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lundi 20 mai 2019

The Cyber Spectre tome 1 - Terrain hanté (Alayone Comics - Mai 2019)

Couverture exclusive Original Comics, par Joe Benitez

New Camden, l'an 2246. La société est presque totalement informatisée, le système judiciaire ne commet plus d'erreur, du moins en apparence, et il est devenu aussi aisé pour ses agents de prélever la mémoire d'un individu que de contrôler son identité. L'Organisation, qui contrôle les agents tels que notre héroïne Kiri Minkowski et son partenaire Jobin Leigh, sait tout sur tout le monde et ne laisse fuiter aucune information si ce n'est pas nécessaire. Malheureusement, la ville est sous tension depuis quelques temps. Un mystérieux criminel assassine les agents les uns après les autres en se jouant des failles du système réputé infaillible et en montant ses proies les unes contre les autres. Après le meurtre de son collègue, Kiri est recherchée pour une extraction mémorielle qui pourrait apprendre aux hauts responsables quelques éléments importants du dossier, au détriment de la vie du sujet. Alors qu'elle est en fuite et que les troupes spéciales sont à ses trousses, Kiri trouve de l'aide en la personne inattendue du mystérieux Zéro-Un, qui lui intime de le suivre si elle veut survivre aux prochaines heures. Réfugiés dans un bordel, nos héros se regroupent en petit comité de résistants qui tentent eux aussi de démasquer le tueur ainsi que de faire éclater au grand jour les failles du système. Cernés et traqués de toute part, ils ne savent plus à qui se fier à l'extérieur. Kiri pourrait bien jouer sa vie toute entière sur un coup du sort, et si elle n'y prend pas garde elle pourrait elle aussi figurer sur le tableau de chasse du meurtrier fantôme...

Voici la première parution que je lis chez Alayone Comics, le label indépendant de Thomas Rivière, et je suis loin d'être déçu ! Les dessins sont magnifiques, signés Randy Green qui renoue avec sa grande époque de Tomb Raider et Alé Garza en grande forme lui aussi. Les couleurs chaudes et attirantes sont l’œuvre d'Oracle, tandis que le scénario un brin fouillis par moments il faut le dire est signé Richard Emms. Que dire de plus sur cette série sans vous spoiler davantage... il faut la lire, elle mérite l'investissement selon moi et je remercie Original Comics et Alayone d'avoir mis la main sur cette petite perle des studios indépendants Scout Comics. Pour son lancement, nos amis éditeurs ont mis le paquet et nous servent une édition au top, sur du papier de très bonne qualité, épais et qui met bien en valeur les couleurs, et non pas une ni deux mais bien trois couvertures différentes suivant votre préférence ! Celle que j'ai retenu pour moi-même est dessinée exclusivement pour Original Comics par le très brillant Joe Benitez en personne, limitée à 150 exemplaires et d'ores et déjà totalement épuisée. Consolez-vous il reste encore la couverture principale et celle collector, mais dépêchez-vous car quelque chose me dit que celle-ci sera également rapidement en rupture.
Pour conclure : une série indépendante fraîche et futuriste, de la science-fiction se réclamant de Blade Runner ou encore Ghost in the Shell et qui vaut le détour, même si on ne va pas se mentir c'est un peu difficile de rentrer dedans au premier abord, il faut laisser le premier chapitre arriver en douceur pour que les choses se clarifient un peu mais pas trop. C'est un tome 1, donc si tout se passe bien il devrait y avoir un tome 2 un de ces jours chez Alayone je l'espère, avec le même niveau d'exigence et de qualité cela va de soit ! Bonne trouvaille et bonne surprise, je conseille vivement !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !


mercredi 5 août 2015

Ascension (Semic - 1998/2000 - série terminée)




Je me suis longtemps demandé ce que pouvait donner une série dessinée ET scénarisée presque entièrement par la super-star qu'est David Finch. C'est donc armé de cette curiosité que je me suis procuré patiemment les 11 numéros de la revue bimestrielle contenant cette série, chez Semic, de Juillet 1998 à Mai 2000. Eh bien je sors de cette lecture un rien déçu !

C'est l'histoire d'une guerre ancestrale entre deux peuples, d'un côté ceux que l'on pourrait qualifier d'anges, et de l'autre évidemment ceux que l'on peut appeler des démons. Au centre de l'histoire, une scientifique enquêtant sur les retombées de Tchernobyl et un soldat lui servant de gardien, qui se retrouvent soudain projetés dans ce monde magique et voient leur nature-même changer du tout au tout au contact de ces énergies d'une autre dimension (ça rappelle un certain film super-héroïque très actuel, non ?). Pris dans le conflit, ils devront lutter pour rester en vie et échapper aux pouvoirs redoutables d'un antique sorcier revenu à la vie en partie par leur faute, ainsi que protéger la légitime héritière du trône angélique. Leur quête les amène également à se demander s'ils pourront un jour redevenir totalement humains, ou bien s'ils sont condamnés à vivre entre deux mondes.

C'est un résumé très succinct, je passe volontairement sous silence certaines parties de l'intrigue et de son développement pour aller directement à l'essentiel.
Ce que l'on peut dire de cette série, c'est qu'elle est très bien dessinée, c'est du grand art digne de la décennie '90. David Finch est très en forme à cette époque, de même que ses collaborateurs qui arriveront par la suite pour lui prêter main forte.
Dans l'éternel débat sur la question : ''Quel est le mieux, une série bien écrite ou une série bien dessinée ?'', Ascension nous offre la preuve que l'on peut être un redoutable dessinateur mais un piètre narrateur. La série de Finch est très belle, graphiquement inventive et séduisante à plus d'un titre, mais l'histoire n'est clairement pas à la hauteur, l'écrin magnifique est vide de substance réelle pour l'alimenter. Une série fantastique qui ne décolle pas vraiment, qui peine à maintenir l'intérêt de son lecteur jusqu'au final. Parlons-en tiens du final : déception la plus totale, frustration de voir le récit terminer sur un cliffhanger que l'on pourrait qualifier de putassier sans trop se mouiller. Difficultés en V.O. ? Revue ne se vendant pas assez chez Semic comme chez Image ? Aucune idée, le fait est que l'interruption se fait douloureusement sentir et que le peu d'intérêt qui restait encore pour ce récit de plus en plus mal équilibré et raconté s'évanouit totalement à la dernière page. Grandement dommage, car il y avait beaucoup de potentiel au départ !

Ah, et j'allais oublier : vers le quatrième numéro, il y a soudain toute une cohorte de dessinateurs différents, le style commence tout de suite à s'en ressentir et les design, parfois même les couleurs des personnages changent d'une page à l'autre...

Donc mon conseil, ne vous donnez pas la peine de vous procurer la série de Semic dans sa totalité, peut-être existe-t-il en V.O. un album complet ou même une suite, qui sait.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !