que son mari reprenne des forces et ne se lance à fond dans la bataille ! Pendant ce temps l’agent Smith, le superviseur de Venom, prend Jameson en main et le met en sécurité. Venom sort de l’affrontement avec difficulté, ayant bien failli y rester pour de bon face à un Spider-Man déchaîné. Apparemment, le Gouvernement aurait tout intérêt à revoir le contrat passé avec Eddie...

Enfin, dans les trois derniers chapitres de cette compilation, nous assistons à l’affrontement final entre Venom et Spider-Man ! Alors que Venom allait être exécuté par ses anciens commanditaires, après le fiasco de l’affaire Jameson, il parvient à s’échapper et remonte à la surface, juste à temps pour tomber sur une parade dont il prend la tête pour dévoiler au monde entier les secrets du Gouvernement en direct-live. Spider-Man arrive quant à lui juste après l’armée et les forces spéciales, mais personne ne semble en mesure d’arrêter Venom, ivre de rage comme jamais. Spidey se jette alors dans la bataille, mano a mano, un face à face terrifiant avec l’un de ses pires ennemis, qui ne pourra se solder que par la disparition totale de l’un d’eux. Peter sait que c’est peut-être un aller simple, mais il n’a pas le choix et il met toutes ses forces en jeu… pour réussir enfin à mettre Venom K.O. pour le compte. Grâce à lui, le symbiote est totalement détruit et Eddie Brock emmené en détention pour être jugé, cette fois, jusqu’au bout. Ainsi en a-t-on fini avec le terrible Venom…

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Ou pas. En effet, même si le petit mot à la fin de l’album nous laisse penser que c’était bien le chapitre final de l’épopée de Venom chez Marvel, il y a toujours une petite note d’espoir pour les fans du personnage. Le symbiote a déjà été déclaré mort par le passé et est pourtant toujours revenu vers Eddie. Tant que celui-ci est en vie, quelque part, il existe un risque que Venom ressurgisse. Et si ce n’est pas forcément aux commandes de sa propre série comme auparavant, ce sera en tant qu’ennemi redoutable pour le Tisseur !

Cette dernière compilation des aventures de Venom dans les années ’90 (1997 pour être précis) nous entraîne donc dans différentes directions. Au début je dois l’avouer j’ai encore eu beaucoup de mal avec le style bien trop caricatural de Joe St. Pierre, que je trouve très laid et inharmonieux. Mais ensuite, les dessinateurs font des progrès pour rendre le scrip de Larry Hama plus agréable à l’œil, ce qui n’est pas peu dire. Ma partie préférée commence avec l’affaire Jameson, mais évidemment le plus beau morceau revient sans aucun doute à l’affrontement final avec Spider-Man dans les rues de New York scandalisées et effrayées. C’est vraiment l’un des meilleurs styles de dessin que l’on peut trouver à cette période chez Marvel comme chez les indépendants, ça frise le niveau de l’époque de Michael Turner. Grand merci à Mark Pajarillo pour ces efforts qui rehaussent considérablement le niveau.

J’ai vraiment apprécié cette dernière partie, et même si évidemment on connaît tous la suite des événements (évidemment que Venom n’allait pas disparaître comme ça voyons…) c’est un bon point final à ses aventures en solo. La période choisie est aussi très importante : en 1997, la plupart des super-héros sont portés disparus, pour ne pas dire considérés comme morts, après le désastre mondial de Onslaught. Les mutants ne sont pas vraiment portés dans le cœur des gens normaux à ce moment-là, donc il reste peu de vrais héros encore en fonction. C’est justement le bon moment pour un vilain comme Venom pour passer du bon côté de la loi, ou du moins essayer avec un peu de casse au passage. Heureusement, on finit par voir clair dans cette histoire et le vrai héros apparaît pour mettre fin à cette mascarade.

Mascarade qui, pourtant, était purement visionnaire déjà à l’époque. Rendez-vous compte, en 1997 nous avons déjà eu un Agent Venom, bien avant que Flash Thompson ne récupère le symbiote et ne serve les États-Unis à son tour comme élément paramilitaire. Au final, rien de ce que nous avons pu lire ces dernières années n’aurait été rendu possible sans cette petite aventure de quelques chapitres l’espace d’une seule et même année fatidique. Comme quoi, les auteurs même de nos jours trouvent toujours de l’inspiration dans le passé !

Rassurez-vous, nous retrouverons donc Venom très bientôt pour son entrée en fanfare dans les années 2000, mais avant cela petite récréation chez DC ! A la prochaine !

lundi 11 mai 2020

Spider-Man/Venom - Venom Inc. (Panini Comics - Septembre 2019)


Les temps sont durs pour les super-héros de New York ! Spider-Man a peut-être retrouvé une vie plus ou moins normale après toute la folie de Parker Industries, mais c’est loin d’être de tout repos. Surtout avec l’arrivée d’un nouveau Venom encore plus dangereux que tous les autres réunis…

En effet, Lee Price, l’un des derniers détenteurs en date du symbiote noir, est de retour et il compte bien mettre la main sur l’ensemble de l’empire criminel de la ville, voir du pays ! Pour cela, il a prévu de se doter à nouveau d’un symbiote, pour devenir Maniac, capable désormais de contaminer à volonté tous ceux qui se présentent face à lui et en faire une armée de symbiotes/hôtes à sa botte. Le but est de recruter suffisamment de vilains et d’hommes de main pour noyer littéralement le milieu du crime organisé avec sa propre influence, et d’en devenir le seul et unique patron.

Pour cela il devra d’abord court-circuiter la Chatte Noire, qui n’entend pas se laisser piquer son territoire et voir ruiner ses efforts de ces dernières années pour se bâtir une réputation solide de caïd de la pègre ! Avec l’aide du véritable Venom, alias Eddie Brock, et de Flash Thompson devenu le nouvel Anti-Venom suite à un accident de laboratoire, la voleuse va renouer pour un temps avec l’héroïsme quand Spider-Man les mène au combat frontal face à Maniac ! Une alliance parfois désespérée peut se révéler être un précieux atout dans une bataille où tout semblait réglé d’avance, comme Price risque fort de s’en rendre compte trop tard.

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Bon… c’est une histoire ‘’obligée’’ si on veut bien comprendre l’évolution du personnage de Venom ces derniers temps et sous l’ère Marvel Legacy, mais c’était pas franchement foufou pour tout vous dire. Les seuls points positifs sont que la Chatte Noire revient plus ou moins dans le bon camp après un bon moment d’errance, et que Venom et Anti-Venom sont de retour dans leurs meilleures personnalités. C’est assez bien dans l’ensemble, mais on ne s’attache pas vraiment à certains personnages-clés comme Lee Price qui apparaît simplement et délicieusement être un connard de base à qui il faut fermer le clapet. Pas de grosse ambition donc, d’où une légère déception de ma part après lecture.

Il ne fallait pas non plus s’attendre à un nouveau Venomverse (histoire qui vous sera chroniquée dans les articles de la V.O. du vendredi J), et j’ai aussi un peu l’impression que les éditeurs ont tendance ces derniers temps à beaucoup utiliser la ficelle de la surmultiplication d’exemplaires d’un même personnage ou de variantes. Comme le voyage dans le Temps à une époque, ça en devient trop prévisible et trop facile. Heureusement, c’est un simple one-shot en un tome donc pas un gros investissement ni un trop mauvais moment à passer. Préférez quand même les séries Venom en solo si vous pouvez !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 8 mai 2020

La V.O. du vendredi n°151 : Venom - Along came a spider... (Marvel - Septembre 2018)


Eddie Brock a décidé de rester à New York pour garder un œil protecteur sur son ex-femme, Ann, mais celle-ci est surveillée étroitement par la police qui veut à tout prix mettre la main sur Venom avant qu’il ne fasse à nouveau parler de lui. Une situation qui finit immanquablement par dégénérer quand le symbiote s’en mêle et provoque l’intervention du nouveau Spider-Man ! Prise entre deux feux, Ann se retrouve soudain en plein milieu d’une intervention musclée de la brigade anti-drogue ce qui oblige nos deux combattants à faire une pause pour la sauver de justesse d’une terrible explosion. Le symbiote aura cependant eu le temps de goûter à un nouvel hôte puisque Ann est devenue l’espace d’un moment She-Venom, une version féminine mais toujours aussi sanguinaire et violente de son ex-mari. A l’issue de cette aventure, Ann refuse catégoriquement de revoir Eddie, qui décide de se recentrer sur son combat sans fin contre le crime pour décharger toute sa frustration et sa colère.

Dans une seconde histoire assez touchante, nous suivons le destin de quatre symbiotes rescapés des événements de La planète des symbiotes dans l’album précédent. Ces créatures sont détenues sur Terre, dans une prison souterraine dernier-cri et subissent des expériences inhumaines de la part de leurs geôliers. Scott Washington, l’un des gardes de ce laboratoire-prison, décide de les laisser s’échapper après avoir été témoin de trop d’horreurs similaires. Pour cela, il est viré aussitôt et doit reprendre sa vie à zéro en retournant chez sa mère et son petit-frère et en tâchant de les aider et de les protéger de son mieux des gangs qui infestent leur quartier difficile. Mais un soir, la protection du grand frère sera insuffisante et Scott ainsi que son petit frère Derek seront victimes d’une agression armée. Derek n’y survivra pas, tandis que Scott en restera paralysé. C’est le moment que choisissent les symbiotes pour fusionner avec lui et devenir une toute nouvelle entité, Hybrid, résolue à se venger des membres de ce gang et à pacifier de force le quartier. Mais comme il le découvrira bien vite, la violence n’entraîne en général que plus de violence encore, et le meilleur moyen pour changer les mentalités reste de montrer l’exemple et de faire acte de foi. Hybrid, désormais justicier membre des New Warriors, va devoir prouver à tous que le drame et la violence ne sont pas les seules alternatives.

Nous retrouvons ensuite Venom pour un petit conte de Noël. Eddie et son symbiote sont témoins d’une agression dans les rues à quelques jours de la grande fête, et leur sang ne fait qu’un tour. Mais alors qu’ils s’apprêtent à tuer les voyous, une bonne voix se fait entendre pour défendre leur vie et les envoyer simplement en prison. Venom se laisse finalement attendrir et livre les voyous à la justice… mais uniquement parce que c’est Noël !

Dans l’histoire suivante, Venom est officiellement déclaré ennemi public numéro un après que la police ait retrouvé plusieurs cadavres déchiquetés avec la cervelle en moins. Une signature qu’ils attribuent aussitôt au symbiote, et toutes les forces spéciales se déchaînent à sa poursuite. Bien sûr, Eddie est innocent et même totalement inconscient de ce qui se trame, mais les ordres sont de tirer à vue et personne ne lui fera de cadeau ! En réalité, Venom est lui-même la proie d’un mangeur de symbiote venu du fin fond de la galaxie pour le dévorer ainsi que tous les autres symbiotes qu’il pourra trouver. Et sur notre pauvre planète bleue, il y en a déjà pas mal ! Mais grâce à l’aide involontaire de la police et de jeunes skaters des rues, Eddie va réussir à retourner la faim de son prédateur contre lui et lui tendre un piège mortel. Désormais libre à nouveau, Venom s’échappe mais reste une cible prioritaire pour les forces de l’ordre…

Dans un nouvel interlude, nous retrouvons Scott Washington qui s’efforce de faire régner la justice dans son quartier grâce aux symbiotes ayant fusionné avec lui pour devenir Hybrid. Malheureusement ses agissements ne sont pas passés inaperçus et le Jury se rend sur place pour le capturer et le faire comparaître dans un procès où le verdict ne fait aucun doute… parce qu’il est lié à quatre symbiotes plus profondément qu’aucun autre être humain, Scott risque de mourir pour eux s’ils sont séparés ! Heureusement, les New Warriors menés par Justice arrivent à temps pour empêcher cela et libèrent leur ami. Tout va bien et désormais chacun a appris une grande leçon sur la nature du Mal et sur ce qu’il est parfois nécessaire d’oublier pour faire le Bien. Hybrid reste en vie, et il a du pain sur la planche !

Enfin, dans la dernière aventure proposée dans cet album déjà bien dense, Eddie et son symbiote se séparent ! Suite à une crise de folie meurtrière le symbiote décide d’abandonner son hôte préféré et de se mettre à chasser en solo, faisant beaucoup de victimes sur son passage. Pendant ce temps c’est un Eddie Brock complètement perdu et en manque qui est interné de force dans un sanatorium où un psychiatre dément va pratiquer sur lui d’horribles expériences pour tester le lien qui l’unit encore au symbiote, quelque part là dehors. Mais à toute chose malheur est bon : Eddie découvre que son symbiote souffre ‘’simplement’’ d’un manque hormonal car, refusant de dévorer son hôte comme le reste de son espèce le fait habituellement, il ne se nourrit pas comme il le devrait. Après s’être évadé et avoir retrouvé son autre après un combat très musclé dans les égouts, Eddie fait la paix avec sa moitié et redevient enfin Venom… et il a encore beaucoup de justice à rendre sur son chemin !

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Voilà qui termine cet album, pas plus massif que les précédents de cette collection mais qui contient vraiment beaucoup de développement pour les personnages principaux. Qu’il s’agisse d’Eddie ou de Scott Washington (meilleur personnage secondaire ever) tout est vraiment très détaillé et l’accent est mis un maximum sur l’historique et le vécu de chacun pour que le lecteur n’en perde aucune miette.

Concernant le dessin c’est malheureusement très inégal : le premier récit notamment est franchement moche il faut bien le dire, c’est le syndrome classique de surcompensation que l’on a pu connaître durant les années ’90 et qui nous offrait des designs déformés par les muscles ou au contraire la finesse de tel ou tel personnage, même de simples humains. Il en fallait toujours plus, toujours plus gros, énormes et secs dirions-nous aujourd’hui. Heureusement, cette période est passée assez rapidement. Quoi que…

Le reste de l’album est de bonne qualité cependant et on ne regrette pas cette lecture et cette plongée de plus en plus profonde dans les angoisses et la psychologie brisée et vacillante d’Eddie Brock. On découvre ainsi, si on ne le savait pas encore, que son attachement à son symbiote est vraiment bien plus fort qu’on ne le pensait, il s’agit véritablement d’une relation entre deux êtres, l’un ayant besoin de l’autre et vice versa. C’est assez beau, même si ça reste très sanglant et dérangé.

Bref, un album pas vraiment équilibré dans tous les sens du terme, avec un dessin qui laisse à désirer pour la première histoire mais les artistes suivants s’améliorent nettement ce qui donne le courage de poursuivre la lecture jusqu’au bout. Bientôt nous ferons notre entrée dans les années 2000, mais avant cela il reste encore une dernière petite compilation à se mettre sous la dent. Vous en reprendrez bien un peu n’est-ce pas ? A la prochaine !

vendredi 10 avril 2020

La V.O. du vendredi n°148 : Venom - Carnage unleashed (Marvel - Novembre 2017)


Eddie Brock mène désormais une vie plutôt tranquille, il se tient éloigné sous les radars dans la ville de Chicago et malmène quelques truands à l'occasion. Mais quand il découvre qu'un nouveau jeu-vidéo ultra-violent s'apprête à sortir sur le marché, avec en vedette nul autre que Carnage, son sang ne fait qu'un tour et Venom revient sur le devant de la scène ! En route pour New York afin d'empêcher Carnage de devenir une star, Eddie fait la connaissance de Kirstin, une jeune musicienne paumée qui part retrouver son grand amour à New York par la même correspondance que lui. Si Eddie se rend vite compte que quelque chose chez le petit-ami idéal ne va pas, il n'en souffle mot et part dans sa propre croisade contre son plus nocif ennemi. Et il était temps car Carnage se sert à présent du jeu-vidéo pour s'évader de l'institut Ravencroft et atteindre plusieurs bêta-testeurs pour les massacrer gratuitement sans aucune autre raison que le plaisir brut que cela lui procure ! Venom et Carnage vont alors s'affronter en face à face mais également en ligne dans une partie très serrée et qui fera des dommages collatéraux, dont malheureusement le petit-ami de Kirstin qui n'avait au final rien à se reprocher.

Et tandis que Carnage vaincu et inconscient est ramené en prison, Eddie part retrouver son ex-femme chez elle pour chercher refuge le temps de guérir ses blessures, mais il découvrira qu'elle a été victime d'un tueur en série faisant lui aussi son grand retour, le Sin-Eater ! Ayant survécu de justesse, Ann récupère dans un hôpital à la sécurité renforcée mais cela n'empêchera ni le Sin-Eater ni Venom de la retrouver, l'un pour finir le travail et l'autre pour la sauver, quitte à affronter des policiers pour cela. Commence alors un véritable jeu du chat et de la souris à travers les quartiers financiers de New York, alors que le Sin-Eater sème la mort sur son passage et promet un avenir sombre à ceux qui refusent de se repentir. Eddie parvient tout de même à soigner et mettre en sécurité son ex-femme avant de se mettre en chasse. Le temps presse, un attentat de grande ampleur est redouté par les autorités et comme si cela ne suffisait pas la mère pro-armes à feu de Kirstin débarque pour venger sa fille et tuer Venom qu'importe le prix !

Toutes ces péripéties mettent Eddie à rude épreuve, et il est grand temps pour lui de faire le point avec son autre moitié. L'hôte et le symbiote se séparent, entraînant une grande détresse chez ce dernier, une détresse telle que les autres membres de son espèce, par delà les étoiles, l'entendent et y répondent... Très vite, la situation devient dangereuse à tous les niveaux : les symbiotes sont des êtres violents et vampiriques, et ils ont choisi la Terre comme prochaine planète à envahir ! Le seul moyen de les arrêter : se rendre sur leur planète d'origine pour y détruire le portail, une mission dont vont se charger Spider-Man et son clone Scarlet Spider, avec Eddie Brock comme guide. Mais alors que l'on pensait la situation déjà intenable, voilà qu'à New York le tristement célèbre Carnage refait soudain surface, découvrant au passage que plus il tue et absorbe de symbiotes et plus il devient puissant ! Une ivresse qui va rapidement le conduire à engendrer le chaos et la peur partout sur son passage. Seuls nos trois héros du jour seraient en mesure de l'arrêter, si seulement ils pouvaient stopper l'invasion en même temps... Eddie va devoir réagir très rapidement et prendre une lourde décision qui marquera le reste de sa vie comme jamais.

Pour finir, et en guise de bonus, nous découvrons le fonctionnement interne du recrutement au sein de l'équipe de choc baptisée le Jury, des mercenaires endurcis dont la principale mission est d'aller récupérer des criminels au-delà de toute rédemption et de les faire comparaître dans une cour de justice absolue où la seule échappatoire est bien souvent la mort. Aujourd'hui, c'est au tour de La Tarentula, un ancien ennemi de Spider-Man, de comparaître devant ses victimes et accusateurs. L'occasion pour le Juge de rendre une justice exemplaire et expéditive ainsi que de former les nouvelles recrues, parfois hésitantes face à tant de violence. Pour l'ancienne gardienne de prison à la Voûte, Jennifer Stewart, c'est surtout l'occasion de se venger enfin du responsable de la mort atroce de son mari lors de la tentative d'évasion massive au sein de la Voûte quelques temps auparavant. Nul doute qu'après cela, elle ne rechignera plus devant les prochaines missions qui lui seront confiées...

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J'aime beaucoup cette collection de recueils de récits Marvel autour d'une thématique ou d'un personnage ou tandem à chaque fois. Je vous avais précédemment parlé de celui concernant la relation entre Venom et Scarlet Spider, le clone de Peter... et cette fois, c'est de Carnage dont il est surtout question. Le symbiote psychotique ancré dans le sang de Kletus Cassady est en effet au centre des premier et troisième récits dans ce recueil, et toutes les histoires contenues sont en lien les unes avec les autres de par le fait.

Plusieurs scénaristes et plusieurs dessinateurs sont à l’œuvre, trop pour tous les citer dans les libellés, aussi je tâcherai de les inclure dans cet article. Nous avons droit à une collection de récits dignes du Punisher par moment, notamment celui avec le tueur en série Sin-Eater qui ferait presque penser à une version plus brutale encore du justicier à la tête de mort. Mais on connaît également le tempérament de Venom, qui n'hésite pas à user de la violence la plus crue lorsque des innocents sont en danger selon lui. Quoi de plus dangereux, dès lors, que de se retrouver pris entre le marteau et l'enclume, entre Venom et Carnage... une situation angoissante qui pourrait faire paniquer de nombreux héros moins endurcis que notre cher Spider-Man !

Au travers de ces quelques histoires compilées ici, nous découvrons une facette plutôt touchante du personnage de Venom, ou plutôt d'Eddie Brock lui-même plus que de son symbiote, mais si celui-ci a également droit à son propre approfondissement. Qui de mieux pour raconter tout cela et superviser le développement de l'intrigue que David Michelinie, l'un des scénaristes à la base de la création du personnage et de ses premières aventures ? Le style est un peu vieillot en ce qui concerne les dialogues, avec beaucoup d'argots ou de raccourcis de langage, mais on comprend l'essentiel sans problème. Les dessins quant à eux sont très énergiques, dynamiques, on a de l'action à revendre un peu partout, on sent vraiment l'ère des gros muscles et des gros calibres qui font parler la poudre pour rendre la justice. On se demanderait presque ce que peuvent bien venir faire Spider-Man et son clone là-dedans au final... mais ce sont bien eux, avec Mary-Jane en sus, qui apportent une dose de rationalité dans toute cette sanglante pagaille.

Que retenir au fond ? Pour moi c'est du tout bon et même si ça n'a pas été facile à lire à chaque nouveau chapitre, c'était une très bonne expérience que je reproduirai dès que possible avec d'autres albums sur le personnage tourmenté qu'est Venom. A l'occasion de la sortie de son film chez Sony il y a deux ans, j'avais en effet fait le plein de récits et de recueils de ce type que Marvel avait généreusement réédité pour le plus grand plaisir des fans ou même de celles et ceux qui voudraient, au-delà d'un simple éclairage, découvrir le personnage sous toutes ses facettes. A bientôt donc !

Au scénario : Larry Hama, Dan Slott, Marv Wolfman et David Michelinie.

Aux dessins : Andrew Wildman, Greg Luzniak, John Calimee, Ted Haisted, Gabriel Gecko, Dave Hoover, Joe St. Pierre, Kyle Hotz, Darick Robertson et Steve Lightie.

Merci à tous ces artistes pour ce gros morceau !

mercredi 8 avril 2020

Marvel Portfolio - Joe Quesada (Marvel - Février 2020)


Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui nous allons couper court à la domination de DC dans le domaine (qu'ils ont créé) des Poster Portfolios ! En effet, je vous présente cette fois-ci le premier-né de la gamme de chez Marvel, le Marvel Portfolio - Joe Quesada !

Pour un premier choix d'artiste en guise d'ouverture de gamme, c'est vraiment pas mal du tout. Prendre le dessinateur et éditeur en chef de la Maison des Idées durant toutes les années 2000 quasiment, ce n'est pas simple il a produit beaucoup de matériel donc la sélection d'images à présenter dans ce portfolio a du être rude.

Pour commencer, parlons des différences principales avec les portfolios de DC. Déjà, ce qui choque au premier regard : celui de Marvel est plus petit, et plus fin. Il ne contient en effet que 12 illustrations, au lieu de 20 chez la Distinguée Concurrence ; le papier choisi est également moins épais et la taille du print est plus petite aussi. Quant au prix, c'est là que ça fâche pas mal... pratiquement le double de ce que propose DC...

Mais mais mais, il y a tout de même des bons points qui font de cette nouvelle collection un gage de qualité. Déjà, il n'y a que 12 images certes mais elles sont traitées comme de vraies petites peintures, de façon pro, individuellement découpées et installée dans une petite pochette de protection à l'intérieur du portfolio. L'album en lui-même s'ouvre comme une pochette d'artiste, un vrai portfolio en somme pour le coup, et est cartonné en dur. Il s'agit vraiment d'un recueil de quelques illustrations présentant le style de l'artiste et son évolution suivant les différentes séries sur lesquelles il a pu travailler.

Daredevil - Sous l'aile du Diable

Vous y trouverez du Wolverine, du Daredevil, du Spider-Man, Captain Marvel, Docteur Strange, Iron Man ou encore Venom. Le style de Quesada est assez reconnaissable, même si personnellement je l'ai toujours trouvé dans la bonne moyenne de ce qui se faisait alors à l'époque de son mandat chez Marvel. Pas exceptionnel, mais assez racé pour être identifiable avec le bon œil.

Wolverine Origins

Les personnages sont correctement proportionnés (sauf ceux pour qui c'est justement la disproportion qui fait le cachet, comme Venom), musclés et athlétiques, et ce qu'il s'agisse des femmes comme des hommes. Quesada se pose ainsi en digne héritier des grands des années '90 et prolonge leur œuvre et leur style si particulier avec sa patte personnelle. Si les hommes chez Joe Quesada sont massifs, les femmes ont des formes plus fines mais elles peuvent aussi avoir une musculature très soulignée. Pas d'exagération plus que de raison.

Venom ayant des proportions inhumaines

Pour conclure, cette nouvelle collection Marvel Portfolio fait une entrée plutôt honorable sur le marché, s'inspirant bien sûr de ce qui a déjà été posé chez la concurrence mais s'en détachant suffisamment pour conserver une marque toute personnelle. La couverture est assez stylisée comme vous avez pu le voir en tête de cet article, et le tout fait donc vraiment penser à une pochette de dessins qu'un artiste traînerait avec lui d'éditeur en éditeur pour montrer ses capacités et son travail. Une situation qui sied plutôt bien à la représentation que l'on s'en fait habituellement.

Le prix reste le plus gros défaut au final : 50$, pas moins, soit 46€ environ. Contre 25€ pour DC, Dynamite ou même bientôt Zenescope. Pour un album plus petit et plus mince, ça fait un peu mal c'est sûr. Mais la qualité matérielle est au rendez-vous. A réserver pour les collectionneurs avertis car ce ne sera clairement pas à la portée de toutes les bourses !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !