Affichage des articles dont le libellé est Septembre 2014. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Septembre 2014. Afficher tous les articles

lundi 10 juin 2019

X-Men - L'intégrale 1969-1970 (Panini Comics - Septembre 2014)


Les jeunes X-Men reviennent de loin. Après avoir tragiquement perdu leur mentor Charles Xavier l'année passée, ainsi que leur pire ennemi Magneto face aux Avengers, nos cinq héros sont désormais livrés à eux-mêmes et décident de maintenir vivant le rêve du Professeur X, à savoir un monde plus sûr pour les mutants et les humains en harmonie. Pour cela, ils continuent de s'entraîner sans relâche et de voler au secours des plus démunis de leurs frères, même si cette mission doit les mener tout droit dans la gueule du loup. Ainsi, grâce aux efforts d'infiltration de Cyclope, ils parviennent à démanteler la Confrérie des Mauvais Mutants qui servaient autrefois Magneto et qui découvrent avec stupeur que celui qu'ils prenaient pour leur maître incapacité n'était en fait qu'un robot ! Le choc est rude pour les plus fervents partisans du Maître du Magnétisme, mais c'est également un soulagement pour Lorna Dane, alias Polaris, qui apprend enfin la vérité sur ses origines : elle n'est pas, comme on le croyait alors, la fille légitime de Magneto, mais bien une enfant adoptée par celui-ci en raison des pouvoirs similaires qu'ils partageaient. Revenue dès lors dans le droit chemin, Lorna aide à son tour les X-Men quand il faut secourir le petit frère de Cyclope, qui vient tout juste de se découvrir des pouvoirs mutants à son tour ! Une occasion bien trop belle pour être manquée par ceux qui désirent nuire aux X-Men et à leur rêve de coexistence pacifique, comme le jeune héritier de Boliver Trask qui ramène les terribles robots géants Sentinelles à la vie et leur donne comme nouvelle mission d'appréhender puis d'exterminer tout mutant rencontré. Il faut aussi composer avec d'autres mauvais mutants, comme le mystérieux Pharaon Moderne qui plus tard s'avèrera puiser ses pouvoirs à la même source que ceux du jeune Alex Summers, et capable de se transformer en colosse de granit appelé le Monolithe Vivant quand il est gorgé d'énergie. Mais le plus terrible adversaire de nos héros ne fait son apparition qu'un peu plus tard cette année-là : le Dr. Karl Lykos, épris d'une passion tragique pour une femme qu'il ne pourra jamais avoir, se change suite à un terrible accident en reptile ailé digne de la Préhistoire et capable d'absorber l'énergie vitale de ses victimes pour se renforcer et maintenir cette apparence. Ainsi nait Sauron, en hommage direct au terrifiant Seigneur des Ténèbres de Tolkien. C'est sur le territoire de Ka-Zar, souverain de la Terre Sauvage, que l'affrontement final aura lieu et que Sauron sera vaincu par un adversaire que l'on n'attendait plus. Restés sur la Terre Sauvage un rien trop longtemps, nos cinq héros font la rencontre du véritable Magneto, infirme mais toujours aussi dangereux, alors que le mégalomaniaque se lance à la conquête de ce pays rescapé des temps anciens. Son œuvre sera bien entendue défaite et détruite par les X-Men une fois de plus, et nous quitterons la Terre Sauvage en emportant le souvenir fatal de Magneto terrassé dans la disparition de son plus grand projet. Cependant il reste encore beaucoup à faire avant de pouvoir rentrer au manoir de Westchester : il faudra en effet combattre un nouveau mutant flamboyant venu du Pays du Soleil Levant et ivre d'un désir de vengeance vieux de plusieurs décennies contre le peuple Américain. C'est la première apparition de Sunfire, qui par la suite devra choisir lui-même son destin, tantôt menace tantôt héros à son tour. Enfin, après avoir retrouvé le Professeur Xavier bien vivant et remis de la plupart de ses blessures, et après avoir mis en déroute une invasion extraterrestre de justesse en unissant tous leurs pouvoirs, les X-Men terminent cette bien longue année en affrontant ni plus ni moins que Hulk en personne, qui détient la clé du rétablissement de leur mentor sans s'en douter.

Que d'émotions et de palpitantes aventures que voilà ! Après le départ de Stan Lee de l'équipe créative (le grand Stan se désintéressant publiquement du sort de ses mutants depuis quelques temps déjà), la série accueille des stars de l'époque et même des vétérans du monde des comics avec Roy Thomas, Werner Roth et Neal Adams, qui parviendront ensemble à relever une dernière fois le niveau avant de couper les projecteurs et de fermer derrière eux. En effet, les X-Men sont un peu passés de mode et, pour tout dire, un peu ringards... et donc le public se détourne lui aussi, préférant des héros plus tragiques encore comme Spider-Man ou bien plus théâtraux comme les Avengers. La série se termine donc sur cet affrontement titanesque face à Hulk en plein désert, et sur un ultime message d'espoir lancé au lectorat resté fidèle jusqu'au bout et à celles et ceux qui, l'âme d'artiste en poche, aimeraient reprendre le flambeau plus tard. Ce sera chose faite en 1975, après quelques tristes années faites de rééditions et d'apparitions éclairs dans d'autres revues. Une nouvelle équipe de X-Men sera formée, inventée pour certains par de nouveaux auteurs dans le vent et ayant eu une vision salvatrice du destin des mutants. Mais cela nous le verrons une prochaine fois, avec une prochaine intégrale. Pour le moment, cette double année 1969-1970 fait office de charnière et de porte qui se referme sur des héros incompris et encore trop mal-aimés du grand public. Malgré des dessins toujours plus détaillés et encore davantage pleins d'énergie qu'aux débuts, et malgré un scénario partant dans de très intéressantes directions (se permettant même de rendre hommage aux racines de l'imaginaire moderne), nous quittons les X-Men avec le cœur gros mais en partie rempli d'espoir pour la suite. Et en effet, comme nous le verrons bientôt, il suffisait d'y croire ! C'est la grande leçon de vie que nous apprennent les X-Men depuis toujours : croire en un avenir meilleur et se battre de toutes ses forces pour l'assurer, face à la haine et à l'adversité. Une leçon que l'Histoire aura également retenu à certains moments...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


vendredi 27 janvier 2017

La V.O. du vendredi n°56 : Grimm Fairy Tales presents - Age of Darkness tome 3 (Zenescope - Septembre 2014)


Dans ce troisième tome sont réunis les chapitres concernant les divinités restées sur Terre, ainsi que ceux relatant les récents événements à Wonderland et à Oz. Tandis que la Reine Sombre passe des marchés avec d'antiques forces maléfiques pour accroître ses pouvoirs et son influence néfaste sur les mondes, le Nexus s'affaiblit de plus en plus et les différents royaumes tombent les uns après les autres entre les mains des forces du Mal, ravivées comme jamais auparavant. Avec la disparition de Zeus et la réapparition de Venus sous les ordres de la Reine Sombre, c'est un bien triste avenir qui se profile à l'horizon. Wonderland n'est pas en reste, avec un pacte passé dans le sang et les larmes pour sauver la vie de la fille de Calie Liddle, ainsi que son âme innocente. Et à Oz, la Cité d'Emeraude tombe entre les mains du Warlord, libéré par la Reine Sombre et armé pour une nouvelle guerre aussi violente et rapide que sanguinaire pour conquérir le trône. Les royaumes tombent, et le Nexus n'en devient que plus vulnérable de jour en jour. Qui donc parviendra encore à se dresser face à la Horde Noire ?

Trois récits principaux, trois royaumes différents aux prises avec les manigances de la Reine Sombre et le retour d'anciens ennemis revenus à la vie ou libérés des profondeurs où ils étaient enfermés. La situation n'a jamais été aussi critique, et l'on attend avec crainte et impatience la réaction des gardiens du Nexus et des émissaires du Bien, pour l'instant largement dépassés par les événements. La résistance s'organise-t-elle ? La suite très prochainement !

samedi 18 avril 2015

The Crow - Le scalp des loups (Delcourt - Septembre 2014)


The Crow, véritable série phénomène dans le monde des comics, n'a pas fini de faire parler d'elle. En effet, James O'Barr en personne est revenu aux affaires il y a quelques années et a repris les commandes de sa création, l'orientant vers une nouvelle direction artistique en compagnie du dessinateur Jim Terry. Sorti en Septembre dernier chez Delcourt, ce premier (je ne sais pas s'il y en a d'autres après) album d'un nouveau genre m'a laissé un peu froid à l'issue de sa lecture.

Europe, Seconde Guerre Mondiale. Quelque part dans un camp de concentration anonyme, un Juif est tué ainsi que sa femme et sa fille par un commandant sadique se plaisant à défier ses prisonniers les plus intelligents à une partie d'échecs où l'issue ne fait jamais aucun doute quel que soit le résultat. Comme de juste, pour réparer cette horreur, un corbeau ressuscite l'âme en quête de vengeance, pour une nuit d'horreur comme jamais il n'y en eu.

Si l'on retrouve bien la thématique principale chère à The Crow (la vengeance après une tragédie), l'on est quand même assez loin de la beauté romantique de la série originale, près de 20 ans auparavant. James O'Barr opte ici pour un déchaînement de violence plus ou moins gratuite, une suite de meurtres sauvages et sanglants et un sentiment de justice des plus ambigus. Cette fois-ci la vengeance est aveugle et froide, sans retenue ni remords d'aucune sorte. Clairement pas la meilleure histoire du Corbeau qu'il m'ait été donnée de lire, et je reste plutôt déçu de voir O'Barr prendre ce virage brutal et assez impersonnel en plus, créant davantage l'incarnation d'une vengeance fantasmée qu'une réelle histoire.
Nouveauté aussi pour cette série, le noir et blanc disparaît au profit de l'apparition de la couleur, des teintes pastels et assez ternes qui se marient avec une grisaille ambiante, dans la veine de The Walking Dead par exemple s'il y avait de la couleur dedans. Ça fait son petit effet mais ça accentue aussi l'impression de lire tout sauf du The Crow, au final.
Bref, une lecture un peu décevante mais tout de même intéressante en soi, il suffit de savoir faire abstraction de ce que l'on attendrait d'un titre de cette licence même s'il s'agit du retour de l'auteur d'origine, et de la prendre davantage comme un genre de one-shot que comme un réel ajout à la mythologie du ''personnage''. En plus l'album est assez court, moins de 10 minutes pour tout lire, donc ce n'est pas vraiment une perte de temps regrettable, même si je ne vous conseille pas forcément cette histoire-ci.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 11 février 2015

Red Skin tome 1 - Welcome to America (Xavier Dorison & Terry Dodson - Glénat - Septembre 2014)


Que vous dire pour introduire cette lecture ? Imaginez : l'un des scénaristes les plus côtés et reconnus de la bande-dessinée franco-belge à ma gauche, et à ma droite l'un des dessinateurs de comics les plus soigneux et passionnés qui soient. Quand Xavier Dorison rencontre Terry Dodson, ça donne Red Skin, une bd aux accents de comics, fraîche et agréable à lire comme à regarder (on ne va pas se mentir, ceux qui ont lorgné sur la couverture ont tout de suite voulu voir l'intérieur), dont le premier tome est sorti chez Glénat en Septembre dernier pour notre plus grand plaisir. Le résumé en quelques mots :

Guerre Froide, les blocs de l'Ouest et de l'Est se toisent et se cherchent, mais l'heure est plutôt à la détente. En URSS, Véra est une agent très secrète des forces spéciales, au style de vie un rien débridé et avec un solide appétit pour la liberté. Le Kremlin décide de l'envoyer aux États-Unis, pays dont elle ne connaît rien, pour une mission très particulière : elle devra s'y forger une identité de super-héroïne et s'attirer les faveurs du public en combattant le crime à sa façon (au moyen d'un marteau et d'une faucille) afin de promouvoir une certaine idée du communisme dans un premier temps, mais surtout de recueillir le plus d'informations possibles sur un ''héros'' assez extrême se faisant appeler le Charpentier et luttant contre la dépravation d'Hollywood et de l'industrie du porno en crucifiant ses victimes. Le Charpentier n'est d'ailleurs que le reflet d'une mentalité puritaine extrémiste qui ne fait que se développer depuis quelques temps en Californie, avec à sa tête l'évangéliste illuminée Jacky Core, dont l'ambition risque de la porter jusqu'au Sénat voir au-delà et dont les valeurs risquent d'être un frein à la nouvelle entente entre l'Est et l'Ouest. Pour endiguer cette montée fasciste, Véra devra donc retrouver et neutraliser définitivement le Charpentier, fer de lance du mouvement, avant que le public n'adhère en masse à sa vision des choses et à celle de Jacky Core. La super-héroïne du peule est née, baptisée Red Skin ! Mais ce n'est pas tout, Véra, sous le nom d'Alabama Jane, devra aussi s'intégrer dans la vie civile américaine de son mieux, et quelle meilleure couverture pour cela qu'un poste de bonne auprès de la société de production pornographique la plus en vue du moment, et justement cible du plus gros des attaques du Charpentier ! Quelque chose lui dit que finalement, elle risque bien d'aimer sa nouvelle vie...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les deux auteurs se sont plutôt bien trouvés ! Chacun apporte sa propre patte au résultat final, on reconnaît bien les deux styles (je parle surtout pour celui de Dodson en ce qui me concerne), la bd se lit assez facilement et se contemple tout aussi aisément, on passe un très bon moment de lecture et on en redemande très vite une fois le tome achevé. De l'humour, du contenu travaillé, de beaux dessins et une écriture assez fine, de quoi faire durer le plaisir ! Le seul vrai reproche que l'on pourrait faire, en ne cherchant pas trop loin, serait le manque d'application de Terry Dodson par endroits, certains arrière-plans ou personnages secondaires sont assez peu soignés voir carrément anecdotiques, mais tout cela est très aisément rattrapé par le reste de l'album qui se maintient à un très bon niveau. On peut donc espérer que la suite sorte cette année et que cette collaboration s’avérera fructueuse et sur une durée plus longue que le précédent essai de franco-belge de Dodson (les deux tomes de Songes chez les Humanoïdes Associés). Un achat que je ne regrette absolument pas, et qui trouvera une belle place dans la bibliothèque et qui pourra convenir pour à peu près tous les goûts et curiosités !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 3 janvier 2015

Justice League tome 5 - La guerre des Ligues (Urban Comics - Septembre 2014)


Vous le savez, la série Justice League est sans conteste le cœur du renouveau de DC Comics via son univers des New52. Ça n'a jamais été aussi vrai que durant cet arc précisément, celui que l'on connaît en VO sous le titre de Trinity War et chez nous La guerre des Ligues, paru en Septembre dernier chez Urban. Une flopée d'artistes pour un album réunissant pas moins de trois séries liées par cet event de taille, le premier de cet ampleur pour ce nouvel univers (tous les artistes ne seront pas cités dans les libellés, donc faites vos propres recherches ou mieux encore achetez l'album).

L'histoire prend place directement après (et même un peu pendant) les événements décrits dans les premiers chapitres de la série Justice League of America (tome 4 de Justice League pour nous), tandis que l'existence de la Société Secrète des Super-Vilains est révélée aux héros et que son plan se met en place. La ''Femme Mystérieuse'', que l'on découvre être Pandore en personne, s'empare de sa fameuse Boîte et entreprend de la faire ouvrir par l'être ayant le cœur le plus pur sur Terre : Superman. Pendant ce temps, la Ligue cherche à recruter de nouveaux membres afin de faire face aux menaces à venir et de ne pas réitérer la situation d'urgence de la guerre contre l'Atlantide. Mais il est des menaces qui viennent de l'intérieur, et contre lesquelles les membres de la Ligue ne sont pas encore préparés. En effet, bien vite il semble qu'un traître s'affaire à distendre les liens entre les héros et à saboter leurs sorties et opérations. Qui que cette personne puisse être, ses actions parviennent à créer un climat de méfiance qui trouve un écho au sein de la Ligue d'Amérique, et bien vite les couteaux sont tirés et l'affrontement tant attendu prêt à être lancé ! Lorsque l'irréparable se produit, que Superman, possédé par la Boîte, ôte la vie d'un innocent sous les yeux de ses compagnons d'armes, c'est alors que le chaos se déchaîne et que le Mal place ses pions sur l'échiquier, tandis que la guerre des Ligues s'ouvre sur un massacre et que la Ligue des Ténèbres fait son apparition pour tenter de s'emparer à son tour de la Boîte et des énergies qu'elle renferme en son sein. Qui sera de taille pour maîtriser cet artefact surpuissant qui a fait de Superman un assassin ? Qui aura le cœur et l'esprit assez purs pour ouvrir la Boîte, qui a fait des plus grands héros de la Terre ses plus grands dangers ? Et surtout... qui donc se cache encore dans l'ombre de cette Boîte, attendant son heure pour frapper et réunissant un à un tous les éléments de sa victoire ? Cette guerre peut-elle vraiment s'achever sur une victoire, ou bien n'est-ce que le prologue à quelque chose de bien pire encore...

Un cinquième tome qui souffre des inconvénients de ses avantages : plusieurs récits en parallèle, plusieurs séries en un seul ouvrage, beaucoup de personnages et de situations, beaucoup d'action... mais du coup, beaucoup de fouillis aussi. On a tendance à s'y perdre un peu quelques fois et les enchaînements entre les différentes séries concernées par cet arc ne sont pas forcément tous très clairs à suivre, de même que la narration qui pèche par excès d'explications et d'expositions. Certes cette histoire est assez complexe et met en jeu beaucoup de facettes différentes des New52, mais parfois ça devient assez assommant de lire toutes ces explications et présentations de chacun, au détriment de l'action dont l'intérêt à tendance à s'effondrer. Heureusement les dessins rattrapent tout cela et nous maintiennent captivés jusqu'à la fin, et pour cela un grand coup de chapeau aux multiples artistes qui ont travaillé de concert sur leurs propres séries afin de garder une cohésion dans tout cela et de préserver le confort du lecteur. Globalement les personnages sont tous assez bien caractérisés et gérés, qu'il s'agisse de leur comportement comme de leur ''temps d'apparition'', chacun s'en tire plutôt bien et en tout cas il n'y a aucun laissé pour compte. Beaucoup de temps forts et d'émotions dans ce tome et dans cet arc, mais il apparaît assez vite vers la fin qu'il ne s'agissait-là que d'une immense introduction à un arc bien plus gros et plus important dans l'esprit des auteurs. C'est dommage, car du coup le récit en perd un peu de son identité et risque de ne pas forcément rester dans toutes les mémoires, alors qu'il avait totalement la portée pour.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture ainsi que d'excellentes fêtes de fin d'année, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 10 décembre 2014

La proie d'Hugo Strange (Urban Comics - Septembre 2014)


Encore un récit de la collection ''DC Nemesis'' de chez Urban, me direz-vous ? C'est vrai que c'est une collection que j'affectionne tout particulièrement, un peu comme ''Marvel Dark'' chez Panini, en raison de ses histoires plus sombres qu'ailleurs. Et les vilains de DC Comics sont tout de même, pour ceux de Batman, bien plus emblématiques et passionnants que la plupart de ceux de Marvel ! C'est d'ailleurs le cas de celui-ci, le professeur Hugo Strange, docteur en psychiatrie officiant à Gotham City et grand obsédé par Batman depuis l'apparition du justicier. Ennemi de ses premières heures, Strange a tout tenté pour briser psychologiquement la Chauve-Souris, l'amener à se trahir et découvrir son identité secrète, dans le but de le démasquer publiquement mais surtout de prendre sa place, symboliquement parlant. Pour faire cesser son obsession, Strange doit tuer le Batman, le personnage construit de ce héros trop parfait, de cet idéal inaccessible pour lui. Et si pour cela il doit également tuer l'homme sous la cape, qu'à cela ne tienne ! Doug Moench et le dessinateur Paul Gulacy nous replongent avec brio et intelligence dans les premières années d'aventures de Batman, revisitées pour les décennies suivantes (celles de la série Legend of the Dark Knight), en tâchant de retranscrire le ton très sombre et violent de l'époque, cette fin des années '30 où les récits pulps étaient encore la norme et où les enquêtes se terminaient souvent de triste manière.

Ainsi, dans cette histoire, nous assistons aux toutes premières apparitions du Batman à Gotham, comme dans Année Un. Tandis que l'opinion publique se divise rapidement sur les motivations et la valeur de l'action d'un tel justicier, le professeur Hugo Strange apparaît comme un sérieux détracteur du Chevalier Noir et propose ses services à la mairie afin de le démasquer et de le livrer à la police, en établissant son profil psychologique et en menant à la création d'une brigade d'intervention spéciale chargée de traquer et d'arrêter Batman par tous les moyens. Gotham devient alors le théâtre d'une sanguinaire lutte d'influence, entre Strange qui gagne peu à peu du terrain et Gordon qui tente tout son possible pour protéger son allié, quitte à se mettre lui-même dans une situation très délicate vis à vis des autorités. Sans parler du justicier, qui en vient doucement à douter de sa propre santé mentale et qui se perd dans les fantômes de son passé, les ombres de ses traumatismes et de la création du personnage de Batman à partir de l'enfant brisé que fut Bruce Wayne. Strange monte alors sa campagne d'un cran en faisant sien le pouvoir des médias, et lance une véritable propagande de harcèlement à l'encontre de Batman, arrachant un à un tous les détails le conduisant vers son inévitable conclusion, la véritable identité du Chevalier Noir. Dès lors, il ne peut plus y avoir qu'un dénouement possible : la disparition de la Chauve-Souris, ou celle d'Hugo Strange. Le duel psychologique entre les deux hommes prend une tournure de plus en plus violente à mesure que la fin se rapproche, inexorablement, et que les premières victimes collatérales s’amoncellent... et sur toutes les lèvres, y compris celles des protagonistes, la même question se pose encore et encore : qui est vraiment sain d'esprit ?
Après la conclusion brutale de la première histoire, nous avons droit à un second récit d'envergure, se déroulant quelques années plus tard, avec le retour d'Hugo Strange et la mise en place de son implacable vengeance, déterminé à détruire Batman une fois pour toutes et à se libérer de sa dangereuse obsession. Pour cela, il commettra l'irréparable et s'arrangera pour faire sortir d'Arkham le tristement célèbre Jonathan Crane, alias l'Epouvantail, psychologiquement brisé par ses premiers affrontements avec la Chauve-Souris, et que Strange va entreprendre de regonfler à bloc pour se servir de son gaz de terreur, tout en le maintenant sous son emprise thérapeutique. Mais cette fois, le psychiatre semble avoir trouvé plus fou que lui, et très rapidement la situation échappe totalement à son contrôle et l'Epouvantail se rebelle, ivre de rage et du désir de vengeance envers toutes les personnes l'ayant torturé et humilié durant sa jeunesse, jusqu'à Batman et Strange eux-mêmes. Ce qui était jusque là une machination bien huilée se transforme alors en véritable cauchemar, qui poussera Batman dans ses derniers retranchements et le plongera dans la folie de l'Epouvantail ainsi que dans ses propres peurs les plus secrètes et profondément enfouies, là d'où nul ne revient indemne. Quoi qu'il arrive, quelle que soit l'issue de ce combat désespéré pour la survie, les blessures infligées au héros ne se refermeront sans doute jamais complètement et feront de lui le justicier que nous connaissons...

Deux très très bonnes histoires, j'ai tout particulièrement aimé la seconde je dois dire, même si la première est vraiment magistrale de bout en bout, une sorte de thriller psychologique absolument intense qui nous tient en haleine jusqu'à la résolution finale, et même au-delà. Un véritable chef-d’œuvre d'écriture et de mise en scène, comme on en voit trop rarement depuis. Quant à la seconde histoire donc, c'est tout simplement sans doute la meilleure histoire que j'ai pu lire avec l'Epouvantail, ainsi que sur la relation naissante entre Batman et Catwoman (qui apparaît dès le premier récit) qui déterminera nombre des éléments futurs pour ces deux personnages. C'est une plongée merveilleuse dans le passé du héros et de son univers, de ses plus intimes combats, qui permet à un public plus jeune de comprendre un peu mieux les doutes et les faiblesses de l'homme chauve-souris et de s'enfoncer dans la noirceur de ses origines les plus douloureuses. Le dessin vieillot de la première histoire, Proie, est un bon moyen de voyager entre les époques et de retrouver l'ambiance feuilletonnesque des premières années des parutions sur Batman, tandis que le style graphique de la seconde, Terreur, est digne d'un film (vous noterez par ailleurs les petites références à la Gotham de Tim Burton, j'ignore qui est venu en premier mais tout est lié c'est assez clair) et est extrêmement agréable à regarder.
N'hésitez donc pas longtemps avant de vous prendre cet album, La proie d'Hugo Strange est une véritable mine d'informations pour les lecteurs les plus anciens comme les plus récents, il vous permettra de vous familiariser avec l'un des ennemis les plus acharnés et intimistes de Batman et vous proposera une virée dans la psyché du héros que vous n'êtes pas prêts d'oublier de sitôt. Toutes les promesses faites par Urban au dos de l'album lors du résumé et de sa présentation sont donc tenues selon moi !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !