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vendredi 6 janvier 2017

La V.O. du vendredi n°53 : Red Sonja - She-devil with a sword Omnibus 5 (Dynamite - Mai 2014)


Après une traversée de l'océan, Sonja et ses compagnons d'aventure se retrouvent dans le lointain pays de Khitai, où ils affrontent d'étranges créatures qui asservissent les paysans et détruisent les villages locaux. Sonja devra combattre trois frères sorciers qui mettent le pays à feu et à sang et semblent capables de contrôler les éléments déchaînés. L'orage s'abat sur le pays et les trois sorciers commettent d'horribles carnages pour faire ployer l'empereur de Khitai, et seule Red Sonja se place entre eux et le sort des malheureux habitants. Les combattant un par un, chacun sur son territoire de prédilection, Sonja parviendra à les vaincre et à libérer Khitai de leur influence néfaste, au prix de l'amitié.
Puis, de retour en terre familière, Sonja fera tout son possible pour libérer l'un de ses anciens compagnons d'arme de l'infernale prison où il est enfermé et torturé par le terrible Omaju, ''celui qui tient la souffrance dans ses mains''. Sonja provoquera ainsi une véritable émeute dans la fosse où elle est balancée, et parviendra à libérer Wurkest, déclenchant alors un carnage sans précédent quand Omaju décide de lever toute une armée afin de poursuivre les fugitifs, qui parviennent à se réfugier sur les terres natales de la belle guerrière aux cheveux de feu, en Hyrkanie. Là, une bataille décisive aura lieu et de vieux comptes seront enfin réglés, mettant fin aux aventures de Red Sonja et à sa longue cavalcade.
Mais cet omnibus ne s'arrête pas là, les derniers numéros sont consacrés aux conséquences directes d'un event de l'éditeur, Dynamite, où Red Sonja s'était retrouvée catapultée dans le futur et avait rencontré les autres héroïnes de la maison d'édition, pour combattre le terrible Dracula, qui parvint malgré tout à faire d'elle une vampire avant qu'elle ne retourne à son époque. L'ayant suivi, Dracula entreprend de fonder un nouvel empire vampirique où la mort et la désolation seront le lot quotidien, et Sonja devra affronter sa propre soif de sang pour tenir tête à son nouvel ennemi. Mais, avec l'aide de quelques mercenaires de bonne volonté et de la puissance de l'antique Atlantide, les armées du seigneur des vampires seront défaites et Sonja aura alors l'occasion de racheter ses fautes en affrontant directement Dracula et en mettant fin à ses manigances, peut-être pour toujours...

Et voilà, un dernier tome assez conséquent qui offre trois arcs majeurs à lire si on compte le dernier avec Dracula comme faisant partie de la continuité. La série She-devil with a sword se termine ainsi en beauté et de façon spectaculaire, pour notre plus grand plaisir. Si le niveau du récit n'est pas toujours égal, de même que celui du dessin (normal étant donné que plusieurs artistes se succèdent), on profite néanmoins toujours de l'ambiance et de l'atmosphère uniques des histoires de la Diablesse à l'épée, si chères à Robert E. Howard, à qui le volume et l'ensemble de la série sont dédiés. Une belle fin pour une belle série en 80 numéros, beau parcours ! D'autres aventures attendent bien sûr Red Sonja, d'autres histoires et d'autres séries, que je tâcherai de partager avec vous bien entendu le plus tôt possible. Pour l'heure, refermons la parenthèse Dynamite et revenons à un autre éditeur indépendant que vous connaissez bien à présent : Zenescope revient tout prochainement !

samedi 11 juillet 2015

Avengers tome 3 - Prélude à Infinity (Panini Comics - Mai 2015)


Le run de Jonathan Hickman sur les séries des Avengers, dans le cadre de l'ère ''Marvel Now!'', est l'un des plus complexe qui soit. Ses ramifications sont nombreuses et chaque série expose un point particulier d'une intrigue beaucoup plus étendue qui finira par toucher l'ensemble de l'univers Marvel. En champions de cet univers, forcément, les Avengers sont en première ligne et affrontent ici les prémices d'un événement d'ampleur galactique qui menace chaque monde vivant.

Une antique espèce de créateurs extraterrestres a bombardé la planète Mars pour la terraformer, en vue de créer un nouveau monde abritant la vie. Les Avengers sont bien sûr allés sur place, et après quelques échauffourées ont convenu qu'il n'y avait pas de danger immédiat pour la Terre. Mais la planète bleue se retrouve bientôt elle-aussi bombardée par des organismes aliens chargés de la ''réparer'' et surtout de communiquer les résultats de l'expérience à leurs lointains créateurs, au-delà des limites connues de l'univers. Ces tentatives de réparations provoquent le chaos à l'échelle globale, des catastrophes plus dérangeantes que véritablement destructrices mais qui n'augurent rien de bon. Lorsque l'expérience est déclarée être un échec, un signal est envoyé depuis la Terre jusque dans les profondeurs de l'espace, où il est réceptionné par ce qui s'annonce déjà comme étant la fin de toute vie dans l'univers, le début de la fin du moins. Sentant la menace grandir et se mettre en marche, les Avengers n'ont d'autre solution que de chercher à élever le niveau d'un cran et de recruter de nouveaux membres aux pouvoirs démentiels, dans l'espoir d'être aptes à défendre la Terre, et même au-delà.

L'enjeu colossal de cette longue intrigue développée depuis le premier tome par Hickman commence seulement à nous apparaître, l'événement Infinity s'annonce dans toute sa gloire et perturbe d'ores et déjà les héros et notre planète. La lutte est imminente et paraît déjà perdue d'avance, mais personne ne se rendra sans combattre ! Infinity c'est le Marvel cosmique qui s'aventure dans la totalité de la gamme de l'éditeur, tout le monde est concerné cette fois-ci, et rien que ce prélude géant, qui court depuis déjà trois tomes, nous met l'eau à la bouche et introduit des bouleversements majeurs avec lesquels il faudra très certainement compter à court terme !
Hickman est ici aidé par Nick Spencer au scénario, car il doit aussi gérer la série sœur New Avengers qui elle-aussi va se retrouver concernée. Au dessin on retrouve Stefano Caselli et Mike Deodato Jr., donc un gage de qualité en plus. On peut maintenant espérer que la suite (qui arrive très vite ici) soit à la hauteur de cette introduction, mais quoi qu'il en soit on sait déjà qu'il faut se préparer à voir grand, très grand, et à suivre les personnages sur une échelle démesurée !
Un bon point à donner à Panini, dont l'édition Marvel Now! ne cesse de s'améliorer d'un tome à l'autre, et qui ont enfin adopté le chapitrage pour notre plus grand plaisir ! L'édition est sympathique, agréable, confortable, bref du bon travail et continuez comme ça surtout.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 31 août 2014

Wika et la fureur d'Obéron (Thomas Day & Olivier Ledroit - Glénat - Mai 2014)


On change de registre le temps d'un article pour que je puisse vous parler d'un petit coup de coeur récent, une bande-dessinée écrite par Thomas Day et dessinée par Olivier Ledroit, parue chez Glénat il y a quelques mois à peine. Premier tome d'une série de quatre, Wika et la fureur d'Obéron s'annonce comme une oeuvre assez atypique tout en faisant preuve d'un certain classicisme. Pour plus d'informations sur les auteurs je vous renvoie directement à leurs bibliographies respectives, qui sont aisément trouvables, ici je ne vais m'intéresser qu'à l'oeuvre elle-même.

C'est une histoire teintée de magie, prenant place dans le monde féerique de Pan, un monde étrange, où magie ancienne et technologie steampunk se mêlent étroitement, dans lequel évoluent des créatures mythologiques aussi bien que folkloriques (l'on retrouve énormément de références aux contes et légendes de Bretagne, Nordiques, celtiques, antiques, etc.). Dans ce vaste royaume, une guerre fait rage. La guerre du prince Obéron, adeptes de ces nouvelles technologies mécaniques, contre les plus grands représentants de la magie classique et naturelle, l'essence-même de ce monde. Titania, reine des fées, a décidé de fuir Obéron son promis et de se marier au duc Claymore Grimm, maître d'arme historique de la famille royale, d'une honnêteté et d'une bonté sans réserve pour son entourage et défendant des valeurs plus traditionnelles que le Prince Blanc. Obéron décide alors de se venger et d'assiéger Castlegrimm, le château du duc, afin de réduire son armée et son fief à néant et de l'effacer totalement de l'Histoire. Titania se sait condamnée à endurer l'implacable vengeance d'Obéron et de sa maîtresse Rowena la Louve, et c'est la mort dans l'âme qu'elle décide de rester aux côtés de son époux jusqu'à la fin, en confiant son tout jeune enfant, la petite Wika, à son serviteur le plus dévoué afin qu'il l'emporte loin du conflit et qu'il la confie à des gens qui sauront lui fournir un abri et une vie en sécurité. Nul ne doit jamais savoir que Wika est la fille de Titania, l'enfant ''volée'' d'Obéron, aussi le bébé est-il privé de ses ailes pour que son secret demeure. Et tandis que le futur roi laisse libre court à sa fureur, Wika grandit dans une petite ferme d'Elfes, jusqu'à ce que l'âge de femme arrive et la pousse à partir à l'aventure, visitée dans ses songes par l'esprit de sa mère qui lui révèle sa véritable nature. C'est ainsi que Wika se rend à Avalon, la capitale, afin d'en apprendre plus sur les circonstances de sa naissance et de la mort de ses parents. Elle y fait la rencontre de Bran, jeune contrebandier des faubourgs, qui se prend d'affection pour cette jeune voleuse au caractère bien trempé. Ensemble, durant deux ans, ils vivent de presque rien, quelques rapines ici et là, et se laissent petit à petit porter par leurs sentiments l'un pour l'autre, d'abord amis, puis tels un frère et une soeur, et finalement plus que cela. Mais Obéron le cruel, Obéron le froid, sait que celle qui aurait du être son héritière a survécu et se trouve non loin de lui. Il envoie dès lors ses sept enfants illégitimes, les fils et les filles de Rowena la Louve, traquer Wika où qu'elle puisse se dissimuler, mettant ainsi fin à son bonheur et à son insouciance et poussant la jeune femme à fuir, perdant une nouvelle fois tout ce qui lui est le plus cher. Le sang appelle le sang, et la vengeance ne se fera pas attendre. La fureur d'Obéron fera face au chagrin de Wika, que les Fées Noires, grandes ennemies d'Obéron, désirent former et entraîner afin qu'elle puisse devenir une menace de poids pour le souverain...

Le plus gros atout de cette bd, outre son histoire qui fait appel à de nombreuses connaissances et références sur les mondes féeriques et légendes de tous horizons, c'est son graphisme. Pour celles et ceux qui connaissent Les Chroniques de la Lune Noire ou encore Les Arcanes de la Lune Noire, vous savez de quoi je parle. Les autres, imaginez simplement un décors enchanteur où les détails fourmillent dans tous les sens, où les structures mêlant magie, fantaisie et steampunk industriel fusionnent parfaitement et où le soin apporté à l'image est renversant.
Et là je parle des décors, mais ça vaut aussi pour les tenues extrêmement détaillées et élaborées des personnages (cf. la couverture) ! Partout ce ne sont que beauté, émerveillement et magnifique complexité. Vous passerez comme moi de longues minutes à scruter chaque case, chaque planche, simple ou double, à la recherche du moindre petit détail dans ces décors hallucinant de travail et de minutie. Sans pour autant perdre le fil du récit ! Et puisque je parle maintenant du récit (je vous laisse apprécier de vous-mêmes le dessin, je préciserai simplement que l'on peut déjà se faire une idée du niveau de recherche et d'étude dessus rien qu'en voyant la carte du monde de Pan au tout début de l'album, c'est bluffant), j'en viens au seul point faible selon moi de cette oeuvre : elle souffre de quelques facilités dans son écriture, et de quelques transitions malheureuses par moments qu'il aurait mieux valu approfondir davantage. Cela dit, une fois que l'on s'y est habitué ça passe finalement tout seul et on apprécie l'histoire autant que le dessin. Si vous connaissez un peu les écrits d'Edouard Brasey sur tout ce qui touche aux peuples magiques (fées, elfes, sorciers, lutins, démons, anges, etc.) vous ne serez pas dépaysés par cette bd, dont la préface est d'ailleurs signée par Pierre Dubois, un ''Elficologue'' très réputé lui aussi. Pour les autres, eh bien c'est l'occasion de vous plonger de plein pied dans ces mondes et légendes d'autrefois, remaniés à la sauce steampunk/dark fantasy. Vivement les trois autres tomes, que le voyage puisse perdurer le plus possible dans ce sens ! Glénat fournit un travail d'édition remarquable, et ce tome est un vrai bel objet à posséder dans sa collection, une certaine fierté je dois dire.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 17 août 2014

Les tourments de Double-Face (Paul Jenkins & Jae Lee - Urban Comics - Mai 2014)


Il n'y a pas à dire, la galerie de vilains de Batman est de loin la plus impressionnante et la plus charismatique de toutes. C'est d'ailleurs pour cela que la collection ''DC Nemesis'' d'Urban Comics est pratiquement entièrement consacrée à ceux-ci, depuis son lancement avec La revanche de Bane. Et aujourd'hui je vais vous parler d'un récit particulièrement poignant et dérangeant, que j'ai eu l'occasion de lire pour la première fois dans les pages de la revue Batman de Panini Comics à l'époque, sous le titre Jekyll & Hyde, et qu'Urban a publié en album cartonné en tant que Les tourments de Double-Face.

Tout le monde connaît désormais l'histoire tragique du procureur général de Gotham City, Harvey Dent, aspergé d'acide lors d'un procès crucial contre l'un des parrains de la ville. La moitié de son visage a été gravement touchée par cet attentat et Dent a depuis développé une double-personnalité obsessionnelle et anarchique, obnubilé par le chiffre 2 et la dualité en toutes choses, se servant de sa pièce fétiche comme moyen de prendre ses décisions, toujours à cheval entre le Bien et le Mal. Dans cette histoire, Paul Jenkins décide de nous entraîner au plus profond de la détresse de Harvey Dent, nous faisant enfin découvrir le coeur de ses blessures moins physiques que psychologiques. Ici le personnage principal n'est pas, une fois n'est pas coutume, le Chevalier Noir de Gotham, mais bel et bien Harvey lui-même, en lutte perpétuelle et permanente contre ses mauvais instincts et son autre personnalité, plus vivante que jamais et bien décidée à prendre enfin le dessus. Au travers d'une chasse à l'homme angoissante, nous plongerons dans les tréfonds du sombre passé de Dent, du crime atroce qu'il cache depuis toujours au plus profond de sa mémoire et qui fut la première pierre de sa folie présente. Et tandis que Batman et Gordon tentent le tout pour le tout afin d'empêcher une série de meurtres de masse, Harvey se débat seul au coeur de sa psychose, affrontant à la fois son passé et ses tourments, y faisant face avec la seule arme qui lui reste encore : l'espoir. L'espoir que tout cela finisse un jour, qu'il puisse enfin trouver la paix et abandonner ce monde si douloureux, qu'importe les moyens. Et lors de l'affrontement final entre Batman et Double-Face, c'est surtout un combat entre la vie et la mort qui se joue dans le coeur de Harvey, et même Batman ne pourra lui venir en aide alors que l'ancien procureur prend enfin seul la décision de sa vie, qui le changera à jamais.

Les tourments de Double-Face est un récit poignant, triste, tragique et assez glauque. Il méritait vraiment sa place au sein des ''DC Nemesis'', histoires plus sombres que la normale, un peu comme dans ''Marvel Dark'' chez la concurrence. Si vous aimez les personnages et l'univers de Batman, vous ne ressortirez pas totalement indemnes de cette lecture, un peu à l'image de son héros (mais lequel est-ce vraiment ?). C'est ici le chant du cygne d'un vilain on ne peut plus charismatique et important du Chevalier Noir, l'un de ses plus grands ennemis et sans doute sa plus grande faute selon lui. Le dessin de Jae Lee rend un immense service au scénario complexe de Paul Jenkins, souvent mal compris par le grand public. J'aimerais pouvoir vous en dire davantage au sujet de cette histoire mais il s'agit vraiment de celles que l'on doit lire soi-même pour comprendre comme il le faut, sans se faire spoiler ni gâcher le grand final. En tout cas, une chose est sûre, vous aurez peu lu d'histoires de Batman comme celle-ci dans votre vie, alors accrochez-vous.

Sur ce je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


mercredi 16 juillet 2014

Médaka-Box tome 14 (Tonkam - Mai 2014)


S'il y a un manga ces derniers temps qui selon moi sort nettement du lot de la production actuelle, c'est bien Médaka-Box. Et pourtant rien n'était joué, lors de son arrivée dans nos contrées ! Manga au design très ''technique'', comme de nombreux titres depuis quelques années, un shonen paraissant assez classique dans sa conception comme dans son développement, bref il n'y avait rien qui puisse permettre d'affirmer que cette histoire serait exceptionnelle à plus d'un titre.

C'est là que nous arrivons à ce 14ème tome, riche en rebondissements mais pas que ! Car avec ce tome, la série prend un tournant décisif qui en fait une sorte d'oeuvre presque métaphysique, se penchant sur les conditions de publication des mangas au Japon ainsi qu'à l'économie de ce milieu, son avenir et les crises qu'il traverse, mais également le procédé d'écriture d'un ou plusieurs auteurs sur les séries les plus suivies et donc les plus exigeantes. Toujours devoir innover, toujours chercher à surprendre en jouant avec les mêmes codes... Médaka-Box choisit délibérément de transcender sa condition de manga, d'histoire fictive, pour devenir une triple mise en abîme de notre monde et de la culture de la bande-dessinée Japonaise. Voici d'ailleurs les trois niveaux que j'ai perçu à la lecture de ce tome :
 Situation économique et éditoriale des mangas
 Difficultés du procédé créatif/narratif
 Auto-critique et auto-réflexion sur l'importance d'une bonne fin au bon moment

Pour l'histoire, après les épreuves imposées par Médaka à ses futures successeurs pour les endurcir et les préparer à prendre la relève, il s'avère que Zenkichi, son ami le plus ancien et le plus fidèle, n'est finalement pas à la hauteur de ses espérances. Dépité, déçu, il sera approché par Anshinin qui souhaite faire de lui un nouvel adversaire pour Médaka, une nouvelle opposition, en le transformant en héros véritable et en centrant l'intrigue autour de lui désormais, lui donnant toutes les chances de l'emporter lors de leur affrontement qui promet déjà d'être mémorable. Alors que les deux camps se forment et que les alliés se divisent entre les deux grandes figures que sont Médaka et Zenkichi, Kumagawa entend bien évidemment mettre son grain de sel dans l'affaire et ''foutre le bordel'' dans les plans d'Anshinin, en créant pour sa part une troisième faction indépendante et destinée à empêcher l'affrontement entre les deux amis de toujours pour rendre caduque ce nouveau rebondissement de l'histoire. Une nouvelle ère et de nouveaux combats s'annoncent, et pour Médaka c'est l'occasion de se retrouver enfin face à elle-même et de réfléchir au destin de l'établissement Hakoniwa, mais aussi d'apprendre à affronter seule ses propres démons et sa part d'ombre...

Il faut vraiment s'accrocher lors de la lecture de ce tome pour tout suivre et comprendre correctement, et j'ai plusieurs fois du repartir en arrière pour être bien sûr d'avoir saisi tous les sens de lecture cachés. Au final on a non seulement droit à un changement magistral de direction dans la trame du récit, mais aussi à une critique assez cinglante et réaliste du système en place dans le monde du manga au Japon, c'est d'ailleurs étonnant qu'une telle prise de position et de risques soit aussi mise en avant là-bas. Les Japonais aiment l'autodérision ce me semble, moi aussi ça tombe bien. Merci à vous !
J'espère maintenant vivement retrouver ce triple ton dans le prochain volume, à paraître dès le mois prochain.
Ah, et pour celles et ceux qui se demanderaient ce que devient le fil rouge du récit, la fameuse Médaka-Box du Conseil Étudiant... eh bien ne la cherchez pas, elle n'a plus du tout d'importance. Preuve une fois encore de la volonté de changement et de toujours prendre le contre-pieds des attentes du lectorat pour ces auteurs assez remarquables que sont Nisioisin et Akira Akatsuki.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un prochain article !