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mardi 28 juillet 2020

Lady Mechanika tome 6 - La Belle Dame sans merci (Glénat Comics - Octobre 2019)


Alors qu’elle aimerait poursuivre son enquête sur les prothèses mécaniques ressemblant beaucoup aux siennes et détenues par Lord Blackpool, Lady Mechanika se voit sans cesse contrainte de repousser ses investigations pour s’occuper de Lewis, qui passe le plus clair de son temps ivre mort dans des pubs ou des ruelles sombres. Il se reproche en effet les récentes déconvenues subies par leur tandem, et ne trouve le réconfort que dans l’alcool et la solitude.

Du moins était-ce le cas jusqu’à il y a peu, quand il fait soudain la rencontre d’une jeune veuve qui le séduit aussitôt et devient véritablement sa muse créatrice, l’inspiration de chacune de ses inventions et de chaque concept qui fleurit dans son esprit. N’écoutant que son cœur, Lewis est en train de renaître et de vivre une période d’hyper créativité qui a de quoi laisser sans voix… mais, malheureusement, tout n’est pas rose et il y a des aspects de cette nouvelle relation que Lewis n’entrevoit même pas ou ne veut pas voir, comme par exemple ses soudains accès maladifs et de fatigue nerveuse.

Lady Mechanika tente alors d’en apprendre davantage sur Léa, la compagne de Lewis, avec laquelle il a pour projet de se marier très bientôt dans la luxueuse propriété de la belle en France. Son enquête conjointe avec Winnifred, la nièce de Lewis, l’amènera à pénétrer dans un monde qu’elle connaît assez mal, celui de la magie et du mystique. Car Léa semble bien être une véritable créature d’un autre monde, inspirant son aimé comme personne d’autre mais s’abreuvant de sa vie mortelle en retour…

Fidèle à leur amitié même brisée, Lady Mechanika va alors tout faire et tout tenter pour permettre à Lewis de retrouver la raison et de renoncer à ce mal qui le ronge, même si pour cela elle devra peut-être lui en faire bien davantage…

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Sixième tome et une histoire encore magnifiquement écrite et dessinée pour la magnifique Lady Mechanika si chère à Glénat Comics ! Les couvertures sont toutes somptueuses, et le dessin intérieur n’est pas en reste croyez-le bien ! C’est simple, comme d’habitude, chaque page est couverte de dizaines de détails qu’il faut vraiment explorer de bout en bout, chaque petite case est elle-même une œuvre d’art et je ne parle même pas des architectures et des tenues que les auteurs inventent ou reproduisent pour leurs créations d’encre et de papier.

Toujours une série de très haute qualité, qui nous plonge dès les premières pages au cœur de l’intrigue et de l’action avec aussi beaucoup de réflexion et de références à saisir pour les amateurs du genre. Le succès de Lady Mechanika ne se dément pas, et chaque fois que l’on referme un nouveau tome on a tout de suite hâte d’avoir le suivant entre les mains ! Glénat est aussi généreux en bonus puisque nous avons droit à plusieurs pages en noir et blanc, simplement encrées, afin d’encore mieux percevoir les multiples détails et efforts des artistes. Du génie ! Et de qualité, qui plus est !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 5 novembre 2019

Smart Girl tome 1 (Éditions Réflexions - Mars 2019)


Dans un avenir pas si lointain, la technologie a franchi pratiquement tous les obstacles moraux de la société pour permettre à une nouvelle génération de super-entreprises de voir le jour. Des adeptes de l'intelligence artificielle à tous les niveaux, des droïdes perfectionnés transformés en assistants personnels pour le travail comme pour le plaisir, des compagnies entières faisant des profits sur le remplacement des humains par les robots pour les travaux les plus complexes ou ordinaires... un futur bien sombre donc.

Yuki est la Smart Girl personnelle de l'ingénieur Hiro Tonazzi, qui travaille pour IMAI Tech, l'une des sociétés au top de la technologie d'intelligence robotique et artificielle. Leur relation malsaine tourne souvent autour du sexe bestial et sans sentiments, ainsi qu'une sévère dévalorisation constante dans le milieu professionnel ou face aux autres droïdes. Alors, quand Yuki commence à connaître plusieurs pannes ou dysfonctionnements, Hiro n'hésite pas bien longtemps avant d'accepter de la remplacer par un modèle plus récent et performant. Problème, Yuki est convaincue d'être amoureuse de son maître et ne supporte absolument pas le changement brutal qui s'opère dans sa vie.

Désobéissant à tous les ordres de Hiro, Yuki parvient à s'enfuir et erre dans la mégalopole industrielle à la recherche d'une solution pour que tout redevienne comme avant et qu'elle puisse s'améliorer. Cependant elle ignore qu'elle représente pour Hiro une source d'angoisse écrasante, car elle possède en elle plusieurs fichiers très compromettants qui ne doivent à aucun prix tomber dans les mains de la concurrence, ou pire. En plein climat social défavorable aux androïdes, Yuki va être capturée par des trafiquants et forcée de combattre d'autres robot dans une arène pour le bon plaisir des visiteurs, jusqu'à ce qu'on l'aide à s'échapper et surtout à outrepasser ses protocoles de sécurité afin qu'elle puisse se rendre compte de l'horreur de sa situation... et commencer à se venger de son maître, quel qu'en soit le prix !

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Smart Girl est une petite série indépendante de qualité, en noir et blanc, traitant d'un monde futuriste à la Blade Runner mais qui m'a surtout fait penser au film A.I. Intelligence Artificielle par sa force, ses thématiques abordées et son ton dramatique. De très bonnes inspirations donc, et la série est un parfait mélange des meilleures œuvres du genre en format comic-book. Grâce aux Éditions Réflexions nous disposons déjà des deux premiers tomes en V.F., pas forcément très faciles à trouver ou très répandus sur le marché mais accessibles pour tout nouveau lecteur qui voudrait se faire une idée d'un bon récit de science-fiction exploitant les failles d'un système usé jusqu'à la corde.

On s'attache immédiatement à Yuki et on espère qu'elle parviendra à s'en sortir sans trop de mal, même si évidemment elle est conçue par son auteur pour souffrir un maximum dans sa quête de vérité et d'indépendance, comme tout bon héros tragique qui se respecte. Vivement la suite ! Je conseille toutefois cette série à un public assez mature pour bien comprendre toutes les implications de l'histoire et les relations complexes entre les personnages.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 20 mai 2019

The Cyber Spectre tome 1 - Terrain hanté (Alayone Comics - Mai 2019)

Couverture exclusive Original Comics, par Joe Benitez

New Camden, l'an 2246. La société est presque totalement informatisée, le système judiciaire ne commet plus d'erreur, du moins en apparence, et il est devenu aussi aisé pour ses agents de prélever la mémoire d'un individu que de contrôler son identité. L'Organisation, qui contrôle les agents tels que notre héroïne Kiri Minkowski et son partenaire Jobin Leigh, sait tout sur tout le monde et ne laisse fuiter aucune information si ce n'est pas nécessaire. Malheureusement, la ville est sous tension depuis quelques temps. Un mystérieux criminel assassine les agents les uns après les autres en se jouant des failles du système réputé infaillible et en montant ses proies les unes contre les autres. Après le meurtre de son collègue, Kiri est recherchée pour une extraction mémorielle qui pourrait apprendre aux hauts responsables quelques éléments importants du dossier, au détriment de la vie du sujet. Alors qu'elle est en fuite et que les troupes spéciales sont à ses trousses, Kiri trouve de l'aide en la personne inattendue du mystérieux Zéro-Un, qui lui intime de le suivre si elle veut survivre aux prochaines heures. Réfugiés dans un bordel, nos héros se regroupent en petit comité de résistants qui tentent eux aussi de démasquer le tueur ainsi que de faire éclater au grand jour les failles du système. Cernés et traqués de toute part, ils ne savent plus à qui se fier à l'extérieur. Kiri pourrait bien jouer sa vie toute entière sur un coup du sort, et si elle n'y prend pas garde elle pourrait elle aussi figurer sur le tableau de chasse du meurtrier fantôme...

Voici la première parution que je lis chez Alayone Comics, le label indépendant de Thomas Rivière, et je suis loin d'être déçu ! Les dessins sont magnifiques, signés Randy Green qui renoue avec sa grande époque de Tomb Raider et Alé Garza en grande forme lui aussi. Les couleurs chaudes et attirantes sont l’œuvre d'Oracle, tandis que le scénario un brin fouillis par moments il faut le dire est signé Richard Emms. Que dire de plus sur cette série sans vous spoiler davantage... il faut la lire, elle mérite l'investissement selon moi et je remercie Original Comics et Alayone d'avoir mis la main sur cette petite perle des studios indépendants Scout Comics. Pour son lancement, nos amis éditeurs ont mis le paquet et nous servent une édition au top, sur du papier de très bonne qualité, épais et qui met bien en valeur les couleurs, et non pas une ni deux mais bien trois couvertures différentes suivant votre préférence ! Celle que j'ai retenu pour moi-même est dessinée exclusivement pour Original Comics par le très brillant Joe Benitez en personne, limitée à 150 exemplaires et d'ores et déjà totalement épuisée. Consolez-vous il reste encore la couverture principale et celle collector, mais dépêchez-vous car quelque chose me dit que celle-ci sera également rapidement en rupture.
Pour conclure : une série indépendante fraîche et futuriste, de la science-fiction se réclamant de Blade Runner ou encore Ghost in the Shell et qui vaut le détour, même si on ne va pas se mentir c'est un peu difficile de rentrer dedans au premier abord, il faut laisser le premier chapitre arriver en douceur pour que les choses se clarifient un peu mais pas trop. C'est un tome 1, donc si tout se passe bien il devrait y avoir un tome 2 un de ces jours chez Alayone je l'espère, avec le même niveau d'exigence et de qualité cela va de soit ! Bonne trouvaille et bonne surprise, je conseille vivement !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


vendredi 27 avril 2018

La V.O. du vendredi n°100 : REM:8 tome 1 (Rothic Comics - A Rothic Novel)


Pour la 100ème chronique d'une œuvre en Version Originale sur Radiophogeek, j'ai eu beaucoup de mal à vous sélectionner quelque chose d'unique, d'assez original et neuf pour vous intéresser et vous offrir quelque chose d'incroyable en terme d'expérience de lecture. Et je crois avoir trouvé avec ce premier tome d'une œuvre de la désormais assez connue JP Roth, entourée par le meilleur de ce qui se fait dans le monde des comics comme dessinateurs et encreurs.

REM:8, c'est... comment dire, c'est une histoire d'amour assez classique, un amour passionnel et fusionnel entre deux jeunes femmes ayant enduré une douloureuse expérience génétique pour devenir de parfaites exécutrices des fantasmes des hommes assez riches et puissants pour se les payer. Elles possèdent un pouvoir particulier, le REM, qui leur permet d'entrer dans l'esprit de leurs maîtres pour leur faire connaître la meilleure expérience possible suivant leurs désirs et leurs ordres. Véritables poupées sexuelles pour certains, objets d'intérêt pour d'autres, les jeunes femmes et jeunes hommes ayant survécu au processus de transformation en REM sont très demandés. Mais celles qui nous intéressent ici tout particulièrement ont une histoire bien à elles en commun : un amour sincère, une envie de vivre à toute épreuve, qui sera malheureusement le début de leur perte. Un homme, un puissant Senji, se sert de la jeune Beck comme moyen de pression afin d'obtenir de Tae, son amie et amante, qu'elle mette ses pouvoirs à son service pour assassiner un rival. Mais une fois la mission achevée (ou bien abandonnée, nous n'en savons guère plus) le Senji trahit sa parole et tue Beck dans une mise en scène savamment orchestrée et devant les yeux impuissants de Tae, qui dès lors jure de se venger. Son désir le plus cher est désormais de trouver un moyen de ramener Beck dans le monde des vivants, en dehors des rêves qu'elles partagent encore par leur connexion spirituelle, et surtout de faire payer le prix du sang à tous ceux responsables de cette situation et de ce crime abject. Pour cela, Tae va devoir plonger loin dans les profondeurs nocives et cachées de cette société idéalisée, afin de trouver ceux qui comme elle rejettent le système et qui seront peut-être capables de l'aider à exaucer ses deux souhaits. Mais peut-être y aura-t-il un prix à payer, à nouveau, pour obtenir justice...

C'est avant tout une œuvre poétique extrêmement forte et puissante, vibrante dans les cordes sensibles de chaque individu, faisant s'éveiller tantôt la passion tantôt la crainte, en une succession de tableaux vraiment magnifiques mis en images par Dawn McTeigue et Collette Turner, avec une recherche graphique vraiment au top de ce que l'on trouve dans le milieu des comics. C'est une véritable œuvre d'art que nous tenons là entre nos mains, à plus d'un titre, et il faut clairement lui laisser sa chance et partir à fond dans cette aventure spirituelle et émotionnelle très intense. Si le style tant graphique (disposition des cases, agencement des dialogues, poèmes disséminés en pleine histoire) que scénaristique peut en déboussoler plus d'un, c'est malgré tout un pas nécessaire à franchir pour profiter pleinement de cette expérience. JP Roth est une auteur magnifique et de grand talent, accompagnée des meilleurs de la profession, et elle mérite bien qu'on lui consacre cette 100ème chronique V.O. ! Rendez-vous dans quelques semaines pour d'autres histoires si celle-ci vous a intrigué et plu.

lundi 30 octobre 2017

La question du lundi n°59 : Comment un film devient-il culte ?


Depuis la création du cinéma, une myriade de films a été réalisée un peu partout dans le monde. Des films de catégories différentes (humour, horreur, dramatique, comédie, etc.). Chacun de ces films peut aller du très mauvais au très bon en prenant en compte plusieurs critères ainsi que les goûts de chacun.
Toutefois, certains de ces films atteignent le statut de film culte. Des œuvres de référence qui dans la catégorie à laquelle ils appartiennent deviennent des œuvres incontournables. La question du lundi sera donc : sur quels critères peut-on se baser afin de définir un film culte ?

L'originalité d'une œuvre : Cette originalité peut se définir sur de nombreux points. Son scénario qui peut traiter de quelque chose peu banal, à titre d'exemple, on peut citer la trilogie culte des Retour vers le Futur qui traite du voyage dans le temps, un sujet qui n'est pas forcément simple, et qui s'adresse à tous les publics. La façon d'être filmé (en noir et blanc, jeu d'ombres et de lumières, ambiance atypique) peut servir à se distinguer des autres. La manière dont l'histoire peut être racontée comme la narration dans Pulp Fiction qui ne suit pas l'ordre chronologique des évènements. Un film culte peut se caractériser par sa capacité à innover et à renouveler le genre auquel il appartient.

L'influence sur la culture populaire, le fait que les gens parlent du film pendant et après sa sortie. Des répliques, des scènes cultes qui restent gravées dans les mémoires et qui identifient tout de suite le film en question. Cela peut s'exprimer également par le biais de parodie humoristique. Également, un film culte peut influencer par la suite des réalisateurs dans leurs œuvres.

Le contexte de l'époque de la sortie du film peut également permettre de donner à certains une portée plus significative et un impact important sur le public et ainsi contribuer à sa notoriété.

Il est également difficile de dire si des chiffres élevés au box-office reflètent ce statut que peut acquérir un film. Un exemple notamment avec le cas de Blade Runner qui a couté 28 millions de dollars et qui a réalisé une recette de 33,8millions de dollars, ce qui est loin d'être un succès alors que par la suite le film a acquis une réputation indéniable dans l'univers de la SF et a donné lieu
à une suite sur les écrans cette année.

Le fait qu'on prenne plaisir à revoir un même film, que l'on parle encore de celui-ci des années après, c'est ce qui permet aussi aux films cultes de garder ce statut. Il est également plus simple d'identifier un tel statut pour des films anciens alors qu'à l'heure actuelle avec la profusion de films et de blockbuster projetés sur les écrans, il n'est pas forcément aisé de savoir ce qui restera dans les mémoires ou pas. Ainsi si les épisodes 4, 5 et 6 de Star Wars sont des œuvres cultes, en sera-t-il de même pour les épisodes 7, 8 et 9 ? Seul le temps nous le dira.

Bon visionnage, lecture, jeux à tous et à bientôt !

mercredi 27 septembre 2017

Rai tome 2 - Second cycle : 4001 A.D. (Bliss Comics - Juillet 2017)


Dernier tome de la série.

Rai a été banni du Néo-Japon par Père après sa trahison. Exilé sur l'enfer que l'on appelle la Terre, il lutte aux côtés du Guerrier Éternel pour trouver le moyen de revenir sur la station orbitale du Néo-Japon afin de vaincre Père une fois pour toutes avant qu'il ne commette l'irréparable. Car pendant ce temps en effet, Père a été infecté par un virus informatique implanté par les rebelles, et pour s'en purger il fait pleuvoir des sections entières du pays-satellite sur Terre, dans un exode massif de sacrifices. Grâce à une technologie issue du passé, Rai parviendra à regagner le Néo-Japon avec ses alliés et il combattra Père pour la sauvegarde de ce qui peut encore l'être... mais Père entend bien garder jusqu'au bout le contrôle du pays, même si cela signifie qu'il doit le détruire pour que personne d'autre ne le possède.
Sur Terre, au sol, plusieurs civilisations s'éveillent alors que le Néo-Japon fend les cieux pour s'écraser un peu partout depuis son orbite lointaine. Des peuples survivants de l'holocauste se redressent enfin et apprennent à espérer à nouveau, en un avenir meilleur grâce à l'union des différentes forces et au retour de la Géomancienne, protégée par le Guerrier Éternel. Le monde est-il prêt à guérir, après tant de siècles de maladie et de misère ? L'occasion de faire un tour du côté des autres grands héros de l'éditeur Valiant et de constater leur situation en cette année 4001 catastrophique. Beaucoup ont changé, beaucoup sont devenus autre chose, de nouvelles incarnations de ce qui était par le passé, mais tous ressentent à nouveau l'appel de l'humanité et le besoin de repartir au front pour lutter pour la survie de tous.

J'ai enfin trouvé le temps de lire ce pavé magistral, et nom d'un positron qu'est-ce que c'était bon ! La fin de la série Rai elle-même se trouve dans les quelques chapitres de la première moitié de cet album magnifique, dessinés par Clayton Crain et Cafu et toujours sur un scénario de première classe écrit par Matt Kindt. 4001 A.D. c'est le retour de Rai au Néo-Japon pour l'affrontement final face à Père, c'est aussi la fin de toute une époque et le début d'une ère nouvelle, qu'on a très envie de suivre après tout ce qu'on vient de lire ! Pour nous en donner un aperçu édifiant, la seconde moitié de l'album est consacrée à d'autres séries de l'éditeur impactée par les événements du Second cycle, comme Bloodshot, X-O Manowar, Shadowman ou encore War Mother. Les dessins sont tous très bons, la cohorte d'artistes mobilisés pour l'occasion fait pâlir d'envie et le résultat crève les yeux, c'est magnifique et magistral du début à la fin. Une excellente fin de série qui annonce un renouveau et, peut-être, la venue d'un nouvel univers, avec de nouveaux héros succédant à ceux du passé. Une des meilleures lectures que j'ai pu suivre ces derniers mois !
Petite précision concernant les bonus : vous trouverez en fin d'album (une grosse fin) toutes les couvertures alternatives de la série et des autres invitées, ainsi que des pages crayonnées de toute beauté. La fameuse couverture spéciale Original Comics est également disponible à l'intérieur, donc vous ne regretterez pas forcément l'achat de la version normale.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 26 avril 2017

Les Gardiens de la Galaxie vol. 2 (James Gunn - Marvel Studios - 2017)


Rassurez-vous, pas de panique je ne vais pas vous spoiler ce film magnifique qui contient un lot absolument colossal de pépites et de bonnes surprises mais aussi d'émotions profondes et variées. Je vais simplement vous parler des thèmes principaux, à savoir toujours l'amitié comme dans le premier volet mais aussi et surtout cette fois, la famille ! Plus que jamais le thème de la famille, de ce qui constitue notre famille autour de nous, est au cœur de l'histoire et de son déroulement. Qu'il s'agisse de la quête d'identité de Peter ''Star-Lord'' qui l'amènera à retrouver son véritable père, jusqu'à la réunion des deux sœurs ennemies Gamora et Nébula, en passant par la famille purement affective que l'on peut se créer tout au long de sa vie et de ses aventures et autres pérégrinations. C'est un film conçu et pensé également pour toute la famille, tout le monde y retrouvera des références cultes de plusieurs générations, des années '80 jusqu'à très récemment. Le film est également extrêmement culte de par les nombreux caméos et petits clins d'oeil qui le parsèment et qui se savourent à chaque fois avec la même joie jubilatoire.

Je vais m'arrêter ici car je pense que nous en parlerons davantage dans une émission une fois que toute l'équipe de Radiophogeek aura vu le film, mais une chose est sûre c'est peut-être bien le film le plus déjanté et familial de l'écurie Marvel Studios, et il n'a rien à envier à son premier volet, bien au contraire on peut même dire que le fils dépasse le père par certains aspects. Foncez le voir et faites en sorte qu'il devienne un des plus gros succès du studio pour qu'on puisse en ravoir une dose ! Un grand bravo à James Gunn qui a su préserver sa vision particulière de l'équipe et de son univers ainsi que de son évolution, et qui nous livre ici un film encore plus sincère et puissant que le précédent.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 4 janvier 2017

Passengers (Morten Tyldum - Sony Pictures Entertainment - 2016)


Dans un monde futuriste où la technologie du voyage dans l'espace s'est largement développée, le Starship Avalon de la compagnie Homestead fait office de véritable vaisseau de croisière. Embarqués à son bord, plus de 5000 personnes vont faire un voyage de près de 120 ans depuis la Terre en direction de la planète Homestead II, havre paradisiaque où un nouveau départ est garanti pour tous. Mais, après avoir traversé un champ d'astéroïdes, le vaisseau connaît quelques avaries et l'unité de sommeil artificiel réveille alors un des passagers 90 ans trop tôt, Jim Preston (joué par Chris Pratt), qui se retrouve donc seul être vivant à bord et commence une longue période de questionnement et de dépression, jusqu'au moment où il prend la lourde et difficile décision de réveiller à son tour une autre passagère, Aurora Lane, écrivain dont il est tombé amoureux en lisant les ouvrages. Lui faisant croire qu'elle aussi a été réveillée suite à une panne du vaisseau, il parvient à mener quelques temps une vie merveilleuse en sa seule compagnie... jusqu'à ce que la vérité n'éclate.

Il y a énormément de choses à dire sur ce film, à commencer par le fait qu'il s'agit d'une œuvre de science-fiction vraiment excellente et touchante à plus d'un titre. Chris Pratt et Jennifer Lawrence ont une vraie alchimie à l'écran, et on les voit ici comme jamais auparavant. Ce huit-clos gigantesque et parfois angoissant nous plonge tête la première dans la folie et la dépression qui s'installent à cause d'un trop grand isolement, et des conséquences qu'une décision peut avoir sur deux êtres que tout finira par opposer. L'intrigue en elle-même n'est pas forcément très originale, on sent les grands moments venir à l'avance, mais c'est justement cette attente et cette tension qui font que Passengers est une vraie réussite. Je m'arrête là pour ne pas trop vous en dévoiler non plus, mais sachez qu'il y a bien plus encore à y voir que ce fil rouge principal, et je vous conseille vraiment d'aller le voir au cinéma pour en profiter un maximum !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 27 décembre 2016

Carrie Fisher n'est plus.


L'année 2016 restera dans les mémoires pour son lot de décès iconiques. Elle s'achève pratiquement à présent, mais en emportant une nouvelle étoile : Carrie Fisher n'est plus. Décédée suite à une crise cardiaque, l'actrice qui est surtout retenue pour avoir joué le rôle emblématique de la Princesse Leia dans la saga Star Wars au cinéma nous manquera énormément, aux fans comme aux autres, à l'heure où l'ancienne génération rencontre la nouvelle dans les films les plus récents. Adieu donc Carrie Fisher, et merci pour votre énorme contribution au monde de la science-fiction et du divertissement. Nous ne vous oublierons jamais !

samedi 3 octobre 2015

Rai tome 2 – La chute (Panini Comics – Septembre 2015)


L'heure de la révolte a sonné. Le Néo-Japon est parcouru par un vent de rébellion envers l'autorité toute-puissante de Père, le super-ordinateur gérant l'ensemble du pays. Alors que les conspirateurs se rassemblent et mettent au point l'assaut final, Rai en découvre un peu plus au sujet de ses origines, de sa création et, peut-être, de son destin. Une chose est sûre, cependant : le protecteur du Néo-Japon a bien l'intention de s'émanciper et de se débarrasser de l'influence de Père à son tour, comme plusieurs de ses ancêtres. Mais est-il réellement prêt à affronter ce qui va suivre ? Pourra-t-il accepter la terrible vérité à son propre sujet ?

Vous le vouliez, vous l'avez, Rai tome 2 est sorti ce mercredi 23 Septembre. Regardez-le bien et profitez-en pleinement, parce qu'on ne risque pas d'en avoir un troisième ! Panini ayant en effet annoncé qu'ils ne reconduisaient pas les droits des parutions Valiant Comics pour l'année prochaine, ce qui pouvait déjà se deviner depuis quelques temps au vu de l'absence totale de nouveaux tomes pour les séries déjà parues depuis 2014.

L'histoire suit son petit bonhomme de chemin, le développement est peut-être un peu trop rapide dans ce tome-ci mais il y a beaucoup à traiter et à présenter au lecteur. Vous noterez toujours avec plaisir plusieurs clins d’œil à des œuvres légendaires de la science-fiction telles que Docteur Who ou encore Alien. Le dessin de Clayton Crain est toujours aussi somptueux et détaillé, une vraie partie de plaisir que de lire ces albums et de les admirer !

A noter, la fin de ce tome est une fin dite ''ouverte'', qui vous laisse le loisir d'imaginer la suite (tout en concluant tout de même un arc), étant donné que nous ne la lirons sans doute jamais en V.F.. L'occasion peut-être de passer à la lecture en V.O. pour les plus acharnés d'entre nous (voir l'émission sur le sujet, justement), mais vous devrez vous armer de patience car Valiant n'est pas réputée pour beaucoup se presser à sortir les albums reliés de ses séries. Toutefois ça reste la meilleure solution à l'heure actuelle pour terminer les séries que Panini vous a offert durant deux ans, à voir si ce transfert de lecture en vaut vraiment le coup, il faudra pour cela se renseigner un peu en amont.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 29 juillet 2015

Belle (Robin McKinley - Pocket - Juin 2015)


Ce n'est pas une relecture du conte de La Belle et la Bête, plutôt une réécriture que nous offre Robin McKinley, auteur réputée pour ce genre très particulier ainsi que ses œuvres de fantasy. Fondamentalement je n'ai pas grand chose à vous dire sur ce livre, si ce n'est qu'il est très fidèle à l'esprit du conte original ainsi qu'à son déroulement, tout en gardant une part d'originalité bien à lui. Une lecture rapide, que je vous conseille si vous aimez relire en version plus moderne et poussée les contes de votre enfance. Belle n'a rien à envier aux premiers conteurs ainsi qu'à la fantastique version de Disney, c'est à la fois neuf et ancien, original et fidèle, mais surtout très agréable à lire sans voir le temps passer, un peu comme au sein de ce château fabuleux. Pas besoin d'un résumé, vous connaissez tous au moins une ou deux versions de cette histoire. Montrez-vous curieux et sautez le pas, cette nouvelle version offre tous les avantages des anciennes dans une nouvelle écriture romantique et poignante : la quête de soi, la solitude, la fatalité, l'amour, le changement, la rédemption. Recette mille fois approuvée, et Mnémos, éditeur sur qui on peut compter pour ce genre de chose, ne s'y est pas trompé en sortant ce livre en 2011. Cette réédition chez Pocket vous permettra de le lire à moindre prix et dans un format passe-partout idéal pour ces vacances déjà bien entamées.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 23 mai 2015

Évolution (Ivan Reitman - Columbia Pictures & Amblin Entertainment - 2001)


Ivan Reitman, ça vous dit quelque chose ? Réalisateur, entre autres comédies à succès, de S.O.S. Fantômes 1 & 2. En 2001, le bonhomme auréolé de gloire par la culture geek renaissante réalise un film avec D avid Duchovny (X-Files, Californication), Orlando Jones (Magnolia), Seann William Scott (American Pie) et Julianne Moore (Le Monde Perdu, Hannibal), intitulé sobrement Évolution et dont l'affiche reprend le meme Smiley. Sorti comme un film de science-fiction, contre toute attente c'est un relatif succès et le public est au rendez-vous avec plaisir ! Il y a même eu un dessin-animé relatant la suite des aventures du groupe de chasseurs d'aliens, tout comme il y avait eu quelques années auparavant pour le Godzilla de Roland Emmerich. Laissez-moi vous présenter cette histoire :

Arizona, début des années 2000. Le professeur Ira Kane vit une fin de carrière ennuyeuse et sans surprises dans une petite fac de biologie sans aucune prétention. Alors, quand une météorite s'écrase dans le désert non loin de la ville, c'est l'occasion pour lui comme pour son collègue et ami Harry Block, professeur de géologie et entraîneur sportif à ses heures, de faire une découverte primordiale pour toute l'humanité : la vie existe au-delà de la Terre ! Mais malheureusement, ces organismes au métabolisme d'évolution ultra-rapide sont loin d'être amicaux, et bientôt il s'agira d'une bataille sans merci pour désigner la nouvelle espèce dominante sur la planète si rien n'est fait d'ici-là pour endiguer le fléau qui menace. Avec l'armée qui s'en mêle et l'éviction des deux savants de l'équipe de recherche, il faudrait un genre de miracle pour empêcher que les choses ne tournent à la catastrophe ! Et les miracles, c'est précisément ce que la science réfute. Peut-être que la clé de la survie de l'humanité se trouve ailleurs, là où l'on aurait pas idée de la chercher...

Un film d'une heure et demie environ, minimum syndical de nos jours mais durée moyenne encore à l'époque. Une comédie qui n'a aucune prétention ni aucune visée qualitative. Et c'est bien ça qui la rend si efficace et géniale ! L'écriture est concise, dosée d'humour juste ce qu'il faut (donc beaucoup beaucoup beaucoup), les personnages sont attachants et drôles, convaincants, aucun n'est laissé de côté et le jeu des acteurs ne laisse rien paraître de médiocre, en plus on sent bien qu'ils s'amusent ! Quant aux effets spéciaux, puisqu'il s'agit d'un film de science-fiction, eh bien pour l'époque ils sont vraiment bons et crédibles à l'écran, sans trop en faire.
Non vraiment même en cherchant je ne trouverais rien à redire de mauvais sur ce film, qui n'est certainement pas le plus grand film comique ou de sf de tous les temps mais qui séduit son public assez facilement, comédie décomplexée qui sait jouer avec les bons codes des genres dont elle se revendique et fait son travail efficacement. On en redemanderait presque ! Je ne vais pas m'attarder en détail sur les thèmes abordés ou la construction de l'histoire, car ce n'est absolument pas ça l'argument vendeur : c'est juste un bon film, une bonne rigolade sans retenue, comme l'était S.O.S. Fantômes de son temps, réalisée par un maître du genre à qui l'on doit de nombreuses autres réussites à caler sans problème lors d'une soirée détendue entre amis pour rire et s'amuser. Donc un bon conseil il me semble, si vous cherchez précisément un petit film pour votre soirée qui vous sorte de l'ordinaire sans vous perturber. Donnez-lui sa chance, vous verrez !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 1 avril 2015

Rai tome 1 - Bienvenue au Néo-Japon (Panini Comics - Mars 2015)


Parce qu'il n'y a pas que Marvel ou DC (ou Image) dans la vie, voici venu pour moi le temps de vous parler d'un autre éditeur américain classé dans les ''Indépendants'', Valiant Comics. Thomas reviendra plus longuement sur l'histoire de cet éditeur dans une prochaine émission, je me contenterai donc de vous informer que depuis quelques mois Panini s'est emparé du catalogue du renouveau Valiant de 2012 (eh oui, eux aussi y passent) et nous propose plusieurs séries très originales dans une superbe et fort sympathique édition spéciale pour les Indés. Parmi toutes ces nouvelles séries, la plus récemment parue chez nous est Rai, seule série véritablement détachée du lot formé par les précédents car se déroulant presque 2000 ans dans le futur. Scénarisée par Matt Kindt (à qui l'on doit Revolver, JLA, Infinity : the Hunt ou encore Inhumanity : the Awakening) et dessinée par le formidablement unique Clayton Crain (Ghost Rider, Carnage, Venom vs. Carnage et X-Force pour ne citer que celles-là), cette série se déguste tranquillement et entraîne le lecteur dans un univers unique en son genre, tant graphiquement que dans l'écriture.

L'an 4001. Le Japon est devenu un gigantesque empire s'élevant jusqu'aux cieux et même au-delà, une titanesque mégalopole au développement exponentiel que rien ne semble arrêter, où chaque humain possède une intelligence artificielle de compagnie dès ses 16 ans, et où les maltraitances envers ces dernières sont monnaie courante. Dirigé par le bienveillant ''Père'', suprême autorité artificielle de l'empire, le pays connaît une ère de paix depuis deux millénaires et aucun crime grave n'a jamais été recensé depuis. Alors, quand le corps d'une citoyenne assassinée est découvert par accident après que ses tueurs s'en soit débarrassé, l'inquiétude gagne toutes les strates de la société. Père fait alors appel au protecteur de l'empire, celui que l'on surnomme aussi ''le fantôme du Japon'', le légendaire Rai ! Humain, machine, créature artificielle ou encore démon vengeur, aucun récit ne parvient à percer la vraie nature de Rai, mais sa mission est toujours la même : protéger le Japon et éliminer toutes les menaces désignées par Père, sans aucune forme de pitié. Mais quand, au court de son enquête, Rai va croiser la route de la jeune Lula, adolescente issue des classes modestes et rêvant de découvrir l'ensemble de l'empire, sa perception des choses et de sa mission risque d'être totalement chamboulée. Les mensonges et manipulations de Père lui sont peu à peu dévoilés, ainsi que sa véritable nature et les secrets de sa naissance, et il sera bien vite confronté aux terribles conséquences de son existence et de celle de ce Néo-Japon régnant au-dessus de toute vie. Désormais, tout va changer. Désormais, le protecteur du Japon va devoir le protéger... contre lui-même.

Une série vraiment très très intéressante et passionnante à la lecture autant qu'au simple visuel, du Clayton Crain en grande forme que l'on avait un peu perdu l'habitude de voir, et ça fait extrêmement plaisir ! Une histoire de science-fiction futuriste mêlant le super-héroïsme et les récits noirs, le tout servi par des dialogues qui tombent juste et un dessin somptueux, que demander d'autre ? Que les tomes suivant sortent, naturellement ! Et j'espère sincèrement que ce sera le cas et que Panini ne nous lâchera pas en cours de route, mais pour ça la solution est simple, toujours la même : vous, public, faites en sorte que cette série marche !
Pour les amateurs de clins d'oeil, il y en a de plus ou moins discrets dans cette série : personnellement, j'ai relevé du Alien, du RoboCop et même un peu de Demolition Man ! De quoi faire le bonheur de nombreux fans potentiels. L'univers Valiant est peut-être plus restreint que ceux des autres éditeurs, mais il regorge de séries de très bonne qualité et qui font toujours l'effort de viser l'originalité. Rien que pour ça, laissez-vous tenter par au moins un des 5 ou 6 titres parus grâce à Panini jusqu'à aujourd'hui, et de toute façon promis on vous en reparle dans pas longtemps car ici nous sommes presque tous conquis !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 21 mars 2015

Les Voies d'Anubis (Tim Powers - Bragelonne - Février 2015)


Réédition le mois dernier d'un des grands classiques du steampunk, par l'un des fondateurs du genre ! Bragelonne nous offre une édition magnifique, aux tranches dorées du plus bel effet, inaugurant ainsi une nouvelle collection fort prometteuse et envoûtante.

1983. Le professeur de lettres Brendan Doyle est au bout de sa carrière, plus rien n'avance et il piétine dans son étude du mystérieux poète britannique William Ashbless, dont la biographie succincte laisse de nombreux pans d'ombres. Désespéré, il en vient à accepter l'offre un rien étrange d'un vieux millionnaire ayant soi-disant percé les secrets du voyage dans le temps. Doyle va cependant découvrir que ce qu'il pense être une simple lubie, présenter à un groupe de riches amateurs littéraires une conférence sur le poète anglais Coleridge, est en réalité le prélude à une épopée que rien ne l'avait préparé à affronter. A travers les Voies d'Anubis, des failles dans le tissu spatio-temporel, le groupe va pouvoir se retrouver dans le Londres de 1810 et assister à un exposé donné par Coleridge en personne ! Mais les choses dérapent bien vite et Doyle se retrouve séparé du groupe avant le voyage de retour en 1983, restant ainsi coincé en 1810 sans possibilité de rentrer dans son époque à moins que quelqu'un du futur ne vienne le chercher, ce qui ne semble pas être une priorité. Brendan Doyle va alors apprendre à devenir un citoyen du début du XIXème siècle, dans lequel il pense pouvoir percer facilement grâce à ses connaissances historiques, faire fortune, changer le court du temps même, en sa faveur bien entendu ! Mais il va bien vite se rendre compte que la réalité est autrement plus rude qu'il ne l'envisageait, et le voilà réduit à intégrer une caste de mendiants professionnels pour subsister tant bien que mal au jour le jour. Pendant ce temps, de sinistres sorciers Égyptiens organisent un sombre complot pour profiter des voyages temporels permis par les Voies d'Anubis afin de briser l’essor de la Grande-Bretagne et de rendre à l’Égypte et ses anciens dieux leur grandeur passée, pour régner sur le monde durant les millénaires suivants. Embarqué involontairement dans ce nœud de manigances et de magie noire, Doyle devra apprendre à échapper aux périls qui l'attendent, dans cette vie et les suivantes, et déjouer le complot de celui que l'on appelle le Maître, tout en échappant à ses serviteurs zélés qui veulent lui mettre la main dessus pour le forcer à leur communiquer les coordonnées de toutes les failles qu'il pourrait connaître. Pourra-t-il jamais revoir son monde de 1983 ? Et surtout, doit-il pour cela risquer de changer l'Histoire, ou bien au contraire veiller à ce que chaque chose devant se produire se produise bel et bien, quitte à risquer sa vie pour cela ?

Ce roman, l'un des piliers du steampunk, explore les thèmes du voyage temporel et de ses nombreuses implications et contradictions, paradoxes, tout en le saupoudrant d'une enquête haletante à travers les époques et le fin voile séparant la réalité du rêve, la logique de la magie, le génie de la folie. Écris en 1983 par Tim Powers et déjà deux fois édité par Bragelonne (Avril 2013 puis Février 2015 pour la présente édition), ce livre se lit assez facilement, bien qu'il faille vraiment prendre son temps pour le savourer et le comprendre correctement. C'est une œuvre relativement accessible pour tout néophyte désireux de se forger une expérience dans ce genre dystopique, 475 pages d'enquête mystique et de paradoxes et boucles temporelles, des personnages très bien écris et mis en scène, qu'il s'agisse des bons comme des méchants, tous attachants à leur manière. Cette lecture s'apparente à une petite gymnastique spirituelle pas bien méchante, attrayante et séduisante à plus d'un titre, qui ne pourra qu'augmenter votre culture littéraire et vous faire explorer de nouveaux horizons, aux frontières du mystère, au cœur de la forteresse de l'impossible et de la magie, aux détours de l'Histoire et du rêve.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

jeudi 12 mars 2015

Terry Pratchett n'est plus.


Le monde littéraire est en deuil en ce jeudi 12 Mars 2015, à l'annonce du décès de Terry Pratchett.

Le génial créateur du Disque-monde s'est éteint chez lui dans la journée. Il a prouvé, par ses écrits et son imagination, que la fantasy la mieux construite se marie parfaitement avec l'humour absurde et à froid. Il laisse derrière lui une saga immense et devenue culte depuis bien des décennies, véritable pilier de la fantasy et de la science-fiction.
Parce que nous sommes avant tout des lecteurs passionnés, Radiophogeek s'associe aux hommages qui affluent du monde entier, et nous adressons toutes nos condoléances à la famille et aux proches en deuil. Nous ne manquerons pas de vous proposer d'ici quelques temps une émission spéciale en guise d'hommage/rétrospective sur ce grand auteur qui nous a si longtemps fait rire et rêver.

L'homme n'est plus, mais l'écrivain demeurera toujours au travers de ses œuvres, désormais immortel. Merci du fond du coeur, Mr. Pratchett, et où que vous soyez à présent, nous continuons toujours de rire et de rêver grâce à vous.

mercredi 4 février 2015

Saga tome 4 (Urban Comics - Janvier 2015)


Parmi l'ensemble de tout ce qui est édité dans le monde des comics, parfois en cherchant en dehors des deux grandes maisons (DC et Marvel) on peut tomber sur de très bonnes surprises. Et parfois, on tombe carrément sur des pépites merveilleuses et uniques, à l'image de Saga de Brian K. Vaughan et Fiona Staples. Magnifiquement éditée chez nous par Urban Comics dans sa collection consacrées aux Indépendants, cette série de space-opéra est devenue une œuvre culte dès ses tous premiers chapitres et continue encore de nous surprendre et de nous émerveiller !

Dans ce quatrième tome, quelques mois après la fuite du couple interdit que sont Alana et Marko et leur installation sur la petite planète Jardinia, les événements se bousculent. Tandis que Marko mène la vie discrète d'un père au foyer en tâchant d'élever la petite Hazel de son mieux, Alana subit une carrière d'actrice de seconde zone pour le Circuit Ouvert, suite de feuilletons et programmes télévisuels médiocres diffusés dans l'ensemble de l'univers connu. Les deux amants s'éloignent peu à peu l'un de l'autre à mesure que le temps passe et que le fossé entre eux se creuse, à mesure aussi que les rencontres que chacun fera de son côté changeront peu à peu leur façon d'être et leur ouvriront de nouvelles perspectives.
Mais le principal danger ne réside pas dans l'éloignement sentimental pour Alana et Marko. Le Robot-Prince IV, porté disparu après les tragiques événements chez Oswald Heist, refait soudain surface en apprenant l'assassinat de sa femme et l'enlèvement de son fils nouveau-né. Déterminé à retrouver son héritier coûte que coûte, ultime vestige de bonté en lui, IV se lance à la poursuite du fugitif révolutionnaire de son royaume à travers la galaxie, jusqu'à la planète Jardinia, où il retrouvera la trace de ses anciennes cibles et où un choix crucial devra être fait par les ennemis de jadis...

Saga, c'est énorme. C'est fantastiquement énorme ! Du space-opéra avec beaucoup d'humour, d'esprit et de personnalité, dans un univers mêlant le fantastique à la science-fiction dans une fusion des genres parfaite qui nous transporte à chaque nouveau chapitre, et on n'a de cesse ensuite que d'en redemander toujours plus ! Sitôt la lecture achevée, sitôt l'envie du prochain tome se fait sentir. Un petit bijou de série indépendante dans le monde des comics, une perle à découvrir absolument si vous ne connaissez pas encore !
Ici nous retrouvons les personnages désormais familiers et nous assistons à l'évolution de la relation de couple d'Alana et Marko, confrontés à des problèmes finalement très communs dans leur fuite à travers l'espace, à des galères de tout jeune couple et à des situations criantes de vérité. Et au-delà de ça nous avons une intrigue proprement géniale, menée sur plusieurs niveaux, pleine de rebondissements et d'esprit comique, parvenant toujours à nous surprendre et à nous étonner un peu plus à chaque pleine page d'ouverture. Une série très très bien écrite et encore mieux dessinée, que je ne peux que très vivement vous recommander s'il vous faut une nouvelle lecture ces temps-ci !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 8 novembre 2014

Soleil Vert (Richard Fleischer - MGM - 1973)



Alors là, attention, on va parler d'un film dont je ne me suis toujours pas remis du visionnage, il y a trois semaines de cela, tandis que vous profitiez béatement de mes articles sur les vampires. Soleil Vert (Soylent Green), de Richard Fleischer, est l'adaptation cinématographique sortie en 1973 d'un roman de science-fiction/anticipation de Harry Harrison intitulé Make Room ! Make Room ! paru en 1966. Carrément dans les critères de Radiophogeek donc, et si je décide de vous parler de ce vieux film c'est avant tout parce qu'il m'a plu et qu'il porte énormément de réflexions qui sont encore, par anticipation, d'actualité de nos jours mine de rien, si ce n'est encore plus réalistes qu'à l'époque (un peu comme la faillite officielle de Detroit en 1987 dans RoboCop qui est devenue il y a quelques mois de cela une triste réalité).

En 2022, la population humaine a augmenté de façon drastiquement exponentielle, si bien que les ressources naturelles de la planète sont devenues des raretés s'arrachant à prix d'or et parfois de vie : la viande, les vrais fruits et légumes, le lait, les œufs... tout cela n'existe pour ainsi dire plus que dans les castes les plus aisées de la société, et encore en tant que produits de luxe. A New York, où l'on compte désormais près de 44 millions d'habitants dont 20 millions de chômeurs dans le dénuement le plus complet, le gouvernement n'a pas d'autre choix que d'organiser de grandes distributions publiques de nourriture aux foules affamées qui sont prêtes à déclencher une véritable émeute sanglante au moindre manque. La société Soylent commercialise et distribue des plaquettes de nourriture artificielle de substitution, baptisées Soleil Rouge et Soleil Jaune, sortes d'agglomérats de plancton et autres organismes primaires qui forment donc depuis des dizaines d'années la seule et unique nourriture connue des basses castes, au grand désespoir des rares anciens qui se souviennent encore vaguement du goût et de l'aspect de la vraie nourriture d'autrefois. Alors que sort un nouveau produit alimentaire baptisé Soleil Vert, l'un des dirigeants de la société Soylent est retrouvé assassiné chez lui dans sa résidence de luxe des quartiers riches de la ville, apparemment sans le moindre signe d'effraction ou de vol. Le policier Thorn va alors se charger de l'enquête, dans un premier temps par pur intérêt personnel afin de pouvoir prélever sur les lieux du crime tout ce dont il aurait envie et ainsi alimenter son petit réseau d'informateurs, mais bien vite il va commencer à s'intéresser de plus près à cette affaire qui dissimule une étrange conspiration du silence, où plusieurs grands noms se retrouvent mêlés et où l'avenir de l'humanité se joue peut-être. Est-ce un règlement de comptes ? Une vendetta ? Une menace ou un chantage sur Soylent et ses partenaires au sein du gouvernement ? Ou bien... une punition divine ? Thorn devra prendre toutes les précautions durant son enquête, car une fois cette vérité trop bien gardée enfin dévoilée, le monde pourrait bien basculer dans la folie la plus totale...

Je ne vous en dis volontairement pas davantage, je pense même en avoir déjà un peu trop révélé sans le savoir. Toujours est-il que la réflexion de ce film, et du roman qu'il adapte, est assez cynique et déshumanisée finalement, ce qui avait pour but de profondément choquer les penseurs de l'époque et de faire réfléchir aux conséquences possibles de l’appauvrissement de la planète et de ses ressources pour une humanité toujours plus nombreuse et exigeante. D'autres thèmes sont aussi traités, tels que l'esclavagisme moderne (au travers des femmes considérées comme du simple mobilier dans les appartements coûteux des riches et des profiteurs, destinées à convenir ou non à chaque nouveau locataire et à satisfaire ses moindres exigences), la crainte du peuple par ses élites dirigeantes, la vision de ce peuple comme une masse informe et terrible, grondante, qu'il faut considérer comme un animal sans libre-arbitre pour le priver de ce dernier et le manipuler. La mort assistée est aussi au nombre des thèmes abordés, de même que le suicide pur et simple, au début et à la fin du film et de différentes manières. Un bel hommage a d'ailleurs été rendu à ce film par Les Simpsons lorsque Grand-Père Simpson, humilié, décide de mourir et se rend alors dans un centre d'accompagnement spécialisé.
Soleil Vert, c'est un film qui fait réfléchir sur bien des choses, mais principalement sur les dangereuses dérives d'une société déshumanisée et au bord du gouffre, où tous les moyens sont bons pour subsister et se maintenir dans son rang. Et qui, par le fait, reste encore très vrai même de nos jours, malgré le petit côté arriéré des technologies que l'on imaginait à l'époque pour 2022. Ça pourrait limite être la petite touche d'humour involontaire et bienvenue du film si on le regarde aujourd'hui, pour permettre de détendre un peu l'atmosphère qui ne manquera pas de grandement s'alourdir devant cet ensemble de plans-chocs, d'idées-chocs et de propos-chocs. Et de toute façon ça ne fera aucun mal à votre culture, bien au contraire !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !