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lundi 5 juin 2017

La question du lundi n°39 : Faut-il s'attendre au pire pour Wonder Woman au cinéma ?


La question est relativement simple et je ne ferai pas de long développement sur ce sujet. Simplement la situation d'un film mettant en avant une super-héroïne est pratiquement inédite aujourd'hui, si l'on excepte deux mauvais exemples par le passé, dont je parlerai
En règle générale, la femme dans les films de super-héros est rangée dans la catégorie des faire-valoirs, des assistantes ou des compagnes éplorées tandis que le mâle s'en va livrer bataille contre super-vilains et démons en tous genres. Les femmes fortes sont bien présentes, comme Loïs Lane bien sûr dont la prestation par Amy Adams la rend attachante et en même temps déterminée à montrer qu'elle peut se situer au premier plan aux côtés des héros, qu'elle accompagne souvent sur le champ de bataille, n'hésitant pas à se mettre en danger quitte à être cataloguée comme têtue et légèrement désaxée à force de risquer sa vie comme ça sans avoir de pouvoirs.
Je le disais en introduction, il y a des précédents aux films de super-héroïnes, mettant les femmes fortes au premier plan et faisant tourner l'histoire autour d'elles et de leurs combats. Nous avons... Supergirl, dans les années '80, qui traitait la jeune cousine de Superman comme une fille un rien nunuche et cucul la praline, dont le seul véritable but dans le film est de sauver l'homme dont elle est tombée amoureuse d'une méchante sorcière le convoitant également. Ce n'est pas la maigre et maladroite insertion de mythologie kryptonienne qui changera la donne, malheureusement, et si le film a assez mal vieilli (à l'image des premiers Superman en couleurs) il faut quand même lui attribuer le mérite d'avoir tenté quelque chose de nouveau à l'époque, un pari qui relevait de l'insensé.
Nous avons ensuite en second exemple, et bien tristement en mémoire, le film Catwoman ultra-sexué et débilitant des années 2000. L'héroïne est réduite à l'état de sex-interest durant tout le film, quand bien même il y aurait un message positif à en retenir comme un combat pour l’essor de la féminité libre, etc. Non vraiment, rien à sauver dans ce film, ni le massacre des personnages ni celui de l'intrigue inspirée vaguement de ce que les comics racontaient à l'époque. Très vaguement, même. Donc rien d'intéressant à retirer de ce film à part des postures aguicheuses tout au long de la pellicule et un scénario d'une platitude exaspérante tant cela confine au nunuche.
Un autre exemple me revient soudain à l'esprit, celui du film Elektra du côté de chez Marvel (pas encore Marvel Studios attention). La femme forte que l'on avait le plaisir de voir combattre (et mourir bravement) aux côtés de Daredevil dans le film homonyme a eu droit à sa résurrection et à son propre film... qui se perd malheureusement très vite dans les méandres de son scénario presque incompréhensible et aussi torturé que son héroïne. Dommage car là il y avait un vrai potentiel qui se rapproche davantage de Wonder Woman telle qu'on voudrait la voir, en guise de combattante expérimentée contre les forces du Mal. Mais fatalement, comme si une terrible malédiction était à l’œuvre, nous n'aurons droit qu'à un film plat, sans succès ni intérêt à part quelques chorégraphies sympathiques pour le profane.

Ce qui nous amène donc au cas de Wonder Woman, telle que l'interprête depuis Batman v Superman l'actrice Gal Gadot. Le film sortira dans deux jours, mercredi 7 Juin 2017, et je me suis bien gardé de voir les bandes-annonces et autres trailers et teasers en tous genres, pour me préserver une expérience sans gâchis ni moments gênants où l'on se dit que le film part exactement dans la direction que l'on prévoyait/craignait. J'espère le maximum pour ce film, car le traitement du personnage de Diana Prince a été sans failles jusque là sous Zack Snyder pour Batman v Superman. Correctement dirigée et mise en scène, l'actrice nous fait découvrir à l'écran une femme forte, qui n'a rien à envier à ses collègues masculins, bien au contraire même elle pourrait leur en remontrer. Personnellement et principalement j'ai peur de deux choses : premièrement, que le film soit une sorte de copié-collé du premier Captain America sorti en 2011 et se déroulant durant la Seconde Guerre Mondiale. Ici on parle de la Première, mais à part ça il peut y avoir beaucoup de similitudes et j'ai un peu peur qu'on ne fasse trop facilement le rapprochement. Encore une fois je n'ai vu que le tout premier trailer, donc si vous avez des éléments de réponse à apporter : abstenez-vous.
Secondement, à la vue des exemples précédents de films de super-héroïnes je redoute un excès de traitement féministe pour contrebalancer cette image neuneue que l'on a déjà que trop vu. Quelques blagues ou quelques pointes ici et là devraient suffire à faire passer le message, du moins je l'espère. J'espère aussi et surtout que le traitement proposé par Zack Snyder sera respecté et continué, avec quelques nuances bien entendu puisqu'il ne s'agira pas d'une suite mais d'une préquelle à l'univers DC au cinéma.
Enfin et avant toute chose, il faut bien se rendre compte que c'est pratiquement un sans-faute que l'on attend de ce film. Le public, les critiques et surtout les gros studios, qui il ne faut pas croire misent tous très gros sur ce film, car il sera le test ou la valeur étalon à laquelle se jaugeront les autres films d'héroïnes prévus (Black Cat/Silver Sable, Captain Marvel) par les concurrents. Wonder Woman/Gal Gadot a donc une sacrée pression sur les épaules, et je croise les doigts pour que son film puisse répondre à toutes les attentes et même réussir à en surprendre plus d'un, moi y compris ! Vous le saurez bientôt de toute manière. Rendez-vous le 7 Juin dans les salles !

lundi 15 mai 2017

La question du lundi n°36 : Les bandes-annonces peuvent-elles tuer le film ?


L’intérêt publicitaire des bandes-annonces n’est plus à démontrer. Quand le public voit, ne serait-ce que 30 secondes d’annonce sur le dernier film de super-héro, dessin-animé ou comédie, l’euphorie monte (ou pas). L’objectif vous l’avez compris : donner envie aux spectateurs d’aller regarder l’œuvre cinématographique proposée.

Mais il arrive que le spectateur soit déçu. Entre l’annonce de la sortie du film et son arrivée en salles, peuvent s’écouler plusieurs mois, le studio devant donc maintenir l’intérêt. C’est de cela qu’il s’agit ici. Les bandes-annonces pourraient-elle avoir l’effet inverse que celui escompté ?
Le débat s’est ouvert un vendredi soir, notre quatuor retraçait les sorties ciné ainsi que les futurs films et projets. Souvent dans la bande, l’idée de ne pas voir de bandes-annonces pour ne rien se spoiler sur un film supposé intéressant est retenue. Dans notre petite communauté, le fait est que si un film vous tente, ne regardez aucune bande-annonce, ne lisez aucun article, évitez au possible de voir le moindre élément de spoil.
L’exercice demande une habileté sans faille et une attention de tous les instants. Prenons le cas de Star Wars. Comment ne pas se spoiler l’intrigue au vu de toute la publicité brassée dans les médias ? J’ai lutté autant que possible pour ne rien me révéler, j’ai même fui certaines discussions aux soirées mondaines, les ami(e)s me renvoyant pour ne pas me gâcher le plaisir de la découverte. Au final, le jeu en valait-il la chandelle ? … L’ami Thomas (Toto, pour les intimes), en tout cas, n’a pas été déçu concernant les Gardiens (« Groot power ! »).
Il faut dire que concevoir une bande-annonce ou un trailer est d’une complexité extrême. Il faut donner le ton du film, son ambiance et son intrigue, sans jamais rien révéler d’important, le tout en seulement une ou deux minute(s). Beaucoup de réalisateurs ont du s’y casser les dents. Les spécialistes ont leurs méthodes bien rodé, mais quand il faut réaliser plusieurs annonces à quelques mois d’intervalle et que l’œuvre n’est même pas finie, est-ce vraiment judicieux ? ...
On peut prendre l’exemple du premier trailer qui nous montre un passage qui a disparu de l’œuvre final ; « pourtant cette réplique avait l’air bien ! », Ou pire, qui présente un élément mineur comme étant développé tout au long du scénario ; « c’est bizarre l’intrigue ne correspond pas à ce que j’avais compris ». Au final l’annonce peut être décalée par rapport à l’œuvre finale. Publicité mensongère (« remboursez ! », crie la foule en colère) ?
Non, la difficulté réside dans l’interprétation et la demande du public. La comédie (Jour J, Raid dingue, etc.), spécialité française laissera voir dans ses annonces une ou deux des meilleure(s) blagues ainsi que l’intrigue principale. En effet, si le reste n’est pas beaucoup plus drôle, c’est la déception, cependant ce point reste à l’avis du spectateur.

De l’autre coté de l’Atlantique, la spécialité c’est le grand spectacle, donc seront mis au premier plan les bagarres et autres moments épiques entre deux répliques comiques. Et souvent on ne se trompe pas. Les supers-héros l’ont compris, ce qui plait et donne envie d’aller au cinéma, ce sont les menaces interplanétaires qu’il faut éliminer dans de superbes décors. On peut même pousser à l’excès avec la bande-annonce du dernier Transformers, où parmi toutes les explosions, une réplique sur trois informe que les protagonistes veulent lutter (dans les flammes cette fillette ensanglantée disant vigoureusement : « je veux me battre »). Lutter pourquoi en fait ? …
Je ne poursuivrai pas sur les annonces concernant les films (que nous ne regarderons jamais) produit par Bollywood, où les révélations concernent, j’imagine, les principales chansons (et oui la comédie musicale est la norme là-bas).

À l’inverse des paragraphes précédents, on peut noter le cas des bandes-annonces qui au fil des mois se succèdent et finissent par nous révéler l’intégralité du film.
Prenons le cas du dessin animé Baby Boss. Le premier trailer nous présente la situation générale : un scénario sympa où un bébé en costume est adopté par une famille. Les parents ne voient qu’un enfant, alors que leur premier fils (et les spectateurs) voient tout de suite ce qui cloche. Le deuxième trailer approfondit cette base, et là, c’est le drame… toute l’intrigue est révélée sauf le dénouement qui semble prévisible. L’objectif est rempli, les amateurs et enfants iront voir le film, les autres oublieront… Tous les membres de notre équipe, ont connu ce cas, les bandes-annonces successives, nous révélant trop d’éléments, ne nous incitent pas à aller en salles (comme les Power Rangers). Pour autant les DVD pourraient éventuellement rejoindre notre collection.

C’est dans cette optique, que pour de grands films (chers à nos cœurs et non les plus populaires) nous préférons éviter tout spoil, allant même jusqu’à sortir du cinéma si la bande-annonce du film attendu passe (on revient après bien-sûr). Comme je le disais plus haut l’exercice demande beaucoup d’attention et de sacrifice, êtes-vous prêt à cela ?
D’autant plus que les gros films à budget peuvent par leurs brassages publicitaires nous faire passer à coté de cette petite perle du cinéma.
Les exemples de décalage entre trailer et films peuvent être nombreux et je suis sûr que ça vous est déjà arrivé. La déception animant votre être, pourtant quand on revoit le film à la télévision la petite voix nous dit ; « Pourquoi j’ai pas aimé en fait ? ». Alors de mon avis il faut prendre des risques ! Les films pouvant être à notre goût sont clairement déterminés par la ou les première annonces (date de sortie ou projet). À partir de là il faut éviter autant que possible les autres. Le danger est d’être déçu en allant au cinéma à l’aveugle. Mais la surprise bonne ou mauvaise ne vaut-elle pas mieux ?

Vous seuls avez la réponse.