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mardi 7 juillet 2020

Fantastic Four tome 2 - M. et Mme Grimm (Panini Comics - Octobre 2019)


C’est enfin le grand jour pour Benjamin Grimm, alias La Chose ! Le membre le plus imposant des Quatre Fantastiques s’apprête à épouser celle qui a su, de longue date, révéler le cœur tendre sous la roche cosmique, Alicia Masters, fille d’un ancien ennemi du quatuor. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les préparatifs du mariage seront mouvementés !

Du côté des filles comme des garçons, les enterrements de vie de jeunes célibataires vont connaître quelques rebondissements inattendus, qui ne mettront pourtant pas à mal la détermination de nos tourtereaux qui n’ont qu’une hâte, arriver à la cérémonie en elle-même. Pendant ce temps, le témoin du fiancé, Reed Richards, s’occupe d’une expérience assez particulière et secrète qui lui prend tout son temps et donc il délègue à sa femme Sue et à son beau-frère Johnny le soin d’accompagner Ben jusqu’au bout. Une pointe de déception que ne connaît pourtant pas la Chose, tout concentré qu’il est sur son avenir immédiat.

Et c’est donc au cœur du désert de l’Arizona qu’aura lieu la célébration, selon les traditions Juives dont est issu le marié. Un bien beau moment comme il en est désormais de coutume dans l’univers des super-héros, mais cette fois-ci rien ne viendra gâcher la fête, qu’on se le dise ! Même Galactus et le Docteur Fatalis devront attendre leur tour, car le grand moment devant l’autel ne souffre aucune interruption !

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Bon, disons-le tout de suite, même si c’est très plaisant à lire et à vivre pour quelqu’un qui suit les aventures de Ben Grimm et de sa fiancée Alicia depuis des années, ce mariage est un peu… précipité. Pas dans le sens bâclé, mais plutôt tout se passe trop vite, on en voudrait un peu plus et surtout de façon un peu mieux développée ! On sent vraiment que les auteurs, Dan Slott et Gail Simone principalement, devaient avoir un planning assez serré et qu’il y avait des impératifs éditoriaux à respecter. En plus, ce n’est pas le couple principal de la série donc…

C’est tout de même dommage, j’aurais vraiment préféré que les choses se passent autrement, avec peut-être moins de cette légèreté un rien nunuche qui pourtant rend l’histoire plus digeste, d’un certain point de vue. Les dessins eux sont très bons, tous les artistes font un travail remarquable pour soigner l’occasion, surtout avec les somptueuses couvertures variantes disponibles pour ce seul chapitre 5 !

C’est là que je suis le plus sur la réserve je pense. Cet album est à la fois généreux et pingre, je m’explique. Les bonus nous permettent de revivre la première rencontre de Ben et d’Alicia, du temps des mythiques Stan Lee et Jack Kirby eux-mêmes, ce qui n’est pas donné à tout le monde aujourd’hui à moins de posséder les coûteux volumes de la collection ‘’Marvel Classic’’, les intégrales annuelles des plus grandes séries de l’éditeur rééditées depuis leurs débuts et dans l’ordre. Une bonne idée donc, même si on passera sous silence certaines fautes d’inattention dans la transcription de quelques textes… mais ce que je déplore le plus, c’est la présence des couvertures alternatives justement.

Ce que je préfère dans le monde des comics c’est justement de voir les différents auteurs et dessinateurs mettre le paquet pour offrir aux lecteurs des illustrations de couverture magnifiques pour les grands événements comme celui-ci. Là, Panini nous en offre certaines dans les bonus de l’album donc, mais en petit format pour partager les pages et économiser le papier surtout. C’est vraiment dommage car on ne peut pas apprécier pleinement la beauté de ces couvertures très travaillées, surtout celle de Mark Brooks qui aurait bien mérité une pleine page au minimum. De plus, d’autres couvertures sont totalement absentes, comme celle signée Artgerm, un artiste qui monte pourtant de plus en plus dans le milieu et qui séduit toujours autant par la force et la pureté qui se dégagent de ses tracés. Sa Miss Hulk dessinée pour l’occasion n’était certes pas dans les tons d’un mariage, mais rendait l’instant très solennel. Encore une fois, dommage pour nous.

Maintenant, j’ai surtout envie de passer à autre chose et de reprendre le fil des aventures nouvelles des Quatre Fantastiques enfin de retour sur Terre après un trop long voyage intersidéral. Espérons que Dan Slott saura reprendre les commandes à temps et nous présenter une histoire qui se tiendra correctement et répondra aux attentes des fans comme des nouveaux lecteurs !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 25 avril 2020

Spider-Man - La saga du clone tome 1 (Panini Comics - Octobre 2019)


Tout commence par une histoire d’amour impossible. Le professeur Miles Warren est épris de la belle Gwen Stacy, une de ses étudiantes, qui est malheureusement amoureuse de son confrère Peter Parker. Quand Gwen finit par trouver la mort, Warren est dévasté et accuse Spider-Man et donc Peter d’être responsable de la perte de son amour. Spécialiste en génétique de pointe, Warren parvient à cloner Gwen et Peter, l’une pour lui-même et l’autre pour le faire souffrir. Le véritable Peter combat son clone, lui-même persuadé d’être le vrai Peter, et tout se termine dans le sang. Spider-Man triomphe une fois de plus dans la douleur et quitte le champ de bataille en laissant son clone pour mort… mais celui-ci a survécu, de justesse, et a mené sa propre vie de son côté dans le plus grand secret.

Aujourd’hui, cinq ans après ces terribles événements, le clone et l’original se font de nouveau face, mais cette fois pour mettre les choses à plat et venir à bout de leur différent, qui n’est qu’une manipulation de Miles Warren, le Chacal. Le clone prend le nom de Ben Reilly, en hommage à l’oncle et à la tante de Peter, et cherche désormais à créer son propre chemin tout en combattant pour les bonnes raisons et les valeurs qu’il partage avec Peter. Ses premiers pas à New York vont l’amener à affronter de redoutables adversaires, parmi lesquels Venom en personne venu rendre justice en ville une fois de plus à sa façon.

Après leur affrontement au sommet, Venom est enfin arrêté et Ben, baptisé Scarlet Spider par la presse, part de son côté à la recherche d’une nouvelle vie. Pendant ce temps, Peter fait face au coma de sa tante May avec l’aide de Mary-Jane, mais sa vie de super-héros va rapidement le rattraper lorsque le Vautour parvient à l’empoisonner avec une préparation mortelle qui ne lui laisse que peu de temps à vivre. Abattu, sur le point de rendre l’âme, Peter est cependant sauvé par un autre de ses ennemis de toujours : le Dr. Octopus ! Grâce à l’aide du vilain, Spider-Man se remet et est de retour, plus en forme que jamais et prêt à affronter une nouvelle épreuve : il va devenir père !

C’est le moment que choisit le Chacal pour réapparaître et faire de nouveau ses jouets de nos deux héros génétiquement si proches. Peter et Ben pénètrent dans le laboratoire secret de leur ennemi et découvrent qu’ils sont peut-être tous les deux des clones en réalité, un autre Peter dormant dans une cuve de stase et prêt à être ranimé. Le Chacal se joue des deux hommes-araignées avec la virtuosité d’un vrai psychopathe, s’amusant de leur tourment et prêt à aller encore plus loin pour les faire souffrir, jusqu’à ramener une nouvelle fois Gwen Stacy à la vie pour mieux les briser ! Parvenant à s’échapper de ce repaire du mal, les héros ignorent encore la vérité à leur sujet et décident d’en rester là pour le moment. Mais le Chacal n’a pas encore fini de jouer avec eux, et il refera rapidement surface pour les faire douter encore davantage de leur vraie nature. Au final, sait-il lui-même qui est le véritable Peter Parker ?

Peter va d’ailleurs essuyer une nouvelle vague de dures épreuves quand il se retrouve accusé de meurtre dans plusieurs États ! Arrêté alors qu’il est en plein deuil, notre héros finit en prison et son procès est expédié, les preuves étant accablantes. Cette fois-ci il semble bien que personne ne puisse lui venir en aide…à moins de faire confiance à ce nouveau venu, un certain Kaine, portant masque et combinaison sinistres et semblant en savoir beaucoup sur la vie de Peter et de son clone Ben, qu’il a déjà affronté durant les cinq années précédentes. La marque de Kaine va s’étendre et menace de détruire tout ce que possèdent Peter et M-J, à moins qu’un être devenu proche ne décide de se sacrifier pour eux en attendant que la vérité soit enfin dévoilée…

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Le voici enfin, le fameux omnibus qui a tant fait parler de lui à sa sortie en Octobre dernier. Principalement parce qu’il est le premier d’une trilogie rééditant deux omnibus plus gros parus il y a des années et maintenant introuvables décemment. Plus fin donc, plus cher aussi puisqu’il fait 70€ contre seulement 66€ pour la première mouture. Faîtes le calcul, le lecteur lambda est loin de s’y retrouver… et en plus, chose incompréhensible pour moi, il n’y a plus de jaquette, élément qui faisait parmi d’autres le côté si luxueux et recherché de cette collection !

Mais il n’y a pas que de mauvais points. Cette réédition est de qualité il faut bien l’admettre, et en format un peu plus grand (même si, on ne va pas se mentir, ça ne change pas grand-chose au confort de lecture à moins de chipoter), tandis que la couverture est inédite. On voit que Panini a tout de même cherché à soigner les choses et les lecteurs qui pourraient se retrouver lésés par tous ces changements, et j’espère bien à titre personnel que d’autres améliorations seront à venir pour la sortie du second tome, si l’éditeur a correctement compris et assimilé les conséquences de ses erreurs passées. Quoi qu’il en soit, des heures de lecture en perspective et un plaisir évident !

Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, attendez-vous à du grand art, c’est véritablement une joie sans limite que de redécouvrir cette saga de légende sous ce format. Ce récit apporte un nouvel éclairage sur beaucoup de personnages dans l’entourage de Peter, à commencer par son clone bien entendu mais aussi tante May et M-J. Mais, contre toute attente, celui qui m’a le plus touché c’est le Dr. Octopus, ou plutôt Otto Octavius, faisant preuve ici d’une noblesse et d’une grandeur d’âme que l’on ne lui connaissait pas le moins du monde ! Accompagné du personnage fort et très intéressant qu’est Stunner, son assistante et amante, Octavius nous surprend totalement par la force de son lien avec Spider-Man et par tout ce qu’il est prêt à faire et à reconnaître pour le garder en vie afin, selon ses propres mots, d’illuminer son existence par sa bonté même s’ils se combattent farouchement. Une preuve d’attachement sans commune mesure, qui coûtera malheureusement la vie à Otto un peu plus tard.

Pour le découpage choisi par Panini, faites bien attention de ne pas avoir trop d’attentes car vous risquez bien de vous retrouver frustrés au dernier degré en découvrant que le cinquième et dernier chapitre de la dernière mini-saga présente dans cet omnibus est manquant ! On s’arrête donc à la partie 4 sur 5, la 5ème sera sûrement présente dans le tout début du second omnibus encore à paraître prochainement. Conséquence assez directe du redécoupage opéré par Panini pour faire trois volumes au lieu de deux. C’est un choix très risqué selon moi, soit ça passe soit ça casse net. Je suis plutôt bon public donc pour moi ça passe mais je trouve ça un peu limite malgré tout, à un chapitre près ils auraient très bien pu le caser quand même dans ce premier tome. Je n’y vois qu’une seule raison : fidéliser le client après l’avoir bien fait baver !

La saga du clone est un récit de légende, une œuvre et un tournant majeur dans le destin de notre ami Spider-Man, et qui méritait bien une nouvelle sortie en librairie pour défier les spéculateurs toujours aussi prévisibles sur l’ancienne édition. Il faut se replonger dans le contexte de l’époque, le milieu des années ’90, Marvel fait travailler comme jamais ses auteurs et dessinateurs pour contrebalancer le départ des grandes stars chez la nouvelle concurrence. C’est un vrai bijou de créativité et de travail d’équipe, un scénariste reprenant le travail d’un autre et ainsi de suite sur plusieurs numéros et sur plusieurs séries durant des mois voir années. Si vous n’aimez pas l’histoire, admirez au moins le niveau.

Il reste donc encore deux tomes à se mettre sous la dent, peut-être paraîtront-ils tous les deux cette année d’ailleurs, Panini ayant annoncé (avant confinement) que 2020 serait très chargée en matière d’omnibus. Attendons donc pour voir et préparons déjà la monnaie. De nombreux bouleversements sont au programme et le seront sans doute encore dans la vie de Peter Parker, déjà bien chamboulée ici par les deuils et les révélations impressionnantes comme peu souvent, et j’ai vraiment hâte de découvrir la suite et de dévorer ces gros volumes aujourd’hui si décriés mais toujours si plaisants au fond.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


lundi 10 juin 2019

X-Men - L'intégrale 1969-1970 (Panini Comics - Septembre 2014)


Les jeunes X-Men reviennent de loin. Après avoir tragiquement perdu leur mentor Charles Xavier l'année passée, ainsi que leur pire ennemi Magneto face aux Avengers, nos cinq héros sont désormais livrés à eux-mêmes et décident de maintenir vivant le rêve du Professeur X, à savoir un monde plus sûr pour les mutants et les humains en harmonie. Pour cela, ils continuent de s'entraîner sans relâche et de voler au secours des plus démunis de leurs frères, même si cette mission doit les mener tout droit dans la gueule du loup. Ainsi, grâce aux efforts d'infiltration de Cyclope, ils parviennent à démanteler la Confrérie des Mauvais Mutants qui servaient autrefois Magneto et qui découvrent avec stupeur que celui qu'ils prenaient pour leur maître incapacité n'était en fait qu'un robot ! Le choc est rude pour les plus fervents partisans du Maître du Magnétisme, mais c'est également un soulagement pour Lorna Dane, alias Polaris, qui apprend enfin la vérité sur ses origines : elle n'est pas, comme on le croyait alors, la fille légitime de Magneto, mais bien une enfant adoptée par celui-ci en raison des pouvoirs similaires qu'ils partageaient. Revenue dès lors dans le droit chemin, Lorna aide à son tour les X-Men quand il faut secourir le petit frère de Cyclope, qui vient tout juste de se découvrir des pouvoirs mutants à son tour ! Une occasion bien trop belle pour être manquée par ceux qui désirent nuire aux X-Men et à leur rêve de coexistence pacifique, comme le jeune héritier de Boliver Trask qui ramène les terribles robots géants Sentinelles à la vie et leur donne comme nouvelle mission d'appréhender puis d'exterminer tout mutant rencontré. Il faut aussi composer avec d'autres mauvais mutants, comme le mystérieux Pharaon Moderne qui plus tard s'avèrera puiser ses pouvoirs à la même source que ceux du jeune Alex Summers, et capable de se transformer en colosse de granit appelé le Monolithe Vivant quand il est gorgé d'énergie. Mais le plus terrible adversaire de nos héros ne fait son apparition qu'un peu plus tard cette année-là : le Dr. Karl Lykos, épris d'une passion tragique pour une femme qu'il ne pourra jamais avoir, se change suite à un terrible accident en reptile ailé digne de la Préhistoire et capable d'absorber l'énergie vitale de ses victimes pour se renforcer et maintenir cette apparence. Ainsi nait Sauron, en hommage direct au terrifiant Seigneur des Ténèbres de Tolkien. C'est sur le territoire de Ka-Zar, souverain de la Terre Sauvage, que l'affrontement final aura lieu et que Sauron sera vaincu par un adversaire que l'on n'attendait plus. Restés sur la Terre Sauvage un rien trop longtemps, nos cinq héros font la rencontre du véritable Magneto, infirme mais toujours aussi dangereux, alors que le mégalomaniaque se lance à la conquête de ce pays rescapé des temps anciens. Son œuvre sera bien entendue défaite et détruite par les X-Men une fois de plus, et nous quitterons la Terre Sauvage en emportant le souvenir fatal de Magneto terrassé dans la disparition de son plus grand projet. Cependant il reste encore beaucoup à faire avant de pouvoir rentrer au manoir de Westchester : il faudra en effet combattre un nouveau mutant flamboyant venu du Pays du Soleil Levant et ivre d'un désir de vengeance vieux de plusieurs décennies contre le peuple Américain. C'est la première apparition de Sunfire, qui par la suite devra choisir lui-même son destin, tantôt menace tantôt héros à son tour. Enfin, après avoir retrouvé le Professeur Xavier bien vivant et remis de la plupart de ses blessures, et après avoir mis en déroute une invasion extraterrestre de justesse en unissant tous leurs pouvoirs, les X-Men terminent cette bien longue année en affrontant ni plus ni moins que Hulk en personne, qui détient la clé du rétablissement de leur mentor sans s'en douter.

Que d'émotions et de palpitantes aventures que voilà ! Après le départ de Stan Lee de l'équipe créative (le grand Stan se désintéressant publiquement du sort de ses mutants depuis quelques temps déjà), la série accueille des stars de l'époque et même des vétérans du monde des comics avec Roy Thomas, Werner Roth et Neal Adams, qui parviendront ensemble à relever une dernière fois le niveau avant de couper les projecteurs et de fermer derrière eux. En effet, les X-Men sont un peu passés de mode et, pour tout dire, un peu ringards... et donc le public se détourne lui aussi, préférant des héros plus tragiques encore comme Spider-Man ou bien plus théâtraux comme les Avengers. La série se termine donc sur cet affrontement titanesque face à Hulk en plein désert, et sur un ultime message d'espoir lancé au lectorat resté fidèle jusqu'au bout et à celles et ceux qui, l'âme d'artiste en poche, aimeraient reprendre le flambeau plus tard. Ce sera chose faite en 1975, après quelques tristes années faites de rééditions et d'apparitions éclairs dans d'autres revues. Une nouvelle équipe de X-Men sera formée, inventée pour certains par de nouveaux auteurs dans le vent et ayant eu une vision salvatrice du destin des mutants. Mais cela nous le verrons une prochaine fois, avec une prochaine intégrale. Pour le moment, cette double année 1969-1970 fait office de charnière et de porte qui se referme sur des héros incompris et encore trop mal-aimés du grand public. Malgré des dessins toujours plus détaillés et encore davantage pleins d'énergie qu'aux débuts, et malgré un scénario partant dans de très intéressantes directions (se permettant même de rendre hommage aux racines de l'imaginaire moderne), nous quittons les X-Men avec le cœur gros mais en partie rempli d'espoir pour la suite. Et en effet, comme nous le verrons bientôt, il suffisait d'y croire ! C'est la grande leçon de vie que nous apprennent les X-Men depuis toujours : croire en un avenir meilleur et se battre de toutes ses forces pour l'assurer, face à la haine et à l'adversité. Une leçon que l'Histoire aura également retenu à certains moments...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


lundi 15 avril 2019

X-Men - L'intégrale 1963-1964 (Panini Comics - Juillet 2013)


Le monde entier les craint... pour les simples humains, ils sont une menace qui viendra un jour réclamer la Terre pour eux-mêmes. Les Homo-superior, les mutants comme on les appelle bien vite, sont une réalité ! Ils existent parmi nous, incognito pour la plupart... mais pas tous armés de mauvaises intentions. Justement, dans une grande demeure à Westchester, le Professeur Charles Xavier a fait vœu de former la prochaine génération de mutants afin qu'ils puissent mettre leurs pouvoirs formidables au service d'une noble cause : la coexistence pacifique entre humains et mutants. Car il n'existe aucune véritable raison à cette haine entre les deux espèces, et Xavier l'a bien compris ! Tout est affaire de préjugés, et pour lutter contre rien de tel que des héros sur-entraînés. Voici ainsi venir l'équipe la plus formidable du moment : Cyclope à la rafale optique mortelle, Jean Grey et ses pouvoirs de télékinésie, le Fauve avec sa force et son agilité aussi aiguisées que son intellect, Iceberg et ses créations de glace les plus impressionnantes, et Angel aux larges ailes immaculées. Ensemble, ces cinq adolescents responsables et complices forment les X-Men, une équipe de super-héros œuvrant pour que les mutants soient un jour acceptés par tout le monde sans crainte. Pour cela ils doivent bien sûr combattre certains des leurs, qui envisagent plutôt de prendre le pouvoir de façon violente, comme Magneto, leur premier et plus puissant adversaire ! Le mégalomaniaque rassemble lui aussi à ses côtés une équipe de choc pour lutter contre les X-Men, mais leurs défaites s'enchaînent à toute vitesse ! Et aussi bien sûr : le puissant Colosse inamovible et belliqueux, ainsi qu'Unus l'intouchable et même... Namor, le prince des mers en personne, qui se révèle lui aussi être un mutant après toutes ces années !
Face à tant de menaces, les X-Men restent soudés et c'est bien ce qui fait leur plus grande force. A eux cinq, ils combattront les injustices et les despotes mutants pour que l'humanité n'ait plus peur de l'homo-superior, même si cela doit prendre des années ! Voici donc les incroyables X-Men, pour le plus grand plaisir de vos yeux mesdames et messieurs ! Qui donc pourra leur résister ?

Cette réédition de la toute première intégrale annuelle des aventures des X-Men datant de 2013, à l'occasion des 50 ans de la création de la série originelle, est assortie d'un fourreau cartonné avec un dessin remanié dans un style plus réaliste et plus sensationnel encore ! Dans ce tome vous trouverez donc les huit premiers chapitres de la série créée et imaginée par Stan Lee et Jack Kirby, le duo à l'origine de l'univers Marvel tel que nous le connaissons à présent. Après le succès des Fantastic Four, c'est donc vers une nouvelle super-équipe que se tourne en 1963 le tandem de choc, mais celle-ci malgré ses qualités et son indéniable effet de séduction de la jeunesse (vocabulaire, situations, humour) ne connaîtra malheureusement pas le même succès que sa grande sœur. On pourrait presque être tenté de dire que les X-Men sont victimes de leur propre principe de base : les lecteurs boudent les mutants, préférant les autres types de super-pouvoirs plus accidentels que génétiques. La série s'arrêtera après quelques années, laissant un vide que Stan Lee désespère de remplir un jour... et puis en 1975 une seconde mouture de nos mutants favoris est lancée, avec cette fois-ci tous les moyens à disposition et bien sûr le talent de nouveaux auteurs. Sera-ce suffisant pour que les mutants connaissent enfin la gloire méritée ? Vous le saurez une prochaine fois !
En attendant, je suis mitigé moi aussi après cette lecture. Les X-Men font partie de mes super-héros favoris, mais force est de constater que leur style très rétro même pour l'époque ne les a pas vraiment servi au mieux. Malgré une débauche d'adversaires charismatiques et hauts en couleurs, ces premières aventures ont un goût un rien désuet, charmant certes mais aussi hélas un peu ennuyant à la longue.
Cela étant dit, ça reste une belle expérience que de pouvoir se replonger dans la série d'origine grâce aux intégrales de Panini, surtout dans une belle édition anniversaire ! Si comme moi vous désirez connaître davantage le fond des choses, je vous invite à suivre ces chroniques à rebours et à vous plonger dans le charme des années '60, terreau fertile de l'imaginaire. Longue vie aux X-Men !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


samedi 30 mars 2019

Fantastic Four - L'intégrale 1961-1962 (Panini Comics - Mai 2018)


Les Quatre Fantastiques.

Franchement, qui ne connaît pas ? Même de nos jours alors qu'ils sont bien moins présents que les autres super-héros de Marvel, cette famille fondatrice de l'éditeur est une véritable légende vivante que l'on doit à la collaboration fructueuse et très imaginative du duo Stan Lee / Jack Kirby au tout début des années '60, alors que le monde est en pleine Guerre Froide et que la course à l'espace est lancée entre les superpuissances de la planète.

C'est ainsi qu'en 1961, Reed Richards un scientifique de génie détourne avec trois comparses une fusée expérimentale de son invention afin de franchir les premiers la barrière atmosphérique de notre chère planète bleue et se lancer dans l'exploration spatiale. Malheureusement leur voyage sera de très courte durée puisque la fusée, loin d'être aboutie, ne les protègera pas d'une rafale de rayons cosmiques dévastateurs. Miraculeusement indemnes après leur crash, nos quatre compagnons découvrent soudain qu'ils possèdent des pouvoirs étonnant ! Reed peut s'étirer à volonté, Sue peut devenir invisible, Johnny s'enflamme littéralement et peut ainsi voler... quant à Ben Grimm, il devient un monstre de roche au physique ingrat que l'on appellera par la suite simplement La Chose.
Pas le temps de tergiverser sur la nature de leurs nouveaux pouvoirs, nos héros décident d'emblée de les mettre au service de la communauté en devenant dès lors les Quatre Fantastiques ! Ne reculant devant aucun danger et combattant le crime sous toutes ses formes, ces êtres hors du commun ouvre la voie à une toute nouvelle ère et le monde apprendra petit à petit à leur être reconnaissant et même à les honorer pour leurs braves actions. Mais c'est aussi et avant tout une petite famille, et c'est là l'idée révolutionnaire de Stan Lee à l'époque : des héros avec des pouvoirs, ça existait déjà chez la concurrence depuis des années. Il fallait des héros dont le jeune public puisse se sentir proche, des gens à l'air relativement normal avec des problèmes du quotidien, comme le manque d'argent, l'ingratitude, les vexations... parfois aussi la colère voir la tromperie. Avant de faire leur trou, les Fantastiques ont du apprendre à s'accepter eux-mêmes tels qu'ils étaient, et faire avec leurs défauts et leurs forces en globalité. Pour certains ce fut même très difficile, comme pour La Chose qui à plusieurs reprises s'emporte et menace de quitter le groupe car les autres ne font pas assez attention à lui ou le traitent avec trop de pitié. Pourtant, ils finiront toujours par s'unir face aux plus grands dangers que la Terre ait connu : l'Homme-Taupe et son royaume souterrain peuplé de monstres gigantesques... les terribles extraterrestres de l'empire Skrull venus conquérir la Terre... Namor, le célèbre Prince des Mers et souverain Atlante, qui ne recule devant rien pour s'emparer du cœur de Sue... et bien entendu, quand on parle des Quatre Fantastiques il n'est jamais bien loin, celui par qui de nombreuses péripéties voient le jour : le Docteur Fatalis en personne. Si j'insiste sur ce dernier plutôt que sur les autres adversaires du quatuor comme Miracle Man ou encore le Maître des Maléfices, c'est parce que son histoire, son destin et son existence toute entière sont extrêmement liés à ceux des Fantastiques. Sans le Docteur Fatalis et ses plans toujours plus déments et complexes pour s'emparer du monde ou détruire tout bonnement tout ce qui lui résiste, il n'y aurait peut-être jamais eu un tel succès autour des aventures de nos héros et ce dès les premiers numéros de leur toute jeune série. Un bon ennemi, c'est essentiel, et les Quatre Fantastiques en obtiennent ainsi un parfait qui ne les lâchera pas de sitôt, devenant même plus tard une menace pour l'ensemble de l'univers Marvel.

Le génie de Stan Lee et de Jack Kirby réside en grande partie dans les dialogues, spécialité de Stan the Man comme on l'appelle alors, et dans ce design si énergique et carré que Kirby, le King, maîtrise à merveille. C'est à l'époque totalement révolutionnaire, à tel point que les créateurs de la série eux-mêmes ne croyaient pas vraiment en leur succès premier avant de constater que leurs numéros s'arrachaient et se vendaient comme des petits pains au sein de la communauté de lecteurs assidus ou novices. Faire du super-héros un genre à part entière, ou du moins le faire renaître de ses cendres après presque une décennie d'errance, telle fut la tâche pas si simple de notre duo d'auteurs à la vision prolifique et à l'imagination fertile. Le vrai secret comme je l'ai dis plus haut, c'est de faire des super-héros dont le public pourra se sentir proche en tous points ou presque. Les problèmes du quotidien n'épargnent pas nos fantastiques explorateurs de l'inconnu, au point que l'on verra même Reed se demander comment diable s'en sortent les autres héros ayant de l'argent à ne plus savoir qu'en faire, petit clin d’œil à la concurrence qui ne s'était jamais souciée de tels détails.

Les Quatre Fantastiques sont une famille, mais aussi des explorateurs avant d'être des héros. Ils repoussent toujours plus loin les limites de la connaissance et du possible, la science, l'inconnu, rien ne les effraie. C'est donc tout naturel qu'ils soient les précurseurs de l'arrivée des autres super-héros de la firme Marvel encore toute jeune, qui inonde alors le marché de ses créations si humaines. Héros comme vilains sont développés avec une véritable histoire, une vraie personnalité parfois attachante, parfois détestable, mais toujours si proche du réel que c'en devient troublant. Le soap-opéra réussi très bien à Stan Lee qui en tire presque toute sa gloire : situations amoureuses compliquées, problèmes d'argent, secrets à garder, etc. Bref il y a alors, comme on le dirait aujourd'hui, du drama à revendre dans les aventures de nos héros. Il peut bien sûr arriver que des situations totalement fantasmées ou farfelues apparaissent, mais les Quatre Fantastiques ne reculent devant rien pour rétablir l'ordre et la justice pour tous et alors même ces gigantesques problèmes et intrigues deviennent presque ridicules face à leur bon sens et à leur volonté à toute épreuve. Pourtant le groupe lui-même connaît des problèmes internes, des relations tendues, mais tout cela est toujours oublié le temps de passer à l'action car, au final, ils ont foncièrement bon fond. C'est cela je crois qui est à retenir, davantage encore que le reste : les Quatre Fantastiques sont profondément humanistes et, comme un certain Homme d'Acier bien plus tôt, ils incarnent et font croître une sorte d'espoir universel que tout peut toujours être amélioré, repensé, ajusté. Quelle ironie donc que leur principal ennemi soit nommé d'après le concept même de fatalité, du destin inéluctable auquel on ne peut échapper, mais que nos héros toisent et dont ils triomphent bien des fois.

En conclusion j'aimerai souligner la qualité de l'édition de Panini pour ces neuf premiers chapitres des aventures des Quatre Fantastiques, dans cette belle collection Marvel Classic des intégrales annuelles qui réussissent si bien pour les X-Men ou Spider-Man. Cette présente édition est un vrai bijou, hommage à nos plus belles heures de lecture, sur du papier impeccable et avec une jaquette au dessin tout en relief doré du plus bel effet. Merci donc Panini, de nous prouver que vous pouvez être capable du meilleur même si on vous accuse souvent du pire. J'espère maintenant que d'autres volumes de cette intégrale sont à venir et à attendre, je serai au rendez-vous et vous aussi je l'espère chers lecteurs ! L'aventure ne fait que commencer, et comme on dit : Vivent les Fantastiques !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


lundi 12 novembre 2018

Stan Lee n'est plus.



J'avais sincèrement espéré que ce blog n'existerait plus pour annoncer cette triste nouvelle. Comme beaucoup je m'y préparais depuis quelques temps, le grand âge du grand homme avançant, mais sa santé de fer et le fort soleil de Californie semblaient l'avoir rendu véritablement immortel. Et pourtant voici aujourd'hui lundi 12 Novembre 2018 que je me retrouve à nouveau devant une page de ce blog pour vous annoncer un décès, et pas n'importe lequel : Stanley Lieber n'est plus. Peut-être que ce nom ne vous dira rien, mais sachez que pour le monde entier c'était tout simplement Stan Lee, l'un des plus grands si ce n'est le plus grand des créateurs de l'industrie des comics. Un touche-à-tout qui a toujours eu un faible pour le soap-opéra et qui a permis à des générations de lecteurs, de la Seconde Guerre Mondiale à nos jours et en passant par divers travaux et diverses étapes créatrices et rédactionnelles, de connaître la joie de ces petits fascicules de papier coloré que nous aimons tant et tant.

Stan Lee, c'est le scénariste imperturbable, l'homme de la situation, Stan the Man comme on l'appelait. Un créatif de génie qui a su profiter de toutes les occasions offertes dans sa vie pour progresser et se hisser jusqu'aux plus hauts sommets de sa profession, avant de se retirer en laissant un véritable empire commercial et des dizaines de licences à exploiter. Un homme capable pendant des années d'écrire plusieurs dizaines de scénarios par ans pour autant de séries différentes, des Fantastic Four aux X-Men en passant par Spider-Man, Avengers, Captain America, Iron Man, Doctor Strange, Thor, et la liste pourrait continuer comme cela durant des heures. C'est bien simple, rien ne suffirait à résumer vraiment la carrière un tel phénomène, et même s'il est reconnu aujourd'hui qu'il a surtout beaucoup su tirer la couverture à lui, évinçant parfois d'autres créatifs à son profit culturel et populaire, c'est tout de même un brillant homme d'affaires et, encore une fois, l'un des cerveaux les plus fertiles de son époque et même de plusieurs générations. Le bonhomme a même fait dans le manga japonais et la bande-dessinée européenne, c'est vous dire à quel point il était actif. On l'a vu sans cesse dans chacun des films de l'univers Marvel Studios depuis la création de cette société de production, et même bien avant dans chacun des films adaptés d'une licence Marvel, des premiers X-Men et Spider-Man de la Fox et Sony jusqu'à Venom plus récemment.

J. Scott Campbell ''White Hot'' artbook

Comme je le disais rien ne saurait rendre vraiment justice au grand homme qui vient de disparaître, rejoignant certainement sa compagne et les siens tout en veillant depuis les profondeurs insondables de l'univers sur ses chères créations et sur la myriade de fans de tous âges qui vivent une passion véritable grâce en grande partie à lui et à son travail acharné et novateur. Souvenons-nous de Stan Lee pour ses personnages, son humour, sa force vive et son application, ses caméos toujours plus déjantés à chaque nouveau film, son omniprésence durant des années. La fierté de notre petite bulle à nous, les fans et lecteurs de comics, quel que soit notre âge et notre degré d'implication, vient de s'éteindre mais il passe désormais dans les rangs des véritables immortels, ceux dont je l'espère avec la plus profonde sincérité on saura se souvenir toujours. Que Marvel, Disney et consorts puissent gérer cette perte de la meilleure des façons possible et que son héritage perdure encore de nombreuses années maintenant qu'il n'est plus là, et je fais le vœu que son imagination et sa carrière inspirent encore de très nombreux fans et futurs auteurs de la profession à tous niveaux.

J. Scott Campbell ''Violent Violet'' artbook

Enfin, un profond merci pour conclure, Monsieur Stan Lee, pour ces longues années de couleurs, ces kilomètres de papier imprimés, ces magnifiques expositions et ces albums parfois extrêmement coûteux qui font et feront toujours la fierté de chaque collectionneur, grand ou petit. Merci, simplement, merci pour tout, et où que vous soyez à présent, continuez à veiller sur notre petit monde de fictions et d'émotions partagées. Radiophogeek et de très nombreux autres n'existeraient même pas sans vous, et à notre façon nous allons respecter une semaine de silence en votre mémoire, pas de publication, simplement votre souvenir et la possibilité à toutes celles et ceux qui le voudront de témoigner par commentaires ou autres. Et à tous les nouveaux, entrez et faites comme chez vous, la porte sera toujours ouverte et la lumière restera toujours allumée !

The Big Bang Theory saison 3 épisode 16, l'un des meilleurs de la série




samedi 20 décembre 2014

Marvel Knights : Spider-Man - Le dernier combat (Panini Comics - Février 2012)


En Février 2012 est sortie chez Panini Comics la réédition d'un Deluxe aujourd'hui introuvable, l'histoire complète connue sous le titre de Marvel Knights : Spider-Man, le dernier combat, une mini-série exceptionnelle sur le Tisseur du milieu des années 2000 et signée par Mark Millar au scénario, accompagné par Terry et Rachel Dodson au dessin et Frank Cho en soutien, rien que ça messieurs dames !
C'est pour moi un immense plaisir que de pouvoir vous parler de cette histoire, que j'ai lu pour la première fois en format kiosque VF il y a maintenant plus de 7 ans... eh oui... l'un de mes tous premiers contacts avec l'univers comics du Tisseur, avec le run de Straczynski en parallèle. J'ai découvert cet album tout récemment et totalement par hasard (un grand merci à Comicsplace) et j'en suis tombé à la renverse, le bonheur de retrouver cette histoire de mon ''enfance'' pas si lointaine, et tout bonnement l'une des meilleures histoires jamais écrites et dessinées sur Spider-Man selon moi. Oui j'ose le dire et je le maintiendrai coûte que coûte.

Spider-Man et le Bouffon Vert. Peter Parker et Norman Osborn. Deux ennemis jurés, deux opposés s'attirant inexorablement et connaissant chacun tout de l'autre. Alors qu'une trêve avait été instaurée entre le héros et le vilain, ce-dernier finit par la rompre, de lassitude, et s'en prend violemment à Peter en le poussant dans ses tous derniers retranchements au terme d'un combat épique et sanglant que rien ne semble pouvoir stopper. Finalement vaincu et incarcéré dans la prison pour surhumains de Riker's Island, Osborn semble enfin hors d'état de nuire et Peter s'apprête à goûter un repos bien mérité en compagnie de sa chère et tendre Mary-Jane et de sa non moins chère Tante May. Mais bien vite la paix sera de courte durée : un mystérieux kidnappeur enlève Tante May dans son nouvel appartement de Manhattan et oblige Peter à se lancer dans une course contre la montre désespérée et une véritable chasse à l'homme dans laquelle tous les coups sont permis. Isolé, sans alliés ou presque, Spider-Man ne devra compter que sur lui-même et sur son intuition, qui le guidera à travers les pièges des nombreux vilains qu'il croisera sur sa route. Mais tout n'est pas noir ou blanc et les ennemis de l'Araignée ont eux-aussi un rôle à jouer dans toute cette histoire, eux-aussi embarqués contre leur gré dans ce gigantesque jeu de dupes où la victoire est plus qu'incertaine et où le temps est compté. Osborn semble connaître la clé de l'énigme, et y être lié lui aussi d'une certaine façon, mais se refuse à aider son adversaire gratuitement. Pour sauver Tante May, Peter devra faire un choix crucial qui risque de le transformer à jamais : s'allier à son pire ennemi et le faire évader de prison avant qu'il ne soit assassiné par des comploteurs en sachant très long sur tous les protagonistes du récit. Vérité ou mensonge, peur ou machination, Osborn laisse à Peter le loin d'accepter ou non ce marché diabolique et de se remettre entre ses mains, quelles qu'en soient les conséquences. Il se pourrait bien que le plus grand héros de la ville ne devienne l'un de ses criminels les plus recherchés... et ne perde tous ceux qu'il aime.

Comme je l'ai déjà indiqué dans l'introduction, une histoire vraiment géniale selon mes critères, qui m'a transporté sans limites dans le récit magistral de Millar qui offre un tout nouveau regard sur le monde des super-héros et de belles réflexions en perspectives pour le lecteur sur certains événements passés, ainsi que des dessins superbes du couple Dodson, dont on sent qu'ils maîtrisent à fond le sujet et les personnages à traiter. Comme toujours Terry Dodson se fait plaisir à illustrer Mary-Jane et bien entendu la Chatte Noire, son personnage fétiche, jamais aussi séduisante et envoûtante que sous son tracé. Mais les hommes ne sont pas en reste, loin de là même, et chaque page est l'occasion d'admirer un peu plus de cette virtuosité si particulière et qui nous manque tant aujourd'hui je trouve. Comme le dit Stan Lee en personne dans la préface de cet album, il s'agit d'un récit ayant la dimension non pas d'un simple comic-book, mais bel et bien d'un film sur grand écran de cinéma, qui nous transporte et nous fait rêver et vivre l'histoire tout au long de cette lecture et de cette expérience presque unique en son genre. Pour moi, un réel bonheur sans limite que d'avoir pu relire ce récit que j'aimais tant et aime aujourd'hui plus encore.

Deux regrets à formuler concernant l'édition française de Panini. Premièrement, le chapitrage (fait d'intercaler les couvertures des différents numéros entre les numéros/chapitres en question, plutôt que compilées à la fin de l'album). Je veux bien comprendre qu'en France et en Europe nous avons l'habitude de lire des histoires complètes toutes d'un bloc au sein d'un album, et que les coupures sont rares dans ces cas-là, mais cette histoire-ci est la parfaite illustration de la nécessité de respecter le chapitrage pour les comics. Cette histoire est un film, ou un feuilleton, elle a été construite comme telle, illustrée comme telle, et donc il convient pour le lecteur de pouvoir marquer une pause visuelle entre la fin d'un chapitre tendu et le début du suivant. Ça casse un peu la tension, quand toutes les pages sont à la suite les unes des autres sans séparation définie dans l'action ''à suivre''. Enfin, cela n'empêche nullement d'apprécier cette lecture, et ce léger problème de Panini depuis quelques temps devrait être corrigé dans les mois à venir sur leurs prochaines parutions.
Secondement et dernièrement, la couverture principale. Je déplore le choix de celle du chapitre #2 comme illustration de l'album, là où une autre telle que celle du chapitre #1, du chapitre #10 ou du chapitre #11 aurait parfaitement fait l'affaire et réussi à retranscrire à merveille l'atmosphère du récit d'un seul coup d'oeil.

Une excellente histoire, d'excellents auteurs/dessinateurs à la barre, quasiment tous les meilleurs personnages de l'univers de Spider-Man réunis dans un seul et même récit, que demander de mieux ! Et surtout qu'attendez-vous pour le dégotter et le lire à présent ? C'est pour moi l'équivalent de ce que fut la saga Silence (Hush) pour le personnage de Batman et son entourage. Si avec ça je n'arrive pas à vous convaincre...

Sur ce, je vous laisse quand même vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 6 août 2014

L'art des super-héros Marvel, l'expo ! (Art Ludique, le Musée - Paris - 2014)


 C'est l'été, il fait bon il fait chaud et vous ne savez pas quoi faire, coincés chez vous ou en mal d'inspiration ? Envie de se divertir avant la rentrée et le retour du stress ? Pourquoi ne pas faire une petite virée à Paris, au Musée Art Ludique près de la gare d'Austerlitz, et visiter l'exposition portant sur ''L'Art des super-héros Marvel'' ? Des années 1960 à nos jours, des comics aux films, passé et avenir, entrez dans le monde merveilleux de Stan Lee et prenez-en plein la vue !


Je m'y suis rendu courant juillet, par curiosité et sur les conseils de gens avisés. Le cadre est extrêmement agréable, aéré (et surtout climatisé !), les responsables sont très sympathiques et souriants, jeunes et moins jeunes, tous passionnés. Avant même de pénétrer dans le bâtiment vous êtes accueillis par une fresque gigantesque et de toute beauté représentant les Avengers en plein combat titanesque. Vous démarrez ensuite la visite par une salle entièrement consacrée au personnage de Captain America, sa genèse, la Seconde Guerre Mondiale, Timely Comics, etc. Puis vous entrez dans la partie dédiée à Iron Man / Tony Stark, puis Thor, puis les Avengers au complet, ainsi que les Quatre Fantastiques, les X-Men, Spider-man, Hulk, Daredevil, le Punisher, Dr. Strange, Ghost Rider, Fatalis, Magneto, Galactus, le Surfer d'Argent, Crâne Rouge, Loki... pas besoin d'en dire plus, vous trouverez à peu près tout le monde ! Tous représentés et exposés de façon claire et agréable à suivre, vous n'avez qu'à suivre le chemin et à observer les murs autour de vous, couverts de planches originales en noir et blanc, encrées ou simplement crayonnées, issues de toutes les décennies depuis les années 1940 jusqu'à maintenant. De magnifiques peintures, des covers, des sketchs, des illustrations en couleurs et parfois taille réelle, des story-boards (nombreux) en images de synthèses et peintures 3-D réalisées par l'artiste Ryan Meinerding pour Marvel Studios et chaque film que nous avons eu le plaisir de découvrir au cinéma depuis le premier Iron Man en 2007, et de très nombreux artistes dont je tairais les noms pour plus de suspense (sachez seulement qu'il y a des Français dans le lot, et en bonne place !).

Car il ne s'agit pas uniquement des comics, une bonne partie de l'expo porte aussi sur les films de Marvel Studios et vous trouverez de nombreux éléments présents dans ces films, accessoires, tenues, décors entiers ! La moto de l'Hydra, le bouclier de Cap, les costumes successifs, le casque d'Iron Man, le marteau de Thor, un buste de Groot ou des géants des glaces, le trône d'Odin, et plein, plein d'autres surprises du même genre toutes plus incroyables les unes que les autres. Et toutes issues véritablement des tournages, ce sont les objets authentiques que vous pouvez voir à l'écran maniés ou portés ou fréquentés par les acteurs et les personnages !

Chaque mur arbore aussi de petits textes informatifs sur tel ou tel artiste majeur de Marvel, de Stan-the-Man en personne jusqu'aux dessinateurs et scénaristes actuels qui font le quotidien de la maison d'édition. Mais vous aurez aussi droit à intervalles réguliers à des écrans incrustés dans les murs qui vous diffuseront en boucle des reportages exclusifs réalisés pour l'expo, avec Stan Lee vous expliquant les dessous de la création de chaque grand personnage et de chaque grande série, les coulisses d'un scénario et de la collaboration avec les dessinateurs, de l'importance de la ''patte'' personnelle d'un artiste sur l'avenir et l'aspect d'un héros comme d'un vilain, des inspirations qui se cachent derrière Iron Man, Captain America, Spider-man... parfois assez inattendues ! Vous l'aurez compris, cette expo est une gigantesque mine d'informations et de divertissement, au milieu de vos héros favoris. Prenez bien tout votre temps pour observer tout ce qu'il y a à voir, ne vous pressez pas, profitez de l'instant, vous aurez de belles surprises !

La visite se termine sur une salle portant sur l'univers cosmique de Marvel, les Gardiens de la Galaxie en bonne place. Leur histoire, les différentes formations du groupe, l'avenir au cinéma, quelques petits éléments tirés du film à sortir tout prochainement, et si vous cherchez bien, une petite alcôve quelque part consacrée à un vilain amené à avoir une énorme et cruciale importance dans la suite des films Marvel Studios. Vous aurez aussi un petit espace où vous pourrez regarder une vidéo rendant hommage à chaque film depuis 2007.

Et comme toute bonne exposition, celle-ci se termine sur la boutique. Assez peu de choses à y voir au final, quelques goodies rigolos et fort sympathiques (portes-clés, mugs, magnets), des figurines de collection de la gamme Marvel Select de Diamond (fabriquant très réputé et apprécié), des statuettes et bustes exposés dans des vitrines centrales et murales, un album regroupant toutes les infos et illustrations de l'expo. Pas de films en DVD ou Blu-ray, mais des affiches de ces films ainsi que des covers cultes des comics à acheter en format poster. Toutefois, malgré ces voluptueuses apparences vous serez sans doute un peu déçus car vous ne trouverez aucun vilain parmi les figurines comme les autres goodies, tout est entièrement consacré aux Avengers des films. Les fans de Loki, de Magneto ou de Fatalis (moi le premier, snif) devront ainsi faire avec cette frustration. Enfin, ça ne gâche en rien le plaisir d'avoir assisté à cette expo du début à la fin et de l'avoir visité en prenant son temps, avec curiosité, méthode, et oeil critique en veille.

Et devinez quoi, bande de petits veinards, vous avez encore l'occasion d'aller y faire un tour car l'exposition dure jusqu'au 31 Août ! Ah, et le billet d'entrée ne coûte que 10€, c'est franchement une occasion en or. En comparaison, l'exposition sur Tim Burton en 2012 coûtait plus cher et était bien moins agréable et fournie (à part la boutique, suivez le guide).
A tous les fans de Marvel, comics comme films, aux amateurs d'art séquentiel comme d'art tout court, rendez-vous à cette adresse :

Art Ludique – le Musée
34, Quai d'Austerlitz
75013 Paris
(http://artludique.com/marvel.html)

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une excellente visite, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !