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mardi 19 novembre 2019

UN(e)SECTE (Albin Michel - Novembre 2019)


Tout commence par une série de mystérieuses disparitions, sur l'ensemble du territoire Américain. La détective privée Kat Kordell, basée à New York, est engagée par la mère d'une jeune femme angoissée et socialement inadaptée ayant cessé de donner le moindre signe de vie à sa famille pratiquement du jour au lendemain. Kat, qui pense tout d'abord à une sorte de suicide ou de fugue, se rend rapidement compte que quelque chose ne colle pas, le profil n'est pas totalement bon et ne rentre pas dans les petites cases. Quelque chose semble avoir pris le contrôle de la vie de la jeune femme, et la détective entend bien découvrir quoi et si possible retrouver sa cible avant qu'elle ne disparaisse définitivement.

En parallèle, à Los Angeles, l'inspecteur Atticus Gore est mis sur une affaire déroutante qui pourrait signer la fin de sa carrière : un cadavre retrouvé entièrement privé de ses organes et de sa chair, rien qu'un squelette avec de la peau... et toujours ses vêtements, poisseux de sang, comme si rien n'avait été déplacé durant la mise à mort. Car Atticus est bel et bien convaincu qu'il s'agit d'un meurtre, un homicide d'un nouveau genre qui glace le sang et qui pourrait bien avoir déjà eu lieu auparavant, sur d'autres personnes, principalement des marginaux et des rejetés de la société. L'enquête piétine dès son commencement, mais Gore ne lâchera rien et ira jusqu'au bout de ses hypothèses, quand bien même celles-ci lui vaudraient de se ridiculiser ou pire de perdre sa plaque.

Sans le savoir, les deux enquêteurs suivent en vérité une seule et même piste, qui les mènera jusqu'aux tréfonds de la noirceur de l'être humain et de son nihilisme sans commune mesure, alors que de plus en plus de signes tendent à prouver que notre règne sur cette pauvre planète bleue s'apprête à basculer...

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Maxime Chattam sort son tout dernier thriller juste à temps pour Halloween et profiter de l'ambiance de la fête des morts ! C'est évidemment grâce à Albin Michel, et toujours pour notre plus grand plaisir !

Dans cette histoire qui reprend beaucoup des éléments chers à l'auteur depuis ses débuts (la théorie Gaïa, la psychologie criminelle et humaine, les failles d'un système devenu bien trop important et intolérant, etc.) nous retrouvons donc deux enquêteurs aux méthodes et aux vies différentes mais avec une même conviction et un même amour du travail bien fait, jusqu'au bout, quitte à froisser les mauvaises personnes. Le lecteur ira de surprise en surprise, certains chapitres et rebondissements feront froid dans le dos et les notes ajoutées par l'auteur en guise de postface n'aideront pas à calmer la montée d'anxiété à la limite de la paranoïa qui se jouera dans votre cerveau, bien au contraire.

Des chapitres courts de préférence pour une immersion totale et aisée ainsi qu'un rythme assez vif, pratiquement sans pauses autres que celles permettant de souffler deux secondes avant de replonger dans l'horreur du quotidien. Niveau technique c'est là encore une belle réussite de la part de Maxime Chattam, qui nous régale comme d'habitude avec un humour tout particulier et des personnages intenses.

Petite déception personnelle toutefois, je pense que ce roman aurait pu se permettre une fin assez noire tout compte fait. Non que nous soyons en face d'un parfait happy ending, mais la résolution de toute l'affaire est un peu artificielle, bancale irais-je presque jusqu'à dire, car il y avait la nécessité d'offrir au lectorat désormais assez massif et étendu de l'auteur une fin digne de satisfaire le plus grand nombre, là où dans ses premières œuvres un Maxime Chattam encore peu connu n'hésitait pas à sauter la tête la première dans l'abysse. Peut-être un élément révélateur d'un changement de mentalité et surtout d'un léger regain d'espoir, qui sait, en tout cas j'imagine sans peine une fin plus amère dans son style de jeunesse.

Un très bon thriller malgré ces quelques observations qui je le rappelle sont entièrement personnelles, je n'ai pas lâché ce livre durant toute une semaine et je n'avais qu'une hâte c'était de le refermer après avoir fini la lecture afin de pouvoir réfléchir posément aux sujets et débats qu'elle entraîne immanquablement. J'espère que vous en profiterez pleinement vous aussi pour faire un point sur la situation de l'être humain dans ce monde en souffrance !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 26 décembre 2018

Le Signal (Albin Michel - Octobre 2018)


Mahingan Falls. Une petite ville côtière de l'Est des États-Unis, un petit port de pêche et de plaisance, un cadre protégé par une enceinte naturelle, un rythme de vie plutôt agréable, bref la petite ville idéale pour tout recommencer. C'est justement là que viennent de s'installer les membres de la famille Spencer. Les parents, Olivia et Tom, et les trois enfants, Chad, Owen et Zoey. Tout se passe à merveille et les premiers jours de cette nouvelle vie, loin des buildings de New York, sont idylliques. Mais très vite quelque chose commence à dérailler dans la routine bien établie de la petite famille. Des histoires de sorcières, anciennes comme les procès de Salem non loin de là d'ailleurs, des histoires de fantômes et de recherches paranormales et occultes dans leur nouvelle maison du temps de ses anciens propriétaires... une petite ville qui cherche à cacher une partie de son passé et à se présenter sous le jour le plus agréable, alors que sous la surface rôdent encore de lourds secrets. Les monstres, voyez-vous, sont réels. Et la famille Spencer va bientôt pouvoir en témoigner, car les apparitions et phénomènes inexpliqués se multiplient dans la grande maison ainsi que dans le reste de la ville. Quelque chose approche, niché juste derrière le voile de notre plan d'existence et de notre réalité, quelque chose d'ancien, en colère... et affamé. Mahingan Falls s'apprête à connaître le vrai sens du cauchemar à l'état pur, car le signal a été lancé de l'autre côté... et bien reçu.

Que voilà une singulière expérience ! Maxime Chattam, l'auteur à succès de thrillers plus moins horrifiques selon les cycles de ses sagas, s'essaie ici avec brio au genre de l'horreur en tant que tel. Et c'est une vraie réussite, les personnages comme toujours sont terriblement attachants et criant de vérité, de sincérité et de véracité, les situations sont plausibles, les dangers redoutés et bien amenés, bref tout se passe de la meilleure façon possible pour celui que l'on appelle depuis un moment maintenant le Stephen King Français. On reconnaît d'ailleurs certaines caractéristiques des récits du maître du genre, comme Simetierre ou bien sûr le très célèbre Ça, référence du genre dans la catégorie des villes maudites et hantées. Petits clins d’œil ici et là à la littérature plus ancienne et classique de l'horreur comme aux œuvres dérangées de Lovecraft, comme une sorte de passage obligé pour rendre hommage comme il se doit aux travaux des anciens.
Si les péripéties ne sont pas forcément d'une finesse éclatante ni totalement inédites en la matière, Maxime Chattam montre qu'il sait très habilement jouer avec les codes de ce nouveau genre auquel il s'essaie brillamment, et Le Signal mérite amplement sa place sur les étagères de bibliothèques des fans de part le monde. J'espère d'ailleurs qu'il sera traduit et exporté dans d'autres langues et pays afin que le plus grand nombre puisse s'y frotter, avec le même frisson viscéral que tout nouveau lecteur enthousiaste. Je n'en dis volontairement pas davantage car ce livre doit se savourer pleinement et avec le maximum d'effet de surprise possible pour que la recette fonctionne vraiment. Les plus vieux ou aguerris d'entre nous repèrerons immédiatement les clichés ou les hommages, c'est selon, les plus jeunes ou novices seront de toute façon enchantés par ce qu'ils vont découvrir, avant de rapidement sombrer eux aussi dans la frénésie. Lire Le Signal, c'est s'aventurer en territoire pas totalement inconnu mais être capable d'y découvrir toujours plus de nouvelles choses et de s'émerveiller ou au contraire de s'horrifier à chaque nouvelle étape. Le roman vous attrapera entre ses pages cerclées d'un noir profond, pour mieux vous entraîner dans la folie et lire jusqu'au bout deviendra rapidement un besoin vital. Essayez de vous y confronter, si vous l'osez !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture et de Joyeuses Fêtes de fin d'année sur Radiophogeek et au-delà, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 14 janvier 2017

Autre-Monde tome 7 - Genèse (Maxime Chattam - Albin Michel - Novembre 2016)


Alors que le phénomène Entropia progresse de plus en plus sur les terres, vers le Sud, les membres de la dernière expédition de Neverland avancent vers l'Est à la recherche du dernier Coeur de la Terre, pour le soustraire à la terrible influence de Ggl, dont la noire présence se fait davantage ressentir à mesure que le monde ploie sous son emprise. Le Buveur d'Innocence est devenu le nouvel empereur des adultes d'Europe, et il compte bien satisfaire son nouveau maître ainsi que ses propres envies de vengeance. La dernière grande guerre de ce nouveau monde est sur le point de débuter, chacun fourbit ses armes et prépare le terrain. Ambre, Matt et Tobias mènent les leurs contre vents et marées jusqu'au dernier Coeur de la Terre, de loin le plus difficile à approcher. Car à l'Est, les choses sont bien différentes de ce à quoi ils ont déjà été confrontés. Le monde souterrain qu'ils traversent leur offrira à la fois de nouveaux amis et un nouvel espoir, mais également de nouvelles sources d'inquiétude quand il devient évident qu'un traître se dissimule parmi eux. Ce qui rend le rapprochement d'autant plus important, et Ambre et Matt le comprennent mieux que quiconque. Alors que leur union se fait de plus en plus proche, et qu'au Sud se prépare la grande bataille à venir contre les forces de l'empereur et celles bien plus redoutables encore de Ggl, les choses sont sur le point de changer à jamais pour ce nouveau monde et l'ensemble de ses habitants. Certains se battent pour l'avenir, pour qu'il y ait une chance de préserver la liberté et la singularité, alors que d'autres livrent le combat pour l'uniformisation et le contrôle total. Les derniers secrets d'Autre-Monde sont dévoilés, les enjeux fixés pour tous, et chacun devra maintenant se tenir prêt à jouer son rôle jusqu'au moment décisif. Quoi qu'il arrive désormais, la fin est proche !

Autre-Monde s'achève enfin, après plus de deux ans d'attente depuis le sixième tome, et Maxime Chattam nous offre une magnifique conclusion en forme de dernier baroud d'honneur pour ses personnages et leurs ennemis. Presque tous les secrets sont révélés, les liens entre les héros se resserrent de même que l'étreinte angoissante du grand ennemi sur le monde en pleine reconstruction. Comme depuis le début, Autre-Monde est une véritable ode à la liberté, au libre-arbitre et au respect de la nature et de l'environnement, mais pas seulement : il s'agit aussi d'un vibrant plaidoyer pour l'indépendance et l'imagination, un formidable réquisitoire contre les différents thèmes polémiques chers à Chattam dans ses autres œuvres : le contrôle absolu, l'hyper connectivité de notre société moderne, l'omniprésence du virtuel au détriment du concret, du réel. L'amour du meilleur de l'humanité contre ses pires inclinaisons. Un final magistral et plein de leçons tangibles, pour une saga exceptionnelle du début à la fin. Un grand merci monsieur Chattam pour ces sept tomes riches en émotions et en réflexions personnelles ! Et vivement les histoires développées et approfondies de certains personnages-clés de cette fin de récit, que nous attendrons sagement mais avec impatience.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 5 novembre 2014

Joyland (Stephen King - Albin Michel - Mai 2014)



Le Roi de l'Horreur n'en finit plus d'écrire sur ses vieux jours et le moins que l'on puisse dire c'est que son nouveau style lui va admirablement bien, ainsi qu'à son lectorat (moi) ! Voici son dernier-né en date, Joyland, paru chez Albin Michel en Mai dernier pour notre plus grand bonheur.

L'histoire se passe durant l'été 1973, dans un petit parc d'attractions aux allures de fête foraine. Nous suivrons le jeune Devin Jones, 21 ans, tandis qu'il obtient un petit boulot pour l'été et se faire un peu d'argent en vue de reprendre ses études à la rentrée prochaine, comme bon nombre d'étudiants dans son cas. Engagé comme travailleur saisonnier, comme ''bleu'', à Joyland, Devin va apprendre à se familiariser avec le milieu forain : sa vie, son atmosphère, son langage, ses codes, sa philosophie si particulière et si riche. Durant cet été de dur labeur, il connaîtra le chagrin, la perte du grand amour, le doute, la dépression, de nouvelles amitiés, l'ambition, la reconnaissance, le sentiment d'avoir trouvé une nouvelle famille, l'amour à nouveau peut-être... mais aussi la peur, bien entendu. Car Joyland a un secret, voyez-vous. Au sein de sa Maison Hantée, se trouve un fantôme qui n'est pas artificiel. Une jeune fille assassinée voici quelques années de cela, dont le corps fut laissé à l'abandon dans l'attraction et dont le meurtrier serait toujours en liberté, anonyme. Devin va entreprendre de lever le voile sur ce mystère et de faire partie des rares personnes à avoir vu ce fantôme de ses propres yeux. Pour lui, c'est bien plus qu'une simple histoire, une légende que se racontent les forains et les locaux pour effrayer les bleus et les touristes. Pour lui, c'est une seconde chance, l'occasion de faire enfin quelque chose de sa vie, de se prouver sa valeur. De rendre justice. Mais, en compagnie de ses camarades saisonniers, Devin va aussi se rendre compte petit à petit que le plus grand danger, à Joyland, n'est pas forcément de rencontrer les morts... et que la confiance est une chose rare.

Comme j'avais déjà pu l'observer dans ses dernières œuvres, Stephen King semble résolument se tourner vers une dimension plus humaine de ses récits, où la place du surnaturel est de plus en plus réduite, jusqu'à n'être plus ici qu'un simple prétexte à l'enquête du personnage principal et surtout à son évolution durant cet été fondamental de sa vie, celui où il passera à l'âge d'homme et où il connaîtra différentes expériences qui le forgeront et feront de lui un être plus sûr de lui et plus solide. Il y a tout de même toujours certains éléments typiquement ''Kingesques'', même à cette période très éclairée et contemplative de sa vie, comme par exemple cette prescience de certains personnages, souvent de très jeunes ou d'assez vieux. Énigmes du destin, messages de l'au-delà ; quelques éléments surnaturels qui ne sont ici que soutiens discrets d'une histoire très humaine, très réelle. Celle d'un jeune homme qui apprend à grandir avec les souffrances de son âge, à accepter le changement et les pertes, la découverte, l'évolution, et à trouver son utilité dans ce monde. A l'image du roman lui-même, l'histoire est somme toute assez courte et simple à suivre, et ce n'est en rien une déception. Cela correspond simplement aux nouvelles préoccupations de Stephen King, l'envie de sortir de ce carcan de l'horreur dans lequel il s'est enfermé depuis le début de sa carrière pour, à l'âge de retraite, parvenir enfin à traiter des sujets bien humains et concrets, à délivrer des messages sincères et d'une portée bienveillante, avec toujours ce zeste de critique un brin cynique (mais plus aussi désabusée) de la société et de ses travers. Un King sur ses vieux jours, désireux d'explorer de nouvelles pistes et, comme l'on pouvait le noter dès la lecture de Docteur Sleep, de simplement porter son regard et celui de ses lecteurs sur des sujets moins horribles, moins surnaturels et irréels qu'à son habitude, et nous offrir plutôt une sorte de réflexion sur nos propres expériences, passées et à venir. Certains cracheront un peu dans la soupe en faisant remarquer qu'il s'agit de plus en plus de romans assez courts et très faciles à lire (police plus grosse, pages avec davantage d'espace, etc.), mais je leur ferai remarquer quant à moi que le Vieil Homme a une carrière très bien remplie derrière lui, et qu'à son âge et à son niveau il peut se permettre de se lâcher un peu la bride et de faire partager ce qui lui plaît. Pour ma part j'apprécie tout autant de pouvoir lire ce genre de format que ceux de ses premiers gros romans, type Ça, où tout était assez petit et serré pour un volume très imposant. Le rapport d'adaptation depuis qu'Albin Michel édite Stephen King (2009-2010 il me semble mais je peux me tromper) est très satisfaisant. Et surtout, fidèle à l'esprit de chaque roman, Joyland en étant le dernier et meilleur exemple en date.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

jeudi 25 septembre 2014

La Patience du Diable (Maxime Chattam - Albin Michel - Juin 2014)



Ca y est la voilà enfin, la suite tant attendue de La Conjuration Primitive dont je vous ai déjà parlé il y a quelques mois ! Maxime Chattam développe sa nouvelle saga thriller avec autant de rapidité que d'efficacité, reliant une fois encore nombre de ses anciens cycles dans cette nouvelle œuvre appelée à rester dans les mémoires.

Un an et demi après les événements du premier tome et la sombre découverte réalisée dans le nord du Québec, Ludivine Vancker et ses collègues de la SR (Section de Recherche) de la Gendarmerie Française estiment que le pire est derrière eux et qu'ils ont déjà affronté l'horreur véritable, en étant tous sortis blessés mais grandis. Ludivine, en mémoire d'Alexis, disparu lors de leur enquête, s'est rapprochée du grand criminologue Richard Mikelis afin qu'il lui livre tout son savoir en la matière et la forme pour qu'elle puisse prendre la relève, au cas où...
Et justement, alors que les esprits s'apaisent et que la tension retombe, le Mal frappe à nouveau. Deux adolescents montent à bord d'un TGV et se mettent à tirer sur tous les passagers, perpétrant un véritable massacre de guerre qui ne laissera personne indifférent, avant de se suicider tous les deux. Moins d'une semaine après cette catastrophe, la France est pratiquement à feu et à sang. De partout les actes désespérés surgissent, les instincts meurtriers se réveillent et n'importe qui semble pouvoir devenir du jour au lendemain une vraie bombe à retardement : un homme exécute froidement tous les clients d'un restaurant parisien avant de se tirer une balle dans la tête, un autre organise une attaque à l'acide sulfurique massive sur un centre commercial dans le Nord, des gens sont retrouvés chez eux littéralement morts de peur, de terreur même, le visage atrocement déformé, sans le moindre signe d'effraction nulle part, rien qui puisse indiquer une présence autre que la victime au moment du décès... le Diable marcherait-il parmi nous, désormais ? C'est que prétendent certains de ses ''adeptes'', interpellés par la Gendarmerie et n'ayant que ce mot-là à la bouche : le Diable... le Diable les a conseillé, il leur a donné les moyens de se révéler et d'accomplir leur destin, son service, pour préparer son règne à venir, très bientôt. Pour Ludivine, ça ne fait aucun doute : quelqu'un dans l'ombre s'emploie à réunir des psychopathes dans tous les coins de la France, des gens qui ne demandent qu'une petite poussée dans le dos pour se lancer, et fait d'eux des monstres sans pitié. Quelqu'un organise les tueurs en série, les meurtriers de masse, quelqu'un tente de les fédérer ou du moins de synchroniser leurs actions, de les former pour qu'ils frappent la société là où elle aura vraiment mal. Cette nouvelle enquête risque bien d'être encore plus angoissante et dangereuse que la précédente, car cette fois le Mal est préparé à la résistance qu'on lui opposera et il a appris de ses erreurs précédentes. Cette fois, le Mal est partout, et le fait savoir, dans un monde en crise au bord de l'explosion, où les citoyens de plus en plus stressés et mis sous pression risquent de craquer d'un moment à l'autre et de devenir, eux-aussi, des pions meurtriers au service d'un sombre dessein. Cette fois, le Diable pourrait bien remporter la victoire... à moins qu'il ne soit déjà trop tard.

Un second tome énormément attendu et que certains ont jugé décevant justement par rapport à ces attentes, pour ma part je l'ai lu d'une seule traite sans pouvoir le lâcher une seule seconde, en une nuit blanche des plus passionnantes. Le seule autre livre dans ma vie récente pour lequel j'ai vécu la même chose à la lecture est un autre roman de Maxime Chattam, Prédateurs (second tome sur les trois de son Cycle de l'Homme, que je vous conseille vivement). Je m'estime donc pleinement satisfait car ce livre a parfaitement rempli sa mission, me divertir, me distraire, me faire réfléchir et me tenir en haleine comme jamais. Il est vrai que l'enquête comporte quelques facilités, malgré les recherches très immersives de l'auteur pour coller au mieux aux méthodes de la réalité, mais ça reste une œuvre de fiction il ne faut pas non plus exiger qu'elle soit naturaliste !
Les personnages sont forts, intéressants, donnent envie de les suivre dans leur enquête et dans leurs péripéties, de se plonger dans l'histoire à leurs côtés et de ressentir leurs angoisses et leurs doutes. Un nouveau méchant, très charismatique et envoûtant à plus d'un titre (rassurez-vous je ne dirai rien de plus à son sujet pour vous garder la surprise, sachez simplement comme le précise Chattam lui-même dans le livre que ce personnage a un lien avec un autre, au sein de La Trilogie du Mal...) qui poussera les gendarmes et la belle Ludivine dans leurs tous derniers retranchements, sachant taper exactement là où ça fait vraiment mal. Jamais autant que dans ce tome vous ne ressentirez le stress et l'angoisse grimpante que Chattam instille en vous à mesure que vous dévorez les chapitres, aucun ne vous laissera en paix et ne vous permettra de lâcher prise. Des suites sont déjà annoncées, l'histoire ne s'arrête pas là et des liens restent encore à venir avec les anciens cycles de l'auteur, tous reliés ici pour le meilleur mais surtout le pire...

Vous l'aurez compris, je suis on ne peut plus enthousiaste et j'attends ces prochains tomes avec impatience, car je ne suis pas le Diable et je ne tiendrais sûrement pas jusque là tout seul. Ne jugez pas ce second volume trop sévèrement et gardez à l'esprit qu'il est le point d'articulation d'un nouveau cycle, d'une nouvelle saga, et qu'il trouvera sa finalité dans ses suites.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 25 juin 2014

Autre-Monde tome 6 : Neverland (Maxime Chattam – Albin Michel - 2013)


Comment vous parler de ce tome sans vous présenter rapidement la saga jeunesse/adultes de Maxime Chattam, jeune auteur Français au succès international ?
Pour faire simple, il s'agit d'une histoire prenant place dans notre monde, ou plutôt ce qu'il en reste après qu'un cataclysme d'ampleur divine ait tout ravagé sur son passage et profondément modifié la nature-même de notre chère planète, afin de punir l'humanité pour ses exactions et sa violence. Les adultes sont devenus des êtres cruels ayant perdu tout souvenir (ou presque) de leur vie précédente, et s'organisent autour de fanatiques leur promettant une nouvelle ère, tandis que les enfants eux se souviennent de l'ancien monde et désirent vivre en paix avec ce nouveau, en harmonie avec cette nature changée qui ne fait plus aucun cadeau.

Vous l'aurez compris par ces quelques lignes, il est surtout question d'un récit post-apocalyptique mais également d'une renaissance générale pour l'humanité, si tant est qu'elle soit capable de saisir sa chance et de ne pas réitérer les erreurs du passé. Nous suivons donc le parcours de trois jeunes en particulier : Matt, Ambre et Tobias, trois adolescents dotés de pouvoirs spéciaux appelés ''altérations'' comme beaucoup d'autres parmi la population non-adulte. Sur eux repose le destin de toute leur communauté, et après avoir affronté au cours du premier cycle de la saga les hordes de la reine Malronce, adulte tyrannique prônant la suprématie totale de son règne et le sacrifice forcé des enfants, voici que notre trio s'embarque pour la vieille Europe, continent aujourd'hui pétri de mystères, où il se pourrait que l'avenir du monde se joue désormais.
En effet, là-bas un nouvel empire a vu le jour, celui du tout-puissant Oz, auto-proclamé empereur des adultes (Ozdultes), qui réduit à l'esclave tous les enfants qui lui tombe sous la main, ou leur réserve un sort bien pire encore dans ses étranges laboratoires d'expérimentations. Pourquoi le trio, qu'on appelle alors l'Alliance des Trois, se rendrait-il sur un territoire si dangereux ? Tout simplement car un danger bien plus terrible les menace, eux comme le reste de la planète à long terme, et que la solution pour lui résister et peut-être le vaincre se trouverait en Europe, au coeur de cet empire cruel. L'entité inhumaine appelée Ggl (Gageule, suivez le clin d'oeil) se répand tel un voile de ténèbres et de mort sur le monde et assimile toute forme de vie rencontrée, sans aucune once de pitié. Si certains pensent encore que parlementer avec Ggl et ses forces obscures est chose possible, l'Alliance des Trois sait que ce serait une folie et que le seul avenir possible est celui-ci : détruire Ggl, ou être détruit, adultes comme enfants. Dans le tome précédent, c'est le coeur lourd que nos héros doivent battre en retraite devant l'ennemi lorsque celui-ci détruit sous leurs yeux le seul espoir qu'ils avaient de lui faire face. Mais pourtant, la partie est loin d'être jouée...
Car aujourd'hui, séparés, les membres de l'Alliance des Trois vont chacun de leur côté lutter pour retrouver la liberté et découvrir où se cache l'ultime espoir, l'ultime chance de détruire Ggl même si ce-dernier est à présent devenu une force que nul ne semble en mesure de contenir, pas même le nouvel empereur Oz malgré toutes ses manigances. Cette lumière dans les ténèbres, Matt va tout faire pour la trouver, même si cela signifie prendre de l'avance sur ses deux compagnons au risque de les perdre. Pour cela, il lui faudra entrer en contact avec la résistance des enfants refusant de se soumettre à l'empire d'Oz, ceux que l'on appelle les Fantômes, ceux qui n'existent pas. Dissimulés au coeur de leur forteresse perdue, Neverland, les résistants s'organisent pour le dernier combat, celui que tous attendent et redoutent depuis de nombreux mois déjà. Matt devra les convaincre de l'existence d'un ennemi bien pire que les forces d'Oz, afin de bénéficier de leur aide pour se rendre à l'endroit où il pourra organiser son voyage vers la destination salvatrice avant que Ggl ne l'intercepte. Rejoint après de nombreuses épreuves par Ambre et Tobias, c'est le coeur plus léger que Matt se lance dans l'aventure finale, où de terrifiants dangers les attendent encore et où chaque pas peut se révéler mortel.

Ce résumé vous a plu ? Sachez qu'il ne contient que très peu d'informations sur tout ce qui se passe et dans ce tome et dans la saga en général, ceci afin de ne spoiler personne sur les détails les plus importants au coeur de cette histoire grandiose du nouveau maître du genre thriller/horreur. Une saga qui se vit presque autant qu'elle se lit, un peu à la manière d'un gigantesque jeu-vidéo parfois. D'ailleurs, si quelqu'un en bonne position lit ces lignes, adapter Autre-Monde en une grande saga de jeux-vidéos en mode survival-aventure, ça serait une riche idée !
Donc pour conclure, si vous êtes un peu familier des oeuvres classiques de Chattam mais que vous ne connaissiez pas Autre-Monde, c'est le moment où jamais de vous y mettre car le dernier tome de toute la saga doit paraître dans quelques mois. Personnellement je prends les grands formats à leur sortie, mais je sais qu'il existe un format de poche, donc vous n'avez aucune excuse ! Découvrez avec plaisir une histoire de longue haleine qui mêle horreur et fantasy avec philosophie et humour, dans un style qui rappellera sûrement à certains la participations de Stephen King (encore lui eh oui !) dans le cycle fameux La Tour Sombre. Une fois encore remercions aussi les éditions Albin Michel qui livrent un travail formidable autour de ces oeuvres, pour notre plus grand plaisir.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article, d'ici-là portez-vous bien !

mercredi 18 juin 2014

La Conjuration Primitive (Maxime Chattam - Albin Michel - 2013)


Aujourd'hui place à une autre sorte de lecture, puisque je vais vous parler d'un livre ! Un vrai, sans images, avec des pages blanches et du texte !
Ce livre, c'est l'un des derniers-nés du jeune écrivain à succès Maxime Chattam, que certains (dont moi) surnomment le ''Stephen King Français'' au vu de son incroyable rythme d'écriture et des thèmes qui lui sont chers. Maxime Chattam est en effet un auteur de thrillers et de romans d'horreur, à l'instar du grand Stéphane Roi lui-même, à ceci-près que chez lui l'horreur est entièrement humaine, là où King fait intervenir le surnaturel pour nous filer les chocottes, ce qui effraie le plus chez Chattam c'est que le mal est en nous, ce sont nos propres démons que nous affrontons, les propres terreurs de notre société moderne et les conséquences de nos actes sur le monde que nous blessons.
Dans La Conjuration Primitive, nous suivons l'enquête d'une cellule spéciale de la gendarmerie pour traquer et arrêter un groupe de tueurs en série qui semblent liés les uns aux autres, agissant simultanément en plusieurs points de l'Europe et signant tous de la même façon leurs crimes bestiaux. Une véritable épidémie de violence et de carnage, qui semble orchestrée dans l'ombre par une sorte de meneur, comme une étrange secte dont les tueurs seraient les adeptes. Avec l'aide d'un criminologue réputé capable de se mettre à la place des assassins qu'il pourchasse, les gendarmes de cette cellule de crise vont plonger au coeur de l'horreur et tout mettre en oeuvre pour arrêter cette vague de crimes avant qu'il ne soit trop tard et que le point de non-retour ne soit franchi. Car il en va non seulement de la sécurité des innocents, mais également de la survie de notre espèce à court terme.

Les thèmes principaux que Chattam se plaît à exploiter sont ici tous réunis. On retrouve par exemple énormément d'éléments liés à son fameux Cycle de l'Homme (3 romans unis autour d'un même fil rouge) qui tentait d'expliquer cette augmentation drastique du nombre de tueurs en série, de psychopathes et de fous dangereux de part le monde, grâce à une théorie très poussée qui réussit à nous glacer le sang. On trouve également dans ce roman un pont inattendu entre ce cycle et La Trilogie du Mal, sans doute à ce jour l'oeuvre la plus retentissante de Chattam et également une de ses premières réussites, qui lui a permis d'entrer dans la cour des grands. Là je ne peux pas vous en parler en détail, c'est à lire, je ne voudrais surtout pas vous spoiler ce lien, si ce n'est que les fans de cette trilogie seront aux anges.
Alors, si vous aimez les histoires qui vous angoissent, qui vous font réfléchir à votre condition et à celle de toute notre espèce, à l'avenir de notre monde mais surtout à votre propre sécurité... lisez La Conjuration Primitive et si vous n'êtes pas familier des oeuvres de Maxime Chattam, jetez-vous dès que possible sur les romans du Cycle de l'Homme et de La Trilogie du Mal, je ne saurais trop vous les conseiller. La suite devrait d'ailleurs paraître dans peu de temps, là aussi jetez-vous dessus sans hésiter !

A noter que Chattam s'est également essayé à la littérature jeunesse, à travers sa saga post-apocalyptique Autre-Monde, en 6 tomes à ce jour, toujours chez Albin Michel. Ca vaut le coup d'oeil et nous y retrouvons certaines réflexions typiques de l'auteur.
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et j'espère vous retrouver bientôt pour un nouvel article, d'ici-là bonne lecture et portez-vous bien !