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samedi 11 juillet 2020

Red Sonja - L'intégrale 1976-1977 par Frank Thorne tome 1 (Neofelis Editions - Novembre 2019)


Il fût un temps où même notre Antiquité paraissait futuriste. Un temps d’avant l’Histoire, un temps oublié des hommes d’aujourd’hui, une ère sauvage et mystique où tout était possible. C’est l’Âge Hyborien, l’âge entre les âges, celui qui a vu naître les légendes de notre espèce et où les anciens dieux parcouraient la Terre encore nouvelle au gré de cultes étranges et puissants. Une époque où l’Atlantide elle-même n’était pas encore tombée dans l’oubli, une époque au sein de laquelle la magie se mêlait à la science et où des bras solides et forts pouvaient faire la différence entre la vie et la survie.

C’est à cette époque que naquît une jeune paysanne des hautes plaines d’Hyrkanie, qui alors qu’elle venait d’avoir dix-sept ans survécu de justesse à un raid de pillards et de voleurs sur son village. Ses parents et toutes les personnes qu’elle connaissait furent massacrées, et elle-même fut retenue captive et violée par les soudards jusqu’à ce qu’ils la considèrent comme morte et la laissent ainsi. Mais la jeune rousse survécu donc, peut-être à cause du hasard tout simplement, ou bien des desseins des dieux d’avant sa naissance. Elle se fit la promesse de ne jamais plus tomber face à quiconque, et reçu d’une déesse éprise de justice des dons incroyables pour le maniement des armes et le combat. Ainsi naquît Red Sonja, Sonja la Rousse, la Diablesse à l’Épée, qui ne devait jamais plier face à un homme à moins qu’il n’en triomphe en combat singulier.

Sonja se forgea sa propre légende en parcourant les terres voisines, mais elle rencontra aussi bien la fortune que la misère. Une vie d’expédients, comme mercenaire la plupart du temps, mais toujours du côté des justes et des victimes pour les défendre face aux oppresseurs. Cependant la roue tourne, et ayant fâché un souverain en refusant sa demande d’union, la guerrière flamboyante fut contrainte de quitter les terres qui l’avaient vu naître et de partir au loin explorer d’autres pays. C’est ici que notre histoire commence.

Alors que Red Sonja voyage au fil de ses envies et des coups du sort, elle affrontera plusieurs périls mortels et devra faire face à de nombreuses créatures infernales ou nées de la main de l’homme le plus fou. De puissants golems mécaniques habités par quelque démon, de noirs sorciers aux pouvoirs fétides, des créatures de cauchemar ou bien issues des rêves les plus profonds, et jusqu’à se confronter à certains chefs et souverains locaux faisant ployer leur peuple sous le poids des croyances et des illusions de grandeur. Red Sonja est de tous les combats, de toutes les causes nobles, et sa seule présence suffit à changer la donne et à retourner des situations désespérées en faveur de celles et ceux qui luttent pour le mieux.

Bien sûr, elle n’est pas la seule à se faire une solide réputation sur ce continent lointain. Contemporaine d’un certain Conan, Cimmérien de son état, Sonja le rencontrera à de nombreuses reprises et l’affrontera même au cours de duels homériques sur fond de quête mystique ou de menues rapines, mais toujours sans malice et avec beaucoup de fair-play et de respect. Aucun des deux ne cède face à l’autre, et la question sera condamnée à rester en suspens.

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Au fil de ces neuf chapitres dessinés par l’incroyable Frank Thorne, le lecteur accompagnera Red Sonja au cœur de ses premières grandes aventures publiées chez Marvel à l’époque et sera tout bonnement subjugué par la puissance du dessin, la justesse du trait de l’artiste et cette apparente facilité avec laquelle il parvient à représenter la guerrière de légende en pleine action ou plongée dans ses pensées, dans des décors toujours plus somptueux ou sauvages, au cœur d’une époque oubliée et très largement fantasmée.

Neuf chapitres, quelques histoires prises sur le vif et qui frisent le génie, deux scénaristes principaux que sont le jeune et talentueux Bruce Jones et l’expérimenté Roy Thomas, mais surtout surtout dans cet album magnifique un dessinateur commun et hors du commun, Frank Thorne, qui a donné à Red Sonja son apparence définitive et qui l’a illustré durant quelques années qui ont tout changé, à une époque où le public féminin était en recherche d’héroïnes fortes pour faire concurrence aux super-héros masculins et où les récits d’aventures avaient encore le vent en poupe. A l’heure des premiers résultats de l’émancipation des femmes et des lectrices, les comics se mettent au pas et nous offrent un personnage iconique qui aura même droit à ses propres conventions, c’est dire à quel point la Diablesse à l’Épée aura marqué les esprits !

Un grand grand merci aux éditions Neofelis qui ont adapté cet ouvrage incroyable en français avec une qualité formidable ! Des pages en grand format et un papier de très bonne qualité, rien ne bave rien ne jure, et même si nous avons ici du noir et blanc c’est tout bonnement magnifique et on se laisse emporter durant quelques heures dans cette lecture passionnante et puissante ! Un second et dernier tome est d’ores et déjà annoncé par l’éditeur, je l’attends donc avec impatience ! Seul petit défaut, vraiment pas grand-chose : l’histoire avec Conan en invité est coupée en deux chapitres et le second n’est pas présent dans l’album… peut-être à cause de problèmes de droits entre les deux séries et les différents éditeurs de ces personnages en V.O., toujours est-il que ne pas avoir le final de cette confrontation grandiose est un peu frustrant. Mais on oublie vite cette déception légère en replongeant dans les aventures épiques de Red Sonja.

Ma partie préférée… j’hésite très fortement entre le court récit avec la licorne, purement majestueux et à la métaphore filée très forte également, ou bien celui qui marque la fin de l’album avec la confrontation au sommet entre Red Sonja et la terrible reine Sortilej, durant laquelle se joue le destin de tout un peuple sur fond de rivalité féminine et de combats sociaux dramatiques. Vraiment du très bon au programme de ce premier tome, et je vous invite totalement à vous procurer cet album et à attendre avec moi la suite !

Red Sonja est une héroïne dont je suis surtout les aventures en V.O. chez Dynamite (je vous en ai présenté la plupart) mais aussi depuis quelques années en V.F. chez Graph Zeppelin, et je vais continuer surtout si d’autres éditeurs comme Neofelis se jettent dans la course avec un tel souci de la qualité ! A signaler aussi : les deux introductions de Roy Thomas et Cecil McKinley qui sont parfaitement dithyrambiques et très exhaustives, et aussi dans les bonus l’ensemble des couvertures en noir et blanc de ces neuf chapitres, propres et nettes et qui permettent en un seul coup d’œil de se faire une idée très précise du génie et de la dextérité de Frank Thorne, et surtout de son amour pour le personnage. Amour, vraiment, vous vous en rendrez compte très vite, et vous finirez par le partager tout bonnement avec des décennies d’écart.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


samedi 9 mai 2020

Supreme Power (Panini Comics - Novembre 2019)


Une nuit comme les autres, sur une route de campagne aux États-Unis. Un couple de fermiers dans leur voiture… un objet non-identifié tombant soudain du ciel devant eux, dans les champs. A l’intérieur, un bébé… histoire connue, non ?

Sauf que dans cette version, le bébé est pratiquement aussitôt récupéré par l’armée et placé dans un programme très strict d’étude militaire afin d’en faire une arme décisive pour servir au mieux les intérêts Américains. Le programme Hyperion est né. Et dans son sillage, ce petit gars d’un autre monde va entraîner une nuée de changements sur notre petite planète bleue si vulnérable. Des êtres hors du commun vont tout à coup émerger, faire parler d’eux. Tout d’abord de simples légendes urbaines, mais au fur et à mesure que le jeune Mark Milton va grandir et s’éveiller au reste du monde, ces phénomènes auront un aspect presque familier.

Dans un monde où il n’y a jamais eu aucun super-héros, l’arrivée du premier d’entre eux est un choc et une opportunité sans précédent. Hyperion sera le fer de lance d’une nouvelle ère, où les États-Unis entendent bien contrôler chaque élément hors du commun sur son territoire et même au-delà. Encore faut-il que le principal intéressé se sente assez concerné et patriote pour servir convenablement son pays…

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Je m’arrête là car il faut vraiment découvrir le récit dans son ensemble. Cet album contient les 18 épisodes de la série de 2003 signée Joe M. Straczynski et Gary Frank, qui était un reboot mature et plus poussé des origines de l’Escadron Suprême, un groupe de super-héros assez extrêmes d’une terre parallèle Marvel.

C’est à l’époque de sa genèse une sorte d’hommage de la Maison des Idées à l’univers DC, auquel il faut bien l’avouer ils ont beaucoup piqué au fil du temps. Mais ici c’est une version plus politisée, plus contemporaine et concernée par les enjeux stratégiques de ce début des années 2000 sur l’échiquier mondial. La question est assez simple : si des êtres surhumains existaient vraiment, dans notre monde en conflit perpétuel… ne voudraient-ils pas à un moment prendre le contrôle de leur vie et des nôtres ?

En posant les choses ainsi vous pensez normalement aussitôt Watchmen, et vous avez bien raison puisque l’Escadron Suprême est LE modèle de référence pour ce type d’histoire. On peut aussi ajouter Superman - Red Son selon moi comme héritage un peu plus tard. Des êtres presque tout-puissants qui décident de prendre en main le destin de la planète sur laquelle ils vivent et combattent le crime sous bien des formes, de retourner la logique contre elle-même. Un peu Injustice aussi vous ne trouvez pas ? Normal, c’est encore un héritage très inspiré de ce qu’a pu faire cette série de légende dans les années ’80.

Si on s’intéresse maintenant davantage à la version de 2003 en seulement 18 épisodes, voici ce que l’on observe : un ton très violent, très adulte, politisé, sexué, abordant des thématiques très fortes et actuelles de l’époque (même encore de nos jours). C’est tout simplement une série d’exception comme il en arrive assez peu au final dans cette industrie très calibrée, un véritable ovni qu’il faut impérativement découvrir. C’est très bien écrit, très bien dessiné, raconté, bref que du bon et j’ai passé une nuit blanche au complet pour lire cette intégrale vraiment captivante. Il faut à tout prix l’avoir dans sa collection !

A tout prix, vraiment ? C’est là que ça se gâte. Panini a décidé de sortir cette série dans la collection ‘’Marvel Omnibus’’ très prestigieuse, un mois seulement après la parution de la réédition de Spider-Man – La saga du clone tome 1. Eeet ils ont fait les mêmes erreurs que pour celui-ci, en pire même. Omnibus égal normalement gros album, bien rempli bien épais et on en a toujours pour son argent, à 70€ pièce ça serait dommage tout de même. Justement, ici ‘’seulement’’ 18 épisodes, ce qui donne un omnibus malingre qui a fait beaucoup réagir sur la toile. Seul point positif selon mes critères : le retour de la jaquette, même si elle diffère un peu trop de celles que l’on connaissait avant (papier mat et un noir assez clair par rapport au format glacé et sombre d’autrefois). Et, il faut le reconnaître, le mérite de compiler l’intégralité de la série en un seul album. Et des bonus intéressants, pages de croquis, couvertures, études de personnage, etc.

Mais pour 70€, on peut normalement s’attendre à un album bien lourd qui prendra des jours à se laisser lire. Une couverture cartonnée noire du plus bel effet écaillé, avec le titre inscrit en lettres d’argent partout où il faut et une jaquette colorée par-dessus. Ici, c’est la pauvreté qui choque, ce n’est au final qu’un gros Deluxe qui s’offre le format et le nom d’omnibus. C’est dommage, peut-être aurait-il mieux valu du coup sortir ce récit dans une autre collection ou bien proposer un omnibus rassemblant à la fois la série de 2003 mais également celle des années ’80, comme une maxi-intégrale à travers les époques.

Quelles furent les raisons qui ont poussé Panini à faire ce test désastreux, nous ne le saurons jamais. Toujours est-il que cet album nous prouve une chose : le public peut prendre le pouvoir et décider. Grâce à la polémique autour de cette parution, Panini a accepté de revoir sa copie pour les futurs omnibus et le fameux prix de 70€ a été sacrifié au profit d’un coût adaptable en fonction du nombre de pages réel. On ira ainsi de 50-60€ jusqu’à 70€ voir peut-être au-delà pour de colossaux ouvrages comme on peut en trouver en V.O.

Enfin, ça sera pour les mois d’après le confinement bien entendu. Prochains omnibus annoncés, La saga du clone tome 2 puis un autre sur la fin de la carrière Ultimate de Peter Parker. On ignore encore les dates précises et c’est bien normal au vu du contexte actuel, mais ils sont déjà disponibles en précommande sur les sites spécialisés comme Original Comics qui nous tient toujours au courant de l’avancée de ces dossiers, merci à eux.

Vous l’aurez donc compris, c’est un omnibus à la fois unique en son genre et en même temps assez décevant si on le compare aux autres. Je pense qu’il faut avant tout voir le potentiel de la série, de l’histoire elle-même, et tâcher de ne pas forcer la comparaison plus avant. C’est et ça restera à tout jamais un album à part, de par son contenu et sa condition matérielle. Il convient donc de le traiter comme tel et de faire la part des choses, tout en gardant à l’esprit qu’il aura au moins permis de changer beaucoup de points sur la relation entre le public et l’éditeur. Un album malheureux mais historique à plus d’un titre, j’espère que vous aurez l’occasion de lui donner sa chance mais peut-être à un prix plus raisonnable sur le marché parallèle… on a le droit de rêver.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


lundi 21 octobre 2019

Avengers - La guerre Krees/Skrulls (Panini Comics - Mars 2019)


Les Avengers sont en crise ! Alors qu'ils viennent tout juste de récupérer Captain Marvel dans leurs rangs, au moins le temps de soigner celui-ci d'une infection radioactive venue de la Zone Négative, loin au-dessus d'eux dans l'espace infini une guerre s'apprête à faire rage ! En effet, Ronan l'Accusateur a pris le pouvoir au sein de l'empire Kree, dans la lointaine galaxie d'Andromède, et ayant renversé l'Intelligence Suprême il compte bien régler ses différends avec ses ennemis de la Terre et même au-delà. Dans un premier temps, Ronan ramène à la surface une ancienne forteresse Kree cachée en Alaska, dotée d'un évo-rayon capable d'inverser le cours de l'évolution terrestre. Concrètement, Ronan entend ramener les êtres vivants et la planète entière des millions d'années en arrière, à un stade où rien ni personne ne pourra plus menacer les intérêts Krees dans ce secteur de l'espace. Mais, tandis que nos héros chargent vaillamment pour sauver ceux des leurs qui ont été capturés, dont Captain Marvel, le fourbe Ronan reçoit un appel d'urgence qui l'oblige à abandonner ses projets avant d'en savourer la fin : l'empire Skrull, les ennemis héréditaires des Krees, est finalement passé à l'offensive ! La guerre est donc officiellement déclarée, et l'enjeu est clair pour les deux camps : prendre possession de la Terre... ou la détruire. Les Avengers mettent donc tout en œuvre pour lancer une mission de sauvetage à destination de l'espace afin de sauver leurs membres capturés au combat et si possible mettre fin au conflit au moins en ce qui concerne leur planète. Après avoir déjoué un complot des Krees tentant de rallier à eux les Inhumains par la menace d'une ancienne promesse, les plus grands héros de la Terre s'apprêtent à entrer dans une toute autre dimension de leurs aventures, dont ils pourraient bien ne pas revenir ! Et pendant ce temps, sur Terre justement, une immense chasse aux aliens est orchestrée par un officiel du Gouvernement des États-Unis, qui ne désire rien de moins que faire disparaître toute trace de vie extraterrestre de la planète et surtout du sol Américain, même si pour cela il doit monter la foule en colère contre ses propres sauveurs ! Au final, tout se jouera sur la décision d'un jeune homme pas comme les autres, sur les épaules duquel repose le sort de plusieurs peuples à travers des galaxies entières...

Autant le dire tout de suite je n'ai pas vraiment été conquis par ce récit, pourtant période on ne peut plus culte dans l'histoire des Avengers et particulièrement en ce qui concerne les personnages de Captain Marvel, la Vision et la Sorcière Rouge. En effet on assiste aux prémices de la relation entre les deux Vengeurs, tandis que de son côté le grand héros Kree renégat doit faire un choix déchirant pour l'avenir de son propre peuple et de sa planète d'adoption. Il y a plusieurs idées de génie dans ce récit, mais la guerre intergalactique en elle-même ne prend place que dans les trois derniers chapitres à proprement parler de l'album. Le reste est surtout consacré aux ennuis des Avengers sur Terre aux prises avec les Skrulls et la machination anti-extraterrestres dont nos héros sont les malheureuses victimes pour avoir simplement fait leur devoir. Je m'attendais peut-être tout simplement à trop grand, alors que l'échelle est au final somme toute assez réduite. N'empêche je reconnais très humblement la qualité du scénario et surtout des dessins qui pour l'époque rivalisent d'inventivité et de vie à travers des couleurs toujours de bon ton et des personnages criants de vérité, qu'ils soient Terriens ou aliens. Une histoire culte qui a forgé toute une époque, et qu'il convient de savourer sans toutefois en attendre quelque chose d'énormissime à l'image des super-productions cinématographiques actuelles dans le domaine. Le décalage n'est pas vraiment gênant, c'est juste que j'en espérais davantage tant cette histoire est renommée depuis des décennies. Mais chaque chose a son intérêt et son charme, ne boudez pas votre plaisir et restez curieux !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 10 juin 2019

X-Men - L'intégrale 1969-1970 (Panini Comics - Septembre 2014)


Les jeunes X-Men reviennent de loin. Après avoir tragiquement perdu leur mentor Charles Xavier l'année passée, ainsi que leur pire ennemi Magneto face aux Avengers, nos cinq héros sont désormais livrés à eux-mêmes et décident de maintenir vivant le rêve du Professeur X, à savoir un monde plus sûr pour les mutants et les humains en harmonie. Pour cela, ils continuent de s'entraîner sans relâche et de voler au secours des plus démunis de leurs frères, même si cette mission doit les mener tout droit dans la gueule du loup. Ainsi, grâce aux efforts d'infiltration de Cyclope, ils parviennent à démanteler la Confrérie des Mauvais Mutants qui servaient autrefois Magneto et qui découvrent avec stupeur que celui qu'ils prenaient pour leur maître incapacité n'était en fait qu'un robot ! Le choc est rude pour les plus fervents partisans du Maître du Magnétisme, mais c'est également un soulagement pour Lorna Dane, alias Polaris, qui apprend enfin la vérité sur ses origines : elle n'est pas, comme on le croyait alors, la fille légitime de Magneto, mais bien une enfant adoptée par celui-ci en raison des pouvoirs similaires qu'ils partageaient. Revenue dès lors dans le droit chemin, Lorna aide à son tour les X-Men quand il faut secourir le petit frère de Cyclope, qui vient tout juste de se découvrir des pouvoirs mutants à son tour ! Une occasion bien trop belle pour être manquée par ceux qui désirent nuire aux X-Men et à leur rêve de coexistence pacifique, comme le jeune héritier de Boliver Trask qui ramène les terribles robots géants Sentinelles à la vie et leur donne comme nouvelle mission d'appréhender puis d'exterminer tout mutant rencontré. Il faut aussi composer avec d'autres mauvais mutants, comme le mystérieux Pharaon Moderne qui plus tard s'avèrera puiser ses pouvoirs à la même source que ceux du jeune Alex Summers, et capable de se transformer en colosse de granit appelé le Monolithe Vivant quand il est gorgé d'énergie. Mais le plus terrible adversaire de nos héros ne fait son apparition qu'un peu plus tard cette année-là : le Dr. Karl Lykos, épris d'une passion tragique pour une femme qu'il ne pourra jamais avoir, se change suite à un terrible accident en reptile ailé digne de la Préhistoire et capable d'absorber l'énergie vitale de ses victimes pour se renforcer et maintenir cette apparence. Ainsi nait Sauron, en hommage direct au terrifiant Seigneur des Ténèbres de Tolkien. C'est sur le territoire de Ka-Zar, souverain de la Terre Sauvage, que l'affrontement final aura lieu et que Sauron sera vaincu par un adversaire que l'on n'attendait plus. Restés sur la Terre Sauvage un rien trop longtemps, nos cinq héros font la rencontre du véritable Magneto, infirme mais toujours aussi dangereux, alors que le mégalomaniaque se lance à la conquête de ce pays rescapé des temps anciens. Son œuvre sera bien entendue défaite et détruite par les X-Men une fois de plus, et nous quitterons la Terre Sauvage en emportant le souvenir fatal de Magneto terrassé dans la disparition de son plus grand projet. Cependant il reste encore beaucoup à faire avant de pouvoir rentrer au manoir de Westchester : il faudra en effet combattre un nouveau mutant flamboyant venu du Pays du Soleil Levant et ivre d'un désir de vengeance vieux de plusieurs décennies contre le peuple Américain. C'est la première apparition de Sunfire, qui par la suite devra choisir lui-même son destin, tantôt menace tantôt héros à son tour. Enfin, après avoir retrouvé le Professeur Xavier bien vivant et remis de la plupart de ses blessures, et après avoir mis en déroute une invasion extraterrestre de justesse en unissant tous leurs pouvoirs, les X-Men terminent cette bien longue année en affrontant ni plus ni moins que Hulk en personne, qui détient la clé du rétablissement de leur mentor sans s'en douter.

Que d'émotions et de palpitantes aventures que voilà ! Après le départ de Stan Lee de l'équipe créative (le grand Stan se désintéressant publiquement du sort de ses mutants depuis quelques temps déjà), la série accueille des stars de l'époque et même des vétérans du monde des comics avec Roy Thomas, Werner Roth et Neal Adams, qui parviendront ensemble à relever une dernière fois le niveau avant de couper les projecteurs et de fermer derrière eux. En effet, les X-Men sont un peu passés de mode et, pour tout dire, un peu ringards... et donc le public se détourne lui aussi, préférant des héros plus tragiques encore comme Spider-Man ou bien plus théâtraux comme les Avengers. La série se termine donc sur cet affrontement titanesque face à Hulk en plein désert, et sur un ultime message d'espoir lancé au lectorat resté fidèle jusqu'au bout et à celles et ceux qui, l'âme d'artiste en poche, aimeraient reprendre le flambeau plus tard. Ce sera chose faite en 1975, après quelques tristes années faites de rééditions et d'apparitions éclairs dans d'autres revues. Une nouvelle équipe de X-Men sera formée, inventée pour certains par de nouveaux auteurs dans le vent et ayant eu une vision salvatrice du destin des mutants. Mais cela nous le verrons une prochaine fois, avec une prochaine intégrale. Pour le moment, cette double année 1969-1970 fait office de charnière et de porte qui se referme sur des héros incompris et encore trop mal-aimés du grand public. Malgré des dessins toujours plus détaillés et encore davantage pleins d'énergie qu'aux débuts, et malgré un scénario partant dans de très intéressantes directions (se permettant même de rendre hommage aux racines de l'imaginaire moderne), nous quittons les X-Men avec le cœur gros mais en partie rempli d'espoir pour la suite. Et en effet, comme nous le verrons bientôt, il suffisait d'y croire ! C'est la grande leçon de vie que nous apprennent les X-Men depuis toujours : croire en un avenir meilleur et se battre de toutes ses forces pour l'assurer, face à la haine et à l'adversité. Une leçon que l'Histoire aura également retenu à certains moments...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


samedi 16 mars 2019

X-Men - L'intégrale 1993 tome 5 (Panini Comics - Janvier 2019)


Fabian Cortez, autrefois leader des Acolytes, est aux abois. Démasqué par ses anciens camarades et traqué de toutes parts pour sa trahison envers Magneto, il trouve refuge sur l'île de Genosha, alors en pleine guerre civile entre humains et mutants. Ayant enlevé la petite fille de Magneto, fille de Vif-Argent et de l'Avenger Crystal, Cortez se croit à l'abri d'éventuelles représailles et entreprend d'alimenter le conflit afin d'en sortir plus fort et mieux protégé. Ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que les X-Men comme les Avengers allaient s'allier pour une mission commando musclée afin de le traquer et de le neutraliser, pour libérer la petite Luna de son emprise. Terrassé par sa crainte d'une vengeance de Magneto, c'est avec un certain soulagement que Fabian apprend que ce-dernier n'est plus en mesure de lui faire subir son juste courroux. Mais malheureusement, même si Magneto est hors-course, il reste encore son plus puissant atout en jeu : Exodus descend sur Genosha et entend bien réduire à néant cette gigantesque insulte au rêve de son seigneur et maître. L'île toute entière est menacée à présent et les X-Men et Avengers doivent maîtriser une population déchaînée et en proie à la terreur quand Exodus use de ses immenses pouvoirs pour sceller le pays et l'entraîner dans sa chute. Heureusement avec l'aide des plus grands héros de la Terre, le puissant mutant est vaincu au moins temporairement et décide de regagner Avalon plutôt que de poursuivre ce combat qui n'a plus de sens à ses yeux. Luna est saine et sauve, ainsi que la population de Genosha... mais Fabian Cortez semble avoir payé sa trahison le prix fort.
Dans un petit interlude entre deux récits majeurs, vous découvrirez les origines d'Exodus lui-même. Chevalier et Croisé durant les guerres sacrées du Moyen-Âge sur la terre promise, Bennet du Paris était un fier et vaillant combattant, sentant qu'une puissance incroyable se dissimulait quelque part sur le territoire de ses exploits et surtout quelque part en lui, profondément enfouie. Après une quête de plusieurs années et une traversée du désert aride en solitaire, Paris parvient à atteindre les portes de la citadelle sacrée du Pharaon Éternel, Apocalypse ! Ce-dernier lui révèle alors sa véritable nature de mutant et éveille sa puissance colossale pour faire de celui que l'on nomme désormais Exodus son nouveau héraut. Mais, rattrapé par ses souvenirs et ses engagements, Paris parvient à se soustraire à l'emprise d'Apocalypse juste assez longtemps pour permettre à ses compagnons de lui échapper. Frappé de tétanie et plongé dans l'inconscience, Exodus est alors scellé dans un tombeau quelque part en Suisse, veillé par des chevaliers ayant prêté serment d'empêcher toute tentative de le réveiller un jour, pour la sécurité du monde entier. Comme nous le savons désormais, ces hommes ont échoué et Exodus arpente de nouveau la Terre, s'étant trouvé un nouveau maître à servir jusqu'à la mort s'il le faut. Un puissant ennemi des X-Men, qui ne compte pas en rester sur une défaite...
Pas de le temps de souffler, nos héros affrontent à nouveau un terrible adversaire qu'ils n'ont pour l'instant jamais réussi à vaincre : le terrible virus Legacy fait de nouvelles et nombreuses victimes parmi la population mutante ! Hank McCoy se lance dans de vaines recherches pour tenter d'enrayer la propagation du virus, totalement incontrôlable, mais il ne peut se résoudre à aller au-delà de sa morale et de son éthique pour trouver un remède. Un problème de conscience que n'a pas Sinistre en revanche, lui qui n'hésite pas à enlever des mutants malades pour perpétrer de troubles expériences sur eux afin de mieux comprendre le virus et de peut-être l'anéantir. Impuissant, Hank prend néanmoins le temps d'aider une ancienne ennemie à trouver le repos éternel, contaminée elle aussi par le virus. On découvre alors que Revanche, la copie conforme de Psylocke, est elle aussi atteinte et que le temps lui est désormais compté !
Enfin, nos héros se lancent dans une course contre la montre pour tenter d'arrêter Dents-de-Sabre, prit d'une nouvelle folie meurtrière et tuant tous ses anciens contacts au sein d'une opération illégale à laquelle il a autrefois participé. Quelque chose ronge l'esprit du mutant assassin, et le boucher cherche une réponse à un mal qu'il ne comprend pas. Grâce au mercenaire Maverick et au Samouraï d'Argent, les X-Men réussiront à retrouver Dents-de-Sabre avant qu'il ne tue à nouveau, et le Professeur Xavier prendra alors une décision lourde de sens : leur ennemi restera enfermé à l'Institut, dans le but d'explorer son esprit et de le guérir de son tourment, afin qu'il puisse ensuite être jugé pour ses trop nombreux crimes. Si certains doutent de la possibilité de soigner un meurtrier aussi sadique et violent que Dents-de-Sabre, Xavier est convaincu de pouvoir réussir là où tant d'autres ont échoué et y ont laissé leur vie. Mais qu'arrivera-t-il lorsque Wolverine, pour l'instant porté disparu, apprendra la nouvelle ?

Enfin le dernier tome consacré à l'année 1993, décidément très riche en exploits et aventures cruciales pour nos mutants préférés. Après le terrible récit de Attractions fatales, c'est avec Liens du sang que nous ouvrons ce cinquième volume, alors que l'île de Genosha est en proie aux flammes et à la guerre civile tandis qu'humains et mutants se massacrent pour reprendre le pouvoir au sein d'une nation mourante. Suivrons un court récit daté de 1996 pour nous présenter enfin les origines d'Exodus, puis deux histoires liées à la progression du virus Legacy et pour finir la traque de Dents-de-Sabre à travers plusieurs pays. On assiste à une certaine radicalisation des méthodes du Professeur Xavier face à tant de nouveau périls, lui qui on le rappelle a volontairement privé Magneto de son esprit et de sa conscience dans le tome précédent au terme d'un combat difficile voir acharné. Les X-Men pourront-ils faire front et se rendront-ils compte que quelque chose ne va pas au sein même de leur propre équipe ?
Niveau dessins, c'est pas vraiment excellent il faut bien le dire. Si la première histoire tire son épingle du jeu avec la réunion des deux équipes majeures de Marvel, les X-Men et les Avengers, force est de constater que la suite n'est pas du tout au même niveau et l'on pourrait même dire que certains ne sont carrément pas à la hauteur des enjeux proposés par le scénario pourtant assez bon en ce qui le concerne. Ce cinquième tome contient quelques grosses faiblesses, un ventre mou de la série à l'époque où toutes les superstars de l'éditeur partaient chez la concurrence nouvellement formée, et il faudra probablement attendre l'arrivée de petits nouveaux pour retrouver une qualité graphique valable pour une série qui le mérite amplement. L'année 1993 s'achève donc, place à de nouvelles aventures et aux différentes étapes du prélude à l'un des plus gros récits de la carrière de Scott Lobdell, qui impactera l'ensemble de l'univers Marvel... mais ce sera pour une prochaine fois !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


mercredi 13 février 2019

The Art of Red Sonja tome 2 (Dynamite - Décembre 2016)


Alors là attention mes amis c'est du très lourd que je vous présente en ce mercredi, un artbook d'ores et déjà légendaire et très massif ! The Art of Red Sonja, deuxième du nom, regroupe toutes les couvertures les plus emblématiques et les plus travaillées des aventures récentes de la Diablesse à l'épée. De 2010 à la plus récente série adaptée en VF par Graph Zeppelin, retrouvez tous les éléments visuels qui ont servi ces récits magistraux et qui bien souvent sont déterminants quant à l'achat d'un comics ou non.

Ici vous avez le haut du panier, Dynamite fait les choses en grand et les fait bien ! Le sommaire en lui-même vous donne un ordre de lecture idéal des aventures de Red Sonja de 2010 à 2016, et c'est bien pratique pour aller piocher dedans des trouvailles inédites sur Radiophogeek jusqu'à présent. Mon plus grand regret est de ne pas avoir saisi ma chance à la parution du premier tome de cette véritable galerie d'art, mais ce second tome fait vraiment ma fierté c'est un magnifique artbook très travaillé, grand format et massif ! Pour un prix de 35$, ça vaut largement que l'on ne regarde pas à la dépense pour s'offrir ce majestueux album contenant les plus belles illustrations de couvertures des séries estampillées Red Sonja.

Sont présents à l'intérieur les plus grands artistes ayant travaillé sur l'héroïne et ses aventures chez Dynamite, comme : Jay Anacleto, Ed Benes, Dan Brereton, Amanda Conner, Sergio Davila, Jenny Frison, le sublime Lucio Parrillo, le magnifique Paul Renaud, le très inspiré Alex Ross, Mel Rubi, la belle Marguerite Sauvage, Nicola Scott, le très regretté et immense Michael Turner, et bien d'autres encore !

Avec en prime une préface de deux pages par une légende vivante des comics Red Sonja, ni plus ni moins que Roy Thomas en personne ! Je vous laisse faire votre propre recherche Google si vous avez envie de connaître ce grand nom, pour ma part c'est un véritable plaisir que de lire ses commentaires et ses remarques toujours très sensées sur ce qu'est devenue sa petite pépite rousse.

Seul hic qui pourrait à mon sens vous empêcher d'acheter ce bel artbook : il n'existe qu'en VO, édité par Dynamite. Mais comme il y a très peu de texte et surtout beaucoup, beaucoup de merveilleuses couvertures à admirer tout du long, il n'y a pas vraiment d'effort de traduction à faire et vous pouvez à mon avis largement supporter une ou deux pages de texte en Anglais sur plus de 320 pages. A vous de voir bien entendu, mais ça serait bien bête de se priver du plaisir et du privilège de posséder cet album dans sa collection d'artbooks !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 13 août 2016

Crisis Compagnon (Urban Comics - Juillet 2016)


A l'occasion de la sortie en album relié intégral de la très célèbre Crisis on Infinite Earths, Urban a décidé de faire sortir un peu avant un premier album presque aussi gros et au même prix, recensant différents récits phares de l'Âge d'Argent des comics DC, c'est à dire des années 1960 à 1980.

Dans cet album on trouve notamment : la première rencontre avec le Syndicat du Crime de Terre-3, plusieurs épisodes de rencontre entre les membres de la Ligue de Justice de Terre-1 et ceux de la Société de Justice de Terre-2, quelques incursions au sein de notre monde réel de Terre-Prime où tous ces personnages ne sont que des héros de papier, et aussi le premier voyage des différentes équipes vers les planètes antithèses que sont Neo Genesis et Apokolips. L'album se conclue avec une grande aventure en cinq parties où tous les héros se retrouvent associés pour vaincre un tyran venu de Terre-2 et faisant alliance avec le Syndicat du Crime pour perpétrer des actes qui auront de très graves conséquences sur l'ensemble des mondes (ce qu'on pourrait appeler le premier prototype d'une Crise majeure chez DC). Vous y trouverez également, comme vous le suggère la couverture, un récit mettant en scène Superman et Captain Marvel se combattant l'un l'autre durant une bataille épique entre les frontières de Terre-1 et Terre-2. Pourquoi s'affrontent-ils ? Vous le saurez en lisant cet album majestueux, véritable aide bienvenue aux lecteurs qui voudraient découvrir ce dont était fait l'univers DC avant la première grande Crise qui le secoua entièrement et déboucha sur l'univers unique avec lequel la plupart d'entre nous a grandit.

Bien sûr il s'agit ici d'une sélection qu'Urban a tenté de rendre la plus exhaustive et efficace possible pour nous présenter les différentes Terre et les différents héros concernés, mais pour l'amateur éclairé il manque encore quelques petites choses par-ci par-là, comme par exemple les chapitres où Ultraman s'échappe de sa prison des limbes avant d'y être renvoyé, l'événement est simplement évoqué dans le dernier récit de l'album mais sans plus. De même, il manque aussi des récits mettant en scène des personnages majeurs comme Lex Luthor, de quelque Terre qu'il soit, qui auront un rôle dans la Crise à venir juste après. Mais tout de même malgré ces quelques petits manques, Urban a fait un travail remarquable pour retrouver ces récits et les publier ainsi, préparant agréablement le terrain et mâchant tout le travail pour les lecteurs anciens comme nouveaux. Merci à toute leur équipe, et à tout prochainement pour l'article de la première grande Crise des Terres Infinies !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !