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lundi 23 septembre 2019

Captain Marvel tome 1 - Et nous serons des étoiles (Panini Comics - Février 2019)


Après les récentes évolutions dans sa vie tant privée que super-héroïque, Carol Danvers est en proie à une sorte de doute dont elle n'aime vraiment pas la présence dans son esprit. Avec l'aide de Captain America, elle finit par décider de reprendre à son compte le nom de Captain Marvel, titre venant d'un grand héros défunt qu'elle admirait énormément et dont elle ne s'était jamais résolu à prendre le flambeau. S'en suivront divers combats titanesques, exactement l'envergure qu'il lui fallait pour se défouler et laisser libre cours à ses sentiments contrastés. Robots géants ou dinosaures catapultés à notre époque, aucun ne fera le poids face à Captain Marvel nouvelle mouture ! Mais après un voyage dans le temps des plus risqués et une phase d'introspection elle aussi assez dangereuse, Carol n'est plus sûre de grand chose. Avoir réussi à rencontrer son idole, une aviatrice et pilote légendaire, n'a réussi qu'à la faire douter davantage de ses capacités et de sa légitimité, surtout quand le passé se rappelle à sa mémoire de façon aussi nette et cruelle.
Cependant, malgré le retour d'anciens ennemis ou du moins de personnes s'en inspirant et le harcèlement de Tony Stark pour lui confier de nouvelles responsabilités et missions à son niveau, le pire reste encore à venir : Carol apprend par son médecin que son cerveau est attaqué par une sorte de tumeur, issue des tissus extraterrestres Kree ayant fusionné avec elle lors de son accident, celui qui lui a conféré ses pouvoirs après la mort du premier Captain Marvel. Dès ce moment, il lui est désormais formellement interdit d'utiliser son pouvoir pour voler, car les spécialistes s'accordent à penser que c'est cette zone du cerveau qui est touchée. La masse étrangère ne fait que se développer davantage si Carol utilise ses capacités de vol, mais apparemment elle peut encore bénéficier de sa force et de ses projections d'énergie. Combien de temps tiendra-t-elle à ce rythme, alors que ses adversaires se multiplient et semblent se donner le mot pour l'épuiser et la pousser hors de ses limites ? Cette affection semble avoir pour origine un événement crucial dans le passé de Carol, en lien avec son récent voyage temporel et la rencontre avec Helen Cobb, la grande pilote dont elle s'est toujours inspirée et qui a réussi un temps à lui dérober ses pouvoirs. Elle aussi est décédée suite à une maladie de même nature. Quelque chose ou quelqu'un semble bien décidé à faire de la vie de la nouvelle Captain Marvel un véritable calvaire, et peut-être bien que cette fois-ci l'héroïne et forte tête devra admettre qu'elle a besoin d'aide...

Sous couvert d'une première partie assez légère puis d'une seconde plutôt axée sur la nostalgie, nous permettant entre autre de revivre le moment fatidique où Carol a obtenu ses pouvoirs, ce premier tome de la série démarrée en 2012 par la scénariste Kelly Sue DeConnick nous offre en fait une vraie tragédie moderne comme on en voit assez peu chez les super-héros normalement. Touchée de plein fouet par la maladie et par le doute, la nouvelle Captain Marvel ne comprend pas réellement ce qui lui arrive et la façon dont elle peut y faire face, elle qui est plus habituée aux ennemis bien tangibles et solides pour se défouler dessus. Les auteurs nous offrent donc l'occasion de plonger au cœur des craintes et du passé de cette grande héroïne méconnue, même si bien sûr il n'y a aucun suspens puisque nous savons déjà, via Civil War II ou encore Secret Empire notamment, qu'elle est toujours là et semble s'en être sortie sans trop de mal. Mais tout de même, l'émotion est bien présente et on attend la suite avec une relative impatience, ne serait-ce que pour savoir comment elle va réussir ce tour de force et comment sa vie va changer après cela.
Les dessins sont plutôt bons, énergiques, dynamiques, ils mettent bien en valeur les personnages forts comme Carol et leur côté féminin n'est pas gommé par leurs exploits, au contraire les deux aspects se répondent et échangent sans arrêt, via des dialogues très bien ciselés et conçus pour que le lecteur se sente totalement dans le bain, ainsi bien sûr qu'avec des graphismes plutôt bien travaillés même si un peu inégaux par moments d'un artiste à l'autre. Une cohérence graphique aurait été appréciée mais en 12 numéros beaucoup de choses sont amenées à changer au niveau des équipes créatives, donc ce n'est pas un cas anormal ni un mal car au final cela permet de bien séparer les trois grands axes de cet album, pour mieux s'y repérer.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 14 septembre 2019

Captain Marvel - La vie de Captain Marvel (Panini Comics - Février 2019)


Traversant une mauvaise passe et ayant besoin de faire le point sur sa vie ainsi que sur ses récentes actions au sein des Avengers, Carol Danvers se rend à Harpswell Sound dans le Maine afin de retrouver sa famille et de passer quelques jours loin de l'agitation du monde et de l'espace. Quelques jours qui deviendront plusieurs mois lorsque son grand frère, avec qui elle vient de se disputer au sujet de leur défunt père violent et abusif, a un grave accident de voiture dont il ne sort pas indemne. Durant les mois qui suivent, Carol découvre que son père avait certainement une liaison avec une autre femme que sa mère, en tout cas d'après d'étranges lettres d'amour qu'elle retrouve au fond d'un placard dans la maison familiale. Mais lorsqu'elle décide d'en parler à sa mère pour provoquer une discussion à ce sujet, elle est interrompue par l'arrivée sur Terre d'une créature artificielle issue de la technologie guerrière Kree, une nettoyeuse venue détruire toute menace jugée par l'empire Kree. Contre toute attente, il ne s'agit pas de Carol mais... de sa propre mère, qui s'avère avoir bien d'autres secrets en réserve et ayant enfin besoin d'être révélés au grand jour. Quel est ce mystère qui entoure la relation des parents de Carol depuis sa plus tendre enfance ? Et qui est réellement sa mère ?

Un album et une aventure de Captain Marvel assez intimiste, que j'ai beaucoup apprécié du fait du changement radical de ton dans une industrie majoritairement super-héroïque. Ici bien sûr il y a des combats et des super-pouvoirs, mais surtout un drame familial qui se joue sur fond de recherche et de quête d'identité d'une femme sentant sa vie lui échapper depuis quelques temps et ayant besoin de faire un break. Le tout est très bien mis en image par Carlos Pacheco et les flashbacks signés Marguerite Sauvage ne gâtent rien bien au contraire ! On sent une vraie personnalité émaner de cette histoire, de ces révélations et de ces changements qui attendent notre héroïne. Panini a fort bien fait de sortir cette histoire peu de temps avant la sortie officielle du film Captain Marvel en début d'année car les deux se complètent plutôt bien, même si le film prend une direction évidemment assez différente pour mieux coller à l'univers cinématographique Marvel Studios. Qu'importe, les deux ont été conçus pour être très faciles d'accès et permettre à n'importe quel nouveau lecteur de s'intégrer dans la continuité de Captain Marvel, sans en ressentir la longueur ou la lourdeur parfois. Une vraie bonne idée donc, je prends mon exemple pour illustrer le fait que La vie de Captain Marvel m'a permis de m'intéresser davantage à ce personnage que jusque là je laissais de côté. Une erreur bien vite réparée et vous retrouverez très vite d'autres articles sur d'autres parutions autour de ses aventures, s'il s'avère que la qualité est au rendez-vous !
Ah oui, cet album de la collection ''100% Marvel'' contient également de nombreux bonus fort agréables à consulter, tels que les couvertures alternatives bien sûr mais surtout une introduction au personnage ainsi qu'une belle analyse de certaines planches par les dessinateurs eux-mêmes, ce qui aide à mieux comprendre l'histoire et sa portée.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 5 juin 2017

La question du lundi n°39 : Faut-il s'attendre au pire pour Wonder Woman au cinéma ?


La question est relativement simple et je ne ferai pas de long développement sur ce sujet. Simplement la situation d'un film mettant en avant une super-héroïne est pratiquement inédite aujourd'hui, si l'on excepte deux mauvais exemples par le passé, dont je parlerai
En règle générale, la femme dans les films de super-héros est rangée dans la catégorie des faire-valoirs, des assistantes ou des compagnes éplorées tandis que le mâle s'en va livrer bataille contre super-vilains et démons en tous genres. Les femmes fortes sont bien présentes, comme Loïs Lane bien sûr dont la prestation par Amy Adams la rend attachante et en même temps déterminée à montrer qu'elle peut se situer au premier plan aux côtés des héros, qu'elle accompagne souvent sur le champ de bataille, n'hésitant pas à se mettre en danger quitte à être cataloguée comme têtue et légèrement désaxée à force de risquer sa vie comme ça sans avoir de pouvoirs.
Je le disais en introduction, il y a des précédents aux films de super-héroïnes, mettant les femmes fortes au premier plan et faisant tourner l'histoire autour d'elles et de leurs combats. Nous avons... Supergirl, dans les années '80, qui traitait la jeune cousine de Superman comme une fille un rien nunuche et cucul la praline, dont le seul véritable but dans le film est de sauver l'homme dont elle est tombée amoureuse d'une méchante sorcière le convoitant également. Ce n'est pas la maigre et maladroite insertion de mythologie kryptonienne qui changera la donne, malheureusement, et si le film a assez mal vieilli (à l'image des premiers Superman en couleurs) il faut quand même lui attribuer le mérite d'avoir tenté quelque chose de nouveau à l'époque, un pari qui relevait de l'insensé.
Nous avons ensuite en second exemple, et bien tristement en mémoire, le film Catwoman ultra-sexué et débilitant des années 2000. L'héroïne est réduite à l'état de sex-interest durant tout le film, quand bien même il y aurait un message positif à en retenir comme un combat pour l’essor de la féminité libre, etc. Non vraiment, rien à sauver dans ce film, ni le massacre des personnages ni celui de l'intrigue inspirée vaguement de ce que les comics racontaient à l'époque. Très vaguement, même. Donc rien d'intéressant à retirer de ce film à part des postures aguicheuses tout au long de la pellicule et un scénario d'une platitude exaspérante tant cela confine au nunuche.
Un autre exemple me revient soudain à l'esprit, celui du film Elektra du côté de chez Marvel (pas encore Marvel Studios attention). La femme forte que l'on avait le plaisir de voir combattre (et mourir bravement) aux côtés de Daredevil dans le film homonyme a eu droit à sa résurrection et à son propre film... qui se perd malheureusement très vite dans les méandres de son scénario presque incompréhensible et aussi torturé que son héroïne. Dommage car là il y avait un vrai potentiel qui se rapproche davantage de Wonder Woman telle qu'on voudrait la voir, en guise de combattante expérimentée contre les forces du Mal. Mais fatalement, comme si une terrible malédiction était à l’œuvre, nous n'aurons droit qu'à un film plat, sans succès ni intérêt à part quelques chorégraphies sympathiques pour le profane.

Ce qui nous amène donc au cas de Wonder Woman, telle que l'interprête depuis Batman v Superman l'actrice Gal Gadot. Le film sortira dans deux jours, mercredi 7 Juin 2017, et je me suis bien gardé de voir les bandes-annonces et autres trailers et teasers en tous genres, pour me préserver une expérience sans gâchis ni moments gênants où l'on se dit que le film part exactement dans la direction que l'on prévoyait/craignait. J'espère le maximum pour ce film, car le traitement du personnage de Diana Prince a été sans failles jusque là sous Zack Snyder pour Batman v Superman. Correctement dirigée et mise en scène, l'actrice nous fait découvrir à l'écran une femme forte, qui n'a rien à envier à ses collègues masculins, bien au contraire même elle pourrait leur en remontrer. Personnellement et principalement j'ai peur de deux choses : premièrement, que le film soit une sorte de copié-collé du premier Captain America sorti en 2011 et se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale. Ici on parle de la Première, mais à part ça il peut y avoir beaucoup de similitudes et j'ai un peu peur qu'on ne fasse trop facilement le rapprochement. Encore une fois je n'ai vu que le tout premier trailer, donc si vous avez des éléments de réponse à apporter : abstenez-vous.
Secondement, à la vue des exemples précédents de films de super-héroïnes je redoute un excès de traitement féministe pour contrebalancer cette image neuneue que l'on a déjà que trop vu. Quelques blagues ou quelques pointes ici et là devraient suffire à faire passer le message, du moins je l'espère. J'espère aussi et surtout que le traitement proposé par Zack Snyder sera respecté et continué, avec quelques nuances bien entendu puisqu'il ne s'agira pas d'une suite mais d'une préquelle à l'univers DC au cinéma.
Enfin et avant toute chose, il faut bien se rendre compte que c'est pratiquement un sans-faute que l'on attend de ce film. Le public, les critiques et surtout les gros studios, qui il ne faut pas croire misent tous très gros sur ce film, car il sera le test ou la valeur étalon à laquelle se jaugeront les autres films d'héroïnes prévus (Black Cat/Silver Sable, Captain Marvel) par les concurrents. Wonder Woman/Gal Gadot a donc une sacrée pression sur les épaules, et je croise les doigts pour que son film puisse répondre à toutes les attentes et même réussir à en surprendre plus d'un, moi y compris ! Vous le saurez bientôt de toute manière. Rendez-vous le 7 Juin dans les salles !

lundi 31 octobre 2016

La question du lundi n°17 : Que nous réserve le Marvel Cinematic Universe ?



Cela ne vous a sans doute pas échappé : le 26 octobre dernier sortait la dernière itération de l’univers Marvel au cinéma avec une nouvelle tête bien connue des amateurs de comics, le Doctor Strange. Il s’agit du quatorzième film de la licence en l’espace de huit ans et celui-ci marque, avec Captain America : Civil War, le début de la phase 3.
Annoncée de longue date, cette phase a depuis subie quelques subtils mais notables changements que nous vous proposons de passer en revue afin d’y voir plus clair.

Pour se faire, procédons de manière chronologique : l’année prochaine sera cosmique, car non seulement nous aurons le retour des Gardiens de la Galaxie, mais aussi le prochain Thor qui se passera quasi-exclusivement dans l’espace avec un invité de marque en la personne de Hulk.

Pour 2018 nous passons à trois films (!) avec Black Panther (introduit dans Civil War), le prochain Avengers et la suite de Ant-Man. Il est à noter deux gros changements pour cette année : d’une part l’ajout d’Ant-Man & the Wasp au détriment de Captain Marvel qui se voit repoussé. Et le troisième Avengers, réalisé par les frères Russo, prévu à l’origine comme un diptyque (le fameux Infinity war) sera finalement ''seul''. Les intentions de Marvel à ce sujet sont encore floues, mais il semblerait donc qu’il ne faille pas s’attendre à une partie 1 ''à suivre'' dans le quatrième Avengers, mais finalement d’un opus unique se suffisant à lui même. C’est de loin la plus grosse modification de la phase 3 et elle devrait impliquer les nombreux autres films de la licence dans son sillage.

Début 2019 arrivera donc enfin Captain Marvel, première héroïne de l’univers Marvel à disposer de son propre film (Scarlett Johansson qui milite depuis longtemps pour un film Black Widow doit bien grincer des dents). Selon les dernières nouvelles, il s’agira d’une origin story, même si le personnage bénéficiera d’une introduction en bonne et due forme dans Les Gardiens de la Galaxie : Volume 2. S’ensuivra le quatrième Avengers, à un an d’intervalle du troisième environ pour clôturer vraisemblablement cette phase.
Il faut noter la disparition pure et simple d’un film annoncé depuis les prémices de la phase 3 : les Inhumans, lointains cousins cosmiques de X-Men, qui furent eux présentés et au centre de l’intrigue de la saison 2 de Marvel’s Agent of Shield.

Ouf ! Et il y a aussi un petit nouveau dont on ne vous a pas trop parlé : Spider-Man, personnage bien connu de l’écurie Marvel mais propriété au cinéma de Sony Pictures. La récente entente entre les deux studios a permis l’apparition du célèbre tisseur dans le dernier Captain America, avant que le jeune Peter Parker ne revienne dans son propre film l’été prochain. L’intention de Sony étant à priori de sortir un film par an sur le modèle des Harry Potter… si cela se confirme le jeune interprète du personnage va avoir du pain sur la planche ! En attendant son retour dans un film du MCU ?

Comme nous pouvons le voir au regard de ce planning, la petite entreprise Marvel ne connaît vraiment pas la crise. Ceci grâce à une formule parfaitement huilée même si aussi décriée après autant d’opus, une certaine redondance, pour ne pas dire routine, s’installant.
Mais un changement de taille en coulisse a dû modifier la donne pour Kevin Feige, big boss de Marvel Studios : l’un des principaux producteurs lui mettant des bâtons dans les roues, Isaac ''Ike'' Perlmutter, s’est vu écarté des futurs films. Et c’est probablement pour ça que la phase 3 s’annonce passionnante : il y a peu de chance que Marvel change drastiquement une formule qui gagne, mais Feige n’est pas fou, il sent le besoin de renouveau.
Et au vu des affiches des films, nous remarquons beaucoup de nouveaux personnages (Doctor Strange, Black Panther, Captain Marvel) et la suite des seconds couteaux (Les Gardiens, Ant-Man), seul Thor et les Avengers se retrouvent rescapés de la première phase.
Cela s’explique d’un point de vu pragmatique : les acteurs ont un certain nombre de contrats, et la plupart arrivent à terme. Et ceux-ci vieillissent tout simplement. Ce qui implique à terme leur remplacement, chose qui arrive même dans les comics où de nouveaux personnages prennent la relève pour une période plus ou moins longue.
Néanmoins, sans avoir leur propre film, cela n’empêche plus les plus célèbres d’entre eux de participer aux histoires des autres. Ce qui était reproché à Iron-Man 3 (où est le reste des Avengers?) a fini par devenir réalité dans Captain America 3 (oups ! Civil War, il n’y a plus de numéro) et va se répéter dans Thor : Ragnarok, qui se veut à part du reste du MCU comme peuvent l’être les Gardiens de la Galaxie (et qui expliquera d’ailleurs une réplique de Civil War : où est Thor en ce moment ? Puisqu’il partait sur les traces des gemmes de l’infini à la fin de Avengers : Age of Ultron ; il faut suivre j’en conviens !).
La formule du MCU est donc en train d’évoluer bon gré, mal gré, entre volonté créatrice et problème de production le bon génie Feige (et ses équipes) semblent avoir trouvé un bon équilibre pour faire vivre à la fois les plus anciens protagonistes tout en injectant un sang neuf salvateur par le biais de super héros moins conventionnels. Mais le public suivra-t-il vu la profusion de personnages et la nécessité de plus en plus pressante de voir l’ensemble des films sous peine de manquer de clés de compréhension ?

To be continued...

mercredi 14 janvier 2015

Shazam (Urban Comics - Novembre 2014)


Personnage peu connu par chez nous mais d'une aura culte aux États-Unis, celui que l'on appelait autrefois Captain Marvel nous arrive dans ses toutes nouvelles origines, relatées en marge des premiers chapitres de la série Justice League des New52 de DC Comics. Urban nous offre ici l'intégralité de ce récit publié en un seul tome, avec découpage, dans la collection habituelle et paru en Novembre dernier. Geoff Johns, grand artisan des New52, est une fois encore au scénario tandis que le dessin est assuré par Gary Frank, alors très inspiré.

Billy Batson est un gamin de 15 ans que l'on peut qualifié de môme à problèmes. Pratiquement élevé depuis toujours au sein d'un orphelinat, il ne fait que passer de familles d'accueil en familles d'accueil depuis des années, au grand dam de sa tutrice qui n'a qu'une hâte, trouver un couple assez bonne poire pour la débarrasser de cet ado encombrant. Billy par ailleurs a exactement le même objectif afin de se débarrasser d'elle, les deux collaborent donc pour séduire et tromper les éventuels futurs parents. Mais ce que Billy n'avait sans doute pas prévu, c'est de se retrouver un beau jour convoqué par magie dans le Rocher d’Éternité, haut-lieu légendaire des forces magiques de ce monde, devenu un véritable mythe depuis l'Antiquité. Là, le dernier survivant d'une illustre confrérie de sorciers scrute l'âme du garçon pour découvrir en lui l'étincelle sacrée, cette bonté d'âme insoupçonnée qui pourrait faire de lui l’Élu, le nouvel avatar de la foudre divine : Shazam. La sagesse de Salomon, la force d'Hercule, la vigueur d'Atlas, la puissance de Zeus, le courage d'Achille et la vitesse de Mercure. Des pouvoirs phénoménaux au service de la justice et de la vérité, des valeurs que Billy n'a jamais vraiment eu le loisir de connaître mais auxquels il croit profondément, même s'il l'ignore encore. Il devra puiser dans ses ressources pour trouver la bonne voie, celle du héros qu'il est à présent appelé à devenir, afin de lutter contre les forces du Mal et le réveil d'un ancien avatar de la foudre divine, Black Adam, corrompu par la haine et la vengeance et qui fut enfermé durant des millénaires dans un tombeau secret. Ramené à la vie par une expédition scientifique mal avisée, Black Adam va mettre le monde à feu et à sang sur son passage, à la recherche du nouvel élu pour lui arracher ce pouvoir colossal et l'utiliser pour régner sur un monde refait entièrement à son image. Bien plus qu'un affrontement entre un héros et un vilain, il s'agit du choc de deux visions diamétralement opposées d'un monde en nuances de gris, pourtant si semblables à la naissance. Quoi qu'il arrive désormais, Billy Batson devra défendre ce monde et les valeurs qu'il incarne, et se faire le protecteur de la magie et des justes ! Difficile à imaginer lorsqu'on a que 15 ans et que l'on rêve surtout de faire fortune et d'une vie facile.

Shazam, sous cette nouvelle itération des New52, est un récit aux allures de conte de Noël enfantin, mettant en avant la bonté et la difficulté de se montrer ''gentil'' dans un monde si corrompu et individualiste. Dur d'être à sa place quand on est un enfant sans aucune ressource ni amour, sans proches pour l'épauler. Shazam, c'est un peu le protecteur de cette enfance malheureuse, celui qui permet de se dire « Voilà, maintenant ça ira mieux. ». Sous couvert d'une histoire super-héroïque porteuse des valeurs traditionnelles du genre, il s'agit en réalité d'une magnifique leçon de vie et d'amour, sous toutes ses formes, la famille, les amis, la confiance. Quel dommage qu'il n'y ait qu'un seul tome à tout cela, car on en redemande très vite une fois la lecture achevée ! Les dessins de Gary Frank parviennent à faire passer des tas d'émotions différentes et à vraiment intégrer le lecteur dans le récit, mené d'une main de maître par un Geoff Johns qui ouvre ses chakras et nous livre une belle petite pépite, qu'on sera fier de compter dans sa bibliothèque. Merci d'ailleurs à Urban une fois encore pour le formidable travail effectué, qui n'a l'air de rien mais représente tout de même un sacré investissement et un pari risqué. Cet album va rejoindre ses frangins des New52 sans dépareiller, et il se pourrait même qu'il s'agisse d'un des meilleurs ''tome 1'' qu'il m'ait été donné de lire depuis le lancement de ce nouvel univers. Rien que ça ! Donc sautez dessus tant qu'il est encore disponible, au pire ce n'est qu'un one-shot donc ça ne vous engage pas à grand chose. Mais faites l'effort de découvrir, de feuilleter même, vous ne serez selon moi pas déçus du voyage.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !