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samedi 18 février 2017

Alex Rider tome 9 - Le réveil de Scorpia (Anthony Horowitz - Le Livre de Poche jeunesse - Juillet 2014)


Alex Rider pensait pouvoir enfin mener une vie tranquille, après sa dernière mission pour le MI6 et les récents dangers qu'il a affronté. Mais malheureusement, une vieille menace venue du passer s'apprête à le frapper à nouveau... l'organisation criminelle Scorpia entreprend de renaître de ses cendres et monte une terrible opération pour faire chanter le gouvernement britannique. Le cœur de ce complot : Alex lui-même, ou plutôt son utilisation par le MI6 à de nombreuses reprises au cours de l'année écoulée. Razim, le nouveau membre de Scorpia à qui le projet a été confié, a orchestré une vaste campagne pour réunir le plus d'informations possible sur Alex et ses missions, et menace de dévoiler l'ensemble du dossier au reste du monde avec pour conséquence la mise au banc de la Grande-Bretagne sur le plan international. Mais le plan ne s'arrête pas là, il y a aussi une guerre latente qui couve si Scorpia parvient à réaliser ses objectifs, ce qui ne manquerait pas d'achever aussi bien le Royaume-Uni qu'Alex et tout le MI6. Alex devra donc s'embarquer pour cette ultime mission et déjouer le plan parfaitement organisé de Razim et de Scorpia, ainsi que faire face à un ancien ennemi revenu le hanter. Quoi qu'il arrive désormais, cette mission sera la dernière pour Alex Rider, qu'il réussisse ou qu'il échoue. Le sort du monde est entre ses mains, mais pour la première fois il se bat également... pour lui-même.

Et voilà donc la dernière affaire Alex Rider à proprement parler, la dernière aventure du jeune espion malgré lui. Il existe un dixième tome à la série, qui vous sera présenté un jour prochain, mais qui revient sur un autre personnage de la saga. Ce neuvième volume est donc le dernier concernant Alex lui-même, et l'occasion pour le lecteur ému et choqué de faire ses adieux avec le personnage qu'il avait appris à aimer et à suivre au cours de ses missions. C'est une fin bouleversante à plus d'un titre, que je vous laisse découvrir par vous-mêmes dans les détails, sachez simplement que cette fois la victoire, si elle doit avoir lieu, sera bien amère...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 28 janvier 2017

Les légendes de Krondor - Un valeureux ennemi (Raymond E. Feist & William R. Forstchen - Bragelonne - Juillet 2014)


Alors que la Guerre de la Faille fait rage depuis près de 10 ans, en plein hiver, deux unités ennemies vont se retrouver prises au piège dans les montagnes des territoires désolés du Nord. Pour Dennis Hartraft, capitaine des Maraudeurs, et Asagaya, commandant de l'unité Tsurani, l'heure de l'affrontement doit être repoussée à plus tard, car les voilà traqués à travers les cols de la montagne par une petite armée d'Elfes Noirs descendus de leurs steppes gelées. Face à un ennemi commun, les deux unités de soldats vont devoir mettre leurs différends de côté et apprendre à travailler les uns avec les autres s'ils veulent survivre à cette poursuite infernale. Plus facile à dire qu'à faire, quand pour Dennis les Tsurani sont responsables de la mort de l'ensemble de sa famille ainsi que de sa jeune compagne, et quand pour Asagaya le grand Jeu du Conseil sur Kelewan instille ses enjeux politiques dans chaque action commandée par l'honneur. Deux ennemis, deux unités, deux faces d'une même pièce qui devront collaborer et découvrir un esprit de corps au-delà de leurs différences et de leurs griefs, au-delà de la politique et de la guerre qui couve plusieurs dizaines de kilomètres au Sud.

C'est un récit fort et très inspiré, émulation d'une histoire vraie bien connue (les unités Françaises et Allemandes prises au piège dans la neige et forcées de coopérer ensemble pour survivre, durant la Première Guerre Mondiale), toute en nuances. D'abord présentés comme deux fronts se faisant face, les hommes du Royaume et les Tsurani vont petit à petit s'ouvrir les uns aux autres, partager leurs cultures et traditions, survivre et combattre ensemble, et apprendre à mieux se connaître et, peut-être, à se faire confiance. Une histoire magnifique, assez facile à lire malgré la longueur des chapitres et le style à quatre mains des auteurs, elle respecte très bien l'esprit général des Chroniques de Krondor de Feist en sachant s'en détacher lorsqu'il le faut. Bien sûr l'intrigue principale n'est pas la seule que l'on suit avec attention, il est aussi question de dettes de sang et d'honneur à récupérer entre certains personnages approfondis peu à peu et auxquels le lecteur va forcément s'attacher, pour le meilleur comme pour le pire. Les légendes de Krondor reviennent sur des passages-clés de la Guerre de la Faille et de la paix nouvellement instaurée par la suite, et elles commencent ma foi très bien !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 18 janvier 2017

Alex Rider tome 8 - Les larmes du crocodile (Anthony Horowitz - Le Livre de Poche - Juillet 2014)


La vie n'est pas de tout repos pour Alex Rider. L'adolescent, qui va sur ses 15 ans et qui revient d'une mission très difficile, espérait pouvoir se détendre et mener une vie normale loin du MI6 et des menaces des fous de ce monde. Malheureusement, il va se retrouver embarqué malgré lui au cœur d'une machination infernale visant à empoisonner les récoltes d'Afrique pour créer une crise alimentaire majeure et mondiale, dans le but d'en retirer le plus de profit possible. A la tête de ce vaste complot, Desmond McCain, chouchou des médias et des organisations internationales de secours populaire, révérend rédempté ayant fait amande honorable et fondé Premiers Secours, une ONG qui semble toujours avoir un coup d'avance sur les autres lorsqu'il s'agit de répondre à une catastrophe majeure... Alex va donc devoir enquêter sur les agissements de McCain et de ses associés, et prendre d'énormes risques pour rapporter ces informations au MI6 et surtout s'en tirer vivant, dans un contexte où l'utilisation d'un adolescent par les services secrets risque à tout moment d'être dévoilée au grand jour par ceux qui désapprouvent ou veulent simplement rendre à Alex une vie normale, loin de l'espionnage. A moins qu'il ne s'agisse d'une vengeance bien orchestrée...

Huitième tome des aventures d'Alex Rider, le mini-James Bond malgré lui créé par ce génie d'Anthony Horowitz, qui nous offre ici un tournant dans la carrière du jeune héros. En effet, il va se retrouver confronté à des choix très difficiles et surtout à un ennemi impitoyable et vicieux comme jamais encore il n'en a rencontré. Serait-ce la mission de trop pour Alex ? Qui sait, en tout cas une chose est sûre, Horowitz nous propose d'assister très prochainement à des changements majeurs dans la vie de son personnage, déjà bien chamboulée en l'espace d'une année. La grande force de cette histoire c'est son méchant, comme toujours dans une bonne affaire d'espionnage et d'action. Desmond McCain incarne à merveille toutes les dérives du système des aides internationales et de la persécution dont sont victimes quotidiennement certains membres de la société, par leur pauvreté ou en raison de la couleur de leur peau. Un miroir déformé et déformant qui dérange et parvient à nous remettre en question sur bien des points.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 13 janvier 2017

La V.O. du vendredi n°54 : Grimm Fairy Tales presents - Age of Darkness tome 1 (Zenescope - Juillet 2014)


L'heure est grave. La Reine Sombre est de retour, et elle entreprend bien vite de faire alliance avec le Ténébreux en personne pour mêler leurs pouvoirs et leur néfastes volontés. Le monde mortel est sur le pied de guerre, alors que les humains viennent de découvrir l'existence des Hauts-Nés et des êtres féeriques et démoniaques qui les accompagnent. Pour Sela et les autres Gardiens du Nexus, c'est une bataille sur plusieurs fronts qui commence : ils doivent non seulement empêcher les noirs projets de la Reine Sombre sans avoir le moindre indice pour les aider, mais aussi lutter contre les forces para-gouvernementales qui les traquent et tentent de les asservir, voir de les tuer. La Reine Sombre fomente ses complots dans l'ombre et rassemble ses alliés et partisans, désireuse d'augmenter toujours davantage ses pouvoirs et sa noire influence. Et ce n'est que le commencement...

Les auteurs de Grimm Fairy Tales nous offrent une saga qui démarre sur les chapeaux de roues avec Age of Darkness tome 1 qui rassemble le one-shot sur la Reine Sombre et son histoire, ainsi que les chapitres 94 à 98 de la série régulière directement impactée par ces événements. Cette belle introduction est bien racontée et semble bien menée pour l'instant, même si les dessins sont loin de se valoir d'un chapitre à l'autre, comme toujours malheureusement chez Zenescope. Enfin, pour l'instant l'histoire tient la route, voyons ce que nous offrira la suite.

vendredi 30 décembre 2016

La V.O. du vendredi n°52 : Vampirella tome 6 - The Final Curtain (Dynamite - Juillet 2014)


Alors qu'elle se relève à peine de ses précédents combats, Vampirella est appelée en urgence sur l'île de Côte du Soleil pour venir à bout d'une malédiction vaudou qui frappe son dirigeant. Une fois cette affaire réglée, elle entreprend de mettre en place son grand projet : fonder un havre de paix pour ceux que l'on appelle des ''monstres'', celles et ceux qui sont rejetés par la société humaine et mortelle. Mais pour cela, il lui faudra choisir entre cette nouvelle vie et son grand amour, qui dans un avenir proche pourrait devenir un terrible tyran s'il ne fait pas les bons choix ou s'il n'est pas convenablement accompagné et guidé. Plus que tout, il faudra à Vampirella le courage d'affronter ses propres démons et faire des concessions, mais également faire face aux mensonges de sa mère, Lilith, qui lui cache une terrible révélation...

Cette fin de série est assez étrange, précipitée et les histoires s'enchaînent à un rythme effréné sans une certaine clarté dont le lecteur aurait besoin pour tout comprendre correctement. Le personnage de Vampirella connaît plusieurs évolutions successives qui modifient son caractère et ses relations en profondeur, et il nous manque un petit temps de pause pour apprécier pleinement ces nouvelles données. De plus, la réutilisation des éléments du précédent arc scénaristique est assez maladroite, tout cela pour un final assez décevant en définitive. The Final Curtain, que l'on pourrait traduire par ''le tomber de rideau'' chez nous, c'est tout simplement un point final inachevé et maladroit, assez dommage en fin de compte, la série n'aura pas su rester cohérente entre son début et sa fin, la faute au changement d'auteur sûrement. Heureusement il existe encore d'autres histoires de Vampirella en parallèle que l'on peut lire sans liens directs avec cette première série. Et bien sûr Vampirella connaît par la suite une seconde saison chez Dynamite, pourquoi ne pas se laisser tenter ?

mercredi 7 octobre 2015

Le mythe de Cthulhu (H. P. Lovecraft - J'ai lu - Juillet 2014)


Il est des choses qu'il vaut mieux laisser enfouies... des choses faites de cauchemars, de terreurs abyssales qu'il convient d'oublier. Mais, quelques fois, ces antiques horreurs refont surface et provoquent un vent de folie qui dévaste tout sur son passage, ramenant l'Homme à ses plus bas instincts, à ses allégeances passées, à ses plus primitifs reliefs.

Au sein de ce recueil, vous découvrirez les mystères insondables du culte du grand Cthulhu, l'incroyable cité engloutie de R'lyeh et les effroyables merveilles de l'âge des Grands Anciens. Vous plongerez également au plus profond de l'âme humaine, de sa sauvagerie et de sa folie, dans la noirceur d'êtres torturés par d'horribles visions ou visités par des entités venues d'ailleurs...

Ce recueil contient six nouvelles du grand Lovecraft :
  • L'appel de Cthulhu
  • Par-delà le mur du sommeil
  • La tourbière hantée
  • La peur qui rôde
  • La couleur tombée du ciel
  • Celui qui chuchotait dans les ténèbres

J'aimerais bien vous dire qu'il y en a certaines plus importantes que d'autres, et à-priori c'est ce que nous sommes en droit de penser en lisant la première... mais détrompez-vous vite, car toutes ces nouvelles tournent autour d'un socle commun qui les rend particulièrement indispensables et résonnantes entre elles. Pour la modique somme de 4€, cette réédition de chez J'ai lu vous propose de découvrir ou de redécouvrir ces nouvelles du pionnier de la froide épouvante, pour votre plus grand plaisir... ou votre plus grande horreur.

Et quoi qu'il puisse arriver, rappelez-vous :

''N'est pas mort ce qui semble à jamais dormir ;
En d'étranges éternités, la mort même peut mourir.''

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une horrible lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 7 décembre 2014

Sexe tome 1 - L'été du hard (Delcourt - Juillet 2014)


Les comics, ce n'est pas que Marvel ou DC. C'est aussi une myriade d'éditeurs moins imposants mais tout aussi importants dans l'industrie, ceux que l'on appelle les Indépendants, et dont le plus gros reste à ce jour et depuis sa création Image Comics. C'est chez eux que l'on trouve de petites merveilles telles que Saga, par exemple. Ou encore le comics dont je m'apprête à vous parler, sorti chez nous en Juillet dernier chez Delcourt, et sobrement intitulé Sexe. Scénarisé par Joe Casey et dessiné par Piotr Kowalski, ce récit passionnant nous propose un concept atypique : imaginez un super-héros semblable à ce bon vieux Bruce Wayne, ayant traversé un soudain passage à vide et décidant de raccrocher sa cape et son masque pour se consacrer entièrement à sa vie civile, au sein de sa cité idéale de modernisme ?

C'est le cas de Simon Cooke, milliardaire et PDG d'une compagnie internationale basée à Saturn City, la ville du progrès. Simon a aussi été connu pendant des années sous le nom du Saint en Armure, un justicier combattant le crime à l'aide de gadgets et d'un entraînement intensif, dans le but de nettoyer Saturn City de la vermine qui la gangrène dans l'ombre. Mais voilà, suite au décès d'une personne très proche de lui, Simon décide, après un temps de réflexion, de remiser son costume et d'abandonner sa vie de super-héros pour revenir sur le devant de la scène en tant que Simon Cooke, et rien de plus. Avec l'idée de changer les choses en plein jour et à la vue de tous dans le domaine public, il n'était cependant pas préparé à ce qui allait suivre : la difficulté de se réadapter au milieu des civils. Et surtout, en côtoyant chaque jour le vice et la décadence de cette ville trop parfaite où les pauvres sont livrés à eux-mêmes et où les riches ne demandent qu'à s'encanailler pour se distraire. Difficile de comprendre tout cela lorsque l'on a été l'un des êtres les plus vertueux de la ville durant des années, mais il faut pourtant faire bonne figure et accepter bon gré mal gré de se ''mettre à la page''. Il pourrait même y avoir de bonnes surprises, comme de retrouver une ancienne alliée costumée sous son visage civil également et commencer un nouveau genre de jeu du chat et de la souris avec elle, un peu comme au bon vieux temps finalement. A ceci près qu'il faut ajouter le stress de la position à temps plein de PDG d'une entreprise si renommée et cruciale pour l'économie locale et nationale, ainsi que la recrudescence du crime qui désormais ne se cache même plus pour mener ses affaires. Comme si finalement, l'action du Saint en Armure n'avait servie à rien durant tout ce temps, et que son départ n'ait fait qu'accélérer les choses. Dans ces conditions, à quoi bon rester droit et immaculé alors que tout fout le camp et que la tentation s'intensifie d'enfin connaître le mauvais côté de la vie, la décadence, le laisser-aller lascif des soirées mondaines, l'exercice du pouvoir social, celui de l'argent... le sexe. Sous bien des formes. Une nouvelle vie commence pour Simon Cooke, bien loin du héros qu'il était et qu'il persiste à vouloir rester, quoique moins vivement à mesure que le temps passe. Une vie dans laquelle il a encore tant de choses à apprendre, à découvrir... et dont il tâchera de profiter.

Grandeur et décadence d'une idole, non pas déchue cette fois-ci mais l'idée est bien présente. Que devient un héros lorsqu'il prend sa retraite, comment revenir à la vie civile et comme appréhender toutes les facettes de cette existence, partagée entre le bien et le mal, entre le vice et la vertu, où rien n'est tout blanc ou tout noir mais tout en nuances de gris (tiens tiens...) ? Sexe, c'est le récit inédit et novateur de cette chute morale, qui n'en est vraiment une que selon le point de vue que le lecteur choisira d'adopter durant son expérience de découverte. Beaucoup de questions morales et sociologiques, psychologiques, seront posées au lecteur dans ce premier tome, en guise de sous-texte faisant réfléchir à notre propre société et à ses valeurs si facilement déformables voir oubliables. Simon, après toutes ces années de droiture et de service aux autres, n'a-t-il pas le droit aujourd'hui de s'éclater comme une bête lui aussi et de bouffer la vie à pleines dents ? Un héros doit-il forcément s'interdire de connaître le plaisir, charnel ou autre, pour avoir le droit d'être appelé ainsi ? Est-ce vraiment la société qui fait chuter nos idoles, ou bien est-ce inscrit bien plus profondément dans notre nature ? Et bien d'autres questions possibles encore, suivant vos propres impressions et votre caractère.
Pour ma part ce fut une bonne surprise que ce premier tome, acheté un peu sur un coup de tête après de petites recherches, dans un moment de creux l'été dernier. Et je ne le regrette nullement à présent que je (crois) saisir les enjeux et questionnements de cette série, et tout le potentiel d’innovation et d'exploration qu'elle nous réserve encore. Comme quoi, et ça rejoint mine de rien le thème central de l'histoire, ce n'est jamais mauvais de vouloir tester de nouvelles choses et de découvrir de nouveaux horizons par curiosité, tant que l'on sait ce que l'on veut et ce que l'on aime !

Avertissement toutefois, Sexe se destine clairement à un public de préférence adulte ou du moins assez mature et averti pour en comprendre les images ainsi que la volonté, au-delà du choquant. A ne pas mettre entre toutes les mains et à ne conseiller qu'à celles et ceux qui sont prêts à appréhender correctement tout cela.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

jeudi 18 septembre 2014

Les patients d'Arkham (Urban Comics - Juillet 2014)



Vous allez finir par penser que je ne lis que ça, des tomes de la collection ''DC Nemesis'' d'Urban Comics, mais non c'est une simple coïncidence ! Et puis vu les récits de qualité qui s'y trouvent, j'aurais tort de me priver de vous en parler non ? On est bien d'accord.
Sortie en Juillet 2014 chez nous et scénarisée par Dan Slott (oui, le monsieur très décrié aux commandes depuis très longtemps des séries Amazing Spider-man, puis Superior Spider-man puis de nouveau Amazing Spider-man actuellement), cette mini-série intitulée Les patients d'Arkham nous plonge dans le quotidien terrifiant et angoissant du fameux Asile d'Arkham, en périphérie de Gotham City, inquiétante bâtisse ancienne abritant les pires psychopathes de l'univers DC et semblant tout faire à part les soigner. Avec l'aide de Ryan Sook au dessin, Dan Slott nous propose une virée saisissante et malsaine auprès des plus grands criminels de la ville, et de ce qui fait sans doute de l'Asile d'Arkham un endroit à éviter à tout prix.

Warren White est un homme tout ce qu'il y a de plus ordinaire et normal. Pas de super-pouvoirs, pas d'origines traumatisantes, pas d'accident, pas de mauvaise journée, rien. Si ce n'est que Warren White est sans doute le trader le plus insensible qui existe, et qu'il est jugé pour escroquerie à grande échelle, ayant fait perdre à cause de ses manipulations boursières des sommes considérables à de pauvres épargnants anonymes. Aussi riche que Bruce Wayne, dit-on, il s'arrange pour éviter la prison à vie en soudoyant ses avocats et en plaidant la folie passagère pour expliquer ses actions. Ca marche, et le jury le considère comme coupable mais non-responsable de ses actes. Warren est soulagé, il évite donc la prison... mais pourquoi le juge semble-il si satisfait malgré tout de ce verdict ? Après tout, ce n'est vraiment pas si grave, on décide simplement de l'envoyer dans un genre de maison de repos, un sanatorium ou quelque chose du même genre, où il passera quelques mois voir juste quelques semaines à discuter avec des gens avant de sortir comme si de rien n'était et de reprendre sa vie de débauche. A l'aise donc. Oui mais pourtant, tout le monde autour de lui, ses avocats comme ses proches, tous semblent paniqués à la seule prononciation du nom de l'établissement : l'Asile d'Arkham. Quoi, ce n'est pas grand chose enfin ! Rien qu'un endroit où sont soignés en douceur les gens ayant un peu perdu le sens des réalités... n'est-ce pas ?
Evidemment, nous lecteurs qui sommes aussi sains d'esprit que Warren, nous savons déjà combien il se trompe et dans quel enfer il vient de se condamner lui-même par ses manœuvres juridiques. Ce n'est pas un hasard si ce bon plan paraissait un si bon plan : personne, à Gotham, n'oserait plaider la folie pour échapper à la prison. Car cela voudrait dire qu'on serait immédiatement envoyé à Arkham, auprès de cinglés véritables comme Double-Face, Killer Croc, le Chapelier Fou, Poison Ivy, l'Epouvantail... le Joker. Tout cela, Warren l'ignorait ou ne s'en rendait pas vraiment compte. Les choses vont bien changer lors de son arrivée, obligé de passer la nuit dans la même cellule qu'un dangereux gourou de secte persuadé de parler aux morts et vivant avec les âmes de ses victimes. Qui occupent une bonne partie de la pièce et des couchettes. La nuit promet d'être longue... d'autant que tout le monde se réjouit de l'arrivée de ce nouveau patient, les autres lui ont même tout de suite trouvé un surnom adéquat. Dehors, Warren White l'insensible était le Grand Requin Blanc, prédateur de la finance, impitoyable. Ici, dans les murs d'Arkham, il est... Viande Fraîche. Et il n'aura jamais autant eu l'impression d'être un bout de viande sur pattes, cible de toutes les attaques, souffre-douleur de gens comme Killer Croc, esclave de Double-Face, compagnon de douche du Joker... et si cet enfer finissait par faire de lui, un homme sain et respectable, un véritable monstre à son tour ? Car en plus des patients et de la violence ambiante, Arkham dissimule bien des secrets atroces en son sein, de sombres origines et une histoire des plus glauques, propre à instiller la folie dans les cœurs les plus faibles...

Les patients d'Arkham, où une plongée effroyable du lecteur dans ce lieu que l'on a toujours préféré éviter, surtout depuis le passage de Grant Morrison. Dan Slott relève le défi de nous livrer un récit encore plus sombre et malsain, avec succès, nous présentant avec force détails la chute lente et inexorable d'un homme ''sain d'esprit'' qui deviendra un monstre semblable à ses nouveaux compagnons d'infortune. Mais Warren n'est pas le seul personnage que le lecteur suivra dans cette histoire, puisque l'Asile lui-même peut être considéré comme un personnage à part entière. Une grande partie de son passé sera reprise de ce que Grant Morrison avait déjà établi, mais de nouveaux éléments vont entrer en jeu et notre vision de l'endroit en sera à jamais changée. Pour les gamers, vous apprécierez de retrouver dans ce récit les prémices du jeu-vidéo Arkham Asylum, du moins les personnages clés de l'aventure qui vous serons ici présentés pour la première fois.
Une petite histoire en six chapitres, sans grande conséquence pour le reste de l'univers Batman, agréable à lire et qui fait réfléchir sur le destin des criminels de Gotham lorsque le Chevalier Noir n'est plus dans les parages pour les protéger. Oui, les protéger.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 10 septembre 2014

La saga de Ra's al Ghul (Urban Comics - Juillet 2014)


Attention, là c'est du lourd. Dans la collection ''DC Nemesis'' jusqu'à présent nous n'avons eu que des récits de qualité, sur les plus grands méchants de l'univers de Batman principalement, de Bane à Double-Face en passant par Deadshot ou le Pingouin. Avec cet album-ci, très imposant et tout aussi bien fourni, nous avons le plaisir de découvrir non pas un mais trois récits parus à la fin des années 1980 et au début des années 1990 sur le personnage de Ra's al Ghul, écoterroriste immortel dont le génie rivalise largement avec celui du Chevalier Noir. Trois histoires qui nous présenteront tour à tour les origines, les failles et les plus grandes réussites de ce vilain créé en 1971 et qui reste encore de nos jours l'une des plus grandes et des plus terribles menaces qui pèsent sur Batman et son entourage, ainsi que sur notre monde. Un personnage torturé, tourmenté par son passé, en lutte perpétuelle contre l'évolution et contre l'humanité, se plaçant en bienfaiteur de la planète tout autant qu'en meurtrier de masse pour le bien commun. Egalement un père soucieux de sa descendance et de son héritage, un homme vieux et fatigué qui refuse de rendre les armes tant que sa vision ne se sera pas accomplie ou que son rêve ne soit en sécurité entre les mains d'un digne successeur. Un temps ce rôle aurait pu être tenu par Batman lui-même, amant de Talia, la fille de Ra's, et que l'immortel considère toujours malgré leurs différends et oppositions morales comme son fils spirituel.

Grâce au travail d'Urban Comics, nous avons la joie de pouvoir lire en un seul recueil trois récits légendaires sur le personnage et sa relation avec Batman. Tout d'abord, dans La naissance du Démon (Birth of the Demon), les secrets des origines de Ra's al Ghul nous serons enfin dévoilés, par la bouche de sa fille Talia se confiant au Chevalier Noir avant que l'heure de l'affrontement final entre son père et son amant ne sonne. Les mystères de celui qui s'affranchît de la Mort elle-même et devint pire qu'un démon, de l'homme qui perdît toute humanité par la faute de la cruauté des hommes. Un scénario de l'écrivain Dennis O'Neil, ayant officié de nombreuses années à la tête du destin des séries de Batman et connaissant ses personnages sur le bout des doigts, un récit à la fois touchant et horrible, qui se finit en apothéose par un duel impitoyable entre les deux antagonistes, à la vie à la mort. Le dessin et les couleurs de Norm Breyfogle sont incroyablement beaux, chaque case ressemble à une petite peinture et l'ambiance du Moyen-Orient médiéval est parfaitement retranscrite. Saisissant, on ne peut qu'admirer les efforts colossaux pour la création de ce style si particulier au service d'une histoire toute aussi magnifique !

Ensuite, dans Le fils du Démon (Son of the Demon), récit de Mike W. Barr sur un dessin très clair et détaillé de Jerry Bingham paru initialement en 1987 (et merci à Urban par ailleurs d'avoir laissé la sublime préface de l'époque signée Mark Hamill, oui oui, grand fan de Batman devant l'éternel depuis sa plus tendre jeunesse et qui participera à de nombreuses adaptations animées en prêtant sa voix au Joker), retour au présent avec Batman enquêtant sur l'assassinat d'un scientifique, dont les recherches semblent liées à Ra's al Ghul. Découvrant finalement que le véritable assassin désire en réalité détruire Ra's et sa Ligue des Assassins ainsi que tous ses projets, Batman décide de s'allier avec le terroriste immortel afin de retrouver Qayin, ancien fils adoptif de Ra's dont les parents ont été tué dans le bombardement nucléaire du Japon en 1945 sur les ordres de ce dernier et qui désire depuis se venger, avant qu'il ne mette son plan à exécution et ne provoque une catastrophe diplomatique sans précédent en pleine Guerre Froide, qui pourrait déclencher un hiver nucléaire sur toute la planète. L'occasion pour Batman de se rapprocher comme jamais de Ra's et de sa fille Talia, nouant une idylle amoureuse avec elle et concevant même un enfant. Les heures sombres semblent alors s'éloigner et les esprits sont la fête, à l'union.
Mais bien vite la cruelle réalité refait surface et emporte avec elle son lot d'espoirs et de rêves brisés. L'enfant à naître n'est plus et Batman, dévasté par cette perte, s'embarque dans une croisade d'une violence rare aux côtés de Ra's al Ghul pour mettre un terme définitif aux agissements de Qayin. L'occasion pour Ra's de lui aussi connaître un changement très important, en choisissant pour la première fois de renoncer à ses idéaux et à ses rêves d'une planète libérée du fléau de l'humanité, se posant exceptionnellement en sauveur de celle-ci et faisant preuve d'un héroïsme dont on ne le croyait plus capable depuis bien des siècles. La preuve, peut-être, que tout le monde peut un jour changer, et qu'il reste toujours un espoir quelque part ? Malgré le côté très sombre de cette fin, un rayon d'espoir subsiste bel et bien car l'on découvre que l'enfant n'est pas mort en réalité et qu'il a été confié aux bons soins d'un orphelinat par sa mère, désirant conserver le secret dans un but des plus mystérieux (Grant Morrison, je t'ai vu !)...

Enfin, dans le troisième et dernier volet de cette saga, La fiancée du Démon (Bride of the Demon), c'est une nouvelle facette de Ra's al Ghul qui nous est dévoilée, celle d'un homme recherchant encore et toujours le grand amour, la femme digne de partager sa vie et ses rêves et également de porter sa descendance. Mike W. Barr et Tom Grindberg nous racontent comment Ra's développe son plus grand projet en parallèle de sa quête sentimentale, réalisant l'un et l'autre dans le même temps et faisant reposer autant d'espoirs sur chacun. Une fois encore aidé, de façon ambiguë, par Talia, Batman va remonter la piste de Ra's jusqu'à le dénicher dans sa base d'opérations secrète, où il découvrira avec horreur le projet le plus terrible et le plus grandiose de l'immortel pour rendre à la planète son aura d'antan, sa pureté d'avant la souillure de l'humanité industrialisée. Une œuvre démentielle qui rassemble la somme des rêves et des espoirs du terroriste, un désir farouche de rendre le monde meilleur quel qu'en soit le prix et quelles qu'en soient les conséquences, pour que son héritage perdure à jamais et que la nouvelle humanité à naître puisse être guidée par ses descendants éclairés. C'est le point d'orgue de plus de 600 ans d'existence pour Ra's al Ghul, son plus grand achèvement et sa plus grande entreprise, pour laquelle il est prêt à se sacrifier corps et âme sans réserve. Quitte pour cela à perdre l'amour de sa vie et l'affection de sa fille... mais un rêve ne connaît aucune limite, si ce n'est la folie.

Trois histoires magnifiques, toutes d'une façon différente, avec un style précis et unique à chaque fois. A ma connaissance jamais aucun personnage de cette envergure n'aura eu une telle aura auprès tant de ses auteurs que de ses lecteurs, et ces histoires d'anthologie rassemblées par Urban Comics sous le titre La saga de Ra's al Ghul forment une fresque presque parfaite, à laquelle rien ne manque, et qui constitue selon moi l'un des meilleurs albums que j'ai pu lire depuis Janvier 2012 et la création de l'éditeur français de DC Comics. Vraiment, jetez-vous dessus et ne regardez pas à la dépense, car ce gros album vaut largement son prix nettement plus cher que la moyenne pour cette collection. Si vous ne devez lire qu'un seul volume des ''DC Nemesis'', alors que ce soit celui-là, par pitié ! C'est une œuvre fascinante, prenante, triste, intense et tragique, qui ne vous laissera pas indifférent quoi qu'il arrive et qui vous fera découvrir une vraie qualité d'écriture et de représentation dans le monde des comics, de quoi faire taire les mauvaises langues pour un bon bout de temps.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !