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lundi 1 février 2016

Emission n°63 : Coups de coeur de janvier

C'est un rendez-vous que vous connaissez désormais bien, voici venir en ce début de mois les coups de coeur de l'équipe !
Au programme : Flo se réjouit de la publication de Superman Batman en français, Etienne revient en détail sur le jeu, hommage au slasher, Until Dawn et pour finir Thomas vous invite à découvrir la mini-série événement Wolf Hall sur la vie de Thomas Cromwell.

lundi 9 novembre 2015

Emission n°54 : Michael Turner

Cette semaine Flo nous présente un nouvel auteur phare du monde des comics : Michael Turner, créateur de Fathom et Soulfire, fondateur des éditions Aspen Comics, artiste aux multiples talents hélas disparu trop tôt.
Retour sur sa vie et son oeuvre :

lundi 28 septembre 2015

Emission N°48 : Comment en vient-on à lire de la version originale lorsque l'on aime les comics ?

Amis du jour, bonjour !
Pour ce quarante-huitième numéro de Radiophogeek, nous abordons un sujet atypique que l'on pourrait qualifier de "niche dans la niche" : la lecture en version originale (ici en anglais donc) des comics.

Pourquoi en arrive-t-on à se laisser tenter par la v.o. ? Est-ce cher ? Est-ce accessible ? Vaut-il mieux commencer directement en anglais qu'en français ? Quelles différences dans l'édition et la traduction des oeuvres entre version originale et version française ?

Autant de question auxquelles Florent, Etienne et Thomas tenteront de répondre en vous faisant partager leur expérience personnelle et des réflexions plus globale sur le sujet.

Que vous soyez néophyte du monde des comics, simple lecteur vf  ou même aficionado des publications américaines, nous espérons que cette nouvelle émission vous plaira !

lundi 7 septembre 2015

lundi 25 mai 2015

Emission n°39 : Marc Silvestri

Nouveau concept d'émission : Flo vous parle d'un artiste tandis que nous découvrons et réagissons à ses dessins. Enjoy !

mardi 23 décembre 2014

Emission n°26 bis : Se dirige-t-on vers une overdose des adaptations de comics sur petits et grands écrans ?

Petite pause cette semaine dans les articles de Florent qui goûte à un repos bien mérité.
Cela nous permet de vous proposer en bonus de fin d'année la seconde partie de notre précédente émission.

Après vous avoir exposé la genèse des adaptations de comics à la télévision, nous nous penchons sur leur avenir au cinéma et sur le petit écran avec l'embouteillage (et surement le carambolage) qui se profile d'ici à l'horizon 2020.

Le débat est lancé : subira-t-on une overdose de comics suite à leur surreprésentation ?

L'équipe de Radiophogeek vous souhaite une bonne écoute et de bonnes fêtes de fin d'année !

N.B. : Cette émission a été enregistrée avant la présentation dans le détail des prochains films Marvel, ne vous étonnez donc pas si nous en parlons à l'état de rumeurs :)

jeudi 18 septembre 2014

Les patients d'Arkham (Urban Comics - Juillet 2014)



Vous allez finir par penser que je ne lis que ça, des tomes de la collection ''DC Nemesis'' d'Urban Comics, mais non c'est une simple coïncidence ! Et puis vu les récits de qualité qui s'y trouvent, j'aurais tort de me priver de vous en parler non ? On est bien d'accord.
Sortie en Juillet 2014 chez nous et scénarisée par Dan Slott (oui, le monsieur très décrié aux commandes depuis très longtemps des séries Amazing Spider-man, puis Superior Spider-man puis de nouveau Amazing Spider-man actuellement), cette mini-série intitulée Les patients d'Arkham nous plonge dans le quotidien terrifiant et angoissant du fameux Asile d'Arkham, en périphérie de Gotham City, inquiétante bâtisse ancienne abritant les pires psychopathes de l'univers DC et semblant tout faire à part les soigner. Avec l'aide de Ryan Sook au dessin, Dan Slott nous propose une virée saisissante et malsaine auprès des plus grands criminels de la ville, et de ce qui fait sans doute de l'Asile d'Arkham un endroit à éviter à tout prix.

Warren White est un homme tout ce qu'il y a de plus ordinaire et normal. Pas de super-pouvoirs, pas d'origines traumatisantes, pas d'accident, pas de mauvaise journée, rien. Si ce n'est que Warren White est sans doute le trader le plus insensible qui existe, et qu'il est jugé pour escroquerie à grande échelle, ayant fait perdre à cause de ses manipulations boursières des sommes considérables à de pauvres épargnants anonymes. Aussi riche que Bruce Wayne, dit-on, il s'arrange pour éviter la prison à vie en soudoyant ses avocats et en plaidant la folie passagère pour expliquer ses actions. Ca marche, et le jury le considère comme coupable mais non-responsable de ses actes. Warren est soulagé, il évite donc la prison... mais pourquoi le juge semble-il si satisfait malgré tout de ce verdict ? Après tout, ce n'est vraiment pas si grave, on décide simplement de l'envoyer dans un genre de maison de repos, un sanatorium ou quelque chose du même genre, où il passera quelques mois voir juste quelques semaines à discuter avec des gens avant de sortir comme si de rien n'était et de reprendre sa vie de débauche. A l'aise donc. Oui mais pourtant, tout le monde autour de lui, ses avocats comme ses proches, tous semblent paniqués à la seule prononciation du nom de l'établissement : l'Asile d'Arkham. Quoi, ce n'est pas grand chose enfin ! Rien qu'un endroit où sont soignés en douceur les gens ayant un peu perdu le sens des réalités... n'est-ce pas ?
Evidemment, nous lecteurs qui sommes aussi sains d'esprit que Warren, nous savons déjà combien il se trompe et dans quel enfer il vient de se condamner lui-même par ses manœuvres juridiques. Ce n'est pas un hasard si ce bon plan paraissait un si bon plan : personne, à Gotham, n'oserait plaider la folie pour échapper à la prison. Car cela voudrait dire qu'on serait immédiatement envoyé à Arkham, auprès de cinglés véritables comme Double-Face, Killer Croc, le Chapelier Fou, Poison Ivy, l'Epouvantail... le Joker. Tout cela, Warren l'ignorait ou ne s'en rendait pas vraiment compte. Les choses vont bien changer lors de son arrivée, obligé de passer la nuit dans la même cellule qu'un dangereux gourou de secte persuadé de parler aux morts et vivant avec les âmes de ses victimes. Qui occupent une bonne partie de la pièce et des couchettes. La nuit promet d'être longue... d'autant que tout le monde se réjouit de l'arrivée de ce nouveau patient, les autres lui ont même tout de suite trouvé un surnom adéquat. Dehors, Warren White l'insensible était le Grand Requin Blanc, prédateur de la finance, impitoyable. Ici, dans les murs d'Arkham, il est... Viande Fraîche. Et il n'aura jamais autant eu l'impression d'être un bout de viande sur pattes, cible de toutes les attaques, souffre-douleur de gens comme Killer Croc, esclave de Double-Face, compagnon de douche du Joker... et si cet enfer finissait par faire de lui, un homme sain et respectable, un véritable monstre à son tour ? Car en plus des patients et de la violence ambiante, Arkham dissimule bien des secrets atroces en son sein, de sombres origines et une histoire des plus glauques, propre à instiller la folie dans les cœurs les plus faibles...

Les patients d'Arkham, où une plongée effroyable du lecteur dans ce lieu que l'on a toujours préféré éviter, surtout depuis le passage de Grant Morrison. Dan Slott relève le défi de nous livrer un récit encore plus sombre et malsain, avec succès, nous présentant avec force détails la chute lente et inexorable d'un homme ''sain d'esprit'' qui deviendra un monstre semblable à ses nouveaux compagnons d'infortune. Mais Warren n'est pas le seul personnage que le lecteur suivra dans cette histoire, puisque l'Asile lui-même peut être considéré comme un personnage à part entière. Une grande partie de son passé sera reprise de ce que Grant Morrison avait déjà établi, mais de nouveaux éléments vont entrer en jeu et notre vision de l'endroit en sera à jamais changée. Pour les gamers, vous apprécierez de retrouver dans ce récit les prémices du jeu-vidéo Arkham Asylum, du moins les personnages clés de l'aventure qui vous serons ici présentés pour la première fois.
Une petite histoire en six chapitres, sans grande conséquence pour le reste de l'univers Batman, agréable à lire et qui fait réfléchir sur le destin des criminels de Gotham lorsque le Chevalier Noir n'est plus dans les parages pour les protéger. Oui, les protéger.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 10 septembre 2014

La saga de Ra's al Ghul (Urban Comics - Juillet 2014)


Attention, là c'est du lourd. Dans la collection ''DC Nemesis'' jusqu'à présent nous n'avons eu que des récits de qualité, sur les plus grands méchants de l'univers de Batman principalement, de Bane à Double-Face en passant par Deadshot ou le Pingouin. Avec cet album-ci, très imposant et tout aussi bien fourni, nous avons le plaisir de découvrir non pas un mais trois récits parus à la fin des années 1980 et au début des années 1990 sur le personnage de Ra's al Ghul, écoterroriste immortel dont le génie rivalise largement avec celui du Chevalier Noir. Trois histoires qui nous présenteront tour à tour les origines, les failles et les plus grandes réussites de ce vilain créé en 1971 et qui reste encore de nos jours l'une des plus grandes et des plus terribles menaces qui pèsent sur Batman et son entourage, ainsi que sur notre monde. Un personnage torturé, tourmenté par son passé, en lutte perpétuelle contre l'évolution et contre l'humanité, se plaçant en bienfaiteur de la planète tout autant qu'en meurtrier de masse pour le bien commun. Egalement un père soucieux de sa descendance et de son héritage, un homme vieux et fatigué qui refuse de rendre les armes tant que sa vision ne se sera pas accomplie ou que son rêve ne soit en sécurité entre les mains d'un digne successeur. Un temps ce rôle aurait pu être tenu par Batman lui-même, amant de Talia, la fille de Ra's, et que l'immortel considère toujours malgré leurs différends et oppositions morales comme son fils spirituel.

Grâce au travail d'Urban Comics, nous avons la joie de pouvoir lire en un seul recueil trois récits légendaires sur le personnage et sa relation avec Batman. Tout d'abord, dans La naissance du Démon (Birth of the Demon), les secrets des origines de Ra's al Ghul nous serons enfin dévoilés, par la bouche de sa fille Talia se confiant au Chevalier Noir avant que l'heure de l'affrontement final entre son père et son amant ne sonne. Les mystères de celui qui s'affranchît de la Mort elle-même et devint pire qu'un démon, de l'homme qui perdît toute humanité par la faute de la cruauté des hommes. Un scénario de l'écrivain Dennis O'Neil, ayant officié de nombreuses années à la tête du destin des séries de Batman et connaissant ses personnages sur le bout des doigts, un récit à la fois touchant et horrible, qui se finit en apothéose par un duel impitoyable entre les deux antagonistes, à la vie à la mort. Le dessin et les couleurs de Norm Breyfogle sont incroyablement beaux, chaque case ressemble à une petite peinture et l'ambiance du Moyen-Orient médiéval est parfaitement retranscrite. Saisissant, on ne peut qu'admirer les efforts colossaux pour la création de ce style si particulier au service d'une histoire toute aussi magnifique !

Ensuite, dans Le fils du Démon (Son of the Demon), récit de Mike W. Barr sur un dessin très clair et détaillé de Jerry Bingham paru initialement en 1987 (et merci à Urban par ailleurs d'avoir laissé la sublime préface de l'époque signée Mark Hamill, oui oui, grand fan de Batman devant l'éternel depuis sa plus tendre jeunesse et qui participera à de nombreuses adaptations animées en prêtant sa voix au Joker), retour au présent avec Batman enquêtant sur l'assassinat d'un scientifique, dont les recherches semblent liées à Ra's al Ghul. Découvrant finalement que le véritable assassin désire en réalité détruire Ra's et sa Ligue des Assassins ainsi que tous ses projets, Batman décide de s'allier avec le terroriste immortel afin de retrouver Qayin, ancien fils adoptif de Ra's dont les parents ont été tué dans le bombardement nucléaire du Japon en 1945 sur les ordres de ce dernier et qui désire depuis se venger, avant qu'il ne mette son plan à exécution et ne provoque une catastrophe diplomatique sans précédent en pleine Guerre Froide, qui pourrait déclencher un hiver nucléaire sur toute la planète. L'occasion pour Batman de se rapprocher comme jamais de Ra's et de sa fille Talia, nouant une idylle amoureuse avec elle et concevant même un enfant. Les heures sombres semblent alors s'éloigner et les esprits sont la fête, à l'union.
Mais bien vite la cruelle réalité refait surface et emporte avec elle son lot d'espoirs et de rêves brisés. L'enfant à naître n'est plus et Batman, dévasté par cette perte, s'embarque dans une croisade d'une violence rare aux côtés de Ra's al Ghul pour mettre un terme définitif aux agissements de Qayin. L'occasion pour Ra's de lui aussi connaître un changement très important, en choisissant pour la première fois de renoncer à ses idéaux et à ses rêves d'une planète libérée du fléau de l'humanité, se posant exceptionnellement en sauveur de celle-ci et faisant preuve d'un héroïsme dont on ne le croyait plus capable depuis bien des siècles. La preuve, peut-être, que tout le monde peut un jour changer, et qu'il reste toujours un espoir quelque part ? Malgré le côté très sombre de cette fin, un rayon d'espoir subsiste bel et bien car l'on découvre que l'enfant n'est pas mort en réalité et qu'il a été confié aux bons soins d'un orphelinat par sa mère, désirant conserver le secret dans un but des plus mystérieux (Grant Morrison, je t'ai vu !)...

Enfin, dans le troisième et dernier volet de cette saga, La fiancée du Démon (Bride of the Demon), c'est une nouvelle facette de Ra's al Ghul qui nous est dévoilée, celle d'un homme recherchant encore et toujours le grand amour, la femme digne de partager sa vie et ses rêves et également de porter sa descendance. Mike W. Barr et Tom Grindberg nous racontent comment Ra's développe son plus grand projet en parallèle de sa quête sentimentale, réalisant l'un et l'autre dans le même temps et faisant reposer autant d'espoirs sur chacun. Une fois encore aidé, de façon ambiguë, par Talia, Batman va remonter la piste de Ra's jusqu'à le dénicher dans sa base d'opérations secrète, où il découvrira avec horreur le projet le plus terrible et le plus grandiose de l'immortel pour rendre à la planète son aura d'antan, sa pureté d'avant la souillure de l'humanité industrialisée. Une œuvre démentielle qui rassemble la somme des rêves et des espoirs du terroriste, un désir farouche de rendre le monde meilleur quel qu'en soit le prix et quelles qu'en soient les conséquences, pour que son héritage perdure à jamais et que la nouvelle humanité à naître puisse être guidée par ses descendants éclairés. C'est le point d'orgue de plus de 600 ans d'existence pour Ra's al Ghul, son plus grand achèvement et sa plus grande entreprise, pour laquelle il est prêt à se sacrifier corps et âme sans réserve. Quitte pour cela à perdre l'amour de sa vie et l'affection de sa fille... mais un rêve ne connaît aucune limite, si ce n'est la folie.

Trois histoires magnifiques, toutes d'une façon différente, avec un style précis et unique à chaque fois. A ma connaissance jamais aucun personnage de cette envergure n'aura eu une telle aura auprès tant de ses auteurs que de ses lecteurs, et ces histoires d'anthologie rassemblées par Urban Comics sous le titre La saga de Ra's al Ghul forment une fresque presque parfaite, à laquelle rien ne manque, et qui constitue selon moi l'un des meilleurs albums que j'ai pu lire depuis Janvier 2012 et la création de l'éditeur français de DC Comics. Vraiment, jetez-vous dessus et ne regardez pas à la dépense, car ce gros album vaut largement son prix nettement plus cher que la moyenne pour cette collection. Si vous ne devez lire qu'un seul volume des ''DC Nemesis'', alors que ce soit celui-là, par pitié ! C'est une œuvre fascinante, prenante, triste, intense et tragique, qui ne vous laissera pas indifférent quoi qu'il arrive et qui vous fera découvrir une vraie qualité d'écriture et de représentation dans le monde des comics, de quoi faire taire les mauvaises langues pour un bon bout de temps.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 5 septembre 2014

Batman, le Chevalier Noir tome 3 - Folie furieuse (Urban Comics - Juin 2014)


Batman, le Chevalier Noir est une série à part des autres concernant le protecteur de Gotham. Seule échappant au jour de Scott Snyder, elle fait son petit chemin dans son coin sans se préoccuper du reste, à part les grands événements. La qualité varie suivant les chapitres et les scénaristes, passant de Paul Jenkins pour le premier tome à Gregg Hurwitz depuis le second, qui fut un vrai chef-d'oeuvre au passage. Ce troisième tome, dessiné par Ethan Van Sciver, est un peu moins bon que le précédent mais tout aussi intéressant dans sa démarche, consistant à approfondir le passé d'un vilain de l'univers Batman et à le faire découvrir au public sous un nouveau jour.

Alors que la ville de Gotham est effrayée par une nouvelle vague d'enlèvements, peu après les derniers agissements de l'Epouvantail, Batman tente d'identifier son nouvel adversaire mais également côté Bruce Wayne de maintenir à flot sa relation avec la pianiste Ukrainienne Natalya Trusevich, qui commence à soupçonner la double-vie de son mystérieux amant. Et tandis que la ville s'affole, Jervis Tech, dit le Chapelier Fou, prépare une nouvelle monstruosité en faisant enlever toujours plus de personnes innocentes afin de lui construire un décor de rêve pour sa psychose. L'occasion de l'accompagner dans ses délires vers les confins de ses souvenirs, son enfance et son amour transit pour LA fille, la belle Alice, et le moment fatidique où tout son univers construit autour d'elle s'effondra en le laissant sans le moindre espoir. Une enfance malheureuse, dont il est malgré tout le seul responsable, et qui fera de lui le monstre que l'on connaît aujourd'hui et qui s'apprête à perpétrer un nouveau massacre, à moins que Batman n'arrive à temps pour l'en empêcher cette fois. Un Batman qui devra lui aussi voyager dans la plus sombre noirceur de son être, de sa personnalité, et explorer un chemin angoissant qui le poussera à franchir la ligne, à peut-être devoir commettre l'impardonnable pour stopper la folie de son ennemi... et, peut-être, devenir comme lui.

Ce tome m'a moins plu et transporté que le précédent sur l'Epouvantail, qui lui était véritablement magistral de bout en bout. Ici le personnage principal est celui du Chapelier Fou, et le lecteur découvrira les secrets de son enfance ainsi que de ses traumatismes, lui faisant éprouver tantôt de la compassion tantôt du dégoût pour cette infortunée créature. Grosso-modo la même recette que pour l'Epouvantail du coup, et autant la première fois c'était un coup de génie, autant la seconde fois ça sent un peu le réchauffé de la part de Gregg Hurwitz, c'est un peu dommage je trouve. La formule est bonne, elle fonctionne, mais risque de devenir lassante si chaque arc de la série s'articule de cette façon. Enfin, il n'en reste plus beaucoup à paraître chez nous puisque la série a été arrêtée en V.O. au bout de 5 tomes à peu près.
Le dessin d'Ethan Van Sciver, accompagné pendant un ou deux chapitres par Szymon Kudranski, est toujours aussi bon que précédemment, aucun soucis à relever sur ce point. On regrette simplement que certaines planches, travaillées pour plonger le lecteur au sein du delirium du Chapelier et de Batman, perdent en clarté par moments.
En résumé un tome sympathique, efficace, qui nous permet de mieux connaître le Chapelier Fou, mais qui s'égare quelques peu dans un schéma de narration en boucle depuis le tome d'avant, et qui à trop vouloir se détacher du reste de l'univers Batman perd l'essence de son personnage à diverses reprises. Je vous en laisse seul juge, pour ma part j'ai trouvé que certaines répliques ou certains actes du Chevalier Noir ne lui correspondaient pas du tout, délire ou pas. On sent une réelle maîtrise pour ce qui touche aux ennemis, à leur genèse et à leurs motivations profondes, mais en revanche une maladresse plutôt gênante concernant Batman lui-même. J'espère que cela sera corrigé dans les derniers arcs de la série, à venir chez Urban d'ici l'an prochain j'imagine. En tout cas Batman, le Chevalier Noir reste l'une de mes séries Gotham préférées du moment depuis ses débuts.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 27 août 2014

Aquaman tome 3 – La mort du roi (Urban Comics – Juin 2014)


Et voici ma seconde série coup de coeur du renouveau de DC Comics, Aquaman, de retour avec son troisième tome intitulé La mort du roi, scénarisé par Geoff Johns et dessiné presque entièrement par Paul Pelletier. La qualité est toujours au rendez-vous comme aux débuts, et l'on entre ici dans un récit largement à la hauteur de ce que la Justice League connaît depuis peu avant. J'ai écris la dernière fois que la série Justice League était le coeur des New52, mais dans ce cas la série Aquaman en constitue l'âme (avec deux autres à mon sens). C'est l'incarnation-même de la volonté de changement de l'éditeur pour ses personnages et ses différents univers, et la renaissance d'un héros au passé entaché de moqueries qui revient de loin et nous emporte à chaque nouveau tome dans ce qui semble bien être l'une des toutes meilleures séries de cette nouvelle ère. Petit point donc sur ce troisième opus toujours signé Geoff Johns, le grand architecte spécialiste pour redorer les blasons, et quels blasons !

Juste après les événements de l'arc Le trône d'Atlantide, la situation a grandement changé dans le monde. Les habitants de la surface ont découvert que le peuple des mers existe bel et bien, et a réalisé avec effroi qu'il est loin d'être amical. La tension monte depuis le conflit stoppé in-extremis par la Ligue de Justice et par Aquaman, aujourd'hui nouveau souverain de l'Atlantide, un souverain déchiré entre les deux mondes qu'il aime et auxquels il appartient tout autant. Rejeté par les Atlantes, pour certains encore trop attachés à leur ancien roi Orm aujourd'hui déchu ; craint et même haï par les terrestres de la surface, Arthur aura bien du mal à concilier les intérêts des deux camps et à instaurer une ère de paix pour panser les blessures. D'autant qu'il faudra compter avec des contrebandiers humains ravis de mettre la main sur des armes Atlantes ainsi que des spécimens vivants pour les revendre à prix d'or, ainsi que sur les tensions internes au royaume sous-marin encore en deuil. Tandis qu'un complot se fomente au sein de la garde du roi pour se rendre en surface faire évader celui que l'on appelle désormais Ocean Master, Orm, Arthur devra faire face au retour d'une très ancienne menace pour l'Atlantide, un être issu du fond des âges et déterminé à reconquérir par la force tout ce qui jadis porta sa marque, fut sa création et sa fierté, avant de lui être arraché par des traîtres qui détruisirent son héritage... des traîtres auxquels Arthur, sans le savoir, serait directement lié ! Le Roi Mort s'éveille enfin de son long sommeil au coeur des glaces, et nul ne saurait endiguer sa fureur ni réchapper de son courroux. Le plus grand défi qu'aura jamais eu à relever Aquaman est à présent devant lui, sans aucune échappatoire, et il en va non seulement de l'avenir de l'Atlantide mais également du reste des Sept Mers, royaumes légendaires eux-aussi condamnés à subir la vengeance de celui qui dans les temps les plus anciens fut le Premier et le plus grand Roi de tous les Océans...
Et pour couronner le tout, le monde de la surface est lui-aussi livré au chaos et à la désolation depuis qu'une mystérieuse organisation a fait s'évader la plupart des dangereux criminels surhumains incarcérés dans les prisons de haute sécurité telles que Belle Reve, et que les autres super-héros semblent avoir disparu après une bataille aussi titanesque que secrète, laissant le monde aux mains des forces du mal. L'avenir le plus sombre s'annonce alors, et il faudra un roi éclairé et fort pour unir les ennemis d'autrefois face à une menace bien plus grande encore !

J'ai lu ce tome sans m'arrêter une seule fois, totalement captivé par l'histoire. Aquaman n'est pas le seul personnage a avoir vu sa cote augmenter grâce à cette nouvelle série, puisque l'on peut d'ores et déjà considéré que Orm, son demi-frère, bénéficie lui-aussi d'un immense soutient des fans. Leur relation ainsi que le contexte dans lequel ils évoluent me fait d'ailleurs grandement penser à Thor et à Loki, du côté de la concurrence. Un duo qui a largement su séduire !
Au scénario je l'ai dis, Geoff Johns toujours aussi puissant et inspiré, qui nous revisite toute la mythologie du monde d'Aquaman avec brio et intelligence, on se croirait devant un film magistral à la hauteur de Man of Steel par exemple (d'ailleurs petit espoir personnel, si le futur film Aquaman, si jamais il existe un jour, pouvait chercher son inspiration du côté de ce run et de ces premiers arcs, je pense que ce serait une merveilleuse idée !). Quant au dessin de Paul Pelletier, il parvient à nous faire pratiquement oublier Ivan Reis, c'est une sacrée performance qu'il faut saluer ! Les décors sont magnifiques, chaque planque et presque chaque case est une oeuvre d'art en soi, tant on constate le travail et le soucis du détail, pour nous plonger dans un monde étranger et féerique pourtant pas si éloigné du nôtre, avec tout le génie que j'ai pu décrire pour Le trône d'Atlantide. Aquaman a su prouver depuis trois ans à présent qu'il fallait compter avec elle, et cette série est encore loin de nous avoir dévoilé tout son jeu et toutes les surprises qu'elle nous réserve. Je ne tiens presque pas en attendant le quatrième tome, qui s'annonce aussi grandiose et imposant pour la continuité des New52 que les précédents et particulièrement celui-ci. Un vrai coup de coeur pour ma part, et je le recommande chaudement !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 20 août 2014

Justice League tome 3 - Le Trône d'Atlantide (Urban Comics - Avril 2014)


Eh oui on l'attendait depuis le début de la série, après deux tomes de présentation et d'introduction des personnages et de leurs relations (très bons tomes bien entendu), voici enfin le premier grand arc d'envergure pour la Justice League, rien de moins qu'une guerre impitoyable menée sur plusieurs fronts et avec son lot de tragédies, il s'agit du Trône de l'Atlantide, par Geoff Johns et Jeff Lemire, avec au dessin les talentueux Ivan Reis, Paul Pelletier, Tony Daniel et bien d'autres !

L'histoire reprend juste après la fin du tome 2, le fameux baiser céleste entre Superman et Wonder Woman. A partir de là, nous allons suivre le rapprochement de ces deux personnages pendant deux chapitres, la traque autour du monde d'une ennemie intime de Diana, Cheetah, autrefois sa plus précieuse amie. L'occasion pour la princesse des Amazones d'enfin faire confiance à ses alliés et surtout d'accepter leur aide, ainsi que cet amour naissant pour cet être aussi unique et solitaire qu'elle, qui veille sur l'humanité tel un dieu anonyme.
Mais Cheetah n'était que la première étape, et bien vite les choses sérieuses commencent, lorsqu'un porte-avion de la marine américaine perd le contrôle de ses missiles et tire accidentellement sur le royaume de l'Atlantide, déclenchant alors une crise mondiale sans précédent et de violentes représailles de la part de la nation sous-marine, pour qui chaque coup donné doit être rendu au centuple. Dès lors, Aquaman sera placé au coeur de la tourmente et devra tenter l'impossible pour raisonner son frère cadet, celui que l'on appelle Ocean Master, doté de la couronne de l'Atlantide et du pouvoir de commander aux flots déchaînés, afin de l'empêcher d'anéantir les plus grandes villes des Etats-Unis par vengeance et aveuglement. Mais tandis que la tension monte, quelqu'un libère les créatures infernales qu'Aquaman avait combattu et scellé au plus profond de l'océan Atlantique (dans le premier tome de la série Aquaman, Peur Abyssale) et les utilise comme arme secrète afin d'envenimer le conflit. Ce mystérieux individu semble très bien connaître les protocoles de combat de l'Atlantide ainsi que le passé et la personnalité d'Aquaman. Est-ce son frère, jouant double-jeu et préparant un véritable génocide de la population de la surface ? Est-ce au contraire un être humain, avide de gloire et de revanche ? Quoi qu'il en soit les choses se compliquent encore lorsqu'il apparaît évident que l'arme antique du légendaire roi Atlante, le Sceptre (dérobé dans Aquaman tome 2 – L'autre Ligue), risque d'être lui aussi utilisé durant cette guerre, pour couler une ville humaine. Quel est donc le lien entre toutes ces affaires ? Qui se cache derrière tous ces fronts et manipule allègrement les membres de la Ligue ainsi que les forces Atlantes ? L'ennemi invisible est bien plus proche que l'on ne le pense, et la révélation finale sera un choc retentissant pour tous. D'autant que, quelque part, une organisation criminelle commence à sortir de l'ombre et à recruter des membres parmi quelques uns des plus terribles super-vilains connus, à des fins encore inconnues mais qui n'augurent rien de bon pour l'avenir proche. Peut-être serait-ce l'occasion, pour lutter contre cette nouvelle menace, de fonder une nouvelle ''Ligue'' secrète...

Le Trône d'Atlantide pourrait tout à fait être une pièce de la plus pure tradition Shakespearienne. Il y a de la tragédie, du drame familial, des trahisons, une certaine fatalité combattue envers et contre tout par les héros... j'ai adoré ! A la fois plus intimiste que les deux premiers arcs et en même temps encore plus spectaculaire et étendu, celui-ci parvient à faire d'un personnage encore trop souvent méprisé et mal compris comme Aquaman le coeur d'un récit fort et poignant, impliquant toutes les facettes de l'univers DC des New52, et ce depuis le lancement de sa propre série. De quoi rendre ses lettres de noblesses à un héros qui le mérite amplement !
Pour couronner le tout, les dessinateurs livrent au fil des différents chapitres une prestation presque sans fautes, faisant en sorte de synchroniser leurs styles pour le plus grand bonheur du fan. Le scénario, écrit à quatre mains (peut-être plus, on ne sait jamais), réserve quelques surprises et parvient à prendre de court le lecteur, qu'il s'agisse des retournements de situation au coeur de l'histoire ou bien plus simplement de l'évolution des personnages, touchants et sincères dans leur écriture. Ce fut donc une vraie bonne surprise pour moi que la lecture de ce troisième tome de Justice League, qui confirme qu'elle est plus que jamais le coeur de l'univers New52 et qu'il faut compter avec elle !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 17 août 2014

Les tourments de Double-Face (Paul Jenkins & Jae Lee - Urban Comics - Mai 2014)


Il n'y a pas à dire, la galerie de vilains de Batman est de loin la plus impressionnante et la plus charismatique de toutes. C'est d'ailleurs pour cela que la collection ''DC Nemesis'' d'Urban Comics est pratiquement entièrement consacrée à ceux-ci, depuis son lancement avec La revanche de Bane. Et aujourd'hui je vais vous parler d'un récit particulièrement poignant et dérangeant, que j'ai eu l'occasion de lire pour la première fois dans les pages de la revue Batman de Panini Comics à l'époque, sous le titre Jekyll & Hyde, et qu'Urban a publié en album cartonné en tant que Les tourments de Double-Face.

Tout le monde connaît désormais l'histoire tragique du procureur général de Gotham City, Harvey Dent, aspergé d'acide lors d'un procès crucial contre l'un des parrains de la ville. La moitié de son visage a été gravement touchée par cet attentat et Dent a depuis développé une double-personnalité obsessionnelle et anarchique, obnubilé par le chiffre 2 et la dualité en toutes choses, se servant de sa pièce fétiche comme moyen de prendre ses décisions, toujours à cheval entre le Bien et le Mal. Dans cette histoire, Paul Jenkins décide de nous entraîner au plus profond de la détresse de Harvey Dent, nous faisant enfin découvrir le coeur de ses blessures moins physiques que psychologiques. Ici le personnage principal n'est pas, une fois n'est pas coutume, le Chevalier Noir de Gotham, mais bel et bien Harvey lui-même, en lutte perpétuelle et permanente contre ses mauvais instincts et son autre personnalité, plus vivante que jamais et bien décidée à prendre enfin le dessus. Au travers d'une chasse à l'homme angoissante, nous plongerons dans les tréfonds du sombre passé de Dent, du crime atroce qu'il cache depuis toujours au plus profond de sa mémoire et qui fut la première pierre de sa folie présente. Et tandis que Batman et Gordon tentent le tout pour le tout afin d'empêcher une série de meurtres de masse, Harvey se débat seul au coeur de sa psychose, affrontant à la fois son passé et ses tourments, y faisant face avec la seule arme qui lui reste encore : l'espoir. L'espoir que tout cela finisse un jour, qu'il puisse enfin trouver la paix et abandonner ce monde si douloureux, qu'importe les moyens. Et lors de l'affrontement final entre Batman et Double-Face, c'est surtout un combat entre la vie et la mort qui se joue dans le coeur de Harvey, et même Batman ne pourra lui venir en aide alors que l'ancien procureur prend enfin seul la décision de sa vie, qui le changera à jamais.

Les tourments de Double-Face est un récit poignant, triste, tragique et assez glauque. Il méritait vraiment sa place au sein des ''DC Nemesis'', histoires plus sombres que la normale, un peu comme dans ''Marvel Dark'' chez la concurrence. Si vous aimez les personnages et l'univers de Batman, vous ne ressortirez pas totalement indemnes de cette lecture, un peu à l'image de son héros (mais lequel est-ce vraiment ?). C'est ici le chant du cygne d'un vilain on ne peut plus charismatique et important du Chevalier Noir, l'un de ses plus grands ennemis et sans doute sa plus grande faute selon lui. Le dessin de Jae Lee rend un immense service au scénario complexe de Paul Jenkins, souvent mal compris par le grand public. J'aimerais pouvoir vous en dire davantage au sujet de cette histoire mais il s'agit vraiment de celles que l'on doit lire soi-même pour comprendre comme il le faut, sans se faire spoiler ni gâcher le grand final. En tout cas, une chose est sûre, vous aurez peu lu d'histoires de Batman comme celle-ci dans votre vie, alors accrochez-vous.

Sur ce je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !