Les routes se croisent et les destins s'entrechoquent... Hiémain a profité de l'escale de la Vivacia dans la ville de Jamaillia, résidence du Gouverneur tout puissant, pour prendre la fuite et tenter de regagner sa liberté loin de son père tyrannique et de la vie de marin. Mais également loin de Vivacia elle-même, et tous les deux vivent assez mal cette séparation. En voulant accomplir son devoir de prêtre auprès d'une mourante, Hiémain se retrouvera soudainement esclave tatoué et vendu aux enchères, racheté in-extremis par son propre père à sa plus grande honte. Désormais marqué pour toujours du sceau de la Vivacia, l'adolescent de quatorze ans est maintenant considéré comme propriété du navire et devra exécuter le moindre de ses ordres pour survivre à la traversée qui attend l'équipage. Tout juste reconvertie en transport d'esclaves, Vivacia vient d'embarquer sa première cargaison et cette expérience la bouleverse énormément, ainsi que la cruauté de son capitaine Kyle Havre d'elle déteste au moins autant que Hiémain. D'aucuns diraient que le navire, éveillée depuis fort peu de temps au final, sombre déjà dans les affres de la folie...
Pendant ce temps, à Chandelle, Althéa se voit refuser son titre de marin en raison de son véritable sexe, alors qu'elle s'était faite passer pour un mousse du nom d'Athel pour gagner sa pitance et prouver sa valeur. En révélant sa véritable identité, non seulement elle risque d'attirer le déshonneur sur sa famille, les marchands Vestrit, mais en plus elle provoque l'ire de son capitaine qui la flanque aussitôt à la porte, avec quelques sous en poche à peine. Dégoûtée mais encore loin d'avoir montré tout ce dont elle est capable, Althéa tente sa chance à nouveau sur un autre navire, une vivenef comme Vivacia, l'Ophélie, dont elle est sûre qu'elle gardera son secret à bord et la ramènera à Terrilville, auprès des siens. Malheureusement, Ophélie est aussi joueuse que capricieuse, et le secret est rapidement éventé auprès du commandement du navire. Mais, coup de chance pour Althéa, le capitaine l'a à la bonne en raison de la réputation de sa famille et de son père, et il lui accorde la traversée sur son bâtiment en échange des tâches éreintantes mais méritoires qu'elle saura exécuter à bord. Sentant enfin le sort tourner en sa faveur, Althéa s'empresse d'accepter et entame alors son voyage de retour vers la maison familiale.
Brashen, en revanche, se voit tout ôter sous ses yeux. Sa place de lieutenant à bord du Moissonneur tout d'abord, pour avoir couvert le secret d'Althéa, puis toute chance de devenir un jour l'élu du cœur de la jeune femme quand elle achève de l'éconduire avant son départ pour ses propres aventures. Irrité et poussé dans ses retranchements par la mauvaise fortune et les mauvaises habitudes, Brashen décroche pourtant une place de second à bord d'un nouveau navire en partance, où il devra évidemment faire ses preuves mais où il est certain de renouer avec le succès. Cependant, certains marins à bord semblent le reconnaître, comme s'ils l'avaient connu des années auparavant, dans une autre vie...
Enfin, le capitaine Kennit, désormais à la tête d'une véritable flottille de vaisseaux pirates arrachés aux esclavagistes le long des Rivages Maudits, voit lui aussi sa chance légendaire tourner subitement quand lors d'un abordage des plus risqués il perd l'une de ses jambes dans les mâchoires d'un serpent vindicatif. La bête est finalement repoussée et le navire enfin saisi, mais il est pratiquement trop tard pour Kennit dont la paranoïa augmente sans cesse à mesure que la douleur et la gangrène s'installent dans son corps meurtri. Tous ses plus proches collaborateurs lui apparaissent désormais comme des comploteurs, y compris sa maîtresse, Etta, dont les soins lui sauvent pourtant la vie tant bien que mal. Résigné à aller jusqu'au bout de son projet avant de mourir, Kennit exige que la prochaine capture soit celle d'une vivenef, en exploitant toutes les informations obtenues sur celles qui naviguent actuellement dans les parages. Et c'est sur la Vivacia que son choix se porte...
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Je ne saurai trop vous vendre ce troisième tome des Aventuriers de la Mer car à mon sens il se vend juste tout seul tellement il est bon. Preuve en est, je l'ai dévoré en une journée seulement !
Sans vouloir spoiler plus avant l'intrigue et son déroulement, je tiens tout de même à faire le point sur les thématiques les plus importantes présentes dans ce troisième tome. A mon sens, on a ici affaire à un savant mélange d'attachement et de dépendance, ce auprès de tous les groupes de personnages mis en scène.
Par exemple, Hiémain et Vivacia, viscéralement attachés l'un à l'autre, sentimentalement aussi, mais souffrants de cette dépendance devenue malsaine pour eux par la faute de Kyle. Kyle qui quant à lui dépend entièrement de sa réputation et de son entêtement, tout comme Kennit d'ailleurs de son côté, pour faire avancer ses projets et qui se voient tous deux sans cesse contrés par le mauvais sort qui s'acharne, au point de leur provoquer des crises de fureur terrifiantes.
Etta, la prostituée maîtresse de Kennit, n'en mène pas bien large non plus à son niveau. Totalement dépendante de son amour pour le pirate, elle ne saisit pas qu'il la manipule en réalité depuis le début de cette relation abusive, et est prête à tout sacrifier, y compris son honneur, pour lui seul.
Brashen et Althéa vivent une romance contrariée dès le départ et chacun suivra sa route dans son coin, même si l'on se doute bien que par la suite ils seront amenés à se retrouver. Du moins je l'espère ! Eux ont réussi, plus ou moins, à s'affranchir de leur dépendance mutuelle au secret qu'ils gardaient par amitié l'un envers l'autre, mais peut-être que cette dépendance se voit maintenant remplacée par de l'animosité...
Et que dire des serpents, ces gigantesques prédateurs des fonds marins qui suivent avec appétit les navires esclavagistes pour dévorer les mourants et souffreteux que l'on jette par-dessus bord ? Le nœud mené par Maulkin dépend quasi-intégralement de sa mémoire et de ce qu'il reste de son esprit, de ce qu'il comprend de sa destinée et de celle de toute son espèce, qui sombre peu à peu dans la sauvagerie animale alors qu'ils sont en réalité destinés à une plus haute existence... qui pour l'instant demeure un mystère à ce stade de l'intrigue mais commence doucement à dévoiler une petite part de ce que l'on soupçonne à propos des vivenefs et du fleuve du Désert des Pluies.
Je vous garde en revanche le suspens quant à l'évolution des relations entre grand-mère, mère et fille de la maison Vestrit à Terrilville, alors que Malta la cadette de Hiémain mène tout le monde par le bout du nez et n'en fait qu'à sa tête, au risque de provoquer la ruine de toute la Maison Vestrit avant même que leurs créanciers ne soient à leur porte ! Découvrez le caractère si peste et si stupide et borné de cette petite, née davantage Havre de Vestrit, et savourez le tour que prendra son destin malgré elle, comme une juste rétribution de ses bien mauvaises pensées et actions.
Bref, un troisième tome parfait à mon goût, dévoré tout aussi rapidement que désiré, et il me tarde déjà de pouvoir faire de même avec le tome suivant dès que possible ! Robin Hobb m'avait déjà séduit avec le premier cycle de L'Assassin Royal... voilà qu'elle m'emporte plus avant dans son univers avec Les Aventuriers de la Mer sans réserve aucune.
Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

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