Affichage des articles dont le libellé est monstres. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est monstres. Afficher tous les articles

lundi 10 juillet 2017

La question du lundi n°43 : Le "Dark Universe" d'Universal est-il encore viable ?


Le mois dernier sortait sur nos écrans le dernier film tant attendu de Tom Cruise, La Momie, des studios Universal. Ce film devait être ce que Dracula Untold avait échoué à être en son temps, c'est à dire le fer de lance d'un univers partagé au cinéma, le Dark Universe, rassemblant au sein d'une même continuité de films les différents monstres sacrés du cinéma comme Dracula, la Momie, le monstre de Frankenstein, la créature du lagon, le Dr. Jekyll et Mr. Hyde, etc. Tous les grands monstres de la littérature anglaise du XIXème siècle, dont Universal a récupéré tous les droits ou peu s'en faut.
Revenons-en au film La Momie. Il nous présente à la fois une nouvelle version de cette histoire qui date déjà des années '30 et dont selon moi la meilleure adaptation reste celle de Stephen Sommers en deux volets (clin d’œil : les amateurs auront reconnu le Livre d'Or d'Amon-Râ dans la bibliothèque du film récent, ainsi qu'un crâne de vampire et une main de créature aquatique), et également certains des personnages de ce fameux univers partagé comme le bon Dr. Jekyll, directeur de l'institut qui effectue des fouilles et des recherches dans le monde entier sur les avatars du Mal quels qu'ils soient, et son pendant malfaisant le redoutable Mr. Hyde. Mais entre un Tom Cruise en roue libre et un Russel Crowe qui en fait des tonnes, la sauce n'a malheureusement pas prise. Rappelons que le film souffre de près de 83% de critiques négatives, d'un désaveu quasi-total des fans du genre, et d'une promotion un rien lourdingue de la part des studios. La venue en grande pompe de Tom Cruise dans son premier talk-show français, Quotidien, n'y aura au final rien changé et le film se traîne lamentablement sur les écrans. Pour tout vous dire, quand je suis moi-même allé le voir avec la meilleure bonne volonté du monde, je me suis retrouvé totalement seul dans une salle entièrement vide, pour une séance privée qui m'a laissé plutôt froid. C'est vous dire à quel point le film que je m'apprêtais à voir avait su séduire son public...
Que veut faire Universal exactement avec son univers partagé de monstres ? Une concurrence assez tardive aux univers de Marvel et DC, Warner et Disney et leurs super-héros ? Une façon de dire ''Eh, nous aussi on peut faire une longue histoire sur plusieurs films avec des personnages connus de la culture populaire !'' et de tenter maladroitement de s'approprier une partie du public ? J'ai malheureusement plutôt l'impression que malgré tous leurs efforts, ils n'ont pour l'instant réussi qu'à saborder le navire et que la chute dramatiquement lente de leurs aspirations risque de faire mal. Pourtant sur le papier tout partait d'une bonne idée, mais peut-être est-il temps de se demander si les monstres du cinéma et de la littérature intéressent encore réellement quelqu'un de nos jours, à part les fidèles lecteurs du genre. Bonne idée mais peut-être mauvaise cible... et surtout gestion catastrophique des acteurs. Tout ne peut pas reposer uniquement sur un grand nom au casting, le public n'est pas si idiot et a généralement tendance à voir qu'il n'y a rien de bien concret derrière le voile. Ça me coûte de tenir ce discours, car quelque part au fond de moi j'y croyais, à ce Dark Universe et à sa belle fanfare. Je suis un grand fan du film Van Helsing de Stephen Sommers (encore lui) après tout, on peut dire que je suis peut-être un peu trop idéaliste et bon public, mais même moi j'ai été déçu par cette momie qui n'avait pas grand chose pour elle. Cela dit, il faut reconnaître que l'actrice choisie pour incarner la princesse maudite et revancharde était une des rares bonnes idées du film, c'est pratiquement le seul personnage qui ne sonne pas faux. Mais mise en face des ténors qui ne jouent pas leur rôle, elle perd de sa substance et cette nouvelle incarnation sera malheureusement vite oubliée.

Pas de réponse réelle à apporter à cette question pour l'instant, étant donné que cela commence tout juste, mais des réserves à noter et surtout un mauvais départ à corriger d'urgence dans les films suivants, si les studios en ont encore le courage et la volonté. Je l'espère de tout cœur.

samedi 1 novembre 2014

Dracula Untold (Gary Shore - Universal / Michael De Luca Productions - Octobre 2014)


Lendemain d'Halloween. Quand y'en a plus, y'en a encore ! Voici l'occasion d'un petit bonus (DLC ?) à mon mois spécial sur les vampires, pour vous parler du film Dracula Untold de Gary Shore sorti le mois dernier tout juste, énième adaptation sur grand écran du célèbre personnage de la littérature victorienne qu'il n'est plus utile de présenter désormais. Quoique...

L'an 1462, sur les terres reculées de la Valachie, au sein des Carpathes de Roumanie. Le récit nous emmènera suivre le destin du Prince Vlad III Basarab, connu sous le nom de ''Dracula'', le Fils du Dragon, du Démon. Souverain juste et bon, éclairé, dévoué à son peuple et à sa famille, il sera confronté à un choix cruel lorsque le tout-puissant Empire Ottoman, avec le Sultan Mehmet II à sa tête, exige un tribut de 1000 jeunes Transylvaniens pour ses campagnes futures contre les nations rebelles de l'Europe de l'Est. Vlad sait que s'il refuse, Mehmet n'hésitera pas à rayer son pays de la carte et à s'approprier ses terres et son peuple quoi qu'il advienne. Mais s'il paie le tribut, il devra alors laisser son fils partir en tant qu'otage diplomatique, un enfer que Vlad a connu durant toute son enfance et redoute par-dessus tout. Désespéré, acculé, le Prince va alors commettre l'irréparable pour sauver son fils ainsi que ce peuple apeuré qui compte sur lui pour le protéger. Concluant un pacte avec une puissance obscure des plus redoutables, Vlad obtient le pouvoir de commander à la nuit, aux ténèbres, la force de cents hommes, la vitesse du vent, la capacité à répandre la peur chez ses ennemis... mais également une faim irrépressible de sang humain, comme prix de sa nouvelle condition. Le marché est très clair : si Vlad parvient à résister à son désir de se nourrir de sang durant trois jours, il retrouvera alors sa nature humaine et aura pu utiliser ces sombres pouvoirs pour faire le bien et délivrer son royaume de la menace Ottomane. Mais si jamais il cède à son nouvel appétit, si la moindre goutte de sang humain vient nourrir ses ténèbres... il deviendra alors un monstre, condamné pour l'éternité à arpenter la Terre en causant la mort et la désolation, émissaire du Mal détruisant tout sur son passage, et voué à perdre chacun de ses proches, errant à jamais sans but et sans attaches.

Le pari de ce film était de présenter un personnage dont le grand public ignore encore beaucoup de choses, le véritable homme derrière la légende et le mythe du vampire Dracula. Car oui, il y a vraiment eu un Prince Vlad III Basarab ''Dracula'' ou encore ''Tepes'' (l'Empaleur) pour certains. En un sens c'est même l'un des ''pères'' de notre Europe telle que nous la connaissons depuis des siècles.
Voilà donc quel était l'intérêt présenté au départ de ce film, nous parler de cet homme, ce personnage historique, nous raconter ses exploits et sans doute ce qui fît de lui une légende du vampirisme par la suite. Sauf que dans les faits, vous pouvez oublier tout le côté reconstitution historique/fictive, vous n'aurez quasiment que du film de vampire là-dedans en réalité. L'aspect historique du personnage de Vlad est traité assez rapidement, disons durant les 5 à 10 premières minutes grand maximum, avant que la dimension surnaturelle de l'histoire ne vienne s'imposer et que le film ne devienne qu'un nouveau film de monstres sur Dracula parmi une pléiade d'autres. J'avoue que personnellement ce constat m'a un peu déçu en salle, je m'attendais vraiment à un genre de biopic fictif, et ce malgré les bandes-annonces jouant sur le sensationnel du célèbre vampire. J'avais un petit espoir, en somme, que le film ne serait pas QUE là-dessus. Et pourtant si. Dommage.
Mais ce fut tout de même loin d'être une déception ! Le film est sympathique, esthétiquement plutôt agréable, les effets spéciaux sont tous assez soignés (quelques petites fautes ici ou là mais rien de grave ni que l'on ne puisse pardonner) et il faut souligner la qualité de la musique, signée Ramin Djawadi (que vous avez déjà pu écouter via Iron Man, Le Choc des Titans ou encore plus récemment Pacific Rim et bientôt Warcraft de Blizzard). Un habitué des films de monstres à gros budgets en somme !
Et justement, venons-en à parler du budget et des attentes que celui-ci pouvait susciter. Pas moins de 100 millions de dollars, pour un film sur lequel repose depuis peu le projet fou de créer un univers partagé avec différentes licences de monstres gothiques victoriens au cinéma. C'est beaucoup, pour ce genre. Ça fait même assez peu quand on y pense, avec tout le passif un peu lourdingue que se traînait le personnage depuis des dizaines d'années via la Hammer puis Universal. Et pourtant en un sens c'est une réussite, modérée disons-le tout de suite mais réussite tout de même, reconnaissons au moins que le budget se ressent dans le rendu final du film, dans ses effets spéciaux, sa qualité visuelle et son étalonnage, ses musiques, ses costumes et décors, etc. Peut-être aussi un peu dans ses acteurs, mais alors pas tous loin de là. Et quelques facilités dans le déroulement du scénario et les relations entre les personnages.
Cependant pour moi le plus gros défaut de Dracula Untold, ce n'est pas son manque de profondeur historique. Ça, je peux le pardonner quand je vais voir un film à vocation fantastique. Ce n'est pas non plus le jeu de certains de ses acteurs, car on est souvent confronté à ce genre de petite déception quand on pioche dans ce domaine. Non, c'est plutôt... son réalisateur, en fait. Non pas que Gary Shore soit un manche, au contraire il a même plutôt l'air d'avoir de très bonnes idées et techniques. Mais à plusieurs reprises, et vous aurez aussi sans doute cette impression en le voyant, j'ai été choqué par le montage assez brutal des scènes entre elles. Pour tout dire, sur un plan le personnage de Vlad se trouve légèrement en hauteur dans une salle, en train de parler, et sur le plan suivant il est inexplicablement dans les bras de sa femme en poursuivant le même discours dans la même salle, sans le moindre effet mouvement pour servir de transition entre ces deux plans. Et ce n'est qu'un seul exemple, le montage est vraiment ce qui pèche dans ce film et gâche un peu l'expérience.
Comment expliquer cela ? En sortant de la séance je cherchais une raison qui aurait pu justifier un tel raté : les studios trop pressants ? Des rajouts de dernière minute pour ce fameux projet d'univers partagé, comme on en a eu connaissance un peu avant la sortie du film ? Changement de monteur ? Post-production difficile ? Et puis la personne qui m'accompagnait a mis le doigt sur ce qui semble être la seule explication vraiment logique : ce n'est jamais que le tout premier vrai long-métrage de Gary Shore. Tout aussi génial qu'il soit, il a encore beaucoup à apprendre et il s'est vu confier d'un coup un budget assez énorme pour réaliser un film sur lequel pesaient de nombreuses attentes de la part des studios, largement de quoi faire des erreurs. Et au final, ce ne sont même pas des erreurs si graves que cela, elles ne dénaturent pas le récit ni l'expérience du film lui-même en salle, c'est un poil dérangeant mais sans plus, et largement pardonnable une fois que l'on réalise que oui, c'est une première fois. Il y a toujours des erreurs et des faux-pas, mais ça se corrigera pas la suite ! Ça reste une œuvre d'une certaine qualité et surtout avec beaucoup de bonne volonté, légèrement décevante sur la forme mais pas dans le fond, et ce malgré des inspirations parfois plus qu'évidentes (et du coup assez gênantes quand on s'en rend compte) : petit jeu, essayez de retrouver LA scène quasiment copiée-collée de The Amazing Spider-man 2 Le Destin d'un Héros dans Dracula Untold, je vous jure que vous n'allez penser à rien d'autre en la voyant, même la musique s'y met.
Allez, inutile de l'enfoncer davantage, je reconnais qu'il y a de gros défauts dans ce film et que ce n'est pas forcément ce à quoi je m'attendais en allant le voir, mais j'admets aussi que malgré tout ça j'ai passé un bon moment et qu'il a bien rempli son contrat en me divertissant et en m'offrant une histoire nouvelle sur un personnage que j'aime beaucoup et qui me passionne, même si je ne me considère pas vraiment comme faisant partie des gens à qui ce film est censé apprendre des choses sur Vlad. Si vous êtes allés le voir également, donnez votre avis ça m'intéresse ! Et si vous n'y êtes pas allés, eh bien donnez-lui sa chance en DVD lorsque vous le pourrez, il n'y a pas grand chose à en regretter. Et vivement les autres films de monstres pour juger de ce fameux univers partagé !

Sur ce je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !