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mardi 19 novembre 2019

UN(e)SECTE (Albin Michel - Novembre 2019)


Tout commence par une série de mystérieuses disparitions, sur l'ensemble du territoire Américain. La détective privée Kat Kordell, basée à New York, est engagée par la mère d'une jeune femme angoissée et socialement inadaptée ayant cessé de donner le moindre signe de vie à sa famille pratiquement du jour au lendemain. Kat, qui pense tout d'abord à une sorte de suicide ou de fugue, se rend rapidement compte que quelque chose ne colle pas, le profil n'est pas totalement bon et ne rentre pas dans les petites cases. Quelque chose semble avoir pris le contrôle de la vie de la jeune femme, et la détective entend bien découvrir quoi et si possible retrouver sa cible avant qu'elle ne disparaisse définitivement.

En parallèle, à Los Angeles, l'inspecteur Atticus Gore est mis sur une affaire déroutante qui pourrait signer la fin de sa carrière : un cadavre retrouvé entièrement privé de ses organes et de sa chair, rien qu'un squelette avec de la peau... et toujours ses vêtements, poisseux de sang, comme si rien n'avait été déplacé durant la mise à mort. Car Atticus est bel et bien convaincu qu'il s'agit d'un meurtre, un homicide d'un nouveau genre qui glace le sang et qui pourrait bien avoir déjà eu lieu auparavant, sur d'autres personnes, principalement des marginaux et des rejetés de la société. L'enquête piétine dès son commencement, mais Gore ne lâchera rien et ira jusqu'au bout de ses hypothèses, quand bien même celles-ci lui vaudraient de se ridiculiser ou pire de perdre sa plaque.

Sans le savoir, les deux enquêteurs suivent en vérité une seule et même piste, qui les mènera jusqu'aux tréfonds de la noirceur de l'être humain et de son nihilisme sans commune mesure, alors que de plus en plus de signes tendent à prouver que notre règne sur cette pauvre planète bleue s'apprête à basculer...

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Maxime Chattam sort son tout dernier thriller juste à temps pour Halloween et profiter de l'ambiance de la fête des morts ! C'est évidemment grâce à Albin Michel, et toujours pour notre plus grand plaisir !

Dans cette histoire qui reprend beaucoup des éléments chers à l'auteur depuis ses débuts (la théorie Gaïa, la psychologie criminelle et humaine, les failles d'un système devenu bien trop important et intolérant, etc.) nous retrouvons donc deux enquêteurs aux méthodes et aux vies différentes mais avec une même conviction et un même amour du travail bien fait, jusqu'au bout, quitte à froisser les mauvaises personnes. Le lecteur ira de surprise en surprise, certains chapitres et rebondissements feront froid dans le dos et les notes ajoutées par l'auteur en guise de postface n'aideront pas à calmer la montée d'anxiété à la limite de la paranoïa qui se jouera dans votre cerveau, bien au contraire.

Des chapitres courts de préférence pour une immersion totale et aisée ainsi qu'un rythme assez vif, pratiquement sans pauses autres que celles permettant de souffler deux secondes avant de replonger dans l'horreur du quotidien. Niveau technique c'est là encore une belle réussite de la part de Maxime Chattam, qui nous régale comme d'habitude avec un humour tout particulier et des personnages intenses.

Petite déception personnelle toutefois, je pense que ce roman aurait pu se permettre une fin assez noire tout compte fait. Non que nous soyons en face d'un parfait happy ending, mais la résolution de toute l'affaire est un peu artificielle, bancale irais-je presque jusqu'à dire, car il y avait la nécessité d'offrir au lectorat désormais assez massif et étendu de l'auteur une fin digne de satisfaire le plus grand nombre, là où dans ses premières œuvres un Maxime Chattam encore peu connu n'hésitait pas à sauter la tête la première dans l'abysse. Peut-être un élément révélateur d'un changement de mentalité et surtout d'un léger regain d'espoir, qui sait, en tout cas j'imagine sans peine une fin plus amère dans son style de jeunesse.

Un très bon thriller malgré ces quelques observations qui je le rappelle sont entièrement personnelles, je n'ai pas lâché ce livre durant toute une semaine et je n'avais qu'une hâte c'était de le refermer après avoir fini la lecture afin de pouvoir réfléchir posément aux sujets et débats qu'elle entraîne immanquablement. J'espère que vous en profiterez pleinement vous aussi pour faire un point sur la situation de l'être humain dans ce monde en souffrance !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 26 janvier 2019

Les contes interdits - Peter Pan (ADA Éditions - Janvier 2018)


Une sombre histoire d'enlèvement d'enfants et préadolescents tire soudain l'ancien officier de police Jacques Dolan de sa retraite anticipée, après avoir résolu une horrible affaire et arrêté avec succès mais non sans sacrifice un dangereux criminel cannibale baptisé le Crocodile. Ayant depuis gagné le surnom de Hook à cause de la prothèse qu'il arbore suite à cette rencontre, Jacques est contacté par une de ses anciennes amantes, éducatrice ayant adopté plusieurs enfants pour les sortir de la rue et de la misère criminelle dans laquelle ils vivaient jusque là. Sauf que ces trois enfants, Wendy, Jean-Philippe et Michaël, ont été enlevé par un individu extrêmement dangereux dont on ne connaît que le nom : Pan. Jacques accepte de mener l'enquête et s'intéresse de près à une nouvelle drogue faisant fureur dans la ville de Québec et ses environs. On l'appelle la Poussière. Elle donne l'impression à ceux qui en consomment de retomber en enfance, et à ceux qui en prennent trop l'impression qu'ils peuvent voler... ce qui finit immanquablement en suicides en série sur lesquels la police locale ne peut enquêter davantage. Convaincu qu'il existe un lien entre la Poussière et le kidnappeur des trois enfants, Jacques parvient à faire jouer ses contacts pour obtenir de précieuses informations qui le mèneront tout droit à la tanière de celle qui se fait appeler Clochette, nymphomane ayant le marché de la Poussière entre ses mains. Après un nouveau et douloureux sacrifice, Jacques s'en tire vivant et avec de nouveaux indices pour remonter la piste du mystérieux Pan, jusque dans le Grand Nord Canadien, où se trouve un chalet au milieu d'un lac paisible en apparence... théâtre d'horreurs sans nom, ce chalet est devenu le royaume d'une petite communauté d'enfants sauvages drogués et entièrement sous le joug de leur ravisseur, qui ne se lasse jamais d'inventer des jeux plus cruels les uns que les autres. Wendy, seule des trois encore consciente de ce qui lui arrive, a un plan pour tenter de séduire Pan et de s'échapper afin d'aller chercher des secours, mais encore faut-il que la psychologie détraquée de Pan le lui permette. Jusqu'à quand parviendra-t-elle à tenir dans ce jeu pervers de séduction enfantine ? Pour Jacques une chose est sûre, le temps est désormais compté pour les enfants perdus, et pour les retrouver il devra faire ce qu'il n'avait jamais osé auparavant : se confronter de nouveau au terrible meurtrier l'ayant mutilé autrefois... face à face avec le Crocodile, seul adulte à connaître l'emplacement de Neverland, et chérissant depuis un bon moment de terribles envies de revanche...

J'ai commencé ce récit avec une attention plutôt distraite durant les deux premiers chapitres... avant de m'accrocher et de le finir d'une traite en quelques heures de glaçante terreur. La version de Blanche Neige des Contes Interdits de chez ADA Éditions était déjà plutôt costaude dans son genre, mais là on atteint un tout autre niveau de sadisme et d'horreur, qui touche de près à l'enfance et au monde affreusement sombre et glauque qui peut graviter autour, avec son lot de prédateurs et de détraqués aux aguets. Très bien écrit -même si pour nous pauvres Français il faut faire avec la séduisante désuétude du langage purement Québecois- et mené de bout en bout à un rythme endiablé par un jeune auteur très talentueux, ce récit d'enquête policière vous dérangera autant qu'il vous fascinera, du moins je l'espère si vous êtes à peu près normaux. Vous reconnaîtrez sans peine les différents personnages de l'histoire originelle, et leurs interactions vous paraîtrons peut-être similaires et familières... mais vous verrez bien vite que ce court roman vous réserve encore bien des surprises auxquelles vous ne serez jamais préparés. Attachez vos ceintures et accrochez-vous bien à votre sens de la morale et à votre cœur, vous en aurez grand besoin pour pénétrer de plein pied dans cette histoire ténébreuse...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 7 décembre 2016

Moriarty (Anthony Horowitz - Calmann-lévy - Novembre 2014)


L'Angleterre est en émoi depuis la tragique et soudaine disparition de son plus brillant détective, Sherlock Holmes, présumé mort en Suisse dans les chutes du Reichenbach en compagnie de son plus dangereux et mortel ennemi, le Professeur Moriarty, chef d'un immense réseau criminel. Mais si le corps de Holmes demeure introuvable, celui de Moriarty est repêché et offre aux inspecteurs locaux une nouvelle énigme à résoudre : il semblerait que celui que Holmes surnommait le Napoléon du Crime ait été, peu avant sa mort, sur le point de prendre contact avec un autre criminel notoire venu des États-Unis d'Amérique, un certain Clarence Devereux. Pour quelle raison les deux malfrats se seraient-ils entretenus, sinon pour fusionner leurs territoires ? L'inspecteur Athelney Jones de Scotland Yard et le détective Américain Frederick Chase, de l'agence Pinkerton, décident d'enquêter sur cette rencontre mystérieuse qui n'a pu se faire, en se faisant tout d'abord passer pour Moriarty afin de tendre un piège à Devereux. Mais malheureusement cette tactique n'aboutit pas et les laisse avec une terrible énigme à résoudre. Il semblerait en effet que le réseau criminel et très violent de Clarence Devereux essaie par tous les moyens de se supplanter à celui du défunt Professeur Moriarty, faisant de Londres le théâtre de crimes sordides et de sinistres exécutions. Durant leur longue enquête, les deux hommes de loi seront confrontés à bien des questions en apparences insolubles. Leurs suspects sont assassinés, Devereux reste caché et, plus grave encore, certains indices tendent à prouver que Moriarty n'est pas aussi mort qu'on l'espérait, son ombre planant en effet à chaque nouvelle étape de l'enquête. Inspirés par le savoir-faire et les techniques du grand Sherlock Holmes, l'inspecteur Jones et le détective privé Chase vont tout entreprendre pour démasquer le seigneur du crime Américain avant qu'il ne mette ses sombres projets à exécution, tout en tâchant de résoudre l'impossible mystère de la présence oppressante du Professeur Moriarty...

Anthony Horowitz nous offre une seconde histoire venue de l'univers de Sherlock Holmes, depuis la célèbre Maison de Soie, mais cette fois-ci sans le grand détective-conseil ! En effet, cette histoire se situe juste après son apparent décès dans les chutes du Reichenbach en compagnie de son pire ennemi, tandis que Londres pleure cette perte tragique et que le Dr. Watson se détourne peu à peu de ses anciennes aventures. Ici le narrateur est donc le détective Américain Frederick Chase, de la fameuse agence Pinkerton, qui nous relate pas à pas son enquête en compagnie de l'inspecteur Athelney Jones de Scotland Yard comme l'aurait fait Watson avec Holmes. On retrouve les éléments de narration et de déduction logique par analyse et observation à froid qui ont fait le succès du célèbre détective Londonien, repris ici par d'autres personnages inspirés par son exemple. Mais Horowitz n'est pas simplement un bon auteur, c'est également un très talentueux mystificateur et les apparences seront souvent trompeuses au cours du récit, jusqu'à la conclusion qui en surprendra plus d'un ! Une très bonne histoire de Sherlock Holmes sans Sherlock Holmes, très détaillée et prouvant à plusieurs reprises un fantastique travail de recherche de la part de l'auteur dans les aventures originales du personnage de Conan Doyle. Petit bémol toutefois car malgré tout ce travail personnel, Horowitz tombe lui aussi dans le piège très commun d'appeler Moriarty par le prénom James, qui n'a en réalité jamais été le sien mais celui de son frère, comme on peut le lire sur la première page de la nouvelle Le Dernier Problème au cours de laquelle le personnage apparaît pour la première fois au lecteur. Le Professeur Moriarty n'a pas de prénom connu, en réalité, mais il faut être grand connaisseur pour le savoir. Une petite erreur très vite oubliée et pardonnable, d'autant que tout le monde la commet, et qui ne remet absolument pas en question le travail de l'auteur pour écrire cette histoire menée tambours battants du début à la fin.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 9 mars 2016

Graveyard Shift (Glénat Comics – Février 2016)


Une intervention comme il y en a tant dans la police. Une escouade, un prévenu à interpeller, opération menée la nuit... tout aurait du se dérouler sans le moindre accroc, mais voilà, la police ignorait une donnée bien précise sur leur cible : c'est un vampire ! Après un échec sanglant, la nuit suivante tous les membres de l'escouade policière sont retrouvés assassinés dans des circonstances mystérieuses. Tous sauf un, Liam, qui échappera de peu à la mort grâce à l'incendie de sa demeure. Mais il perdra sa compagne, Hope, mordue par l'un des vampires venu les tuer. Quoique... peut-être que Hope n'est pas morte, mais peut-être qu'elle n'est plus réellement vivante non plus. Peut-être qu'elle est devenue plus qu'humaine, autre chose, une créature de la nuit affamée et puissante, que rien n'arrête. Gardera-t-elle la tête sur les épaules ou bien cédera-t-elle aux pulsions sanguinaires qui l'habitent désormais ? Liam et elle vont dorénavant enquêter pour remonter la piste du gang de vampires et sauver leurs victimes avant qu'il ne soit trop tard, et surtout tenter de découvrir un remède pour Hope, s'il en existe bien un. Une quête sans fin qui commence tout juste !

Un bon petit comics indépendant de chez Image que nous sert royalement Glénat dans sa nouvelle collection, un tome à-priori unique qui se conclut par une fin ouverte et un clin d’œil agréable pour les fans du genre vampirique. Une lecture rapide et efficace, des dessins très corrects et un découpage prenant qui entraîne au cœur de l'action dans chaque scène, bref une bonne petite trouvaille encore une fois, à conseiller !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 29 avril 2015

Cat's Aï (Panini Manga - 2013/2015 - série complète en 8 tomes)



Une suite à la série emblématique du maître Tsukasa Hojo, ça paraît un pari très risqué, surtout avec l'aura absolument culte de Cat's Eyes depuis deux décennies. Et pourtant ce projet de spin-off a bel et bien vu le jour, confié à Sakura Nakameguro au scénario et surtout à Shin Asai au dessin. Sortie en Juillet 2013 chez nous et venant tout juste de se terminer ce mois d'Avril courant, en 8 tomes chez Panini Manga, cette série s'avère avoir tout pour plaire, aux anciens lecteurs et fans comme aux plus récents qui ne connaîtraient pas l’œuvre originale.

Deux ans après que les trois sœurs Heintz aient raccroché leur costume de voleuses élégantes, après avoir mené à terme leur quête de rassembler toutes les œuvres de leur défunt père pour honorer sa mémoire, nous retrouvons donc Rui, Hitomi et surtout Aï pour de nouvelles aventures ! En effet, la plus jeune se languit de ses anciennes activités et désire plus que tout retrouver le goût du risque et de la justice rendue envers et contres tous. Ce qui la décidera à reprendre le costume ? La rencontre de Narumi, jeune journaliste plein d'avenir et fan absolu des Cat's Eyes, rassemblant des informations sur elles depuis leur disparition et désireux d'avoir l'occasion d'écrire des articles sur elles un jour. Il n'en fallait pas beaucoup plus, et Aï se retrouve à suivre et protéger Narumi durant ses enquêtes dans les milieux corrompus des galeries d'art et ventes clandestines, à la recherche d'objets dérobés à leurs légitimes propriétaires et rendant la justice partout où elle en ressent le besoin. Mais Aï devra bien vite apprendre à gérer un autre problème que maintenir sa couverture : comment faire pour que Narumi comprenne ses sentiments naissants, lui qui semble n'avoir d'yeux que pour l'aînée de la jeune fille, Rui ?

Ce manga classé comme étant un seinen flirte en réalité avec les codes du shôjo, nous présentant à la fois les enquêtes d'Aï s'épanouissant enfin dans son rôle de Cat's sans ses grandes sœurs, et menant sa vie de son mieux en tentant de trouver l'amour. Ça pourrait paraître neuneu mais ça ne l'est pas du tout, au contraire, et le plaisir de retrouver les sœurs Heintz est au rendez-vous sans aucune ombre au tableau, du moins à mon sens. Certes cette série n'est qu'un spin-off, certes elle est loin d'égaler le génie et le charme de Cat's Eyes, mais il y a ce petit quelque chose, cette alchimie particulière qui se forge avec le lecteur en jouant avec plusieurs codes du genre et toujours dans le respect de l'histoire d'origine, nous faisant retrouver avec plaisir des personnages emblématiques tels que le Rat ou encore Asatani, ainsi bien sûr que le fameux trio de voleuses toujours au top en toutes situations.
Le dessin est agréable et clair, ce n'est pas l'atmosphère que l'on a pu connaître dans notre jeunesse mais ça s'en rapproche beaucoup, l'histoire est sympathique et sans grandes visées, ne trahissant en rien le matériau d'origine et se permettant même quelques rajouts bienvenus pour éclairer au mieux les zones d'ombres laissées par Tsukasa Hojo, avec sa permission. Une bonne petite série plaisante à lire, assez courte pour ne pas devenir embarrassante et assez longue pour s'apprécier pleinement sans frustration. Un de mes mangas ''coup de cœur'' de ces dernières années, je ne regrette absolument pas de m'être montré curieux à sa sortie et de l'avoir suivi jusqu'à sa fin toute récente, et j'espère que nombreux en furent les lecteurs et que de nouveaux s'y intéresseront maintenant qu'elle est terminée ! C'est une plongée supplémentaire et bienvenue dans le monde des Cat's Eyes, dans les relations qu'elles entretiennent entre elles et avec leur entourage, dans les secrets de leur père et de ses œuvres, une immersion que l'on apprécie entièrement, fraîche, reposante et intéressante, sans conséquences et sans regrets.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 5 novembre 2014

Joyland (Stephen King - Albin Michel - Mai 2014)



Le Roi de l'Horreur n'en finit plus d'écrire sur ses vieux jours et le moins que l'on puisse dire c'est que son nouveau style lui va admirablement bien, ainsi qu'à son lectorat (moi) ! Voici son dernier-né en date, Joyland, paru chez Albin Michel en Mai dernier pour notre plus grand bonheur.

L'histoire se passe durant l'été 1973, dans un petit parc d'attractions aux allures de fête foraine. Nous suivrons le jeune Devin Jones, 21 ans, tandis qu'il obtient un petit boulot pour l'été et se faire un peu d'argent en vue de reprendre ses études à la rentrée prochaine, comme bon nombre d'étudiants dans son cas. Engagé comme travailleur saisonnier, comme ''bleu'', à Joyland, Devin va apprendre à se familiariser avec le milieu forain : sa vie, son atmosphère, son langage, ses codes, sa philosophie si particulière et si riche. Durant cet été de dur labeur, il connaîtra le chagrin, la perte du grand amour, le doute, la dépression, de nouvelles amitiés, l'ambition, la reconnaissance, le sentiment d'avoir trouvé une nouvelle famille, l'amour à nouveau peut-être... mais aussi la peur, bien entendu. Car Joyland a un secret, voyez-vous. Au sein de sa Maison Hantée, se trouve un fantôme qui n'est pas artificiel. Une jeune fille assassinée voici quelques années de cela, dont le corps fut laissé à l'abandon dans l'attraction et dont le meurtrier serait toujours en liberté, anonyme. Devin va entreprendre de lever le voile sur ce mystère et de faire partie des rares personnes à avoir vu ce fantôme de ses propres yeux. Pour lui, c'est bien plus qu'une simple histoire, une légende que se racontent les forains et les locaux pour effrayer les bleus et les touristes. Pour lui, c'est une seconde chance, l'occasion de faire enfin quelque chose de sa vie, de se prouver sa valeur. De rendre justice. Mais, en compagnie de ses camarades saisonniers, Devin va aussi se rendre compte petit à petit que le plus grand danger, à Joyland, n'est pas forcément de rencontrer les morts... et que la confiance est une chose rare.

Comme j'avais déjà pu l'observer dans ses dernières œuvres, Stephen King semble résolument se tourner vers une dimension plus humaine de ses récits, où la place du surnaturel est de plus en plus réduite, jusqu'à n'être plus ici qu'un simple prétexte à l'enquête du personnage principal et surtout à son évolution durant cet été fondamental de sa vie, celui où il passera à l'âge d'homme et où il connaîtra différentes expériences qui le forgeront et feront de lui un être plus sûr de lui et plus solide. Il y a tout de même toujours certains éléments typiquement ''Kingesques'', même à cette période très éclairée et contemplative de sa vie, comme par exemple cette prescience de certains personnages, souvent de très jeunes ou d'assez vieux. Énigmes du destin, messages de l'au-delà ; quelques éléments surnaturels qui ne sont ici que soutiens discrets d'une histoire très humaine, très réelle. Celle d'un jeune homme qui apprend à grandir avec les souffrances de son âge, à accepter le changement et les pertes, la découverte, l'évolution, et à trouver son utilité dans ce monde. A l'image du roman lui-même, l'histoire est somme toute assez courte et simple à suivre, et ce n'est en rien une déception. Cela correspond simplement aux nouvelles préoccupations de Stephen King, l'envie de sortir de ce carcan de l'horreur dans lequel il s'est enfermé depuis le début de sa carrière pour, à l'âge de retraite, parvenir enfin à traiter des sujets bien humains et concrets, à délivrer des messages sincères et d'une portée bienveillante, avec toujours ce zeste de critique un brin cynique (mais plus aussi désabusée) de la société et de ses travers. Un King sur ses vieux jours, désireux d'explorer de nouvelles pistes et, comme l'on pouvait le noter dès la lecture de Docteur Sleep, de simplement porter son regard et celui de ses lecteurs sur des sujets moins horribles, moins surnaturels et irréels qu'à son habitude, et nous offrir plutôt une sorte de réflexion sur nos propres expériences, passées et à venir. Certains cracheront un peu dans la soupe en faisant remarquer qu'il s'agit de plus en plus de romans assez courts et très faciles à lire (police plus grosse, pages avec davantage d'espace, etc.), mais je leur ferai remarquer quant à moi que le Vieil Homme a une carrière très bien remplie derrière lui, et qu'à son âge et à son niveau il peut se permettre de se lâcher un peu la bride et de faire partager ce qui lui plaît. Pour ma part j'apprécie tout autant de pouvoir lire ce genre de format que ceux de ses premiers gros romans, type Ça, où tout était assez petit et serré pour un volume très imposant. Le rapport d'adaptation depuis qu'Albin Michel édite Stephen King (2009-2010 il me semble mais je peux me tromper) est très satisfaisant. Et surtout, fidèle à l'esprit de chaque roman, Joyland en étant le dernier et meilleur exemple en date.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

jeudi 25 septembre 2014

La Patience du Diable (Maxime Chattam - Albin Michel - Juin 2014)



Ca y est la voilà enfin, la suite tant attendue de La Conjuration Primitive dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois ! Maxime Chattam développe sa nouvelle saga thriller avec autant de rapidité que d'efficacité, reliant une fois encore nombre de ses anciens cycles dans cette nouvelle œuvre appelée à rester dans les mémoires.

Un an et demi après les événements du premier tome et la sombre découverte réalisée dans le nord du Québec, Ludivine Vancker et ses collègues de la SR (Section de Recherche) de la Gendarmerie Française estiment que le pire est derrière eux et qu'ils ont déjà affronté l'horreur véritable, en étant tous sortis blessés mais grandis. Ludivine, en mémoire d'Alexis, disparu lors de leur enquête, s'est rapprochée du grand criminologue Richard Mikelis afin qu'il lui livre tout son savoir en la matière et la forme pour qu'elle puisse prendre la relève, au cas où...
Et justement, alors que les esprits s'apaisent et que la tension retombe, le Mal frappe à nouveau. Deux adolescents montent à bord d'un TGV et se mettent à tirer sur tous les passagers, perpétrant un véritable massacre de guerre qui ne laissera personne indifférent, avant de se suicider tous les deux. Moins d'une semaine après cette catastrophe, la France est pratiquement à feu et à sang. De partout les actes désespérés surgissent, les instincts meurtriers se réveillent et n'importe qui semble pouvoir devenir du jour au lendemain une vraie bombe à retardement : un homme exécute froidement tous les clients d'un restaurant parisien avant de se tirer une balle dans la tête, un autre organise une attaque à l'acide sulfurique massive sur un centre commercial dans le Nord, des gens sont retrouvés chez eux littéralement morts de peur, de terreur même, le visage atrocement déformé, sans le moindre signe d'effraction nulle part, rien qui puisse indiquer une présence autre que la victime au moment du décès... le Diable marcherait-il parmi nous, désormais ? C'est que prétendent certains de ses ''adeptes'', interpellés par la Gendarmerie et n'ayant que ce mot-là à la bouche : le Diable... le Diable les a conseillé, il leur a donné les moyens de se révéler et d'accomplir leur destin, son service, pour préparer son règne à venir, très bientôt. Pour Ludivine, ça ne fait aucun doute : quelqu'un dans l'ombre s'emploie à réunir des psychopathes dans tous les coins de la France, des gens qui ne demandent qu'une petite poussée dans le dos pour se lancer, et fait d'eux des monstres sans pitié. Quelqu'un organise les tueurs en série, les meurtriers de masse, quelqu'un tente de les fédérer ou du moins de synchroniser leurs actions, de les former pour qu'ils frappent la société là où elle aura vraiment mal. Cette nouvelle enquête risque bien d'être encore plus angoissante et dangereuse que la précédente, car cette fois le Mal est préparé à la résistance qu'on lui opposera et il a appris de ses erreurs précédentes. Cette fois, le Mal est partout, et le fait savoir, dans un monde en crise au bord de l'explosion, où les citoyens de plus en plus stressés et mis sous pression risquent de craquer d'un moment à l'autre et de devenir, eux-aussi, des pions meurtriers au service d'un sombre dessein. Cette fois, le Diable pourrait bien remporter la victoire... à moins qu'il ne soit déjà trop tard.

Un second tome énormément attendu et que certains ont jugé décevant justement par rapport à ces attentes, pour ma part je l'ai lu d'une seule traite sans pouvoir le lâcher une seule seconde, en une nuit blanche des plus passionnantes. Le seule autre livre dans ma vie récente pour lequel j'ai vécu la même chose à la lecture est un autre roman de Maxime Chattam, Prédateurs (second tome sur les trois de son Cycle de l'Homme, que je vous conseille vivement). Je m'estime donc pleinement satisfait car ce livre a parfaitement rempli sa mission, me divertir, me distraire, me faire réfléchir et me tenir en haleine comme jamais. Il est vrai que l'enquête comporte quelques facilités, malgré les recherches très immersives de l'auteur pour coller au mieux aux méthodes de la réalité, mais ça reste une œuvre de fiction il ne faut pas non plus exiger qu'elle soit naturaliste !
Les personnages sont forts, intéressants, donnent envie de les suivre dans leur enquête et dans leurs péripéties, de se plonger dans l'histoire à leurs côtés et de ressentir leurs angoisses et leurs doutes. Un nouveau méchant, très charismatique et envoûtant à plus d'un titre (rassurez-vous je ne dirai rien de plus à son sujet pour vous garder la surprise, sachez simplement comme le précise Chattam lui-même dans le livre que ce personnage a un lien avec un autre, au sein de La Trilogie du Mal...) qui poussera les gendarmes et la belle Ludivine dans leurs tous derniers retranchements, sachant taper exactement là où ça fait vraiment mal. Jamais autant que dans ce tome vous ne ressentirez le stress et l'angoisse grimpante que Chattam instille en vous à mesure que vous dévorez les chapitres, aucun ne vous laissera en paix et ne vous permettra de lâcher prise. Des suites sont déjà annoncées, l'histoire ne s'arrête pas là et des liens restent encore à venir avec les anciens cycles de l'auteur, tous reliés ici pour le meilleur mais surtout le pire...

Vous l'aurez compris, je suis on ne peut plus enthousiaste et j'attends ces prochains tomes avec impatience, car je ne suis pas le Diable et je ne tiendrais sûrement pas jusque là tout seul. Ne jugez pas ce second volume trop sévèrement et gardez à l'esprit qu'il est le point d'articulation d'un nouveau cycle, d'une nouvelle saga, et qu'il trouvera sa finalité dans ses suites.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 18 juin 2014

La Conjuration Primitive (Maxime Chattam - Albin Michel - 2013)


Aujourd'hui place à une autre sorte de lecture, puisque je vais vous parler d'un livre ! Un vrai, sans images, avec des pages blanches et du texte !
Ce livre, c'est l'un des derniers-nés du jeune écrivain à succès Maxime Chattam, que certains (dont moi) surnomment le ''Stephen King Français'' au vu de son incroyable rythme d'écriture et des thèmes qui lui sont chers. Maxime Chattam est en effet un auteur de thrillers et de romans d'horreur, à l'instar du grand Stéphane Roi lui-même, à ceci-près que chez lui l'horreur est entièrement humaine, là où King fait intervenir le surnaturel pour nous filer les chocottes, ce qui effraie le plus chez Chattam c'est que le mal est en nous, ce sont nos propres démons que nous affrontons, les propres terreurs de notre société moderne et les conséquences de nos actes sur le monde que nous blessons.
Dans La Conjuration Primitive, nous suivons l'enquête d'une cellule spéciale de la gendarmerie pour traquer et arrêter un groupe de tueurs en série qui semblent liés les uns aux autres, agissant simultanément en plusieurs points de l'Europe et signant tous de la même façon leurs crimes bestiaux. Une véritable épidémie de violence et de carnage, qui semble orchestrée dans l'ombre par une sorte de meneur, comme une étrange secte dont les tueurs seraient les adeptes. Avec l'aide d'un criminologue réputé capable de se mettre à la place des assassins qu'il pourchasse, les gendarmes de cette cellule de crise vont plonger au coeur de l'horreur et tout mettre en oeuvre pour arrêter cette vague de crimes avant qu'il ne soit trop tard et que le point de non-retour ne soit franchi. Car il en va non seulement de la sécurité des innocents, mais également de la survie de notre espèce à court terme.

Les thèmes principaux que Chattam se plaît à exploiter sont ici tous réunis. On retrouve par exemple énormément d'éléments liés à son fameux Cycle de l'Homme (3 romans unis autour d'un même fil rouge) qui tentait d'expliquer cette augmentation drastique du nombre de tueurs en série, de psychopathes et de fous dangereux de part le monde, grâce à une théorie très poussée qui réussit à nous glacer le sang. On trouve également dans ce roman un pont inattendu entre ce cycle et La Trilogie du Mal, sans doute à ce jour l'oeuvre la plus retentissante de Chattam et également une de ses premières réussites, qui lui a permis d'entrer dans la cour des grands. Là je ne peux pas vous en parler en détail, c'est à lire, je ne voudrais surtout pas vous spoiler ce lien, si ce n'est que les fans de cette trilogie seront aux anges.
Alors, si vous aimez les histoires qui vous angoissent, qui vous font réfléchir à votre condition et à celle de toute notre espèce, à l'avenir de notre monde mais surtout à votre propre sécurité... lisez La Conjuration Primitive et si vous n'êtes pas familier des oeuvres de Maxime Chattam, jetez-vous dès que possible sur les romans du Cycle de l'Homme et de La Trilogie du Mal, je ne saurais trop vous les conseiller. La suite devrait d'ailleurs paraître dans peu de temps, là aussi jetez-vous dessus sans hésiter !

A noter que Chattam s'est également essayé à la littérature jeunesse, à travers sa saga post-apocalyptique Autre-Monde, en 6 tomes à ce jour, toujours chez Albin Michel. Ca vaut le coup d'oeil et nous y retrouvons certaines réflexions typiques de l'auteur.
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et j'espère vous retrouver bientôt pour un nouvel article, d'ici-là bonne lecture et portez-vous bien !