Enfin de retour à Gotham City après un périple de plus d'un an à travers le pays, Pamela Isley se tient désormais aux côtés de son grand amour Harley Quinn, accompagnée par sa propre coéquipière Janet bien malgré elle.
Mais revenir à Gotham signifie aussi renouer avec le passif que Pamela cherchait justement à éviter ces derniers temps, et faire également une croix sur son projet de pacification mondiale, juste au moment où celui-ci commence à donner des résultats dans son dos... mais surtout, c'est faire face aux investigation et au harcèlement constant de Batman et de ses alliés ! Chaque ruelle sombre devient dès lors un gouffre d'où la Chauve-souris peut surgir à tout moment et réclamer des comptes sur les intentions d'Ivy, qui n'a plus qu'une idée en tête, trouver un coin tranquille et loin de la mégalopole pour y poursuivre ses petites expériences.
Elle sera aidée en cela par Killer Croc, dont elle envahit sans le savoir le petit domaine privé au cœur des marais. En échange de sa protection et de l'usage de son abri, Croc demande un service à Ivy : qu'elle l'aide à se débarrasser d'un chantier de construction d'immeuble de luxe, future résidence pour ultra-riches, poussant en plein sur ce qu'il considère être son territoire en ville. A contrecœur, Pamela accepte et se rend aussitôt sur place pour enquêter à sa manière, se faisant passer pour une experte venue inspecter le chantier.
Mais sitôt à l'intérieur du géant de verre et d'acier, les perceptions de Pamela commencent à sérieusement dériver et le délire s'installe dans son esprit. Elle subit des visions et des vagues de déstabilisation, dont elle est certaine qu'elles proviennent toutes de la même source végétale qu'elle-même, connectée d'une façon ou d'une autre à la Sève. C'est en cherchant désespérément la sortie dans ce labyrinthe en pleine mutation qu'elle fait la rencontre du promoteur, Peter Undine, qui semble avoir lui aussi muté d'une bien horrible manière...
Durant leur brève rencontre, Undine explique ses origines à Ivy : il venait de créer une nouvelle matière, baptisée Acier Végétal, capable de se réaligner et de se modifier à loisir pour concevoir des constructions de plus en plus complexes à un coût dérisoire. Mais cette matière était bien moins généreuse avec l'environnement, au grand dam de son créateur, contraint de faire disparaître dans les fondations de ses chantiers des litres de produits toxiques générés par ses expériences. Ayant lui-même fait les frais des capacités adaptatives de son matériau et ayant muté vers une forme de vie quasi-végétale, Undine est désormais capable de générer des illusions terrifiantes et de consumer toute forme de vie à sa portée. Il y voit sa rédemption et son nouveau grand projet à concrétiser, pour compenser le mal que sa création a pu faire à la nature.
Après une rapide échauffourée, Undine laisse Ivy se dépêtrer avec ses perceptions altérées et elle ne devra finalement son salut qu'à l'intervention de Croc, venu la récupérer en urgence après avoir constaté son absence dans leur abri commun des marais. Plus résistant qu'Ivy aux illusions du bâtiment, Croc va permettre à la belle de reprendre assurance et contenance avant d'affronter à nouveau Undine sous sa forme mutée par le champignon lamia, et de finir par l'absorber totalement à défaut de pouvoir le détruire.
Leur fuite couverte par l'effondrement de la super structure privée de son alimentation principale, Ivy et Croc regagnent les marais pour découvrir une autre mauvaise surprise sur place : des zombies végétaux mutés qui suivaient leur créatrice involontaire, Ivy, à travers tout le pays ! Apparemment déterminés à l'attaquer et à lui faire du mal, ces créatures infortunées se révèlent incapables de faire effet sur Croc, dont la propre mutation semble l'avoir immunisé au champignon mutagène utilisé par Ivy, qui s'intéresse dès lors de très près à son bras armé pour créer une sorte d'antidote en urgence.
Mais face à l'affluence des zombies, et à la possibilité de plus en plus probable que bien d'autres encore aient été contaminés sur son passage sans qu'elle ne s'en rendre compte, Pamela commence à comprendre qu'elle ne se sortira pas de cet enfer sans l'aide massive de Batman. Résolue à dicter ses propres conditions à son ancien ennemi, Poison Ivy lui fournit un échantillon de l'antidote en l'enjoignant de le reproduire à grande échelle le plus vite possible avant une invasion de Gotham par les zombies végétaux.
Et en parlant de zombies, voici que surgit Solomon Grundy du fin fond des marais, lui aussi troublé par les créatures d'Ivy et désireux de protéger sa douce retraite. Parvenant à s'en faire un allié à l'instar de Croc, Ivy dispose désormais de deux grands costauds capables de la protéger pendant qu'elle s'acharne sur ses fioles d'antidote, tout en comptant sans le reconnaître vraiment sur Batman pour venir les sauver au dernier moment.
Mais alors qu'elle est sur le point de faire une avancée majeure dans la compréhension de ses créatures, Pamela est soudainement reprise par les affreuses crampes abdominales qui l'assaillent depuis quelques temps déjà, et qui s'avèrent en réalité être des contractions ! Enceinte sans même le savoir, Ivy est sur le point de donner naissance à quelque chose de totalement nouveau... et d'extrêmement dangereux !
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Étant donné mon grand retard de lecture et la parution de tous les autres tomes en version française depuis un moment déjà, je ne vais pas vous faire languir davantage et nous allons parler du final de ce troisième album sans plus tarder.
Vous l'aurez peut-être déjà deviné en voyant la couverture, mais le ''bébé'' enfanté par Poison Ivy n'est autre que son plus grand ennemi personnel, l'Homme-Floronique, qu'elle avait pourtant absorbé corps et âme dans le tome précédent après une bataille mémorable. Eh bien, il s'avère qu'à l'instar de Peter Undine, Ivy ne peut pas vraiment détruire ce qu'elle et son lamia peuvent absorber, mais au contraire qu'ils les intègrent dans leur propre structure cellulaire et onirique pour s'adapter et continuer à survivre sous une forme toujours plus altérée.
Jason Woodrue est donc de retour après avoir trouvé le moyen de tromper les sens d'Ivy, se servant de son corps pour générer le sien en retour, désormais doté lui aussi des pouvoirs du champignon lamia j'imagine ! Le suspens est insoutenable, et j'ai du mal à visualiser l'intensité du danger que représentent les zombies végétaux d'un côté et l'Homme-Floronique de l'autre, tout en me doutant que l'on va peut-être apprendre dans le prochain tome que Woodrue peut contrôler les créatures !
Sans parler de la pression mise à Ivy par Batman constamment à chacune de leurs rencontres, ni du fait que Harley semble avoir trompé Ivy avec Janet le temps d'un rapide baiser... bref, il s'en passe des choses, et heureusement que l'autrice G. Willow Wilson parvient à nous faire rire ici et là par de petites touches décalées, autrement nous aussi aurions une sacré pression sur les épaules à la lecture de ces quelques chapitres !
Niveau conception du bouquin c'est toujours un grand plaisir que de suivre les aventures solo de Poison Ivy sous ce format deluxe repensé pour respecter au mieux les exigences environnementales, avec du papier recyclé et un traitement sans doute favorable à la préservation de la nature, du moins je l'espère. Je déplore cependant que les images elles-mêmes soient parfois recyclées, dans le sens où les mêmes visuels sont par endroits repris de case en case en changeant juste les dialogues dans les phylactères, technique un peu paresseuse s'il en est mais qui reste fort heureusement minoritaire dans cet album.
On aura également le droit au passage de pas mal d'artistes invités dès l'ouverture du tome pour illustrer les retrouvailles d'Ivy et de Harley, ainsi que la prise de nouveaux repères dans Gotham et l'atmosphère sombre provoquée par la présence insidieuse du Batman. Ces changements de visuels ne sont pas désagréables, contrairement à ce que l'on aurait pu redouter, et sont même plutôt bien enchaînés les uns les autres, sans rupture majeure des designs malgré les styles parfois très différents des artistes.
Bref, que du bon encore une fois, j'ai dévoré ce tome en quelques heures à peine et j'en redemande instamment, tout en m'interrogeant sur ce qui m'a poussé à attendre si longtemps depuis sa parution et son acquisition pour le lire seulement maintenant ! Poison Ivy s'avère vraiment être une série de qualité chez DC depuis son premier chapitre et le public ne s'y est pas trompé puisqu'elle est toujours en cours actuellement, le septième tome d'ores et déjà annoncé en V.O. pour dans quelques mois, la V.F. suivant en plus assez rapidement derrière ce qui est une sacrée chance pour nous !
Je ne saurai trop vous conseiller de lire cette série, en V.O. ou en V.F. comme vous préférez, pourvu que vous lui fassiez une bonne place au sein de votre collection. Personnellement je préfère la conception des albums de la V.O. avec cette jaquette glacée du plus bel effet, mais chacun ses goûts ! Rendez-vous prochainement je l'espère pour la suite de cette histoire très mouvementée, féministe autant qu'engagée pour l'environnement, sans jamais trahir ou dénaturer son personnage principal. Une vraie réussite à l'heure actuelle, qu'il convient donc de saluer et de soutenir !

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