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lundi 3 juin 2019

Vampirella Masters Series - James Robinson & Joe Jusko (Graph Zeppelin - Octobre 2018)


Dans ce nouveau tome des aventures de Vampirella par ses plus grands auteurs et dessinateurs, nous retrouvons tout d'abord la belle et son amant juste après qu'ils aient été assassinés pour leur passion commune. Se retrouvant tous deux aux Enfers, ils errent sur un territoire désolé et aride qui rappelle fortement les plaines sanglantes de Drakulon à Vampirella. Elle comprend alors que ce monde, dont elle se pensait originaire, n'était qu'une vue de l'esprit imposée par sa mère, la mère de tous les vampires : Lilith. Régnant sur cette partie des Enfers, Lilith se meurt depuis des siècles, depuis que Dieu l'a maudite. Pour éviter la froide emprise de la Mort, elle n'a pas eu d'autre choix que d'interrompre le court du fleuve de sang de Drakulon, précipitant toute sa population dans une barbarie sans nom et une véritable fièvre de massacre. Vampirella et Adam Van Helsing sont donc présents dans cette dimension pour une bonne raison, une mission sacrée qui leur a été confiée par les plus hautes autorités de l'univers : faire couler de nouveau le grand fleuve écarlate. Mais cela aura pour effet de tuer Lilith, ce à quoi Vampirella ne peut se résoudre sachant qu'elle est sa véritable mère. Le périple sera rude et semé d'embuches, bien des doutes et des craintes naîtront, mais jamais un seul instant l'amour que Vampi et Adam se portent ne sera remis en question. Cette force leur permettra de franchir tous les obstacles et de parvenir à la source du fleuve, où les attendra l'ultime épreuve. En sortiront-ils vivants ? Si le triomphe est au rendez-vous, il est cependant bien amer lorsque l'on fait l'état des sacrifices pour y parvenir. A présent dotée d'une mission sacrée à son tour, Vampirella reprend la route de l'aventure pour y chercher la rédemption, pour elle comme pour sa mère.
Dans une seconde petite histoire, nous découvrons le premier face à face entre Vampirella et le comte Dracula en personne, alors que celui-ci se sert de l'image de Drakulon pour influencer l'esprit de son adversaire et la résoudre à s'offrir au Dieu-Fou, sombre déité qui souhaite s'incarner dans le monde mortel. Comment cela finira, seul le temps nous le dira. L'Histoire réserve encore son lot de surprises à notre belle vampire...
Enfin, un troisième et dernier petit récit met en scène deux créateurs se rencontrant au sein de la grande bibliothèque de l'imaginaire. Deux auteurs inspirés par la même source et échangeant sur leur passion commune, tandis que dans l'ombre Dracula et Vampirella observent leurs créateurs...

Ce dernier récit d'ailleurs est un vibrant hommage à la culture et au mythe littéraire du vampire à travers deux de ses plus grands auteurs et leurs créations qui se rencontrent enfin. D'un point de vue général, ce tome est vraiment très plaisant à lire et à parcourir, la première histoire dessinée par Joe Jusko est somptueuse de réalisme et de puissance sauvage, tandis que les deux autres sont un peu plus fantaisistes mais apportent chacune une nouvelle vision du personnage de Vampirella. Graph Zeppelin réalise là encore un très bon travail d'édition en nous proposant de nombreux bonus entre ces trois récits poignants et vibrants : vous trouverez en effet des extraits du script de James Robinson ainsi que des croquis de Joe Jusko, et bien sûr une petite galerie d'illustrations. Merci beaucoup à ce petit éditeur qui se bouge énormément pour nous satisfaire !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 24 février 2017

La V.O. du vendredi n°60 : Van Helsing vs. Dracula (Zenescope - Mai 2016)


Un an après sa précédente rencontre avec le puissant seigneur des vampires et la mort de son père, Liesel Van Helsing se lance à nouveau dans la traque de Dracula, lorsque son ami Jonathan Harker voit sa fiancée se transformer en une créature de la nuit par la suite des manipulations du monstre immortel. Alors qu'il semble évident que le tuer soit impossible, Liesel va enquêter avec l'aide de Jonathan pour remonter la piste du vampire, aidée en cela par son amant le dieu des Enfers en personne, Hadès, qui a jadis passé un pacte avec Dracula qui concerne de très près la belle chasseuse... Lorsque la vérité éclate, lorsque le passé est enfin révélé au grand jour, Liesel devra affronter les conséquences de sa traque et de son lien intime avec le prince vampire, et peut-être faire une croix sur sa relation avec Hadès. Mais quoi qu'il arrive à l'issue de la confrontation final, qui s'annonce des plus douloureuses et sanglantes, les choses changeront pour de bon, en bien ou en mal !

Excellente suite à la série de Zenescope Van Helsing parue il y a de cela quelques temps, Van Helsing vs. Dracula nous offre le point final des aventures de Liesel en solo, avant qu'elle et Hadès ne connaissent leur triste sort dans les chapitres de Age of Darkness. Cette mini-série est très bien structurée et dessinée, l'album est très bien conçu et assez plaisant à lire. Pat Shand sait nous faire éprouver les bonnes émotions aux bons moments, et son personnage fétiche est attachante et forte, ce qui la rend d'autant plus géniale. Si vous avez aimé Van Helsing – The Darkness and the Light, vous adorerez Van Helsing vs. Dracula, un point final magistral et honnête.

samedi 1 novembre 2014

Dracula Untold (Gary Shore - Universal / Michael De Luca Productions - Octobre 2014)


Lendemain d'Halloween. Quand y'en a plus, y'en a encore ! Voici l'occasion d'un petit bonus (DLC ?) à mon mois spécial sur les vampires, pour vous parler du film Dracula Untold de Gary Shore sorti le mois dernier tout juste, énième adaptation sur grand écran du célèbre personnage de la littérature victorienne qu'il n'est plus utile de présenter désormais. Quoique...

L'an 1462, sur les terres reculées de la Valachie, au sein des Carpathes de Roumanie. Le récit nous emmènera suivre le destin du Prince Vlad III Basarab, connu sous le nom de ''Dracula'', le Fils du Dragon, du Démon. Souverain juste et bon, éclairé, dévoué à son peuple et à sa famille, il sera confronté à un choix cruel lorsque le tout-puissant Empire Ottoman, avec le Sultan Mehmet II à sa tête, exige un tribut de 1000 jeunes Transylvaniens pour ses campagnes futures contre les nations rebelles de l'Europe de l'Est. Vlad sait que s'il refuse, Mehmet n'hésitera pas à rayer son pays de la carte et à s'approprier ses terres et son peuple quoi qu'il advienne. Mais s'il paie le tribut, il devra alors laisser son fils partir en tant qu'otage diplomatique, un enfer que Vlad a connu durant toute son enfance et redoute par-dessus tout. Désespéré, acculé, le Prince va alors commettre l'irréparable pour sauver son fils ainsi que ce peuple apeuré qui compte sur lui pour le protéger. Concluant un pacte avec une puissance obscure des plus redoutables, Vlad obtient le pouvoir de commander à la nuit, aux ténèbres, la force de cents hommes, la vitesse du vent, la capacité à répandre la peur chez ses ennemis... mais également une faim irrépressible de sang humain, comme prix de sa nouvelle condition. Le marché est très clair : si Vlad parvient à résister à son désir de se nourrir de sang durant trois jours, il retrouvera alors sa nature humaine et aura pu utiliser ces sombres pouvoirs pour faire le bien et délivrer son royaume de la menace Ottomane. Mais si jamais il cède à son nouvel appétit, si la moindre goutte de sang humain vient nourrir ses ténèbres... il deviendra alors un monstre, condamné pour l'éternité à arpenter la Terre en causant la mort et la désolation, émissaire du Mal détruisant tout sur son passage, et voué à perdre chacun de ses proches, errant à jamais sans but et sans attaches.

Le pari de ce film était de présenter un personnage dont le grand public ignore encore beaucoup de choses, le véritable homme derrière la légende et le mythe du vampire Dracula. Car oui, il y a vraiment eu un Prince Vlad III Basarab ''Dracula'' ou encore ''Tepes'' (l'Empaleur) pour certains. En un sens c'est même l'un des ''pères'' de notre Europe telle que nous la connaissons depuis des siècles.
Voilà donc quel était l'intérêt présenté au départ de ce film, nous parler de cet homme, ce personnage historique, nous raconter ses exploits et sans doute ce qui fît de lui une légende du vampirisme par la suite. Sauf que dans les faits, vous pouvez oublier tout le côté reconstitution historique/fictive, vous n'aurez quasiment que du film de vampire là-dedans en réalité. L'aspect historique du personnage de Vlad est traité assez rapidement, disons durant les 5 à 10 premières minutes grand maximum, avant que la dimension surnaturelle de l'histoire ne vienne s'imposer et que le film ne devienne qu'un nouveau film de monstres sur Dracula parmi une pléiade d'autres. J'avoue que personnellement ce constat m'a un peu déçu en salle, je m'attendais vraiment à un genre de biopic fictif, et ce malgré les bandes-annonces jouant sur le sensationnel du célèbre vampire. J'avais un petit espoir, en somme, que le film ne serait pas QUE là-dessus. Et pourtant si. Dommage.
Mais ce fut tout de même loin d'être une déception ! Le film est sympathique, esthétiquement plutôt agréable, les effets spéciaux sont tous assez soignés (quelques petites fautes ici ou là mais rien de grave ni que l'on ne puisse pardonner) et il faut souligner la qualité de la musique, signée Ramin Djawadi (que vous avez déjà pu écouter via Iron Man, Le Choc des Titans ou encore plus récemment Pacific Rim et bientôt Warcraft de Blizzard). Un habitué des films de monstres à gros budgets en somme !
Et justement, venons-en à parler du budget et des attentes que celui-ci pouvait susciter. Pas moins de 100 millions de dollars, pour un film sur lequel repose depuis peu le projet fou de créer un univers partagé avec différentes licences de monstres gothiques victoriens au cinéma. C'est beaucoup, pour ce genre. Ça fait même assez peu quand on y pense, avec tout le passif un peu lourdingue que se traînait le personnage depuis des dizaines d'années via la Hammer puis Universal. Et pourtant en un sens c'est une réussite, modérée disons-le tout de suite mais réussite tout de même, reconnaissons au moins que le budget se ressent dans le rendu final du film, dans ses effets spéciaux, sa qualité visuelle et son étalonnage, ses musiques, ses costumes et décors, etc. Peut-être aussi un peu dans ses acteurs, mais alors pas tous loin de là. Et quelques facilités dans le déroulement du scénario et les relations entre les personnages.
Cependant pour moi le plus gros défaut de Dracula Untold, ce n'est pas son manque de profondeur historique. Ça, je peux le pardonner quand je vais voir un film à vocation fantastique. Ce n'est pas non plus le jeu de certains de ses acteurs, car on est souvent confronté à ce genre de petite déception quand on pioche dans ce domaine. Non, c'est plutôt... son réalisateur, en fait. Non pas que Gary Shore soit un manche, au contraire il a même plutôt l'air d'avoir de très bonnes idées et techniques. Mais à plusieurs reprises, et vous aurez aussi sans doute cette impression en le voyant, j'ai été choqué par le montage assez brutal des scènes entre elles. Pour tout dire, sur un plan le personnage de Vlad se trouve légèrement en hauteur dans une salle, en train de parler, et sur le plan suivant il est inexplicablement dans les bras de sa femme en poursuivant le même discours dans la même salle, sans le moindre effet mouvement pour servir de transition entre ces deux plans. Et ce n'est qu'un seul exemple, le montage est vraiment ce qui pèche dans ce film et gâche un peu l'expérience.
Comment expliquer cela ? En sortant de la séance je cherchais une raison qui aurait pu justifier un tel raté : les studios trop pressants ? Des rajouts de dernière minute pour ce fameux projet d'univers partagé, comme on en a eu connaissance un peu avant la sortie du film ? Changement de monteur ? Post-production difficile ? Et puis la personne qui m'accompagnait a mis le doigt sur ce qui semble être la seule explication vraiment logique : ce n'est jamais que le tout premier vrai long-métrage de Gary Shore. Tout aussi génial qu'il soit, il a encore beaucoup à apprendre et il s'est vu confier d'un coup un budget assez énorme pour réaliser un film sur lequel pesaient de nombreuses attentes de la part des studios, largement de quoi faire des erreurs. Et au final, ce ne sont même pas des erreurs si graves que cela, elles ne dénaturent pas le récit ni l'expérience du film lui-même en salle, c'est un poil dérangeant mais sans plus, et largement pardonnable une fois que l'on réalise que oui, c'est une première fois. Il y a toujours des erreurs et des faux-pas, mais ça se corrigera pas la suite ! Ça reste une œuvre d'une certaine qualité et surtout avec beaucoup de bonne volonté, légèrement décevante sur la forme mais pas dans le fond, et ce malgré des inspirations parfois plus qu'évidentes (et du coup assez gênantes quand on s'en rend compte) : petit jeu, essayez de retrouver LA scène quasiment copiée-collée de The Amazing Spider-man 2 Le Destin d'un Héros dans Dracula Untold, je vous jure que vous n'allez penser à rien d'autre en la voyant, même la musique s'y met.
Allez, inutile de l'enfoncer davantage, je reconnais qu'il y a de gros défauts dans ce film et que ce n'est pas forcément ce à quoi je m'attendais en allant le voir, mais j'admets aussi que malgré tout ça j'ai passé un bon moment et qu'il a bien rempli son contrat en me divertissant et en m'offrant une histoire nouvelle sur un personnage que j'aime beaucoup et qui me passionne, même si je ne me considère pas vraiment comme faisant partie des gens à qui ce film est censé apprendre des choses sur Vlad. Si vous êtes allés le voir également, donnez votre avis ça m'intéresse ! Et si vous n'y êtes pas allés, eh bien donnez-lui sa chance en DVD lorsque vous le pourrez, il n'y a pas grand chose à en regretter. Et vivement les autres films de monstres pour juger de ce fameux univers partagé !

Sur ce je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 20 octobre 2014

Van Helsing (Stephen Sommers - Universal Pictures - 2004)


1887, Transylvanie. Le Comte Dracula, un vampire terrorisant la région depuis de nombreux siècles, assassine le Dr. Victor Frankenstein dans son laboratoire secret afin de s'emparer du fruit de ses travaux. Malheureusement, le monstre prend la fuite avec la dépouille de son créateur et disparaît dans l'incendie du moulin où il s'était réfugié, provoqué par les villageois apeurés.
Un an plus tard, le Vatican envoie son meilleur élément, le chasseur de monstres connu sous le nom de Van Helsing, enquêter en Transylvanie pour sauver la dernière héritière de la lignée royale des Valerius, Anna, famille que Dracula a juré d'éradiquer. Pendant son périple, Van Helsing va découvrir qu'une partie de son mystérieux passé, dont il ne garde pratiquement aucun souvenir, semble être étroitement liée au Comte. Commence alors une quête d'identité qui conduira Van Helsing à affronter les plus terribles des créatures, des loups-garous aux épouses de Dracula ainsi que ses hordes de sbires infernaux. La course contre la montre est lancée, tandis que le souverain des vampires se prépare à lâcher sur le monde un fléau bien pire encore, avec l'aide de la science interdite de Frankenstein...

Malgré tous mes efforts il se peut que le résumé demeure un peu simplet, car il faut avouer que l'histoire l'est. Cependant ce film possède beaucoup de qualités, dont celle de respecter ses références. Si bien sûr les récits des personnages traités sont grandement modifiés afin de se tenir les uns avec les autres, il n'en reste pas moins que le scénario est agréable pour le connaisseur. Le Dracula interprété par Richard Roxburgh est peut-être l'un des plus proches de l'esprit original, loin des errements des films de la Hammer. L'histoire de Frankenstein et de sa créature, bien que largement condensée, reprend tout de même les points les plus importants. Quant à Van Helsing, il s'agit là bien sûr de la plus grande modification mais au final pour nous offrir un héros charismatique dont on aime suivre les aventures. Les décors sont magnifiques également, dans l'esprit des grandes forteresses gothiques d'antan, mais aussi des villages tarabiscotés que Tim Burton n'aurait pas renié, en bois et assemblés comme on le pouvait. Par ailleurs, je défie quiconque (surtout ceux critiquant le film) de regarder Van Helsing et de ne pas penser à la saga de jeux-vidéos Castlevania, surtout le premier volet de Lords of Shadow sorti en 2010, soit... 6 ans plus tard !
Stephen Sommers est un grand fan de ces films classiques de monstres produits par la Hammer et dont les licences partirent chez Universal par la suite. Son diptyque sur la Momie était déjà un bel hommage au film d'origine, et il n'est donc pas étonnant que son œuvre suivante fasse de même avec la plupart des autres créatures de la nuit. Bien qu'ayant énormément aimé ce film, j'accorde volontiers à la critique qu'il ne s'agit pas d'une œuvre parfaite ni trop réfléchie, mais si on le prend en tant qu'hommage rendu à la culture cinématographique des monstres, c'est une belle pièce. Le meilleur de la Hammer, sans les défauts grotesques, réuni dans un seul long métrage. Et avec une histoire de romance en prime, et une belle qui plus est !
Un dernier mot concernant la musique, signée Alan Silvestri, un grand nom de l'art depuis les années 1980. Des thèmes vraiment prenants, magnifiques, se concentrant sur les atmosphères ressenties et émanant de chaque personnage, avec des passages que l'on reconnaîtra d'emblée pour les avoir déjà entendu et vécu dans les films La Momie. Une sorte de continuité bienvenue entre ces films pour le fan !
Laissez une chance à Van Helsing de vous divertir et de vous faire passer un bon moment, seul ou à plusieurs, lors d'une nuit sombre au clair de la pleine Lune. Mon conseil, faites-vous un marathon en regardant à la suite La Momie, Le Retour de la Momie et Van Helsing.

Pour ceux qui voudraient ensuite prolonger l'expérience, sachez qu'il existe un film d'animation servant de préquelle et se déroulant quelques mois avant le début de celui de Stephen Sommers. Sorti en 2004 à l'occasion de la sortie DVD du vrai film, Van Helsing – Mission à Londres vous présente en fait l'enquête de Van Helsing pour retrouver et capturer le Dr. Jekyll et son alter-ego maléfique, semant la terreur dans les rues de Londres en assassinant sauvagement de jeunes femmes dans un but inavouable... d'une durée de seulement 31 minutes environ, ce serait dommage de passer à côté, d'autant que l'animation est vraiment splendide et d'une fluidité très agréable, me rappelant un peu le travail effectué sur Vampire Hunter D – Bloodlust quatre ans plus tôt, un grand classique du genre que je vous ai déjà présenté et que je continue à vous conseiller.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


samedi 11 octobre 2014

Dracula - La compagnie des monstres (Kurt Busiek et Daryl Gregory - French Eyes - 2012/2013)


Jusqu'à présent, j'ai surtout présenté des œuvres que je considère personnellement comme bonnes, voir excellentes, sur le thème des vampires. Parlons maintenant d'une que l'on pourrait qualifier de décevante, voir mauvaise.
Dracula – La compagnie des monstres, créée et scénarisée par Kurt Busiek et Daryl Gregory, avec au dessin Scott Godlewski et Damian Couceiro, parue chez l'éditeur French Eyes (filiale de Summer Média en France) entre le premier trimestre de l'année 2012 et début 2013.

Pour résumer l'histoire en quelques phrases rapidement : de nos jours, une compagnie véreuse dirigée par Conrad Barrington-Cabot, sur le point d'être dissoute, emploie une partie de ses ressources afin de mener des recherches poussées sur l'existence du Prince de Valachie, Vlad III ''Tepes'', dit Dracula. Souverain sanguinaire et guerrier expérimenté ayant fait naître la peur dans le cœur des Ottomans, c'est surtout l'incroyable nombre de récits et de légendes sur sa nature démoniaque de prince des vampires qui intéresse le directeur de cette compagnie, prêt à tout pour échapper à la justice et fonder son propre empire financier, même à renoncer à son âme. Son plan consiste à retrouver coûte que coûte les restes de Dracula et de procéder à une série d'invocations rituelles antiques afin de le ramener à la vie, pour que le Prince accepte ensuite de faire de lui un vampire des plus puissants. Mais rien ne va se passer comme prévu, et Dracula entend bien ne pas se laisser dicter sa conduite à présent qu'il fait de nouveau partie du monde des mortels et que ses pouvoirs ont été restaurés. Prenant la fuite, il appelle à lui des alliés de poids qui s'apprêtent à semer la terreur, tandis que Conrad entreprend de lever une véritable armée de vampires fraîchement transformés pour combattre le Prince et lui dérober ses pouvoirs. Une guerre couve et le massacre se fait de plus en plus proche à mesure que le temps passe, sans compter qu'une équipe de chasseurs de vampires impitoyables vient de débarquer de Roumanie pour détruire une fois pour toutes le Prince des Vampires et son engeance. Et au milieu de tout cela, un jeune homme, celui à qui Conrad a confié le soin de mener les recherches sur les rituels et sur Dracula, Evan Barrigton-Cabot, qui s'est rapproché involontairement de son sujet d'études et qui fait désormais partie de ses plans, pour le meilleur comme pour le pire.

Petit mot sur l'édition, tout d'abord. En V.O. cette série est parue chez l'éditeur Boom! Studios, ce qui n'est pas forcément un gage de qualité la plupart du temps. En V.F. nous avons eu droit à l'éditeur Summer Média et à sa branche French Eyes, connue notamment pour les comics Dr. Who. J'ignore ce qu'il en est pour cette série, n'en étant pas lecteur, mais pour ce qui est des petites licences malheureusement French Eyes n'est pas connu pour son soin méticuleux du produit fini. Peut-être à cause d'un manque de fonds, d'un budget assez maigre, je n'en sais rien mais toujours est-il qu'ici chacun des trois tomes est mal taillé, mal imprimé, dans le premier les crédits sont absents, et le papier sent assez mauvais. Ce n'est pas une blague, sentez si vous avez l'occasion. Ce ne sont généralement pas des détails qui mettent en confiance, et pourtant il y a tout de même des bons points : la traduction est bonne, tout semble avoir été fait pour coller le plus possible à l'esprit original, les références conservées. Cela dit, ça ne va pas loin même avec ça... de petits efforts ici ou là auraient été appréciables.
Quant à l'histoire elle-même, elle ne vole pas bien haut, malgré la présence de détails assez intéressants sur le personnage historique de Vlad III, même si ça reste relativement anodin. Il y a cependant un travail de recherches à noter concernant les traditions magiques Roumaines médiévales, ainsi qu'un peu d'arcanes. Pas de quoi sauter au plafond cependant, mais ça reste intéressant à lire et à apprendre. Le récit reste assez bas de plafond, beaucoup de facilités dans l'écriture et le déroulement des actions, tout comme dans les profils des personnages. Seul Dracula lui-même s'en sort assez bien à ce niveau, parvenant à conserver une aura mystérieuse et inquiétante telle qu'on est en droit de l'attendre pour ce protagoniste. Le reste n'est pas forcément à jeter mais là encore le manque d'efforts se fait ressentir cruellement, et le dénouement nous laisse totalement sur notre faim avec le sentiment de ne pas en avoir lu assez, ou au contraire d'en avoir lu bien trop.
Pour finir avec le dessin cette fois, il s'agit d'un style assez basique, voir parfois plutôt désagréable à regarder il faut l'avouer, c'est loin d'être dans la moyenne de ce qui se fait de bon dans le milieu. On appréciera cependant là aussi quelques efforts apportés pour créer des ambiances bien particulières suivant les scènes et les actions.

Au final, même si la lecture reste intéressante, on se retrouve avec un récit décevant et qui ne fera pas date, loin d'être original qui plus est. Quant au personnage de Dracula, il s'agit d'une interprétation séduisante du mythe comme de la personne mais là encore mal traité et ne parvenant pas à suivre les enjeux attendus, bien que la dimension biblique apportée vers la fin soit des plus alléchantes. Peut-être qu'une suite, ou du moins un quatrième tome, n'aurait pas été de trop.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


dimanche 5 octobre 2014

Dracula l'Immortel (Dacre Stoker et Ian Holt - Michel Lafon - 2009)


Y'a-t-il jamais eu récit vampirique plus célèbre que celui de l'Irlandais Bram Stoker en Mai 1897, Dracula, au passage chef-d'oeuvre du style épistolaire également ? Si les histoires de vampires existent pratiquement depuis la nuit des temps, avec un furieux essor durant le XIXème siècle, c'est bel et bien avec ce roman que le genre s'attire les plus ferventes admirations. Très souvent repris ou adapté, parfois à tort, souvent de travers, le Comte Dracula fascine et fédère comme aucun autre monstre littéraire avant ou après lui. Et pourtant ! Le connaissez-vous réellement ? Combien sont ceux qui savent vraiment d'où est tirée la légende ? De plus en plus nombreux certes, mais toujours pas assez pour faire taire les mauvaises idées qui germent à foison à Hollywood et ailleurs.
Et pourtant, encore ! Le véritable Dracula, celui que Bram Stoker avait réellement l'intention de décrire dans ses romans, au pluriel eh oui, nous ne l'avons jamais connu. Nous n'avons que cette vision du monstre, de la créature infernale, rejeton de l'Enfer sur Terre, tourmenteur éternel de l'humanité, issu d'un unique premier tome. La vérité mes amis est toute autre. Pour des raisons de gestion malhabile des droits d'auteurs, la famille Stoker a très tôt perdu toute chance de poursuivre les travaux du grand écrivain, et ses personnages connurent de nombreuses vies et déformations sur grand écran pendant des décennies, assez souvent désastreuses quand on y repense.
Mais c'est alors qu'à la fin des années 2000, le descendant de Bram Stoker, Dacre, lui aussi écrivain, s'empare courageusement des notes secrètes de son illustre aïeul et s'associe au prestigieux ''vampirologue'' Ian Holt pour permettre à l'histoire légitime de voir le jour, revue et corrigée pour un nouveau public cela va sans dire. C'est donc en Octobre 2009 que paraît enfin, chez l'éditeur Michel Lafon, la suite si longtemps attendue du grand classique : Dracula l'Immortel, d'après les notes, volontés et recherches de Bram Stoker pour offrir une nouvelle vie à son roman.

Un quart de siècle s'est écoulé depuis la victoire inespérée des forces du Bien sur celles du Mal lorsqu'en 1888 six courageux aventuriers ont réussi à détruire le terrible Comte Dracula sur ses terres maudites des Carpathes, en Transylvanie. Vingt-cinq ans, durant lesquels les héros d'antan se sont séparés et ont chacun suivi des destins différents, ayant pour la plupart perdu le contact avec le groupe, en bons comme en mauvais termes. Mais soudain, des meurtres d'une monstrueuse sauvagerie vont raviver les anciennes blessures et les cauchemars d'autrefois. De Londres à Paris, l'horreur se répand comme une traînée de poudre et la terreur saisit même les cœurs les plus vaillants. Aux yeux des vainqueurs de jadis, une seule créature serait capable de telles atrocités... pourtant, le Prince des Ténèbres est mort sous leurs yeux il y a bien des années, personne n'a oublié cette nuit terrifiante au cœur des montagnes les plus reculées de Roumanie. Se pourrait-il qu'il s'agisse d'un autre vampire, à la violence et à l'appétit de mort aussi brutaux que puissants ? Ou bien celui dont nul n'ose encore prononcer le nom serait-il bel et bien de retour dans le monde des vivants, assoiffé de revanche... enfin, combien de temps encore avant que l'un d'entre eux, les cinq survivants, ne soit la cible du monstre ? Entre vengeances, jalousies et rivalités, amours et amitiés brisés et révélations sur le passé de certains personnages emblématiques, cette histoire nous entraîne dans une direction insoupçonnée et s'attaque à d'autres grands mythes Européens du vampirisme, le tout à un rythme passionnant qui ne vous laissera pas le temps de souffler !

Qu'on se le dise, il n'est absolument pas indispensable de lire cette suite pour tout lecteur du premier Dracula, mais ça reste un sacré plus à mon sens ! Déjà parce que le personnage historique de Dracula y est enfin traité en détails, et ensuite parce que l'on y découvre des informations capitales pour comprendre certains passages prêtant trop souvent à mauvaises interprétations du précédent roman (comme la mort de Lucy, par exemple -ne venez pas me dire ''attention spoilers !'' ça fait plus de 120 ans !-) et d'autres qui prennent soudain une toute nouvelle dimension. Aucun détail n'est cette fois laissé au hasard et tout est fait pour coller le plus possible aux volontés originelles de Bram Stoker lorsqu'il débute ses recherches en vue d'écrire ses romans. Vous découvrirez ainsi que le vrai méchant de l'histoire n'est pas forcément celui que l'on croit...
Cette parution des plus risquées est selon moi un tour de force admirable de la part d'une famille qui lutte depuis des générations maintenant pour reprendre ce qui devrait normalement lui revenir de droit des mains des grands studios Hollywoodiens qui se font largement plaisir avec la licence DRACULA depuis la mort de l'auteur. Une belle tentative, certes désespérée étant donné que le nom ainsi que tout ce qui s'y rapporte font désormais partie du domaine public, mais qui mérite d'être saluée et soutenue. En plus l'histoire est vraiment prenante et bien écrite, on abandonne cette fois le style épistolaire mais la narration plus directe permet de gagner en intensité. Vous apprécierez en outre le soucis du détail historique pour coller au mieux à l'époque réelle traitée, en cette veille de Première Guerre Mondiale où les nations du monde sont à cran et où le crime est roi.

Dracula l'Immortel, une histoire à lire absolument pour tous ceux qui veulent enfin rendre justice à un récit trop longtemps mal compris et mal traité. A noter que Michel Lafon nous offre dans cette édition de 2009 de nombreux bonus prestigieux pour agrémenter le manuscrit, qu'il s'agisse de nouvelles anglophones comme francophones considérées comme étroitement liées à la genèse de Dracula ou de bibliographies bien pratiques pour approfondir l'expérience, ainsi que beaucoup de faits historiques sur le vrai ''Dracula'' (famille, dynastie, batailles, situations géo-politiques), pour faire taire une bonne fois tous les mythes erronés. Faites confiance à cette suite qui, sait-on jamais, accouchera peut-être dans le futur d'un troisième opus, car il reste encore des choses à dire !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !