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mercredi 4 décembre 2019

Captain America : Steve Rogers tome 4 - Secret Empire (Panini Comis - Avril 2019)


Les choses suivent leur progression. Captain America s'est révélé être l'Hydre Suprême, le chef de l'Hydra, et vient de prendre le pouvoir sur la nation Américaine au nom de son organisation. Assurant au monde entier vouloir établir une paix absolue et durable, Steve Rogers devient l'homme le plus puissant de la planète et soumet n'importe quel pays à son autorité et aux volontés de l'Hydra. En priorité, le but est de rassembler les différents fragments du Cube Cosmique dispersés entre les différentes poches de résistance à son nouvel empire.

Alors que les Inhumains sont parqués dans des camps d'internement, que les mutants vivent reclus dans une nation illégale et que le Wakanda et Atlantis sont forcés de se rendre et de baisser les armes, une lueur d'espoir finit malgré tout par paraître. Les héros ne sont pas tous morts, n'ont pas tous disparus, ne sont pas tous confinés au-delà de la Terre, n'ont pas tous perdu leur courage. Certains se rassemblent encore, sous la bannière étoilée ou sous tout autre symbole de résistance et d'intelligence, et commencent à porter quelques coups à l'empire de l'Hydra.

Plus que jamais, le monde libre a besoin d'un Captain America, d'un héros qui se dressera toujours contre toute forme d'oppression et de totalitarisme. Si Steve Rogers n'est plus vraiment le candidat idéal pour cet uniforme, ce n'est pas le cas de Sam Wilson, l'ancien Faucon, qui mène désormais sa propre guerre intestine contre l'Empire du Secret. Quoi qu'il arrive, quoi qu'il se passe, quoi que réserve l'avenir... il y aura toujours un Captain America du bon côté de la barrière.

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Normalement ce quatrième tome de la série consacrée à Steve Rogers devrait être le dernier, à moins qu'il ne reste quelques chapitres à faire paraître après Secret Empire. En tout cas, ici nous n'avons certes pas le cœur de l'action de cet event majeur de ces dernières années, mais nous avons beaucoup d'explications et d'histoires liées qui s'entremêlent pour former ce que l'on pourrait appeler la partie la plus compréhensible et facile à suivre du récit.

En tout cas une chose est sûre, c'est que j'ai été profondément convaincu par ce que j'ai pu lire dans cet album. Je préfère même l'éclairage qu'il apporte plutôt que celui censé être plus ''impartial'' de la saga-titre elle-même, parce que les zones d'ombres qui posaient problème pour la bonne compréhension des événements sont ici mises en lumière pour le meilleur confort du lecteur. Ce tome est un excellent complément à Secret Empire, et peut même se lire sans avoir démarré la série au premier d'ailleurs. J'ai particulièrement été frappé par le dessin du chapitre 25 de la série Captain America, d'une telle puissance visuelle et graphique que c'en est presque perturbant.

Personnellement j'ai fait le choix de ne lire qu'une seule des deux séries consacrées aux Captains, celle sur Steve Rogers plutôt que Sam Wilson, je ne sais donc pas si cette dernière apporte elle aussi de nouveaux éclairages et points de vue sur Secret Empire et je ne peux donc pas vous la conseiller en supplément. Ce que je peux dire en revanche, c'est que j'apprécie beaucoup plus l'event dans son ensemble maintenant que j'ai lu ce tome-ci, et j'ose espérer que l'édition Absolute de Secret Empire chez Panini contenait bien toutes ces séries et tous ces chapitres essentiels, vu le prix. Une bonne lecture donc, un excellent soutien à un cross-over qui en avait cruellement besoin et qu'il est facile de recommander !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 9 juillet 2019

Captain America : Steve Rogers tome 3 - Naissance d'un empire (Panini Comics - Janvier 2019)


L'heure est enfin venue. Après tous ces mois, toutes ces années de préparation minutieuse et tous ces plans imbriqués les uns dans les autres, ces différents niveaux de trahisons et d'allégeances... enfin, le moment est arrivé de récolter les fruits. Steve Rogers s'apprête à parachever son grand dessein, ce pour quoi il existe, ce pour quoi il est fait, depuis toujours : devenir l'Hydre Suprême, le commandant en chef de toutes les sections de l'Hydra où qu'elles soient et quoi qu'elles fassent. Ce pouvoir total, allié à celui qu'il détient à présent sur le S.H.I.E.L.D. et les pays occidentaux, lui permettra de renverser la vapeur et de créer un monde où nul n'est plus important qu'autrui, un monde où la Justice est absolue et la même pour tous, un monde débarrassé de l'idéal des super-héros et des êtres surhumains. Un monde où l'Hydra apporte la paix et l'unité, pour tous, pour toujours. Mais avant cela il faut encore régler certaines questions, certains problèmes épineux qui demandent une solution adaptée et immédiate. Ainsi, il est grand temps de se débarrasser une fois pour toutes de Crâne Rouge, désormais affaibli après s'être fait retirer le cerveau mutant de Charles Xavier. Ayant perdu ses pouvoirs et son seul avantage, Crâne Rouge connaîtra une fin douloureuse des mains de celui dont il avait fait son arme vengeresse absolue. Son propre plan se retourne contre lui, avec une conséquence funeste inévitable. Pendant ce temps, le Maître de Corvée et la Fourmi Noire tentent de revendre à une Maria Hill désespérée les images de Captain America prêtant serment à l'Hydra dans le plus grand secret, mais ils sont rattrapés par Madame Hydra en personne qui compte bien utiliser leur curiosité vénale d'une autre façon. De son côté, Helmut Zemo entreprend de rassembler une armée à la gloire de Steve, en commençant par les anciens prisonniers de Pleasant Hill à qui on a lavé le cerveau à grand coup de Cube Cosmique. Madame Hydra fait de même en faisant appel aux plus grands dirigeants d'organisations terroristes et cartels de part le monde afin de fonder le nouveau Haut Conseil de l'Hydra, qui répondra directement aux ordres de Steve Rogers une fois le nouveau régime mondial lancé. Il reste bien sûr quelques petits grains de sable dans les rouages : Maria Hill, Rick Jones, le Dr. Selvig, Bucky, Captain Marvel... mais rien qui ne puisse se régler rapidement et avec la force adéquate. Que tous se préparent à l'avènement d'une nouvelle ère, d'un nouvel ordre mondial : Hail Hydra !

Le duel tant attendu depuis le début de cette série très controversée : Captain America face à Crâne Rouge, deux visions de l'Hydra qui s'affrontent enfin pour le plus grand plaisir du lecteur qui se demande jusqu'où ira cette perfidie. Crâne Rouge se retrouve pris à son propre jeu, piégé par ses propres manipulations, et cela lui sera fatal sans aucun doute possible. On assiste donc ici aux prémices de Secret Empire, et dans l'idéal il vaut mieux avoir lu ce troisième tome de la série Captain America : Steve Rogers avant l'event majeur de l'an-dernier. Mais au pire si vous ne le lisez comme moi que maintenant, pas de panique il peut servir d'introduction à rebours sans problème et vous raccrocherez très facilement les wagons après. Nick Spencer est toujours le maître de cérémonie, accompagné aux dessins cette fois d'une petite équipe d'élite : Javier Pina, Jesus Saiz, Andres Guinaldo, Ro Stein, Kevin Libranda, Yildiray Cinar et Jon Malin. Pas forcément les noms les plus connus de ces dernières années mais de bons dessinateurs qui livrent ici une belle performance à la hauteur du scénario peut-être un rien trop alambiqué parfois. Qu'on aime ou qu'on déteste cette histoire très sombre, ce n'est encore qu'une introduction à la véritable horreur !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 29 janvier 2019

Captain America : Steve Rogers tome 2 - Le procès de Maria Hill (Panini Comics - Juillet 2018)


Captain America est un serviteur zélé de l'Hydra. Pour nous autres lecteurs de cette série ce n'est désormais plus une surprise et nous avons déjà eu plusieurs fois la confirmation que nos pires craintes étaient bien réelles. Dans ce second tome, Steve Rogers poursuit son entreprise de conquête du pouvoir suprême tout en continuant à rendre des comptes officiels à Crâne Rouge, à qui il est sensé avoir prêté allégeance depuis toujours, du moins depuis la réécriture de son existence par le Cube Cosmique. Et pendant que le dictateur écarlate fait des ravages en Europe centrale, où il menace de renverser un tyran et de soulever le peuple afin de créer une véritable révolution sociale à l'image de ce qu'il a commencé à faire aux États-Unis, Captain mène en bateau tout son petit monde et participe notamment au procès de Maria Hill, directrice du S.H.I.E.L.D. que l'on accuse d'avoir abusé de ses prérogatives et surtout d'être responsable du fiasco de l'opération Pleasant Hill quelques semaines auparavant. Si officiellement Steve soutien son ancienne partenaire et amie, en réalité il mine le terrain depuis un bon moment afin d'obtenir son renvoi et, surtout, de faire nommer quelqu'un de confiance à la tête de l'organisation, quelqu'un qui serait disposé à bénéficier de très grandes largesses et de pouvoirs accrus dans un climat de peur. Mais le bon Captain ne s'attendait pas vraiment à être lui-même nommé à la tête de l'organisme de sécurité mondial, ce qui lui confère désormais d'immenses pouvoirs, et en fait probablement l'homme le plus puissant de la planète, au-dessus des lois et des institutions en vigueur. Nul ne sait réellement quel est le plan de Captain America, même si son objectif est connu depuis le début. La façon d'y parvenir reste cependant un mystère complet dont il ne dévoile que le strict nécessaire à qui de droit, faisant même appel au Baron Zémo pour grossir ses rangs. Crâne Rouge semble ne se douter de rien, et bientôt le couperet tombera et il faudra alors choisir entre l'un ou l'autre...
Pour terminer ce tome, nous avons droit à un chapitre spécial lié au dénouement de Civil War II, où un Steve Rogers glaçant révèle à un Tony Stark dans le coma ses véritables intentions et projets, comme s'il attendait que son ancien ami et coéquipier des Avengers ne se relève soudain pour tenter de l'arrêter, mais sans aucun résultat. Captain America est parfaitement libre de ses mouvements et désormais doté d'une puissance inqualifiable, et l'affrontement final gronde de plus en plus sur fond de menace d'invasion extraterrestre et d'instauration d'un bouclier ultime autour de la Terre afin de verrouiller totalement la planète... reste-t-il encore une chance aux vrais héros ? Pour l'instant, ces derniers n'y voient que du feu, car qui oserait douter du seul vrai Captain America ?

Un tome très riche et assez long à lire finalement, parce qu'il contient pas mal d'informations à traiter et beaucoup, beaucoup de dialogues, même si l'une des scènes les plus efficaces de l'album se passe de toute parole. Nick Spencer continue sur sa lancée et même si je reconnais qu'il est on ne peut plus efficace sur ce scénario dément, il y a malgré tout toujours un risque de perdre le lecteur en route tellement l'intrigue comporte de niveaux différents et parallèles. Pas ma série préférée de chez Marvel en ce moment, c'est sûr, mais une bonne série néanmoins et qui a le mérite de proposer quelque chose de totalement nouveau et de terriblement dangereux pour les fondations mêmes de cet univers. Seul vrai hic au final, le nombre de dessinateurs qui a tendance à faire perdre un peu ses repères au lecteur distrait entre tous ces styles différents. Mais bon, ça semble être la grande tendance chez Marvel depuis quelques temps, donc il va falloir s'habituer à changer de style de dessin d'un chapitre à l'autre, parfois même d'une page à l'autre. D'une façon ou d'une autre il faut de toute manière en passer par là pour atteindre l'objectif final : Secret Empire ! Encore un peu de patience, on y fonce tout droit !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 12 mai 2018

Captain America : Steve Rogers tome 1 - Heil Hydra (Panini Comics - Février 2018)


Ce coup-ci je ne vais pas vous faire un résumé complet de ce tome car il y a bien trop d'éléments de suspens importants pour que je me permette de vous spoiler, il faut vraiment le lire pour apprécier pleinement. Ce que je peux vous dire, c'est que Steve Rogers a retrouvé sa jeunesse et ses pouvoirs suite à la bataille de Pleasant Hill, une prison pour super-vilains dont le projet a totalement éclaté à la tête du S.H.I.E.L.D. Le vrai Captain America est donc de retour aux commandes et s'empresse de neutraliser des commandos de l'Hydra à travers le monde, l'organisation criminelle ayant enfin décidé de se moderniser et d'attaquer partout à la fois pour asseoir son règne. A la tête de cette nouvelle Hydra, le Baron Zémo mène une guerre sans merci face à Crâne Rouge qui incarne une vision plus dure et moins mobile. Qui l'emportera dans cette bataille idéologique qui a déjà fait plusieurs victimes ? Et là, contre toute attente, Captain America nous révèle à nous lecteur qu'il fait également partie de l'Hydra ! Scandale donc, est-ce une ruse, une infiltration très secrète et risquée ? Une mission spéciale ? Non, il semble bien cette fois-ci que Crâne Rouge ait obtenu ce qu'il désirait le plus, à savoir un Steve Rogers à sa botte et prêt à exécuter le moindre de ses ordres. La victoire est donc complète, seulement... un petit quelque chose cloche encore. Captain semble avoir une part de libre-arbitre malgré cette allégeance et il décide dans le dos de son maître de tout faire pour le renverser afin d'incarner et de créer une nouvelle Hydra plus à même de réaliser ses objectifs. Pour cela, notre héros va fomenter des complots et des affrontements entre les plus grands héros du monde à l'occasion des événements de Civil War II, dont on découvre qu'il en a provoqué une partie volontairement en secret. Et si nul ne saurait échapper à son destin, Cap nous prouve qu'il est prêt à tout pour prolonger son existence le temps de réaliser son grand plan et de renverser Crâne Rouge.

Les événements de Civil War II prennent une toute autre tournure quand on réalise que Steve Rogers était derrière certains des plus importants et macabres. En sous-marin il a tout fait pour diviser la communauté super-héroïque et éliminer les menaces les plus évidentes afin de pouvoir mener son plan à bien, sans que Crâne Rouge ne se doute de quoi que ce soit, trop occupé à savourer sa victoire idéologique sur ses rivaux. Nul doute que le prochain tome nous plongera encore un peu plus dans cette nouvelle malfaisance que nous devons à Nick Spencer, je ne suis personnellement pas très fan de cette nouvelle écriture mais lors du Free Comic-Book Day j'ai eu l'occasion de jeter un œil sur le tout nouveau Spider-Man écrit par ce même Nick Spencer et il semble faire du très bon travail donc je suis tout disposé à lui accorder le bénéfice du doute. Les dessins ici sont de bonne qualité et s'adaptent très bien aux différentes époques et aux différents conflits traversés par Captain America dans ce premier tome. Vraiment lisez-le si vous en avez l'occasion parce que là je ne peux que vous conseiller de vous forger votre propre opinion tant sur l'histoire que sur le style du scénariste.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

P. S. : Merci à la librairie Original Comics à Paris d'avoir organisé un si chouette FCBD samedi dernier !

lundi 3 avril 2017

La question du lundi n°34 : Peut-on vraiment tuer un héros ?


Vaste question que celle-ci, les vilains du monde entier se la posent sans doute depuis des temps immémoriaux. Peut-on vraiment tuer un héros ? Un super-héros, qui plus est ?

Depuis les temps mythologiques, les héros de tous poils affrontent des dangers titanesques et sauvent la veuve et l'orphelin, rendant la justice et écrasant le Mal où qu'il se trouve. Les héros sont par définition les exemples que chacun s'emploie à suivre dans le cours de sa vie, les modèles auxquels on veut absolument ressembler et s'identifier car ils incarnent les meilleures valeurs humaines. Mais pour autant, chacun doit un jour mourir, et cela vaut même pour les héros. Mettre en scène la mort d'un héros est une tâche ardue, à laquelle s'emploient les metteurs en scène depuis l'Antiquité, notamment avec l'essort du genre de la tragédie grecque dont le principe est, je le rappelle, que le Bien finisse par triompher du Mal au prix de l'ultime sacrifice, n'échappant aucunement à la fatalité de son destin. Kurumada, si tu me lis, c'est pour toi.

À l'heure actuelle, ce sont les super-héros qui dominent le marché et l'imaginaire collectif, ce depuis bien avant les années '30 et la création du meilleur et plus iconique d'entre eux, Superman. De nos jours avec les films au cinéma, le genre est devenu grand public et séduit même les néophytes, les comics ont le vent en poupe depuis plusieurs décennies et générations. Aussi il devient plus compliqué de tuer un personnage iconique, hautement symbolique et adulé de tous. Pour autant les éditeurs ont essayé, dans les années '90 par exemple avec le très célèbre arc de La Mort de Superman, à lire absolument dans son entièreté. Batman, brisé par Bane durant le même temps, n'échappa pas bien longtemps à son triste sort puisqu'à la fin des années 2000 le voilà tué par Darkseid durant Final Crisis. Et même bien plus récemment, Marvel a réussi le pari fou de tuer l'intuable, Wolverine lui-même, dans La mort de Wolverine (à lire prochainement sur Radiophogeek). On comprend qu'après des années et des années de bons et loyaux services, il soit temps de tourner la page et de faire passer l'arme à gauche aux personnages ayant la plus longue carrière. Captain America n'y a pas coupé à la fin de Civil War (le comics, pas le film), lui qui officiait depuis la Seconde Guerre Mondiale. Au bout d'un moment, la continuité devient trop lourde à assumer, il y a trop de récits et d'aventures à prendre en compte pour comprendre l'évolution d'un personnage, aussi vaut-il mieux le faire partir sur une dernière note des plus héroïques et le remplacer durant un temps par un de ses acolytes (Nigthwing, X-23, Winter Soldier... choisissez, il y en a plein). Tuer un personnage familier et aimé des lecteurs, ça fait vendre également. Les récits les plus lus et achetés sont en général les premiers et les derniers d'un héros, quel qu'il soit. Mais la Mort est-elle vraiment le point final ultime des aventures d'un super-héros ? Là où nos héros de l'Antiquité mourraient avec dignité au combat, les super-héros de notre époque moderne eux se fichent de la Mort comme d'une vieille chaussette et en reviennent sans arrêt. Batman est en réalité transporté dans le passé, Superman n'est entré que dans un état ''proche de la mort'', Wolverine va bientôt revenir si l'on en croit les rumeurs et Thor a même vécu des aventures épiques dans l'au-delà en attendant sagement sa résurrection. Tous les super-héros qui ont un jour affronté la Mort, la vraie, en sont revenus pour vivre de nouvelles et passionnantes aventures. Parce que c'est ça que le public aime désormais, des héros qui se montrent plus forts que la Mort, plus forts que la fatalité, et capables de revenir d'entre les défunts pour reprendre leur éternel combat contre le Mal. Dans ces conditions, peut-on réellement tuer définitivement un personnage central tel que Batman, Superman, Wolverine, Thor, Captain America, Green Lantern, Flash, Charles Xavier, etc. ?

En vérité ce sont les éditeurs qui décident, du moins fonction du chiffre réalisé par la série de tel ou tel personnage. Lorsque le moment est venu, on tire le rideau sur l'un et l'on en met un autre en lumière, avant de mieux faire reparaître le précédent. Le système fonctionne et fait vendre, ce qui est le principal argument commercial de tout éditeur. Comment vendre le 958ème épisode des aventures de Untel ? En le tuant et en arrêtant la série... pour quelques temps, années ou mois, avant de le ramener à la vie et de recommencer presque à zéro, ramenant le public d'antan et permettant de faire découvrir le personnage tout neuf à une nouvelle génération.

Peut-on vraiment tuer un héros ? De nos jours bien moins aisément qu'autrefois, car son public le réclamera toujours et sa voix fait loi. La Mort devra se contenter de locataires temporaires de l'au-delà, car envers et contre tout nous aurons toujours besoin de nos héros pour nous éclairer et nous servir d'exemples. C'est ce qui fait qu'un héros, un vrai, reviendra toujours.

La question pourrait se poser pour les personnages secondaires, les acolytes... le cas de Jason Todd, le second Robin, fait école depuis les années '80 et 2000 qui virent sa mort et son retour. On oublie bien plus facilement un héros de second plan, et son décès peut même servir à renforcer le héros principal, qui ressortira plus fort de cette tragique expérience. Bucky Barnes revient ainsi des dizaines d'années après sa mort en tant que Winter Soldier, et Jason Todd en tant que Red Hood, soit pour seconder à nouveau leur mentor soit pour le tourmenter, mais dans tous les cas pour lui fournir une nouvelle épreuve dont il saura triompher.


Un jour qui sait, nous aurons peut-être l'occasion de voir mourir un héros pour de bon, qu'il soit secondaire ou principal, et ce jour sera à marquer d'une pierre blanche car réellement historique. À l'heure où la Fox décide de tuer Wolverine sur grand écran, mais où Marvel annonce son grand retour dans les comics pour bientôt, il serait plus que jamais temps de se décider et de prendre un vrai risque éditorial. Car à trop jouer avec la Mort, on finit par en dénaturer le concept, et la tragédie perd de son intérêt. À méditer.

dimanche 2 octobre 2011