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samedi 16 juin 2018

Belladonna (Tabou BD - Mars 2018)


C'est l'histoire (assez courte) d'une fière guerrière Viking que rien n'arrête ni ne saurait tuer. La terrible Belladonna terrasse tous ses adversaires les uns après les autres, hommes ou bêtes voir monstres, aucun ne l'inquiète ! Mais quand ses troupes décident de s'en prendre au territoire Picte, elles seront confrontées aux terrifiants pouvoirs de la sorcière Skene au service du général local qui défend ses terres et sa forteresse sans se soucier des massacres commis par ses hommes. Skene voit dans l'arrivée de Belladonna un défi à relever enfin à sa hauteur, et elle use de ses grands pouvoirs pour tenter maintes fois de détruire l'immortelle Viking mais rien n'y fait, celle-ci se relève toujours et repart aussitôt au combat. Laquelle de ces deux femmes d'exception triomphera finalement de l'autre ?

J'ai longtemps hésité à prendre cet album quand il a été annoncé l'an dernier... et après lecture, je pense que j'aurais gagné à hésiter davantage. L'histoire est plate, le faux sentiment épique que l'on ressent en voyant le sang couler à flots n'est qu'un camouflage pour mieux présenter sans pudeur les scènes de sexe en veux-tu en voilà, et rien ne vient vraiment relever la qualité du scénario qui se limite à ''guerrière doit tuer sorcière''. Les dessins ne sont pas fameux, c'est très détaillé et explicite bien sûr pour que le sexe passe mieux mais ça ne vaut pas grand chose à part ça. Ah et, j'allais oublier, sur la totalité de l'album, la moitié est entièrement réservée aux couvertures alternatives assez vulgaires de la mini-série de seulement 5 épisodes... de quoi crier à l'arnaque quand on s'attend à un récit plus long vu l'épaisseur du tome ! Et ce n'est malheureusement pas la présence d'un court chapitre de Brian Pulido (créateur de Lady Death entre autres) qui viendra sauver l'aspect un rien misérable de cet album, rejeton bâtard d'un mauvais récit de Red Sonja mixé avec un lot de fantasmes délirant. Jusqu'à présent j'ai toujours aimé ce que faisait cet éditeur (Graph Zeppelin et Tabou appartiennent à la même boîte) mais là je ne peux pas cacher ma profonde déception. J'espère vraiment que les prochains albums sur les autres séries annoncées seront de meilleur ton !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 20 décembre 2017

Hellina (Tabou BD - Novembre 2017)


Hellina est une juge des Enfers, c'est à elle que revient la tâche ardue de maintenir l'équilibre sur Terre entre les différentes forces qui s'affrontent pour le contrôle de l'humanité depuis la grande guerre entre l'Enfer et les Cieux. Si peu d'espèces infernales respectent le traité déclarant l'humanité libre de choisir son camp, c'est malheureusement aussi le cas des terroristes angéliques qui tentent de faire de la Terre un nouveau champ de bataille à la gloire du Dieu déchu. Mais Hellina, c'est aussi et avant tout une bombe sexuelle avec énormément d'appétit et d'énergie à revendre, et rien ne vaut une petite coucherie improvisée après une dure bagarre surnaturelle ! Et si elle dispose d'encore un peu de temps elle pourra toujours enquêter sur cet étrange soulèvement ayant lieu aux Enfers, où une armée se masse peu à peu pour revendiquer la souveraineté. Hellina devra faire alliance avec d'anciens ennemis pour triompher et surtout pour ramener la paix dans les royaumes infernaux en libérant sa maîtresse. A suivre...
Dans la seconde moitié de l'album une autre histoire commence et Hellina va devoir affronter Pandora pour récupérer un artefact extrêmement puissant qui pourrait provoquer la fin du monde et la chute de toute l'humanité, entraînant une ultime guerre entre Ciel et Enfer après qu'une révolution se soit achevée aux Enfers en chamboulant l'équilibre des pouvoirs en place. Hellina va tenter de jouer sa propre carte dans cette partie de haut niveau, mais elle se retrouvera bien vite confrontée à son passé douloureux et à ses vieux démons qui la hantent...

Malgré une assez belle et profonde culture dans les domaines ésotériques qui demanderait de s'y plonger davantage, vous l'avez bien compris cette histoire n'est qu'un prétexte pour amener des scènes de nu et de sexe devant nos pauvres petits yeux. Bon rassurez-vous c'est bien plus joli à l'intérieur du bouquin que ce que ne laisse paraître la couverture choisie avec son visage ingrat et son bras squelettique. Les scènes sexuelles sont claires et pas franchement exceptionnelles non plus, c'est du niveau acceptable de pornographie soft dirons-nous. Le seul vrai reproche que l'on peut faire c'est le manque flagrant d'équilibre bien dosé dans cette histoire, ou plutôt dans ces deux histoires qui n'ont rien à voir l'une avec l'autre et qui nous sont proposées ensemble par Tabou BD sans vraie connexion. Apparemment il y aura une suite, à surveiller donc en espérant que ce soit un peu mieux.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 16 octobre 2017

La question du lundi n°57 : La frustration, amie ou ennemie du lecteur ?


Une chose que tout lecteur doit connaître, c'est la frustration. Plus particulièrement celle causée par l'absence d'un livre convoité à une date donnée. Les reports, souvent sans raison car les éditeurs ne communiquent que rarement dessus, sont malheureusement nombreux et réguliers dans le milieu tant VO que VF. Depuis combien de temps déjà attendons-nous la sortie de Goddess Inc. ou Coven chez Zenescope, alors que ces albums devaient sortir début 2016 ? Combien de temps attendrons-nous les sorties Graph Zeppelin ou Tabou annoncées pour Septembre dernier, ou encore plus récemment l'omnibus Sin City chez Rackham prévu pour la mi-Octobre et repoussé désormais à Novembre ? Rien n'est plus frustrant que d'attendre une chose et de ne pas l'avoir au moment prévu, surtout quand on ne nous donne aucune explication pour patienter. Il peut s'agir de plein de choses bien sûr, les éditeurs ont forcément de bonnes raisons de retarder une sortie que les gens attendent : peut-être qu'il n'y a tout simplement pas assez de demande pour l'instant pour que la sortie de l'album vaille le coup, ou bien peut-être qu'il n'y a pas assez de commandes enregistrées pour amortir cette sortie, ou que sais-je encore. Mais dans l'idéal, convenez qu'un petit mot, quelque chose, deux ou trois phrases, pour expliquer aux lecteurs pourquoi ils doivent encore souffrir un énième retard, ça n'est pas cher payé. Je ne pense pas que le lectorat fidèle puisse se détourner subitement si on lui donne une raison d'attendre un peu plus, d'autant que c'est le cas pour tous les distributeurs jusqu'à preuve du contraire. Un peu plus de communication, au sein des métiers de l'édition qui sont issus on le rappelle de la filière générale information et communication, ça ne ferait pas de mal je pense. Panini a compris la leçon quand il fût temps de changer de politique à ce niveau et a désormais une toute nouvelle estime de la part du lectorat, en ayant simplement fait ce qu'il semblait logique d'attendre de leur part.

Vous me pardonnerez ces quelques lignes un rien pessimistes et gratuites j'en conviens, mais il faut comprendre que de cette frustration peuvent découler d'autres problèmes un rien plus conséquents : les dépenses à prévoir sur le long terme quand on commande sur des sites comme Amazon, où l'on est débité au moment de l'envoi... un retard de sortie et c'est tout un budget qui est renvoyé à plus tard dans l'année, à un moment où il n'aurait pas forcément été bien accueilli au milieu du reste des dépenses à faire (taxe d'habitation et redevance télévisuelle, par exemple, ou courses de Noël déjà bien chargées avant la fin de l'année). Le budget bien sûr change d'une personne à l'autre, d'un foyer à un autre, tout le monde n'a pas les mêmes moyens et ne peut pas se permettre de tout acheter. Mais pour les livres, moteurs d'évasion essentiels dans notre société moderne, avouez que c'est quand même dommage de devoir attendre et refaire tout ses calculs parce qu'un éditeur ne donne pas d'information autre que ''date de sortie repoussée''. Ce message et cette question du lundi est évidemment une conséquence directe de mes propres frustrations quant à certaines sorties que j'attends beaucoup et que j'ai cité plus haut, il faut me pardonner encore une fois un ton un peu trop personnel ou alarmiste, qui n'est du qu'à ma propre attente inassouvie.

Bien sûr, si l'on sait relativiser et calmer ses ardeurs, la frustration peut devenir légèrement plus agréable, supportable, dès l'instant que l'on en connait la raison exacte. Une frustration amie peut aider à mieux apprécier une chose que l'on a convoité pendant longtemps et que l'on finit par obtenir avec un zeste de patience en plus. Tout n'est pas mauvais dans cette légère critique de notre système d'information éditoriale, et les éditeurs petits ou grands font de gros efforts pour s'améliorer. Le moins que l'on puisse faire c'est donc d'attendre et de garder confiance. Courage , parfois on y est presque !