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lundi 12 juin 2017

La question du lundi n°40 : Sommes-nous devenus impatients avec nos divertissements ?

Ce dicton est bien connu et est toujours d'actualité : le temps c'est de l'argent.
Mais on dit également que la patience est une vertu.
Dans un monde en perpétuelle évolution et où l'information circule de plus en plus vite, la question du lundi portera sur : ne sommes nous pas devenus impatients vis à vis de nos objets de divertissements (lecture, série, jeux,etc...)?

Je me souviens quand j'étais plus jeune lorsque certaines séries télé me plaisaient et qu'Internet n'était pas aussi répandu qu'à l'heure actuelle, il fallait prendre son mal en patience pour attendre la saison suivante et guetter dans les pages du programme télé, des indices sur une date future de programmation et qu'il fallait se tourner vers des magazines spécialisés afin d'avoir plus d'informations sur l'univers de la série.

Maintenant ? Une simple recherche sur Google me permet de trouver l'ensemble des informations que je désire et de savoir les dernières actualités concernant la série télé m'intéressant. Il est même possible de pouvoir regarder un épisode sorti aux États-Unis en vostfr quelques jours à peine après sa diffusion.

Le laps de temps qui se comptait en semaines, mois voir même années dans les cas extrêmes entre la diffusion dans le pays d'origine et sa diffusion en France pour une série télé se retrouve énormément raccourci grâce à Internet. Le même constat peut également être fait pour les jeux-vidéo ou les livres : le nombre de sites en ligne à disposition permettant une facilité d'importation qui n'existait pas il n'y a pas encore si longtemps. La possibilité de télécharger en dématérialisé permet de réduire presque à zéro le temps d'attente.

Ce gain de temps non négligeable peut ainsi permettre à une communauté de fans de différents horizons d'échanger en étant sur un pied d'égalité.

Toutefois, cette facilité de téléchargement et d'informations peut avoir des effets pernicieux.
Plus la série est populaire et plus il est difficile d'échapper aux spoilers et donc de risquer de se faire gâcher la surprise lors du visionnage/lecture.
Par ailleurs, le fait de regarder une série en vo et non en version traduite peut conduire de manière indirecte à l'arrêt de la série dans le pays dans lequel elle est traduite.
La personne ayant déjà vu celle-ci, elle ne sera pas intéressée de la voir une fois diffusée sur nos écrans, pouvant ainsi conduire à des baisses d'audience et à sa déprogrammation ou encore dans le cas de comics/manga à l'arrêt pur et simple de la série.

L'achat de la série en vo permet de bénéficier d'un temps d'attente moindre et de s'assurer de voir l’œuvre jusqu'au bout et de manière indirecte de faire baisser le nombre de clients potentiels dans les pays qui sont traduits et un risque plus grand de ne pas arriver au bout du chemin.
Cependant, les éditions traduites peuvent parfois se voir enrichies de contenus annexes que l'on ne trouve pas dans l'édition originale.

Internet a ainsi eu et continue d'avoir un impact indéniable sur la diffusion et l'accès aux informations et par ce biais a impacté notre manière de consommer.
Certaines choses que nous n'aurions pas visionné ou acheté en temps normal le sont désormais.
Dans un contexte où les séries et les moyens de se divertir foisonnent, il est nécessaire de faire des choix et patienter peut alors s'apparenter à une contrainte.

Au final, le fait de patienter ou pas dépend plutôt de l'envie que l'on ressent.
Les 2 ont leurs avantages et inconvénients et comme d'accoutumée, la décision finale nous revient.
Il est à noter que la possibilité de satisfaire nos désirs étant facilités, il est possible pour conclure de se poser une autre question :
En assouvissant plus facilement nos désirs, cela diminue-t-il le plaisir ressenti ? Une attente plus longue peut-elle permettre de ressentir une émotion plus forte grâce à ladite attente ?

C'est sur ces réflexions que je vous souhaite une bonne continuation et à bientôt.

lundi 20 février 2017

La question du lundi n°31 : Pourquoi lire du kiosque comics ?


Je me suis récemment demandé, moi grand lecteur de revues comics en kiosque, s'il y avait un réel intérêt à les lire puisqu'au final les différentes aventures présentées sont disponibles relativement peu de temps après en albums reliés. D'où la question, en effet, de la pertinence de continuer à lire du kiosque quand on voit par exemple que des events majeurs comme Infinity ou encore plus récemment Original Sin et Axis s'apprécient bien mieux en albums, le rythme est meilleur, l'histoire plus équilibrée que présentée chaque mois découpée par chapitres. Mais encore une fois quand j'y réfléchis, c'est une question qui en cache en réalité plusieurs autres, l'arbre et la forêt.

Pourquoi lire du kiosque ? Déjà parce que nous, Européens (et ici Français), sommes très avantagés par rapport à nos amis Américains. Alors qu'eux doivent acheter chaque mois chaque chapitre de chaque série qu'ils suivent, nous pouvons de notre côté bénéficier d'une revue thématique qui rassemble les différents chapitres du mois concernant l'univers de tel ou tel personnage. Quand on sait que la plupart des single issues (chapitres séparés en V.O.) vaut entre 3 à 5 dollars, ça fait réfléchir quant à ses dépenses et son budget. Nous en revanche possédons une formule qui propose une revue unique par personnage ou univers (type All-new Spider-Man pour Spider-Man, ou Batman Univers pour Batman, etc.) à un prix pour ainsi dire dérisoire, puisque nous ne payons que 4 à 5 euros non pas par série mais par revue, sachant qu'une revue compte en moyenne trois à cinq séries différentes dans ses pages. Faîtes le calcul, on y gagne carrément !

Cette formule, héritée des belles années de Lug et des revues cultes comme Strange, est donc un avantage certain pour nous lecteurs Français par rapport aux lecteurs Américains, qui paient une fortune la totalité des titres qu'ils peuvent suivre par mois. Certes, 3$ par-ci, 5$ par-là, ça ne fait pas très cher... mais au bout du compte, si on veut suivre l'ensemble des séries d'un personnage (mettons Batman encore) ça fait bien 20 à 30 dollars, quand nous nous payons 5€ pour l'essentiel de ce qu'il faut lire sur le personnage et par mois. Il s'agit bien sûr d'une sélection réalisée par l'éditeur français, Panini ou Urban pour Marvel ou DC, sélection qui laisse quelques titres de côté car jugés peu convaincants pour le lectorat (et on y gagne, encore une fois). Donc, si on fait le calcul, on se retrouve avec plus de séries à lire pour un prix très réduit. Achetez les revues All-new Spider-Man et Batman Univers vous revient à 10€ par mois pour lire une petite dizaine de série. Pensez-y...

Après, il ne faut pas tomber dans le ''piège'' du kiosque, à savoir : collectionner les revues d'un éditeur. Certains le font, mais je pense que c'est surtout un moyen risqué de ne plus avoir de sous en poche lorsque viendra le moment de vous acheter un album que vous convoitez. Effectivement acheter quelques revues ne revient pas trop cher, mais il y en a tellement ! Chez Panini avec toutes les All-new Marvel et chez Urban avec les Univers, sans parler des numéros spéciaux, des hors-séries, des revues annexes même (Spider-Man Universe par exemple). Donc il vaut là aussi mieux se prévoir à l'avance un budget pour le kiosque, et un autre pour les albums, plus conséquents et plus coûteux. Le kiosque, c'est bien, ça permet d'élargir ses horizons et de suivre plusieurs séries en même temps à petit prix, mais il ne faut pas que cela devienne votre seul vecteur. Achetez juste quelques séries en kiosque, celles de vos personnages préférés chez chaque éditeur (pour moi Batman et Spider-Man donc), et suivez d'un œil attentif les parutions en album relié des autres séries si elles vous intéressent également. Il y a moyen de se composer un beau bouquet de lectures chaque mois de cette façon, sans trop investir et sans trop y perdre.

Car comme je l'ai dis plus haut, certaines revues sont faites pour attirer l'oeil et la curiosité, l'intérêt du lecteur, mais assez souvent on réalise en les lisant qu'elles ne valent pas vraiment la peine au rythme d'une lecture mensuelle chapitre par chapitre, alors qu'une fois tous rassemblés en un bel album la saga n'en paraît que meilleure. Le kiosque, c'est aussi assez envahissant à la longue. Jetez un œil du côté des collections de Thomas Rivière ou surtout de Mar Vell pour ce qui est de Panini, vous verrez très vite que vous allez avoir besoin de place pour caser tout ça car ça en fait, du volume. Il y a deux écoles principales : ceux qui archivent leurs revues kiosque dans des boîtes à comics faites pour ça (les mêmes que pour les single issues V.O.) ; et ceux qui les exposent dans la bibliothèque avec le reste de leur collection. Pour ma part je suis plutôt première école, je préfère que l'on voit surtout mes albums plutôt que mes revues, mais les deux se valent et c'est un choix personnel que chacun doit faire.

Donc, au final, pourquoi lire du kiosque ? Pour la formule avantageuse que nous connaissons en France, pour élargir ses horizons et découvrir des séries de qualité qui sans ça seraient peut-être passées à la trappe, et aussi un peu pour vivre au même rythme que les événements racontés, mensuellement. Lire du kiosque n'empêche pas de racheter ensuite les albums derrière, exactement comme le système des revues de pré-publication au Japon pour les mangas. Avant d'acheter les tomes d'une série, on la découvre dans sa revue en compagnie d'autres, et si elle nous plaît eh bien on attend la sortie du tome relié, c'est comme un catalogue finalement.

À vous de choisir, à vous de lire et à vous de faire vos budgets !