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samedi 1 juin 2019

X-Men - Le Retour du Messie (Panini Comics - Avril 2019)


Les années ont passé. Les mutants sont encore moins nombreux qu'au début de cette longue histoire, et retranchés désormais sur l'île-nation d'Utopia, dans la baie de San Francisco, attendant lentement leur dernière heure depuis que Norman Osborn est à la tête des forces armées du pays. Mais le Destin n'en a pas encore fini avec les X-Men : un signal très attendu est soudain activé, au moment où l'on commençait à perdre tout espoir. Le Messie est revenu, ou plutôt la Messie, la jeune Hope, première mutante née après le fatidique Jour-M et envoyée dans le futur avec Cable afin d'être formée, entraînée et protégée jusqu'au moment où elle serait prête à jouer son rôle, encore inconnu. Ce signal, c'est tout simplement la preuve que Cable et Hope sont de retour dans le Présent, à l'époque de nos héros, et que la petite devenue une fière adolescente est sur le point de tous les sauver... ou au contraire, de les condamner. Car son rôle est encore flou même pour elle, on ignore quels sont ses pouvoirs et personne ne la connaît, en dehors de Cable qui l'a élevé, personne ne pourrait prédire ses décisions et réactions dans un monde qui hait plus que jamais les mutants. En effet, les principales ligues anti-mutants du pays ont fini par toutes se rassembler sous une bannière commune, celle du terrible Bastion, et tous sont déterminés à en finir une fois pour toutes avec les Homo-Superior tant qu'ils ont un genoux à terre. Toutes les forces sont lancées dans l'ultime bataille, tous les paramètres sont soigneusement étudiés et réglés par Bastion qui possède une longueur d'avance sur nos héros, qui ne peuvent que tenter de le devancer. Tous commencent à douter sérieusement de leurs chances de survie, à part Scott Summers. Cyclope croit dur comme fer que Hope est véritablement un Messie capable d'accomplir un miracle qui sauverait toute son espèce et mettrait fin à cette guerre, cette boucherie qui a déjà emporté trop de monde. Tout se jouera finalement dans la baie de San Francisco, complètement coupée du reste du monde, où les X-Men d'hier et d'aujourd'hui affronteront des légions d'exterminateurs zélés dans ce qui pourrait bien être l'ultime bataille pour la survie ou l'extinction. Quel sera le rôle déterminant de Hope au cœur de ce conflit qui la dépasse totalement ?

Il est enfin là, le fameux et tant attendu dernier omnibus concluant la Trilogie du Messie avec la parution de la troisième et dernière partie de l'histoire. Alors on va commencer par les points négatifs : c'est ENCORE un mini-omnibus d'épaisseur très moyenne pour sa gamme quand on le compare avec les plus anciens. Je l'ai déjà dis dans le précédent article sur le premier des deux volets du Messie, Panini a une nette tendance ces dernières années à réduire la pagination de ses omnibus pour un prix qui lui reste identique et assez élevé. Vous allez dire que c'est du chipotage, c'est vrai que le format reste tout de même très luxueux et vaut complètement l'investissement et l'attente, mais on sait aussi que l'éditeur est pourtant tout à fait capable de sortir, pour le même prix, des volumes bien plus épais, parfois doublement voir davantage, comme le récent L’Ère d'Apocalypse ou le très attendu La Saga du Clone pour Spider-Man. Question de choix, certainement, et surtout de sous je pense.
L'autre mauvais point selon moi (ça reste subjectif bien sûr) c'est le dernier tiers de cet album. Panini avait prévenu les fans, qui râlaient déjà en se voyant acheter un omnibus de taille réduite, qu'avec la conclusion de La Trilogie du Messie on aurait également du matériel supplémentaire et inédit en VF, principalement des chapitres de séries se déroulant en parallèle de l'événement et ayant un rapport direct avec l'intrigue principale. D'ordinaire ça permet d'éclairer quelques zones d'ombres, ici par exemple nous découvrons comment Magik est sauvée des Limbes par son équipe tandis que les autres se battent dans le monde mortel, ou encore comment l'équipe scientifique Club X parvient à se sortir d'un piège temporel vicieux aux terribles conséquences. Mais, disons-le tout de suite : est-ce que c'était vraiment intéressant ? Je veux dire, voir ce que des personnages font derrière la scène, c'est toujours un peu sympa mais rapidement fatiguant quand il faut rattacher tous les wagons et se taper toutes les séries en parallèle pour comprendre de quoi il retourne. Personnellement, j'aurais bien mieux préféré et apprécié des épisodes racontant l'arrivée des mutants sur Utopia, ou encore la raison pour laquelle Magneto est bouclé et alité à l'infirmerie durant pratiquement toute l'intrigue principale. Que leur est-il arrivé entre la fin du premier omnibus et le début de celui-ci ? Un rapide résumé même aurait fait l'affaire je pense, mais nous n'avons droit qu'à une très simple mise en situation. Ce ne sont que des détails, certes, et parfois sans rapport avec l'histoire principale, mais qui auraient pu poser un peu mieux les choses et expliquer davantage certaines situations que l'on découvre assez subitement. Les choix éditoriaux pour le matériel complémentaire sont discutables, certains crieront au remplissage quand d'autres féliciteront Panini pour l'effort, chacun sera juge.
Pour les points positifs maintenant, parce qu'il y en a et de très bons en plus ! Déjà, un omnibus si tôt dans l'année, merci beaucoup à Panini d'avoir fait cet effort et de ne pas avoir trop joué sur l'attente de cette conclusion après la parution du premier tome. C'est toujours appréciable de pouvoir s'offrir une petite merveille d'édition telle que celle-ci, et l'avantage c'est qu'elle n'est pas perdue au milieu d'autres grosses sorties de fin d'année pour le coup. Ensuite, l'histoire est magnifique, poignante, j'ai largement préféré cette troisième et dernière partie à la seconde par exemple, qui se voulait pourtant plus épique. Jamais les mutants n'ont été autant en danger et autant menacés par l'extinction totale que dans cette histoire majeure des années 2000-2010. Tous les auteurs, et ils sont nombreux, se sont associés et concertés pour donner un maximum de crédibilité à leur œuvre et de cohérence, et ça fait du bien ! Les dessins aussi sont magnifiques, vraiment, rien n'est à jeter et tout l'ensemble sent bon l'épique et la recette du succès assuré. On imagine presque les musiques de film par-dessus l'action tant c'est vivant et conçu comme un grand divertissement de cinéma (qui sait, peut-être que Marvel Studios aura la bonne idée de fouiner dans cette trilogie pour ses futurs réalisations...). Du coup vous l'aurez compris ce fut vraiment un gros gros plaisir à lire, toute une nuit à ne rien faire d'autre que de plonger tête la première au cœur de l'aventure et des tourments et dangers qui se succèdent à un rythme effréné. Il y a trop d'auteurs et de dessinateurs pour tous les rentrer dans les mots-clés de l'article, mais voici leurs noms pour celles et ceux que ça intéresse : au scénario des spécialistes des X-Men comme Matt Fraction, Peter David, Mike Carey, Craig Kyle, Christopher Yost, Zeb Wells, Simon Spurrier, Duane Swierczynski. Aux dessins, sortons aussi le tapis rouge pour Terry Dodson, David Finch, Greg Land, Mike Choi, Ibraim Roberson, Lan Medina, Nathan Fox, Stuart Immonen, Esad Ribic, Harvey Tolibao, Tom Raney, Paul Davidson, Francis Portela, Valentine de Landro et Paco Medina. Merci, un grand merci à tous ces artistes pour ce grand moment de lecture que je vous invite à explorer à votre tour et à partager avec le plus grand nombre !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


vendredi 22 mars 2019

La V.O. du vendredi n°121 : Uncanny X-Men - Sisterhood (Marvel - Octobre 2009)


Madelyne Pryor est de retour ! L'ex-femme de Scott Summers et également clone de Jean Grey revient sur le devant de la scène, après avoir formé une nouvelle équipe de femmes mutantes autour d'elle, baptisée la Sororité. Ensemble, elles ont réussi à enlever Psylocke et se servent de ses pouvoirs psychiques pour tester une nouvelle méthode de résurrection que la Reine Rouge veut à tout prix voir réussir. Les criminelles ramènent ainsi à la vie l'alter-ego de Betsy Braddock, l'assassin Kwannon ! Et ce n'est que le début, le prélude à une autre opération finement pensée...
Pendant ce temps, les X-Men nouvellement installés à San Francisco sont divisés en plusieurs équipes, le Fauve menant pour sa part des recherches très poussées avec d'autres scientifiques émérites sur les possibilités de réactiver le gène mutant X dans l'ADN humain. Leurs travaux sont sur le point d'aboutir, mais il leur manque encore l'essentiel : un échantillon d'ADN mutant datant de bien avant le boom des naissances du milieu du XXème siècle.
Pas le temps de s'y consacrer pour l'instant car la base est soudain attaquée par les membres de la Sororité, qui recherchent un objet très précis en possession de Wolverine. Les X-Men sont dans un premier temps surpris et battus à plate couture par leurs ennemies ainsi rassemblées, mais ils se relèvent bien vite pour contre-attaquer. Malheureusement il est déjà trop tard, la Reine Rouge s'est emparée de ce qu'elle voulait depuis le début : une mèche de cheveux venant de Jean Grey, que Logan gardait en guise de talisman et de souvenir. Avec cet objet, Madelyne espère bien pouvoir se réincarner dans le corps de Jean une fois qu'elle l'aura ramené à la vie elle aussi, et pour cela direction le cimetière de l'ancien Institut Xavier, où la femme bien aimée de Cyclope repose désormais. Toute l'équipe se lance à la poursuite des méchantes, tandis qu'Emma Frost coordonne la libération de Psylocke et que Scott et Logan mettent au point un plan d'urgence grâce à l'aide de Domino. Un plan qui viendra finalement à bout de la Reine Rouge et de son alliance, mais à quel prix...
De retour à San Francisco, l'équipe scientifique du Fauve est à pied d’œuvre pour se préparer à voyager dans le temps, vers le passé exactement en l'an 1906 afin de prélever des échantillons de sang sur les parents du plus vieux mutant de leur équipe, le Dr. Nemesis. Un voyage qui ne se passera pas vraiment comme prévu, car nos héros devront faire face à l'ancienne incarnation du Club des Damnés qui désire plus que tout éradiquer dès l'origine les mutants avant qu'ils ne deviennent trop nombreux quelques dizaines d'années plus tard. L'opération est cependant un succès, mais là encore le prix est lourd à payer. Revenus à notre époque, le Fauve et ses collègues recherchent les échantillons dans le parc du Golden Gate mais tombent sur un élément qu'ils n'avaient pas prévu...

Ces aventures finiront par arriver en VF chez Panini je pense, d'ici un ou deux ans dans la collection Marvel Deluxe si on suit le rythme actuel de parution, mais je ne pouvais pas manquer l'occasion de posséder cet album en VO dans cette si belle édition bien soignée de la part de Marvel. Une histoire qui, sans en avoir vraiment l'air, change la donne de façon bien plus poussée que l'on ne pourrait s'y attendre, en ramenant tout d'abord Psylocke dans l'équipe et en donnant enfin une chance aux recherches de Hank McCoy d'aboutir à un potentiel remède contre l'extinction programmée des mutants depuis House of M. On retrouve de très bons artistes aux commandes, comme Matt Fraction et Greg Land mais aussi Yanick Paquette ou encore Terry Dodson venu en renfort. Une histoire sympathique, facile à lire et possédant un certain potentiel. Je suis ravi !

samedi 13 mai 2017

La V.O. du vendredi n°71 : Vampirella tome 1 - Our lady of shadows (Dynamite - Mars 2015)


Toujours oeuvrant pour le Cestus Dei, Vampirella est mandatée sur une mission particulièrement délicate : un père de famille se serait retrouvé possédé par un esprit malfaisant et aurait enlevé sa propre fille dans l'intention de la sacrifier à Chaos, la divinité annonciatrice de l'Apocalypse sur Terre. Tandis qu'elle enquête et qu'elle remonte la trace de l'enlèvement, Vampirella est faite prisonnière par les adeptes du culte de Chaos qui apposent la marque des ténèbres sur elle, le sceau de la Maîtresse des Ombres, compagne de Chaos. Dès lors, Vampirella n'a que quelques jours devant elle avant que le sceau ne soit complet et qu'elle ne se retrouve possédée par l'esprit de la Maîtresse des Ombres, qui facilitera ensuite l'avènement de Chaos. Se retrouvant alors pourchassée à la fois par ses bourreaux et par les services secrets du Vatican bien décidés à la détruire avant qu'elle ne serve de portail, la belle vampire va se découvrir un allié inattendu en la personne de Drago, un vampire de type Nosferatu qui semble en savoir long sur le rituel auquel elle a été mêlée. La seule solution pour s'en sortir sera de parcourir le monde pour trouver et tuer les plus rares des vampires et boire leur sang afin de se fortifier et d'être ensuite capable de résister à l'influence de la Maîtresse des Ombres. Commence alors une longue chasse qui sera parsemée d'embûches et de révélations et qui aboutira à un combat fratricide pour la survie du monde et de ses habitants...

Avec ce premier tome de ce que l'on pourrait appeler New Vampirella, Nancy A. Collins permet aux nouveaux lecteurs de rejoindre les anciens par une nouvelle porte sur les aventures de Vampirella, qui reprend à la fois la continuité du personnage chez Dynamite mais aussi les signes plus traditionnels de ses anciennes aventures chez Harris Comics, ce qui ravira à la fois les plus jeunes et les plus vieux de ses fans. On retrouve avec plaisir l'ambiance et l'atmosphère des récits d'autrefois mêlées avec le ton plus sombre et développé de la modernité, pour notre plus grand plaisir. Accompagnée au dessin par Patrick Berkenkotter et Cristhian Crizam Zamora, l'auteur nous offre un magnifique point d'entrée que l'on serait bien bête de bouder. Et comme de juste, un second tome est d'ores et déjà disponible, donc à très bientôt pour la suite !

samedi 6 août 2016

Avengers & X-Men : Axis - Inversion (Panini Comics - Juillet 2016)


Les gentils deviennent méchants, les méchants deviennent gentils.

C'est par ces quelques mots que l'on pourrait résumer Axis, le dernier event Marvel en date chez Panini. Mais sur Radiophogeek on aime aller au fond des choses, alors essayons de faire une meilleure présentation.

Crâne Rouge s'est emparé du cerveau et des pouvoirs de feu-Charles Xavier, et il commence à poser les bases d'un IVème Reich sur les ruines de l'île de Genosha, en réduisant de nombreux mutants à l'esclavage et au reconditionnement. Une situation que Magneto, lui entre tous, ne peut supporter plus longtemps. Malheureusement, sa solution extrême de tuer Crâne Rouge libère toute la haine de ce dernier et forme l'entité appelée Onslaught le Rouge à partir des fragments de Xavier et du ressenti du Nazi. Les X-Men doivent alors oublier leurs différents et s'unir, qu'importe les circonstances, pour vaincre ce nouvel ennemi sur-puissant qui menace l'équilibre du monde entier en déversant un flot de haine télépathique sur l'ensemble de la planète. Les Avengers viennent également prêter main forte aux mutants, mais bien vite tous sont dépassés par la puissance de ce nouvel Onslaught et par ses Sentinelles brevetées Stark qui visent spécifiquement les faiblesses de chaque héros présent. Le salut viendra de là où on ne l'attendait pas... par l'arrivée sur le front d'une équipe de choc montée en urgence par Magneto, et rassemblant les pires super-vilains qui soient. Carnage, Dents-de-Sabre, le Docteur Fatalis, le Super-Bouffon, Mystique et bien d'autres se lancent alors à corps perdu dans la bataille et infligent de sérieux dégâts à l'ennemi, le temps que le Dr. Strange et la Sorcière Rouge puissent canaliser les énergies magiques de l'Ordre et du Chaos pour inverser le flot de haine et donner à l'étincelle survivante de Charles Xavier le contrôle. Mais, contre toute attente et alors que l'ennemi semble vaincu, tous les personnages présents sur Genosha au moment de l'inversion de l'axe mystique se retrouvent affligés d'une personnalité également inversée. Les héros deviennent égoïstes et dangereusement paranoïaques, les X-Men deviennent des oppresseurs totalitaires du genre humain sous l'égide d'Apocalypse enfin de retour, et les vilains eux se retrouvent dotés d'une conscience et d'un bon sens qui leur avait toujours fait défaut. Certains tâchent de porter secours à autrui, comme Carnage, d'autres cherchent activement la rédemption pour leurs fautes passées, comme Fatalis. Mais tous ont en commun cette étrange bonté qui semble les avoir frappé. Désormais, alors que le monde est à feu et à sang et que les anciens héros défont tout ce qu'ils ont passé des années à construire et brisent les liens de confiance difficilement instaurés avec l'aide de Steve Rogers, le seul espoir de reconstruction et de retour à la normale viendra des vilains. Il leur faut coûte que coûte réunir de nouveau les différents personnages touchés par l'inversion et faire pivoter une seconde fois l'axe de la réalité pour que chacun retrouve sa personnalité propre et légitime. Pour cela, il faudra d'abord arrêter les mutants servant Apocalypse qui déclarent la guerre au genre humain, ainsi que les anciens Avengers divisés et on ne peut plus dangereux pour l'équilibre mondial. Avec l'aide de quelques héros ayant conservé leur bon sens, comme Spider-Man, cela semble encore un exploit impossible à réaliser, et il faudra de nombreux sacrifices pour parvenir à réunir les bonnes conditions. Mais les choses ont irrémédiablement changé durant ce laps de temps, et la confiance sera difficile à retrouver après tous ces événements.

Que dire sur Axis ? En analysant de façon linéaire cet event, on constate dans un premier temps qu'il est d'une ridicule simplicité par rapport au précédent, Infinity, de Jonathan Hickman. Rick Remender apporte une conclusion à son arc amorcé dès la fin de Avengers vs. X-Men avec la série mixte Uncanny Avengers, il y a de cela quelques années maintenant. On peut ainsi voir que cet event, certes simpliste, a néanmoins été pensé de longue date par son auteur et peut-être par ses éditeurs. Il n'empêche que l'on garde l'impression d'être pris pour des gosses en lisant cette aventure des X-Men et des Avengers enfin unis contre un ennemi commun, inutilement vulgaire par moments et profondément incohérente par d'autres.

Il y a quand même de très beaux moments, on pense notamment au duel entre Thor et Loki sur la Lune et à la rédemption difficile de Fatalis, ou encore à la révélation qui frappe Magneto et Wanda. De bons passages, bien écrits, bien menés et bien dessinés, par une pléiade d'artistes de renom qui tentent tous de donner le meilleur d'eux-mêmes malgré les circonstances difficiles de la gestation de ce projet. Mais ça ne suffit pas à faire une bonne histoire dans son ensemble, et on ressort de cette lecture avec une impression très mitigée. On pourrait être tenté de classer Axis comme un cuisant échec de Marvel, ne parvenant pas à maintenir le niveau de qualité atteint par les précédents events, mais si l'on fait preuve d'une certaine ouverture d'esprit on se retrouve bien obligé d'admettre qu'il y a de bons points et de bons moments, malgré une étonnante et parfois bien naïve simplicité d'écriture et de déroulement.

On peut également critiquer le choix de Panini de sortir Axis dans la collection ''Marvel Now!'' alors qu'il aurait très bien pu figurer au catalogue des ''Marvel Deluxe'' comme Original Sin juste avant. Qu'est-ce qui a motivé ce choix éditorial, nous ne le saurons jamais précisément mais on se doute qu'il doit s'agir d'un lien d'intérêt avec la série Uncanny Avengers paraissant dans la même collection et servant de préquelle géante à Axis. Personnellement ça m'embête bien de devoit acheter tous les tomes de cette série pour mieux comprendre l'event présent, je trouve qu'en Deluxe on aurait pu avoir un chapitre d'introduction rajouté tel que le dernier de Uncanny Avengers ou celui où Magneto tue Crâne Rouge et où l'on assiste à l'apparition de Onslaught le Rouge, qui aurait pu servir d'introduction donc car en Deluxe il est possible de mélanger les séries, Siège et autres en témoignent.

La vérité c'est que j'avais mentalement préparé un article bien plus critique et saignant à l'encontre de Axis, que j'avais vraiment vraiment peu aimé en kiosque. Mais comme à chaque fois j'ai pu constater à la lecture en format album relié que les choses passent un peu mieux, alors j'ai révisé mon jugement premier pour prendre en compte les temps forts et les bons moments et bonnes idées (le design du logo par exemple ou les couvertures fort sympathiques et soignées). Mais il en reste néanmoins de très nombreuses mauvaises, comme par exemple Onslaught le Rouge lui-même qui n'est qu'une pâle redite du Onslaught originel et qui si on réfléchit bien n'a aucune raison valable d'être, de même que les pouvoirs télépathiques de Crâne Rouge après avoir pris possession du cerveau de Charles Xavier, ou encore les Sentinelles Stark qui ne ciblent que les gentils et sont donc vulnérables aux méchants, ou bien encore Crâne Rouge qui devenant gentil change de couleur et passe au blanc sans explication valable... toutes ces idées volent au ras des pâquerettes et n'ont rien de bien folichon, et j'avoue que j'ai été tenté plusieurs fois de lâcher la lecture et de laisser le livre me tomber des mains, mais j'ai continué malgré tout pour voir s'il y avait du mieux, ou si ces idées très moyennes servaient au final à construire quelque chose de mieux dans l'ensemble. C'est une réponse personnelle et une quête personnelle également qui dépend de chaque lecteur et de chaque sensibilité, je vous réitérerai donc mon éternel conseil : faites-vous votre propre idée !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 20 juillet 2016

Red Skin tome 2 - Jacky (Xavier Dorison & Terry Dodson - Glénat - Juin 2016)


L'âpre combat contre le terrible Charpentier continue pour Red Skin, qui doit tout miser sur le sauvetage de sa jeune amie enceinte avant qu'elle ne soit massacrée par l'homme qui paraît invulnérable. Mais sitôt après avoir trouvé la solution pour s'en débarrasser, voilà que les ennuis recommencent dans la vie civile d'Alabama Jane. Son patron menace de la virer tous les matins, son travail comme bonne à tout faire l'ennuie à mourir et ses chances de se détendre en couchant son proches du zéro absolu, forcée à l'abstinence durant sa mission confiée par le KGB. Si au moins elle pouvait participer au grand projet de son patron, le film porno le plus polémique de tous les temps qui parodiera rien de moins que le film sur lequel se repose toute la propagande de la fasciste Jackie Core, celle qui commande au Charpentier et celle qui risque fort d'être élue Gouverneur de Californie et de siéger au conseil mondial pour le désarmement nucléaire. Autant dire qu'une véritable catastrophe se prépare à l'horizon, tandis que Red Skin peine à trouver son style super-héroïque et à se faire accepter par les foules, qui la considèrent toute aussi dangereuse que le Charpentier lui-même, voir pire ! Et voilà aussi que dans l'ombre, Jackie Core met au point un nouveau tour de force afin d'accroître la ferveur fanatique de ses fidèles et s'assurer une belle carrière politique, pendant que les forces de l'ordre décident de mettre au pas le tournage du film X. Comment Alabama/Red Skin pourra-t-elle se sortir de ce pétrin et parvenir à accomplir sa mission ? D'autant qu'un traître semble se dissimuler dans les rangs du KGB...

Un second tome plus riche et plus abouti encore que le premier, avec des dessins de Terry Dodson en grande forme et qui ne chôme pas, loin de là ! L'histoire se développe bien et avance tranquillement, les différentes ramifications de l'intrigue évoluent et se rejoignent pour former une toile de plus en plus complexe dans laquelle est empêtrée l'héroïne-malgré-elle, et l'on suit avec toujours autant de plaisir le déroulement du récit case après case. Une très belle bd réalisée par un auteur de renom et un dessinateur rock-star du monde des comics, une belle fille et une femme forte comme personnage principal, de l'action, de la réflexion personnelle et un zeste de coquinerie, que demander de plus ?

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 2 avril 2016

Ghost tome 2 - Le boucher dans la ville blanche (Glénat Comics - Mars 2016)


Elisa est toujours à la recherche des éléments composant son passé, de ses souvenirs perdus qui semblent liés au terrible complot qui se trame dans les recoins les plus sombres de Chicago. Et tandis qu'un mystérieux tueur en série sévit sans être arrêté, la femme-fantôme continue de protéger les innocents des démons avec lesquels elle peut se battre dans sa quête de vérité. Et c'est justement avec l'un d'eux, Beleth, qu'elle parviendra à conclure un pacte pour en apprendre davantage sur sa vie précédente. Mais ces informations auront un goût amer, et les souvenirs qui ressurgiront ne seront pas forcément tous agréables...

Suite de cette petite série qui sait toujours autant plaire, avec des rebondissements intéressants et un dessin général de bon niveau, que viennent compléter des couvertures par Terry et Rachel Dodson et Ariel Olivetti, que demander de mieux ! Série à suivre, avec plaisir et un intérêt certain !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 25 juillet 2015

Catwoman tome 5 – Course de haut vol (Urban Comics – Juillet 2015)


Ce tome est le dernier de la série Catwoman chez Urban, avant que la suite des aventures de la belle voleuse ne paraisse sous le titre Catwoman Eternal pour faire écho au Chevalier Noir. Une fin à l'image du tome précédent, un peu trop rapide et fouillis malheureusement, mais qui relève un peu le niveau malgré tout.

Nous avons donc droit ici à un melting-pot des intrigues de dernière chance : Catwoman sera entraînée dans une course entre voleurs à travers le pays, durant laquelle elle tentera de résoudre un crime vieux de près de 200 ans. Ce défi incroyable la mettra en relation avec certains autres vilains bien connus, comme le Maître des Miroirs par exemple, un partenariat explosif !
La chatte cambrioleuse essaiera aussi de faire sortir de son laboratoire sa jeune conceptrice de gadgets afin de lui faire connaître la vraie vie, mais la partie risque de ne pas être aussi aisée lorsque le monde virtuel rattrape les deux femmes.
Il y a aussi les quelques numéros touchés par Gothopia, mini-event des séries Batman ayant principalement cours dans la série Detective Comics et touchant les alliés de la Chauve-souris. Pas forcément très intéressant puisque si on ne lit pas la revue kiosque Batman Saga on ne risque pas de comprendre ce dont il s'agit et quelle est la place de Catwoman dans tout ça, même si c'est rapidement résumé.
La bonne surprise c'est l'inclusion du chapitre se déroulant durant l'arc de L'an zéro de Scott Snyder, où Catwoman est encore inexpérimentée et nouvelle dans le métier, et où elle se confronte à ce qu'il y a de pire au sein de la haute société corrompue de Gotham, alors que l'ouragan menace la ville et s'apprête à frapper de plein fouet tandis que le Sphinx l'a plongé dans un black-out complet.
Et enfin signalons la présence de l'introduction du personnage au sein de l'event Futures End qui bouleverse les statu-quo en vigueur pour les héros. Selina se retrouve donc à la tête de la pègre de Gotham, gérant ses affaires d'une main de maître et de façon assez avisée pour ne pas attirer sur elle l'attention des protecteurs de la ville. Que lui réserve cet avenir sombre et incertain ? Nous le saurons en suivant la série principale de cet événement, et probablement en embrayant sur les tomes de Catwoman Eternal à venir.

Une fin rapide, toujours aussi brouillon comme dans le tome précédent, on garde la même impression de voir plusieurs idées jetées en vrac et pas forcément bien organisées, tout est trop rapide, trop fouillis, le lecteur n'a pas le temps de vraiment se faire à une situation que déjà elle change. Le dessin reste très bon en revanche, c'est toujours très agréable et fluide malgré l'intrigue partant dans tous les sens et les personnages creux et inutiles qui fleurissent à droite à gauche. Les couvertures de Terry Dodson sont excellentes, un vrai plaisir à l’œil, mais ça ne fait pas tout.
En somme une série qui se termine en étant relativement fidèle à ce qu'elle était devenue depuis le tome 4, en ce sens elle reste en accord avec elle-même, mais n'égale jamais ce qu'elle était lors de ses premiers numéros ayant fait parler. J'ignore encore si ça vaudra le coup de passer à Catwoman Eternal quand elle sortira, mais pourquoi ne pas prendre le risque ? Qui sait, le changement a du bon et la barre en sera peut-être relevée ?

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 20 juin 2015

Catwoman tome 4 - La main au collet (Urban Comics - Juin 2015)


Quatrième tome pour les aventures de la chatte cambrioleuse de Gotham City, également membre de la Ligue de Justice d'Amérique. L'équipe d'auteurs change, la qualité aussi malheureusement. Ann Nocenti et Scott McDaniel nous livrent un tome assez étrange et décevant, clairement pas à la hauteur des précédents malgré ses bons graphismes.

La guerre est déclarée entre Catwoman et le Pingouin, ne supportant pas que la belle voleuse exerce son activité sans son accord et surtout sans lui verser un tribut. Au cœur de la bataille, le quartier des Badlands, zone très pauvre de la banlieue de Gotham dont le Pingouin souhaite ardemment s'emparer pour y exercer son contrôle absolu. Une guerre des gangs éclate donc, et Catwoman devra choisir soigneusement son camp et surveiller de très près ses ennemis !
Elle devra aussi faire avec ses obligations en tant que membre de la Ligue de Justice d'Amérique, et se débrouiller pour être repérée et recrutée par la Société Secrète que les héros cherchent à infiltrer (ces événements se déroulent juste avant le tome 5 de Justice League). Et comme si ça ne suffisait pas, à peine sortie d'un conflit la voleuse se retrouve projetée dans les territoires souterrains de la ville, zones de non-droit totalement livrées à la vie sauvage et à trois communautés qui se disputent un équilibre précaire dans une atmosphère de catastrophe survivaliste qui menace d'exploser à tout instant. Il ne manque qu'un léger grain de folie pour que tout se mette à dérailler, et justement, une nouvelle venue va se charger de l'apporter...

Je le disais en introduction, un tome vraiment moins bon et moins maîtrisé, décousu, partant dans tous les sens et gérant assez mal ses différents personnages et les intrigues développées pour chacun. C'est vraiment brouillon, on a l'impression qu'il n'y a pas eu de finalité vraiment décidée, qu'il s'agit simplement d'un tas d'idées balancées les unes après les autres et mélangées sans réelle coordination. La première partie est correcte, mais la seconde tombe vraiment dans le n'importe-quoi. Je ne comprends pas ce tome, et je n'ai pas réussi à entrer dans cette histoire malgré toute la bonne volonté du monde.
Ça me déçoit d'autant plus que les dessinateurs sont plutôt bons et réputés, Terry Dodson en premier pour les couvertures. Ces histoires inutiles, sans réelle profondeur et sans impact sérieux, m'ont laissé bien froid. La transition entre les équipes d'auteurs n'a pas du être facile, et ça se ressent complètement sur le produit ''fini''. Une déception donc, et j'en suis le premier désolé car j'aimais bien cette série. J'espère que la suite sera meilleure !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 11 février 2015

Red Skin tome 1 - Welcome to America (Xavier Dorison & Terry Dodson - Glénat - Septembre 2014)


Que vous dire pour introduire cette lecture ? Imaginez : l'un des scénaristes les plus côtés et reconnus de la bande-dessinée franco-belge à ma gauche, et à ma droite l'un des dessinateurs de comics les plus soigneux et passionnés qui soient. Quand Xavier Dorison rencontre Terry Dodson, ça donne Red Skin, une bd aux accents de comics, fraîche et agréable à lire comme à regarder (on ne va pas se mentir, ceux qui ont lorgné sur la couverture ont tout de suite voulu voir l'intérieur), dont le premier tome est sorti chez Glénat en Septembre dernier pour notre plus grand plaisir. Le résumé en quelques mots :

Guerre Froide, les blocs de l'Ouest et de l'Est se toisent et se cherchent, mais l'heure est plutôt à la détente. En URSS, Véra est une agent très secrète des forces spéciales, au style de vie un rien débridé et avec un solide appétit pour la liberté. Le Kremlin décide de l'envoyer aux États-Unis, pays dont elle ne connaît rien, pour une mission très particulière : elle devra s'y forger une identité de super-héroïne et s'attirer les faveurs du public en combattant le crime à sa façon (au moyen d'un marteau et d'une faucille) afin de promouvoir une certaine idée du communisme dans un premier temps, mais surtout de recueillir le plus d'informations possibles sur un ''héros'' assez extrême se faisant appeler le Charpentier et luttant contre la dépravation d'Hollywood et de l'industrie du porno en crucifiant ses victimes. Le Charpentier n'est d'ailleurs que le reflet d'une mentalité puritaine extrémiste qui ne fait que se développer depuis quelques temps en Californie, avec à sa tête l'évangéliste illuminée Jacky Core, dont l'ambition risque de la porter jusqu'au Sénat voir au-delà et dont les valeurs risquent d'être un frein à la nouvelle entente entre l'Est et l'Ouest. Pour endiguer cette montée fasciste, Véra devra donc retrouver et neutraliser définitivement le Charpentier, fer de lance du mouvement, avant que le public n'adhère en masse à sa vision des choses et à celle de Jacky Core. La super-héroïne du peule est née, baptisée Red Skin ! Mais ce n'est pas tout, Véra, sous le nom d'Alabama Jane, devra aussi s'intégrer dans la vie civile américaine de son mieux, et quelle meilleure couverture pour cela qu'un poste de bonne auprès de la société de production pornographique la plus en vue du moment, et justement cible du plus gros des attaques du Charpentier ! Quelque chose lui dit que finalement, elle risque bien d'aimer sa nouvelle vie...

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les deux auteurs se sont plutôt bien trouvés ! Chacun apporte sa propre patte au résultat final, on reconnaît bien les deux styles (je parle surtout pour celui de Dodson en ce qui me concerne), la bd se lit assez facilement et se contemple tout aussi aisément, on passe un très bon moment de lecture et on en redemande très vite une fois le tome achevé. De l'humour, du contenu travaillé, de beaux dessins et une écriture assez fine, de quoi faire durer le plaisir ! Le seul vrai reproche que l'on pourrait faire, en ne cherchant pas trop loin, serait le manque d'application de Terry Dodson par endroits, certains arrière-plans ou personnages secondaires sont assez peu soignés voir carrément anecdotiques, mais tout cela est très aisément rattrapé par le reste de l'album qui se maintient à un très bon niveau. On peut donc espérer que la suite sorte cette année et que cette collaboration s’avérera fructueuse et sur une durée plus longue que le précédent essai de franco-belge de Dodson (les deux tomes de Songes chez les Humanoïdes Associés). Un achat que je ne regrette absolument pas, et qui trouvera une belle place dans la bibliothèque et qui pourra convenir pour à peu près tous les goûts et curiosités !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 20 décembre 2014

Marvel Knights : Spider-Man - Le dernier combat (Panini Comics - Février 2012)


En Février 2012 est sortie chez Panini Comics la réédition d'un Deluxe aujourd'hui introuvable, l'histoire complète connue sous le titre de Marvel Knights : Spider-Man, le dernier combat, une mini-série exceptionnelle sur le Tisseur du milieu des années 2000 et signée par Mark Millar au scénario, accompagné par Terry et Rachel Dodson au dessin et Frank Cho en soutien, rien que ça messieurs dames !
C'est pour moi un immense plaisir que de pouvoir vous parler de cette histoire, que j'ai lu pour la première fois en format kiosque VF il y a maintenant plus de 7 ans... eh oui... l'un de mes tous premiers contacts avec l'univers comics du Tisseur, avec le run de Straczynski en parallèle. J'ai découvert cet album tout récemment et totalement par hasard (un grand merci à Comicsplace) et j'en suis tombé à la renverse, le bonheur de retrouver cette histoire de mon ''enfance'' pas si lointaine, et tout bonnement l'une des meilleures histoires jamais écrites et dessinées sur Spider-Man selon moi. Oui j'ose le dire et je le maintiendrai coûte que coûte.

Spider-Man et le Bouffon Vert. Peter Parker et Norman Osborn. Deux ennemis jurés, deux opposés s'attirant inexorablement et connaissant chacun tout de l'autre. Alors qu'une trêve avait été instaurée entre le héros et le vilain, ce-dernier finit par la rompre, de lassitude, et s'en prend violemment à Peter en le poussant dans ses tous derniers retranchements au terme d'un combat épique et sanglant que rien ne semble pouvoir stopper. Finalement vaincu et incarcéré dans la prison pour surhumains de Riker's Island, Osborn semble enfin hors d'état de nuire et Peter s'apprête à goûter un repos bien mérité en compagnie de sa chère et tendre Mary-Jane et de sa non moins chère Tante May. Mais bien vite la paix sera de courte durée : un mystérieux kidnappeur enlève Tante May dans son nouvel appartement de Manhattan et oblige Peter à se lancer dans une course contre la montre désespérée et une véritable chasse à l'homme dans laquelle tous les coups sont permis. Isolé, sans alliés ou presque, Spider-Man ne devra compter que sur lui-même et sur son intuition, qui le guidera à travers les pièges des nombreux vilains qu'il croisera sur sa route. Mais tout n'est pas noir ou blanc et les ennemis de l'Araignée ont eux-aussi un rôle à jouer dans toute cette histoire, eux-aussi embarqués contre leur gré dans ce gigantesque jeu de dupes où la victoire est plus qu'incertaine et où le temps est compté. Osborn semble connaître la clé de l'énigme, et y être lié lui aussi d'une certaine façon, mais se refuse à aider son adversaire gratuitement. Pour sauver Tante May, Peter devra faire un choix crucial qui risque de le transformer à jamais : s'allier à son pire ennemi et le faire évader de prison avant qu'il ne soit assassiné par des comploteurs en sachant très long sur tous les protagonistes du récit. Vérité ou mensonge, peur ou machination, Osborn laisse à Peter le loin d'accepter ou non ce marché diabolique et de se remettre entre ses mains, quelles qu'en soient les conséquences. Il se pourrait bien que le plus grand héros de la ville ne devienne l'un de ses criminels les plus recherchés... et ne perde tous ceux qu'il aime.

Comme je l'ai déjà indiqué dans l'introduction, une histoire vraiment géniale selon mes critères, qui m'a transporté sans limites dans le récit magistral de Millar qui offre un tout nouveau regard sur le monde des super-héros et de belles réflexions en perspectives pour le lecteur sur certains événements passés, ainsi que des dessins superbes du couple Dodson, dont on sent qu'ils maîtrisent à fond le sujet et les personnages à traiter. Comme toujours Terry Dodson se fait plaisir à illustrer Mary-Jane et bien entendu la Chatte Noire, son personnage fétiche, jamais aussi séduisante et envoûtante que sous son tracé. Mais les hommes ne sont pas en reste, loin de là même, et chaque page est l'occasion d'admirer un peu plus de cette virtuosité si particulière et qui nous manque tant aujourd'hui je trouve. Comme le dit Stan Lee en personne dans la préface de cet album, il s'agit d'un récit ayant la dimension non pas d'un simple comic-book, mais bel et bien d'un film sur grand écran de cinéma, qui nous transporte et nous fait rêver et vivre l'histoire tout au long de cette lecture et de cette expérience presque unique en son genre. Pour moi, un réel bonheur sans limite que d'avoir pu relire ce récit que j'aimais tant et aime aujourd'hui plus encore.

Deux regrets à formuler concernant l'édition française de Panini. Premièrement, le chapitrage (fait d'intercaler les couvertures des différents numéros entre les numéros/chapitres en question, plutôt que compilées à la fin de l'album). Je veux bien comprendre qu'en France et en Europe nous avons l'habitude de lire des histoires complètes toutes d'un bloc au sein d'un album, et que les coupures sont rares dans ces cas-là, mais cette histoire-ci est la parfaite illustration de la nécessité de respecter le chapitrage pour les comics. Cette histoire est un film, ou un feuilleton, elle a été construite comme telle, illustrée comme telle, et donc il convient pour le lecteur de pouvoir marquer une pause visuelle entre la fin d'un chapitre tendu et le début du suivant. Ça casse un peu la tension, quand toutes les pages sont à la suite les unes des autres sans séparation définie dans l'action ''à suivre''. Enfin, cela n'empêche nullement d'apprécier cette lecture, et ce léger problème de Panini depuis quelques temps devrait être corrigé dans les mois à venir sur leurs prochaines parutions.
Secondement et dernièrement, la couverture principale. Je déplore le choix de celle du chapitre #2 comme illustration de l'album, là où une autre telle que celle du chapitre #1, du chapitre #10 ou du chapitre #11 aurait parfaitement fait l'affaire et réussi à retranscrire à merveille l'atmosphère du récit d'un seul coup d'oeil.

Une excellente histoire, d'excellents auteurs/dessinateurs à la barre, quasiment tous les meilleurs personnages de l'univers de Spider-Man réunis dans un seul et même récit, que demander de mieux ! Et surtout qu'attendez-vous pour le dégotter et le lire à présent ? C'est pour moi l'équivalent de ce que fut la saga Silence (Hush) pour le personnage de Batman et son entourage. Si avec ça je n'arrive pas à vous convaincre...

Sur ce, je vous laisse quand même vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !