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samedi 7 avril 2018

Justice League Dark (Urban Comics - Décembre 2017)


Quand une menace pèse sur le monde, l'A.R.G.U.S. fait appel à la Ligue de Justice pour affronter les méchants et sauver la planète. Mais que ce passe-t-il si la menace vient d'un autre plan d'existence, d'une autre dimension ou bien est de nature magique ? On fait alors appel à John Constantine ! Escroc ou véritable magicien ? Ce qui est sûr, c'est que Constantine a acquis une certaine réputation dans les milieux occultes et qu'il est tout désigné pour former une équipe d'agents mystiques pour aller enquêter là où les héros habituels ne peuvent aller. Qu'il s'agisse de la jungle Amazonienne ou bien des faubourgs d'une grande ville, du désert le plus aride jusqu'aux sommets les plus glaciaux, la Ligue de Justice des Ténèbres relève le défi bon gré mal gré et fait de son mieux pour identifier la menace et la neutraliser, même si des pertes sont fatalement à prévoir et si leur ''chef'' leur cache à tous un secret ou deux sur sa personne et sur ses propres agissements... dans ces conditions, difficile de faire confiance et d'avoir une vraie relation entre ces personnages venant d'horizons différents, mais ils font néanmoins de leur mieux pour accomplir leur mission et, peut-être, sauver le monde à leur tour... à moins qu'ils ne le condamnent...

Je reste volontairement flou dans le résumé que je vous fais parce que ce tome un rien plus épais que d'habitude contient en fait trois grosses histoires qui se suivent et sont liées entre elles, je ne tiens donc pas à vous gâcher la surprise quand vous lirez ces lignes et que vous aurez plus tard envie de lire le volume (un one-shot, je précise). Sachez juste que la qualité des dessins est bien présente, c'est un vrai plaisir à lire et à feuilleter à la recherche de petits détails ici et là qui vous auraient échappé à la première lecture, mais surtout c'est très bien ficelé du début à la fin même si parfois l'intrigue devient un peu grosse et prévisible, en tout cas on en a toujours pour son argent c'est déjà bien. Urban rajoute à cette première édition datée de Décembre dernier le DVD du film d'animation Justice League Dark récent, que je n'ai à l'heure actuelle pas encore visionné mais dont on me dit qu'il est fort sympathique lui aussi.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 25 février 2017

Monstress tome 1 - L'éveil (Delcourt - Janvier 2017)


Il y a bien longtemps, une grande guerre éclata et opposa les Humains et les Arcaniques, descendants des grands anciens, divinités oubliées. À l'issue de ce conflit, une trêve fut conclue, mais les Arcaniques demeurèrent des esclaves et cobayes de choix pour les expériences de l'ordre des Cumaea, sorcières humaines aux grands pouvoirs tirés du sang et des os des Arcaniques sacrifiés durant tant d'années. Maika Demi-Loup est une adolescente Arcanique à qui il manque le bras gauche, en quête des fragments de son passé et de la vérité sur la disparition de sa mère. Ses recherches vont la mener jusqu'au cœur de la cité fortifiée des Cumaea, là où sont envoyés tous les esclaves pour que l'on puisse en extraire le précieux lilium. Là, Maika va devoir trouver le moyen de s'évader de sa cellule et de mettre la main sur une précieuse relique du passé, un morceau de masque qui suscite bien des convoitises et porterait en son sein du partie de la vérité tant recherchée. Maika possède en elle les pouvoirs et le savoir d'un ancien dieu, une monstruosité oubliée qui tente de ressurgir dans la réalité à travers elle, dévorant tout sur son passage, et semblant liée au cataclysme qui dévasta la ville de Constantine durant la grande guerre. La jeune Demi-Loup devra apprendre à communiquer avec cette dangereuse créature vivant au sein de son esprit et de son corps, et tenter de maîtriser ce pouvoir avant qu'il n'attire les Cumaea et ne provoque un nouveau conflit. Sur sa route, de nombreux dangers l'attendent ainsi que certaines bonnes surprises, de la compagnie comme de la méfiance, des trahisons comme des retrouvailles. Pour Maika, le temps est pratiquement compté et le moment se rapproche où elle devra faire un choix, entre céder au monstre en elle ou bien l'accepter.

C'est un récit très complet et complexe que Delcourt nous propose avec ce premier tome de la série Monstress de Marjorie Liu, romancière à succès qui scénarise certains comics depuis quelques années. L'univers est très dense, le lecteur doit digérer énormément d'informations nouvelles en peu de temps et avancer au rythme de l'intrigue, très soutenu, ménagé par des temps de pause riches en révélations. Le dessin magnifique de Sana Takeda porte à merveille cette histoire de fantasy unique en son genre, rapprochant les mythes Occidentaux et Orientaux pour offrir un tout nouveau monde riche en mystères et en beauté. Il est vraiment très difficile de parler de ce premier tome et de cette série sans en révéler les principales informations, sans en gâcher la substance, et je vous conseille vraiment de la lire par vous-mêmes et de vous faire votre propre avis une fois encore. Pour ma part, j'espère que Monstress connaîtra chez nous le succès qu'elle mérite, et que nous aurons droit bientôt à un second tome d'ores et déjà très attendu. Merci encore à Delcourt de nous avoir trouvé cette pépite savoureuse !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 7 janvier 2017

L'Epouvanteur tome 12 - Alice et l'Epouvanteur (Joseph Delaney - Bayard jeunesse - Février 2016)


Alors que Tom et Grimalkin poursuivent leurs quêtes chacun de son côté, c'est désormais au tour d'Alice d'entamer la sienne, de loin la plus difficile. Elle doit pénétrer dans l'Obscur, la dimension des forces du Mal et des êtres maléfiques, qu'ils soient morts ou vivants, sorcières ou monstres, démons et divinités. Dans le royaume du Malin en personne, elle trouvera la dernière des armes du Héros, la dague appelée Douloureuse, celle qui est destinée à lui arracher le cœur pour vaincre le souverain de l'Obscur à jamais. Consciente de ce que toute cette histoire représente pour elle, Alice se jette néanmoins à corps perdu dans sa quête de la dague, aidée par une vieille amie qui la guidera à travers les nombreux royaumes des ombres. Trahisons, surprises et tromperies l'attendent sur son chemin, des ennemis d'autrefois revenus la hanter et d'autres nouveaux désireux de la tourmenter pour l'éternité. Et cependant jamais sa volonté ne fléchira, et toujours elle avancera au péril de sa vie pour sauver l'âme de Tom et l'ensemble des habitants de son monde si plein de vie. Mais, après les récentes révélations des tomes précédents... tout cela a-t-il encore un sens ?

Une excellente histoire racontée du point de vue d'Alice elle-même, la jeune sorcière dont Tom est tombé amoureux et qui est elle-même loin d'être indifférente au jeune apprenti Epouvanteur. Au point de risquer sa vie pour lui rapporter la dernière de ses armes magiques, celle avec laquelle il devra lui arracher le cœur... et elle est également prête à faire ce sacrifice, pourvu que les forces du Malin soient enfin vaincues et que la paix revienne dans le Comté. Tous les ingrédients à succès de la saga sont réunis une fois de plus dans ce douzième tome mené tambours battants, et l'on arrive à la fin en ayant une seule idée en tête : vivement le prochain !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 26 octobre 2016

Wika et les Fées noires (Glénat - Octobre 2016)


Souvenez-vous, c'était il y a de cela deux ans et à peu près 200 articles voir davantage... je vous parlais de cette merveilleuse bande-dessinée éditée par Glénat, Wika et la Fureur d'Obéron, et bien voici qu'après toute cette longue attente le second tome vient de paraître ce mois-ci ! Voici la suite immédiate de cette histoire d'une beauté exceptionnelle, Wika et les Fées noires !

Recueillie par les Fées noires après sa fuite du royaume d'Obéron et la mort de son amant, Wika se repose et reprend rapidement des forces. Voilà l'heure pour elle d'être formée à la haute et forte magie, que ses trois nouvelles tutrices lui enseignent avec dévotion et application. C'est l'heure également des révélations sur la véritable nature de Wika et sur son lourd héritage familial, qu'elle se doit d'encaisser et d'accepter pour pouvoir aller de l'avant. Réfugiée au sein du Sanctuaire d'Yggdrasil, asile pour les peuples libres, Wika reçoit la visite de deux des fils-loups d'Obéron, porteurs d'une offre étonnante de la part du roi de la duplicité et du mensonge... combien de temps faudra-t-il avant que tout ne s'écroule à nouveau autour de la pauvre fée sans ailes ?
Nous apprenons également par quels moyens Obéron a accédé au trône de Wotan et comment il compte bien le conserver le plus longtemps possible, avec l'aide de sa puissante amante, la terrible Dame Blanche au cœur froid.

Des dessins de toute beauté encore une fois, un véritable ravissement pour les yeux, et une histoire à la fois sérieuse et coquine, jouant sur un humour parfois grivois mais toujours joyeux, un vrai bel hommage à toute la culture des croyances autour des fées et des lutins de toutes sortes. Les auteurs ont vraiment pris le temps de nous livrer un conte formidable et cette seconde partie très attendue hausse encore d'un cran le niveau d'excellence à la fois du texte et du dessin. Que dire de plus à part que Glénat a fait ici encore une magnifique découverte et qu'il serait vraiment bête de passer à côté ! Il ne faut qu'un peu de patience entre chaque tome, certes, mais nous sommes déjà à mi-chemin de ce qui a été annoncé. Espérons que l'engouement suivra pour cette petite série et que la suite arrivera plus rapidement !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 21 mars 2015

Les Voies d'Anubis (Tim Powers - Bragelonne - Février 2015)


Réédition le mois dernier d'un des grands classiques du steampunk, par l'un des fondateurs du genre ! Bragelonne nous offre une édition magnifique, aux tranches dorées du plus bel effet, inaugurant ainsi une nouvelle collection fort prometteuse et envoûtante.

1983. Le professeur de lettres Brendan Doyle est au bout de sa carrière, plus rien n'avance et il piétine dans son étude du mystérieux poète britannique William Ashbless, dont la biographie succincte laisse de nombreux pans d'ombres. Désespéré, il en vient à accepter l'offre un rien étrange d'un vieux millionnaire ayant soi-disant percé les secrets du voyage dans le temps. Doyle va cependant découvrir que ce qu'il pense être une simple lubie, présenter à un groupe de riches amateurs littéraires une conférence sur le poète anglais Coleridge, est en réalité le prélude à une épopée que rien ne l'avait préparé à affronter. A travers les Voies d'Anubis, des failles dans le tissu spatio-temporel, le groupe va pouvoir se retrouver dans le Londres de 1810 et assister à un exposé donné par Coleridge en personne ! Mais les choses dérapent bien vite et Doyle se retrouve séparé du groupe avant le voyage de retour en 1983, restant ainsi coincé en 1810 sans possibilité de rentrer dans son époque à moins que quelqu'un du futur ne vienne le chercher, ce qui ne semble pas être une priorité. Brendan Doyle va alors apprendre à devenir un citoyen du début du XIXème siècle, dans lequel il pense pouvoir percer facilement grâce à ses connaissances historiques, faire fortune, changer le court du temps même, en sa faveur bien entendu ! Mais il va bien vite se rendre compte que la réalité est autrement plus rude qu'il ne l'envisageait, et le voilà réduit à intégrer une caste de mendiants professionnels pour subsister tant bien que mal au jour le jour. Pendant ce temps, de sinistres sorciers Égyptiens organisent un sombre complot pour profiter des voyages temporels permis par les Voies d'Anubis afin de briser l’essor de la Grande-Bretagne et de rendre à l’Égypte et ses anciens dieux leur grandeur passée, pour régner sur le monde durant les millénaires suivants. Embarqué involontairement dans ce nœud de manigances et de magie noire, Doyle devra apprendre à échapper aux périls qui l'attendent, dans cette vie et les suivantes, et déjouer le complot de celui que l'on appelle le Maître, tout en échappant à ses serviteurs zélés qui veulent lui mettre la main dessus pour le forcer à leur communiquer les coordonnées de toutes les failles qu'il pourrait connaître. Pourra-t-il jamais revoir son monde de 1983 ? Et surtout, doit-il pour cela risquer de changer l'Histoire, ou bien au contraire veiller à ce que chaque chose devant se produire se produise bel et bien, quitte à risquer sa vie pour cela ?

Ce roman, l'un des piliers du steampunk, explore les thèmes du voyage temporel et de ses nombreuses implications et contradictions, paradoxes, tout en le saupoudrant d'une enquête haletante à travers les époques et le fin voile séparant la réalité du rêve, la logique de la magie, le génie de la folie. Écris en 1983 par Tim Powers et déjà deux fois édité par Bragelonne (Avril 2013 puis Février 2015 pour la présente édition), ce livre se lit assez facilement, bien qu'il faille vraiment prendre son temps pour le savourer et le comprendre correctement. C'est une œuvre relativement accessible pour tout néophyte désireux de se forger une expérience dans ce genre dystopique, 475 pages d'enquête mystique et de paradoxes et boucles temporelles, des personnages très bien écris et mis en scène, qu'il s'agisse des bons comme des méchants, tous attachants à leur manière. Cette lecture s'apparente à une petite gymnastique spirituelle pas bien méchante, attrayante et séduisante à plus d'un titre, qui ne pourra qu'augmenter votre culture littéraire et vous faire explorer de nouveaux horizons, aux frontières du mystère, au cœur de la forteresse de l'impossible et de la magie, aux détours de l'Histoire et du rêve.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 14 janvier 2015

Shazam (Urban Comics - Novembre 2014)


Personnage peu connu par chez nous mais d'une aura culte aux États-Unis, celui que l'on appelait autrefois Captain Marvel nous arrive dans ses toutes nouvelles origines, relatées en marge des premiers chapitres de la série Justice League des New52 de DC Comics. Urban nous offre ici l'intégralité de ce récit publié en un seul tome, avec découpage, dans la collection habituelle et paru en Novembre dernier. Geoff Johns, grand artisan des New52, est une fois encore au scénario tandis que le dessin est assuré par Gary Frank, alors très inspiré.

Billy Batson est un gamin de 15 ans que l'on peut qualifié de môme à problèmes. Pratiquement élevé depuis toujours au sein d'un orphelinat, il ne fait que passer de familles d'accueil en familles d'accueil depuis des années, au grand dam de sa tutrice qui n'a qu'une hâte, trouver un couple assez bonne poire pour la débarrasser de cet ado encombrant. Billy par ailleurs a exactement le même objectif afin de se débarrasser d'elle, les deux collaborent donc pour séduire et tromper les éventuels futurs parents. Mais ce que Billy n'avait sans doute pas prévu, c'est de se retrouver un beau jour convoqué par magie dans le Rocher d’Éternité, haut-lieu légendaire des forces magiques de ce monde, devenu un véritable mythe depuis l'Antiquité. Là, le dernier survivant d'une illustre confrérie de sorciers scrute l'âme du garçon pour découvrir en lui l'étincelle sacrée, cette bonté d'âme insoupçonnée qui pourrait faire de lui l’Élu, le nouvel avatar de la foudre divine : Shazam. La sagesse de Salomon, la force d'Hercule, la vigueur d'Atlas, la puissance de Zeus, le courage d'Achille et la vitesse de Mercure. Des pouvoirs phénoménaux au service de la justice et de la vérité, des valeurs que Billy n'a jamais vraiment eu le loisir de connaître mais auxquels il croit profondément, même s'il l'ignore encore. Il devra puiser dans ses ressources pour trouver la bonne voie, celle du héros qu'il est à présent appelé à devenir, afin de lutter contre les forces du Mal et le réveil d'un ancien avatar de la foudre divine, Black Adam, corrompu par la haine et la vengeance et qui fut enfermé durant des millénaires dans un tombeau secret. Ramené à la vie par une expédition scientifique mal avisée, Black Adam va mettre le monde à feu et à sang sur son passage, à la recherche du nouvel élu pour lui arracher ce pouvoir colossal et l'utiliser pour régner sur un monde refait entièrement à son image. Bien plus qu'un affrontement entre un héros et un vilain, il s'agit du choc de deux visions diamétralement opposées d'un monde en nuances de gris, pourtant si semblables à la naissance. Quoi qu'il arrive désormais, Billy Batson devra défendre ce monde et les valeurs qu'il incarne, et se faire le protecteur de la magie et des justes ! Difficile à imaginer lorsqu'on a que 15 ans et que l'on rêve surtout de faire fortune et d'une vie facile.

Shazam, sous cette nouvelle itération des New52, est un récit aux allures de conte de Noël enfantin, mettant en avant la bonté et la difficulté de se montrer ''gentil'' dans un monde si corrompu et individualiste. Dur d'être à sa place quand on est un enfant sans aucune ressource ni amour, sans proches pour l'épauler. Shazam, c'est un peu le protecteur de cette enfance malheureuse, celui qui permet de se dire « Voilà, maintenant ça ira mieux. ». Sous couvert d'une histoire super-héroïque porteuse des valeurs traditionnelles du genre, il s'agit en réalité d'une magnifique leçon de vie et d'amour, sous toutes ses formes, la famille, les amis, la confiance. Quel dommage qu'il n'y ait qu'un seul tome à tout cela, car on en redemande très vite une fois la lecture achevée ! Les dessins de Gary Frank parviennent à faire passer des tas d'émotions différentes et à vraiment intégrer le lecteur dans le récit, mené d'une main de maître par un Geoff Johns qui ouvre ses chakras et nous livre une belle petite pépite, qu'on sera fier de compter dans sa bibliothèque. Merci d'ailleurs à Urban une fois encore pour le formidable travail effectué, qui n'a l'air de rien mais représente tout de même un sacré investissement et un pari risqué. Cet album va rejoindre ses frangins des New52 sans dépareiller, et il se pourrait même qu'il s'agisse d'un des meilleurs ''tome 1'' qu'il m'ait été donné de lire depuis le lancement de ce nouvel univers. Rien que ça ! Donc sautez dessus tant qu'il est encore disponible, au pire ce n'est qu'un one-shot donc ça ne vous engage pas à grand chose. Mais faites l'effort de découvrir, de feuilleter même, vous ne serez selon moi pas déçus du voyage.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 31 août 2014

Wika et la fureur d'Obéron (Thomas Day & Olivier Ledroit - Glénat - Mai 2014)


On change de registre le temps d'un article pour que je puisse vous parler d'un petit coup de coeur récent, une bande-dessinée écrite par Thomas Day et dessinée par Olivier Ledroit, parue chez Glénat il y a quelques mois à peine. Premier tome d'une série de quatre, Wika et la fureur d'Obéron s'annonce comme une oeuvre assez atypique tout en faisant preuve d'un certain classicisme. Pour plus d'informations sur les auteurs je vous renvoie directement à leurs bibliographies respectives, qui sont aisément trouvables, ici je ne vais m'intéresser qu'à l'oeuvre elle-même.

C'est une histoire teintée de magie, prenant place dans le monde féerique de Pan, un monde étrange, où magie ancienne et technologie steampunk se mêlent étroitement, dans lequel évoluent des créatures mythologiques aussi bien que folkloriques (l'on retrouve énormément de références aux contes et légendes de Bretagne, Nordiques, celtiques, antiques, etc.). Dans ce vaste royaume, une guerre fait rage. La guerre du prince Obéron, adeptes de ces nouvelles technologies mécaniques, contre les plus grands représentants de la magie classique et naturelle, l'essence-même de ce monde. Titania, reine des fées, a décidé de fuir Obéron son promis et de se marier au duc Claymore Grimm, maître d'arme historique de la famille royale, d'une honnêteté et d'une bonté sans réserve pour son entourage et défendant des valeurs plus traditionnelles que le Prince Blanc. Obéron décide alors de se venger et d'assiéger Castlegrimm, le château du duc, afin de réduire son armée et son fief à néant et de l'effacer totalement de l'Histoire. Titania se sait condamnée à endurer l'implacable vengeance d'Obéron et de sa maîtresse Rowena la Louve, et c'est la mort dans l'âme qu'elle décide de rester aux côtés de son époux jusqu'à la fin, en confiant son tout jeune enfant, la petite Wika, à son serviteur le plus dévoué afin qu'il l'emporte loin du conflit et qu'il la confie à des gens qui sauront lui fournir un abri et une vie en sécurité. Nul ne doit jamais savoir que Wika est la fille de Titania, l'enfant ''volée'' d'Obéron, aussi le bébé est-il privé de ses ailes pour que son secret demeure. Et tandis que le futur roi laisse libre court à sa fureur, Wika grandit dans une petite ferme d'Elfes, jusqu'à ce que l'âge de femme arrive et la pousse à partir à l'aventure, visitée dans ses songes par l'esprit de sa mère qui lui révèle sa véritable nature. C'est ainsi que Wika se rend à Avalon, la capitale, afin d'en apprendre plus sur les circonstances de sa naissance et de la mort de ses parents. Elle y fait la rencontre de Bran, jeune contrebandier des faubourgs, qui se prend d'affection pour cette jeune voleuse au caractère bien trempé. Ensemble, durant deux ans, ils vivent de presque rien, quelques rapines ici et là, et se laissent petit à petit porter par leurs sentiments l'un pour l'autre, d'abord amis, puis tels un frère et une soeur, et finalement plus que cela. Mais Obéron le cruel, Obéron le froid, sait que celle qui aurait du être son héritière a survécu et se trouve non loin de lui. Il envoie dès lors ses sept enfants illégitimes, les fils et les filles de Rowena la Louve, traquer Wika où qu'elle puisse se dissimuler, mettant ainsi fin à son bonheur et à son insouciance et poussant la jeune femme à fuir, perdant une nouvelle fois tout ce qui lui est le plus cher. Le sang appelle le sang, et la vengeance ne se fera pas attendre. La fureur d'Obéron fera face au chagrin de Wika, que les Fées Noires, grandes ennemies d'Obéron, désirent former et entraîner afin qu'elle puisse devenir une menace de poids pour le souverain...

Le plus gros atout de cette bd, outre son histoire qui fait appel à de nombreuses connaissances et références sur les mondes féeriques et légendes de tous horizons, c'est son graphisme. Pour celles et ceux qui connaissent Les Chroniques de la Lune Noire ou encore Les Arcanes de la Lune Noire, vous savez de quoi je parle. Les autres, imaginez simplement un décors enchanteur où les détails fourmillent dans tous les sens, où les structures mêlant magie, fantaisie et steampunk industriel fusionnent parfaitement et où le soin apporté à l'image est renversant.
Et là je parle des décors, mais ça vaut aussi pour les tenues extrêmement détaillées et élaborées des personnages (cf. la couverture) ! Partout ce ne sont que beauté, émerveillement et magnifique complexité. Vous passerez comme moi de longues minutes à scruter chaque case, chaque planche, simple ou double, à la recherche du moindre petit détail dans ces décors hallucinant de travail et de minutie. Sans pour autant perdre le fil du récit ! Et puisque je parle maintenant du récit (je vous laisse apprécier de vous-mêmes le dessin, je préciserai simplement que l'on peut déjà se faire une idée du niveau de recherche et d'étude dessus rien qu'en voyant la carte du monde de Pan au tout début de l'album, c'est bluffant), j'en viens au seul point faible selon moi de cette oeuvre : elle souffre de quelques facilités dans son écriture, et de quelques transitions malheureuses par moments qu'il aurait mieux valu approfondir davantage. Cela dit, une fois que l'on s'y est habitué ça passe finalement tout seul et on apprécie l'histoire autant que le dessin. Si vous connaissez un peu les écrits d'Edouard Brasey sur tout ce qui touche aux peuples magiques (fées, elfes, sorciers, lutins, démons, anges, etc.) vous ne serez pas dépaysés par cette bd, dont la préface est d'ailleurs signée par Pierre Dubois, un ''Elficologue'' très réputé lui aussi. Pour les autres, eh bien c'est l'occasion de vous plonger de plein pied dans ces mondes et légendes d'autrefois, remaniés à la sauce steampunk/dark fantasy. Vivement les trois autres tomes, que le voyage puisse perdurer le plus possible dans ce sens ! Glénat fournit un travail d'édition remarquable, et ce tome est un vrai bel objet à posséder dans sa collection, une certaine fierté je dois dire.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !