Les citoyens de Gotham City se réveillent sans le savoir dans une nouvelle ère pour leur ville tentaculaire. Jim Gordon est à la retraite forcée, la mairie est aux mains des corrompus et des arrivistes, les ravages causés par Bane puis par Azrael sont encore récents dans les mémoires, et le Batman lui-même semble être devenu plus bestial, plus violent qu'autrefois. Le pire n'était pourtant pas encore advenu...
Lorsqu'un richissime membre de la haute société de Gotham revient en ville après un voyage en Afrique, il rapporte avec lui sans le savoir un invité hautement indésirable : un virus, extrêmement agressif, destructeur de corps sanguinaire, variant muté de la souche Ebola déjà si tristement connue. Claquemuré dans les réputées imprenables tours Babylone, réservée à l'élite et au beau monde, notre riche voyageur commence à sentir quelques symptômes de ce qu'il pense n'être qu'un mauvais rhume... mais bien sûr, il se trompe. Et déjà, il a sans le savoir contaminé plusieurs personnes qui à leur tour s'en retournent dans leurs foyers à travers Gotham...
Quand un Azrael repentant transmet en urgence à Batman des fichiers secrets de l'Ordre de Saint-Dumas, prouvant l'existence de ce virus, il est en réalité déjà trop tard. A l'intérieur du complexe Babylone, les riches et puissants sont reclus et refusent de sortir, se pensant protégés du monde extérieur alors que la menace vient de leurs murs. Et quand ils s'en rendent finalement compte lorsque tombe le premier cas officiel, ils ne trouvent rien de mieux que d'offrir une forte somme à quiconque pourra leur fournir un remède le plus vite possible.
Ayant mené son enquête auprès d'une source dans le domaine de la recherche militaire, Batman est désormais pleinement au fait de ce que peut provoquer ledit virus, et il est absolument hors de question pour le Chevalier Noir de laisser sa ville se faire ainsi décimer. Pas sans agir, pas sans remuer ciel et terre pour obtenir le précieux remède. Or, il se trouve qu'après une précédente épidémie dans un village Inuit du Groenland, une personne a survécu et est donc supposée avoir développé des anticorps spécifiques qui permettraient, si on les exploite correctement, de générer un antivirus et un vaccin dans la foulée.
Plus de temps à perdre, car déjà de multiples cas sont signalés aux quatre coins de la ville, et le Gouverneur décrète le confinement total de Gotham. Plus rien n'entre, plus rien ne sort. La Bat-famille dans son ensemble est sur le front, Robin se chargeant d'aller retrouver le survivant au Canada, où il fera la rencontre de Catwoman qui lui apprend que le Pingouin a accepté l'offre des milliardaires contaminés et offre lui-même cinq millions de dollars à tout mercenaire ou trafiquant qui rapporterait de quoi composer un remède efficace.
Devant tant de débordements de toutes parts, la police est plus que dépassée et la situation s'envenime encore davantage avec les malfrats qui en profitent pour déclencher des émeutes ou en appeler à la destruction pure et simple des tours Babylone par le feu ! Tandis que, épaulé par Nitghwing et Oracle, Batman se démène comme un diable pour gérer la situation, de leur côté Robin et Catwoman assistent impuissants à la mort accidentelle de leur protégé, qui leur révèle cependant que deux autres personnes ont comme lui survécu à la première épidémie. Il subsiste donc toujours un espoir, de plus en plus mince toutefois à mesure que le temps passe et que les morts commencent à se compter par milliers à Gotham.
En désespoir de cause, Batman décide de tout parier sur un plan risqué : utiliser Poison Ivy, alors enfermée à Arkham, bien connue pour être immunisée à toute forme de poison et de maladie, pour l'envoyer en secret dans le complexe Babylone et lui faire soigner les premiers infectés. Si l'Empoisonneuse accepte dans un premier temps de suivre ce plan, une fois sur place et libérée de la surveillance constante de Batman elle comprend rapidement qu'elle pourrait tirer un profit non négligeable de la situation, en rackettant purement et simplement les fortunes de Gotham contre un échantillon de son remède hypothétique. Remède qui, évidemment, ne fonctionne pas le moins du monde. Mise au pied du mur, Ivy utilise alors ses charmes pour tourner les esprits de ses cibles et leur arracher leurs dernières possessions, en échange d'un baiser et de la promesse de tout faire pour la défendre si la police ou Batman pénétraient dans Babylone pour l'arrêter.
Forte de tant de richesses mal acquises et désormais à la tête d'une petite armée de fidèles écervelés, Poison Ivy tente de prendre la fuite quand Batman la prend en chasse comme de juste, et avec l'aide de Gordon elle est finalement mise hors d'état de nuire. Mais là encore, le mal est fait, plus personne n'a confiance en les annonces des autorités ni en les forces de police encore loyales à l'ancien commissaire pour tenter de maintenir l'ordre coûte que coûte, et les incendies, pillages et agressions se multiplient partout en ville.
Et soudain, alors que rien ne semblait pouvoir empirer davantage, c'est l'un des membres de la Bat-famille qui est à son tour contaminé par le virus ! Alfred, au chevet de la victime, tente tout son possible pour stabiliser son état mais rien n'y fait, et d'heures en heures les espoirs diminuent grandement pour la survie de ce héros qui a simplement voulu faire son devoir une fois de plus malgré les risques. La course contre la montre est donc lancée, il faut à tout prix retrouver et ramener à Gotham l'un des deux derniers survivants tant convoités, et synthétiser puis tester l'antidote dans les plus brefs délais. La catastrophe est plus proche que jamais, et Batman aura besoin de toutes les bonnes volontés disponibles pour affronter le chaos qui menace d'anéantir tout Gotham...
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C'est un récit qui prend place quelques mois après la vraie fin de l'arc Knightfall qui avait vu Batman vaincre au bout du compte l'usurpateur Jean-Paul Valley et reprendre sa juste place en tant que protecteur de Gotham City, mais sous un aspect plus sombre qu'auparavant, plus violent et déterminé à sacrifier tout ce qu'il faudra pour palier n'importe quelle situation d'urgence. Ce nouveau mantra sera donc mis ici à rude épreuve avec l'arrivée en ville d'un ennemi impitoyable et que personne ne peut voir ou combattre à mains nues : un virus, développé par l'Homme et échappant soudain à tout contrôle.
Nous qui avons connu les années COVID et les différents confinements mondiaux, nous savons maintenant mieux nous représenter ces circonstances où la panique peut gagner rapidement la population et où les autorités paraissent soudain bien impuissantes à gérer la situation. Il est donc assez remarquable de constater qu'ici, dans un récit du milieu des années '90, ces sujets paraissent très actuels et très documentés, tout en restant dans les limites de ce que peut permettre un univers de fiction bien entendu.
L'album est assez épais mais se lit facilement au final, les dessins sont de bonne qualité même s'ils n'excellent clairement pas face à la toute jeune concurrence de chez Image, mais le scénario, lui, est vraiment poussé jusqu'à l'extrême et nous présente une Gotham à genoux, prête à être achevée par ses propres citoyens malades ou affolés. Batman est à bout de forces mais il continue de lutter, encore plus quand c'est l'un des siens qui est directement touché. Le Chevalier Noir dépasse ses limites comme rarement, sinon jamais, et nous offre de beaux moments de bravoure ou de désespoir, des paris risqués sur un avenir incertain ou au contraire des méthodes chirurgicales pour tenter d'enrayer un mal qui ne fait aucune distinction entre les riches et les pauvres, entre les bons et les mauvais, entre les héros et les vilains.
Je ne vous dévoilerai ni l'identité du héros masqués qui sera le premier à tomber sous les coups aveugles de cette menace, ni le sort des survivants tant recherchés pour développer l'antidote. Sachez seulement que comme dans toute bonne histoire les choses s'arrangent à la fin, le monde repart de plus belle et la Vie l'emporte une fois de plus. Mais après une telle épreuve, si proche de la précédente en plus, on est en droit de se poser une question plus que toute autre : combien de fois Gotham et Batman pourront-ils encore se relever ?
Les connaisseurs savent que quelques années plus tard à peine, c'est un terrible cataclysme sismique qui manquera bien d'achever les héros et la ville déjà mal en point. Et si No Man's Land semble bien être resté dans toutes les mémoires comme un récit d'exception courant sur plusieurs années et plusieurs séries mensuelles, il me paraissait juste de remettre l'église au milieu du village et de rendre à Contagion ce qui lui appartient, une place de choix parmi les plus grandes épreuves traversées par notre Chauve-souris et ses protégés. C'est même le début de l'arc de rédemption de Catwoman, si ça peut vous intéresser en cette période de revival de la saga Silence par exemple.
Passage obligé et pourtant méconnu du grand public, Batman – Contagion est l'une de mes meilleures lectures de l'année en ce qui concerne les comics rétro, que je vous partage ici dans la playlist des aventures de Batman durant l'ère Classique de DC, c'est à dire celle avec laquelle ceux de ma génération et encore avant ont pu grandir. D'autres viendront, je suis loin de m'arrêter là rassurez-vous, et j'ai déjà hâte d'aborder en votre compagnie les prochaines grandes sagas et épreuves imposées au Chevalier Noir ! Restez à l'écoute !

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