Affichage des articles dont le libellé est Delcourt. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Delcourt. Afficher tous les articles

jeudi 26 décembre 2019

A Fantasy lazy life tome 3 (Delcourt/Tonkam - Septembre 2019)


Les événements s'enchaînent pour le jeune couple formé par Aura et Zenshirô ! Alors qu'une rumeur persistante sur les véritables origines du prince consort va bon train dans les cercles royaux, une délégation des royaumes jumeaux de Charoy-Gilbert se présente au palais afin de s'entretenir avec la reine... le sujet principal, évidemment, est l'allégeance possible des futurs descendants de Zenshirô, car si ce-dernier se révèle bien être un héritier de la magie des royaumes jumeaux il faudra alors que sa lignée rende des comptes à ceux-ci. La situation, qui paraît peut-être un peu trop aléatoire, pourrait pourtant déboucher sur un véritable conflit entre les différentes nations impliquées ! Il est donc nécessaire de faire le bon choix et d'établir un contrat solide liant les deux lignées royales autour de ce sujet épineux. Une chance, Zenshirô est justement un as dans le domaine de la rédaction de contrats en béton !

Mais ce n'est pas la seule corde à son arc. En effet, le prince consort va pouvoir prouver à tous qu'il est également un soutien sans faille de sa reine bien aimée, en affirmant haut et fort lors de cérémonies officielles qu'il n'a d'yeux que pour elle et qu'il se refuse à prendre une concubine. Derrière cette apparente légèreté, il s'agit en réalité de désamorcer une situation qui pourrait devenir catastrophique pour l'équilibre du royaume de Capua. Car si Zenshirô n'a effectivement qu'Aura dans son cœur, la noblesse espère vraiment lui faire prendre une ou plusieurs nouvelles femmes pour augmenter son influence et, peut-être, en faire un contre-pouvoir intéressant à soutenir. Peine perdue heureusement, notre Zenshirô est inattaquable sur le plan de la dévotion à Aura et saura parfaitement le faire comprendre.

Sur ces entrefaites, une bonne nouvelle arrive enfin : Aura est officiellement enceinte de Zenshirô ! Si le prince consort est aux anges, il va rapidement comprendre que cette situation implique qu'il doive s'intéresser de plus près à certaines traditions du royaume de Capua et à la tenue des quelques cérémonies officielles auxquelles Aura ne pourra assister en raison de son état durant les mois à venir. La vie de rêve, bien tranquille avec une épouse magnifique et rien d'important à faire, risque de rapidement voler en éclats... mais on dirait bien que pour une fois, Zenshirô n'en a cure et souhaite de tout cœur décharger sa femme des responsabilités les moins importantes afin qu'elle puisse se concentrer exclusivement à sa grossesse et à la bonne tenue du royaume vis à vis de ses voisins. Lorsque le bébé arrive enfin, c'est un immense soulagement et un événement de poids qu'il convient de fêter dignement ! La prochaine génération de la famille royale est en marche !

---

Encore un tome très réussi pour une série qui ne l'est pas moins et que j'ai vraiment grand plaisir à suivre depuis son premier ! Si ici le sujet principal est la grossesse d'Aura et ses implications dans la politique extérieure, il faut aussi souligner le rôle de plus en plus important qui est accordé à Zenshirô dans cet autre monde dont il commence bel et bien à adopter et comprendre les usages.

Grâce au travail fantastique des auteurs et différents artistes de la série, on vit pleinement le quotidien du couple royal au milieu de toutes ces intrigues de cour, ce qui rappelle certaines des meilleures œuvres de fantasy à ce jour. Pour moi c'est une très bonne série, idéale pour se faire à ce genre si particulier sans trop se prendre la tête non plus et sans avoir une continuité trop encombrante à prendre en compte à chaque nouvel incident. Le dessin est très bon, les textes soignés et bien traduits, bref rien à redire à part que j'en redemande ! Le tome 4 est prévu pour Janvier, restez connectés car les choses sérieuses pourraient démarrer bien plus vite que prévu !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

jeudi 29 août 2019

A Fantasy lazy life tome 2 (Delcourt/Tonkam - Avril 2019)


Zenshirô est maintenant bien installé dans le royaume fantastique de ses rêves, auprès de la femme qu'il aime et qui l'aime en retour. Mais il lui reste encore beaucoup à apprendre pour se faire à ses nouvelles obligations en tant que prince consort. Ainsi, avec l'aide de la belle et discrète Octavia, il va apprendre et réviser sans faillir l'ensemble des codes qui régissent son nouveau monde, depuis l'étiquette et le protocole jusqu'à l'utilisation de la magie, qui lui pose encore quelques problèmes dans sa conception. Mais le premier grand test pour notre héros sera le bal organisé par la reine son épouse, afin de renouer le lien avec les grandes familles du royaume et de présenter son amant au public. Contre toute attente et alors que plusieurs petits pièges lui sont tendus, Zenshirô parvient à s'en sortir sans aide et même avec une certaine malice, jouant avec les codes de société de son Japon natal et les mariant à merveille avec la mentalité si particulière de son nouveau foyer. Aura, la reine, est totalement sereine à présent qu'elle sait son époux capable de se débrouiller parmi la noblesse, mais elle doit néanmoins surveiller les rencontres qu'on lui propose car certaines ne sont pas totalement désintéressées... mais Zenshirô réaffirme haut et fort qu'il n'a d'yeux que pour la reine et que, du moins pour le moment pense-t-on, il n'est pas intéressé par le fait de prendre concubine. La réception est un franc succès et les ébats nocturnes qui suivent une douce récompense pour notre Japonais si loin de chez lui. Pendant qu'il dort paisiblement, Aura convoque quelques uns de ses conseillers pour établir plus précisément la valeur des artefacts étranges ramenés par son époux de son monde natal, à commencer par ces incroyables billes de verre, totalement inconnue dans tous les royaumes qu'elle connaît, ou du moins par naturellement. Il s'avère vite qu'il y en a pour une véritable fortune ! De quoi susciter la convoitise et la jalousie des autres royaumes si cela venait à se savoir en dehors de la maison royale...

Les intrigues politiques commencent à apparaître petit à petit dans l'histoire, la réception donnée par Aura prenant une bonne place dans ce second tome et nous présentant les différents personnages importants du royaume ainsi que leurs volontés concernant la couronne. Zenshirô s'en tire très bien, certes, mais il est encore loin de se douter de ce qui l'attend par la suite, quand celles qui désirent plus que tout entrer dans ses bonnes grâces passeront à la vitesse supérieure ! Résistera-t-il à la tentation ? Pendant ce temps, les autres pays sont eux aussi présentés au lecteur au fur et à mesure, ainsi que leurs ambitions et types de magie qui ont fait leur fortune. La renommée du trésor de Zenshirô risque bien de passer les frontières et de déclencher quelques crises mineures, mais Aura est prête à gérer n'importe quelle situation pourvu que son époux se tienne toujours à ses côtés ! La reine guerrière apprend alors des choses nouvelles sur elle-même, comme le bien que l'on ressent en étant sincèrement aimée...
Toujours une très bonne petite série adaptée de romans de fantasy (dont vous trouverez un petit bout en fin de volume, qui développe les débuts de sentiments de la belle Fatima pour le prince consort...) et dont les dessins autant que l'écriture sont très agréables à suivre. Rien à redire, les longueurs ressenties dans le premier tome sont ici gommées et c'est bien plus fluide. Le troisième tome sort en Septembre, comptez sur moi pour vous être au rendez-vous et vous le présenter ici !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

jeudi 4 avril 2019

A Fantasy lazy life tome 1 (Delcourt/Tonkam - Janvier 2019)


Simple employé dans une entreprise lambda du Japon actuel, avec un rythme de vie effréné, Zenshirô Yamai est un jeune adulte relativement semblable à tous les autres. Il aime glandouiller, profiter de son temps libre pour regarder des DVDs ou des séries, lire des mangas, etc. Mais sa vie va changer subitement quand il se fait téléporter par surprise dans un royaume lointain et inconnu, sur un autre monde ! La responsable : la reine elle-même, Aura, qui a une surprenante proposition à faire à Zenshirô : elle lui demande de devenir son époux pour les trente ans à venir... sans aucune autre contrepartie ! Zenshirô, qui n'est pas totalement idiot non plus, se doute bien qu'il y a quelque chose derrière ce marché qui semble décidément bien trop beau pour être vrai. Une très belle jeune femme aux formes généreuses le veut pour mari, il n'aurait rien à faire d'autre en tant que consort que d'apprendre la vie au royaume de Capua et l'étiquette, glander, vivre sa vie de couple royal... non, il y a forcément autre chose. Mais pour l'heure, Zenshirô est renvoyé dans notre monde pour une durée d'un mois afin de réfléchir à cette offre et de préparer tout ce qu'il voudrait emporter avec lui lors de sa prochaine téléportation magique. Autant dire que notre bonhomme ne va pas se priver et prendre avec lui tout ce qui lui permettra de retrouver le confort électronique moderne sans aucun risque ! La date fatidique approche, et Zenshirô en apprend un peu plus sur sa propre famille, qu'il connaît assez peu finalement en dehors de son oncle et de sa tante qui se sont occupés de lui quand il était plus jeune, et découvre également l'une des raisons qui poussent Aura à lui demander sa main : il fait parti de la noblesse très éloignée du royaume de Capua, ses ancêtres s'étant installés dans notre monde en toute discrétion il y a longtemps. Il possède donc en lui une part de la magie qu'il faut pour régner là-bas, ainsi et surtout qu'assurer une descendance à la reine, seule héritière du trône dans un contexte encore très masculin. Mais malgré ces raisons qui touchent davantage à la politique, rien n'empêche l'amour de naître au cours de leur relation, n'est-ce pas ? Les premiers temps seront assez lourds car il y a tout un apprentissage à faire, mais eh, après c'est la belle vie pour les trente prochaines années ! A moins que ce ne soit pas si simple dans la réalité...

Petite série que je démarre après l'avoir découverte totalement par hasard sans même en avoir entendu parler auparavant, et je dois dire que ce petit craquage en mode coup de cœur et découverte m'a bien réussi puisque j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu dans ce premier tome ! Il y a quelques scènes de sexe mais rien de bien méchant ni de trop évident, et l'essentiel de l'histoire est basé sur les intrigues politiques de Capua et le fonctionnement du royaume et de ses différentes familles nobles, ainsi bien sûr que le temps d'adaptation de Zenshirô dans ce nouveau monde avec ses propres us et coutumes. Très agréable à l’œil, un style graphique clair et précis tout en se montrant assez généreux et inventif par moment, un scénario tiré d'un petit roman sans prétention qui connaît ainsi une nouvelle vie, et une édition soignée de la part de Delcourt/Tonkam avec même quelques pages en couleurs sur papier glacé en guise d'introduction ! Rien à redire, une série qui n'est pas parfaite malgré son étonnant 20/20 sur les sites spécialisés, mais qui a le mérite d'apporter quelque chose d'assez important pour moi dans mes lectures : la fantaisie justement. Et ce premier tome étant avant tout une introduction à l'univers de la série, nul doute que les suivants contiendront davantage de détails et peut-être d'action au programme. En tout cas, je serai au rendez-vous courant Avril pour la sortie du tome 2 avec grand plaisir !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 16 octobre 2017

La question du lundi n°57 : La frustration, amie ou ennemie du lecteur ?


Une chose que tout lecteur doit connaître, c'est la frustration. Plus particulièrement celle causée par l'absence d'un livre convoité à une date donnée. Les reports, souvent sans raison car les éditeurs ne communiquent que rarement dessus, sont malheureusement nombreux et réguliers dans le milieu tant VO que VF. Depuis combien de temps déjà attendons-nous la sortie de Goddess Inc. ou Coven chez Zenescope, alors que ces albums devaient sortir début 2016 ? Combien de temps attendrons-nous les sorties Graph Zeppelin ou Tabou annoncées pour Septembre dernier, ou encore plus récemment l'omnibus Sin City chez Rackham prévu pour la mi-Octobre et repoussé désormais à Novembre ? Rien n'est plus frustrant que d'attendre une chose et de ne pas l'avoir au moment prévu, surtout quand on ne nous donne aucune explication pour patienter. Il peut s'agir de plein de choses bien sûr, les éditeurs ont forcément de bonnes raisons de retarder une sortie que les gens attendent : peut-être qu'il n'y a tout simplement pas assez de demande pour l'instant pour que la sortie de l'album vaille le coup, ou bien peut-être qu'il n'y a pas assez de commandes enregistrées pour amortir cette sortie, ou que sais-je encore. Mais dans l'idéal, convenez qu'un petit mot, quelque chose, deux ou trois phrases, pour expliquer aux lecteurs pourquoi ils doivent encore souffrir un énième retard, ça n'est pas cher payé. Je ne pense pas que le lectorat fidèle puisse se détourner subitement si on lui donne une raison d'attendre un peu plus, d'autant que c'est le cas pour tous les distributeurs jusqu'à preuve du contraire. Un peu plus de communication, au sein des métiers de l'édition qui sont issus on le rappelle de la filière générale information et communication, ça ne ferait pas de mal je pense. Panini a compris la leçon quand il fût temps de changer de politique à ce niveau et a désormais une toute nouvelle estime de la part du lectorat, en ayant simplement fait ce qu'il semblait logique d'attendre de leur part.

Vous me pardonnerez ces quelques lignes un rien pessimistes et gratuites j'en conviens, mais il faut comprendre que de cette frustration peuvent découler d'autres problèmes un rien plus conséquents : les dépenses à prévoir sur le long terme quand on commande sur des sites comme Amazon, où l'on est débité au moment de l'envoi... un retard de sortie et c'est tout un budget qui est renvoyé à plus tard dans l'année, à un moment où il n'aurait pas forcément été bien accueilli au milieu du reste des dépenses à faire (taxe d'habitation et redevance télévisuelle, par exemple, ou courses de Noël déjà bien chargées avant la fin de l'année). Le budget bien sûr change d'une personne à l'autre, d'un foyer à un autre, tout le monde n'a pas les mêmes moyens et ne peut pas se permettre de tout acheter. Mais pour les livres, moteurs d'évasion essentiels dans notre société moderne, avouez que c'est quand même dommage de devoir attendre et refaire tout ses calculs parce qu'un éditeur ne donne pas d'information autre que ''date de sortie repoussée''. Ce message et cette question du lundi est évidemment une conséquence directe de mes propres frustrations quant à certaines sorties que j'attends beaucoup et que j'ai cité plus haut, il faut me pardonner encore une fois un ton un peu trop personnel ou alarmiste, qui n'est du qu'à ma propre attente inassouvie.

Bien sûr, si l'on sait relativiser et calmer ses ardeurs, la frustration peut devenir légèrement plus agréable, supportable, dès l'instant que l'on en connait la raison exacte. Une frustration amie peut aider à mieux apprécier une chose que l'on a convoité pendant longtemps et que l'on finit par obtenir avec un zeste de patience en plus. Tout n'est pas mauvais dans cette légère critique de notre système d'information éditoriale, et les éditeurs petits ou grands font de gros efforts pour s'améliorer. Le moins que l'on puisse faire c'est donc d'attendre et de garder confiance. Courage , parfois on y est presque !

samedi 8 avril 2017

Le sauveur (Delcourt - Mars 2017)


Damascus, USA. Une petite ville paumée qui s'apprête à vivre un véritable cauchemar. Un avion de ligne s'écrase subitement sur la route, faisant des dizaines de victimes et de blessés et soulevant de très nombreuses questions quant à la nature exacte de l'accident. Une seule chose paraît sûre : un homme est sorti des champs, nu, tenant dans ses mains une fillette qui aurait du être morte, et qui était pourtant parfaitement en vie. Ce mystérieux sauveur disparaît peu après, n'ayant rien révélé de son identité dont il ne se souvient d'ailleurs aucunement. La police cherchera à le retrouver et à enquêter, mais échouera. La journaliste Cassandra Hale, originaire de Damascus, parviendra à établir le contact avec lui et à récolter quelques informations sur son passé trouble et sur les ''miracles'' auxquels il semble lié là où il a pu passer sa vie. Un jeune homme, Malcolm Trent, désabusé et cynique, fait soudain l'expérience d'une nouvelle foi, d'un nouveau but : montrer au monde que Dieu existe. Les choses s'accélèrent, et une nouvelle tragédie vient frapper les citoyens de ce petit coin perdu du monde. Qui est réellement ce mystérieux sauveur qui ignore tout de lui-même ? Qui est-il pour Cassandra, qui est-il pour Malcolm ? Pour le reste du monde? Et, plus important, que s'est-il réellement produit ce jour-là, lors de l'accident ?

Des questions auxquelles le lecteur n'aura pas toutes les réponses dans la lecture linéaire de cet album mais bien dans l'interprétation qu'il peut en faire en lisant entre les lignes. Todd McFarlane et Brian Holguin nous livrent ici un récit fort, poignant, troublant et qui a le mérite d'accrocher le lecteur du début à la fin durant ces huit chapitres tous mis en images par le toujours si talentueux Clayton Crain. Une histoire très forte, très bien écrite et menée, et qui poussera le lecteur à s'interroger et à remettre beaucoup de choses en question, y compris ses propres certitudes quant à la véritable nature des personnages. Une seule chose est sûre : le mystérieux sauveur s'apprête à changer le monde, à jamais. Merci à Delcourt de nous offrir la chance de lire ce récit en une belle version française de qualité !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 25 février 2017

Monstress tome 1 - L'éveil (Delcourt - Janvier 2017)


Il y a bien longtemps, une grande guerre éclata et opposa les Humains et les Arcaniques, descendants des grands anciens, divinités oubliées. À l'issue de ce conflit, une trêve fut conclue, mais les Arcaniques demeurèrent des esclaves et cobayes de choix pour les expériences de l'ordre des Cumaea, sorcières humaines aux grands pouvoirs tirés du sang et des os des Arcaniques sacrifiés durant tant d'années. Maika Demi-Loup est une adolescente Arcanique à qui il manque le bras gauche, en quête des fragments de son passé et de la vérité sur la disparition de sa mère. Ses recherches vont la mener jusqu'au cœur de la cité fortifiée des Cumaea, là où sont envoyés tous les esclaves pour que l'on puisse en extraire le précieux lilium. Là, Maika va devoir trouver le moyen de s'évader de sa cellule et de mettre la main sur une précieuse relique du passé, un morceau de masque qui suscite bien des convoitises et porterait en son sein du partie de la vérité tant recherchée. Maika possède en elle les pouvoirs et le savoir d'un ancien dieu, une monstruosité oubliée qui tente de ressurgir dans la réalité à travers elle, dévorant tout sur son passage, et semblant liée au cataclysme qui dévasta la ville de Constantine durant la grande guerre. La jeune Demi-Loup devra apprendre à communiquer avec cette dangereuse créature vivant au sein de son esprit et de son corps, et tenter de maîtriser ce pouvoir avant qu'il n'attire les Cumaea et ne provoque un nouveau conflit. Sur sa route, de nombreux dangers l'attendent ainsi que certaines bonnes surprises, de la compagnie comme de la méfiance, des trahisons comme des retrouvailles. Pour Maika, le temps est pratiquement compté et le moment se rapproche où elle devra faire un choix, entre céder au monstre en elle ou bien l'accepter.

C'est un récit très complet et complexe que Delcourt nous propose avec ce premier tome de la série Monstress de Marjorie Liu, romancière à succès qui scénarise certains comics depuis quelques années. L'univers est très dense, le lecteur doit digérer énormément d'informations nouvelles en peu de temps et avancer au rythme de l'intrigue, très soutenu, ménagé par des temps de pause riches en révélations. Le dessin magnifique de Sana Takeda porte à merveille cette histoire de fantasy unique en son genre, rapprochant les mythes Occidentaux et Orientaux pour offrir un tout nouveau monde riche en mystères et en beauté. Il est vraiment très difficile de parler de ce premier tome et de cette série sans en révéler les principales informations, sans en gâcher la substance, et je vous conseille vraiment de la lire par vous-mêmes et de vous faire votre propre avis une fois encore. Pour ma part, j'espère que Monstress connaîtra chez nous le succès qu'elle mérite, et que nous aurons droit bientôt à un second tome d'ores et déjà très attendu. Merci encore à Delcourt de nous avoir trouvé cette pépite savoureuse !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 6 février 2017

La question du lundi n°30 : Quels sont les mangas comptant le plus grand nombre de volumes ?


Bonjour à tous !

Nous resterons dans le registre littéraire en posant une question très simple :
Quels sont les mangas, finis ou encore en activité, comptant le plus de volumes ?
Voici une petite liste non exhaustive de certains titres emblématiques répondant à ces critères.

Kochikame : La plus grande série de manga en terme de tomes puisqu'elle en comptabilise 200 !
C'est un manga humoristique ayant pour héros un policier du nom de Kankichi Ryotsu surnommé Ryo san.
La série a été publiée de 1976 à fin 2016 ! Vu le nombre conséquent de tomes, une publication en France semble quasi impossible.


Dokaben : Série inédite traitant du base-ball, comptant 196 tomes à l'heure actuelle et toujours en cours de publication depuis 1972.
La série, comme d'autres mangas dont je vais vous parler après, est composée de plusieurs parties ce qui justifie ce nombre énorme de volumes.


Golgo 13 : Un autre titre emblématique du manga avec une longévité et un nombre de tomes impressionnant !
Le protagoniste principal, également surnommé Duke Togo, est un tueur à gages hors pair dont les origines sont des plus mystérieuses.
On suit ainsi celui-ci sur les différents contrats qu'il effectue et d'autres histoires.
A l'heure actuelle, le manga est toujours en cours, comptabilise 183 tomes et est publié depuis 1968 !
En France, 2 tomes ont été publiés chez Glénat compilant les meilleures histoires, l'un choisi par les auteurs et l'autre par les lecteurs.
Ces 2 tomes faisant tout de même 1000 pages chacun.


Baki : 136 tomes, toujours en cours de publication, débutée en 1991.
La série en est a sa 4ème partie.
Il s'agit d'un manga de baston, dont le héros s'entraîne afin de dépasser un jour son père considéré comme étant la créature la plus forte sur Terre !
On découvrira de nombreux combattants fort et charismatiques au cours de l'aventure. Il n'est pas rare que le héros soit relégué au second plan afin de mettre en avant certains de ces combattants, expliquant en partie cette longévité.
La 1ère partie, inédite sous sa forme papier en France, a été commercialisée sous la forme de 2 coffrets DVD couvrant l'essentiel des événements de cette partie.
La 2ème partie a été publiée chez Delcourt en 31 tomes.
Pas de projet pour le moment pour une adaptation des autres parties.


Jojo's bizarre adventure : 118 tomes à l'heure actuelle, la 8ème partie est toujours en cours de publication.
A chaque nouvelle partie, le lecteur suit les péripéties d'un nouveau héros, lié à la famille des Joestar.
Je ne m'attarderai pas trop sur cette série qui dans les mois qui viennent fera l'objet d'un dossier de notre part faisant le point sur cette excellente œuvre culte à l'occasion des 30 ans de la série cette année.
La série est publiée en France chez Tonkam, 106 tomes disponibles.


Hajime no Ippo : 116 tomes, encore en publication, publiée depuis 1989.
Publiée en France par Kurokawa.
On suit la découverte et la plongée dans le monde de la boxe du jeune Ippo Makunouchi ainsi que l'évolution de sa carrière.
Comme pour Baki, l'auteur suit en parallèle d'autres combattants ayant été adversaires du héros ou bien faisant parti de son club.
Ironiquement, la série n'est pas décomposée en parties au Japon mais l'a été en France, compréhensible vu le nombre de tomes étant déjà parus lorsque la série a commencé à être commercialisée en France (88 tomes à l'heure actuelle).


Captain Tsubasa : 94 tomes au Japon, toujours en cours, commencée en 1981.
Série également connue sous le nom d'Olive et Tom.
Série culte de sport où l'on suit les aventures du jeune Ozora Tsubasa dans le monde du football.
La série initiale comptabilise 37 tomes et a eu de nombreuses suites.
La série a été publiée en France par J'ai Lu puis actuellement par Glenat.


Detective Conan : 91 tomes au Japon, encore en cours, débutée en 1994.
La série est publiée chez Kana avec 88 tomes disponibles.
Le lecteur suit les enquêtes d'un jeune lycéen détective, Shinichi Kudo, qui après avoir été attaqué par de mystérieux hommes en noir dont il espionnait les activités ingérera un médicament qui aura pour effet de le faire rajeunir, lui rendant son aspect d'enfant.
Afin de tromper l'organisation des hommes en noir qui le croit mort, il porte une fausse paire de lunettes et prendra le pseudonyme de Conan Edogawa.
La série nous emmène ainsi sur diverses enquêtes de crimes (vol, meurtre, kidnapping, etc.) avec en trame de fond l'intrigue concernant l'organisation des hommes en noir.


One Piece : 84 tomes, toujours en cours (1997).
Série culte sur l'univers des pirates que l'on ne présente plus et qui devrait sans doute franchir le cap des 100 volumes avant sa fin.
La série est publiée en France chez Glénat avec 81 tomes disponibles.


Voila un bref aperçu sur la très longue vie de certains titres de manga.
Bonnes lectures et à bientôt !

jeudi 3 novembre 2016

Yakitate Ja-Pan !! Un pain c'est tout (Delcourt - 2005/2010)


Scénario et dessin de Hashiguchi Takashi

Série complète en 26 volumes

Si à l’heure actuelle, le manga culinaire a le vent en poupe notamment avec la série Food Wars (Shokugeki no Soma en vo), ce type de manga peut avoir de multiples déclinaisons en s’attardant sur une cuisine particulière, une certaine catégorie de nourriture,etc. C’est le cas notamment de Yakitate Japan !! qui traite … de pains ! Un aliment que nous connaissons bien.

L’histoire nous narre les aventures de Kazuma Azuma, issu d’une famille de riziculteurs, qui lors de son enfance va découvrir l’univers du pain et décider de se consacrer à cette voie après sa rencontre avec un boulanger l’ayant initié à ce domaine.
Plusieurs années plus tard, Kazuma décide d’intégrer la plus célèbre des boulangeries japonaises : Pantasia. Au fil des ans, notre jeune héros s’est entraîné en autodidacte et s’est constitué un répertoire de recettes impressionnantes, ses Ja-pan, dont le lecteur aura l’occasion d’être témoin à de nombreuses reprises. L’objectif de Kazuma étant de mettre au point un pain qui serait emblématique du Japon, au même titre que notre baguette française.

Le manga regorge de nombreuses scènes humoristiques et s’avère également très instructif. En effet, les nombreux ingrédients utilisés lors de la conception des pains sont riches en enseignement et permettent de mettre en lumière certains aspects méconnus de ceux-ci.

Si ce bref sommaire vous a mis l’eau à la bouche, n’hésitez pas à vous plonger dans cet univers et à mettre la main à la pâte !

samedi 8 août 2015

Tellos – Édition intégrale (Delcourt – Novembre 2014)


Ce petit bijou, ce trésor véritable au sein du monde des comics, est édité avec soin et brio par Delcourt pour notre plus grand plaisir !

Dans le monde de Tellos, le temps du changement est arrivé. Les forces du Mal se répandent en chaque pays, dans le cœur de leurs habitants frappés par la terreur... rien ne semble pouvoir endiguer la croissance du fléau, poussée par un nouveau champion des ténèbres avide de pouvoir. Un seul espoir subsiste néanmoins... un jeune garçon, élu de la lumière, qui pourra invoquer le grand défenseur du Bien pour combattre le souverain noir et rétablir l'équilibre au sein de Tellos.
Ce jeune garçon, c'est Jarek. Aventurier au cœur d'or, l'esprit plein de rêves, et accompagné par son fidèle compagnon le redoutable homme-tigre Koj, Jarek entre accidentellement en possession d'une étrange amulette, renfermant un immense pouvoir qui ne demande qu'à être libéré. Était-ce vraiment un accident ? Ou bien le destin est-il en train de jouer un de ses mystérieux tours?Koj et son jeune protégé seront rejoint dans leurs aventures par un duo de voleurs au grand cœur, ainsi que par une redoutable capitaine pirate, et cette petite compagnie devra alors affronter de grands périls et pénétrer au cœur du royaume du Mal pour accomplir la prophétie et sauver le monde de Tellos... ou bien disparaître en essayant.

Tellos c'est avant tout l'oeuvre de deux artistes. Todd Dezago au scénario et Mike Wieringo au dessin. Deux créateurs à l'imagination débordante, qui ont réussi à livrer une série magnifique tant visuellement qu’intellectuellement. Le meilleur dans cette histoire un rien enfantine mais toujours drôle et captivante ? Son final, parfait, émouvant et extrêmement fort. C'est peut-être l'une des plus belles histoires que j'ai pu lire en comics, une histoire qui rappelle un peu L'Histoire sans fin à sa manière. Delcourt nous offre ici une édition soignée et sérieuse, contenant l'intégralité des récits et séries autour du monde de Tellos. Merci beaucoup pour ce beau cadeau !

La postface, signée par Todd Dezago, nous apprend qu'il devait à l'origine y avoir plusieurs suites, plusieurs nouveaux arcs narratifs, un développement de l'univers et de ses personnages. Malheureusement, le dessinateur Mike Wieringo décéda peu après l'écriture de cette postface en 2007, et tous les projets autour de leur monde furent abandonnés ou du moins stoppés. J'ignore totalement ce qu'il en est près de 8 ans plus tard, mais vraisemblablement cet album intégral contient tout ce que nous aurons le privilège et le bonheur de lire et de découvrir, donc une fois encore merci beaucoup à Delcourt de nous faire rêver avec de vraies pépites de ce genre. Une histoire qui a elle-même une histoire, une âme dira-t-on. Et ça fait vraiment du bien !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 20 mai 2015

Lara Croft / Tomb Raider (Delcourt - 2009/2010 - 3 tomes)



Qui n'a jamais joué aux jeux-vidéos relatant les incroyables aventures de la belle Lara Croft ? Depuis l'ère de la première console Playstation jusqu'à nos jours, l'aventurière a longtemps fait parler d'elle et ses prouesses restent dans toutes les mémoires, qu'il s'agisse des jeux comme des films. Digne héritière du non moins célèbre Indiana Jones, lui-même descendant d'Allan Quatermain, l'emprunte culturelle de la Tomb Raider n'est plus à présenter.
Comme de juste, ses aventures ont été adaptées sous de multiples formats, dont bien sûr les comics. En France c'est Delcourt qui se charge de la parution de ces histoires, d'abord sous forme d'un magazine kiosque puis à travers trois albums, parus entre Juin 2009 et Février 2010, dans la collection ''Contrebande''. Il s'agit du run de Dan Jurgens au scénario et d'Andy Park au dessin, avec quelques guets par moment. Je n'entrerai pas trop dans les détails afin de ne gâcher le plaisir de personne si vous parvenez à vous procurer ces albums !

Nous suivons Lara à travers trois histoires, couvrant chacune globalement un des tomes. En premier lieu, la chasseuse de reliques va devoir retrouver la trace du légendaire Masque de Méduse, artefact d'une puissance incommensurable qui risque de tomber entre de très mauvaises mains, et dont la quête la mènera du plus profond des océans jusqu'aux régions les plus inaccessibles.
Puis, il lui faudra lutter contre une société secrète elle-aussi légendaire à la recherche d'un orbe capable de montrer l'avenir à qui le détient, et qui se retrouve au centre d'une lutte de pouvoirs qui risque de faire basculer l'équilibre mondial.
Et enfin, Lara retrouvera une de ses anciennes consœurs d'études qui a besoin de son aide et de son expérience sur un site de fouilles archéologiques qui pourrait bien prouver que les hommes et les dinosaures ont cohabité ! Mais gare à ce que l'on exhume, car ce n'est peut-être pas aussi éteint que l'on croit...

Trois aventures trépidantes autour du monde, trois occasions de suivre Lara Croft dans ses périples et de connaître un peu mieux le personnage, sa psychologie et son passé douloureux qui revient régulièrement la hanter. La seconde moitié du troisième tome est d'ailleurs consacrée à de petites histoires flash-back, nous dévoilant les origines de l'aventurière, méconnues et revisitées.
Une bonne série dans l'ensemble, il n'y a rien à redire concernant l'écriture de Dan Jurgens, claire et fluide, et le dessin d'Andy Park est merveilleusement détaillé et maîtrisé de bout en bout. Les dessinateurs intervenants sur les dernières petites histoires sont clairement moins bons pour certains, mais ça reste à un bon niveau malgré tout. Une Lara plus humaine, plus fouillée et approfondie que dans ses autres incarnations de l'époque, à travers une histoire suivie et bien construite.

Petit bémol : comme pas mal de séries de la collection ''Contrebande'', nous ne connaîtrons sans doute jamais la suite de ces récits en albums reliés, car le dernier datant de Février 2010 je pense qu'on peut dire que la série est stoppée, malgré son état officiel de ''série en cours'' encore à l'heure actuelle. Toutefois je garde espoir, sait-on jamais le public pourrait faire pencher la balance un jour ! Pour les plus courageux, si vous désirez connaître la suite et fin de cette série, deux solutions pour le moment : soit vous parvenez à dénicher les 24 numéros du magazine kiosque de Delcourt, sans doute trouvables sur des sites comme PriceMinister ; soit tenter de trouver la série en V.O. qui doit sûrement avoir été publiée en album intégral (TPB soft ou hard cover). Quoi qu'il en soit les albums de Delcourt restent une très bonne lecture, rapide et efficace, et relativement pas chère !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


samedi 18 avril 2015

The Crow - Le scalp des loups (Delcourt - Septembre 2014)


The Crow, véritable série phénomène dans le monde des comics, n'a pas fini de faire parler d'elle. En effet, James O'Barr en personne est revenu aux affaires il y a quelques années et a repris les commandes de sa création, l'orientant vers une nouvelle direction artistique en compagnie du dessinateur Jim Terry. Sorti en Septembre dernier chez Delcourt, ce premier (je ne sais pas s'il y en a d'autres après) album d'un nouveau genre m'a laissé un peu froid à l'issue de sa lecture.

Europe, Seconde Guerre Mondiale. Quelque part dans un camp de concentration anonyme, un Juif est tué ainsi que sa femme et sa fille par un commandant sadique se plaisant à défier ses prisonniers les plus intelligents à une partie d'échecs où l'issue ne fait jamais aucun doute quel que soit le résultat. Comme de juste, pour réparer cette horreur, un corbeau ressuscite l'âme en quête de vengeance, pour une nuit d'horreur comme jamais il n'y en eu.

Si l'on retrouve bien la thématique principale chère à The Crow (la vengeance après une tragédie), l'on est quand même assez loin de la beauté romantique de la série originale, près de 20 ans auparavant. James O'Barr opte ici pour un déchaînement de violence plus ou moins gratuite, une suite de meurtres sauvages et sanglants et un sentiment de justice des plus ambigus. Cette fois-ci la vengeance est aveugle et froide, sans retenue ni remords d'aucune sorte. Clairement pas la meilleure histoire du Corbeau qu'il m'ait été donnée de lire, et je reste plutôt déçu de voir O'Barr prendre ce virage brutal et assez impersonnel en plus, créant davantage l'incarnation d'une vengeance fantasmée qu'une réelle histoire.
Nouveauté aussi pour cette série, le noir et blanc disparaît au profit de l'apparition de la couleur, des teintes pastels et assez ternes qui se marient avec une grisaille ambiante, dans la veine de The Walking Dead par exemple s'il y avait de la couleur dedans. Ça fait son petit effet mais ça accentue aussi l'impression de lire tout sauf du The Crow, au final.
Bref, une lecture un peu décevante mais tout de même intéressante en soi, il suffit de savoir faire abstraction de ce que l'on attendrait d'un titre de cette licence même s'il s'agit du retour de l'auteur d'origine, et de la prendre davantage comme un genre de one-shot que comme un réel ajout à la mythologie du ''personnage''. En plus l'album est assez court, moins de 10 minutes pour tout lire, donc ce n'est pas vraiment une perte de temps regrettable, même si je ne vous conseille pas forcément cette histoire-ci.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 31 janvier 2015

The Crow - Midnight Legends tomes 1 et 2 (Delcourt - Février 2014 et Janvier 2015)


Si vous suivez les articles de ce blog depuis Juin 2014, vous avez du lire celui sur la série originale The Crow de James O'Barr, en Août de la même année ce me semble. Sinon, bienvenus et prenez le train en marche, tout en tâchant de rattraper votre retard si possible !

Je vais vous parler ici des séries dérivées du phénomène The Crow. Après l'histoire première, de nombreux auteurs et dessinateurs ont eux aussi voulu apporter leur pierre à l'édifice en créant de nouveaux récits autour de cette légende brutale et tragique. C'est en partie ce qui donne la collection Midnight Legends, où l'on retrouve certaines de ces nouvelles histoires. Toutes ne sont pas de qualité, loin s'en faut, et le moins que l'on puisse dire c'est que par moments on a surtout l'impression de voir un mauvais pastiche d'un chef-d'oeuvre globalement incompris par ces nouveaux auteurs désireux de rendre hommage à leur façon. C'était le cas notamment pour les second et troisième films de la saga au cinéma, ainsi que pour la médiocre série-télévisée des années '90, dont le souvenir s'efface heureusement un peu plus chaque année.
Delcourt nous fait donc paraître depuis un an cette collection, et voici le moment pour moi de vous parler des deux premiers tomes, très inégaux.

Je vais passer rapidement sur le premier, signé Jerry Prosser au scénario (comics Alien ou encore Predator) et Charlie Adlard au dessin (Walking Dead aujourd'hui, est-il besoin de le préciser). Parue en 1994, cette histoire raconte le retour à la vie de Michael Korby, assassiné au cours d'un braquage de voiture sur la route avec sa femme alors qu'ils venaient de se marier depuis peu. 15 ans après, deux corbeaux viennent le tirer des limbes et le ramènent dans le monde des vivants pour qu'il exerce sa terrible vengeance sur les responsables de son meurtre et de celui de sa femme. L'un des deux, Darryl, sort justement de prison après avoir purgé sa peine suite à ce crime, et désire plus que tout refaire sa vie et repartir sur de meilleures bases, entouré de sa famille et de ses amis, voulant à tout prix se racheter. Mais ses projets de rédemption vont tourner court quand Michael surgira de la nuit pour s'en prendre à lui et à son complice, leur apportant la peur et la mort en paiement de leurs actes passés. Une tragédie en trois temps, trois morceaux de vie relatés en parallèle les uns des autres : Michael, Darryl et l'inspecteur de police chargé de cette enquête, qui se retrouvera mêlé au carnage en tentant de protéger son suspect.
J'ai dis que je passais rapidement sur ce premier tome, car selon moi il est d'une médiocrité affligeante et reflète exactement le phénomène dont je parlais dans mon introduction : l'incompréhension crasse par de nouveaux auteurs du concept d'origine et son inévitable déformation. Ici nous n'assistons qu'à un récit brutal, violent, moche et sans réelle profondeur, sans personnages auxquels s'attacher ou s'identifier. Rien. Rien de ce qui faisait la grandeur et la beauté d'une tragédie aussi poignante et douloureusement sentimentale telle que le The Crow d'origine. C'est donc une sacrée déception en ce qui me concerne, en plus je trouve que le dessin de Charlie Adlard est vraiment... pas terrible, pour rester poli, et m'empêche complètement d'entrer dans le récit. C'est une récupération très maladroite et malhabile, essayant même de donner de nouvelles ''origines'' au mythe, mais ne parvenant pas à nous y faire croire. Il en faut pour tous les goûts, c'est sûr, et certains aimeront sûrement cette direction et ces choix de narration, mais pas moi, et surtout pas en comparaison de l’œuvre d'écorché vif de James O'Barr. Un mauvais point donc, et un assez mauvais départ pour cette collection. Voyons maintenant si la suite rattrape cela...


Et là je dirais que l'essai est transformé. Le tome 2, Temps mort, est d'une justesse quasi-parfaite et d'une beauté rappelant agréablement celle de la toute première histoire. Joshua, Amérindien assassiné avec toute sa famille peu après la Guerre Civile américaine, revient 100 ans plus tard parmi les vivants pour traquer les réincarnations des rebelles sudistes en fuite qui prirent sa vie, celles de sa femme et de son fils. Le corbeau lui donne l'occasion de retrouver les descendants de ses sauvages assassins, dans une traque sans merci qui fera naître la peur en leur cœur et permettra également d'empêcher une nouvelle nuit d'horreur de se produire.
La douleur est bien là, enfin, celle qui donne naissance à un récit comme The Crow, la tragédie mêlée de poésie et surtout d'amour, le seul véritable moteur de toute l'histoire. Comment est-il possible que ce second tome soit à ce point meilleur et mieux dans le ton que le premier ? Tout simplement parce que cette fois c'est James O'Barr en personne qui signe le scénario, assisté par John Wagner (Judge Dredd), et que les dessins (toujours en noir et blanc, marque de fabrique de The Crow) sont l’œuvre d'Alex Maleev (Daredevil). Un casting de choix qui sait y faire et ne nous déçoit absolument pas, comment cela aurait-il pu être possible de toute façon sachant que l'auteur d'origine revient aux commandes ! On reconnaît immédiatement son style, sa souffrance et sa beauté d'écriture. Un des signes distinctifs est la présence entre les différents chapitres de morceaux de poèmes ou de légendes tribales, tournant toujours autour du thème de la vengeance, de l'amour et du corbeau, messager de l'au-delà.

Alors, peut-être suis-je un peu dur avec le premier tome. C'est vrai que je ne peux pas être objectif lorsqu'il s'agit de quelque chose touchant à The Crow (et je rappelle que le principe même de l'objectivité veut qu'il soit impossible de l'atteindre, on ne peut que s'en rapprocher), et qu'une déception me reste vraiment en travers de la gorge. Il y a sûrement des qualités que je n'ai pas su apprécier ou voir, dissimulées pour moi derrière les trop grossiers défauts. Mais le fait est que la différence est là : lisez le tome 1, lisez le tome 2, vous la verrez par vous-mêmes assez facilement. D'ailleurs je vous enjoins comme à chaque fois de vous faire votre propre avis et votre propre ressenti de lecture, je ne suis là que pour vous donner le mien, non la vérité absolue, et que jamais je ne serai ''dictateur du bon goût'' comme on dit. Ces goûts et préférences appartiennent à chacun, je n'émets donc ici qu'un simple conseil personnel si l'on peut dire.
Fort heureusement il n'est absolument pas nécessaire de lire le premier tome pour pouvoir ensuite lire le second, chaque histoire est parfaitement unique et indépendante de l'autre. Il n'y a guère pour ma part que l'esprit du collectionneur qui m'oblige à avoir les deux dans ma bibliothèque. Série à suivre et qui je l'espère contiendra dans les prochains tomes davantage d'histoires de l'acabit de Temps mort, avec ou sans James O'Barr.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 7 décembre 2014

Sexe tome 1 - L'été du hard (Delcourt - Juillet 2014)


Les comics, ce n'est pas que Marvel ou DC. C'est aussi une myriade d'éditeurs moins imposants mais tout aussi importants dans l'industrie, ceux que l'on appelle les Indépendants, et dont le plus gros reste à ce jour et depuis sa création Image Comics. C'est chez eux que l'on trouve de petites merveilles telles que Saga, par exemple. Ou encore le comics dont je m'apprête à vous parler, sorti chez nous en Juillet dernier chez Delcourt, et sobrement intitulé Sexe. Scénarisé par Joe Casey et dessiné par Piotr Kowalski, ce récit passionnant nous propose un concept atypique : imaginez un super-héros semblable à ce bon vieux Bruce Wayne, ayant traversé un soudain passage à vide et décidant de raccrocher sa cape et son masque pour se consacrer entièrement à sa vie civile, au sein de sa cité idéale de modernisme ?

C'est le cas de Simon Cooke, milliardaire et PDG d'une compagnie internationale basée à Saturn City, la ville du progrès. Simon a aussi été connu pendant des années sous le nom du Saint en Armure, un justicier combattant le crime à l'aide de gadgets et d'un entraînement intensif, dans le but de nettoyer Saturn City de la vermine qui la gangrène dans l'ombre. Mais voilà, suite au décès d'une personne très proche de lui, Simon décide, après un temps de réflexion, de remiser son costume et d'abandonner sa vie de super-héros pour revenir sur le devant de la scène en tant que Simon Cooke, et rien de plus. Avec l'idée de changer les choses en plein jour et à la vue de tous dans le domaine public, il n'était cependant pas préparé à ce qui allait suivre : la difficulté de se réadapter au milieu des civils. Et surtout, en côtoyant chaque jour le vice et la décadence de cette ville trop parfaite où les pauvres sont livrés à eux-mêmes et où les riches ne demandent qu'à s'encanailler pour se distraire. Difficile de comprendre tout cela lorsque l'on a été l'un des êtres les plus vertueux de la ville durant des années, mais il faut pourtant faire bonne figure et accepter bon gré mal gré de se ''mettre à la page''. Il pourrait même y avoir de bonnes surprises, comme de retrouver une ancienne alliée costumée sous son visage civil également et commencer un nouveau genre de jeu du chat et de la souris avec elle, un peu comme au bon vieux temps finalement. A ceci près qu'il faut ajouter le stress de la position à temps plein de PDG d'une entreprise si renommée et cruciale pour l'économie locale et nationale, ainsi que la recrudescence du crime qui désormais ne se cache même plus pour mener ses affaires. Comme si finalement, l'action du Saint en Armure n'avait servie à rien durant tout ce temps, et que son départ n'ait fait qu'accélérer les choses. Dans ces conditions, à quoi bon rester droit et immaculé alors que tout fout le camp et que la tentation s'intensifie d'enfin connaître le mauvais côté de la vie, la décadence, le laisser-aller lascif des soirées mondaines, l'exercice du pouvoir social, celui de l'argent... le sexe. Sous bien des formes. Une nouvelle vie commence pour Simon Cooke, bien loin du héros qu'il était et qu'il persiste à vouloir rester, quoique moins vivement à mesure que le temps passe. Une vie dans laquelle il a encore tant de choses à apprendre, à découvrir... et dont il tâchera de profiter.

Grandeur et décadence d'une idole, non pas déchue cette fois-ci mais l'idée est bien présente. Que devient un héros lorsqu'il prend sa retraite, comment revenir à la vie civile et comme appréhender toutes les facettes de cette existence, partagée entre le bien et le mal, entre le vice et la vertu, où rien n'est tout blanc ou tout noir mais tout en nuances de gris (tiens tiens...) ? Sexe, c'est le récit inédit et novateur de cette chute morale, qui n'en est vraiment une que selon le point de vue que le lecteur choisira d'adopter durant son expérience de découverte. Beaucoup de questions morales et sociologiques, psychologiques, seront posées au lecteur dans ce premier tome, en guise de sous-texte faisant réfléchir à notre propre société et à ses valeurs si facilement déformables voir oubliables. Simon, après toutes ces années de droiture et de service aux autres, n'a-t-il pas le droit aujourd'hui de s'éclater comme une bête lui aussi et de bouffer la vie à pleines dents ? Un héros doit-il forcément s'interdire de connaître le plaisir, charnel ou autre, pour avoir le droit d'être appelé ainsi ? Est-ce vraiment la société qui fait chuter nos idoles, ou bien est-ce inscrit bien plus profondément dans notre nature ? Et bien d'autres questions possibles encore, suivant vos propres impressions et votre caractère.
Pour ma part ce fut une bonne surprise que ce premier tome, acheté un peu sur un coup de tête après de petites recherches, dans un moment de creux l'été dernier. Et je ne le regrette nullement à présent que je (crois) saisir les enjeux et questionnements de cette série, et tout le potentiel d’innovation et d'exploration qu'elle nous réserve encore. Comme quoi, et ça rejoint mine de rien le thème central de l'histoire, ce n'est jamais mauvais de vouloir tester de nouvelles choses et de découvrir de nouveaux horizons par curiosité, tant que l'on sait ce que l'on veut et ce que l'on aime !

Avertissement toutefois, Sexe se destine clairement à un public de préférence adulte ou du moins assez mature et averti pour en comprendre les images ainsi que la volonté, au-delà du choquant. A ne pas mettre entre toutes les mains et à ne conseiller qu'à celles et ceux qui sont prêts à appréhender correctement tout cela.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 3 août 2014

The Crow - Edition Définitive (James O'Barr - Delcourt - Octobre 2012)


A travers mes différents articles vous avez certainement du vous dire que je suis quelqu'un de fort sensible, pour m'émouvoir devant autant de récits qui n'en valent pas tous la peine il est vrai. C'est vrai aussi finalement que je suis assez sensible et émotif, surtout lorsque l'on joue sur des thèmes qui me sont chers. C'est le cas avec The Crow, une histoire véritablement poignante teintée d'une tristesse absolue, à ne lire que si vous avez le moral, sinon vous finirez plus bas que terre.
Beaucoup connaissent sans doute le film d'Alex Proyas sorti en 1994 avec le regretté Brandon Lee dans le rôle principal, qui signa son destin tragique et ajouta une nouvelle couche de drame sur cette oeuvre. Certains connaissent peut-être aussi la série-télé Canadienne de Bryce Zabel, en 24 épisodes et diffusée entre 1998 et 1999, au succès mitigé voir absent.
Si c'est votre cas, alors tant mieux pour vous, mais sachez que vous ratez l'essentiel, le coeur-même de la tragédie gothique/romantique qui se joue dans cette oeuvre, si vous n'avez pas lu le comics. Le graphic novel devrais-je dire, puisque nous atteignons ici des sommets de qualité et de technique dans l'art séquentiel et qu'il convient de lui rendre justice en le sortant du lot.

The Crow, c'est l'histoire de Shelly et Eric, un jeune couple s'apprêtant à se marier et à se lancer dans la vie, brutalement assassiné par un gang de malfrats sur la route après avoir subi les pires sévices. De cette tragédie naît une force vengeresse que rien ne semble pouvoir stopper, lorsqu'un an plus tard un corbeau (les gardiens des portes du royaume des morts) ramène Eric de l'au-delà afin qu'il puisse se lancer dans une traque sans merci, dans le but de rendre la justice et de faire payer à ces criminels le mal qu'ils ont pu faire. Si cette présentation de l'intrigue paraît simpliste vue comme ça, il n'en est rien car à cela s'ajoute une quête mystique de souvenirs et de rédemption, nous traverserons les épreuves d'Eric comme si nous étions les témoins privilégiés de son désir de retrouver sa bien-aimée ou tout du moins de la rejoindre bientôt, une fois sa tâche accomplie, et tout simplement d'enfin trouver la paix. Eric est une âme en peine, un revenant vengeur en proie à une terrible mélancolie et à une tristesse insondable, que le récit et les illustrations parviennent à nous faire ressentir au plus profond de notre coeur (pourvu que vous soyez de nature sensible et un brin romantique, bien entendu). Le présent sera entrecoupé régulièrement par des scènes tirées du passé et de la mémoire d'Eric, des scènes d'une incroyable tendresse qui permettent aussi au lecteur, tout comme au héros, de se réfugier l'espace d'un instant loin de la violence et de l'horreur de l'épreuve qui lui est imposée. Vous pourrez vibrer à la vue de ces moments intimes et doux, emplis d'amour et de partage à deux, avant de sombrer de nouveau dans la folie de la vengeance.

En somme, ce sont là des émotions que tout à chacun ressent normalement lorsqu'il lui arrive une telle tragédie. Et c'est bien là le véritable coeur de cette oeuvre : l'auteur, James O'Barr, a personnellement affronté le deuil de sa propre petite-amie suite à un accident qu'il se sentît très longtemps coupable d'avoir provoqué. Après une très longue période de dépression, assez grave et on le comprend bien, il a fini par trouver le moyen d'extérioriser du mieux qu'il pouvait toute la rage qu'il contenait et qui le dévorait de l'intérieur, ainsi que d'exprimer au passage l'infinie tristesse qu'il ressentait après la perte de son aimée. Cela donne The Crow, une histoire aux vertus thérapeutiques, une plongée dans les abysses de l'âme humaine rongée par le chagrin et la colère, mais également, et ce contre toute attente, un cri passionné pour la vie et la force de rester en vie, même après les pires épreuves. Certes au premier degré on peut voir le parcours d'Eric comme une sorte de renonciation progressive, après une lutte acharnée et une fois son but atteint, mais il est aussi question d'aimer la vie telle qu'elle est, tout simplement, et de ne jamais se laisser aller à y renoncer, même sous le coup de la plus affreuse des douleurs. Le retour d'Eric dans notre monde après sa mort, même si ce n'est que pour un temps très court, est non seulement un retour à la vie du personnage mais aussi un retour à la vie pour l'auteur lui-même, qui en extériorisant sur le papier ses souffrances et ses émotions peut enfin commencer à s'affranchir de ces mêmes souffrances et aller de l'avant, tout en gardant toujours un souvenir douloureux mais cher au coeur, une nostalgie mélancolique avec laquelle il devra apprendre à vivre.

Beaucoup n'ont pas réellement su voir tout cela dans le graphic novel magnifique qu'est The Crow, peut-être à cause du fait que les films suivant le premier furent moins bons et plus axés sur la violence, ou peut-être parce que la série-télé a bien dénaturé le propos de base tout en conservant une atmosphère familière, toujours est-il que l'impact artistique de ce récit reste encore à ce jour trop méconnu. Voir mésestimé. Et pourtant ! Plongez-vous au coeur de ces pages en noir et blanc, de ce graphisme sidérant de netteté et de réalisme ! Les impressions de mouvement sont vives, naturelles, on a parfois la sensation d'observer un ballet de danse (ce qui est le but recherché de certaines scènes au passages), Eric évolue dans son environnement aussi dignement que majestueusement, l'on parvient à ressentir autant sa grâce naturelle que sa puissance terrifiante. Les décors sont également somptueux dans le genre réaliste, un travail titanesque est fourni quant aux détails qui pullulent sur chaque planche, dans chaque case, même les plus épurées. Quand on voit cela, on ne peut douter de l'implication corps et âme de l'artiste à réaliser son oeuvre, comme à rendre le meilleur hommage possible à ses souvenirs de l'être aimée. Là où le noir et blanc de Sin City passe souvent pour une prouesse du genre, à côté des nuances ultra-précises de The Crow cela fera office de grossière ébauche. Par endroits on pourrait presque rapprocher ce travail de celui que l'on doit exercer avec les trames dans l'art du manga, tout un dosage à maîtriser.

Enfin, car cela constitue le petit plus qui m'a décidé à rédiger cet article, il faut saluer l'énorme performance éditoriale réalisée par Delcourt, qui a réédité ce récit malgré les risques de ne pas réussir à intéresser une nouvelle clientèle pour se rentabiliser, mais en fournissant un travail somptueux et léché qui nous donne un petit bijou que nous sommes fiers de posséder et d'exposer dans notre bibliothèque comics/bds, en bonne place. Cette ''Edition Définitive'' comporte des bonus informatifs jusque là peu connus, une nouvelle préface de l'auteur lui-même, des poèmes sélectionnés par ses soins au sein de la littérature française pour appuyer chaque chapitre, ainsi qu'une scène totalement inédite dessinée par James O'Barr exclusivement pour cette édition, qui fait alors office d'ultime finition apportée au récit. Si vous avez l'occasion de la trouver, et que cette petite présentation vous a intrigué voir séduit, surtout n'hésitez pas à le feuilleter et à vous le procurer par la suite, à condition bien sûr que vous aimiez ce genre d'histoires, ce qui n'est pas le cas de tout le monde malheureusement, même ici au sein de notre rédaction !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !