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samedi 23 août 2014

Les Supers Nanas, le film ! (Craig McCracken - Warner Bros. & Cartoon Network - 2002)


Du sucre, des épices, et des tas de bonnes choses... tels étaient au départ les ingrédients choisis pour créer une série-animée parfaite. Mais fort heureusement, sa popularité dépassa très largement les espérances et nous pûmes tous connaître ce dessin-animé merveilleusement drôle, irrévérencieux et aussi mignon que violent que fut Les Supers Nanas ! Mais si, vous vous en souvenez certainement, cette série avec trois adorables petites filles de maternelle dotées de super-pouvoirs à faire pâlir les héros de comics, combattant les forces du mal dans la ville de Townsville de jour comme de nuit mais sans pour autant oublier d'aller à l'école et de se comporter en gentilles petites filles avec leur cher père et créateur, le Professeur Utonium. Belle, Bulle et Rebelle nous ont offert, jusqu'en 2005, de très nombreuses heures de bonheur et de rires devant nos téléviseurs, sur Cartoon Network comme sur France 3, acquérant un statut d'oeuvre culte pour toute une génération en compagnie d'autres séries du même genre telles que Le Laboratoire de Dexter par exemple. Et c'est tout presque tout naturellement qu'en 2002, le monde du cinéma est lui aussi atteint d'adoration pour ces trois petites chipies, avec un film d'animation d'un peu plus d'une heure retraçant les origines et la toute première aventure des Supers Nanas, confrontées à la découverte d'un monde qui les craint et qu'elles ne comprennent pas totalement.

Le récit des origines en lui-même est archi-connu, on l'a tous entendu et récité en boucle via le générique inoubliable de la série. Un épisode nous apprenait même que derrière le fameux accident de laboratoire se trouvait le facétieux singe Mojo Jojo, alors simple animal de compagnie du Professeur, ayant chahuté une fois de trop durant l'expérience fatidique et provoqué le mélange de l'agent chimique X avec la mixture de filles. D'une certaine façon, la Némésis des filles est aussi leur créateur ! Ce fut un choc pour le vilain autant que pour le public, une sacrée révélation ! Eh bien le film va plus loin, non seulement en nous présentant le fameux accident et l'implication directe du futur Mojo Jojo dedans, mais aussi en nous racontant les tous premiers jours d'existence des filles et la découverte de leurs pouvoirs, ainsi que de leurs responsabilités peu à peu. Craintes, redoutées, rejetées par la population apeurée, les filles sont alors approchées par Mojo Jojo, devenu un singe d'une immense intelligence et dévoré par le désir de revanche sur ce monde qui l'a lui aussi rejeté. Utilisant les pouvoirs et la naïveté des filles, Mojo Jojo développe une machine infernale (qui deviendra sa fameuse base d'opérations sur le volcan au centre de la ville, dans la série) qui lui assurera la domination complète de Townsville, et bientôt du monde entier. Rongées par la culpabilité d'avoir participé à une telle horreur, les filles quittent la Terre et abandonnent ses habitants à leur triste sort, jusqu'à ce qu'une étincelle d'espoir vienne ranimer la flamme et fasse d'elles les héroïnes que tout le monde attendait.

Un récit qui, à l'image de la série, mêle habilement thèmes de l'enfance et humour adulte, situations et personnages adorables avec violence gratuite (voir ultra-violence), le tout servi par une animation presque entièrement revisitée pour l'occasion et d'une fluidité assez impressionnante pour l'époque, quand on voit d'où c'est tiré. Les musiques ne sont pas en reste et l'ambiance sera résolument girly et rock, prévoyez la montée d'adrénaline ! Un bon petit film très sympathique qui peu être vu et re-vu et re-re-vu encore et encore sans faiblir, par découverte ou pure nostalgie, seul ou entre amis ou encore en couple.

Mon petit regret personnel ? C'est trop court, on en veut davantage !! Et j'aurais beaucoup apprécié un petit clin d'oeil à Lui, autre terrible élément de la galerie de vilains des filles, le Mal personnifié dans tout ce qu'il y a de plus malsain et dément. Mais bon, récit d'origines, donc la part belle est faite à Mojo Jojo le premier et le plus grand des adversaires des Super Nanas, à jamais.
Si vous désirez le voir ou le revoir, le film existe bien entendu sur support DVD et est encore trouvable sans chercher trop loin, mais vous pouvez aussi essayer de le trouver en ligne au format purement numérique. Dans tous les cas, ne vous privez pas d'une petite piqûre de rappel de votre enfance, je vous assure que revoir les Supers Nanas avec un oeil et un esprit adulte vous ouvre une toute nouvelle dimension qui n'en est pas moins fun, loin de là ! Il y a aussi tout un tas de références, visuelles ou directes, à de grands films de genre que l'on serait bien incapable de reconnaître enfant mais une fois adulte qui sautent au yeux. Parmi elles, citons King Kong, La Planète des Singes, Superman, Frankenstein, Pygmalion, James Bond, etc.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 28 juin 2014

Aphrodite IX (David Wohl & David Finch - Semic - 2002)



Qu'est-ce que c'est que cette histoire, un comic-book d'il y a 12 ans, relique des années '90, présenté ici ?? Eh bien oui, car j'ai réussi à me procurer les trois numéros parus chez Semic en format kiosque à l'époque (en excellent état par ailleurs, donc la solution du net reste valable quand vous cherchez de la rareté de qualité), et après les avoir lu voici venu le temps de vous en faire une petite introduction.
C'est l'histoire d'une androïde ultra-perfectionnée et aux traits on ne peut plus humains, nommée Aphrodite IX par son ou ses créateurs. Utilisée comme assassin à l'efficacité des plus redoutables, Aphrodite a la particularité de ne jamais se souvenir de ses missions une fois qu'elles sont accomplies, comme si elle subissait un lavage de cerveau à chaque fois. Désireuse d'en apprendre plus sur son passé, sur sa véritable nature et les secrets de ses origines et de sa création, la belle se rebelle et, aidée par un technicien plutôt louche mais en qui elle peut avoir une confiance toute relative, elle entreprend de remonter la piste de ses précédentes missions, essayant aussi de mieux connaître ses victimes et d'appréhender le mal qu'elle a pu faire aux ordres de ce régime élitiste et froid. La quête ne sera bien sûr pas de tout repos, et à mesure qu'Aphrodite récupère ses souvenirs le passé, le présent et même le futur proche s'entremêlent pour former une toile tendue à son intention par la plus diabolique mais aussi la plus familière des ennemies qu'elle pouvait affronter. Au final, quelle est la vérité qui se cache derrière la création d'Aphrodite, quelles en sont les véritables raisons ? N'est-elle qu'un outil au service d'un régime corrompu, ou bien peut-elle s'élever et se forger son propre destin ?

Des questions dont nous n'aurons pas les réponses, du moins pas en totalité, dans ces trois uniques numéros de la série parus chez nous. En réalité, on a surtout l'impression que ces trois singles servaient d'introduction à quelque chose de plus grand, de plus fouillé et profond par la suite, comme une série régulière sur le long terme. Il est vraiment dommage que Semic n'ait pu avoir l'occasion d'aller plus loin, mais il me semble également qu'en VO les choses étaient loin d'être simples pour la série et que ses auteurs se sont très rapidement arrêtés. Enfin, ce n'est pas si grave car la fin que nous avons ici peut très bien être considérée comme une fin ouverte, sans réelles frustrations du lecteur, libre d'imaginer les nouvelles aventures de l'androïde aux cheveux vert-pomme.

Niveau narration c'est peut-être un peu fouillis, mais bon rien de plus normal quand il s'agit d'une quête de mémoire et que la notion du temps se retrouve malmenée. Je pense qu'il faut s'accrocher pour passer le premier chapitre, le reste s'enchaîne tout seul assez facilement.
Quant au dessin, c'est du grand David Finch post-années '90, avec une dose assez concentrée de fan-service (normal vu que c'était édité chez Top Cow en VO) mais aussi un soin tout particulier apporté non seulement aux divers personnages pour que chacun ait sa personnalité et son identité propres, mais aussi aux décors d'un futur digne du Cinquième Element, qui foisonnent.
Plus qu'à espérer qu'un de ces jours la série renaîtra et nous offrira une suite satisfaisante, avec l'évolution des styles respectifs de ses auteurs aujourd'hui. Si vous avez l'occasion de lire ces trois numéros, foncez car c'est vraiment un récit de qualité qui mérite d'être connu, ne serait-ce que pour celles et ceux qui s'intéressent à la carrière de David Finch et à la progression de ses dessins.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article, d'ici-là portez-vous bien !