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mercredi 8 avril 2020

Marvel Portfolio - Joe Quesada (Marvel - Février 2020)


Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui nous allons couper court à la domination de DC dans le domaine (qu'ils ont créé) des Poster Portfolios ! En effet, je vous présente cette fois-ci le premier-né de la gamme de chez Marvel, le Marvel Portfolio - Joe Quesada !

Pour un premier choix d'artiste en guise d'ouverture de gamme, c'est vraiment pas mal du tout. Prendre le dessinateur et éditeur en chef de la Maison des Idées durant toutes les années 2000 quasiment, ce n'est pas simple il a produit beaucoup de matériel donc la sélection d'images à présenter dans ce portfolio a du être rude.

Pour commencer, parlons des différences principales avec les portfolios de DC. Déjà, ce qui choque au premier regard : celui de Marvel est plus petit, et plus fin. Il ne contient en effet que 12 illustrations, au lieu de 20 chez la Distinguée Concurrence ; le papier choisi est également moins épais et la taille du print est plus petite aussi. Quant au prix, c'est là que ça fâche pas mal... pratiquement le double de ce que propose DC...

Mais mais mais, il y a tout de même des bons points qui font de cette nouvelle collection un gage de qualité. Déjà, il n'y a que 12 images certes mais elles sont traitées comme de vraies petites peintures, de façon pro, individuellement découpées et installée dans une petite pochette de protection à l'intérieur du portfolio. L'album en lui-même s'ouvre comme une pochette d'artiste, un vrai portfolio en somme pour le coup, et est cartonné en dur. Il s'agit vraiment d'un recueil de quelques illustrations présentant le style de l'artiste et son évolution suivant les différentes séries sur lesquelles il a pu travailler.

Daredevil - Sous l'aile du Diable

Vous y trouverez du Wolverine, du Daredevil, du Spider-Man, Captain Marvel, Docteur Strange, Iron Man ou encore Venom. Le style de Quesada est assez reconnaissable, même si personnellement je l'ai toujours trouvé dans la bonne moyenne de ce qui se faisait alors à l'époque de son mandat chez Marvel. Pas exceptionnel, mais assez racé pour être identifiable avec le bon œil.

Wolverine Origins

Les personnages sont correctement proportionnés (sauf ceux pour qui c'est justement la disproportion qui fait le cachet, comme Venom), musclés et athlétiques, et ce qu'il s'agisse des femmes comme des hommes. Quesada se pose ainsi en digne héritier des grands des années '90 et prolonge leur œuvre et leur style si particulier avec sa patte personnelle. Si les hommes chez Joe Quesada sont massifs, les femmes ont des formes plus fines mais elles peuvent aussi avoir une musculature très soulignée. Pas d'exagération plus que de raison.

Venom ayant des proportions inhumaines

Pour conclure, cette nouvelle collection Marvel Portfolio fait une entrée plutôt honorable sur le marché, s'inspirant bien sûr de ce qui a déjà été posé chez la concurrence mais s'en détachant suffisamment pour conserver une marque toute personnelle. La couverture est assez stylisée comme vous avez pu le voir en tête de cet article, et le tout fait donc vraiment penser à une pochette de dessins qu'un artiste traînerait avec lui d'éditeur en éditeur pour montrer ses capacités et son travail. Une situation qui sied plutôt bien à la représentation que l'on s'en fait habituellement.

Le prix reste le plus gros défaut au final : 50$, pas moins, soit 46€ environ. Contre 25€ pour DC, Dynamite ou même bientôt Zenescope. Pour un album plus petit et plus mince, ça fait un peu mal c'est sûr. Mais la qualité matérielle est au rendez-vous. A réserver pour les collectionneurs avertis car ce ne sera clairement pas à la portée de toutes les bourses !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 16 février 2019

X-Men - L'intégrale 1993 tome 3 (Panini Comics - Mai 2018)


Nous démarrons ce troisième tome de l'année 1993 par un récit grand format exceptionnel : le Cerveau, ancien membre de la Confrérie et ancien adversaire des X-Men depuis leurs débuts, est malheureusement mourant à cause du virus relâché par Stryfe sur la planète. Au bout de ses forces, réfugié sur un lit d'hôpital sur l'île de Muir, le Cerveau exprime un dernier vœu, une ultime volonté... que Jean Grey et les X-Men qu'il combattait autrefois viennent à son chevet pour vivre une expérience hors du commun et ainsi partager, l'espace d'un bref instant, une vision d'un monde idéal pour chacun d'entre eux. Mais comme toujours, les conséquences d'un tel acte seront au rendez-vous et le Cerveau mourra en offrant à Jean une belle leçon de morale et en lui témoignant son éternel amour.
Ensuite, retrouvons nos trois leaders des X-Men embarqués dans une virée en Terre Sauvage pour obtenir de leur ami Ka-Zar du vibranium qui servira à alimenter les défenses de leurs engins et installations. Mais sur le chemin du retour, quelque chose parvient à toucher et à détruire les commandes du Black Bird et Charles Xavier, Scott Summers et Ororo Munroe se retrouvent pris au piège en plein milieu du désert antarctique, alors que la tempête menace et qu'ils sont sans aucune ressource ni aucun abris fiable. Tornade tente de dompter les éléments déchaînés autour d'eux mais sans résultat autre que de surcharger son propre corps d'une énergie qu'elle ne peut évacuer et qui risque de la carboniser. Grâce à Cyclope et au Professeur, ce danger sera écarté de justesse mais nos trois héros n'en sont pas moins piégés au milieu de nulle part. Une nouvelle ennemie menace de les envoyer dans l'au-delà au nom du grand jeu instauré par les Parvenus, mais son plan se retournera contre elle et les leaders des différentes équipes de X-Men seront sauvés et ramenés au bercail, non sans l'intervention extérieure d'un mystérieux inconnu...
Mais le destin n'en a pas terminé avec les enfants de l'atome, et leur retour à l'institut Xavier se fait dans de dramatiques circonstances : la sœur de Colossus, Illyana, est mourante par la faute du même virus que celui qui a emporté le Cerveau un peu plus tôt. Le legs de Stryke continue de faire de nombreuses victimes mutantes sur la planète, et malgré tous leurs efforts ni Moira ni Charles ne parviendront à sauver la jeune Illyana, qui s'éteindra en compagnie des personnes qui lui sont chères. Lorsque son frère apprend la nouvelle, il perd soudain tout espoir et se mure dans le silence tout en réfléchissant fortement à l'intérêt de l'idéal qui l'a jadis poussé à rejoindre les X-Men et à abandonner sa famille. Plus que perdu, Colossus est dévasté par les décès qui s'enchaînent dans son entourage. Son frère, ses parents, et maintenant sa petite sœur... l'homme de métal est à bout de patience et de force pour supporter encore longtemps ces injustices, et sa colère menace d'éclater à tout instant.
C'est justement durant cette période très agitée que les Acolytes refont soudainement parler d'eux. Le groupe, mené par Fabian Cortez qui leur a fait croire à la mort de Magneto et qui les manipule au nom de ses dernières volontés, se rend à nouveau coupable d'une véritable tuerie dans une clinique où ils ont massacré de nombreux malades et membres du personnel soignant simplement parce qu'ils étaient humains, au nom de l'idéal de Magneto. C'est plus que ne peut en supporter le Professeur ainsi que ses proches élèves, qui décident de livrer une bataille sans merci contre les Acolytes pour sauver les humains de leur furie vengeresse. Tandis que les X-Men luttent pour protéger ceux qui les haïssent depuis toujours, de leur côté les membres de X-Force reçoivent la visite de deux individus venus du passé... ou du lointain futur. En effet, les jeunes mutants découvrent que Cable est toujours en vie et qu'il désire reprendre le commandement de leur équipe pour les préparer à se battre dans le cadre d'une nouvelle confrontation. Celle-ci ne se fera pas attendre, puisque Exodus débarque à son tour pour offrir non pas un combat mais une opportunité à certains d'entre eux : rejoindre la gigantesque station spatiale Avalon, en orbite autour de la Terre, afin d'y intégrer un paradis pour les mutants élus et méritants. Un paradis dans lequel tous seront protégés des vices de ce monde humain, et où ils pourront prospérer en attendant le jour le plus favorable pour revenir prendre possession de la Terre. Exodus les emmène visiter Avalon, où ils découvrent que le mystérieux sauveur qui les a fait mander n'est autre que Magneto en personne ! Ayant survécu de justesse à la chute de l'Astéroïde M, le Maître du Magnétisme est de retour avec une volonté inébranlable de sauver les mutants de la catastrophe imminente qu'il prophétise et dont le virus de Stryfe n'est qu'un aperçu. Évidemment Cable ne l'entend pas ainsi et parvient à soustraire son équipe de l'influence de Magnus, et tous rentrent sur Terre tandis que sur Avalon Magneto se prépare à passer à l'étape suivante de son plan...
Et c'est pendant la cérémonie des funérailles d'Illyana, non loin du domaine de Xavier, que Magnus fera sa réapparition officielle pour délivrer son message. Il invite tous les mutants qui le souhaiteront à le rejoindre à bord d'Avalon, et met en garde ceux qui voudraient lui résister : à présent, il est infiniment plus puissant qu'au moment de son trépas tout relatif, et au sommet de ses facultés ses pouvoirs ne connaissent pas d'égal de part le monde. Désormais il faut à chacun prendre une lourde décision : rester sur Terre et se battre, ou se rendre sur Avalon et adhérer au plan de Magneto qui désire nettoyer la planète de toutes les menaces qui pèsent sur les mutants. Aveuglé par sa haine et son pouvoir démentiel, Magnus parvient néanmoins à en convaincre certains de le suivre, déçus par le rêve de Charles Xavier et ses conséquences récentes. Ainsi, Colossus fait défection et rejoint les rangs des Acolytes, en route pour Avalon. Dans un sursaut de courage et en réunissant toutes ses forces, le Professeur parvient à prendre le contrôle du pouvoir de Magneto juste assez longtemps pour éloigner Avalon de l'orbite terrestre et l'envoyer plus loin dans l'espace, mais à quel prix ? Magneto et ses partisans seront bientôt de retour, et alors il faudra affronter l'inévitable rage destructrice du Seigneur de l'Attraction Fatale... les X-Men seront-ils de taille face à leur plus grand défi à ce jour ?

Et voilà on y arrive enfin, ce troisième tome de l'année 1993 nous emmène tout droit vers l'événement majeur de l'époque pour les séries mutantes : Attractions Fatales et le retour tant attendu et redouté de Magneto ! Pouvoir vivre cette saga de nos jours grâce au remarquable travail de Panini sur cette magnifique collection des intégrales Marvel Classic, c'est tout à fait exceptionnel et il faut vraiment en profiter ! Sur du très beau papier glacé, redécouvrez le travail titanesque d'une époque pas si lointaine où les scénaristes devaient viser le plus loin possible et poser des enjeux proprement décoiffant pour maintenir les fans et le lectorat en état. Ces tragiques événements se poursuivront bien entendu dans le prochain tome de l'intégrale de l'année 1993, bientôt ici sur Radiophogeek soyez patients, et mèneront tout droit vers... oh, vous le découvrirez bien assez tôt. Sachez simplement qu'il s'agit là d'une des périodes les plus dures et les plus attractives des aventures des X-Men, alors qu'un an plus tôt à peine les meilleurs dessinateurs de chez Marvel partaient créer un éditeur concurrent. C'est là à mon sens une merveilleuse leçon de ténacité et d'efforts conjoints de la part de Marvel que de réussir à proposer des récits de cette qualité malgré le manque d'effectifs, et c'est bien dommage qu'assez peu de gens se soient intéressés à ces aventures à l'époque. Mais rien n'est irréparable, et voici enfin l'occasion d'en profiter pleinement dans les meilleures conditions possibles ! Couleurs vives, dessins magnifiques et très prometteurs de certains jeunes artistes d'alors qui devinrent plus tard des rock-stars de l'industrie des comics, et scénario proprement impressionnant... pas de doute, vous êtes bien au cœur de la tempête X-Men qui déferle sur nous avec plus de vingt-cinq ans d'écart. Prenez un siège, installez-vous confortablement et laissez libre court à votre imagination, laissez aussi et surtout celle des grands scénaristes des années '90 vous emporter au sein d'une des plus grandes et des plus importantes aventures de nos héros mutants.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


samedi 5 mai 2018

Black Panther tome 1 - Ennemi d'état (Panini Comics - Janvier 2018)


Le roi T'Challa du Wakanda fait face à une crise majeure : des milliers de réfugiés fuyant un conflit ethnique envahissent les frontières du Wakanda et génèrent de nombreux incidents diplomatiques. Parmi eux, le Dr. Achebe, un ennemi farouche et totalement fou à lier, se présente bien vite comme le nouvel homme fort de cette mouvance étrangère. Mais T'Challa n'a pas le temps d'enquêter davantage sur les magouilles d'Achebe, car aux USA une jeune fille vient de décéder. Cette jeune fille était pensionnaire d'une association caritative du Wakanda et elle est retrouvée dans de bien étranges circonstances, qui poussent la Panthère Noire à enfiler son costume de justicier et à enquêter sur place. Mais durant cette enquête très mouvementée, véritable casse-tête s'il en est, les choses empirent au Wakanda : Achebe est parvenu à prendre le contrôle du pays en s'associant avec la belle-mère de T'Challa pour occuper le pouvoir suprême, et il menace chaque heure un peu plus l'intégrité de la nation et de ses relations avec le reste du monde. Pour la Panthère Noire l'heure est aux règlements de compte avec de dangereux mafieux et criminels de guerre ayant participé d'une manière ou d'une autre à ce conflit tentaculaire dont le seul but semble avoir été de chasser le roi du Wakanda pour permettre à Achebe de régner à sa place. Grâce à l'aide des Avengers et surtout de Captain America, le pire est évité de justesse à New York mais la diplomatie n'est plus de mise entre les deux pays, car T'Challa, condamné à l'exil pour maintenir la paix dans sa propre nation, déclare la guerre aux États-Unis. Une déclaration qui fait soudain de lui l'ennemi numéro un à abattre ou à capturer au plus vite afin de faire cesser cette crise. Et pendant ce temps, Achebe achève de ruiner le Wakanda en rompant son alliance de fortune et en déclenchant de multiples attaques contre le pays lui-même et sa population, uniquement dans le but de presser la Panthère Noire et de le forcer à revenir se jeter dans un piège bien cruel. Comment tout cela finira-t-il ?

Pour être tout à fait honnête j'ai lu cet album en faisant quelques pauses par moments, car il faut avouer que l'écriture autant que les dessins sont assez... perchés, si j'ose dire. Les artistes ont fait de leur mieux pour rendre le visuel d'un scénario trèèès perturbé et aux ramifications sans cesse plus nombreuses à chaque nouveau chapitre. Une histoire très complexe et compliquée à suivre donc, qui n'en est pas moins une réussite pour Christopher Priest puisqu'il s'agit de l'une des sources d'inspiration retenues pour le film Black Panther récent de Marvel Studios. Mais, à choisir, je préfère nettement et de loin aller revoir le film plutôt que de relire ce premier tome du run de Priest sur le personnage, j'aurais même tendance à refroidir mes ardeurs quant à l'achat des tomes suivants s'ils paraissent un jour. En tout cas la collection ''Marvel Select'' est parfaite pour ce genre d'édition et d'histoire un peu alambiquée et parallèle à d'autres moments de gloire de l'éditeur, qui faut-il le rappeler était à l'époque en très mauvaise santé financière. Ce qui a certainement du aider à porter des scénario désespérés de la dernière chance comme celui-ci aux nues et à renflouer les caisses à grand renfort de théorie du complot. Quoi qu'il en soit et malgré toutes ses qualités quant au portrait au vitriol de la condition des Noirs aux USA et dans le monde, Black Panther – Ennemi d'état ne m'a réellement intéressé que vers la fin, dans les derniers chapitres se déroulant au Wakanda. Je reste très mitigé quant à la place à lui donner en terme d'importance, je ne connais malheureusement pas assez bien le passif du personnage en comics solo pour dire si oui ou non il s'agit d'une grande histoire ou même d'une bonne histoire tout court, mais en tout cas je pense qu'on devrait la réserver à un public éclairé et non à de jeunes novices.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 23 septembre 2015

Daredevil – Sous l'aile du Diable (Panini Comics – Septembre 2012)


Matt Murdock est Daredevil, le justicier protecteur nocturne de Hell's Kitchen, à New York. Après avoir affronté bien des dangers et des situations complexes et périlleuses, il peut enfin goûter à une rare période de paix. Mais peut-être était-ce encore trop demander, car voici bientôt qu'on lui confie une nouvelle mission : protéger, ou tuer, un bébé venant de naître et que tous les signes présentent comme l'Antéchrist lui-même ! Le Diable Rouge va devoir se fortifier contre les nouvelles menaces qui apparaissent autour de cet enfant, mais également affronter le retour d'anciennes connaissances bien décidées à ne pas lui faciliter les choses. Tout semble lié et monté contre lui, tous présentent un double-visage à l'Homme Sans Peur, qui bien vite ne pourra plus compter que sur lui-même pour survivre au milieu de cette tourmente. Les attaques contre le justicier se font de plus en plus violentes, de plus en plus intimes, au point qu'il en vienne à se demander si un traître ne fait pas partie de son entourage... et dans ce climat de doute et de paranoïa constante, il ne faudra pas longtemps avant que la situation ne devienne incontrôlable et que l'irréparable ne soit commis !

C'est la toute première histoire que j'ai pu lire sur le personnage de Daredevil, il y a bien des années maintenant et pour mon plus grand bonheur. Sortie tout d'abord en ''100% Marvel'' (aux origines de la collection, d'ailleurs), puis en format ''Deluxe'' et désormais sous la collection ''Marvel Select'' de rééditions à petit prix. C'est un vrai plaisir de retrouver cette histoire fondatrice de la seconde série historique du héros aux cornes rouges, un récit qui fonctionne un peu comme Batman – Silence ou Marvel Knights : Spider-Man en présentant un aperçu le plus complet possible de l'univers du héros et de ses vilains. Le lecteur se trouve lui aussi en plein doute, vivant avec le héros les troubles qui se présentent et les manipulations qu'on lui fait subir, jusqu'à la révélation finale. Le dessin de Joe Quesada est énergique, vivant, et tout à la fois sombre et lumineux, à l'image du défenseur de Hell's Kitchen. La narration de Kevin Smith est fluide et relativement aisée à comprendre et à suivre tout en conservant une certaine complexité sur plusieurs niveaux, ce qui fait donc de cette grande histoire un point d'entrée confortable pour tout nouveau lecteur, comme pour les plus anciens. Une histoire à conseiller !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 24 juin 2015

Spider-Man - Un jour de plus (Panini Comics - Août 2011)


Conséquence directe de la situation dans laquelle se retrouve Spider-Man à l'issue de Civil War, et fin du run de Straczynski sur le personnage, cet album rassemble les derniers chapitres de la période dite du Retour au noir (à lire dans la collection Marvel Select depuis peu) et bien entendu la saga qui a fait polémique dans le monde des lecteurs de Marvel, One more day (Un jour de plus).

Après avoir révélé son identité secrète au monde entier durant la Guerre Civile, suivant les conseils de Tony Stark, Peter Parker est désormais connu de tous comme étant Spider-Man. Ses ennemis s'empressent dès lors d'exploiter cette information, mais c'est Wilson Fisk, alias le Caïd (ennemi traditionnel de Peter et de Daredevil) qui infligera la plus terrible blessure au héros, en mettant un contrat sur sa tête. Mais l'assassin engagé pour le tuer ratera son coup, et touchera Tante May à la place de Peter. La vieille dame se retrouve alors clouée dans un lit d'hôpital, entre la vie et la mort, et Peter au bord du gouffre renouera avec son costume sombre pour faire régner la terreur dans le cœur des criminels qui oseraient s'en prendre à lui ou à sa famille, Fisk le premier.
Après avoir infligé une cruelle humiliation au Caïd, Peter remue ciel et terre pour trouver un moyen de guérir Tante May, mais la science semble rester impuissante et il est même envisagé de la débrancher des appareils qui la maintiennent en vie et que Peter et Mary-Jane ne pourront pas payer indéfiniment. Au seuil du désespoir, Peter en appellera à ses amis et anciens collègues, y compris Tony Stark, mais rien n'y fera et la situation de sa tante continuera à se dégrader. Désormais, Peter se tourne vers la magie, le domaine du Dr. Strange, qui accepte d'aider son jeune ami tout en lui faisant comprendre qu'une vie ne peut pas toujours être sauvée. Mais même avec l'aide du plus puissant sorcier de la Terre, c'est un nouvel échec. Cependant, une porte s'ouvre pour Peter là où toutes les autres viennent de se refermer. Mephisto, seigneur des ténèbres et maître des pactes infernaux, approche le héros brisé pour lui proposer un marché : la vie sauve pour Tante May, en échange d'un événement de la vie de Peter auquel il renoncerait inéluctablement. L'événement en question : son mariage avec Mary-Jane, et toute l'existence commune qui en découle. Désespéré, acculé, Peter n'a que cette ultime chance de sauver sa tante, et Mephisto lui accorde alors un tout dernier jour à passer en compagnie de sa femme avant de revenir chercher son dû. Que feriez-vous, si vous n'aviez plus qu'un seul jour à passer avec la personne que vous aimez ? Que feriez-vous pour un jour de plus ?

J. M. Straczynski signe ici une fin véritablement magnifique et poignante à son run de plusieurs années sur le personnage de Spider-Man, un point d'orgue absolument parfait et émouvant comme très peu savent l'être, cruel, dur, mais toujours d'une beauté et d'une portée splendides. Le problème ? La toute fin, l'épilogue, qui sert à renouveler la situation dans laquelle nous laissons Peter à l'issue de cette ultime journée. Straczynski voulait que la série s'arrête quelques temps après ce dernier chapitre, cette dernière épreuve traversée par le Tisseur, afin de marquer le coup. Évidemment, l'éditeur lui a répondu par la négative et Joe Quesada pondît alors un épilogue afin de relancer tout de suite la série sous un nouveau jour, ce qui dénature totalement l'intention de l'auteur et gâche irrémédiablement le final de son run. Un jour de plus est une œuvre maudite, déchirée entre plusieurs volontés artistiques et éditoriales qui lui retirent un peu de sa superbe. Cependant, il s'agit-là d'un récit magnifique, bourré d'émotions (tristesse, chagrin, humour, tragédie), d'une force peu commune et que l'on ne pouvait trouver qu'au sein de l'univers de l'Araignée. Le lecteur avisé saura tout à fait faire abstraction de l'épilogue de Quesada, qui doit tout de même être lu pour comprendre ce qui viendra ensuite, et apprécier pleinement l'écriture de Straczynski et la portée véritable de son histoire. Un chapitre de la vie de Spider-Man à ne pas manquer, à lire absolument ne serait-ce qu'une fois (c'est bien suffisant pour arracher quelques larmes aux plus endurcis).
C'est un ''vieux'' Deluxe désormais, et le récit est pour le moment introuvable chez nous sous une autre forme. Vous pouvez toujours acheter ce tome sur une plate-forme en ligne, ou d'occasion si vous le trouvez dans une bouquinerie, ou bien arpenter vos libraires en espérant dénicher la bonne affaire. Un jour de plus n'est pas encore parfaitement introuvable, mais tout de même assez rare pour mériter sa propre quête. Et qui sait, pour les plus patients, peut-être que cette fin de run de Straczynski paraîtra dans un album de la série des Marvel Icons qui lui sont consacrés, dans les années futures !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 22 avril 2015

Age of Ultron (Panini Comics - Avril 2015)


Comment quoi, déjà ?? La critique du film qui vient à peine de sortir ce jour sur nos grands écrans ? Impossible !
Effectivement derrière ce titre un peu trompeur ne se cache pas un article sur le dernier film de Marvel Studios, mais celui sur l'event majeur du même nom daté d'il y a deux ans à peine en comics. Sans aucun doute LA sortie du mois chez Panini, dans la nouvelle collection ''Marvel Deluxe'', signé Brian M. Bendis (grand architecte s'il en est) et principalement Bryan Hitch au dessin (Ultimates, ça vous dit quelque chose ?), on attendait cette histoire depuis un bon bout de temps en version album relié, et c'est chose faite aujourd'hui enfin pour coïncider avec la sortie du second film des Avengers. Même si, vous allez le voir, en-dehors du nom et du personnage cité par le titre il n'y a pas grand chose en commun entre les deux œuvres.

Peu après les événements de Annihilation : Conquest, où l'ensemble de la galaxie Kree a bien failli être détruite à jamais...
Sur Terre, le corps d'un Chevalier de l'espace inconscient est découvert, apparemment inactif. Jessica Drew, alias Spider-Woman, enquête sur cette étrange apparition quand elle est enlevée par un groupe de super-vilains scientifiques désireux de percer les secrets de cette technologie extraterrestre. Lorsque les Avengers débarquent en force pour récupérer leur coéquipière, l'impensable se produit et le corps du Chevalier se réactive soudainement pour livrer la voie à Ultron, l'infernale intelligence artificielle génocidaire que tous croyaient exilée à jamais dans le fin fond de l'univers. Le robot disparaît très vite dans un éclat d'énergie pure, laissant le doute planer sur ses intentions et le plan derrière sa brusque réapparition.
Quelques temps plus tard. Le monde a été frappé de plein fouet par une invasion massive de technologie Ultron boostée comme jamais, et nombreux sont les héros tombés sous la masse des robots. New York, Chicago, San Francisco... partout le règne de l'intelligence artificielle semble inarrêtable et en bonne voie pour conquérir et nettoyer l'ensemble de la planète de la présence humaine. Les quelques survivants décident alors d'un plan d'urgence, d'une action décisive et suicidaire, lorsqu'ils découvrent le secret qui a permis à Ultron de réaliser cette apocalypse. Tandis que Captain America et Iron Man mènent un assaut final grandiose pour détruire le corps principal du robot dans les replis de l'espace-temps où il se dissimule, Wolverine décide de partir de son côté dans le passé, au moment précis où Hank Pym, alias l'Homme-Fourmi, a eu l'idée de créer Ultron pour un monde meilleur. Le but de Wolverine est simple : tuer Pym avant qu'il n'ait l'occasion de plancher sur sa création, et sauver le présent et le futur. Malheureusement les choses sont loin d'être aussi simples, et les conséquences de l'action désespérée de Logan auront de dramatiques répercussions sur l'ensemble de l'univers, voir même du multivers dans son intégralité. Le Temps souffrira-t-il une nouvelle manipulation venant de l'insignifiante planète bleue ? Ou bien est-ce le début de la Fin de Tout ?

Galactus qui se retrouve dans l'univers Ultimate, Angela qui apparaît dans celui de la Terre-616 de Marvel ? Tous ces événements découlent de Age of Ultron, qui n'est rien d'autre au final que la gigantesque introduction au final du run de Jonathan Hickman sur les séries principales de l'éditeur. Tout ce que vous lisez depuis Avengers vs. X-Men, depuis Fear Itself et même depuis le troisième tome de la série des New Avengers de l'ère Bendis, tout cela nous mène directement à Age of Ultron, le Début de la Fin. Car de cet event gravissime découlera ensuite tout ce que vous lirez de la nouvelle série New Avengers (prochain article) et jusqu'à Secret Wars (2015) qui marquera le point final de l'univers Marvel tel que nous le connaissons depuis près de 60 ans, et dont les tous premiers chapitres sont d'ores et déjà dans les tuyaux à l'heure où j'écris ces lignes. Rien que pour ça, cette lecture est indispensable pour comprendre et embarquer dans le bon wagon à destination de la Conclusion. Même si Ultron lui-même n'est finalement qu'un prétexte comme un autre plutôt anecdotique pour amener ce récit à se mettre en place, et que la portée de l'event mettra un petit peu de temps à se faire clairement ressentir, c'est bien ici que tout commence à prendre fin. Bendis et Hickman ont tissé chacun de leur côté une toile gigantesque aux ramifications tentaculaires, alors croyez-moi quand je vous dis que cet album-là est un passage obligé pour bien suivre comme il faut.
De plus, je dois dire que cette lecture me paraît, paradoxalement, être un excellent point d'entrée pour un nouvel lecteur Marvel ou juste des Avengers. Pas aussi développé niveau personnages que Fear Itself ou Avengers vs. X-Men, mais clairement moins fouillis qu'Infinity (l'event suivant à paraître, normalement) et Original Sin, Age of Ultron se place comme un récit simple, linéaire, un prologue de bonne taille pour ce qu'il reste à venir et à lire par la suite. Si vous voulez lire du Marvel/Avengers avant que ça ne prenne fin, commencez par Age of Ultron : même les origines d'Ultron et de l'époque de sa création sont revisitées pour que vous puissiez tout clairement appréhender et comprendre ! La seule pierre manquante à l'édifice est celle d'Annihilation : Conquest, que seuls les lecteurs de la partie cosmique de Marvel pourront apporter aux autres pour saisir le chapitre introductif de l'histoire. Un peu de curiosité ne fait jamais de mal !

Niveau édition, un dernier petit point sur cet album de la refonte de ''Marvel Deluxe'' : clairement le mieux fait jusqu'à présent, un traitement très luxueux et agréable tout en restant dans la ligne de simplicité voulue par l'éditeur, un grand et bel album qu'il nous fait bien plaisir d'intégrer à notre bibliothèque. Du tout bon, et pour la première fois je ne me suis pas fait la réflexion que je regrettais l'absence de jaquette. C'est dire !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !