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lundi 3 juin 2019

Vampirella Masters Series - James Robinson & Joe Jusko (Graph Zeppelin - Octobre 2018)


Dans ce nouveau tome des aventures de Vampirella par ses plus grands auteurs et dessinateurs, nous retrouvons tout d'abord la belle et son amant juste après qu'ils aient été assassinés pour leur passion commune. Se retrouvant tous deux aux Enfers, ils errent sur un territoire désolé et aride qui rappelle fortement les plaines sanglantes de Drakulon à Vampirella. Elle comprend alors que ce monde, dont elle se pensait originaire, n'était qu'une vue de l'esprit imposée par sa mère, la mère de tous les vampires : Lilith. Régnant sur cette partie des Enfers, Lilith se meurt depuis des siècles, depuis que Dieu l'a maudite. Pour éviter la froide emprise de la Mort, elle n'a pas eu d'autre choix que d'interrompre le court du fleuve de sang de Drakulon, précipitant toute sa population dans une barbarie sans nom et une véritable fièvre de massacre. Vampirella et Adam Van Helsing sont donc présents dans cette dimension pour une bonne raison, une mission sacrée qui leur a été confiée par les plus hautes autorités de l'univers : faire couler de nouveau le grand fleuve écarlate. Mais cela aura pour effet de tuer Lilith, ce à quoi Vampirella ne peut se résoudre sachant qu'elle est sa véritable mère. Le périple sera rude et semé d'embuches, bien des doutes et des craintes naîtront, mais jamais un seul instant l'amour que Vampi et Adam se portent ne sera remis en question. Cette force leur permettra de franchir tous les obstacles et de parvenir à la source du fleuve, où les attendra l'ultime épreuve. En sortiront-ils vivants ? Si le triomphe est au rendez-vous, il est cependant bien amer lorsque l'on fait l'état des sacrifices pour y parvenir. A présent dotée d'une mission sacrée à son tour, Vampirella reprend la route de l'aventure pour y chercher la rédemption, pour elle comme pour sa mère.
Dans une seconde petite histoire, nous découvrons le premier face à face entre Vampirella et le comte Dracula en personne, alors que celui-ci se sert de l'image de Drakulon pour influencer l'esprit de son adversaire et la résoudre à s'offrir au Dieu-Fou, sombre déité qui souhaite s'incarner dans le monde mortel. Comment cela finira, seul le temps nous le dira. L'Histoire réserve encore son lot de surprises à notre belle vampire...
Enfin, un troisième et dernier petit récit met en scène deux créateurs se rencontrant au sein de la grande bibliothèque de l'imaginaire. Deux auteurs inspirés par la même source et échangeant sur leur passion commune, tandis que dans l'ombre Dracula et Vampirella observent leurs créateurs...

Ce dernier récit d'ailleurs est un vibrant hommage à la culture et au mythe littéraire du vampire à travers deux de ses plus grands auteurs et leurs créations qui se rencontrent enfin. D'un point de vue général, ce tome est vraiment très plaisant à lire et à parcourir, la première histoire dessinée par Joe Jusko est somptueuse de réalisme et de puissance sauvage, tandis que les deux autres sont un peu plus fantaisistes mais apportent chacune une nouvelle vision du personnage de Vampirella. Graph Zeppelin réalise là encore un très bon travail d'édition en nous proposant de nombreux bonus entre ces trois récits poignants et vibrants : vous trouverez en effet des extraits du script de James Robinson ainsi que des croquis de Joe Jusko, et bien sûr une petite galerie d'illustrations. Merci beaucoup à ce petit éditeur qui se bouge énormément pour nous satisfaire !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 6 juin 2018

Vampirella Masters Series tome 1 - Opération Grand-nul-part (Graph Zeppelin - Février 2018)

Couverture limitée exclusive Original Comics, par David Finch

Dans ce volume, deux histoires complètes par le duo Mark Millar et Mike Mayhew !

Dans un premier temps notre héroïne la plus sexy et mortelle poursuit son voyage à travers les États-Unis en quête d'aventure et de réponses. Elle mettra bien vite le pied dans une véritable poudrière lorsqu'elle entend parler d'un vampire ayant massacré tous les clients d'un bar et s'étant évadé de la prison locale avec l'aide de deux autres. En remontant la piste encore chaude de ces meurtres, Vampirella arrive jusqu'à une petite ville, Gentle Creek, peuplée uniquement de vampires ! Toute la ville est infestée, il ne reste que le shérif d'encore mortel... mais pourquoi, justement ? En prenant le temps de se reposer et de poser les bonnes questions après un premier contact plutôt difficile, Vee apprend que la ville a été contaminée il y a quelques temps mais que les habitants, de braves gens asse honnêtes dans l'ensemble, on décidé de ne pas répandre l'épidémie alentours, restant confinés en ville et se nourrissant de doses sanguines médicales ou surgelées. Le shérif, un brave homme dévoué à sa ville, s'occupe de surveiller les environs le jour venu, avant qu'à la nuit tombée les habitants ne sortent et ne tentent de mener leur vie le plus normalement possible. Bien sûr, au sein de cette communauté idéale il y a quelques brebis galeuses qui aimeraient beaucoup se servir de leurs pouvoirs pour étendre leur territoire de chasse et se faire un nom, mais ils sont bien vites rattrapés par les autres et mis au pas, ou exécuté en plein soleil si besoin. Pas de quoi se sentir menacée donc, Vee s'apprête d'ailleurs à repartir en laissant Gentle Creek derrière elle et en leur accordant sa confiance... mais sitôt disparue des limites de la ville elle constate que le reste du monde a malheureusement une opinion très tranchée en la matière, et qu'une attaque militaire de grande envergure est en cours sur le Grand-nul-part pour éradiquer tous les vampires présents en ville et alentours. Ni une ni deux, la belle Vampirella fait aussitôt demi-tour pour prêter main forte à ses hôtes, mais peut-être est-il déjà trop tard car la cruauté des humains est apparemment sans limite...

Dans la seconde histoire, nous suivons Vampirella toujours en plein périple vers l'inconnu, alors qu'elle enquête sur un trafic de drogue vampirique. Elle et son chauffeur du moment sont soudain attaqués sur la route par des êtres difformes et à l'évidence démoniaques, qui tentent de les tuer sans y parvenir bien entendu. Vee décide alors de pousser plus loin ses investigations et remonte jusqu'à une sombre affaire de rituel infernal et de miroir magique hanté par le Mal pur, alors qu'elle sauve de justesse un jeune garçon et sa mère d'un autre groupe d'assaillants. Apparemment la mère aurait été soumise au miroir maudit et sa propre transformation en créature infernale n'est plus qu'une question de temps. Rattrapés par les monstres et leurs limiers, nos héros trouvent refuge dans un bâtiment qu'ils peuvent défendre, avec l'aide de deux agents fédéraux très spéciaux enquêtant eux aussi sur cette sombre affaire, et pas vraiment étonnés de croiser Vampirella sur leur chemin. L'assaut commence et la belle va alors se changer en bête féroce, bien déterminée à ne laisser partir aucun de leurs poursuivants. Mais la mère du jeune garçon se transforme à son tour et s'apprête à tuer tout le monde, aussi Vee doit-elle faire un choix déchirant pour que certains puissent s'en sortir. Quoi qu'il arrive à l'issue de cette nuit infernale, le miroir des peurs reste introuvable et poursuit lui aussi sa route...

Voilà deux épisodes complets signés Mark Millar donc, dans la collection Masters Series que Panini avait commencé à éditer il y a quelques années maintenant avant de tout abandonner. Merci donc à Graph Zeppelin d'avoir sorti ce titre et d'avoir fait un travail si remarquable sur la qualité de l'album, assez luxueux et très agréable à la lecture, du bon travail donc. Les dessins sont signés Mike Mayhew, qui nous offre là de superbes planches sur la belle vampire donc aucune n'est à jeter, tout est magnifique du début à la fin, on en redemanderait même un peu ! L'humour noir est toujours bien présent comme de juste chez Mark Millar, un vrai bonheur dans le genre décomplexé.
Ah oui avant de finir, sachez que ce tome en V.O. est en fait le troisième de la collection, mais le premier chez nous dans cette nouvelle édition par Graph Zeppelin. Ne soyez donc pas déboussolés en lisant ''volume trois'' sur la couverture interne, tout va bien vous n'avez pas raté deux précédents épisodes, tous les volumes peuvent à-priori se lire et être adaptés indépendamment. Vivement les prochains si l'éditeur continue de faire de l'aussi bon travail avec Vampirella, c'est un honneur que de posséder ces beaux albums bien soignés dans sa bibliothèque !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 26 octobre 2014

Vampirella Masters Series tome 1 - L 'éveil du Mal (Grant Morrison & Mark Millar - Panini Comics - Octobre 2012)


Vampirella. En voici une qui a fait fantasmer des générations entières de lecteurs, depuis sa création en 1969 par Forrest J. Ackerman et Frank Frazetta. La belle chasseuse de vampires, elle-même vampire mais pas au sens où nous, le commun des mortels, l'entendons habituellement. Issue du peuple-vampire de la planète Drakulon, où le sang remplace l'eau et est source de vie pour les habitants de ce monde (océans, mers, rivières, tout est fait de sang), Vampirella se retrouve sur notre planète dans d'étranges circonstances dont elle ne conserve pratiquement aucun souvenir (pas même de sa vie d'avant ou de son monde d'origine), et entreprend de devenir chasseuse de vampires pour protéger les innocents et assouvir sa soif de sang avec celui des criminels... la plupart du temps. Dotée des mêmes pouvoirs que les vampires classiques mais sans leurs faiblesses, elle dispose d'avantages certains sur ses proies et se révèle une excellente prédatrice, au point de grandement inquiéter les organisations de vampires à travers le monde, qui la voient comme une réelle menace à leur expansion et à leur projet de domination des êtres humains. Car dans cette réalité il faut savoir que les vampires ne sont pas des créatures solitaires et déprimées par leur immortalité, non, ici il s'agit pratiquement de familles criminelles très bien organisées sur le modèle des mafias, touchant un peu à tout et préparant l'avènement d'un monde nouveau, une ère où les humains serviront de bétail aux vampires, qui trôneront en souverains incontestés sous un ciel où ne percera jamais plus le moindre rayon du Soleil. Plutôt Métal comme concept, non ?

L'histoire de ce tome commence lorsque Vampirella réapparaît au grand jour, après une longue période d'absence. On apprend qu'elle aurait été tuée et envoyée en enfer par une ennemie particulièrement puissante, mais que là-bas la belle chasseuse de vampires aurait rencontré Lilith, la mère de tous les vampires, qui lui aurait confié la mission d'exterminer ses enfants pour protéger le monde, avant de la ressusciter. Désormais chargée de cette sainte mission, Vampirella traque les grandes familles de vampires qui tentent de renverser la pègre des grandes villes américaines pour prendre le contrôle de ses réseaux et mener à bien leur sombre projet. Au passage, elle recueillera Dixie Fattoni, fille d'un parrain de la pègre de New York qui a été forcée par son bourreau de tuer son père pour survivre. L'adolescente de 16 ans devient bien vite une acolyte acharnée de Vampirella, ne rêvant que de se venger de l'acte odieux qu'on l'a poussé à commettre, et d'exterminer elle aussi le plus de vampires possible, comme sa sauveuse. Une longue route qui les conduira jusqu'à Rome et à l'organisation connue sous le nom d'Anti-Vatican, une secte religieuse de vampires ayant détourné le message de la Bible et préparant la fin du monde des mortels pour l'arrivée de celui des vampires et autres créatures infernales. Aidées de façon inespérée par la loge des Bonnes Soeurs Écarlates, de redoutables nonnes ayant dévoué leur vie entière à la lutte contre le Mal par tous les moyens possibles, Vampirella et Dixie vont pénétrer au cœur du sanctuaire du Pape Noir pour tenter d'en finir une fois pour toutes avec ses projets apocalyptiques. Ce sera aussi l'occasion pour chacune d'elles d'être confrontée à son passé ainsi qu'à l'avenir : pour l'une, la révélation partielle de ses origines, pour l'autre celle de sa fin imminente et du destin de ses proches. Quel que soit le résultat de cette opération, le monde ne sera jamais plus comme avant...

C'est le tout premier récit de Vampirella que j'ai eu la chance de lire, même si je connaissais le personnage depuis un bout de temps. J'en suis ressorti vraiment fan, surtout que l'écriture à quatre mains de génies tels que Grant Morrison et Mark Millar (fin des années 1990, quand ils s'entendaient encore) vous emporte tout au long du récit sans jamais relâcher la pression ni l'intérêt de l'histoire, les deux auteurs parvenant aussi à combler l'un et l'autre leurs lacunes respectives en travaillant ensembles.
La série des Vampirella Masters Series est celle qui comporte les récits parus entre 1988 et 2008 chez l'éditeur Harris Publication, repris par Dynamite Entertainment en 2010. Composée de 7 tomes en V.O., l'idée était que Panini puisse nous les faire paraître en V.F., mais nous n'avons eu droit qu'au premier tome, L'éveil du Mal, en Octobre 2012. Depuis, plus rien, même pas une annonce. Je suppose donc, connaissant la logique éditoriale de Panini, qu'il faudra nous contenter de ça. Cela dit si ça vous intéresse il y a eu par le passé d'autres histoires de Vampirella parues en français, principalement chez Soleil dans les années 1990, mais aussi un peu chez Semic. Armez-vous de courage et de patience et vous devriez pouvoir trouver ça, moi en tout cas je vais tenter ma chance !
Dans ce tome unique en V.F. nous avons donc le droit à deux arcs des auteurs, celui appelé L'éveil du Mal et sa suite directe, La guerre sainte. Les deux récits se suffisent en eux-mêmes, les auteurs ayant travaillé sur le modèle de récits en trois chapitres, pouvant se rejoindre entre eux au besoin. Pour compléter l'album nous avons aussi droit, et ça il faut reconnaître que c'est une excellente chose de la part de Panini, au numéro spécial des 25 ans de Vampirella intitulé La Reine de Coeur sanglante, récit one-shot passionnant et écrit par Grant Morrison, tandis que Mark Millar de son côté signe le second one-shot Un enfer glacial, petite aventure de Vampirella en Arctique sur les traces d'une secte de vampires s'adonnant aux plaisirs les plus vils. Deux récits de qualité, qui détendent bien après la lecture haletante des précédents, quoique celui de Morrison soit une belle histoire à faire peur comme on les aime pour Halloween.
Quelle est la recette du succès de Vampirella ? De la violence, des répliques cinglantes, de l'humour bien noir et froid, un zeste de cynisme, de l'érotisme et parfois même du sexe, ambiance rock'n'roll à l'ancienne, hardrock et métal réunis autour du culte du vampire dans l'imaginaire collectif. Ça dépote, ça envoie du lourd dans tous les sens et ça ne nous pousse même pas à trop réfléchir pour comprendre, bref du Morrison qui se lâche un peu la bride et qui s'éclate, en compagnie du scénariste probablement le plus violent de la profession dans ses écrits. Pour vous faire une idée de leur coopération sur ce personnage et ces histoires, vous pourrez lire les bonus qui retranscrivent pour vous les conversations entre les deux auteurs, un gros délire ! Véritable icône tant sexuelle que culturelle pour plusieurs générations, phénomène de société à l'âge de la libération des mœurs et du rock, résolument irrespectueux des convenances et totalement débridé, le comic-book Vampirella a sans doute connu ses meilleures heures sous cette période bénie de la fin des années 1990, et je regrette grandement que Panini ne fasse pas l'effort de publier la suite (d'autant plus dommage que pour ce tome on a quand même le droit à un gros ''1'' sur la tranche, en sachant que la suite n'arrivera jamais...). Un petit coup de pouce du lectorat pourrait sans doute aider, alors toutes celles et ceux qui ont aimé, faites-le-leur savoir !

Pourquoi, en conclusion, ai-je choisi de parler de Vampirella durant ce mois spécial ? Tout simplement pour la même raison qui m'a poussé, entre autres, à vous parler de Carmilla. Dans ce monde dicté par les canons masculins, il est à mon avis bien utile de rappeler qu'il existe aussi des femmes fortes dans ce domaine, et Vampirella est sans doute la plus forte et la plus badass que l'on puisse rencontrer. Et en plus elle est écrite admirablement et de façon très féminine par des auteurs masculins, preuve qu'ils en ont compris toute l'essence et qu'ils la respectent. Pouvoir aux filles !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !