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lundi 2 octobre 2017

La question du lundi n°55 : La Warner va-t-elle abandonner le modèle Marvel Studios pour son DCEU ?


Voilà bien longtemps que nous n’avions pas abordé l’actualité du DC extended Universe de Warner Bros. Cela tombe bien : l’actualité autour des films DC, à l’approche de Justice League, est plutôt florissante.
Nos fidèles lecteurs le savent, nous scrutons les annonces des films DC avec autant d’excitation que d’appréhension. Si nous étions plutôt pessimistes face à la communication autour des nombreux projets d’adaptations passés et présents chez la Warner, notre article en date du 19 Juin dernier s’achevait sur une note d’espoir quant au futur du DCEU en souhaitant un univers plus flexible constitué de films se suffisant en eux-mêmes et pouvant s’interconnecter au besoin.
Les récentes déclarations de la présidente de DC Entertainment, Diane Nelson, et du grand manitou de la branche cinéma, Geoff Johns, abondent dans ce sens : les prochaines productions du studios qui adapteront des comics ne seront pas forcément rattachées ensemble dans un grand tout.
Est-ce à dire que la Warner fait volte-face sur son choix de copier la formule bien huilée de Marvel Studios ? Éléments de réponse.

Après les déboires de Batman V Superman et Suicide Squad en 2016 et le renouveau salvateur suscité par Wonder Woman en Juin dernier, de nombreux changements ont eu lieu en interne chez DC/Warner et ce que l’on pourrait qualifier de vision ou de ligne éditoriale pour leur univers cinématographique s’en est retrouvée chamboulée.
Indéniablement le studio a appris de ses erreurs. L’on se questionnait dans nos précédents articles sur le fait que les dirigeants ne semblaient pas avoir tiré les bonnes leçons, il semblerait que nous avions tort.
Ainsi les dernières déclarations de Diane Nelson et Geoff Johns vont dans le sens de la création d’un label à part où des histoires de DC seraient adaptées sans soucis de cohérence avec le canon des films actuels. C’est une méthode que l’on retrouve déjà dans les versions papiers de nos héros : des récits auto-suffisants sans lien direct de chronologie, des histoires intemporelles que l’on nomme fréquemment elseworld (littéralement : autre monde pour montrer qu’aucune attache ne lie le comics aux autres séries feuilletonnantes). L’on peut citer dans cette catégorie Batman Année Un, Killing Joke, The Dark Night Returns, Batman Arkam Asylum, Superman Red Son, Kingdom Come ou encore le récent label Terre Un revisitant les origines des plus célèbres héros de l’écurie DC.
Le premier film qui devrait ouvrir cette voie serait centré sur le Joker et pourrait explorer un autre style comparé aux autres films de la boîte. D’aucun se plaisent à imaginer un film sombre et violent pour adultes, suite aux cartons chez la Fox de Deadpool et Logan. On aurait enfin droit à des histoires s’adressant aux plus grands et non pas au sempiternel public de masse de ce type de fiction.

Mais les dirigeants de DC/Warner vont plus loin : à l’instar de Wonder Woman, d’autres films sont voués à garder une certaine indépendance, ce sera par exemple le cas pour Aquaman de James Wan. Au vu du personnage qui est habituellement relativement à part du reste de la Justice League dans les comics, cela n’a rien d’étonnant.
Et pour la suite me direz-vous ? Et bien pour le moment c’est encore le grand flou artistique : Flash semble se diriger vers une adaptation de Flashpoint. Dans ce récit du bolide écarlate, l’univers DC se trouve entièrement modifié avec une remise à plat des différents statu quo des personnages, ce qui a donné lieu à l’ère éditoriale des New 52, largement publiée en France avec l’arrivée de Urban Comics.
Si cette rumeur s’avérait exacte, ce film Flashpoint pourrait donc servir de justification pour la création d’un multivers DC ou différents univers pourraient cohabiter en parallèle.
Cela expliquerait les théories à propos du départ de Ben Affleck de son rôle de Batman : un autre acteur, plus jeune, pourrait ainsi être retenu pour des aventures solo (Matt Reeves ayant signifié qu’il souhaitait revenir aux origines de détective du personnage) tandis que Affleck resterait présent pour les gros films comme Justice League.

Il est en tout cas rassurant de voir la Warner déclarer qu’elle souhaite laisser plus de liberté à ses réalisateurs et qu’il leur incombera de relier ou non leur film à ceux de leurs prédécesseurs. On voit donc que l’idée d’un univers partagé n’est pas non plus abandonnée totalement, juste qu’il ne s’agira pas de la norme imposée par le studio. Il est bien sûr trop tôt pour voir qu’elle forme cela prendra, le risque est en effet grand que des doublons existent (exemple : plusieurs réalisateurs souhaitant proposer leur vision de Batman) et il y a donc de grande chance de déstabiliser un public encore habitué à la formule Marvel, qui ne comprendra peut être pas pourquoi Batman a autant de visages différents d’un film à l’autre.

samedi 19 août 2017

Wonder Woman (Warner Bros. Animation - 2009)


Arès, le dieu dément de la Guerre, de la Haine et du Chaos, est en passe de réaliser sa destinée et de devenir l'être le plus puissant qui soit... mais il doit faire face à l'armée des courageuses Amazones qui luttent sans relâche contre les hordes monstrueuses qui déferlent sans cesse. Alors que les combats font rage et que les victimes se comptent par centaines, Hippolyta, reine des Amazones, parvient à vaincre Arès et à tuer le fils qu'il ont eu ensemble, devenu un véritable monstre assoiffé de sang. En punition pour ses crimes, Arès se voit retirer son pouvoir corrupteur et est scellé sur l'île de Themyscira, nouveau domaine des fières Amazones qui maintiennent la paix depuis plusieurs siècles. En proie à la culpabilité pour avoir donné naissance à une telle horreur, Hippolyta implore les dieux de lui donner un autre enfant, qui soit animé par la bonté, la pureté et l'honnêteté. C'est ainsi que de la glaise façonnée de ses mains naît Diana, princesse des Amazones, celle qui deviendra bien vite leur plus grande guerrière, leur plus grande force et aussi leur trésor le plus précieux. Quand, de nos jours, l'avion du pilote de chasse Steve Trevor s'échoue sur l'île perdue, Diana est désignée au terme d'un tournoi implacable pour ramener l'homme dans son monde et également traquer et détruire Arès une bonne fois pour toutes, car le dieu-fou est parvenu à s'échapper de Themiscyra et rassemble déjà ses légions pour provoquer rien moins que la fin du monde et de toute vie. Diana va devoir apprendre à mettre ses peurs et ses préjugés de côté, à faire confiance à l'homme et à vaincre ses propres démons si elle veut mener sa mission à bien. Celle que le monde nomme bientôt Wonder Woman sauvera-t-elle l'humanité, ou bien sera-t-elle corrompue par sa laideur morale ?

Le film date de 2009, mais déjà une chose à dire en premier lieu : je n'ai pas vraiment aimé le design global des personnages. Trop simpliste, trop peu inspiré, c'est vraiment très en dessous de ce que les studios d'animation Warner peuvent livrer comme gage de qualité. Mais passons, et parlons de l'histoire elle-même. Elle souffre du même défaut, elle est un rien simpliste et neuneu, parcourue de raccourcis parfois gênants et maladroits, tandis que la personnalité de certains est tout juste survolée. Certes il faut tenir 74 minutes seulement donc le récit se retrouve très condensé, presque un résumé vidéo d'un vrai film, mais quand même on aurait pu s'attendre à mieux. La sortie en DVD toute récente de 2017 coïncide bien sûr avec la sortie tout bientôt du film Wonder Woman de cette même année, on surfe sur la vague et on propose du contenu adapté et lié à l'événement. Mais peut-être que ce film d'animation aurait mérité un travail plus approfondi, à l'image du film live, beaucoup plus équilibré et mieux servi à tous niveaux. Enfin, ce dessin-animé reste un bon film Warner malgré tout, pas le meilleur certes mais loin d'être le plus mauvais à ce jour, il a au moins le mérite d'avoir travaillé le casting et un scénario signé Gail Simone, une scénariste de comics passionnée par ce qu'elle fait et ça se sent.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 16 août 2017

Batman - Mauvais sang (Warner Bros. Animation - 2016)


La guerre des gangs est déclarée à Gotham, quand la pègre dirigée par Black Mask fait soudain face à une alliance imprévue de plusieurs super-criminels sous l'égide d'un mystérieux individu qui semble vouloir déclencher une véritable offensive sur la ville. Batwoman enquête depuis un certain temps et la voici proche d'atteindre son but et d'identifier le bienfaiteur de la vermine de Gotham, quand Batman s'interpose soudain et l'empêche d'aller plus loin en confrontant lui-même celui que l'on nomme l'Hérétique. Au terme du combat dantesque qui se joue sous ses yeux, Batwoman s'échappe in extremis du bâtiment où Batman et l'Hérétique livrent leur duel juste avant qu'il n'explose, ne laissant apparemment aucun survivants. Alfred déclenche alors le protocole d'urgence de remplacement de Batman et fait appel à Dick Grayson, Nightwing, pour enfiler la cape et reprendre l'identité du Chevalier Noir, une tâche difficile que Dick a tenté de fuir toute sa vie. Le retour de Damian Wayne dans le costume de Robin le place en outre dans une situation délicate car il peine à imposer sa volonté au jeune garçon, obsédé par la vengeance et son orgueil. Ce nouveau tandem de Batman et Robin devra apprendre à dépasser ses différences internes et à faire confiance à la nouvelle venue en ville, Batwoman, qui possède de précieuses informations et un talent certain pour la lutte contre le crime. De plus, il y a ce nouveau justicier, Batwing, dans une armure high-tech signée Lucius Fox, et qui semble lui aussi déterminé à venger son père abattu par l'Hérétique et remonter la piste de ce réseau criminel jusqu'à sa tête, avant de la trancher. Batman est-il toujours en vie, et si oui où se trouve-t-il ? L'Hérétique en tout cas s'est sortie de l'explosion sans dommages et met en place patiemment son plan démentiel, mais il devra affronter l'alliance de toute la famille Batman qui risque fort de lui mettre des bâtons dans les roues ! Et tandis que l'affrontement se profile, quelqu'un d'autre manipule les pièces en place sur l'échiquier dans un but encore inavoué mais qui met en grand danger l'ensemble de la population de Gotham, et peut-être même du monde...

Ce film d'animation réalisé en 2016 par Jay Olivia fait suite à Batman vs. Robin en reprenant les principaux personnages, Damian le premier bien entendu. Dans cette suite sont mixés plusieurs arcs majeurs de ces dernières années sur les aventures du Chevalier Noir en comics, à commencer par la fin du run de Grant Morrison ainsi que la série Batwoman pré-New52 et dans les New52 également. Ce gros mixage passe pourtant sans trop de problème et l'intrigue est assez fluide, même si elle pousse à l'extrême certaines situations qui deviennent pour le coup problématiques dans la continuité DC. Les films d'animation sont à part bien entendu du reste des développements de l'éditeur, mais on aime bien avoir tout de même des ponts clairement établis entre les comics et les dessins-animés. En plus il s'agit encore une fois de ce nouveau design de l'écurie Warner qui ne me plaît pas du tout avec ces personnages un rien difformes dans leurs proportions, même si de nombreux défauts ont été corrigés depuis Flashpoint qui était vraiment horrible visuellement. J'aimerai beaucoup pour ma part que les studios reviennent à ce qu'ils savaient faire il y a de cela quelques années encore avec des films comme Superman/Batman – Apocalypse, Ennemis publics, Superman Unbound, Superman vs. The Elite... c'est à dire réussir à reproduire aussi fidèlement que possible le style visuel de l'arc comics dont on s'inspire. Mais bon, tant pis et faute de merle on mange des grives après tout. Les années 2010 auront donc été grandement marquées par ce style très controversé mais assez dynamique et fluide malgré tout.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne séance, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 26 juin 2017

Emission #9 - Wonder Woman, le film (2017)


Salut à tous, aujourd'hui petite conversation entre amis sur le dernier-né de l'écurie DC/Warner au cinéma, le film Wonder Woman de Patty Jenkins avec Gal Gadot dans le rôle-titre !

lundi 19 juin 2017

La question du lundi n°41 : Quelle est la nouvelle vision de Warner pour le DCEU ?


Profitons de la sortie récente de Wonder Woman pour reparler un peu du futur de DC Comics au cinéma, car depuis notre article du 6 Mars, les choses ont bien bougé en coulisses.

Nous nous étions montrés pessimistes à l’époque au vu des annonces et de la direction chaotique des projets. Alors certes tout est loin d’être rose mais une tendance semble se dessiner : Warner Bros. multiplie le nombre de projets pour se libérer du carcan de son planning annoncé trop tôt.

La genèse et la gestation du DCEU est en effet complexe : lorsque Man of Steel sort en 2013 il n’a clairement pas vocation à faire partie d’un univers partagé mais d’être un film unique, voir une trilogie à l’instar de celle de Christopher Nolan sur Batman.
Néanmoins l’influence de Nolan est telle pour Warner que la patte du réalisateur est imposée à Zack Snyder sur Man of Steel et puis… The Avengers et Iron Man 3 chez Marvel cartonnent en 2012 et 2013 dépassant chacun allégrement le milliard de dollars.
Changement total de programme pour le studio, plutôt qu’une suite à Man of Steel et le lancement d’un nouveau Batman (voir d’autre personnages de l’écurie DC), il est décidé de créer un film réunissant les deux, servant de genèse à l’univers cinématographique de DC ! L’idée, audacieuse sur le papier, s’est avérée bien mal retranscrite car trop précipitée. Et c’est un mal qui pèse encore sur les productions récentes ou à venir de Warner : Suicide Squad fut massacré sur l’autel du cool et du pop sous prétexte que ce qui n’a pas marché pour Batman v Superman est son côté trop sombre et réaliste, trop « Nolanien » (un comble quand on sait que le ton fût décidé par le studio !), Wonder Woman sauve quant à elle les meubles et nous apparaît comme bon au vu des autres films cités, mais au final, et même si celui-ci a d’énormes qualités, il reste somme toute classique en tant qu’origin story et stand-alone.

Et pour le futur me direz vous ? Justice League nous donne encore des sueurs froides. Le projet à récemment été repris par Joss ''The Avengers'' Whedon suite à une tragédie dans la famille de Zack Snyder. Le compositeur Junkie XL déjà sur Batman v Superman s’est vu remplacer par Dany Elfman. En soi ces annonces peuvent s’avérer rassurantes, mais il faut souhaiter qu’encore une fois Warner Bros. n’accouchera pas d’un film difforme et bancal par manque de temps, tout cela dans le but de respecter un calendrier d’annonces surchargé copiant ce qui se fait chez la concurrence de Marvel Studios.

C’est peut être dans cette optique que de nouveaux films furent annoncés, déjà un film The Batman non prévu sur le planning, mais aussi un film se focalisant sur le personnage de Harley Queen nommé Gotham City Sirens et réalisé par David ''Suicid Squad'' Ayer. Notons aussi un spin off sur Deadshot, mais aussi et surtout les films Batgirl et Nightwing !
En dehors du BatVerse l’arlésienne Justice League Dark est toujours en gestation , ainsi que Shazam et son ennemi Black Adam ou encore Booster Gold.
Ce dernier à l’intérêt d’être en dehors du DCEU, du moins pour le moment.

Ainsi, après avoir voulu recopier la formule Marvel, Warner Bros. semble décidé à ne pas tout vouloir rattacher à un univers DC global. Tous comme dans les comics nous pourrions avoir des pans entiers indépendants (Batman, Green Lantern, Justice League Dark), voir des films stand-alone (se suffisant à eux mêmes), ainsi que des grands films événements réunissant nos super-héros favoris. Cela permettrait en soi plus de latitude et de liberté créatrice pour les réalisateurs de l’écurie DC/Warner. Prions que ce soit la direction empruntée pour le futur de DC au cinéma, Warner pourrait renouer alors avec ce qui faisait la force de ses précédentes adaptations cinématographiques : faire confiance à la vision d’un réalisateur et créer une vraie œuvre de cinéma dans la grande tradition des sagas.