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vendredi 1 juin 2018

La V.O. du vendredi n°105 : Batman Arkham - Poison Ivy (DC Comics - 2016)


Parmi le nombre impressionnant de vilains présents dans la galerie de Batman, il en est une qui sort particulièrement du lot, nulle autre que la rousse la plus sexy et dangereuse de l'histoire des comics, Poison Ivy.
A l'origine Pamela Lillian Isley est une jeune étudiante en botanique avec un don certain, qui finit entre les mains de mauvaises personnes qui vont l'utiliser tour à tour pour dérober des herbes antiques et empoisonnées ou bien comme cobaye de laboratoire pour des sérums très dangereux. L'un ou l'autre de ces destins mènent de toute façon à la même conclusion : la belle devient alors une créature on ne peut plus menaçante, insensible à toute forme de poison et capable d'en créer à volonté à partir de son corps et de son sang, voir même de ses propres phéromones. Si elle fut d'abord une reine du crime tout ce qu'il y a de plus classique lors de sa première apparition dans les années '60, elle devint au fur et à mesure du temps une ennemie acharnée de Batman, seul homme capable de lui résister. Son côté écoterroriste ne s'est développé que tardivement comparé à ses premières origines racontées, mais c'est comme cela que nous la connaissons le mieux depuis les années '80 et l'ère dite Classique de DC, avec laquelle nous avons toutes et tous grandis. Grande protectrice de la nature et fervente adepte de la révolution brutale en ce qui concerne le règne humain sur la Terre, Ivy peut aussi connaître de troublants moments de lucidité et de fragilité lorsque son passé refait soudain surface ou bien lorsqu'elle est à nouveau manipulée par de mauvaises personnes pour que ses travaux deviennent des armes.

Poison Ivy apparaît à une époque où les femmes dans les comics sont un peu plus présentes, les mœurs se libèrent un rien et l'on peut maintenant parler de femmes fortes à opposer à nos héros fleurons de la masculinité. Catwoman l'était en son temps, pionnière du genre, mais il manquait encore quelque chose pour en faire une femme fatale capable d'écraser les hommes, et ce fut en créant le personnage de Poison Ivy que DC parvint à ce stade. Cet album de la collection Batman Arkham se concentre donc sur les meilleurs récits autour du personnage d'Ivy, de sa première apparition en 1966 jusqu'en 2013 lors de l'event Forever Evil des New52, en passant par les années '80-'90 qui furent un véritable terreau pour que ses racines plus profondes puissent se développer. Petite mais diablement rusée, cette femme fatale a tous les atouts en main pour faire flancher le moindre obstacle à ses volontés, mais elle peut aussi se montrer plus douce voir protectrice envers les plus défavorisés comme durant le tremblement de terre à Gotham. Alors, ennemie intime, amour interdit, femme létale ou bien amante passionnée, défenderesse de la nature ou criminelle farouche, telles sont les multiples facettes de Poison Ivy, qui vous seront présentées dans cet album assez épais. Sorti à l'origine pour les 50 ans de l'invention du personnage chez DC, cette anthologie ravira tous les connaisseurs ainsi que les novices et vous donnera un nouveau regard sur un personnage très important de la galerie de vilains de Batman, à plus d'un titre.

Évidemment c'est en V.O., la collection comporte d'autres volumes sur le Sphinx, Freeze, Man-Bat, Hugo Strange, l’Épouvantail... mais c'est vraiment celui d'Ivy qui me paraît à la fois le plus beau et le plus pertinent. Quelques uns de ces récits ont été traduits par Urban chez nous et sont donc disponibles dans certaines revues kiosque, mais rien ne vaut un plongeon directement au cœur de la source. Une très bonne lecture donc, vivement conseillée pour ceux que l'anglais ne déroute pas !

samedi 5 septembre 2015

Paul Dini présente Batman tome 2 – Le cœur de Silence (Urban Comics – Août 2015)


Silence, c'est probablement l'un des meilleurs arcs des aventures du Chevalier Noir, dessiné à l'époque par Jim Lee et scénarisé par Jeph Loeb. Le personnage homonyme est par la suite revenu plusieurs fois dans la vie de Batman, cherchant à prendre sa revanche. Jusqu'ici il avait toujours été tenu en échec, mais désormais les choses sont sur le point de changer car Silence a mis sur pieds une opération démentielle pour priver Batman de ses soutiens et s'emparer de sa vie. Il faudra toute l'aide des alliés de la Chauve-souris pour en venir à bout !
Mais Silence est loin d'être la seule menace dans cet album. Batman devra aussi compter avec le retour de Scarface et d'une nouvelle Ventriloque, décidés tous deux à reprendre la main sur la pègre de Gotham. Le Chapelier Fou fait aussi des siennes et reforme un nouveau gang pour mettre la ville sens dessus-dessous, tandis que l’Épouvantail trame un sordide mauvais tour et que le Sphinx n'en finit plus de courir les médias.

Paul Dini nous a longtemps fait rêver avec les aventures de Batman en dessin-animé, dans les années '90, et plus récemment en ayant initié la série de jeux Arkham. Son passage dans les comics du Chevalier Noir (la série Detective Comics) fut très remarqué et apprécié, et ce second tome est tout aussi bon et plaisant à lire que le premier. L'on referme cet album avec un seul regret : que le prochain soit le dernier. Un run éphémère mais tout bonnement merveilleux, en parallèle de celui de Grant Morrison sur les séries principales, qui sent bon les années de jeunesse passées à regarder les épisodes du dessin-animé, un univers sombre et humain dans lequel Batman est, avant tout, le plus grand détective du monde, et non simplement un super-héros. La collection ''DC Signatures'' d'Urban continue de proposer des histoires de qualité, vivement le troisième tome !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 21 janvier 2015

Paul Dini présente Batman tome 1 - La mort en cette cité (Urban Comics - Janvier 2015)


Voici une nouvelle arrivée dans la collection des ''DC Signatures'' d'Urban Comics, collection dans laquelle jusqu'à présent nous avions pu lire les runs d'artistes aussi célèbres et renommés que Grant Morrison, Geoff Johns ou encore Ed Brubaker (respectivement sur Batman, Green Lantern et Catwoman). C'est maintenant au tour de Paul Dini sur la série Detective Comics, run débuté en 2006 en parallèle de celui de Morrison sur Batman mais explorant une toute autre facette de l'univers du Chevalier Noir, le plus grand détective du monde avant d'être un super-héros. Le scénariste préféré de notre enfance, mondialement réputé pour la série-animée Batman de 1992 (celle de notre enfance, oui oui), nous livre ici les premiers chapitres de sa grande fresque d'enquêtes à l'ancienne, des histoires sur un ou deux numéros maximum et mettant à l'épreuve les talents de déduction de Batman, tout en faisant la part belle à ses vilains les plus connus qui font tous acte de présence, certains plusieurs fois même !

C'est ainsi que Batman va croiser la route du Sphinx, récemment sorti du coma et ayant radicalement changé de style de vie : il est devenu détective privé en free-lance, et met son redoutable génie analytique au service d'une juste cause pour une fois. Cette rédemption cache-t-elle autre chose, n'est-ce qu'un nouveau plan tordu du maître des énigmes ? Ou bien est-il sincère ? Une chose est sûre en tout cas, l'ex-criminel attire l’œil des médias et se taille la part du lion en ce qui concerne la clientèle, très souvent issue des beaux quartiers et des plus grosses fortunes de Gotham. Mais Nigma devra aussi compter sur la présence de Batman durant ses enquêtes, désireux de le garder à l’œil. Le protecteur de Gotham va très vite cependant apprendre malgré lui à reconnaître les talents de son ancien ennemi et à faire équipe avec lui sur certaines affaires, bon gré mal gré, appréciant même à de rares moments l'esprit vif et alerte du Sphinx, que seul éclipse son propre orgueil.
Mais si encore le Sphinx était le seul soucis de Batman ces temps-ci ! Il y a aussi le retour du Ventriloque, pourtant officiellement décédé quelques temps plus tôt, mais qui terrorise à nouveau les faubourgs et les petites frappes. Le Pingouin fait de nouveau parler de lui et monte un nouveau casino en ville, jurant qu'il s'occupe désormais d'affaires parfaitement légales, mais gardant toujours quelques contacts dans le milieu de la pègre. Poison Ivy est subitement menacée dans sa cellule d'Arkham par une étrange plante qui échappe totalement à son contrôle et paraît vouloir la tuer, aussi Batman doit-il temporairement assurer la protection de la belle empoisonneuse et tenter de fouiller dans son passif pour trouver la réponse à cette épineux problème. Harley Quinn est ''libérée'' de force de l'asile et contrainte de participer à un chantage odieux par un autre vilain, mais la belle réserve bien des surprises à son partenaire comme au Chevalier Noir ! Enfin, le Joker en personne attirera l'attention au sein de deux histoires complètes le concernant et lui faisant tour à tour croiser la route de Robin (Tim Drake) pendant un trajet en voiture des plus meurtriers, puis de Batman au détour d'un petit numéro de magie passablement sanglant. Heureusement, Batman peut aussi compter sur quelques alliés occasionnels autre que Robin pour l'épauler, comme Zatanna par exemple, avec qui il entretien une relation compliquée depuis qu'il a découvert les manipulations mentale dont il fut la victime durant les événements de la Crise d'Identité au sein de la Ligue de Justice. Et encore, tout cela n'est qu'un commencement...

Un album très très chargé pour notre Batman adoré, remarquablement bien écrit et mené de bout en bout, les récits sont indépendants les uns des autres mais tous reliés par de petits détails qui titillent l'intérêt du lecteur jusqu'à la fin. L'écriture de Paul Dini nous ramène à la bonne époque des épisodes du dessin-animé des années '90, on a d'ailleurs plusieurs fois l'impression de suivre un de ces épisodes, avec un plaisir non dissimulé ! Les styles de dessins sont variés mais restent cohérents les uns avec les autres, mention spéciale à l'épisode dessiné par Joe Benitez sur Poison Ivy, une vraie partie de plaisir.
Paul Dini présente Batman, un nouveau run ''signature'' portant sur l'un des maîtres de notre enfance (qui selon moi connaissait bien mieux son affaire que Morrison sur certains points), est d'ores et déjà une série complète annoncée en trois tomes par Urban. Le planning officielle ayant été, à l'heure où j'écris ces lignes, dévoilé jusqu'en Juin, rien n'interdit de penser que le second tome puisse arriver d'ici la fin de l'année. Croisons les doigts, car il s'agira en plus du tome regroupant l'histoire Le cœur de Silence, dont la version Panini est parfaitement introuvable où que ce soit, en tout cas pas à moins d'avoir un compte en banque solide comme le roc.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !