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vendredi 13 décembre 2019

La V.O. du vendredi n°141 : Hack/Slash vs. Chaos! (Dynamite - Octobre 2019)


Cassandra Hack est une rescapée de l'enfer. Enfin, pas l'Enfer en tant que tel bien sûr, même si elle est déjà morte une fois... bref, c'est une vraie survivante qui n'a peur de pratiquement rien ni personne. Avec Slash, son camarade de vadrouille, elle enquête sur les pires tueurs surnaturels existant à travers le monde, et se fait un devoir de les renvoyer en Enfer dès que possible et de la façon la plus douloureuse qui soit. Vous voyez, on y vient !

Mais ces derniers temps, Cassie est hantée par d'étranges visions de sa défunte tueuse de mère, une vraie bouchère qui l'a traumatisé plus que de raison. Alors, quand au détour d'une nouvelle enquête surgit Evil Ernie en personne, porteur de mauvaises nouvelles de l'au-delà, c'est comme un jet d'eau froide pour notre chasseuse. Désormais embarquée dans une quête mystique aux côtés des Choisis, les élus de Chastity la vampire-tueuse, Cassandra va devoir affronter une ennemie redoutable : en effet, elle doit à présent arracher une sombre épée de l'emprise d'une non moins sombre et sanglante déité, Purgatori ! Le combat ne sera pas aisé mais l'épée finira entre les mains de notre héroïne malgré tout, juste comme prévu par un mystérieux commanditaire qui se dissimule derrière toute cette histoire.

Un être aussi vil et retors qu'envisageable dans les pires cauchemars, un être de pures ténèbres qui n'attend que le bon moment pour s'emparer de l'épée et terrasser tous ses ennemis les uns après les autres, les attirant peu à peu dans son terrible royaume infernal par le biais de la dévouée Cassie, qui semble presque possédée à l'idée de renvoyer en Enfer tous les morts-vivants quels qu'ils soient, bons ou mauvais. Pour l'arrêter et empêcher Lucifer de triompher à jamais, il est peut-être l'heure de faire quelques concessions et de passer quelques arrangements contre-natures... Evil Ernie, Chastity, Purgatori, Mistress Hel... les ennemis d'autrefois vont s'allier pour vaincre le Mal, quitte à renverser l'équilibre délicats des forces en Enfer et dans notre monde mortel. Mais il y aura toujours un prix à payer... nos ''héros'' de circonstances seront-ils en mesure de l'accepter ?

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Voilà la dernière histoire en date avec les personnages de l'ère de Chaos! Comics, presque tous réunis chez Dynamite si l'on excepte Lady Death. Ici c'est donc un nouveau cross-over, comme c'en est devenu l'usage depuis quelques années, avec une série d'horreur qui fonctionne plutôt bien auprès de son public, Hack/Slash. Tim Seeley au scénario et également au dessin des couvertures principales, comme quoi le bonhomme fait montre de plusieurs talents assez éloquents dans son domaine. L'intérieur de la plupart des chapitres (4 sur 5) est assuré par CELOR, dans un style vif et efficace qui colle très bien au ton général. Cette fois-ci pas de bimbos à formes plantureuses, nos demoiselles maléfiques sont évidemment toujours sexy à souhait mais avec des proportions très humaines, ce qui permet de faire davantage ressortir leur aura à mon sens. Croyez-moi on y gagne.

L'histoire nous entraîne donc dans l'esprit et les convictions bouleversées de Cassie Hack, tandis que ses compagnons font tout leur possible pour la ramener du bon côté et entraver la possession démoniaque qui se joue sous leurs yeux par le biais de cette étrange et puissante épée. Faisant appel à bon nombre des codes du Metal et à l'essence des personnages de Chaos!, Tim Seeley nous ravi une fois encore pour un Halloween parfait. Rien à redire, on attend la suite l'an prochain si tout va bien avec un nouveau team-up peut-être !

lundi 7 novembre 2016

La question du lundi n°18 : Quels jeux-vidéo pour se faire peur ?

Il y a peu s’achevait Halloween, fête de prédilection pour se faire peur. Afin de se mettre dans l’ambiance ou bien encore pour continuer à baigner dans son atmosphère, quels sont les jeux d’horreur qui permettent de se faire de bonnes frayeurs ? Voici quelques titres qui je l'espère sauront vous donner l’envie d’y jouer.

 
Resident Evil
L’un des titres emblématique du genre du survival horror (également connu sous le nom de Biohazard). Les origines de la série se déroulent dans la ville de Raccoon City et ses alentours où des meurtres horribles ont lieu. L’équipe des S.T.A.R.S lors de leur enquête se fera attaquer et trouvera refuge dans un manoir abandonné qui semble dissimuler bien des choses, c’est dans ce cadre que se déroulera le 1er opus (datant de 1996) de cette longue série. Les épisodes 0, 1, 2 et 3 auront également pour cadre la ville de Raccoon City et ses environs, en reprenant les mêmes mécaniques de gameplay (un inventaire limité, le système de coffre pour y entreposer le surplus ainsi que des plans de caméra fixe et la résolution de nombreuses énigmes). Ces 4 premiers épisodes de la série introduiront de nombreux personnages emblématiques de la saga : Chris et Claire Redfield, Jill Valentine, Leon Scott Kennedy... que l’on retrouvera à de nombreuses occasions. C’est à partir de Resident Evil 4 que ce gameplay changera, en adoptant une vue TPS et sera plus orienté vers l’action et un système d’inventaire renouvelé ainsi que la possibilité d’upgrader ses armes. Le 7ème opus est prévu pour le 24 Janvier 2017 et sera en vue FPS et sera plus orienté vers l’ambiance horrifique. (Je ferai peut être un jour un dossier plus détaillé sur cette saga ainsi que ses nombreux spin-off comme Révélation ou Chronicles).

 
Silent Hill
Le 1er opus de la saga a vu son apparition en 1999. L’ensemble des différents jeux a pour cadre la ville de Silent Hill. Le protagoniste se retrouve ainsi confronté à un univers peuplé de monstres horrifiques et de décors cauchemardesques. L’ambiance horrifique est présente de manière constante notamment avec la présence de brume à certains endroits faisant ainsi surgir au dernier moment les monstres peuplant la ville et forçant le joueur à être constamment sur ses gardes. Par ailleurs, une radio que l’on ramasse grésille plus ou moins selon la présence d’ennemis ou pas, contribuant à renforcer cette ambiance particulière. La plupart des protagonistes sont des personnes ordinaires, n’ayant pas de réelle disposition face au danger, il est ainsi préférable d’esquiver les monstres que de les affronter. Malheureusement, depuis 2012, aucun jeu notable n’est sorti et il semblerait que l’avenir de la série soit des plus incertains.

 
Clock Tower
Cette série fait partie des jeux où le protagoniste n’a pas d’arme et doit fuir le psychopathe lancé à ses trousses. Dans le premier Clock tower (datant de 1995), l’héroïne est pourchassée par un tueur armé de ciseaux géants. Se jouant comme un point and click, l’essentiel du gameplay est d’échapper au tueur en se cachant et de progresser tout en résolvant des énigmes. La tension y est permanente puisqu’il n’est pas possible d’attaquer et si vous vous faites attraper, c’est le game over. Un successeur spirituel nommé NightCry est sorti début 2016 reprenant les mêmes mécaniques.

 
Project Zero
Également nommé Fatal Frame aux États-Unis, le premier volet est sorti en 2002 en Europe. Le protagoniste doit progresser dans un lieu hanté par des fantômes, jonché d’énigmes. Afin de se protéger, le personnage est doté d’un appareil photo permettant de vaincre les entités spectrales. La prise de vue des photos s’effectue en vue subjective. La difficulté des combats est accrue avec la disparition et réapparition aléatoire de l’ennemi. Le cadre de l’histoire se déroule au Japon et s’appuie beaucoup sur son folklore et ses légendes ancestrales.





 
Voici quelques unes des séries, plus ou moins connues, du survival horror. En espérant que cela vous inspire si jamais vous recherchez un jeu de cette catégorie !

lundi 5 septembre 2016

La question du lundi n°9 : Pourquoi regarde-t-on des films d'horreur ?


Après avoir abordé, par le passé, les différents types de film d’horreur de manière succincte (slasher, torture-porn, animalier, etc.) afin de mieux connaître cette catégorie, qui au final de par sa nature n’est pas destinée à un large public. Il est possible de s’interroger sur ce qui peut motiver une personne à regarder de tels films puisque le but premier est d’instiller la peur, l’effroi chez le spectateur.

Comme toute chose, les motivations animant une personne sont très variées : il est possible de regarder un film car un acteur fétiche joue dedans (voir même pour un réalisateur). Par popularité, un film dont tout le monde parle finit par attiser la curiosité ''Tiens ! Si tout le monde va le voir c’est que ça doit être bien !''. Dans ce cas, on peut prendre le cas de Conjuring 2 dont l’effet de masse et la publicité ont sans doute contribué à sa réussite.
Bien que ça puisse en faire rire certains, l’histoire du film peut être un élément susceptible de capter l’attention du quidam. On peut tomber dans le cliché du scénario basique presque pastiche du genre → ''Une bande de jeunes (inconscients) décident d’aller camper et/ou faire la fête sur un site où un carnage a été perpétré il y a 2 semaines (j’exagère un petit peu, disons 3) et dont le responsable n’a jamais été appréhendé. (Oh ! Mais quelle bonne idée !) Loin de la ville et dans un endroit où le réseau téléphonique ne fonctionne pas (afin que les secours arrivent bien tard en cas de problème !)''. Le spectateur ne se prend pas la tête et observe les événements se dérouler. Au contraire, il est possible d’avoir une intrigue plus complexe, nécessitant d’être plus attentif et de surprendre celui-ci par le biais de twists (comme Saw).

Le type de film d’horreur (slasher, found footage, etc.) peut être un élément supplémentaire pouvant peser dans la balance. Certains aiment voir les gens se faire torturer, d’autres suivre les derniers jours d’un petit groupe jusqu’à l’issue fatale…

Semblables à des montagnes russes, les films d’horreur ont pour but de susciter des émotions fortes comme l’angoisse, la peur chez les spectateurs. Certains regardent les films pour l’ambiance, afin de ressentir le suspense, la tension lorsque la victime cherche à échapper à la menace qui est à ses trousses ; de sursauter, lorsque le méchant apparaît de manière impromptue afin de créer la surprise chez le spectateur.
Ainsi, le film d’horreur peut être un moyen de ressentir des sensations fortes, sans pour autant être en danger, se faire peur mais sans se blesser. Cela peut être un moyen détourné de faire face à ses peurs, comme une sorte de thérapie pour surmonter celles-ci.
Par ailleurs, le cinéma horrifique montre une facette violente et cruelle avec des cadavres dont la mise à mort est en générale visible par le spectateur. Cela permet de voir un aspect malsain de l’être humain et de satisfaire une curiosité morbide. Une certaine fascination peut ainsi avoir lieu envers pour les boogeymen, semblable à celle qui anime certaines personnes qui vouent une admiration envers les tueurs en série. Qui n’a pas guetté l’arrivée du bad guy, pour les fans de slashers, qui sera sa prochaine victime et de quelle manière allait-il l’étriper. Les boogeymen des longues licences, tels Michael Myers, Jason, Freddy, etc., s’établissent en figures de proue dans les différents opus dans lesquels ils apparaissent et dont le charisme fait qu’au final, on s’attache plus aux parcours sanglants qu’ils laissent dans leurs sillages qu’à celui des victimes potentielles.

Pour conclure, on dit que les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas. Il en va de même pour les films d’horreur, que l’on peut accommoder à diverses sauces (comédie voir même pornographie). Il n’y a pas de mal à se faire peur, sauf si vous êtes cardiaque !

lundi 18 juillet 2016

La question du lundi n°3 : A quoi servent les suites et leurs différentes déclinaisons ?


Que ce soit en littérature, au cinéma, dans les jeux-vidéo, etc… vous avez forcément vu un titre du nom de ''xxx'' suivi d’un nombre plus ou moins élevé selon la longévité de la série (Star Wars VII, Hellraiser IX, Camping 3, etc.).
Les suites faisant parti d’une licence sont monnaie courante et peuvent s’inscrire dans une logique de continuité menant à la conclusion de l’aventure (Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter…) et d’autres motivées par un succès commercial conséquent et qui cherchent à tirer profit à fond d’un univers, une ambiance, un système (Assassin’s Creed) ou encore tout simplement à s’appuyer sur un nom mondialement connu pour s’accaparer une forte publicité (la série des Final Fantasy dont le XV doit sortir au mois de Septembre).
Les suites peuvent ainsi diviser : continuer à explorer un univers intéressant mais également prendre le risque de décevoir les fans et de ternir l’image de la saga.
Tel est le dilemme qui peut se poser face au succès de certaines œuvres.


I - Quand y'en a pour un, y'en a pour deux !!

Bon nombre de films ayant connu un succès plus ou moins attendu ont eu le droit à une suite. En réfléchissant bien il est facile de trouver dans les films que l’on a déjà vus de tels exemples. Une suite qui peut parfois radicalement trancher avec le 1er opus, c’est le cas notamment de Battle Royale qui, centré sur ce concept à la base, prend un chemin relativement différent dans sa suite, médiocre et très vite oubliée. Faire une suite qui est à la hauteur du 1er volet est un exercice périlleux et ne donne pas forcément de bons résultats comme je viens de l’illustrer !
La suite peut permettre de conclure la trame en achevant de manière définitive le méchant de l’histoire. Ce schéma est notamment employé dans les films d’action ou d’horreur. Par exemple, dans Halloween, Michael Myers était supposé mourir complètement carbonisé à la fin du 2… avant de revenir d’outre-tombe après l’échec commercial et critique du 3 qui était parti dans un cadre différent avec une histoire de masques maléfiques.
Certaines œuvres ont ainsi juste eu une suite et d’autres ont enchainé les suites avec des résultats variables (Vendredi 13, Leatherface, Rocky…) donnant parfois lieu à des relaunch ou des reboots.
Enfin, il reste un schéma connu et qui a fait ses preuves et est encore employé à l’heure actuelle : la Trilogie. 


II - La trilogie, une recette qui a fait ses preuves
 
Le modèle triptyque est l’un des plus usités et que l’on retrouve dans de nombreux domaines. La trilogie permet de se calquer sur la structure classique d’un récit en 3 temps :
1) Introduction : le décor, l’univers est planté et permet de découvrir différents protagonistes.
2) Développement : l’histoire prend son envol et l’aventure prend de l’ampleur.
3) Conclusion : le conflit est résolu et le récit s’achève.
La trilogie permet ainsi une exploitation efficace d’une œuvre longue en n’étant ni trop court, ni trop long afin de garder l’attention du public et de ne pas le lasser.
A noter que l’on peut distinguer 2 types de trilogie : la trilogie classique dite ''1,2,3'' et la trilogie préquelle, plus récente, de type ''0,1,2''.

*La trilogie préquelle

La trilogie préquelle, pour reprendre les termes employés par les Guignols : « Quand un film a bien marché, on fait la suite et après il y a Les Origines ! »
Ainsi après avoir réalisé les épisodes 1 et 2, on raconte les origines par le biais d’une préquelle qui est l’épisode 0. On peut ainsi citer les Cubes (Cube, Cube 2 : Hypercube et Cube Zero). J’avais également une trilogie de films d’horreur venant des pays nordiques avec d’excellents épisodes 1 et 2 et une préquelle moyenne mais malheureusement impossible de retrouver le nom du film !
On peut citer pour les mangas (à la base provenant de romans), la série des King’s Game avec King’s Game premier du nom suivi de King’s Game Extrem et de la préquelle King’s Game Origins.
Dans les jeux vidéo, on peut citer Bioshock, l’épisode Infinite se situant chronologiquement avant le 1 et le 2.
La préquelle permet ainsi de continuer à exploiter un univers en expliquant les motivations de certains des protagonistes, en faisant la lumière sur leur passé, ou tout simplement parce que comme le méchant est définitivement mort, impossible de faire une suite directe !

*La trilogie classique

Un grand nombre de trilogies sont devenues cultes au fil du temps : ainsi la trilogie du Parrain de Coppola reste une référence du genre. Dans le registre de l’héroïc-fantasy comment ne pas penser au Seigneur des Anneaux : La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi. N’oublions pas les aventures temporelles de Marty et du Doc dans Retour vers le Futur ou encore la triple trilogie de Star Wars (bon, les épisodes 8 et 9 sont pas encore sortis mais on les compte comme même !).
Les trilogies se retrouvent également dans les jeux-video comme les Mass Effect ou plus récemment la trilogie des ZERO ESCAPE ->999 : Nine Hours, Nine Persons, Nine Doors suivis de Virtue’s Last Reward et se concluant avec Zero Time Dilemma (je ferai d'ailleurs un article concernant la série des Zero Escape, une fois que j’aurai terminé ZTD).
Bon nombre d’œuvres encore à l’heure actuelle suivent ce schéma mais celui-ci semble être mis à mal ces dernières années avec l'apparition de la tétralogie.


III - Tétralogie / Quadrilogie

Si la tétralogie (ou quadrilogie) devient plus présente, c’est principalement pour des raisons mercantiles. Ainsi des films récents ou à venir se retrouvent dotés d’une fin en 2 parties (Harry Potter et les Reliques de la Mort, Hunger Games : La révolte partie 1 et 2) ou encore dans un futur assez proche, la conclusion des Avengers qui se verra couper en 2 parties.
Certaines trilogies se sont également vus attribuer un 4ème opus par le biais d’un reboot ou d’un relaunch (Indiana Jones et le royaume du Crâne de Cristal, Jurassic Park/World…) qui cherche à réveiller la fibre nostalgique chez le spectateur et à continuer d'exploiter le filon d’un univers ayant fait ses preuves avec aux alentours une vaste communauté de fans.
Une tétralogie a également conclu les aventures de Nathan Drake avec Uncharted 4 pour ce qui est des jeux-vidéo.


IV - Les longues -voir très longues- séries

En règle générale, les licences dépassant les 4 épisodes donnent des films n’ayant pas véritablement de connexion entre eux. Il est possible ainsi de retrouver des éléments emblématiques d’une saga (ex : les slimes dans Dragon Quest, les invocations, les chocobos dans Final Fantasy…) ou encore la présence d’un personnage-clé qui revient de manière systématique, c’est le cas notamment dans les sagas de films d’horreur avec  MichaelMyers dans Halloween, Leatherface dans les Texas Chainsaw, Jason, Freddy etc… à noter quelques exceptions où il y a une véritable continuité dans les suites, c’est le cas de l’heptalogie SAW, où les films se suivent de manière continue avec plus ou moins de cohérence, des retournements de situation finaux devenant de plus en plus capillotractés.

Conclusion

Pour conclure cet article : les suites peuvent permettre d’enrichir un univers et procurer un plaisir conséquent pour les passionnés. Cependant, une utilisation abusive des suites peut provoquer critique, lassitude, déception voir même des incohérences scénaristiques en cherchant à trop tirer sur la corde. Il est regrettable à l’heure actuelle que de plus en plus de suites ne soient motivées que par un but purement commercial pouvant ainsi traduire un manque d’originalité et de créativité. Si certains peuvent chercher un second souffle par le biais d’un reboot ou d’un relaunch, d’autres possèdent parfois la lucidité de stopper une série qui devient trop longue. Pour l’anecdote, la saga des SAW devait à la base prendre fin avec son 8ème opus mais les résultats décevants du 6 ont eu pour conséquence de faire fusionner les épisodes 7 et 8 en un seul film (SAW 3D).

Au final, le meilleur juge de la longévité des suites reste le public qui par son approbation ou son désaveu de la suite peut déterminer le destin d’une licence.
Selon mon humble avis, les suites sont une bonne chose à partir du moment où elles permettent de développer un univers et surtout de divertir et de conserver l’intérêt du public. Une exploitation soutenue ne peut malheureusement que nuire à une licence : répétitions, effet de découverte moindre, incohérences, comparaisons avec les épisodes précédents, manque d’originalité, etc.
Le modèle de la trilogie offre la meilleure garantie avec un cadre défini et abouti mais n’est pas synonyme de succès pour autant.
Pour finir, le client est son seul maître. A lui de décider s’il souhaite continuer l’aventure en regardant ce qui suit ou bien y mettre un terme.

Si cet article vous a plu ou déplu, merci de le faire savoir dans les commentaires et de le partager ! Le débat reste toujours ouvert, et les nouvelles idées sont toujours les bienvenues ! Merci en tout cas de nous avoir suivi jusqu'à la fin, et rendez-vous une prochaine fois pour un autre sujet !

lundi 16 novembre 2015

Emission n°55 : Le film d'horreur et ses sous-genres

Etienne et l'équipe de Radiophogeek vous propose une émission thématique sur le film d'horreur et ses différentes catégories afin de rendre hommage à Wes Craven, l'un des maîtres du genre hélas récemment décédé.
Vous saurez bientôt différencier le slasher, du found footage ou encore le surnaturel de l'animalier au bout de cette heure et demie d'émission.
Alors on éteint la lumière, on se cale confortablement et... bonne écoute héhéhé.

mercredi 29 octobre 2014

Anne Rice - Les Chroniques des Vampires (Anne Rice, de 1978 à nos jours)


Aujourd'hui c'est un article un peu spécial que je vous propose, nous en arrivons désormais à la toute fin de ce mois consacré aux vampires et j'ai décidé que la meilleure conclusion possible était de vous parler de l'oeuvre moderne la plus emblématique et travaillée selon moi sur ces créatures, à savoir les fameuses Chroniques des Vampires par l'auteur Américaine touche-à-tout Anne Rice.

Vous connaissez très certainement, si ce n'est de visu, au moins de nom, le film de Neil Jordan sorti en 1994 avec Tom Cruise, Brad Pitt, Kirsten Dunst, Antonio Banderas et Christian Slater : Entretien avec un Vampire ? Si oui, c'est tout naturel, et si non, arrêtez de lire ces lignes et foncez immédiatement le voir ! Véritable chef-d'oeuvre du genre vampirique au cinéma, œuvre aussi fantastique que gothique, inquiétante, d'une tristesse mélancolique à toute épreuve. Eh bien ce n'est ni plus ni moins que l'adaptation (plutôt fidèle) du tout premier roman des Chroniques des Vampires, paru en 1978 sous le même titre que celui du film. A partir de ce premier tome, va naître et grandir durant les trois décennies suivantes une saga comptant aujourd'hui près de 14 volumes, et une galerie impressionnante de personnages, principaux comme secondaires, dont aucun ne vous laissera indifférent. Si tout part effectivement de l'initiative de Louis de Pointe du Lac, sa volonté de raconter en détail sa vie de mortel brisé puis de vampire nostalgique et désireux d'avertir l'espèce humaine du danger qui rode parmi elle, les choses prennent une tournure bien vite toute différente lorsque les autres grands vampires, Lestat de Lioncourt le premier, décident d'en faire autant et d'eux-aussi coucher par écrit leur biographie et le récit de leurs actes, leur transformation, leur éveil à la vie éternelle, les époques qu'ils ont pu traverser, les magnificences du passé qu'ils ont vu disparaître, mais aussi plus simplement leurs efforts continuels d'adaptation au sein d'un monde qui change et changera toujours, alors qu'eux-mêmes sont condamnés à demeurer tels qu'ils sont et tels qu'ils furent pour l'éternité. Des récits tous uniques, tirés de personnalités torturées et plus fragiles qu'on ne le pense, qui tâchent seulement de se faire comprendre et de laisser derrière elles un message au reste du monde, ou juste pour elles-mêmes, une façon de converser sur le passé et d'être entendus et compris, par peu ou par tous. De la Louisiane jusqu'en Égypte, en passant par la Vieille Europe, de Venise jusqu'aux îles des Antilles et des Caraïbes où le vaudou est roi, d'un théâtre sombre et glauque du Paris industrialisé jusqu'aux fastes des buildings de l'Amérique contemporaine, ces vampires d'un autre temps vous transportent au sein de leurs souvenirs, au cœur de leur mystère et du secret de leur immortalité, à travers leurs passions comme leurs peurs les plus profondes. Tout sera abordé, la difficulté de trouver de la nourriture, d'accepter sa nature de monstre et de prédateur, les plaisirs de la vie qui deviennent pour la plupart inaccessibles, l'art, la connaissance, le sexe... le pouvoir.

Car c'est là la grande force d'Anne Rice dans ses romans et à travers ses nombreux personnages, de toujours parvenir à nous entraîner dans un monde et dans une histoire différents les uns des autres, de toujours se renouveler et nous proposer une nouvelle vision des choses, d'événements historiques ou bien fictifs, par les yeux d'un ou plusieurs personnages ayant vécu à la même époque et racontant son propre ressenti sur les agitations du monde autour de lui. Ainsi à de nombreuses reprises les récits se croiseront, bien que les vampires ne se soient jamais concertés avant d'écrire leurs mémoires. Bien souvent certains vont raconter les mêmes événements mais d'un point de vue tout différent du précédent, qui apportera soit un complément d'information soit qui viendra totalement remettre en cause ce que l'on pensait connaître venant d'un précédent récit. Des personnages qui possèdent tous une personnalité unique, travaillée, fouillée, des psychologies étudiées, et dont les rapports avec leurs semblables passent aisément du cordial au conflictuel, mais rarement à l'amical. Mais sachez que tous les tomes de ces chroniques ne sont pas là uniquement pour raconter une vision du passé et la biographie d'un seul vampire ! Certains, dont les second, troisième, quatrième et cinquième tomes, sont là pour raconter l'histoire présente de ces mêmes vampires, les péripéties rencontrées à notre époque par Louis, Marius, Pandora, Armand et bien évidemment Lestat. Et cette histoire suivie continue d'ailleurs avec les derniers tomes en date ! En somme, les récits véritablement biographiques ne constituent qu'à peine la moitié de la saga mais permettent de bien mieux saisir et comprendre les agissements et les motivations des personnages principaux, en se référant à leur passé et à leurs souvenirs en tant que mortels, il y a si longtemps.

Les thèmes sont aussi variés que les personnages eux-mêmes : l'amour, la haine, la tristesse, la nostalgie, la mélancolie, l'avarice, l'orgueil, la jalousie, le plaisir, le sexe, la trahison, la manipulation, les sentiments, l'abandon, la loyauté, l'art, la vengeance, la Mort, le suicide même... tout cela n'est pas forcément joyeux, on est loin des romans tous beaux pour adolescentes en mal d'amour et de sensations fortes, ici on parle de vampires tragiques, de créatures de la nuit condamnées à l'éternité sans repentir, de forces qui nous dépassent et qui nous considèrent comme de la nourriture à volonté plutôt que comme des compagnons, bien que parfois la logique s'inverse. Les Chroniques des Vampires, c'est sombre, parfois glauque, jamais gratuitement horrifique, mais toujours tellement beau.
Comme je l'ai dis plus haut, il y a donc eu un film en 1994 adaptant le premier tome, le fameux Entretien avec un Vampire et son casting de folie, vraie réussite et œuvre culte du cinéma de genre s'il en est. Par soucis d'honnêteté je suis contraint de vous informer de l'existence d'un autre film ''tiré'' des romans de la saga, le très dispensable La Reine des Damnés, réalisé par Michael Rymer et sorti en 2002, adaptation assez libre du troisième roman, sautant carrément le second. Si j'ai du mal à vous en parler c'est que ce film est pratiquement un crachat au visage de la saga littéraire, il conviendra donc à celles et ceux qui souhaiteraient maintenir un niveau décent de qualité dans leurs standings de passer leur chemin. Aux autres... juste : bon courage.

Pourquoi j'ai choisi de vous parler d'Anne Rice à la fin de mon mois spécial, et pas avant, puisqu'elle est si géniale et que sa saga est si importante à mes yeux pour les vampires dans la littérature ? Eh bien tout simplement parce que je la voyais comme la conclusion logique et immanquable de ma présentation. Anne Rice, Les Chroniques des Vampires, c'est à la fois tout ce que j'ai pu vous présenter durant ce mois d'Octobre sur le thème des vampires, mais aussi tellement plus encore que cela. S'il y a un article qui je l'espère vous aura fait réfléchir et donné envie d'en savoir plus et de lire, c'est bien celui-ci entre tous. D'ailleurs, petit instant pub pour finir, sachez que l'ensemble des romans d'Anne Rice, Les Chroniques des Vampires comme Les Nouveaux Contes des Vampires ou La saga des sorcières Mayfair, tout cela a été réédité et continue de l'être chez Pocket en France, dans une magnifique collection de poche au visuel très chic et totalement dans l'esprit de ces récits. La même collection existe aussi en grand format, même visuel et même qualité. Jetez-vous dessus, ce serait dommage de manquer une occasion pareille à ces prix-là !
Niveau cinéma, en guise d'ultime conclusion, sachez qu'à l'heure où j'écris ces lignes les studios Universal ont annoncé le rachat de l'ensemble de la licence des Chroniques des Vampires et comptent bien en faire de nouveaux films au cinéma. Si la question d'un remake de Entretien avec un Vampire n'est pour l'instant pas vraiment abordée, les studios ont indiqué vouloir travailler avec le jeune mais talentueux réalisateur Josh Boone, qui n'a pas peur des gros films bien riches puisqu'il planche sur une nouvelle adaptation du Fléau de Stephen King, auteur qu'il admire, en deux films de plus de trois heures. L'idée avancée jusqu'à présent en guise de test serait de faire un film d'une durée semblable qui rassemblerait les romans 2 et 3 de la saga d'Anne Rice, à savoir Lestat le Vampire et La Reine des Damnées, qui se suivent directement dans le déroulement de l'histoire. Affaire à suivre, avec attention !

Voilà, c'est donc la fin de ce mois spécial sur les vampires pour Halloween 2014, j'espère que ça vous aura plu et que vous aurez appris des choses, voir eu envie d'en découvrir davantage par vous-mêmes, ce qui me ferait très plaisir assurément. Il y en aura toujours pour dire qu'ils auraient souhaité telle ou telle autre œuvre majeure selon eux du vampire dans la culture moderne ou classique, mais pour ma part je suis satisfait de ma sélection et je vous invite comme toujours à aller faire vos propres recherches si vous désirez en savoir plus, explorer des horizons nouveaux que je ne vous aurais pas indiqué, etc. Qu'on aime ou pas, peu importe au fond, tant qu'on fait l'effort de la découverte !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite un très joyeux et très réussi Halloween 2014, en espérant vous retrouver bientôt et en pleine forme pour de nouveaux articles, retour à la normale !

jeudi 23 octobre 2014

Le Sang d'Immortalité / Voyage avec les Morts (Barbara Hambly - Mnémos, collection Icares - Mars 2010)


C'est sans doute l'une des meilleures histoires de vampires qu'il m'ait été donné de lire, et je tiens vraiment à vous la faire partager car on trouve très peu de récits de cette qualité et de ce niveau d'excellence (selon moi). Écrite par Barbara Hambly (une femme extrêmement active et intelligente, partageant à l'époque son temps entre sa carrière d'écrivain, de scénariste pour séries littéraires telles Star Wars, Star Trek ou son bébé Darwath, professeur d'Histoire Médiévale en faculté à ses heures et également de karaté, ainsi que modèle. Respect.) en 1988, Le Sang d'Immortalité nous entraîne dans un récit captivant de bout en bout, où se mêlent intrigues romanesques et fantastiques, au diapason de l'horreur dans sa plus pure tradition héritée de l'ère Victorienne. Avec aussi beaucoup de mise en abîme, de réflexion interne sur le récit vampirique en cette fin de siècle et sur toute cette culture folklorique dont il est issu, ainsi qu'une farouche volonté de briser les clichés et les facilités du genre dans lesquels il s'enfonce depuis des décennies. Oubliez les vampires qui brillent, oubliez les amours à l'eau de rose, ici nous entrons dans un univers sombre, cruel, cynique et froid dans lequel les vampires sont de redoutables prédateurs jouant sur leur anonymat parmi nous, au sein de notre société civilisée ; dans lequel la séduction tient un rôle primordial, presque hypnotique, et où chaque parole exprimée peut dissimuler une toute autre vérité. Un monde de charisme, aussi, un monde de manières et de charme, de prestance, d'éducation.

Début du XXème siècle, l'an 1907. James Asher, autrefois ''agent de renseignement sous couverture'' pour le gouvernement britannique, aujourd'hui simple professeur d'ethnologie et linguistique à Oxford et marié à une jeune femme admirable en tous points, découvre en rentrant chez lui un soir une singulière surprise. Toute sa maisonnée est profondément endormie, comme envoûtée, un silence de mort plane sur la demeure et une aura ténébreuse semble émaner de l'atmosphère, inspirant tout en même temps la peur et l'apathie. Dans son bureau, un homme, d'aspect tout à la fois jeune et ancien, très ancien même, des plus distingué et élégant, l'invite à écouter une étrange proposition, qui commence d'emblée par cette révélation :

« Mon nom est Don Simon Xavier Christian Morado de la Cadena-Ysidro, et je suis ce que vous appelez un vampire. »

Délire d'un psychopathe jouant avec sa victime avant de massacrer tous les habitants de la maison au couteau ? Jeune imbécile cherchant à faire peur ? Mauvaise blague ? Ou bien n'est-ce, comme Asher craint de le ressentir, que la stricte vérité dévoilée sans aucun artifice ? Celui qui se fait ainsi appeler Ysidro dit tenir en son pouvoir tous les proches d'Asher, sous son emprise mentale, et être disposé à les relâcher s'il consent à lui rendre un service, un service que seul un homme possédant ses compétences et ses connaissances, un esprit ouvert par ses années d'espionnage et de recherches folkloriques dans toute l'Europe, puisse appréhender sans détaler en hurlant de terreur. La communauté des vampires de Londres, relativement ancienne et très bien implantée dans la cité, dans le plus grand secret cela va de soit, est en émoi depuis quelques temps après la découverte de plusieurs corps carbonisés dans leurs cercueils. La conclusion première : quelqu'un entreprend de tuer les vampires un par un en découvrant leurs cachettes et en les exposant à la lumière du soleil, sans aucun moyen de se défendre ou de se protéger. Ysidro se tourne vers Asher, contre l'avis de ses semblables, pour lui demander de mener l'enquête sur ces meurtres et de retrouver l'assassin avant qu'il ne frappe à nouveau, ou du moins avant qu'il ne commence à faire des dégâts trop importants. Pourquoi lui ? Pourquoi pas un vampire pour exercer cette vengeance ?
Eh bien parce que ce mystérieux tueur, qui sait exactement où chercher et comment atteindre ses victimes, exerce ses méfaits de jour, lorsque les vampires sont plongés dans leur sombre sommeil au sein de leurs antres, attendant la nuit prochaine pour revenir à la vie et se nourrir. Et donc, il faut un mortel pour pouvoir traquer ce tueur durant la journée, mais aussi et surtout pour veiller à ce qu'aucune autre cachette de vampire ne soit violée durant ce laps de temps. Ysidro remet entre les mains d'Asher le destin et la survie de son espèce à Londres, lui révélant coup sur coup que les vampires existent bel et bien, se nourrissent chaque nuit du sang et de la mort de dizaines d'innocents, et que cela dure dans le plus grand secret depuis bien des siècles. Chacun est à lui seul responsable de plusieurs milliers de décès, de disparitions et d'horribles assassinats à travers l'Histoire. Ce sont des monstres, de vrais monstres, des prédateurs, soudainement menacés par quelque chose qu'ils ne comprennent pas et qui les effraie. Bien entendu, Asher songe tout d'abord à laisser ces infernales créatures payer le prix de leurs crimes et brûler toutes au soleil, avec la grâce du tueur, pour libérer le monde de leur présence et du mal qu'ils infligent. Mais le jeu est double : si Asher possède toutes ces informations sur les vampires désormais, remises par l'un des leurs, il est vrai également que les vampires connaissent désormais tout de lui en retour : sa vie, ses foyers, ses proches, sa famille, sa femme. Si Asher fait mine de vouloir s'enfuir, ou de trahir les vampires et de rejoindre la noble quête du tueur diurne, il suffira d'un seul d'entre eux pour détruire toute sa vie en l'espace d'une seule nuit. Ysidro s'en remet ainsi à Asher, semblant se confier à lui, mais ses crocs ne sont jamais loin de sa gorge et n'attendent qu'un seul dérapage pour agir et ôter la vie, à lui comme à toutes les personnes qui l'entourent et qui ignorent tout de cette situation. Ce mortel jeu d'ombres, entre vérité et mensonges, entre dissimulations et tromperies, quelles qu'en soient les conséquences, va changer la vie de James Asher à jamais. Car à présent, il sait ce qui rôde la nuit, dans les ténèbres. Il sait que les légendes sont en parties vraies, qu'un prédateur impitoyable se terre dans le noir et attend sa pitance chaque fois que la Lune se lève. Et aujourd'hui, il sait aussi qu'il devra protéger ces créatures, quitte à y perdre son âme.

Tout est de très haut niveau dans ce roman, qu'il s'agisse des personnages (Ysidro est sans doute le vampire le plus charismatique qui soit, incarnant et déjouant à la fois la plupart des idées reçues et des stéréotypes, et souvent mis en contradiction avec ses pairs plus frustres et brutaux), de l'atmosphère lourde de cette ère d'industrialisation massive en cette veille de Première Guerre Mondiale, des ''décors'' que l'on imagine avec la plus grande aisance tant les descriptions sont à la fois précises et discrètes, du fonctionnement de cette société du début du XXème siècle, de l'extrême précision apportée à certains détails et aux réflexions d'Asher sur son dilemme et sur la vraie nature des vampires, etc. Il s'agit d'un thriller, d'une enquête presque policière dans un contexte fantastique voir horrifique, où rien n'est jamais vraiment ce qu'il paraît et où tout peut basculer d'un instant à l'autre. C'est une histoire qui m'a totalement passionné, par tous ces aspects et bien d'autres encore que je vous laisse découvrir si jamais cette lecture vous intéresse. On sent l'influence de la professeur d'Histoire de niveau universitaire, de la chercheuse autant que de la romancière, qui se demande comment fonctionnent et évoluent ces créatures irréelles qu'elle met en scène, qui lève le voile sur les mystères dans l'ombre de ces êtres maléfiques et nous apprend, en même temps qu'Asher, à mieux les connaître, ou à les craindre davantage. On découvrira que les vrais monstres ne sont pas forcément ceux que l'on croit, ou pas totalement, et que rien n'est tout blanc ou tout noir.

Pour en revenir spécifiquement aux personnages, qui sont la plus grande force de cette histoire, ils sont développés dans le digne héritage de l'auteur Anne Rice et de ses célèbres chroniques, dont je vous parlerai bientôt. Tous sont uniques, ont leur propre caractère et leur propre fonctionnement, tous jouent à différents niveaux au même jeu mortel du chat et de la souris avec Asher ou entre eux ; ils sont tous extrêmement complexes et étudiés, en somme, et tous criants de naturel. Mention spéciale aux personnages féminins, et pas forcément les vampires, puisque Lydia la femme de James Asher aura également un grand rôle à jouer au sein de ces deux histoires. Femmes fortes, indépendantes, intelligentes, douces comme terrifiantes, elles représentent à elles-seules toute la complexité de ces récits et de leur écriture, des multiples intrigues qui se croisent et s'entrecroisent sans cesse. Ce n'est pas forcément un hasard si l'auteur a choisi de donner à son vampire principal, Don Ysidro, des traits de caractère et de comportement que l'on pourrait fort bien attribuer à l'esprit féminin dans tout son génie critique.

Qu'ai-je écris, au juste ? Plusieurs histoires ? Eh oui, car dans cette édition (parue chez Mnémos dans leur collection ''Icares'' en Mars 2010) se trouve aussi le roman faisant suite au Sang d'Immortalité, intitulé Voyage avec les Morts et développant de nouvelles relations entre les mêmes personnages, Asher, Lydia, Ysidro et d'autres vampires Londoniens, dans un contexte encore plus sombre et tortueux que précédemment et en approfondissant encore davantage toutes les qualités et voies de réflexions du premier. Un diptyque excellent, complet et fort sympathique au demeurant, qui se lit assez facilement malgré sa complexité et qui a le mérite, en plus de bien d'autres, de poser au lecteur des questions d'ordre éthique et intellectuel sur la littérature vampiriques et ses personnages, ses clichés et ses mauvaises habitudes. A la place d'Asher, par exemple, qu'auriez-vous fait ?
C'est donc un récit de très grande qualité, toujours selon mon avis bien entendu, que j'ai vraiment adoré et que je recommande chaudement, c'est peut-être même mon gros coup de cœur parmi ces 9 articles que je vous livre ce mois-ci sur les vampires. Enfin, l'un de mes plus gros en tout cas, car le meilleur reste encore à venir.

« Take my hand, the best is yet to come. »

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une excellente lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 15 octobre 2014

Carmilla (Joseph Sheridan Le Fanu - 1872)



Dracula par-ci, Dracula par-là... le Prince des Vampires accapare les esprits et l'imaginaire depuis sa parution littéraire en 1897, et comment le lui reprocher ? Mais sachez que bien avant lui, il existait déjà de grands récits vampiriques qui ont largement contribué au succès de l'oeuvre de Bram Stoker. Qu'il s'agisse de classiques, de poèmes, de contes folkloriques, voir même de simples nouvelles, comme celle de Joseph Sheridan Le Fanu parue en 1872 dans le recueil In a Glass Darkly (Les Créatures du Miroir) et simplement intitulée par un nom : Carmilla.

Oeuvre gothique s'il en est, en plein boom du mouvement, l'histoire se déroule au début du XIXème siècle, dans un château reculé en Styrie. Laura, fille d'un riche gentilhomme britannique venu s'installer sur ces terres, est une jeune femme douce et candide, curieuse de tout et désireuse d'échapper à l'ennui qui règne au château. Alors, lorsqu'un accident lui permet de rencontrer la jeune et intrigante Carmilla, Laura s'entiche aussitôt d'elle et les deux femmes deviennent amies, presque sœurs. Cependant bien vite une certaine inquiétude gagne : d'étranges phénomènes se produisent dans le voisinage, et Laura elle-même semble victime d'un mal incurable qui la rend peu à peu apathique et sans forces, sans que le moindre remède ne puisse l'aider. Assaillie par les déclarations et les attentions de Carmilla à son chevet, Laura s'éprend de son amie et s'abandonne totalement à elle, sans se douter que le Mal rôde alentours et qu'il est peut-être déjà trop tard pour sauver son âme...

Carmilla est un récit formidable qui repose sur de nombreux thèmes, le vampirisme n'étant que la partie émergée de l'iceberg. On peut aussi voir dans cette histoire un témoignage du ''spleen'' qui touche beaucoup de personnes à cette époque, ce mal de l'ennui que rien ne semble pouvoir éloigner. Mais aussi et surtout, pour ce qui est sans doute l'une des premières fois, le thème de l'homosexualité féminine, traitée presque sans fard et sous le jour de la sensualité, presque de l'hypnose par les sentiments. Un pouvoir que l'on sait aujourd'hui fort attaché au culte des vampires, mais qui à l'époque était encore tout à fait nouveau pour cette littérature naissante. L'ambiance pesante, presque brumeuse, de la narration contribue à plonger le lecteur dans un brouillard où même ses pensées s'égareront, piégées peu à peu par le jeu de séduction du vampire et par la tourmente des sentiments de Laura, tandis que l'horreur s'installe doucement dans votre cœur, jusqu'au dénouement final qui vous glacera les sangs.
Cette nouvelle a été la source d'inspiration de nombreux autres ouvrages, livres comme films voir même jeux-vidéos et jeux de plateau. Pour l'exemple, la célèbre dynastie des Von Carstein dans l'univers de Warhammer est librement inspirée de l'héritage culturel laissé par Carmilla puis son petit frère Dracula bien plus tard.
Oeuvre fondatrice à plus d'un titre donc, de la culture classique et moderne du vampire dans l'imaginaire. Une œuvre qui a pour personnage central une femme, chose peu courante et qu'il convient de signaler. Tout le récit tourne presque exclusivement autour de la féminité et de sa condition, sociale comme sentimentale. Il est assez aisé d'y voir nombre de sous-textes, mais ce dont l'on peut vraiment être sûr c'est que l'auteur, Joseph Sheridan Le Fanu, s'est servi de cette histoire pour présenter les tourments de la femme, interdits pendant bien des années. Frappée de tabou, l'homosexualité féminine a toujours été mal considérée par la société, à l'heure où pourtant de nombreux gentilshommes ouvertement homosexuels n'étaient eux pas particulièrement inquiétés.
Enfin, ce sont là des débats qu'il convient de laisser à des professionnels de la cause, car nous sommes ici avant tout intéressés par le sujet principal de cette nouvelle et par sa dimension méconnue du grand public. Comme je l'ai déjà dit plus haut, Carmilla a été une véritable pierre fondatrice de tout un genre, issue du gothique pour devenir quelque chose de plus grand, de plus renommé encore. Elle fait partie de ces œuvres qui, des décennies plus tôt, préparèrent le terrain culturel populaire à l'arrivée du ''monstre'' Dracula et à son succès total. Sans Carmilla, sans Frankenstein, sans Le Portrait de Dorian Gray, il n'y aurait peut-être jamais eu de Dracula et peut-être jamais d'essor du vampire tel que nous avons pu le connaître durant plus d'un siècle par la suite (certaines scènes, vers la fin du roman de Bram Stoker, vous feront immanquablement penser à celui de Le Fanu). Qu'ils le sachent ou non, qu'ils en soient conscients ou non, de très nombreux auteurs de nouvelles, de romans, d'essais, de films, et même de jeux-vidéos, sont grandement redevables à Sheridan Le Fanu d'avoir écrit Carmilla et d'avoir ainsi démarré un long processus d'inspiration collective, qui porte encore de nos jours ses fruits et continuera de le faire sans doute pendant un long moment, du moins c'est ce que j'espère.

C'est donc avant tout pour cette raison que j'ai choisi de vous présenter cette nouvelle, afin de vous faire comprendre que même si le terrible Comte Dracula règne en maître incontesté sur les vampires de tous temps et de tous âges, il n'est que l'un des derniers-nés de sa génération, débutée quelques trente à quarante ans plus tôt... par des femmes. Voilà qui devrait normalement remettre quelques pendules à l'heure et convaincre certains de rendre à ces personnages féminins le mérite qui leur revient, sans qui aujourd'hui nous n'aurions sans doute pas grand chose à nous mettre sous les canines.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 11 octobre 2014

Dracula - La compagnie des monstres (Kurt Busiek et Daryl Gregory - French Eyes - 2012/2013)


Jusqu'à présent, j'ai surtout présenté des œuvres que je considère personnellement comme bonnes, voir excellentes, sur le thème des vampires. Parlons maintenant d'une que l'on pourrait qualifier de décevante, voir mauvaise.
Dracula – La compagnie des monstres, créée et scénarisée par Kurt Busiek et Daryl Gregory, avec au dessin Scott Godlewski et Damian Couceiro, parue chez l'éditeur French Eyes (filiale de Summer Média en France) entre le premier trimestre de l'année 2012 et début 2013.

Pour résumer l'histoire en quelques phrases rapidement : de nos jours, une compagnie véreuse dirigée par Conrad Barrington-Cabot, sur le point d'être dissoute, emploie une partie de ses ressources afin de mener des recherches poussées sur l'existence du Prince de Valachie, Vlad III ''Tepes'', dit Dracula. Souverain sanguinaire et guerrier expérimenté ayant fait naître la peur dans le cœur des Ottomans, c'est surtout l'incroyable nombre de récits et de légendes sur sa nature démoniaque de prince des vampires qui intéresse le directeur de cette compagnie, prêt à tout pour échapper à la justice et fonder son propre empire financier, même à renoncer à son âme. Son plan consiste à retrouver coûte que coûte les restes de Dracula et de procéder à une série d'invocations rituelles antiques afin de le ramener à la vie, pour que le Prince accepte ensuite de faire de lui un vampire des plus puissants. Mais rien ne va se passer comme prévu, et Dracula entend bien ne pas se laisser dicter sa conduite à présent qu'il fait de nouveau partie du monde des mortels et que ses pouvoirs ont été restaurés. Prenant la fuite, il appelle à lui des alliés de poids qui s'apprêtent à semer la terreur, tandis que Conrad entreprend de lever une véritable armée de vampires fraîchement transformés pour combattre le Prince et lui dérober ses pouvoirs. Une guerre couve et le massacre se fait de plus en plus proche à mesure que le temps passe, sans compter qu'une équipe de chasseurs de vampires impitoyables vient de débarquer de Roumanie pour détruire une fois pour toutes le Prince des Vampires et son engeance. Et au milieu de tout cela, un jeune homme, celui à qui Conrad a confié le soin de mener les recherches sur les rituels et sur Dracula, Evan Barrigton-Cabot, qui s'est rapproché involontairement de son sujet d'études et qui fait désormais partie de ses plans, pour le meilleur comme pour le pire.

Petit mot sur l'édition, tout d'abord. En V.O. cette série est parue chez l'éditeur Boom! Studios, ce qui n'est pas forcément un gage de qualité la plupart du temps. En V.F. nous avons eu droit à l'éditeur Summer Média et à sa branche French Eyes, connue notamment pour les comics Dr. Who. J'ignore ce qu'il en est pour cette série, n'en étant pas lecteur, mais pour ce qui est des petites licences malheureusement French Eyes n'est pas connu pour son soin méticuleux du produit fini. Peut-être à cause d'un manque de fonds, d'un budget assez maigre, je n'en sais rien mais toujours est-il qu'ici chacun des trois tomes est mal taillé, mal imprimé, dans le premier les crédits sont absents, et le papier sent assez mauvais. Ce n'est pas une blague, sentez si vous avez l'occasion. Ce ne sont généralement pas des détails qui mettent en confiance, et pourtant il y a tout de même des bons points : la traduction est bonne, tout semble avoir été fait pour coller le plus possible à l'esprit original, les références conservées. Cela dit, ça ne va pas loin même avec ça... de petits efforts ici ou là auraient été appréciables.
Quant à l'histoire elle-même, elle ne vole pas bien haut, malgré la présence de détails assez intéressants sur le personnage historique de Vlad III, même si ça reste relativement anodin. Il y a cependant un travail de recherches à noter concernant les traditions magiques Roumaines médiévales, ainsi qu'un peu d'arcanes. Pas de quoi sauter au plafond cependant, mais ça reste intéressant à lire et à apprendre. Le récit reste assez bas de plafond, beaucoup de facilités dans l'écriture et le déroulement des actions, tout comme dans les profils des personnages. Seul Dracula lui-même s'en sort assez bien à ce niveau, parvenant à conserver une aura mystérieuse et inquiétante telle qu'on est en droit de l'attendre pour ce protagoniste. Le reste n'est pas forcément à jeter mais là encore le manque d'efforts se fait ressentir cruellement, et le dénouement nous laisse totalement sur notre faim avec le sentiment de ne pas en avoir lu assez, ou au contraire d'en avoir lu bien trop.
Pour finir avec le dessin cette fois, il s'agit d'un style assez basique, voir parfois plutôt désagréable à regarder il faut l'avouer, c'est loin d'être dans la moyenne de ce qui se fait de bon dans le milieu. On appréciera cependant là aussi quelques efforts apportés pour créer des ambiances bien particulières suivant les scènes et les actions.

Au final, même si la lecture reste intéressante, on se retrouve avec un récit décevant et qui ne fera pas date, loin d'être original qui plus est. Quant au personnage de Dracula, il s'agit d'une interprétation séduisante du mythe comme de la personne mais là encore mal traité et ne parvenant pas à suivre les enjeux attendus, bien que la dimension biblique apportée vers la fin soit des plus alléchantes. Peut-être qu'une suite, ou du moins un quatrième tome, n'aurait pas été de trop.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


mercredi 8 octobre 2014

Vampire Chronicles - La légende du Roi Déchu (Kyo Shirodaira et Yuri Kimura - Ki-oon - 2009/2010)


On ne va pas se mentir, les vampires dans le monde du manga il y en a des tas et des tas, très -trop- souvent ridicules. Les récits de bit-lit pullulent dans cette branche de la bd plus que n'importe où ailleurs, à faire pâlir de jalousie les ''romanciers'' du genre. Pourtant, il y a parfois de petites perles qui méritent qu'on y prête attention. Hellsing, Vampire Host, des titres connus qui ont bâti leur succès autant sur le nom de leur auteur que sur la qualité du récit et du graphisme. Aujourd'hui je vais vous parler de Vampire Chronicles – la légende du Roi Déchu, abrégez en Vampire Chronicles tout court pour simplifier.
Paru en France entre 2009 et 2010 chez Ki-oon, ce manga fruit de la collaboration au scénario de Kyo Shirodaira et au dessin de Yuki Kimura fait aujourd'hui office de véritable référence pour les connaisseurs, œuvre d'une qualité très soutenue autant dans la narration que dans la gestion des personnages, et surtout bien entendu le graphisme, magnifique au demeurant.

C'est l'histoire d'un amour tragique, d'une passion brisée, d'un couple maudit. L'histoire d'un jeune roi des vampires, Akabara ''Strauss'', fou amoureux de sa reine, Adelheid. Mais un jour, une horrible trahison précipite la fin de ce royaume et de cette ère de paix, lorsque Adelheid perd soudainement le contrôle de sa puissance magique et devient une source de mort et de destruction. Scellée à tout jamais pour endiguer le fléau qu'elle représente désormais, la reine est gardée par de puissants sortilèges et de valeureux guerriers. Strauss quant à lui jura de tout faire pour la libérer de sa prison, quitte à affronter les humains et les hybrides Dhampires durant des millénaires, seul contre tous. Pour contrer l'effroyable pouvoir du Roi Déchu, un être d'exception fut créé et fusionné à l'âme d'une guerrière, devenant ainsi le Cygne Noir, créature magique destinée à tuer le roi des vampires au terme d'une multitudes de sanglantes batailles. A chaque nouvelle génération, un nouveau Cygne Noir voit le jour et affronte Strauss, qui jusqu'à présent parvint toujours à les éliminer. Malheureusement, chaque nouveau Cygne Noir dispose de l'expérience et des talents cumulés de toutes ses incarnations passées, et le roi sait que tôt ou tard viendra un avatar assez puissant pour le vaincre. Sa quête n'en devient que plus violente et désespérée, une quête de vengeance et de haine... cependant, la vérité n'est pas telle qu'on l'imagine et beaucoup de choses restent encore secrètes autour de la motivation du roi à retrouver son épouse. Les Dhampires des plus hauts rangs semblent connaître une partie de cette vérité déstabilisante et veulent tout faire pour protéger les sceaux magiques qui retiennent prisonnière Adelheid, et empêcher à tout prix Strauss de la libérer. Secrets, trahisons, mensonges, manipulations, amour, haine... voici le cœur de cette histoire tragique qui vous entraînera dans les tourments de la passion et de la vengeance, à la recherche de la vérité unique, de l'aboutissement d'une vie d'efforts et du désir d'enfin connaître la paix.

Série terminée en 9 tomes, Vampire Chronicles est ce que j'appelle sans pudeur un chef-d'oeuvre du genre, associant avec maestria tradition vampirique et modernisme, culture victorienne et mœurs japonaises. Le design des personnages est magnifique, je pense que Shiori Teshirogi aurait pu travailler dessus tant les expressions des regards et des postures sont saisissantes, les couvertures sont somptueuses. Les décors quant à eux oscillent entre le somptueux et le beau ordinaire, tantôt baroques à souhaits tantôt assez subtils et effacés pour que vous puissiez apprécier les dialogues et les revirements de l'intrigue. Ou des intrigues, devrais-je dire, car la grande force de ce manga c'est surtout de vous proposer un grand nombre d'histoires en parallèles les unes des autres, ou différentes versions de la même histoire en tout cas, qui se rejoignent, parfois se contredisent et s'affrontent, mais toujours apportent de nouveaux éléments au lecteur qui tentera de deviner le fin mot de tout ceci avant qu'il ne lui soit révélé.
Tout est beau dans ce manga : les personnages sont beaux, les décors sont beaux, l'histoire est belle, les thèmes sont magnifiques et les sentiments bien présents et poignants. Et puis, en 9 tomes seulement, on aurait tort de passer à côté ! Il est encore relativement récent pour rester trouvable il me semble, donc foncez dessus si vous avez l'occasion d'en voir un dans votre point d'approvisionnement quotidien. Et gardez bien à l'esprit, durant votre première lecture, que rien n'est jamais acquis et que tout, je dis bien tout, peut toujours être remis en question.

J'ai délaissé l'horreur cette fois-ci, elle ne fait clairement pas partie des thèmes de ce manga, mais n'ayez craintes je vous reviens tout prochainement avec de quoi vous satisfaire à ce niveau !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !