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jeudi 7 juin 2018

Jurassic World - Fallen Kingdom (Universal Pictures - 2018)


Trois années sont passées depuis la catastrophe qui ferma le parc de luxe Jurassic World pour de bon. Durant ces trois ans, les dinosaures de l'île d'Isla Nublar ont colonisé la plupart du territoire, survivant en autarcie jusque là sans que le monde extérieur ne vienne les perturber. Mais lorsque le volcan sur l'île se remet soudain en activité et entre en éruption, c'est tout un débat scientifique et philosophique qui anime les discussions et manifestations de part le monde. Doit-on sauver les dinosaures de l'extinction qui s'annonce à la destruction de leur île, ou bien doit-on les laisser disparaître à jamais ? L'Homme a-t-il une part de responsabilité dans leur existence qui l'obligerait à les préserver ? Le Dr. Ian Malcolm, ancien rescapé du tout premier parc, est entendu comme expert de la question par une commission spéciale aux États-Unis afin d'aider le monde à comprendre le phénomène nouveau qui s'annonce, mais c'est peine perdue comme on le sait bien dans les films de cette saga. Le gouvernement des États-Unis décrète qu'il ne lèvera pas le petit doigt pour sauver les dinosaures, au grand désarroi des militants pour le droit à la vie et à la sauvegarde des espèces en danger, dont une association particulièrement active présidée par Claire, ancienne directrice du parc dans le film précédent. Contactée d'urgence par un richissime investisseur après cette tragique annonce, Claire se rend dans la propriété de Sir Benjamin Lockwood, ancien associé de John Hammond s'étant détourné du projet de résurrection des dinosaures dès l'origine. Lockwood désire transférer les dinosaures d'Isla Nublar sur une nouvelle île, déserte et totalement autosuffisante, où ils pourraient enfin vivre loin des Hommes et en paix. Pour cela il finance une expédition de la dernière chance à bord du navire Arcadia pour se rendre sur Isla Nublar afin de capturer des spécimens précis des dinosaures survivants avant que le volcan ne détruise toute l'île. S'il a besoin des connaissances de Claire pour que ses hommes puissent explorer le parc en ruines, il lui faut aussi les compétences uniques d'Owen Grady pour parvenir à capturer le plus dangereux et fuyant des spécimens, Blue, la seule Vélociraptor encore en vie. Claire doit donc convaincre Owen de venir avec elle sur Isla Nublar, ce qu'elle parvient à faire non sans mal. Mais malgré toutes leurs bonnes intentions, Claire et Owen ainsi que leurs partenaires seront trahis par un homme de Lockwook désirant vendre les dinosaures comme armes de guerre et pièces de collection à de riches enchérisseurs que la morale n'arrête pas. Avec l'aide du Dr. Henry Wu, le traître a même réussi à recréer l'horreur de Jurassic World : un nouvel In Dominus, plus petit, plus terrifiant encore que la première version, et mortel à un point inimaginable. Claire et Owen auront très peu de temps pour empêcher la prochaine vente aux enchères et sauver les dinosaures et l'humanité toute entière du désastre qui s'annonce...

Nous y voilà donc, le second volet de la nouvelle saga Jurassic World imaginée par Colin Trevorrow et réalisé cette fois par Juan Antonio Bayona, à qui l'on doit notamment L'Orphelinat et The Impossible. Le film va passer son temps à jouer sur la corde sensible de la génération ayant grandit avec les films Jurassic Park, à savoir l'existence et la préservation des dinosaures dans un sanctuaire inviolable mais immanquablement mises en danger par des hommes d'affaires peu vertueux. On retrouve les ficelles principales du second Jurassic Park – Le Monde Perdu qui tentait maladroitement la même chose à un degré bien moindre. Ici c'est pour moi, je le dis clairement, une vraie réussite car le traumatisme est bien présent. Voir des dinosaures disparaître dans l'oubli et l'éruption du volcan, l'île de notre enfance détruite, et constater les réelles intentions des Hommes à l'égard des géants du passé, tout cela fait vibrer le défenseur nostalgique des animaux et adorateur des dinosaures que je suis et que nous sommes à peu près tous. Le premier Jurassic World rendait la licence plus adulte, plus ancrée que jamais dans notre monde et ses problématiques, ce second volet enfonce davantage le clou et réussit brillamment ce que Le Monde Perdu avait en partie échoué à faire, à savoir faire peur, faire réfléchir et faire ressentir au public de très fortes et variées émotions. Si on joue le jeu bien entendu, car vous pouvez toujours tomber sur de sombres individus qui passeront tout le temps dans la salle de cinéma à se moquer du film et de ses ficelles qui, il est vrai, sont assez grosses et prévisibles dans le genre. Mais ça ne veut pas forcément dire que c'est mauvais, ce qui est attendu se produit et cela permet de surprendre le spectateur par instants choisis quand le film commence à partir dans une direction assez radicale qui pourrait choquer et tout changer. Plus que jamais les thématiques fortes de Jurassic Park sont présentes et anoblies dirai-je même par Fallen Kingdom, à savoir le droit à la vie des espèces en voie de disparition, l'inconscience de l'Homme jouant à Dieu, l'attrait du pouvoir et de l'argent, et les conséquences souvent tragiques qui résultent de cette rencontre entre deux mondes.

Vraiment, je reconnais les défauts du film et je suis le premier à me montrer le plus objectif possible en rationalisant ma pensée... mais je ne peux m'empêcher d'être profondément séduit par cette nouvelle vision de l’œuvre de notre enfance, plus adulte désormais et plus cruelle encore. Que donnera la suite ? Car suite il y aura, c'est forcé vous verrez vous-mêmes en allant soutenir le film dans votre cinéma. Donnez-lui sa chance, logiquement vous devriez être au moins un peu satisfaits à la sortie. Attention toutefois au jeune public, comme d'habitude et comme depuis Jurassic World surtout, les scènes sanglantes et choquantes sont nombreuses et il est possible que certaines donnent des cauchemars aux plus fragiles, donc soyez prudents et prévenants. Autrement, foncez et dîtes-nous ce que vous en pensez !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


lundi 18 juillet 2016

La question du lundi n°3 : A quoi servent les suites et leurs différentes déclinaisons ?


Que ce soit en littérature, au cinéma, dans les jeux-vidéo, etc… vous avez forcément vu un titre du nom de ''xxx'' suivi d’un nombre plus ou moins élevé selon la longévité de la série (Star Wars VII, Hellraiser IX, Camping 3, etc.).
Les suites faisant parti d’une licence sont monnaie courante et peuvent s’inscrire dans une logique de continuité menant à la conclusion de l’aventure (Le Seigneur des Anneaux, Harry Potter…) et d’autres motivées par un succès commercial conséquent et qui cherchent à tirer profit à fond d’un univers, une ambiance, un système (Assassin’s Creed) ou encore tout simplement à s’appuyer sur un nom mondialement connu pour s’accaparer une forte publicité (la série des Final Fantasy dont le XV doit sortir au mois de Septembre).
Les suites peuvent ainsi diviser : continuer à explorer un univers intéressant mais également prendre le risque de décevoir les fans et de ternir l’image de la saga.
Tel est le dilemme qui peut se poser face au succès de certaines œuvres.


I - Quand y'en a pour un, y'en a pour deux !!

Bon nombre de films ayant connu un succès plus ou moins attendu ont eu le droit à une suite. En réfléchissant bien il est facile de trouver dans les films que l’on a déjà vus de tels exemples. Une suite qui peut parfois radicalement trancher avec le 1er opus, c’est le cas notamment de Battle Royale qui, centré sur ce concept à la base, prend un chemin relativement différent dans sa suite, médiocre et très vite oubliée. Faire une suite qui est à la hauteur du 1er volet est un exercice périlleux et ne donne pas forcément de bons résultats comme je viens de l’illustrer !
La suite peut permettre de conclure la trame en achevant de manière définitive le méchant de l’histoire. Ce schéma est notamment employé dans les films d’action ou d’horreur. Par exemple, dans Halloween, Michael Myers était supposé mourir complètement carbonisé à la fin du 2… avant de revenir d’outre-tombe après l’échec commercial et critique du 3 qui était parti dans un cadre différent avec une histoire de masques maléfiques.
Certaines œuvres ont ainsi juste eu une suite et d’autres ont enchainé les suites avec des résultats variables (Vendredi 13, Leatherface, Rocky…) donnant parfois lieu à des relaunch ou des reboots.
Enfin, il reste un schéma connu et qui a fait ses preuves et est encore employé à l’heure actuelle : la Trilogie. 


II - La trilogie, une recette qui a fait ses preuves
 
Le modèle triptyque est l’un des plus usités et que l’on retrouve dans de nombreux domaines. La trilogie permet de se calquer sur la structure classique d’un récit en 3 temps :
1) Introduction : le décor, l’univers est planté et permet de découvrir différents protagonistes.
2) Développement : l’histoire prend son envol et l’aventure prend de l’ampleur.
3) Conclusion : le conflit est résolu et le récit s’achève.
La trilogie permet ainsi une exploitation efficace d’une œuvre longue en n’étant ni trop court, ni trop long afin de garder l’attention du public et de ne pas le lasser.
A noter que l’on peut distinguer 2 types de trilogie : la trilogie classique dite ''1,2,3'' et la trilogie préquelle, plus récente, de type ''0,1,2''.

*La trilogie préquelle

La trilogie préquelle, pour reprendre les termes employés par les Guignols : « Quand un film a bien marché, on fait la suite et après il y a Les Origines ! »
Ainsi après avoir réalisé les épisodes 1 et 2, on raconte les origines par le biais d’une préquelle qui est l’épisode 0. On peut ainsi citer les Cubes (Cube, Cube 2 : Hypercube et Cube Zero). J’avais également une trilogie de films d’horreur venant des pays nordiques avec d’excellents épisodes 1 et 2 et une préquelle moyenne mais malheureusement impossible de retrouver le nom du film !
On peut citer pour les mangas (à la base provenant de romans), la série des King’s Game avec King’s Game premier du nom suivi de King’s Game Extrem et de la préquelle King’s Game Origins.
Dans les jeux vidéo, on peut citer Bioshock, l’épisode Infinite se situant chronologiquement avant le 1 et le 2.
La préquelle permet ainsi de continuer à exploiter un univers en expliquant les motivations de certains des protagonistes, en faisant la lumière sur leur passé, ou tout simplement parce que comme le méchant est définitivement mort, impossible de faire une suite directe !

*La trilogie classique

Un grand nombre de trilogies sont devenues cultes au fil du temps : ainsi la trilogie du Parrain de Coppola reste une référence du genre. Dans le registre de l’héroïc-fantasy comment ne pas penser au Seigneur des Anneaux : La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi. N’oublions pas les aventures temporelles de Marty et du Doc dans Retour vers le Futur ou encore la triple trilogie de Star Wars (bon, les épisodes 8 et 9 sont pas encore sortis mais on les compte comme même !).
Les trilogies se retrouvent également dans les jeux-video comme les Mass Effect ou plus récemment la trilogie des ZERO ESCAPE ->999 : Nine Hours, Nine Persons, Nine Doors suivis de Virtue’s Last Reward et se concluant avec Zero Time Dilemma (je ferai d'ailleurs un article concernant la série des Zero Escape, une fois que j’aurai terminé ZTD).
Bon nombre d’œuvres encore à l’heure actuelle suivent ce schéma mais celui-ci semble être mis à mal ces dernières années avec l'apparition de la tétralogie.


III - Tétralogie / Quadrilogie

Si la tétralogie (ou quadrilogie) devient plus présente, c’est principalement pour des raisons mercantiles. Ainsi des films récents ou à venir se retrouvent dotés d’une fin en 2 parties (Harry Potter et les Reliques de la Mort, Hunger Games : La révolte partie 1 et 2) ou encore dans un futur assez proche, la conclusion des Avengers qui se verra couper en 2 parties.
Certaines trilogies se sont également vus attribuer un 4ème opus par le biais d’un reboot ou d’un relaunch (Indiana Jones et le royaume du Crâne de Cristal, Jurassic Park/World…) qui cherche à réveiller la fibre nostalgique chez le spectateur et à continuer d'exploiter le filon d’un univers ayant fait ses preuves avec aux alentours une vaste communauté de fans.
Une tétralogie a également conclu les aventures de Nathan Drake avec Uncharted 4 pour ce qui est des jeux-vidéo.


IV - Les longues -voir très longues- séries

En règle générale, les licences dépassant les 4 épisodes donnent des films n’ayant pas véritablement de connexion entre eux. Il est possible ainsi de retrouver des éléments emblématiques d’une saga (ex : les slimes dans Dragon Quest, les invocations, les chocobos dans Final Fantasy…) ou encore la présence d’un personnage-clé qui revient de manière systématique, c’est le cas notamment dans les sagas de films d’horreur avec  MichaelMyers dans Halloween, Leatherface dans les Texas Chainsaw, Jason, Freddy etc… à noter quelques exceptions où il y a une véritable continuité dans les suites, c’est le cas de l’heptalogie SAW, où les films se suivent de manière continue avec plus ou moins de cohérence, des retournements de situation finaux devenant de plus en plus capillotractés.

Conclusion

Pour conclure cet article : les suites peuvent permettre d’enrichir un univers et procurer un plaisir conséquent pour les passionnés. Cependant, une utilisation abusive des suites peut provoquer critique, lassitude, déception voir même des incohérences scénaristiques en cherchant à trop tirer sur la corde. Il est regrettable à l’heure actuelle que de plus en plus de suites ne soient motivées que par un but purement commercial pouvant ainsi traduire un manque d’originalité et de créativité. Si certains peuvent chercher un second souffle par le biais d’un reboot ou d’un relaunch, d’autres possèdent parfois la lucidité de stopper une série qui devient trop longue. Pour l’anecdote, la saga des SAW devait à la base prendre fin avec son 8ème opus mais les résultats décevants du 6 ont eu pour conséquence de faire fusionner les épisodes 7 et 8 en un seul film (SAW 3D).

Au final, le meilleur juge de la longévité des suites reste le public qui par son approbation ou son désaveu de la suite peut déterminer le destin d’une licence.
Selon mon humble avis, les suites sont une bonne chose à partir du moment où elles permettent de développer un univers et surtout de divertir et de conserver l’intérêt du public. Une exploitation soutenue ne peut malheureusement que nuire à une licence : répétitions, effet de découverte moindre, incohérences, comparaisons avec les épisodes précédents, manque d’originalité, etc.
Le modèle de la trilogie offre la meilleure garantie avec un cadre défini et abouti mais n’est pas synonyme de succès pour autant.
Pour finir, le client est son seul maître. A lui de décider s’il souhaite continuer l’aventure en regardant ce qui suit ou bien y mettre un terme.

Si cet article vous a plu ou déplu, merci de le faire savoir dans les commentaires et de le partager ! Le débat reste toujours ouvert, et les nouvelles idées sont toujours les bienvenues ! Merci en tout cas de nous avoir suivi jusqu'à la fin, et rendez-vous une prochaine fois pour un autre sujet !

lundi 4 juillet 2016

La question du lundi n°1 : le reboot et le relaunch sont-ils bons ou mauvais ?


Dans le cadre de ces nouveaux articles, qui visent à développer la réflexion personnelle en chacun de nous, nous vous proposons aujourd'hui en ce 4 Juillet de répondre à la question suivante : le reboot, et le relaunch aussi, sont-ils de bonnes ou de mauvaises choses pour une licence ?

4 Juillet oblige, et cela ne vous aura sans doute pas échappé, nous allons commencer par parler des licences que l'on a aimé étant plus jeunes et qui resurgissent de nos jours sous de nouveaux atours. Le cas le plus évident et le plus actuel est celui du film Independance Day de Roland Emmerich, sorti en 1996 et qui nous en a tous mis plein les yeux. Ce film était en soit l'incarnation d'une époque un peu folle où tout était encore permis, où les punchlines abondaient et où l'on pouvait rire de tout et de tout le monde ou presque, tout en conservant une portée sérieuse et une certaine part de réflexion derrière beaucoup d'action. Aujourd'hui en 2016, précisément à la fin du mois, sortira la suite de ce film d'anthologie, Independance Day : Resurgence, qui elle-même est d'ores et déjà annoncée comme étant le premier volet d'un diptyque. Toute la question est de savoir : était-ce bien nécessaire de ressusciter cette licence ? On ne va pas se mentir, on a à peu près tous vu les bandes-annonces qui débordent d'effets spéciaux et de références au premier film, on retrouve avec plaisir les mêmes acteurs aux côtés de plus jeunes, la relève pourrait-on dire, et l'on s'apprête à aller voir un film créé pour plaire à la fois à l'ancienne génération, celle des années '90, et à la nouvelle, celle des années 2010, avec chacune ses propres codes et préférences. Pour autant, peut-on dire que c'est une bonne idée ? Sur le papier oui, excellente même, bénéfice quasiment assuré. Dans la pratique, ce second film va sûrement mettre le paquet et défoncer allègrement les records visuels du premier, au risque de finir par provoquer l'effet inverse de l'émerveillement, c'est à dire de blaser son audience qui en a déjà vu sa dose auparavant et de lasser les plus vieux qui se diront que c'était mieux avant. Réflexion on ne peut plus commune d'ailleurs. Le principe simple du ''on en fait trop c'est mieux que pas assez'' pour rassasier tout le monde jusqu'à plus soif. Ça peut marcher, comme ça peut complètement foirer. Le tout est dans le dosage et surtout dans l'appréciation du public, malheureusement de plus en plus difficile et critique.


Le cas ''RoboCop''

En 1987 sort sur les écrans un film qui va totalement révolutionner le genre de la science-fiction et de la dystopie, RoboCop premier du nom par Paul Verhoeven. Le film est un succès d'estime, encore aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs de sa catégorie et choyé par un noyau d'irréductibles. Il donnera malheureusement deux suites de moins bonne qualité, surtout le 3 en fait, et plusieurs séries animées ou live de qualité très moyennes en comparaison du matériau de base. Ça c'est ce qui se produit lorsque l'on cherche à tirer la corde le plus possible.
En 2014 est sorti un nouveau film RoboCop, présenté partout comme un remake de celui de 1987 alors que selon les acteurs, le réalisateur et les scénaristes, il s'agit d'un genre de reboot/relaunch. Ah oui d'ailleurs, excusez-moi et répondons tout de suite à cette question : qu'est-ce qu'un reboot ? C'est lorsque l'on redémarre une série ou une licence à partir d'un point précis, en général pour que de nouveaux lecteurs/spectateurs puissent raccrocher leurs wagons. Qu'est-ce qu'un relaunch ? Globalement la même chose sauf qu'en général on ratisse plus large et on ne repart pas vraiment de zéro.
Bien, donc le RoboCop de 2014 n'est pas un remake (c'est à dire une version améliorée et refaite d'un film précédent) mais bien un reboot, où l'on reprend tout à zéro et où l'on pose de toutes nouvelles bases. C'est facile, ceux qui l'on vu sauront vraiment de quoi on parle ici. Les autres, prenez les choses comme elles viennent. Donc, on a ici le cas d'un reboot qui tente d'apporter non pas une suite mais une nouvelle interprétation du personnage et de son univers, adaptée pour un public d'une nouvelle génération avec de nouveaux codes et de nouvelles références culturelles. Malheureusement catégorisé à tort comme un remake dès son lancement, le film n'aura jamais eu le droit à sa chance et sera vite enfoncé par la critique comme par l'opinion générale. Pourtant c'était une bonne idée, l'on ne peut effectivement pas aborder les mêmes sujets de société à la fin des années '80 et au milieu des années 2010, il fallait donc montrer les choses sous un autre angle, refaire l'histoire, lui donner un coup de jeune et la remanier presque de fond en comble pour correspondre à une nouvelle vision des choses, qui n'est plus celle de 1987.


Le cas ''Jurassic World''

Alors là on va aborder un autre gros morceau polémique, la suite/relaunch du Jurassic Park de notre enfance, Jurassic World sorti en 2015. Très attendu, très critiqué lui aussi (à la mesure de l'intensité de l'attente pourrait-on dire), il a pourtant su séduire certains des fans les plus hardcore de l'original. Et ce grâce à différents niveaux de lecture au sein de son écriture et de sa réalisation. Beaucoup d'autocritique et d'autodérision, ainsi que pas mal de références cachées, et même des petits passages destinés à la communauté scientifique qui crie au scandale dès que l'on parle de dinosaures dans ces films. La formule n'a pas su plaire à tout le monde loin s'en faut, mais à suffisamment de gens pour être comprise et appliquée, et finalement c'est ce qui compte le plus. Jurassic World est à la fois une suite des premiers Jurassic Park et aussi un relaunch car la franchise repart sur une nouvelle base, un nouveau parc, de nouvelles têtes et même un nouveau dinosaure-vedette. Des références et des petites piques sont d'ailleurs placées ici et là au sein des dialogues à ce sujet. Il est vrai que le film est, au premier abord, un peu brut et bas du front, à l'image du personnage de Hoskins qui incarne tout ce que peut avoir de bête et méchant l'intrigue. Mais si l'on sait regarder d'un peu plus près, si l'on ose s'ouvrir un peu plus aux messages cachés et si l'on expérimente la lecture sur plusieurs niveaux, on s'aperçoit alors que le film cache bien plus de bonnes idées qu'il n'y paraît au départ. Tous les ingrédients sont là pour porter la licence à un autre niveau à la fois de lecture et d'appréciation de la part du public : comme il est dit par l'un des personnages, ''il est temps de grandir un peu''. Jurassic World ouvre une nouvelle voie, une nouvelle façon de voir les choses, plus adulte et surtout plus nuancée. Et il y a même de quoi faire des suites ! Si ce n'est pas merveilleux ça !


Le cas ''Godzilla''

Bon alors là on entre vraiment dans le côté casse-gueule du sujet, car on va toucher à quelque chose qui risque de beaucoup déplaire et qui a déjà beaucoup déplu à sa sortie : le film Godzilla de Gareth Edwards, sorti en 2014. A la base, les films américains sur la grosse bêbête radioactive partent de très loin, en 1998 avec la version très mal-aimée de Roland Emmerich (encore lui !) qui a beaucoup fait parler d'elle ensuite, notamment et surtout au Japon, pays d'origine de la licence. Car oui les films américains sur Godzilla ne sont jamais que des relaunchs ou des reproductions d'une licence qui existe depuis les années '50 au Japon et qui est considérée comme un grand classique du genre, un intouchable presque. Emmerich s'en est d'ailleurs mordu les doigts.
Maintenant, celui de 2014 part certes avec le bagage difficile de celui de 1998, mais pas que ! C'est clairement ici un reboot, on repart de zéro et on fait table-rase du passé pour espérer toucher un plus large public de nos jours. Enfin, pas tout à fait de zéro... car si l'on regarde bien le film, on se rend compte que plusieurs petites références sont glissées ici et là au film de 1998. Par exemple, l'action de celui de 2014 démarre en... 1999, soit un an après les événements de la version d'Emmerich, qui peut donc très bien s'être produite sans avoir pour autant de rapport avec le véritable Godzilla. D'ailleurs c'est le cas puisque le Godzilla d'Emmerich, désavoué, a été reconnu comme n'étant absolument pas l'originale bestiole et a été sobrement renommé ''Zilla''. C'est davantage un monstre mutant qu'autre chose, là où Godzilla himself est une créature millénaire qui se nourrit des radiations terrestres et incarne toute la force de la Nature. Et c'est bien celui-ci que l'on retrouve dans la version de 2014. Ce film est-il une bonne idée ? Oui, meilleure que celui de 1998 qui partait malgré tout avec de bonnes intentions et qui a eu le mérite de donner naissance à une série-animée plutôt pas mal de notre enfance, davantage dans l'esprit de la licence originale. Comme quoi on arrive à retirer du bon de toute chose, même de ce qui semble mauvais !


Le cas ''Spider-Man''

Qui n'a jamais vu un seul film Spider-Man de sa vie ? Entre les trois dont nous a gratifié Sam Raimi dans les années 2000 et les deux de la série Amazing Spider-Man à partir de 2012, il y a de quoi faire. A la base les films sur le Tisseur ont une histoire assez complexe et tortueuse : le premier opus cartonne, en grande partie basé sur l'ambiance et le public de la série-animée des années '90, qui est au rendez-vous et les fans des comics aussi trouvent leur bonheur, même si l'on critique vite le choix des acteurs. Le second volet, en 2004, triomphe également grâce à l'interprétation magistrale du méchant, le Dr. Octopus, par Alfred Molina qui se révèle ici vraiment à la hauteur des attentes. Arrive alors le troisième... qui détruit tout sur son passage. Acteurs peu convaincants, effets spéciaux aussi désastreux que l'intrigue (sauf pour l'Homme-Sable qui s'en tire bien mieux que dans les comics), catastrophe sur tous les points et chute complète de la licence. D'où la nécessité dans les années 2010 d'offrir un nouveau départ au public et de le réconcilier avec l'Araignée, en créant une version plus humaine, moins ''parfaite'' et plus torturée du personnage, en revenant à la source de ce qui faisait le succès du comics au passage. Était-ce bien utile ? En tant que fan, je dis que oui mais je sais que beaucoup ne sont pas de cet avis et jugent que les deux Amazing Spider-Man sont largement de trop. Pour ma part ils sont un complément parfait des deux premiers de Sam Raimi, ils sont à la fois plus jeunes et plus inventifs, plus drôles et plus sérieux en même temps, et le second ose même traiter en image de la sacro-sainte mort du personnage de Gwen Stacy, et avec brio en plus ! Peu de vrais défauts, mais une mauvaise gestion de la part de la direction de Sony enterre presque définitivement tout projet de suite et repasse la main aux studios Marvel pour ce qui est des films de Spider-Man à proprement parler. Toutefois on peut toujours garder l'espoir de voir Sony réaliser des films sur l'univers étendu du Tisseur et sur d'autres personnages pourquoi pas, en collaboration avec Marvel, main dans la main. Ce serait l'idéal !


Le cas ''X-Men''

Ici on touche au presque sacré, à savoir le véritable point de départ de toutes les adaptations cinématographiques de comics que l'on a pu voir ces 16 dernières années. Avec le premier film X-Men de Bryan Singer, s'ouvre une période faste où tout paraît possible. La Fox inaugure la première vraie adaptation sérieuse d'un comic-book sur le grand écran et avec de gros moyens derrière, et c'est un succès complet. Deux suites voient le jour, qui connaissent globalement le même destin et le même parcours que les films Spider-Man : le 2 est un énorme carton, le 3 un bouillonnant étron. Pour parer cet échec critique, la Fox tente de jouer sur le personnage de Wolverine, alors on ne peut plus populaire, mais c'est là aussi une impasse (qui ne les empêchera pourtant pas de sortir un second film sur le mutant griffu). En 2011, un ancien projet de film sur la jeunesse de Magneto est retravaillé pour donner naissance à X-Men : First Class ou Le commencement chez nous, où l'on retrouve les leaders des mutants durant leurs jeunes années et où l'on assiste principalement à la naissance de la rivalité entre Charles Xavier et ses X-Men et Magneto et sa Confrérie. Reboot du premier ? Non, mais relaunch oui assurément ! Car on ne repart pas de zéro, on n'efface pas ce qui a déjà été fait (bien que dans le cas de X-Men 3 : l'affrontement final, Days of Future Past a bien remis les compteurs à zéro) et surtout on ne modifie pas l'histoire. Mais en revanche on la retravaille sous un nouveau jour, sous un nouvel angle. Et avec des acteurs plus jeunes pour jouer les rôles principaux, tout en conservant les mentors des origines. En fait, le voyage dans le passé excepté, c'est un peu la même recette que ce que l'on va observer pour Independance Day : Resurgence non ?
Le cas des films d'horreur est également intéressant : depuis quelques années, surtout la fin des années 2000, on enregistre un nombre croissants de reboots ou de remakes de films d'horreurs classiques des années '70-'80. Certains sont des succès d'estime, comme les deux Halloween de Rob Zombie en vibrant hommage à ceux de Carpenter, d'autres sont des échecs complets et assumés comme Les Griffes de la Nuit (2010) ou Vendredi 13 (2009).


Les comics en général

Mais quittons un instant le monde du cinéma pour partir à l'aventure dans celui des comics. Il ne vous aura pas échappé, lecteurs réguliers et auditeurs de Radiophogeek, que ces histoires de super-héros et autres sont largement devenues notre base de travail, tant pour les émissions que pour les articles.
Actuellement, la bande-dessinée américaine connaît une période assez trouble et pleine de remous. L'Âge d'Or est bel et bien terminé depuis belle lurette, l'Âge de Bronze aussi, place au Modern Age et à ses nouveaux codes et à son nouveau public, sa nouvelle société. Et justement, difficile de s'y retrouver avec près de bientôt 80 ans d'histoires à traiter pour certains personnages et certains éditeurs. Il est peut-être temps de repartir de zéro, ou du moins de relancer les compteurs. C'est justement ce que font les éditeurs majeurs que sont DC et Marvel depuis quelques années, Marvel tout spécialement avec ses nombreux relaunchs, reboots et remakes à n'en plus finir. En France Panini suit le mouvement, principalement en kiosque pour ce qui est des relances, tandis que la période de renaissance dite des New52 chez DC a donné l'occasion à l'éditeur Urban Comics d'arriver sur la scène francophone et de tout défoncer sur son passage.
La question est ici de savoir, comme à chaque fois, si les reboots ou relaunchs sont une bonne ou une mauvaise chose pour les comics. On a en effet vu qu'au cinéma c'est assez varié selon les licences et selon les intentions de la réalisation. Eh bien dans les comics c'est à peine plus compliqué et varié. Marvel nous relance son univers à peu près chaque année depuis 2012 et Avengers vs. X-Men, tandis que chez DC on choisit plutôt la voie du reboot pour créer de nouvelles histoires et de nouveaux univers et attirer, il faut le dire, de nouveaux lecteurs. Car c'est là que tout se joue, auprès du lectorat qu'il faut séduire et savoir conserver le plus longtemps possible ! Selon certaines études, le temps moyen qu'un fan passera dans sa vie à lire des comics est estimé entre 2 et 4 ans, et varie selon certains cycles. C'est bien sûr une moyenne, beaucoup continuent à lire des comics après les quatre premières années et accumulent une collection impressionnante tandis que beaucoup d'autres se lassent au bout de la première année, n'y comprenant rien à travers tous ces récits et tout cet historique sur des décennies à prendre en compte à chaque nouvel événement majeur. Donc il faut rajeunir l'univers et l'historique, couper des périodes entières ou au contraire en rajouter (retcons) pour combler des vides scénaristiques, réécrire des sagas cultes, remanier des passages difficiles à accepter pour le public, etc. De ce point de vue les reboots et relaunchs sont une bonne chose effectivement, puisqu'ils permettent de faire tout cela et en plus d'apporter de nouveaux lecteurs à la machine délicate qu'est cette industrie. Mais c'est aussi une mauvaise chose, comme le cas Marvel commence à le montrer clairement, qui peut entraîner l'effet totalement inverse et lasser le public voir décourager les nouveaux arrivants ! L'on a vu, pour citer ce modèle qu'ici on prend beaucoup pour exemple, des gens comme Thomas Rivière demander qu'on leur rende les personnages et les univers de leur jeunesse, et c'est parfaitement légitime et compréhensible. Il y a en effet de quoi se sentir totalement déboussolé, voir mis hors du coup, quand toutes les références que vous avez ne signifient d'un coup plus rien dans l'univers actuel et vous laissent avec de nouveaux personnages que vous trouvez fades et sans reliefs en comparaison des cadors que l'on a pu connaître dans le passé.


La conclusion

Pour finir, on va tâcher d'y répondre franchement, à cette question qui commence à fâcher. Les reboots et les relaunchs sont-ils oui ou non une bonne chose ? Et bien, on a pu le voir au travers de tous ces exemples différents, c'est l'un ou l'autre. Parfois ils apportent le renouveau espéré et permettent à de belles choses de voir le jour, d'autres fois c'est du suicide artistique ou au mieux un désaveu poli.
Non en fait, il faut se poser une autre question, qui elle mérite vraiment que l'on y réfléchisse un moment. Non pas que tout cet article soit du coup devenu aussi inutile que les personnages cultes de Marvel, mais il y avait un piège ! Il ne suffit pas de se demander si un reboot ou un relaunch est une bonne ou une mauvaise chose, qu'on se le demande avant, pendant ou après, peu importe. Non, en vérité il faut se poser la question suivante : est-ce nécessaire ? Et je pèse bien ce mot, nécessaire, car c'est lui qui va nous donner la réponse. Pour chaque exemple que l'on a cité, il a été nécessaire à un moment ou à un autre de renouveler la licence, l'histoire, les personnages, bref de faire un ravalement de façade. Toujours dans le seul et unique but, à la base, de ramener de nouveaux spectateurs et de nouveaux lecteurs.
Comme le disait le Sphinx dans un chapitre de la série Gotham Knights : qu'obtient-on lorsque l'on ne risque absolument rien ? Réponse : absolument rien. Le reboot et le relaunch sont des techniques risquées qui peuvent permettre de tout gagner comme de tout perdre, mais qui deviennent forcément à un moment T nécessaires pour assurer la survie d'une licence, d'un personnage et d'un univers. La clé n'est pas forcément dans le changement total, dans le renouveau absolu, mais dans un savant dosage mesuré entre les générations et les attentes DES publics. Et c'est ça qui est le plus difficile à faire, on en sait quelque chose depuis le temps. Espérons donc qu'à l'avenir on continuera à apprécier les histoires de nos personnages préférés, qu'elles soient récentes ou anciennes, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, mais toujours avec à l'esprit l'idée de chercher du neuf, de l'inédit et de l'inattendu là où ils n'apparaissent pas forcément au premier abord. Car, pour conclure, la démarche finale qui fait qu'un reboot ou qu'un relaunch fonctionne vraiment ou non, vient toujours du public visé. Difficile de prédire ses sentiments, difficile de le contenter pleinement, de le surprendre, mais assez facile de le dégoûter et de l'éloigner du but voulu en définitive. C'est en fait toujours au public qu'appartient le dernier mot, pas aux productions ou aux critiques, mais bien à vous, à nous, le public.

Si cet article vous a plu ou déplu, merci de le faire savoir dans les commentaires et de le partager ! Le débat reste toujours ouvert, et les nouvelles idées sont toujours les bienvenues ! Merci en tout cas de nous avoir suivi jusqu'à la fin, et rendez-vous une prochaine fois pour un autre sujet !

lundi 18 mai 2015

Emission n°38 : Le calendrier cinéma des 7 prochains mois

L'équipe de Radiophogeek vous propose d'évoquer ce que nous réserve le reste de l'année 2015 en film de tous genres, de Mad Max à Vice Versa, en passant par Jurassic World, Crimson Peak, Ex Machina, Pixels, le prochain 007 et bien entendu le très attendu Star Wars, nous vous donnons toutes les dates des films à retenir (ou non) jusque décembre.