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jeudi 14 février 2019

Alice in Murderland tome 9 (Pika - Septembre 2018)


Joyeuse Saint-Valentin à toutes et à tous !

Stella et Miser sont au pied du mur et doivent maintenant s'affronter en duel à mort pour que l'une des deux puisse ensuite sauver leur petit frère Melm des griffes de leur mère et de ses plans tordus ! Alors qu'elles envisagent le combat sans issue qui les attend, Miser a soudain une idée et réclame de voir son amoureux avant d'affronter Stella, condition sur laquelle elle ne reviendra pas. Olga accepte et fait chercher Io depuis la base de la secte ennemie des Kuonji. Ce sera l'occasion pour le lecteur d'en apprendre davantage sur l'étrange meneur de cette secte et sur la malédiction qui est la sienne par la faute d'Olga Kuonji depuis de trop nombreuses années maintenant.
Mais malgré leur plan préparé avec minutie, les deux sœurs sont contraintes de se battre sans merci car leur mère a percé à jour leurs agissements et orchestré un duel fatal dont elle a le secret, surtout après avoir scellé les émotions de Miser profondément en elle afin de libérer l'esprit malfaisant qu'elle abrite. Le combat contre Stella/Alice risque bien d'être très sanglant, et Olga ne voudrait manquer ça pour rien au monde ! A moins que cela ne soit également une partie du plan de Stella et Miser pour s'échapper ? Quoi qu'il en soit, il faudra nécessairement un sacrifice afin d'apaiser la soif de sang d'Olga Kuonji, et celle qui restera devra de toute façon affronter Melm en dernier recours... qui pourra sortir victorieuse de ce combat déchirant ?

Encore un duel sensible qui nous permet d'en apprendre un peu plus sur la famille Kuonji, sur ses liens avec la secte de Johannes et sa propre malédiction qu'il partage avec son amante Regina par la faute d'Olga... les intrigues secondaires sont en retrait cette fois-ci pour que le lecteur puisse se concentrer presque exclusivement sur le combat à venir entre Stella et Miser, entre Bloody Alice et le Rossignol de l'Enfer. Un combat tendu mais également assez rapide, qui verra de toute façon la situation évoluer vers un nouveau statu quo pour l'un de nos personnages principaux. Rien n'est laissé au hasard et la fin de la série approche à grands pas, plus que deux tomes désormais... soyez au rendez-vous !
Sinon, petit point extrêmement positif à nouveau sur le niveau de dessin de Kaori Yuki qui ne cesse de faire des merveilles sur chaque série sur laquelle elle travaille depuis déjà bien des années. Même si le style est globalement plus léger qu'à l'époque de grands mangas comme Angel Sanctuary, on reconnaît toujours avec plaisir la patte si précieuse et détaillée de notre reine du shojo gothique adorée ! Continuez comme ça Kaori Yuki, ici on est archi-fan de vous !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 30 novembre 2014

Ludwig Fantasy tome 1 (Tonkam - Novembre 2014)


La reine du shojo gothique est de retour avec la nouvelle et seconde partie d'une de ses séries les plus emblématiques et passionnantes, j'ai nommé Ludwig Fantasy, faisant ainsi suite aux quatre tomes parus lors de la décennie précédente de Ludwig Revolution et dont la fin nous laissait sur une immense ouverture. C'est donc avec un tout aussi immense plaisir que l'on peut désormais retrouver, toujours chez Tonkam dans une magnifique édition, les aventures débridées du prince Ludwig parti à la recherche du grand amour au sein du monde des contes de fées, revus et corrigés par l'auteur à l'humour des plus aiguisés !

Après avoir parcouru de fond en combles le continent de Grimm, dont il est originaire, et sans avoir trouvé le grand amour tant recherché, Ludwig décide de prendre la mer et met le cap sur une destination inconnue, toujours accompagné dans son voyage par son fidèle valet Wilhelm un rien victime de son maître et par la sorcière sado-masochiste Dorothéa, toujours déterminée à endurer les supplices les plus vils de la part du prince. Après une série de naufrages plus ou moins accidentels après avoir eu la bonne idée de confier la barre à Ludwig, les trois compagnons font escale sur le continent d'Andersen, où ils se retrouvent d'emblée impliqué dans une enquête au sein d'un royaume au bord de la mer, où le jeune prince se dit visité par une mystérieuse créature marine chaque nuit, et où une servante muette mais non discrète fait tourner son monde en bourrique. Puis il sera temps de faire route vers un petit archipel isolé de tout, pour rencontrer le roi Mikado et tenter de lui obtenir les faveurs et la main de celle que l'on appelle Princesse Kaguya, et dont la beauté est réputée dans tout le pays, pour le plus grand malheur de ses prétendants.

Un excellent nouveau départ pour les aventures perverses et parfaitement égoïstes de Ludwig, et de très bonnes retrouvailles pour les lecteurs de la première heure qui attendaient depuis des années sans trop y croire une suite à Revolution. Kaori Yuki nous fait le plaisir de nous entraîner de nouveau dans sa vision des contes de fées, si particulière et unique en son genre, rafraîchissante et délicieusement irrévérencieuse mais en même temps assez fidèle aux récits originels mine de rien (pour preuve, la documentation fournie par l'auteur et son éditeur afin de faire connaître ces contes aux lecteurs, hors versions Disney). C'est ainsi que l'on revisite avec humour et intérêt La Petite Sirène ou encore Le Conte du Coupeur de Bambous. Oui certes, nous débutons sur le continent d'Andersen mais force est de constater que nous aurons plutôt un fatras d'histoires toutes origines confondues, ce qui n'est pas pour me déplaire non plus ça change du cadre uniquement occidental pour une fois et nous permet, à nous aussi, de découvrir de nouveaux pans de la culture extrême-orientale.
Le dessin est magnifique, comme d'habitude avec Kaori Yuki, le style gothique des décors ainsi que des personnages (vêtements et attitudes) reste fidèle à ce que l'on connaît déjà venant d'elle, un très grand soucis du détail et de la diversité, les personnages sont caractérisés à merveille et donnent l'impression qu'ils nous ont simplement quitté la veille, alors que nous avons du patienter sans y croire pendant plusieurs années pour les revoir. Une lecture facile et très intéressante, amusante et intrigante, en un mot plaisante. Et une très agréable surprise que ces retrouvailles avec Ludwig et ses compagnons, que l'on espérait plus ! Vivement la suite à présent, sautez dessus n'hésitez pas et pour celles et ceux qui prendraient le train en marche, bienvenus et accrochez-vous bien à vos souvenirs de votre enfance bercée par Disney, vous risquez de vous sentir un peu malmenés !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 29 octobre 2014

Anne Rice - Les Chroniques des Vampires (Anne Rice, de 1978 à nos jours)


Aujourd'hui c'est un article un peu spécial que je vous propose, nous en arrivons désormais à la toute fin de ce mois consacré aux vampires et j'ai décidé que la meilleure conclusion possible était de vous parler de l'oeuvre moderne la plus emblématique et travaillée selon moi sur ces créatures, à savoir les fameuses Chroniques des Vampires par l'auteur Américaine touche-à-tout Anne Rice.

Vous connaissez très certainement, si ce n'est de visu, au moins de nom, le film de Neil Jordan sorti en 1994 avec Tom Cruise, Brad Pitt, Kirsten Dunst, Antonio Banderas et Christian Slater : Entretien avec un Vampire ? Si oui, c'est tout naturel, et si non, arrêtez de lire ces lignes et foncez immédiatement le voir ! Véritable chef-d'oeuvre du genre vampirique au cinéma, œuvre aussi fantastique que gothique, inquiétante, d'une tristesse mélancolique à toute épreuve. Eh bien ce n'est ni plus ni moins que l'adaptation (plutôt fidèle) du tout premier roman des Chroniques des Vampires, paru en 1978 sous le même titre que celui du film. A partir de ce premier tome, va naître et grandir durant les trois décennies suivantes une saga comptant aujourd'hui près de 14 volumes, et une galerie impressionnante de personnages, principaux comme secondaires, dont aucun ne vous laissera indifférent. Si tout part effectivement de l'initiative de Louis de Pointe du Lac, sa volonté de raconter en détail sa vie de mortel brisé puis de vampire nostalgique et désireux d'avertir l'espèce humaine du danger qui rode parmi elle, les choses prennent une tournure bien vite toute différente lorsque les autres grands vampires, Lestat de Lioncourt le premier, décident d'en faire autant et d'eux-aussi coucher par écrit leur biographie et le récit de leurs actes, leur transformation, leur éveil à la vie éternelle, les époques qu'ils ont pu traverser, les magnificences du passé qu'ils ont vu disparaître, mais aussi plus simplement leurs efforts continuels d'adaptation au sein d'un monde qui change et changera toujours, alors qu'eux-mêmes sont condamnés à demeurer tels qu'ils sont et tels qu'ils furent pour l'éternité. Des récits tous uniques, tirés de personnalités torturées et plus fragiles qu'on ne le pense, qui tâchent seulement de se faire comprendre et de laisser derrière elles un message au reste du monde, ou juste pour elles-mêmes, une façon de converser sur le passé et d'être entendus et compris, par peu ou par tous. De la Louisiane jusqu'en Égypte, en passant par la Vieille Europe, de Venise jusqu'aux îles des Antilles et des Caraïbes où le vaudou est roi, d'un théâtre sombre et glauque du Paris industrialisé jusqu'aux fastes des buildings de l'Amérique contemporaine, ces vampires d'un autre temps vous transportent au sein de leurs souvenirs, au cœur de leur mystère et du secret de leur immortalité, à travers leurs passions comme leurs peurs les plus profondes. Tout sera abordé, la difficulté de trouver de la nourriture, d'accepter sa nature de monstre et de prédateur, les plaisirs de la vie qui deviennent pour la plupart inaccessibles, l'art, la connaissance, le sexe... le pouvoir.

Car c'est là la grande force d'Anne Rice dans ses romans et à travers ses nombreux personnages, de toujours parvenir à nous entraîner dans un monde et dans une histoire différents les uns des autres, de toujours se renouveler et nous proposer une nouvelle vision des choses, d'événements historiques ou bien fictifs, par les yeux d'un ou plusieurs personnages ayant vécu à la même époque et racontant son propre ressenti sur les agitations du monde autour de lui. Ainsi à de nombreuses reprises les récits se croiseront, bien que les vampires ne se soient jamais concertés avant d'écrire leurs mémoires. Bien souvent certains vont raconter les mêmes événements mais d'un point de vue tout différent du précédent, qui apportera soit un complément d'information soit qui viendra totalement remettre en cause ce que l'on pensait connaître venant d'un précédent récit. Des personnages qui possèdent tous une personnalité unique, travaillée, fouillée, des psychologies étudiées, et dont les rapports avec leurs semblables passent aisément du cordial au conflictuel, mais rarement à l'amical. Mais sachez que tous les tomes de ces chroniques ne sont pas là uniquement pour raconter une vision du passé et la biographie d'un seul vampire ! Certains, dont les second, troisième, quatrième et cinquième tomes, sont là pour raconter l'histoire présente de ces mêmes vampires, les péripéties rencontrées à notre époque par Louis, Marius, Pandora, Armand et bien évidemment Lestat. Et cette histoire suivie continue d'ailleurs avec les derniers tomes en date ! En somme, les récits véritablement biographiques ne constituent qu'à peine la moitié de la saga mais permettent de bien mieux saisir et comprendre les agissements et les motivations des personnages principaux, en se référant à leur passé et à leurs souvenirs en tant que mortels, il y a si longtemps.

Les thèmes sont aussi variés que les personnages eux-mêmes : l'amour, la haine, la tristesse, la nostalgie, la mélancolie, l'avarice, l'orgueil, la jalousie, le plaisir, le sexe, la trahison, la manipulation, les sentiments, l'abandon, la loyauté, l'art, la vengeance, la Mort, le suicide même... tout cela n'est pas forcément joyeux, on est loin des romans tous beaux pour adolescentes en mal d'amour et de sensations fortes, ici on parle de vampires tragiques, de créatures de la nuit condamnées à l'éternité sans repentir, de forces qui nous dépassent et qui nous considèrent comme de la nourriture à volonté plutôt que comme des compagnons, bien que parfois la logique s'inverse. Les Chroniques des Vampires, c'est sombre, parfois glauque, jamais gratuitement horrifique, mais toujours tellement beau.
Comme je l'ai dis plus haut, il y a donc eu un film en 1994 adaptant le premier tome, le fameux Entretien avec un Vampire et son casting de folie, vraie réussite et œuvre culte du cinéma de genre s'il en est. Par soucis d'honnêteté je suis contraint de vous informer de l'existence d'un autre film ''tiré'' des romans de la saga, le très dispensable La Reine des Damnés, réalisé par Michael Rymer et sorti en 2002, adaptation assez libre du troisième roman, sautant carrément le second. Si j'ai du mal à vous en parler c'est que ce film est pratiquement un crachat au visage de la saga littéraire, il conviendra donc à celles et ceux qui souhaiteraient maintenir un niveau décent de qualité dans leurs standings de passer leur chemin. Aux autres... juste : bon courage.

Pourquoi j'ai choisi de vous parler d'Anne Rice à la fin de mon mois spécial, et pas avant, puisqu'elle est si géniale et que sa saga est si importante à mes yeux pour les vampires dans la littérature ? Eh bien tout simplement parce que je la voyais comme la conclusion logique et immanquable de ma présentation. Anne Rice, Les Chroniques des Vampires, c'est à la fois tout ce que j'ai pu vous présenter durant ce mois d'Octobre sur le thème des vampires, mais aussi tellement plus encore que cela. S'il y a un article qui je l'espère vous aura fait réfléchir et donné envie d'en savoir plus et de lire, c'est bien celui-ci entre tous. D'ailleurs, petit instant pub pour finir, sachez que l'ensemble des romans d'Anne Rice, Les Chroniques des Vampires comme Les Nouveaux Contes des Vampires ou La saga des sorcières Mayfair, tout cela a été réédité et continue de l'être chez Pocket en France, dans une magnifique collection de poche au visuel très chic et totalement dans l'esprit de ces récits. La même collection existe aussi en grand format, même visuel et même qualité. Jetez-vous dessus, ce serait dommage de manquer une occasion pareille à ces prix-là !
Niveau cinéma, en guise d'ultime conclusion, sachez qu'à l'heure où j'écris ces lignes les studios Universal ont annoncé le rachat de l'ensemble de la licence des Chroniques des Vampires et comptent bien en faire de nouveaux films au cinéma. Si la question d'un remake de Entretien avec un Vampire n'est pour l'instant pas vraiment abordée, les studios ont indiqué vouloir travailler avec le jeune mais talentueux réalisateur Josh Boone, qui n'a pas peur des gros films bien riches puisqu'il planche sur une nouvelle adaptation du Fléau de Stephen King, auteur qu'il admire, en deux films de plus de trois heures. L'idée avancée jusqu'à présent en guise de test serait de faire un film d'une durée semblable qui rassemblerait les romans 2 et 3 de la saga d'Anne Rice, à savoir Lestat le Vampire et La Reine des Damnées, qui se suivent directement dans le déroulement de l'histoire. Affaire à suivre, avec attention !

Voilà, c'est donc la fin de ce mois spécial sur les vampires pour Halloween 2014, j'espère que ça vous aura plu et que vous aurez appris des choses, voir eu envie d'en découvrir davantage par vous-mêmes, ce qui me ferait très plaisir assurément. Il y en aura toujours pour dire qu'ils auraient souhaité telle ou telle autre œuvre majeure selon eux du vampire dans la culture moderne ou classique, mais pour ma part je suis satisfait de ma sélection et je vous invite comme toujours à aller faire vos propres recherches si vous désirez en savoir plus, explorer des horizons nouveaux que je ne vous aurais pas indiqué, etc. Qu'on aime ou pas, peu importe au fond, tant qu'on fait l'effort de la découverte !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite un très joyeux et très réussi Halloween 2014, en espérant vous retrouver bientôt et en pleine forme pour de nouveaux articles, retour à la normale !

lundi 20 octobre 2014

Van Helsing (Stephen Sommers - Universal Pictures - 2004)


1887, Transylvanie. Le Comte Dracula, un vampire terrorisant la région depuis de nombreux siècles, assassine le Dr. Victor Frankenstein dans son laboratoire secret afin de s'emparer du fruit de ses travaux. Malheureusement, le monstre prend la fuite avec la dépouille de son créateur et disparaît dans l'incendie du moulin où il s'était réfugié, provoqué par les villageois apeurés.
Un an plus tard, le Vatican envoie son meilleur élément, le chasseur de monstres connu sous le nom de Van Helsing, enquêter en Transylvanie pour sauver la dernière héritière de la lignée royale des Valerius, Anna, famille que Dracula a juré d'éradiquer. Pendant son périple, Van Helsing va découvrir qu'une partie de son mystérieux passé, dont il ne garde pratiquement aucun souvenir, semble être étroitement liée au Comte. Commence alors une quête d'identité qui conduira Van Helsing à affronter les plus terribles des créatures, des loups-garous aux épouses de Dracula ainsi que ses hordes de sbires infernaux. La course contre la montre est lancée, tandis que le souverain des vampires se prépare à lâcher sur le monde un fléau bien pire encore, avec l'aide de la science interdite de Frankenstein...

Malgré tous mes efforts il se peut que le résumé demeure un peu simplet, car il faut avouer que l'histoire l'est. Cependant ce film possède beaucoup de qualités, dont celle de respecter ses références. Si bien sûr les récits des personnages traités sont grandement modifiés afin de se tenir les uns avec les autres, il n'en reste pas moins que le scénario est agréable pour le connaisseur. Le Dracula interprété par Richard Roxburgh est peut-être l'un des plus proches de l'esprit original, loin des errements des films de la Hammer. L'histoire de Frankenstein et de sa créature, bien que largement condensée, reprend tout de même les points les plus importants. Quant à Van Helsing, il s'agit là bien sûr de la plus grande modification mais au final pour nous offrir un héros charismatique dont on aime suivre les aventures. Les décors sont magnifiques également, dans l'esprit des grandes forteresses gothiques d'antan, mais aussi des villages tarabiscotés que Tim Burton n'aurait pas renié, en bois et assemblés comme on le pouvait. Par ailleurs, je défie quiconque (surtout ceux critiquant le film) de regarder Van Helsing et de ne pas penser à la saga de jeux-vidéos Castlevania, surtout le premier volet de Lords of Shadow sorti en 2010, soit... 6 ans plus tard !
Stephen Sommers est un grand fan de ces films classiques de monstres produits par la Hammer et dont les licences partirent chez Universal par la suite. Son diptyque sur la Momie était déjà un bel hommage au film d'origine, et il n'est donc pas étonnant que son œuvre suivante fasse de même avec la plupart des autres créatures de la nuit. Bien qu'ayant énormément aimé ce film, j'accorde volontiers à la critique qu'il ne s'agit pas d'une œuvre parfaite ni trop réfléchie, mais si on le prend en tant qu'hommage rendu à la culture cinématographique des monstres, c'est une belle pièce. Le meilleur de la Hammer, sans les défauts grotesques, réuni dans un seul long métrage. Et avec une histoire de romance en prime, et une belle qui plus est !
Un dernier mot concernant la musique, signée Alan Silvestri, un grand nom de l'art depuis les années 1980. Des thèmes vraiment prenants, magnifiques, se concentrant sur les atmosphères ressenties et émanant de chaque personnage, avec des passages que l'on reconnaîtra d'emblée pour les avoir déjà entendu et vécu dans les films La Momie. Une sorte de continuité bienvenue entre ces films pour le fan !
Laissez une chance à Van Helsing de vous divertir et de vous faire passer un bon moment, seul ou à plusieurs, lors d'une nuit sombre au clair de la pleine Lune. Mon conseil, faites-vous un marathon en regardant à la suite La Momie, Le Retour de la Momie et Van Helsing.

Pour ceux qui voudraient ensuite prolonger l'expérience, sachez qu'il existe un film d'animation servant de préquelle et se déroulant quelques mois avant le début de celui de Stephen Sommers. Sorti en 2004 à l'occasion de la sortie DVD du vrai film, Van Helsing – Mission à Londres vous présente en fait l'enquête de Van Helsing pour retrouver et capturer le Dr. Jekyll et son alter-ego maléfique, semant la terreur dans les rues de Londres en assassinant sauvagement de jeunes femmes dans un but inavouable... d'une durée de seulement 31 minutes environ, ce serait dommage de passer à côté, d'autant que l'animation est vraiment splendide et d'une fluidité très agréable, me rappelant un peu le travail effectué sur Vampire Hunter D – Bloodlust quatre ans plus tôt, un grand classique du genre que je vous ai déjà présenté et que je continue à vous conseiller.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


mercredi 15 octobre 2014

Carmilla (Joseph Sheridan Le Fanu - 1872)



Dracula par-ci, Dracula par-là... le Prince des Vampires accapare les esprits et l'imaginaire depuis sa parution littéraire en 1897, et comment le lui reprocher ? Mais sachez que bien avant lui, il existait déjà de grands récits vampiriques qui ont largement contribué au succès de l'oeuvre de Bram Stoker. Qu'il s'agisse de classiques, de poèmes, de contes folkloriques, voir même de simples nouvelles, comme celle de Joseph Sheridan Le Fanu parue en 1872 dans le recueil In a Glass Darkly (Les Créatures du Miroir) et simplement intitulée par un nom : Carmilla.

Oeuvre gothique s'il en est, en plein boom du mouvement, l'histoire se déroule au début du XIXème siècle, dans un château reculé en Styrie. Laura, fille d'un riche gentilhomme britannique venu s'installer sur ces terres, est une jeune femme douce et candide, curieuse de tout et désireuse d'échapper à l'ennui qui règne au château. Alors, lorsqu'un accident lui permet de rencontrer la jeune et intrigante Carmilla, Laura s'entiche aussitôt d'elle et les deux femmes deviennent amies, presque sœurs. Cependant bien vite une certaine inquiétude gagne : d'étranges phénomènes se produisent dans le voisinage, et Laura elle-même semble victime d'un mal incurable qui la rend peu à peu apathique et sans forces, sans que le moindre remède ne puisse l'aider. Assaillie par les déclarations et les attentions de Carmilla à son chevet, Laura s'éprend de son amie et s'abandonne totalement à elle, sans se douter que le Mal rôde alentours et qu'il est peut-être déjà trop tard pour sauver son âme...

Carmilla est un récit formidable qui repose sur de nombreux thèmes, le vampirisme n'étant que la partie émergée de l'iceberg. On peut aussi voir dans cette histoire un témoignage du ''spleen'' qui touche beaucoup de personnes à cette époque, ce mal de l'ennui que rien ne semble pouvoir éloigner. Mais aussi et surtout, pour ce qui est sans doute l'une des premières fois, le thème de l'homosexualité féminine, traitée presque sans fard et sous le jour de la sensualité, presque de l'hypnose par les sentiments. Un pouvoir que l'on sait aujourd'hui fort attaché au culte des vampires, mais qui à l'époque était encore tout à fait nouveau pour cette littérature naissante. L'ambiance pesante, presque brumeuse, de la narration contribue à plonger le lecteur dans un brouillard où même ses pensées s'égareront, piégées peu à peu par le jeu de séduction du vampire et par la tourmente des sentiments de Laura, tandis que l'horreur s'installe doucement dans votre cœur, jusqu'au dénouement final qui vous glacera les sangs.
Cette nouvelle a été la source d'inspiration de nombreux autres ouvrages, livres comme films voir même jeux-vidéos et jeux de plateau. Pour l'exemple, la célèbre dynastie des Von Carstein dans l'univers de Warhammer est librement inspirée de l'héritage culturel laissé par Carmilla puis son petit frère Dracula bien plus tard.
Oeuvre fondatrice à plus d'un titre donc, de la culture classique et moderne du vampire dans l'imaginaire. Une œuvre qui a pour personnage central une femme, chose peu courante et qu'il convient de signaler. Tout le récit tourne presque exclusivement autour de la féminité et de sa condition, sociale comme sentimentale. Il est assez aisé d'y voir nombre de sous-textes, mais ce dont l'on peut vraiment être sûr c'est que l'auteur, Joseph Sheridan Le Fanu, s'est servi de cette histoire pour présenter les tourments de la femme, interdits pendant bien des années. Frappée de tabou, l'homosexualité féminine a toujours été mal considérée par la société, à l'heure où pourtant de nombreux gentilshommes ouvertement homosexuels n'étaient eux pas particulièrement inquiétés.
Enfin, ce sont là des débats qu'il convient de laisser à des professionnels de la cause, car nous sommes ici avant tout intéressés par le sujet principal de cette nouvelle et par sa dimension méconnue du grand public. Comme je l'ai déjà dit plus haut, Carmilla a été une véritable pierre fondatrice de tout un genre, issue du gothique pour devenir quelque chose de plus grand, de plus renommé encore. Elle fait partie de ces œuvres qui, des décennies plus tôt, préparèrent le terrain culturel populaire à l'arrivée du ''monstre'' Dracula et à son succès total. Sans Carmilla, sans Frankenstein, sans Le Portrait de Dorian Gray, il n'y aurait peut-être jamais eu de Dracula et peut-être jamais d'essor du vampire tel que nous avons pu le connaître durant plus d'un siècle par la suite (certaines scènes, vers la fin du roman de Bram Stoker, vous feront immanquablement penser à celui de Le Fanu). Qu'ils le sachent ou non, qu'ils en soient conscients ou non, de très nombreux auteurs de nouvelles, de romans, d'essais, de films, et même de jeux-vidéos, sont grandement redevables à Sheridan Le Fanu d'avoir écrit Carmilla et d'avoir ainsi démarré un long processus d'inspiration collective, qui porte encore de nos jours ses fruits et continuera de le faire sans doute pendant un long moment, du moins c'est ce que j'espère.

C'est donc avant tout pour cette raison que j'ai choisi de vous présenter cette nouvelle, afin de vous faire comprendre que même si le terrible Comte Dracula règne en maître incontesté sur les vampires de tous temps et de tous âges, il n'est que l'un des derniers-nés de sa génération, débutée quelques trente à quarante ans plus tôt... par des femmes. Voilà qui devrait normalement remettre quelques pendules à l'heure et convaincre certains de rendre à ces personnages féminins le mérite qui leur revient, sans qui aujourd'hui nous n'aurions sans doute pas grand chose à nous mettre sous les canines.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 5 octobre 2014

Dracula l'Immortel (Dacre Stoker et Ian Holt - Michel Lafon - 2009)


Y'a-t-il jamais eu récit vampirique plus célèbre que celui de l'Irlandais Bram Stoker en Mai 1897, Dracula, au passage chef-d'oeuvre du style épistolaire également ? Si les histoires de vampires existent pratiquement depuis la nuit des temps, avec un furieux essor durant le XIXème siècle, c'est bel et bien avec ce roman que le genre s'attire les plus ferventes admirations. Très souvent repris ou adapté, parfois à tort, souvent de travers, le Comte Dracula fascine et fédère comme aucun autre monstre littéraire avant ou après lui. Et pourtant ! Le connaissez-vous réellement ? Combien sont ceux qui savent vraiment d'où est tirée la légende ? De plus en plus nombreux certes, mais toujours pas assez pour faire taire les mauvaises idées qui germent à foison à Hollywood et ailleurs.
Et pourtant, encore ! Le véritable Dracula, celui que Bram Stoker avait réellement l'intention de décrire dans ses romans, au pluriel eh oui, nous ne l'avons jamais connu. Nous n'avons que cette vision du monstre, de la créature infernale, rejeton de l'Enfer sur Terre, tourmenteur éternel de l'humanité, issu d'un unique premier tome. La vérité mes amis est toute autre. Pour des raisons de gestion malhabile des droits d'auteurs, la famille Stoker a très tôt perdu toute chance de poursuivre les travaux du grand écrivain, et ses personnages connurent de nombreuses vies et déformations sur grand écran pendant des décennies, assez souvent désastreuses quand on y repense.
Mais c'est alors qu'à la fin des années 2000, le descendant de Bram Stoker, Dacre, lui aussi écrivain, s'empare courageusement des notes secrètes de son illustre aïeul et s'associe au prestigieux ''vampirologue'' Ian Holt pour permettre à l'histoire légitime de voir le jour, revue et corrigée pour un nouveau public cela va sans dire. C'est donc en Octobre 2009 que paraît enfin, chez l'éditeur Michel Lafon, la suite si longtemps attendue du grand classique : Dracula l'Immortel, d'après les notes, volontés et recherches de Bram Stoker pour offrir une nouvelle vie à son roman.

Un quart de siècle s'est écoulé depuis la victoire inespérée des forces du Bien sur celles du Mal lorsqu'en 1888 six courageux aventuriers ont réussi à détruire le terrible Comte Dracula sur ses terres maudites des Carpathes, en Transylvanie. Vingt-cinq ans, durant lesquels les héros d'antan se sont séparés et ont chacun suivi des destins différents, ayant pour la plupart perdu le contact avec le groupe, en bons comme en mauvais termes. Mais soudain, des meurtres d'une monstrueuse sauvagerie vont raviver les anciennes blessures et les cauchemars d'autrefois. De Londres à Paris, l'horreur se répand comme une traînée de poudre et la terreur saisit même les cœurs les plus vaillants. Aux yeux des vainqueurs de jadis, une seule créature serait capable de telles atrocités... pourtant, le Prince des Ténèbres est mort sous leurs yeux il y a bien des années, personne n'a oublié cette nuit terrifiante au cœur des montagnes les plus reculées de Roumanie. Se pourrait-il qu'il s'agisse d'un autre vampire, à la violence et à l'appétit de mort aussi brutaux que puissants ? Ou bien celui dont nul n'ose encore prononcer le nom serait-il bel et bien de retour dans le monde des vivants, assoiffé de revanche... enfin, combien de temps encore avant que l'un d'entre eux, les cinq survivants, ne soit la cible du monstre ? Entre vengeances, jalousies et rivalités, amours et amitiés brisés et révélations sur le passé de certains personnages emblématiques, cette histoire nous entraîne dans une direction insoupçonnée et s'attaque à d'autres grands mythes Européens du vampirisme, le tout à un rythme passionnant qui ne vous laissera pas le temps de souffler !

Qu'on se le dise, il n'est absolument pas indispensable de lire cette suite pour tout lecteur du premier Dracula, mais ça reste un sacré plus à mon sens ! Déjà parce que le personnage historique de Dracula y est enfin traité en détails, et ensuite parce que l'on y découvre des informations capitales pour comprendre certains passages prêtant trop souvent à mauvaises interprétations du précédent roman (comme la mort de Lucy, par exemple -ne venez pas me dire ''attention spoilers !'' ça fait plus de 120 ans !-) et d'autres qui prennent soudain une toute nouvelle dimension. Aucun détail n'est cette fois laissé au hasard et tout est fait pour coller le plus possible aux volontés originelles de Bram Stoker lorsqu'il débute ses recherches en vue d'écrire ses romans. Vous découvrirez ainsi que le vrai méchant de l'histoire n'est pas forcément celui que l'on croit...
Cette parution des plus risquées est selon moi un tour de force admirable de la part d'une famille qui lutte depuis des générations maintenant pour reprendre ce qui devrait normalement lui revenir de droit des mains des grands studios Hollywoodiens qui se font largement plaisir avec la licence DRACULA depuis la mort de l'auteur. Une belle tentative, certes désespérée étant donné que le nom ainsi que tout ce qui s'y rapporte font désormais partie du domaine public, mais qui mérite d'être saluée et soutenue. En plus l'histoire est vraiment prenante et bien écrite, on abandonne cette fois le style épistolaire mais la narration plus directe permet de gagner en intensité. Vous apprécierez en outre le soucis du détail historique pour coller au mieux à l'époque réelle traitée, en cette veille de Première Guerre Mondiale où les nations du monde sont à cran et où le crime est roi.

Dracula l'Immortel, une histoire à lire absolument pour tous ceux qui veulent enfin rendre justice à un récit trop longtemps mal compris et mal traité. A noter que Michel Lafon nous offre dans cette édition de 2009 de nombreux bonus prestigieux pour agrémenter le manuscrit, qu'il s'agisse de nouvelles anglophones comme francophones considérées comme étroitement liées à la genèse de Dracula ou de bibliographies bien pratiques pour approfondir l'expérience, ainsi que beaucoup de faits historiques sur le vrai ''Dracula'' (famille, dynastie, batailles, situations géo-politiques), pour faire taire une bonne fois tous les mythes erronés. Faites confiance à cette suite qui, sait-on jamais, accouchera peut-être dans le futur d'un troisième opus, car il reste encore des choses à dire !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !