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lundi 28 septembre 2015

Emission N°48 : Comment en vient-on à lire de la version originale lorsque l'on aime les comics ?

Amis du jour, bonjour !
Pour ce quarante-huitième numéro de Radiophogeek, nous abordons un sujet atypique que l'on pourrait qualifier de "niche dans la niche" : la lecture en version originale (ici en anglais donc) des comics.

Pourquoi en arrive-t-on à se laisser tenter par la v.o. ? Est-ce cher ? Est-ce accessible ? Vaut-il mieux commencer directement en anglais qu'en français ? Quelles différences dans l'édition et la traduction des oeuvres entre version originale et version française ?

Autant de question auxquelles Florent, Etienne et Thomas tenteront de répondre en vous faisant partager leur expérience personnelle et des réflexions plus globale sur le sujet.

Que vous soyez néophyte du monde des comics, simple lecteur vf  ou même aficionado des publications américaines, nous espérons que cette nouvelle émission vous plaira !

dimanche 26 octobre 2014

Vampirella Masters Series tome 1 - L 'éveil du Mal (Grant Morrison & Mark Millar - Panini Comics - Octobre 2012)


Vampirella. En voici une qui a fait fantasmer des générations entières de lecteurs, depuis sa création en 1969 par Forrest J. Ackerman et Frank Frazetta. La belle chasseuse de vampires, elle-même vampire mais pas au sens où nous, le commun des mortels, l'entendons habituellement. Issue du peuple-vampire de la planète Drakulon, où le sang remplace l'eau et est source de vie pour les habitants de ce monde (océans, mers, rivières, tout est fait de sang), Vampirella se retrouve sur notre planète dans d'étranges circonstances dont elle ne conserve pratiquement aucun souvenir (pas même de sa vie d'avant ou de son monde d'origine), et entreprend de devenir chasseuse de vampires pour protéger les innocents et assouvir sa soif de sang avec celui des criminels... la plupart du temps. Dotée des mêmes pouvoirs que les vampires classiques mais sans leurs faiblesses, elle dispose d'avantages certains sur ses proies et se révèle une excellente prédatrice, au point de grandement inquiéter les organisations de vampires à travers le monde, qui la voient comme une réelle menace à leur expansion et à leur projet de domination des êtres humains. Car dans cette réalité il faut savoir que les vampires ne sont pas des créatures solitaires et déprimées par leur immortalité, non, ici il s'agit pratiquement de familles criminelles très bien organisées sur le modèle des mafias, touchant un peu à tout et préparant l'avènement d'un monde nouveau, une ère où les humains serviront de bétail aux vampires, qui trôneront en souverains incontestés sous un ciel où ne percera jamais plus le moindre rayon du Soleil. Plutôt Métal comme concept, non ?

L'histoire de ce tome commence lorsque Vampirella réapparaît au grand jour, après une longue période d'absence. On apprend qu'elle aurait été tuée et envoyée en enfer par une ennemie particulièrement puissante, mais que là-bas la belle chasseuse de vampires aurait rencontré Lilith, la mère de tous les vampires, qui lui aurait confié la mission d'exterminer ses enfants pour protéger le monde, avant de la ressusciter. Désormais chargée de cette sainte mission, Vampirella traque les grandes familles de vampires qui tentent de renverser la pègre des grandes villes américaines pour prendre le contrôle de ses réseaux et mener à bien leur sombre projet. Au passage, elle recueillera Dixie Fattoni, fille d'un parrain de la pègre de New York qui a été forcée par son bourreau de tuer son père pour survivre. L'adolescente de 16 ans devient bien vite une acolyte acharnée de Vampirella, ne rêvant que de se venger de l'acte odieux qu'on l'a poussé à commettre, et d'exterminer elle aussi le plus de vampires possible, comme sa sauveuse. Une longue route qui les conduira jusqu'à Rome et à l'organisation connue sous le nom d'Anti-Vatican, une secte religieuse de vampires ayant détourné le message de la Bible et préparant la fin du monde des mortels pour l'arrivée de celui des vampires et autres créatures infernales. Aidées de façon inespérée par la loge des Bonnes Soeurs Écarlates, de redoutables nonnes ayant dévoué leur vie entière à la lutte contre le Mal par tous les moyens possibles, Vampirella et Dixie vont pénétrer au cœur du sanctuaire du Pape Noir pour tenter d'en finir une fois pour toutes avec ses projets apocalyptiques. Ce sera aussi l'occasion pour chacune d'elles d'être confrontée à son passé ainsi qu'à l'avenir : pour l'une, la révélation partielle de ses origines, pour l'autre celle de sa fin imminente et du destin de ses proches. Quel que soit le résultat de cette opération, le monde ne sera jamais plus comme avant...

C'est le tout premier récit de Vampirella que j'ai eu la chance de lire, même si je connaissais le personnage depuis un bout de temps. J'en suis ressorti vraiment fan, surtout que l'écriture à quatre mains de génies tels que Grant Morrison et Mark Millar (fin des années 1990, quand ils s'entendaient encore) vous emporte tout au long du récit sans jamais relâcher la pression ni l'intérêt de l'histoire, les deux auteurs parvenant aussi à combler l'un et l'autre leurs lacunes respectives en travaillant ensembles.
La série des Vampirella Masters Series est celle qui comporte les récits parus entre 1988 et 2008 chez l'éditeur Harris Publication, repris par Dynamite Entertainment en 2010. Composée de 7 tomes en V.O., l'idée était que Panini puisse nous les faire paraître en V.F., mais nous n'avons eu droit qu'au premier tome, L'éveil du Mal, en Octobre 2012. Depuis, plus rien, même pas une annonce. Je suppose donc, connaissant la logique éditoriale de Panini, qu'il faudra nous contenter de ça. Cela dit si ça vous intéresse il y a eu par le passé d'autres histoires de Vampirella parues en français, principalement chez Soleil dans les années 1990, mais aussi un peu chez Semic. Armez-vous de courage et de patience et vous devriez pouvoir trouver ça, moi en tout cas je vais tenter ma chance !
Dans ce tome unique en V.F. nous avons donc le droit à deux arcs des auteurs, celui appelé L'éveil du Mal et sa suite directe, La guerre sainte. Les deux récits se suffisent en eux-mêmes, les auteurs ayant travaillé sur le modèle de récits en trois chapitres, pouvant se rejoindre entre eux au besoin. Pour compléter l'album nous avons aussi droit, et ça il faut reconnaître que c'est une excellente chose de la part de Panini, au numéro spécial des 25 ans de Vampirella intitulé La Reine de Coeur sanglante, récit one-shot passionnant et écrit par Grant Morrison, tandis que Mark Millar de son côté signe le second one-shot Un enfer glacial, petite aventure de Vampirella en Arctique sur les traces d'une secte de vampires s'adonnant aux plaisirs les plus vils. Deux récits de qualité, qui détendent bien après la lecture haletante des précédents, quoique celui de Morrison soit une belle histoire à faire peur comme on les aime pour Halloween.
Quelle est la recette du succès de Vampirella ? De la violence, des répliques cinglantes, de l'humour bien noir et froid, un zeste de cynisme, de l'érotisme et parfois même du sexe, ambiance rock'n'roll à l'ancienne, hardrock et métal réunis autour du culte du vampire dans l'imaginaire collectif. Ça dépote, ça envoie du lourd dans tous les sens et ça ne nous pousse même pas à trop réfléchir pour comprendre, bref du Morrison qui se lâche un peu la bride et qui s'éclate, en compagnie du scénariste probablement le plus violent de la profession dans ses écrits. Pour vous faire une idée de leur coopération sur ce personnage et ces histoires, vous pourrez lire les bonus qui retranscrivent pour vous les conversations entre les deux auteurs, un gros délire ! Véritable icône tant sexuelle que culturelle pour plusieurs générations, phénomène de société à l'âge de la libération des mœurs et du rock, résolument irrespectueux des convenances et totalement débridé, le comic-book Vampirella a sans doute connu ses meilleures heures sous cette période bénie de la fin des années 1990, et je regrette grandement que Panini ne fasse pas l'effort de publier la suite (d'autant plus dommage que pour ce tome on a quand même le droit à un gros ''1'' sur la tranche, en sachant que la suite n'arrivera jamais...). Un petit coup de pouce du lectorat pourrait sans doute aider, alors toutes celles et ceux qui ont aimé, faites-le-leur savoir !

Pourquoi, en conclusion, ai-je choisi de parler de Vampirella durant ce mois spécial ? Tout simplement pour la même raison qui m'a poussé, entre autres, à vous parler de Carmilla. Dans ce monde dicté par les canons masculins, il est à mon avis bien utile de rappeler qu'il existe aussi des femmes fortes dans ce domaine, et Vampirella est sans doute la plus forte et la plus badass que l'on puisse rencontrer. Et en plus elle est écrite admirablement et de façon très féminine par des auteurs masculins, preuve qu'ils en ont compris toute l'essence et qu'ils la respectent. Pouvoir aux filles !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 9 août 2014

Superior Carnage - Complexe de supériorité (Kevin Shinick & Stephen Segovia - Panini Comics - Juillet 2014)


La collection ''Marvel Dark'' de Panini Comics a été initiée il y a maintenant plus d'un an, avec Venom vs. Carnage – Un enfant est né. Depuis, nous avons eu droit à de nombreux récits sur le devenir de ces symbiotes, et tout particulièrement Carnage. Deux tomes dans la collection ''100% Marvel'', une mini-série dans la revue trimestrielle Spider-man Universe. Et à présent, ''Marvel Dark'' revient avec son dernier récit paru en date, à l'ère du Spider-man Supérieur : voici Superior Carnage – Complexe de supériorité.

Après avoir été lobotomisé par Kaine (Scarlet Spider) durant la mini-série Minimum Carnage (à lire dans Spider-man Universe n°7), Cletus Kasady est enfermé dans une prison de très haute sécurité pour super-vilains. Neutralisé et apathique, il ne représente plus une réelle menace pour les autres, mais la crainte qu'il suscite est toujours présente dans les esprits. Notamment dans celui du Sorcier, un adversaire historique des Quatre Fantastiques, qui monte une opération visant à faire s'évader Carnage de sa prison afin de prendre ensuite le contrôle de son esprit et de l'intégrer à la toute nouvelle version de l'équipe des Terrifics, en tant qu'arme secrète. Malheureusement tout ne se passe pas comme prévu et le Sorcier découvre bien vite que l'esprit du symbiote comme celui de son hôte sont totalement imperméable à toute forme de contrôle mental, et uniquement avides de sang et de mort. Alors, pour mener à bien son projet, le Sorcier décide de transférer le symbiote dans le corps d'un autre hôte, un scientifique paralysé des jambes qui offrira un esprit plus facile à manipuler. La fusion réussie, le résultat dépasse les espérances du vilain, qui enclenche alors la vitesse supérieure avec ce Carnage Supérieur. Mission : prendre d'assaut la mairie de New York pour en déloger J. Jonah Jameson et faire main basse sur la ville. Si aucune force de police ne semble en mesure d'arrêter ces nouveaux Terrifics, il faudra toutefois compter sur le Spider-man Supérieur qu'est Otto Octavius, bien déterminé à ne pas laisser sa ville finir entre les mains de fous dangereux. L'affrontement sanglant qui s'en suit sera le théâtre de trahisons, d'espoirs brisés et de retournements de situations des plus dangereux, surtout lorsque Cletus Kasady est amené sur le lieu des combats pour que son symbiote puisse le retrouver. Il faudra toute la ruse d'Otto et le sacrifice d'une noble et profonde amitié pour permettre de remporter la victoire, lourde de conséquences pour l'avenir de certains personnages. Mais la tempête semble bien passée à présent et les choses reprennent leur cour normal... jusqu'au prochain carnage !

Les couvertures magnifiques de Clayton Crain ne sont pas vraiment représentatives du style de dessin à l'intérieur des chapitres, c'est ce que l'on remarque en premier lieu. Mais le dessinateur Stephen Segovia livre tout de même une belle performance, agréable à regarder et facile à suivre, plutôt bien réalisée et dynamique. Si le récit en lui-même n'est pas forcément fondamental ni d'une importance cruciale dans l'univers du Tisseur et des symbiotes, il permet cependant de se placer du côté du vilain pour une fois. Le Sorcier est en effet le vrai personnage principal de l'histoire, lui qui paraît dépassé en raison de son âge et de la folie naissante que sa tumeur au cerveau propage. Reformer pour la énième fois les Terrifics, attaquer la mairie de la ville... tout cela paraît de prime abord l'oeuvre d'un vilain classique et has-been, est en réalité le dernier acte désespéré d'un père pour retrouver l'attention de son fils, qui lui a été enlevé par ses ennemis et qui le méprise. Se sachant inconsciemment condamné par sa maladie, le Sorcier veut simplement laisser une trace mémorable de son passage dans l'Histoire, ne pas disparaître pour rien et que l'on se souvienne de lui, que son propre fils se souvienne de lui et soit fier de lui. Qu'importe si pour cela il faut faire appel au mal personnifié, à ce symbiote dégénéré qui sème la mort et la désolation partout où il passe. Derrière le rideau du comique facile et de la série un brin déjantée, c'est bien une tragédie sentimentale qui se joue sous nos yeux et entre les pages de cet album, le dernier coup d'éclat désespéré d'un homme brisé qui refuse de rendre les armes, aux portes de la mort et de la folie. Voilà qui permet donc aisément à cette mini-série de figurer au sein du catalogue de la collection ''Marvel Dark'', conçue pour abriter des récits d'une profondeur plus intense que les parutions habituelles, plus sombres aussi et surtout plus violents. Des récits qui vous restent en tête, d'une façon ou d'une autre.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 23 juillet 2014

Spider-man - L'Autre (Panini Comics - Février 2014)


Aujourd'hui, même s'il reste un auteur de plus en plus décrié et lâché par la profession en raison de ses difficultés à boucler ses récits convenablement, il n'en est pas moins que J. Michael Straczynski (je vous défie de l'épeler à l'oral correctement sans regarder) a au début des années 2000 livré un run proprement fascinant sur Spider-man, modifiant et son univers et ses clés de lecture habituelles, ajoutant une toute nouvelle dimension au destin du Tisseur et un sens nouveau à ses actes depuis l'obtention de ses fameux pouvoirs par la piqûre d'une araignée radioactive.

Après avoir séduit le public dans une large majorité avec le début de ce récit novateur et résolument anti-classicisme, Stracz s'associe avec Peter David et Mike Deodato Jr. pour en finir avec les modifications qu'il compte inscrire dans la durée sur Spidey et ses proches. Cela donne L'Autre, une bien étrange saga qui achève de développer la dimension mystique des pouvoirs de Peter Parker et de la source de son destin. Pour comprendre, et se comprendre lui-même, Peter devra une nouvelle fois affronter le terrible Morlun, ce vampire qui se nourrit de l'énergie vitale des ''totems'' qui confèrent leurs pouvoirs à plusieurs individus inspirés d'animaux, comme Spider-man bien entendu. Mais cette fois, le combat ne tournera pas à l'avantage de Peter car, en parallèle, voici qu'il est rongé depuis quelques temps par une bien étrange maladie, aux allures de cancer, qui sape ses forces et son énergie au point de se voir bientôt diagnostiquer comme mourant. Un coup dur pour Peter, qui devra alors trouver un moyen de protéger ses proches tout en combattant Morlun et d'autres adversaires encore. Peut-être que la solution se trouve là, de l'autre côté du voile, vers la lumière, vers l'abandon...
Du drame, de l'action, des larmes, de l'amour et de l'héroïsme, voici ce que vous trouverez dans cette histoire grandiose qui vous transportera sur des chemins encore jamais explorés à l'époque pour le Tisseur, et qui vous bouleverseront totalement, que vous aimiez ou non. Échelonnée sur plusieurs séries en même temps, cette saga a pour devise ''Évoluer ou mourir''. Une sentence qui résume à elle-seule tout le sel de cette histoire, tout ce qui fait de L'Autre un récit magistral mené de mains de maîtres par des auteurs passionnés par ce qu'ils font, explorant de toutes nouvelles pistes dont feraient mieux de s'inspirer certains auteurs actuels. Les dessins sont de plusieurs artistes mais les différences ne choquent pas, vous en avez pour votre argent.

Et puisqu'on parle de ça, il faut féliciter Panini Comics qui a eu la bonne idée de publier cette oeuvre dans sa collection Marvel Deluxe, certes assez coûteuse mais de très bonne qualité et qui ne dépareillera en rien votre bibliothèque. Si toutefois vous trouvez que c'est un peu cher, et vous aurez sans doute raison, vous pouvez encore attendre quelques mois (voir années) pour que cette histoire soit publiée dans une collection moins luxueuse mais plus abordable, comme il en est désormais de coutume chez Panini. Peut-être quelque chose comme du Marvel Select, ou du Marvel Gold. Bref, prenez votre mal en patience et ça finira par payer, ne vous inquiétez pas !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, j'espère vous retrouver bientôt pour un nouvel article !