Jo est toujours en pleine traque du Comte dans les faubourgs de Londres, et finit par repérer la trace de sa noire magie dans le quartier de Whitechapel, où des meurtres affreux ont été perpétrés. La valise qu'il trimballe partout avec lui l'attire inexorablement vers sa poupée Renfield, qui a pris de l'avance et se trouve déjà dans le repaire de la créature...
Et dans le même temps, à Whitby, Mina fait un rêve des plus troublants où le Comte en personne lui rend visite sur le plan des esprits, et où une communion de bien sinistre aspect se déroule alors entre eux. Mais, à l'inverse de Lucy, Mina est dotée d'un esprit plus cartésien et solide, et elle refuse de se laisser embrigader par les ténèbres et le sort lancé par le Comte lors de sa transformation.
De son côté, Jo vient de faire l'expérience de la destruction de Renfield, et se retrouve devant le corps du Comte qui gît sur un lit au cœur du manoir londonien où il a trouvé refuge, les yeux grands ouverts mais sans le moindre signe de vie. Désireux d'observer plus en détail ce phénomène, Jo déclenche malgré lui un incendie qui consume rapidement tout le bâtiment, et met fin à la rêverie que le Comte imposait à Mina à distance.
Mina a d'ailleurs puisé dans ses propres forces morales et spirituelles pour résister à l'emprise du Comte et lui arracher quelques bribes de son pouvoir, mais elle est à présent la cible des trois fiancées de la créature impie, qui veulent lui faire payer cet affront !
Grâce au dernier souvenir de Luke, Mina parvient à s'en sortir à nouveau mais le mal est fait, elle est maintenant elle aussi une vampire habitée par la soif du sang d'autrui. Qu'elle puisse pour le moment la contrôler n'est qu'un effet temporaire, un résidu de l'être qu'elle était jadis, mais le Mal va grandir en elle et peut-être finir par prendre possession de toute sa personne. Alors que Luke disparaît à jamais, Mina puise dans les dernières forces qu'il lui a légué pour jurer d'abattre le Comte coûte que coûte avant que son énergie ne s'épuise !
Arthur vient alors chercher Mina en urgence dans sa mansarde car tout l'établissement semble être contaminé par le vampirisme, les infectés se dévorant les uns les autres et traquant la moindre forme de vie pour s'en repaître. Avec l'aide de Quincey qui a prévu une échappatoire, les trois adolescents finissent par gagner le dernier portail encore intact de leur académie, que Quincey va d'ailleurs sceller après leur passage. Mais avant de partir, il leur faut prouver chacun aux autres qu'ils ne sont pas contaminés eux-mêmes. Un test que Mina auquel Mina va volontairement échouer, en admettant sa propre nature souillée par le vampirisme du Comte.
Tombant alors dans un profond sommeil, elle ne s'éveillera que deux jours plus tard, dans un hôtel de Londres appartenant à la famille d'Arthur et où toute la bande a réussi à trouver refuge et se prépare déjà pour la contre-attaque sur Whitby ! Mais leurs soupçons quant à Mina lui ont aliéné leur fragile confiance, et quand elle réalise que tous les grands bourgeois qu'elle côtoie sont eux aussi des vampires à leur manière de s'emparer avidement des richesses du monde, elle décide de quitter d'emblée le Camellia Club. C'est exactement à cet instant que les trois fiancées font leur apparition et mettent leurs menaces à exécution...
---
Une fois encore je suis vraiment bluffé par le talent de Shin'ichi Sakamoto, qui en l'espace d'un tome parvient à renverser totalement la situation non pas une mais deux fois pour ses protagonistes, faisant toujours la part belle à Mina et à ses convictions sociales et féministes avant l'heure.
Comparer la bourgeoisie du XIXème siècle à des vampires alléchés par le sang/les richesses d'autrui, la force de travail notamment, c'est très pertinent je trouve et encore totalement d'actualité n'est-il pas ?
On s'amusera à comparer le récit de Jo à ce qui s'est produit dans la réalité, sa couardise étant davantage la source de sa ''réussite'' dans le combat face à Dracula que sa bravoure autoproclamée. Dans ce sixième tome encore, les images en disent bien plus long que les mots, même ceux extraits de l'œuvre originale de Bram Stoker, et chaque double-page est un véritable tableau sous nos yeux, en nuances de gris, de noir et de blanc, où il faut faire bien attention aux moindres détails.
L'horreur défile sous nos yeux et chaque page que l'on tourne nous y enfonce un peu plus, sans qu'il soit possible ni de s'arrêter ni de faire marche arrière. Entraînés tout comme Mina et les garçons dans cette quête apparemment impossible, à la fois de la destruction du Comte mais aussi de l'émancipation du diktat masculin, les lectrices et lecteurs devront faire par eux-mêmes la part des choses dans cette histoire complètement folle, où le fait de voir à plusieurs reprises très nettement Dracula représenté sous les traits de Michael Jackson n'est qu'un filtre parmi d'autres qu'il faut franchir et trier.
Que n'existe-t-il pas déjà un animé de ce manga ?? Peut-être est-ce un genre, un artiste, encore trop peu connus en dehors des frontières nippones, ou bien avec un style trop appuyé, trop marqué, trop unique en somme, pour être correctement adapté et apprécié par la suite par le plus grand nombre. Mais j'en rêve ! Et je n'ai même pas encore lu ses séries précédentes, comme Innocent dont je ne lis que le plus grand bien. J'ai hâte !
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire