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lundi 3 juillet 2017

La question du lundi n°42 : Est-il nécessaire de tuer pour vaincre ?


Si vous suivez assidûment les émissions du blog, vous savez que c'est lors de l'émission numéro 9 sur Wonder Woman que la question est apparue sans prévenir. En parcourant la filmographie des super-héros au cinéma, on est forcé de constater que le genre répond souvent aux mêmes critères. C'est une règle pour ce genre de récit ; le héros a une volonté propre, un objectif à atteindre et pour réussir il doit lutter corps et âme contre une force antagoniste, souvent une idéologie différente de la sienne. Si on fait abstraction du mal ou bien fondé de cette idéologie, on peut alors distinguer deux types de forces antagonistes : Physique ou spirituelle.
Dans le premier cas l’idéologie d’opposition est portée par un personnage physique, un super vilain ! C'est un cas très répandu dans cet univers. Batman a son Joker là où Spider-Man a son Bouffon Vert. Les exemples sont nombreux. On peut même retrouver cette règle dans quasiment tous les films d’action/aventure. Ici le protagoniste principal devra vaincre son adversaire pour arriver à ses fins. Vaincre ne veut pas dire tuer.
Dans le deuxième cas, notre héros lutte contre une idée générale portée par un groupe de personnes, voir l’ensemble de l’humanité. Dans ce cas il ne s'agit plus de vaincre un super vilain mais bien une entité qu’on ne peut atteindre qu’avec des mots et arguments valables. Le combat prend forme de débats (bon souvent au cinéma on veut de la bagarre, d'où les débordements physiques intercalés par des phases d’explication).
C'est ce dernier type de situation que nous traiterons d'abord. Puis nous nous attacherons aux super-vilains, antagonistes physiques de nos héros.

Le Super héros seul face au monde :

Notre vaillant super-héros, se retrouve confronté à un super-vilain intouchable puisque spirituel. Il est nécessaire pourtant de vaincre cette force. Alors il faudra user de ruse et de stratégie, on sort des clous. Vaincre une idée, comment faire ?
On peut évidement penser à éliminer tout les porteurs de cette idée (quand il sont peu nombreux). Une solution simple, qui fait l’objet de beaucoup de films. Mais le mode de pensée existera toujours quelque part, ou pourra tout simplement renaître ailleurs dans une autre époque. Non ! Notre héros ne peut procéder ainsi. De plus c'est un super-héros, il ne peut éliminer bêtement et consciemment autant de monde.
Ce qu’il faut c’est vaincre en faisant évoluer le mode de pensée. Peu de films traitent cet aspect, on peut noter The Dark Knigth qui met en scène un Joker convaincu que les Gothamiens ont un fond cruel et égoïste. Il les met donc à l'épreuve ; deux péniches, l’une avec les pires criminels de Gotham et l’autre avec ses citoyens. Chacun a le pouvoir de détruire le navire de l’autre, ou se verra couler par le fond au bout du temps impartit (cruel ce Joker quand il s’y met). Convaincu que les habitants de Gothan sont tous corrompus, violent et sans scrupules ; le Joker est surprit quand rien ne se passe. Le Batman lui, croit au bon fond des humains et n’intervient que pour capturer son ennemi. Et c’est ce qu’il fait. L'idée antagoniste au héro est tout simplement détruite par les habitants et criminels de Gotham eux mêmes, pas besoin d'éliminer le Joker !
C’est vrai il peut recommencer, ou avoir des idées pires, et le tuer prendrait du sens. Mais là encore les différents récits entre ces deux ennemis de toujours montrent au final que l’un n’a d'intérêt que pour l’autre, Ce qui limite la casse. Le justicier doit rester maître de son choix et en assumer les conséquences.
Wonder Woman reprend un peu ce principe de combat par la pensée, mais c’est bien moins visible. Tout est dans une réplique de Steve Trevor : « peut être qu’ils sont naturellement mauvais » (réplique plus ou moins exacte) ! Il laisse entendre ici l’existence d’une maladie récurrente qui pousse les humains à s’entretuer en masse ! Arès vient par la suite confirmer cette version ! Avant cette réplique, tout semble aller dans le sens de Diana qui pense que Arès corrompt les humains.
Wonder Woman est devant un choix : comment changer ce mode de pensée ? Tuer tous les humains ou leur montrer l’exemple. Ici aussi il n’est pas nécessaire de tuer pour vaincre, Diana a fait son choix. Certes Arès n’est plus (ou pas, qui sait), mais il y a quelques situations extrêmes.
« Tuer pour vaincre », non ce n’est pas nécessaire. Cela dit, le débat reste ouvert !

lundi 4 juillet 2016

La question du lundi n°1 : le reboot et le relaunch sont-ils bons ou mauvais ?


Dans le cadre de ces nouveaux articles, qui visent à développer la réflexion personnelle en chacun de nous, nous vous proposons aujourd'hui en ce 4 Juillet de répondre à la question suivante : le reboot, et le relaunch aussi, sont-ils de bonnes ou de mauvaises choses pour une licence ?

4 Juillet oblige, et cela ne vous aura sans doute pas échappé, nous allons commencer par parler des licences que l'on a aimé étant plus jeunes et qui resurgissent de nos jours sous de nouveaux atours. Le cas le plus évident et le plus actuel est celui du film Independance Day de Roland Emmerich, sorti en 1996 et qui nous en a tous mis plein les yeux. Ce film était en soit l'incarnation d'une époque un peu folle où tout était encore permis, où les punchlines abondaient et où l'on pouvait rire de tout et de tout le monde ou presque, tout en conservant une portée sérieuse et une certaine part de réflexion derrière beaucoup d'action. Aujourd'hui en 2016, précisément à la fin du mois, sortira la suite de ce film d'anthologie, Independance Day : Resurgence, qui elle-même est d'ores et déjà annoncée comme étant le premier volet d'un diptyque. Toute la question est de savoir : était-ce bien nécessaire de ressusciter cette licence ? On ne va pas se mentir, on a à peu près tous vu les bandes-annonces qui débordent d'effets spéciaux et de références au premier film, on retrouve avec plaisir les mêmes acteurs aux côtés de plus jeunes, la relève pourrait-on dire, et l'on s'apprête à aller voir un film créé pour plaire à la fois à l'ancienne génération, celle des années '90, et à la nouvelle, celle des années 2010, avec chacune ses propres codes et préférences. Pour autant, peut-on dire que c'est une bonne idée ? Sur le papier oui, excellente même, bénéfice quasiment assuré. Dans la pratique, ce second film va sûrement mettre le paquet et défoncer allègrement les records visuels du premier, au risque de finir par provoquer l'effet inverse de l'émerveillement, c'est à dire de blaser son audience qui en a déjà vu sa dose auparavant et de lasser les plus vieux qui se diront que c'était mieux avant. Réflexion on ne peut plus commune d'ailleurs. Le principe simple du ''on en fait trop c'est mieux que pas assez'' pour rassasier tout le monde jusqu'à plus soif. Ça peut marcher, comme ça peut complètement foirer. Le tout est dans le dosage et surtout dans l'appréciation du public, malheureusement de plus en plus difficile et critique.


Le cas ''RoboCop''

En 1987 sort sur les écrans un film qui va totalement révolutionner le genre de la science-fiction et de la dystopie, RoboCop premier du nom par Paul Verhoeven. Le film est un succès d'estime, encore aujourd'hui considéré comme l'un des meilleurs de sa catégorie et choyé par un noyau d'irréductibles. Il donnera malheureusement deux suites de moins bonne qualité, surtout le 3 en fait, et plusieurs séries animées ou live de qualité très moyennes en comparaison du matériau de base. Ça c'est ce qui se produit lorsque l'on cherche à tirer la corde le plus possible.
En 2014 est sorti un nouveau film RoboCop, présenté partout comme un remake de celui de 1987 alors que selon les acteurs, le réalisateur et les scénaristes, il s'agit d'un genre de reboot/relaunch. Ah oui d'ailleurs, excusez-moi et répondons tout de suite à cette question : qu'est-ce qu'un reboot ? C'est lorsque l'on redémarre une série ou une licence à partir d'un point précis, en général pour que de nouveaux lecteurs/spectateurs puissent raccrocher leurs wagons. Qu'est-ce qu'un relaunch ? Globalement la même chose sauf qu'en général on ratisse plus large et on ne repart pas vraiment de zéro.
Bien, donc le RoboCop de 2014 n'est pas un remake (c'est à dire une version améliorée et refaite d'un film précédent) mais bien un reboot, où l'on reprend tout à zéro et où l'on pose de toutes nouvelles bases. C'est facile, ceux qui l'on vu sauront vraiment de quoi on parle ici. Les autres, prenez les choses comme elles viennent. Donc, on a ici le cas d'un reboot qui tente d'apporter non pas une suite mais une nouvelle interprétation du personnage et de son univers, adaptée pour un public d'une nouvelle génération avec de nouveaux codes et de nouvelles références culturelles. Malheureusement catégorisé à tort comme un remake dès son lancement, le film n'aura jamais eu le droit à sa chance et sera vite enfoncé par la critique comme par l'opinion générale. Pourtant c'était une bonne idée, l'on ne peut effectivement pas aborder les mêmes sujets de société à la fin des années '80 et au milieu des années 2010, il fallait donc montrer les choses sous un autre angle, refaire l'histoire, lui donner un coup de jeune et la remanier presque de fond en comble pour correspondre à une nouvelle vision des choses, qui n'est plus celle de 1987.


Le cas ''Jurassic World''

Alors là on va aborder un autre gros morceau polémique, la suite/relaunch du Jurassic Park de notre enfance, Jurassic World sorti en 2015. Très attendu, très critiqué lui aussi (à la mesure de l'intensité de l'attente pourrait-on dire), il a pourtant su séduire certains des fans les plus hardcore de l'original. Et ce grâce à différents niveaux de lecture au sein de son écriture et de sa réalisation. Beaucoup d'autocritique et d'autodérision, ainsi que pas mal de références cachées, et même des petits passages destinés à la communauté scientifique qui crie au scandale dès que l'on parle de dinosaures dans ces films. La formule n'a pas su plaire à tout le monde loin s'en faut, mais à suffisamment de gens pour être comprise et appliquée, et finalement c'est ce qui compte le plus. Jurassic World est à la fois une suite des premiers Jurassic Park et aussi un relaunch car la franchise repart sur une nouvelle base, un nouveau parc, de nouvelles têtes et même un nouveau dinosaure-vedette. Des références et des petites piques sont d'ailleurs placées ici et là au sein des dialogues à ce sujet. Il est vrai que le film est, au premier abord, un peu brut et bas du front, à l'image du personnage de Hoskins qui incarne tout ce que peut avoir de bête et méchant l'intrigue. Mais si l'on sait regarder d'un peu plus près, si l'on ose s'ouvrir un peu plus aux messages cachés et si l'on expérimente la lecture sur plusieurs niveaux, on s'aperçoit alors que le film cache bien plus de bonnes idées qu'il n'y paraît au départ. Tous les ingrédients sont là pour porter la licence à un autre niveau à la fois de lecture et d'appréciation de la part du public : comme il est dit par l'un des personnages, ''il est temps de grandir un peu''. Jurassic World ouvre une nouvelle voie, une nouvelle façon de voir les choses, plus adulte et surtout plus nuancée. Et il y a même de quoi faire des suites ! Si ce n'est pas merveilleux ça !


Le cas ''Godzilla''

Bon alors là on entre vraiment dans le côté casse-gueule du sujet, car on va toucher à quelque chose qui risque de beaucoup déplaire et qui a déjà beaucoup déplu à sa sortie : le film Godzilla de Gareth Edwards, sorti en 2014. A la base, les films américains sur la grosse bêbête radioactive partent de très loin, en 1998 avec la version très mal-aimée de Roland Emmerich (encore lui !) qui a beaucoup fait parler d'elle ensuite, notamment et surtout au Japon, pays d'origine de la licence. Car oui les films américains sur Godzilla ne sont jamais que des relaunchs ou des reproductions d'une licence qui existe depuis les années '50 au Japon et qui est considérée comme un grand classique du genre, un intouchable presque. Emmerich s'en est d'ailleurs mordu les doigts.
Maintenant, celui de 2014 part certes avec le bagage difficile de celui de 1998, mais pas que ! C'est clairement ici un reboot, on repart de zéro et on fait table-rase du passé pour espérer toucher un plus large public de nos jours. Enfin, pas tout à fait de zéro... car si l'on regarde bien le film, on se rend compte que plusieurs petites références sont glissées ici et là au film de 1998. Par exemple, l'action de celui de 2014 démarre en... 1999, soit un an après les événements de la version d'Emmerich, qui peut donc très bien s'être produite sans avoir pour autant de rapport avec le véritable Godzilla. D'ailleurs c'est le cas puisque le Godzilla d'Emmerich, désavoué, a été reconnu comme n'étant absolument pas l'originale bestiole et a été sobrement renommé ''Zilla''. C'est davantage un monstre mutant qu'autre chose, là où Godzilla himself est une créature millénaire qui se nourrit des radiations terrestres et incarne toute la force de la Nature. Et c'est bien celui-ci que l'on retrouve dans la version de 2014. Ce film est-il une bonne idée ? Oui, meilleure que celui de 1998 qui partait malgré tout avec de bonnes intentions et qui a eu le mérite de donner naissance à une série-animée plutôt pas mal de notre enfance, davantage dans l'esprit de la licence originale. Comme quoi on arrive à retirer du bon de toute chose, même de ce qui semble mauvais !


Le cas ''Spider-Man''

Qui n'a jamais vu un seul film Spider-Man de sa vie ? Entre les trois dont nous a gratifié Sam Raimi dans les années 2000 et les deux de la série Amazing Spider-Man à partir de 2012, il y a de quoi faire. A la base les films sur le Tisseur ont une histoire assez complexe et tortueuse : le premier opus cartonne, en grande partie basé sur l'ambiance et le public de la série-animée des années '90, qui est au rendez-vous et les fans des comics aussi trouvent leur bonheur, même si l'on critique vite le choix des acteurs. Le second volet, en 2004, triomphe également grâce à l'interprétation magistrale du méchant, le Dr. Octopus, par Alfred Molina qui se révèle ici vraiment à la hauteur des attentes. Arrive alors le troisième... qui détruit tout sur son passage. Acteurs peu convaincants, effets spéciaux aussi désastreux que l'intrigue (sauf pour l'Homme-Sable qui s'en tire bien mieux que dans les comics), catastrophe sur tous les points et chute complète de la licence. D'où la nécessité dans les années 2010 d'offrir un nouveau départ au public et de le réconcilier avec l'Araignée, en créant une version plus humaine, moins ''parfaite'' et plus torturée du personnage, en revenant à la source de ce qui faisait le succès du comics au passage. Était-ce bien utile ? En tant que fan, je dis que oui mais je sais que beaucoup ne sont pas de cet avis et jugent que les deux Amazing Spider-Man sont largement de trop. Pour ma part ils sont un complément parfait des deux premiers de Sam Raimi, ils sont à la fois plus jeunes et plus inventifs, plus drôles et plus sérieux en même temps, et le second ose même traiter en image de la sacro-sainte mort du personnage de Gwen Stacy, et avec brio en plus ! Peu de vrais défauts, mais une mauvaise gestion de la part de la direction de Sony enterre presque définitivement tout projet de suite et repasse la main aux studios Marvel pour ce qui est des films de Spider-Man à proprement parler. Toutefois on peut toujours garder l'espoir de voir Sony réaliser des films sur l'univers étendu du Tisseur et sur d'autres personnages pourquoi pas, en collaboration avec Marvel, main dans la main. Ce serait l'idéal !


Le cas ''X-Men''

Ici on touche au presque sacré, à savoir le véritable point de départ de toutes les adaptations cinématographiques de comics que l'on a pu voir ces 16 dernières années. Avec le premier film X-Men de Bryan Singer, s'ouvre une période faste où tout paraît possible. La Fox inaugure la première vraie adaptation sérieuse d'un comic-book sur le grand écran et avec de gros moyens derrière, et c'est un succès complet. Deux suites voient le jour, qui connaissent globalement le même destin et le même parcours que les films Spider-Man : le 2 est un énorme carton, le 3 un bouillonnant étron. Pour parer cet échec critique, la Fox tente de jouer sur le personnage de Wolverine, alors on ne peut plus populaire, mais c'est là aussi une impasse (qui ne les empêchera pourtant pas de sortir un second film sur le mutant griffu). En 2011, un ancien projet de film sur la jeunesse de Magneto est retravaillé pour donner naissance à X-Men : First Class ou Le commencement chez nous, où l'on retrouve les leaders des mutants durant leurs jeunes années et où l'on assiste principalement à la naissance de la rivalité entre Charles Xavier et ses X-Men et Magneto et sa Confrérie. Reboot du premier ? Non, mais relaunch oui assurément ! Car on ne repart pas de zéro, on n'efface pas ce qui a déjà été fait (bien que dans le cas de X-Men 3 : l'affrontement final, Days of Future Past a bien remis les compteurs à zéro) et surtout on ne modifie pas l'histoire. Mais en revanche on la retravaille sous un nouveau jour, sous un nouvel angle. Et avec des acteurs plus jeunes pour jouer les rôles principaux, tout en conservant les mentors des origines. En fait, le voyage dans le passé excepté, c'est un peu la même recette que ce que l'on va observer pour Independance Day : Resurgence non ?
Le cas des films d'horreur est également intéressant : depuis quelques années, surtout la fin des années 2000, on enregistre un nombre croissants de reboots ou de remakes de films d'horreurs classiques des années '70-'80. Certains sont des succès d'estime, comme les deux Halloween de Rob Zombie en vibrant hommage à ceux de Carpenter, d'autres sont des échecs complets et assumés comme Les Griffes de la Nuit (2010) ou Vendredi 13 (2009).


Les comics en général

Mais quittons un instant le monde du cinéma pour partir à l'aventure dans celui des comics. Il ne vous aura pas échappé, lecteurs réguliers et auditeurs de Radiophogeek, que ces histoires de super-héros et autres sont largement devenues notre base de travail, tant pour les émissions que pour les articles.
Actuellement, la bande-dessinée américaine connaît une période assez trouble et pleine de remous. L'Âge d'Or est bel et bien terminé depuis belle lurette, l'Âge de Bronze aussi, place au Modern Age et à ses nouveaux codes et à son nouveau public, sa nouvelle société. Et justement, difficile de s'y retrouver avec près de bientôt 80 ans d'histoires à traiter pour certains personnages et certains éditeurs. Il est peut-être temps de repartir de zéro, ou du moins de relancer les compteurs. C'est justement ce que font les éditeurs majeurs que sont DC et Marvel depuis quelques années, Marvel tout spécialement avec ses nombreux relaunchs, reboots et remakes à n'en plus finir. En France Panini suit le mouvement, principalement en kiosque pour ce qui est des relances, tandis que la période de renaissance dite des New52 chez DC a donné l'occasion à l'éditeur Urban Comics d'arriver sur la scène francophone et de tout défoncer sur son passage.
La question est ici de savoir, comme à chaque fois, si les reboots ou relaunchs sont une bonne ou une mauvaise chose pour les comics. On a en effet vu qu'au cinéma c'est assez varié selon les licences et selon les intentions de la réalisation. Eh bien dans les comics c'est à peine plus compliqué et varié. Marvel nous relance son univers à peu près chaque année depuis 2012 et Avengers vs. X-Men, tandis que chez DC on choisit plutôt la voie du reboot pour créer de nouvelles histoires et de nouveaux univers et attirer, il faut le dire, de nouveaux lecteurs. Car c'est là que tout se joue, auprès du lectorat qu'il faut séduire et savoir conserver le plus longtemps possible ! Selon certaines études, le temps moyen qu'un fan passera dans sa vie à lire des comics est estimé entre 2 et 4 ans, et varie selon certains cycles. C'est bien sûr une moyenne, beaucoup continuent à lire des comics après les quatre premières années et accumulent une collection impressionnante tandis que beaucoup d'autres se lassent au bout de la première année, n'y comprenant rien à travers tous ces récits et tout cet historique sur des décennies à prendre en compte à chaque nouvel événement majeur. Donc il faut rajeunir l'univers et l'historique, couper des périodes entières ou au contraire en rajouter (retcons) pour combler des vides scénaristiques, réécrire des sagas cultes, remanier des passages difficiles à accepter pour le public, etc. De ce point de vue les reboots et relaunchs sont une bonne chose effectivement, puisqu'ils permettent de faire tout cela et en plus d'apporter de nouveaux lecteurs à la machine délicate qu'est cette industrie. Mais c'est aussi une mauvaise chose, comme le cas Marvel commence à le montrer clairement, qui peut entraîner l'effet totalement inverse et lasser le public voir décourager les nouveaux arrivants ! L'on a vu, pour citer ce modèle qu'ici on prend beaucoup pour exemple, des gens comme Thomas Rivière demander qu'on leur rende les personnages et les univers de leur jeunesse, et c'est parfaitement légitime et compréhensible. Il y a en effet de quoi se sentir totalement déboussolé, voir mis hors du coup, quand toutes les références que vous avez ne signifient d'un coup plus rien dans l'univers actuel et vous laissent avec de nouveaux personnages que vous trouvez fades et sans reliefs en comparaison des cadors que l'on a pu connaître dans le passé.


La conclusion

Pour finir, on va tâcher d'y répondre franchement, à cette question qui commence à fâcher. Les reboots et les relaunchs sont-ils oui ou non une bonne chose ? Et bien, on a pu le voir au travers de tous ces exemples différents, c'est l'un ou l'autre. Parfois ils apportent le renouveau espéré et permettent à de belles choses de voir le jour, d'autres fois c'est du suicide artistique ou au mieux un désaveu poli.
Non en fait, il faut se poser une autre question, qui elle mérite vraiment que l'on y réfléchisse un moment. Non pas que tout cet article soit du coup devenu aussi inutile que les personnages cultes de Marvel, mais il y avait un piège ! Il ne suffit pas de se demander si un reboot ou un relaunch est une bonne ou une mauvaise chose, qu'on se le demande avant, pendant ou après, peu importe. Non, en vérité il faut se poser la question suivante : est-ce nécessaire ? Et je pèse bien ce mot, nécessaire, car c'est lui qui va nous donner la réponse. Pour chaque exemple que l'on a cité, il a été nécessaire à un moment ou à un autre de renouveler la licence, l'histoire, les personnages, bref de faire un ravalement de façade. Toujours dans le seul et unique but, à la base, de ramener de nouveaux spectateurs et de nouveaux lecteurs.
Comme le disait le Sphinx dans un chapitre de la série Gotham Knights : qu'obtient-on lorsque l'on ne risque absolument rien ? Réponse : absolument rien. Le reboot et le relaunch sont des techniques risquées qui peuvent permettre de tout gagner comme de tout perdre, mais qui deviennent forcément à un moment T nécessaires pour assurer la survie d'une licence, d'un personnage et d'un univers. La clé n'est pas forcément dans le changement total, dans le renouveau absolu, mais dans un savant dosage mesuré entre les générations et les attentes DES publics. Et c'est ça qui est le plus difficile à faire, on en sait quelque chose depuis le temps. Espérons donc qu'à l'avenir on continuera à apprécier les histoires de nos personnages préférés, qu'elles soient récentes ou anciennes, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, mais toujours avec à l'esprit l'idée de chercher du neuf, de l'inédit et de l'inattendu là où ils n'apparaissent pas forcément au premier abord. Car, pour conclure, la démarche finale qui fait qu'un reboot ou qu'un relaunch fonctionne vraiment ou non, vient toujours du public visé. Difficile de prédire ses sentiments, difficile de le contenter pleinement, de le surprendre, mais assez facile de le dégoûter et de l'éloigner du but voulu en définitive. C'est en fait toujours au public qu'appartient le dernier mot, pas aux productions ou aux critiques, mais bien à vous, à nous, le public.

Si cet article vous a plu ou déplu, merci de le faire savoir dans les commentaires et de le partager ! Le débat reste toujours ouvert, et les nouvelles idées sont toujours les bienvenues ! Merci en tout cas de nous avoir suivi jusqu'à la fin, et rendez-vous une prochaine fois pour un autre sujet !

mercredi 29 juin 2016

Sex Criminals tome 3 - Triolisme (Glénat Comics - Juin 2016)


Ou plan à trois et plus si affinités...

Jon et Suzie décident de faire une pause en Floride dans leur campagne de braquages de banque, le temps de se retrouver et de mettre à plat leurs projets pour l'avenir immédiat, tandis qu'ils essayent également de prendre contact avec d'autres personnes comme eux, dotées d'un pouvoir sexuel spécial. Et ils en verront de drôles vous pouvez me croire !
Pendant ce temps, la police du sexe continue son enquête et remonte peu à peu la piste de nos deux tourtereaux : Myrtle Spurge a en effet retrouvé la trace du psychanalyste de Jon et entreprend de réunir tous les documents possibles pour cerner la personnalité de sa cible et la retrouver au plus vite. Et en effet il faudra faire vite, car les policiers ne sont pas les seuls lancés sur les traces de Suzie et Jon : certains des fameux ''autres individus'' ne désirent pas qu'on les expose, et vont tâcher de le faire comprendre bien vivement à l'aide de leurs pouvoirs particuliers.

Tout se recoupe petit à petit, chacun des éléments de l'intrigue converge vers une direction donnée tandis que les deux auteurs nous aspergent de leurs délires courants (comme parler du scénario tout en l'écrivant et le dessinant, ou bien donner des interviews sexuellement compromettantes ou encore zapper des morceaux entiers de l'intrigue). L'ambiance est toujours aussi bonne, on découvre encore de nouveaux personnages et de nouveaux aspects et pouvoirs de la sexualité débridée, parfois l'on a même la surprise de croiser des morceaux de thèse très sérieuse sur cette sexualité difficilement assumée, comprise et interprétée par la société moderne. Bref un troisième tome très riche en rebondissements et en bons éléments, à lire d'urgence comme toujours et à tâcher d'en profiter pour s'interroger et réfléchir un peu plus personnellement, plus profondément que sous la surface des choses.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 12 juillet 2014

Tiny Brains (Spearhead Games – 2013)


Il faut que vous le sachiez, je ne suis vraiment pas très ''jeux-vidéo'' à la base, voyez ça avec mes collègues. Mais, de temps en temps il m'arrive de tomber par hasard sur de petites merveilles qui m'intriguent beaucoup. C'est le cas de Tiny Brains, développé par Spearhead Games et édité par le studio 505 Games pour une sortie en Décembre 2013 sur le Playstation Store de Sony. Disponible sur PS4, PS3, PC et même Xbox-360 (il doit donc y avoir portage ce me semble), ce puzzle-game vous offrira un cocktail explosif de réflexion, de fun et d'humour, le tout servi par des graphismes des plus amusants et une animation très fluide, à vous et jusqu'à trois de vos amis, car il s'agit d'un jeu de coopération avant tout !

L'histoire : dans un laboratoire secret dirigé par un scientifique un rien cinglé, vous incarnerez quatre petits cobayes dotés de pouvoirs phénoménaux. Un rat capable de se téléporter en échangeant sa place avec un objet alentours, un lapin au pouvoir attractif, une chauve-souris répulsive, et un hamster qui génère des blocs de glace. Ensemble, vous devrez réussir les tests que votre créateur vous force à parcourir, tout en essayant de vous échapper de cet enfer ! Vous pourrez compter sur quelques alliés et aussi vous amuser à lire les différents comptes-rendus d'expériences disséminés un peu partout dans les tableaux traversés, mais faîtes bien attention à ceux envers qui vous placez votre confiance ! Combinez vos pouvoirs, résolvez les énigmes du terrain et franchissez les obstacles seul ou en groupe, et ne craignez pas l'échec car vous êtes tous immortels et si vous mourrez vous réapparaissez simplement à votre emplacement précédent. De plus le système de sauvegarde est automatique et composé de multiples checkpoints, de quoi vous détendre et vous permettre de vous concentrer uniquement sur les puzzles.

Si ce jeu n'est absolument pas punitif et que les erreurs des joueurs ne sont pas lourdement sanctionnées, ce qui permet de s'amuser sans complexe, le gros défaut est la durée de vie : seulement une heure, environ. Et encore, si vous ne perdez pas trop de temps dans les tableaux. A vous de voir si cela vaut le prix déboursé.
Sachez aussi qu'en plus du jeu normal vous aurez accès à des modes différents, dont un mode ''extrême'' dans lequel vous devrez refaire tous les niveaux avec un seul personnage, Jules, doté de tous les pouvoirs mais avec une vie unique. Là, on retrouve le côté ''erreur = défaite'' bien stressant.

Mais bien sûr, le plus important c'est de bien s'amuser entre amis ! Quoi de mieux que de délirer à plusieurs, de remporter la victoire grâce à l'entraide, de s'amuser à relever les défis... ou tout simplement se tirer dans le dos à la première occasion juste par pur esprit de compétition. Car ça aussi c'est possible, et même parfois encouragé ! Si la durée d'une partie normale n'est pas franchement folichonne, au moins ce jeu bénéficie d'une re-jouabilité presque illimitée !
Si vous voulez un petit tuto-démo-vidéo, regardez les 4 épisodes de Tiny Brains en coop' sur la chaîne Youtube ''fantabobgames''.

Sur ce je vous laisse vous faire votre propre avis, en vous souhaitant de bien vous amuser, et j'espère vous retrouver bientôt pour un nouvel article !