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mercredi 23 août 2017

Kalidor, la légende du Talisman (Richard Fleischer - Dino De Laurentiis Company - 1985)


Puisque je suis actuellement de retour dans une phase heroic-fantasy avec la série Queen Sonja (à suivre dans les articles V.O. de Radiophogeek chaque vendredi), j'ai pensé qu'il était grand temps de parler d'un film très méconnu du genre : Kalidor, la légende du talisman, de Richard Fleischer et sorti en 1985 en plein boum de la carrière d'Arnold Schwarzenegger après les films Conan et Terminator. Contrairement à sa présentation officielle en France, ce film est centré sur les aventures de Sonja la Rousse, Red Sonja elle-même, interprétée par Brigitte Nielsen (ex-femme de Stallone -le monde est petit-). D'ailleurs le film en V.O. s'intitule Red Sonja, tout simplement. C'est la production pour l'international et la France qui a décidé de changer le titre afin de surfer sur la vague Schwarzy, bien que son personnage ici soit nommé Kalidor et non Conan, même s'il s'agit peu ou prou du même bonhomme au moins dans son stéréotype.

Le film raconte donc l'histoire de Red Sonja, une native d'Hyrkanie qui a vu sa famille et toutes les personnes qu'elle aimait se faire tuer, massacrer plutôt, par les troupes de la reine Gedren, impitoyable conquérante que rien n'arrête. Ayant elle-même été violée par les soudards, Sonja est offerte à la reine comme butin de guerre mais parvient à s'échapper en lui entaillant profondément la joue, la défigurant. Avec l'aide et le soutien d'une mystérieuse divinité de la sagesse, Sonja obtient la force nécessaire pour apprendre les arts de l'épée et devenir imbattable dans ce domaine, ce afin de chercher vengeance en tuant la reine Gedren, qui pendant ce temps a réussi à mettre la main sur un artefact d'une puissance prodigieuse, le Talisman, qui contiendrait les pouvoirs de la création du monde... ou de sa destruction, s'il est mal employé. Une légende que Gedren veut éprouver en ramenant l'artefact au sein de son empire et en en faisant l'arme suprême de ses conquêtes militaires, qui sèment le chaos et la désolation partout sur leur passage. Mais ce que Gedren ignore, ou ne veut pas savoir, c'est que le Talisman doit être impérativement plongé dans les ténèbres avant qu'il n'atteigne son plein éveil dans la lumière, sans quoi le monde tout entier risque de disparaître. Mais Gedren préfère encore voir le monde détruit plutôt qu'il lui échappe, sa folie ne connaît alors plus aucune limite. Sonja se met alors en route pour le sombre empire maléfique, accompagnée par un guerrier d'élite solitaire du nom de Kalidor, qui semble lié au Talisman d'une étrange façon. Bien vite une rivalité toute guerrière va s'imposer entre les deux compagnons d'aventure, et une romance commencera à s'installer doucement entre eux à mesure qu'ils apprennent à se connaître et que Sonja apprend à faire confiance à autrui.

Ce film a donc été vendu chez nous sur le personnage de Schwarzy, Kalidor (pseudo-Conan) alors qu'au contraire le personnage principal de l'histoire est bien Sonja, interprétée par Brigitte Nielsen et qui possède le plus de temps d'apparition à l'écran. En V.O. aucun soucis, le film est bien vendu sur le duo de guerriers ainsi que sur le vécu douloureux de Sonja, mais chez nous c'est bien Arnold qui s'en tire avec sa cote de popularité au plus haut, ce qui éclipse presque totalement l'héroïne alors qu'elle est toujours le personnage central du film et de l'intrigue. Une injustice faite au beau sexe, qu'il serait impensable de reproduire de nos jours, et pourtant... heureusement les séries comics sur Red Sonja se vendent bien sans qu'elle soit associée en permanence à Conan, la belle prend son envol et nous offre des histoires merveilleuses qui n'auraient peut-être pas eu leur chance si son propre film n'avait réussi à trouver un public amateur et fidèle. Un film à voir rien que par curiosité, il vaut le détour !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


samedi 8 novembre 2014

Soleil Vert (Richard Fleischer - MGM - 1973)



Alors là, attention, on va parler d'un film dont je ne me suis toujours pas remis du visionnage, il y a trois semaines de cela, tandis que vous profitiez béatement de mes articles sur les vampires. Soleil Vert (Soylent Green), de Richard Fleischer, est l'adaptation cinématographique sortie en 1973 d'un roman de science-fiction/anticipation de Harry Harrison intitulé Make Room ! Make Room ! paru en 1966. Carrément dans les critères de Radiophogeek donc, et si je décide de vous parler de ce vieux film c'est avant tout parce qu'il m'a plu et qu'il porte énormément de réflexions qui sont encore, par anticipation, d'actualité de nos jours mine de rien, si ce n'est encore plus réalistes qu'à l'époque (un peu comme la faillite officielle de Detroit en 1987 dans RoboCop qui est devenue il y a quelques mois de cela une triste réalité).

En 2022, la population humaine a augmenté de façon drastiquement exponentielle, si bien que les ressources naturelles de la planète sont devenues des raretés s'arrachant à prix d'or et parfois de vie : la viande, les vrais fruits et légumes, le lait, les œufs... tout cela n'existe pour ainsi dire plus que dans les castes les plus aisées de la société, et encore en tant que produits de luxe. A New York, où l'on compte désormais près de 44 millions d'habitants dont 20 millions de chômeurs dans le dénuement le plus complet, le gouvernement n'a pas d'autre choix que d'organiser de grandes distributions publiques de nourriture aux foules affamées qui sont prêtes à déclencher une véritable émeute sanglante au moindre manque. La société Soylent commercialise et distribue des plaquettes de nourriture artificielle de substitution, baptisées Soleil Rouge et Soleil Jaune, sortes d'agglomérats de plancton et autres organismes primaires qui forment donc depuis des dizaines d'années la seule et unique nourriture connue des basses castes, au grand désespoir des rares anciens qui se souviennent encore vaguement du goût et de l'aspect de la vraie nourriture d'autrefois. Alors que sort un nouveau produit alimentaire baptisé Soleil Vert, l'un des dirigeants de la société Soylent est retrouvé assassiné chez lui dans sa résidence de luxe des quartiers riches de la ville, apparemment sans le moindre signe d'effraction ou de vol. Le policier Thorn va alors se charger de l'enquête, dans un premier temps par pur intérêt personnel afin de pouvoir prélever sur les lieux du crime tout ce dont il aurait envie et ainsi alimenter son petit réseau d'informateurs, mais bien vite il va commencer à s'intéresser de plus près à cette affaire qui dissimule une étrange conspiration du silence, où plusieurs grands noms se retrouvent mêlés et où l'avenir de l'humanité se joue peut-être. Est-ce un règlement de comptes ? Une vendetta ? Une menace ou un chantage sur Soylent et ses partenaires au sein du gouvernement ? Ou bien... une punition divine ? Thorn devra prendre toutes les précautions durant son enquête, car une fois cette vérité trop bien gardée enfin dévoilée, le monde pourrait bien basculer dans la folie la plus totale...

Je ne vous en dis volontairement pas davantage, je pense même en avoir déjà un peu trop révélé sans le savoir. Toujours est-il que la réflexion de ce film, et du roman qu'il adapte, est assez cynique et déshumanisée finalement, ce qui avait pour but de profondément choquer les penseurs de l'époque et de faire réfléchir aux conséquences possibles de l’appauvrissement de la planète et de ses ressources pour une humanité toujours plus nombreuse et exigeante. D'autres thèmes sont aussi traités, tels que l'esclavagisme moderne (au travers des femmes considérées comme du simple mobilier dans les appartements coûteux des riches et des profiteurs, destinées à convenir ou non à chaque nouveau locataire et à satisfaire ses moindres exigences), la crainte du peuple par ses élites dirigeantes, la vision de ce peuple comme une masse informe et terrible, grondante, qu'il faut considérer comme un animal sans libre-arbitre pour le priver de ce dernier et le manipuler. La mort assistée est aussi au nombre des thèmes abordés, de même que le suicide pur et simple, au début et à la fin du film et de différentes manières. Un bel hommage a d'ailleurs été rendu à ce film par Les Simpsons lorsque Grand-Père Simpson, humilié, décide de mourir et se rend alors dans un centre d'accompagnement spécialisé.
Soleil Vert, c'est un film qui fait réfléchir sur bien des choses, mais principalement sur les dangereuses dérives d'une société déshumanisée et au bord du gouffre, où tous les moyens sont bons pour subsister et se maintenir dans son rang. Et qui, par le fait, reste encore très vrai même de nos jours, malgré le petit côté arriéré des technologies que l'on imaginait à l'époque pour 2022. Ça pourrait limite être la petite touche d'humour involontaire et bienvenue du film si on le regarde aujourd'hui, pour permettre de détendre un peu l'atmosphère qui ne manquera pas de grandement s'alourdir devant cet ensemble de plans-chocs, d'idées-chocs et de propos-chocs. Et de toute façon ça ne fera aucun mal à votre culture, bien au contraire !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !