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mercredi 6 juin 2018

Vampirella Masters Series tome 1 - Opération Grand-nul-part (Graph Zeppelin - Février 2018)

Couverture limitée exclusive Original Comics, par David Finch

Dans ce volume, deux histoires complètes par le duo Mark Millar et Mike Mayhew !

Dans un premier temps notre héroïne la plus sexy et mortelle poursuit son voyage à travers les États-Unis en quête d'aventure et de réponses. Elle mettra bien vite le pied dans une véritable poudrière lorsqu'elle entend parler d'un vampire ayant massacré tous les clients d'un bar et s'étant évadé de la prison locale avec l'aide de deux autres. En remontant la piste encore chaude de ces meurtres, Vampirella arrive jusqu'à une petite ville, Gentle Creek, peuplée uniquement de vampires ! Toute la ville est infestée, il ne reste que le shérif d'encore mortel... mais pourquoi, justement ? En prenant le temps de se reposer et de poser les bonnes questions après un premier contact plutôt difficile, Vee apprend que la ville a été contaminée il y a quelques temps mais que les habitants, de braves gens asse honnêtes dans l'ensemble, on décidé de ne pas répandre l'épidémie alentours, restant confinés en ville et se nourrissant de doses sanguines médicales ou surgelées. Le shérif, un brave homme dévoué à sa ville, s'occupe de surveiller les environs le jour venu, avant qu'à la nuit tombée les habitants ne sortent et ne tentent de mener leur vie le plus normalement possible. Bien sûr, au sein de cette communauté idéale il y a quelques brebis galeuses qui aimeraient beaucoup se servir de leurs pouvoirs pour étendre leur territoire de chasse et se faire un nom, mais ils sont bien vites rattrapés par les autres et mis au pas, ou exécuté en plein soleil si besoin. Pas de quoi se sentir menacée donc, Vee s'apprête d'ailleurs à repartir en laissant Gentle Creek derrière elle et en leur accordant sa confiance... mais sitôt disparue des limites de la ville elle constate que le reste du monde a malheureusement une opinion très tranchée en la matière, et qu'une attaque militaire de grande envergure est en cours sur le Grand-nul-part pour éradiquer tous les vampires présents en ville et alentours. Ni une ni deux, la belle Vampirella fait aussitôt demi-tour pour prêter main forte à ses hôtes, mais peut-être est-il déjà trop tard car la cruauté des humains est apparemment sans limite...

Dans la seconde histoire, nous suivons Vampirella toujours en plein périple vers l'inconnu, alors qu'elle enquête sur un trafic de drogue vampirique. Elle et son chauffeur du moment sont soudain attaqués sur la route par des êtres difformes et à l'évidence démoniaques, qui tentent de les tuer sans y parvenir bien entendu. Vee décide alors de pousser plus loin ses investigations et remonte jusqu'à une sombre affaire de rituel infernal et de miroir magique hanté par le Mal pur, alors qu'elle sauve de justesse un jeune garçon et sa mère d'un autre groupe d'assaillants. Apparemment la mère aurait été soumise au miroir maudit et sa propre transformation en créature infernale n'est plus qu'une question de temps. Rattrapés par les monstres et leurs limiers, nos héros trouvent refuge dans un bâtiment qu'ils peuvent défendre, avec l'aide de deux agents fédéraux très spéciaux enquêtant eux aussi sur cette sombre affaire, et pas vraiment étonnés de croiser Vampirella sur leur chemin. L'assaut commence et la belle va alors se changer en bête féroce, bien déterminée à ne laisser partir aucun de leurs poursuivants. Mais la mère du jeune garçon se transforme à son tour et s'apprête à tuer tout le monde, aussi Vee doit-elle faire un choix déchirant pour que certains puissent s'en sortir. Quoi qu'il arrive à l'issue de cette nuit infernale, le miroir des peurs reste introuvable et poursuit lui aussi sa route...

Voilà deux épisodes complets signés Mark Millar donc, dans la collection Masters Series que Panini avait commencé à éditer il y a quelques années maintenant avant de tout abandonner. Merci donc à Graph Zeppelin d'avoir sorti ce titre et d'avoir fait un travail si remarquable sur la qualité de l'album, assez luxueux et très agréable à la lecture, du bon travail donc. Les dessins sont signés Mike Mayhew, qui nous offre là de superbes planches sur la belle vampire donc aucune n'est à jeter, tout est magnifique du début à la fin, on en redemanderait même un peu ! L'humour noir est toujours bien présent comme de juste chez Mark Millar, un vrai bonheur dans le genre décomplexé.
Ah oui avant de finir, sachez que ce tome en V.O. est en fait le troisième de la collection, mais le premier chez nous dans cette nouvelle édition par Graph Zeppelin. Ne soyez donc pas déboussolés en lisant ''volume trois'' sur la couverture interne, tout va bien vous n'avez pas raté deux précédents épisodes, tous les volumes peuvent à-priori se lire et être adaptés indépendamment. Vivement les prochains si l'éditeur continue de faire de l'aussi bon travail avec Vampirella, c'est un honneur que de posséder ces beaux albums bien soignés dans sa bibliothèque !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 3 décembre 2016

Wolverine - Old Man Logan (Panini Comics - Septembre 2011)


Bien des années ont passé. Les super-vilains se sont unis sous la bannière des plus charismatiques et dangereux d'entre eux et sont parvenus à presque totalement exterminer leurs ennemis d'autrefois, ces héros en qui tant de gens croyaient. Sous la présidence de Crâne Rouge, les États-Unis sont divisés et les frontières redéfinies entre les vainqueurs. Wolverine vit désormais en humble fermier, quelque part au cœur de la Californie, domaine de la famille Hulk dégénérée. S'étant juré des années plus tôt lors de la grande catastrophe que plus jamais il ne se battrait ni ne sortirait ses griffes, celui que l'on appelle désormais simplement Logan mène une vie tranquille, avec sa famille, son foyer. Mais lorsque le temps de payer le loyer est venu et que les Hulks menacent de s'en prendre à ses proches, Logan prend alors la route en compagnie d'un vieil allié pour une livraison mystérieuse à l'autre bout du pays. Commence alors un long voyage à travers le territoire désolé et dévasté qui fut autrefois la plus grande nation du monde, au cours duquel Logan verra de ses yeux ce que sont devenus les rêves et les espoirs des gens du commun sous le règne des super-vilains. Brisé par ce qu'ils lui ont fait subir dans le passé, anéanti pourrait-on dire, il devra bientôt décidé de qui il est réellement. Est-il Logan, simple fermier... ou bien Wolverine, le plus terrible tueur qui soit ?

Mark Millar fait fort et nous donne ici une histoire devenue légendaire sur le personnage vieillissant et traumatisé de Wolverine, l'un des mutants les plus populaires de Marvel. Magnifiquement accompagné aux dessins par Steve McNiven, l'auteur nous livre un portrait sans aucune concession d'une nation tombée aux mains de ses pires ennemis et surtout d'un homme qui fait tout son possible pour maintenir sa famille en vie, ainsi qu'affronter ses vieux démons. Old Man Logan est une histoire violente, à ne pas mettre entre toutes les mains, et qui se lit rapidement contrairement à ce que son format Deluxe laisserait à penser. L'album se dévore tout seul, on savoure l'écriture autant que le dessin et on passe un excellent moment à suivre les tourments et derniers pas d'un personnage aussi populaire. A l'aube d'une sortie cinéma fortement inspirée de cette histoire, c'est peut-être bientôt l'occasion pour Panini de nous la ressortir sous un autre format, peut-être ''Marvel Select'' la collection à prix moyens qui réédite beaucoup de vieux Deluxe. Dans tous les cas si vous avez les moyens de mettre la main sur un exemplaire de cette histoire, faites-le et profitez-en à fond, on se retrouve d'ici quelques mois pour le dernier film sur Wolverine !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 5 novembre 2016

Ultimate X-Men - Guerre ultime (Panini Comics - Octobre 2016)


Magneto est de retour et il entend bien le faire savoir. La guerre entre l'humanité et les mutants est désormais déclarée, et chacun devra choisir son camp. Les X-Men sont d'emblée perçus comme sympathisants des attentats terroristes de la Confrérie, et donc chassés par la nouvelle super-équipe du gouvernement : les Ultimates ! Charles Xavier capturé et entravé, les héros divisés et traqués, Magneto triomphant et menant une vaste campagne de terreur de par le monde... rien ni personne n'est plus à l'abri et l'heure de la confrontation a sonné ! Quelle est donc cette nouvelle arme ultime que Magneto entend utiliser dès qu'elle sera achevée ? Qu'adviendra-t-il des humains dans ce nouveau monde ? Et surtout, en cas de victoire des héros, sera-t-il possible de revenir en arrière et d'arranger les choses cette fois-ci ?

Un excellent tome de la série Ultimate X-Men de Mark Millar, le troisième exactement dans la collection ''Marvel Select'' à bas prix mais bonne qualité. L'histoire se tient en un seul bloc, d'elle-même, sans avoir besoin de multiples références précédentes ou d'un univers complexe à articuler tout autour. Des artistes de renom sont invités à dessiner ces chapitres à l'action et au suspens haletants : Chris Bachalo, David Finch, Adam Kubert... que du bon ! Vivement la suite !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

samedi 20 décembre 2014

Marvel Knights : Spider-Man - Le dernier combat (Panini Comics - Février 2012)


En Février 2012 est sortie chez Panini Comics la réédition d'un Deluxe aujourd'hui introuvable, l'histoire complète connue sous le titre de Marvel Knights : Spider-Man, le dernier combat, une mini-série exceptionnelle sur le Tisseur du milieu des années 2000 et signée par Mark Millar au scénario, accompagné par Terry et Rachel Dodson au dessin et Frank Cho en soutien, rien que ça messieurs dames !
C'est pour moi un immense plaisir que de pouvoir vous parler de cette histoire, que j'ai lu pour la première fois en format kiosque VF il y a maintenant plus de 7 ans... eh oui... l'un de mes tous premiers contacts avec l'univers comics du Tisseur, avec le run de Straczynski en parallèle. J'ai découvert cet album tout récemment et totalement par hasard (un grand merci à Comicsplace) et j'en suis tombé à la renverse, le bonheur de retrouver cette histoire de mon ''enfance'' pas si lointaine, et tout bonnement l'une des meilleures histoires jamais écrites et dessinées sur Spider-Man selon moi. Oui j'ose le dire et je le maintiendrai coûte que coûte.

Spider-Man et le Bouffon Vert. Peter Parker et Norman Osborn. Deux ennemis jurés, deux opposés s'attirant inexorablement et connaissant chacun tout de l'autre. Alors qu'une trêve avait été instaurée entre le héros et le vilain, ce-dernier finit par la rompre, de lassitude, et s'en prend violemment à Peter en le poussant dans ses tous derniers retranchements au terme d'un combat épique et sanglant que rien ne semble pouvoir stopper. Finalement vaincu et incarcéré dans la prison pour surhumains de Riker's Island, Osborn semble enfin hors d'état de nuire et Peter s'apprête à goûter un repos bien mérité en compagnie de sa chère et tendre Mary-Jane et de sa non moins chère Tante May. Mais bien vite la paix sera de courte durée : un mystérieux kidnappeur enlève Tante May dans son nouvel appartement de Manhattan et oblige Peter à se lancer dans une course contre la montre désespérée et une véritable chasse à l'homme dans laquelle tous les coups sont permis. Isolé, sans alliés ou presque, Spider-Man ne devra compter que sur lui-même et sur son intuition, qui le guidera à travers les pièges des nombreux vilains qu'il croisera sur sa route. Mais tout n'est pas noir ou blanc et les ennemis de l'Araignée ont eux-aussi un rôle à jouer dans toute cette histoire, eux-aussi embarqués contre leur gré dans ce gigantesque jeu de dupes où la victoire est plus qu'incertaine et où le temps est compté. Osborn semble connaître la clé de l'énigme, et y être lié lui aussi d'une certaine façon, mais se refuse à aider son adversaire gratuitement. Pour sauver Tante May, Peter devra faire un choix crucial qui risque de le transformer à jamais : s'allier à son pire ennemi et le faire évader de prison avant qu'il ne soit assassiné par des comploteurs en sachant très long sur tous les protagonistes du récit. Vérité ou mensonge, peur ou machination, Osborn laisse à Peter le loin d'accepter ou non ce marché diabolique et de se remettre entre ses mains, quelles qu'en soient les conséquences. Il se pourrait bien que le plus grand héros de la ville ne devienne l'un de ses criminels les plus recherchés... et ne perde tous ceux qu'il aime.

Comme je l'ai déjà indiqué dans l'introduction, une histoire vraiment géniale selon mes critères, qui m'a transporté sans limites dans le récit magistral de Millar qui offre un tout nouveau regard sur le monde des super-héros et de belles réflexions en perspectives pour le lecteur sur certains événements passés, ainsi que des dessins superbes du couple Dodson, dont on sent qu'ils maîtrisent à fond le sujet et les personnages à traiter. Comme toujours Terry Dodson se fait plaisir à illustrer Mary-Jane et bien entendu la Chatte Noire, son personnage fétiche, jamais aussi séduisante et envoûtante que sous son tracé. Mais les hommes ne sont pas en reste, loin de là même, et chaque page est l'occasion d'admirer un peu plus de cette virtuosité si particulière et qui nous manque tant aujourd'hui je trouve. Comme le dit Stan Lee en personne dans la préface de cet album, il s'agit d'un récit ayant la dimension non pas d'un simple comic-book, mais bel et bien d'un film sur grand écran de cinéma, qui nous transporte et nous fait rêver et vivre l'histoire tout au long de cette lecture et de cette expérience presque unique en son genre. Pour moi, un réel bonheur sans limite que d'avoir pu relire ce récit que j'aimais tant et aime aujourd'hui plus encore.

Deux regrets à formuler concernant l'édition française de Panini. Premièrement, le chapitrage (fait d'intercaler les couvertures des différents numéros entre les numéros/chapitres en question, plutôt que compilées à la fin de l'album). Je veux bien comprendre qu'en France et en Europe nous avons l'habitude de lire des histoires complètes toutes d'un bloc au sein d'un album, et que les coupures sont rares dans ces cas-là, mais cette histoire-ci est la parfaite illustration de la nécessité de respecter le chapitrage pour les comics. Cette histoire est un film, ou un feuilleton, elle a été construite comme telle, illustrée comme telle, et donc il convient pour le lecteur de pouvoir marquer une pause visuelle entre la fin d'un chapitre tendu et le début du suivant. Ça casse un peu la tension, quand toutes les pages sont à la suite les unes des autres sans séparation définie dans l'action ''à suivre''. Enfin, cela n'empêche nullement d'apprécier cette lecture, et ce léger problème de Panini depuis quelques temps devrait être corrigé dans les mois à venir sur leurs prochaines parutions.
Secondement et dernièrement, la couverture principale. Je déplore le choix de celle du chapitre #2 comme illustration de l'album, là où une autre telle que celle du chapitre #1, du chapitre #10 ou du chapitre #11 aurait parfaitement fait l'affaire et réussi à retranscrire à merveille l'atmosphère du récit d'un seul coup d'oeil.

Une excellente histoire, d'excellents auteurs/dessinateurs à la barre, quasiment tous les meilleurs personnages de l'univers de Spider-Man réunis dans un seul et même récit, que demander de mieux ! Et surtout qu'attendez-vous pour le dégotter et le lire à présent ? C'est pour moi l'équivalent de ce que fut la saga Silence (Hush) pour le personnage de Batman et son entourage. Si avec ça je n'arrive pas à vous convaincre...

Sur ce, je vous laisse quand même vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

dimanche 26 octobre 2014

Vampirella Masters Series tome 1 - L 'éveil du Mal (Grant Morrison & Mark Millar - Panini Comics - Octobre 2012)


Vampirella. En voici une qui a fait fantasmer des générations entières de lecteurs, depuis sa création en 1969 par Forrest J. Ackerman et Frank Frazetta. La belle chasseuse de vampires, elle-même vampire mais pas au sens où nous, le commun des mortels, l'entendons habituellement. Issue du peuple-vampire de la planète Drakulon, où le sang remplace l'eau et est source de vie pour les habitants de ce monde (océans, mers, rivières, tout est fait de sang), Vampirella se retrouve sur notre planète dans d'étranges circonstances dont elle ne conserve pratiquement aucun souvenir (pas même de sa vie d'avant ou de son monde d'origine), et entreprend de devenir chasseuse de vampires pour protéger les innocents et assouvir sa soif de sang avec celui des criminels... la plupart du temps. Dotée des mêmes pouvoirs que les vampires classiques mais sans leurs faiblesses, elle dispose d'avantages certains sur ses proies et se révèle une excellente prédatrice, au point de grandement inquiéter les organisations de vampires à travers le monde, qui la voient comme une réelle menace à leur expansion et à leur projet de domination des êtres humains. Car dans cette réalité il faut savoir que les vampires ne sont pas des créatures solitaires et déprimées par leur immortalité, non, ici il s'agit pratiquement de familles criminelles très bien organisées sur le modèle des mafias, touchant un peu à tout et préparant l'avènement d'un monde nouveau, une ère où les humains serviront de bétail aux vampires, qui trôneront en souverains incontestés sous un ciel où ne percera jamais plus le moindre rayon du Soleil. Plutôt Métal comme concept, non ?

L'histoire de ce tome commence lorsque Vampirella réapparaît au grand jour, après une longue période d'absence. On apprend qu'elle aurait été tuée et envoyée en enfer par une ennemie particulièrement puissante, mais que là-bas la belle chasseuse de vampires aurait rencontré Lilith, la mère de tous les vampires, qui lui aurait confié la mission d'exterminer ses enfants pour protéger le monde, avant de la ressusciter. Désormais chargée de cette sainte mission, Vampirella traque les grandes familles de vampires qui tentent de renverser la pègre des grandes villes américaines pour prendre le contrôle de ses réseaux et mener à bien leur sombre projet. Au passage, elle recueillera Dixie Fattoni, fille d'un parrain de la pègre de New York qui a été forcée par son bourreau de tuer son père pour survivre. L'adolescente de 16 ans devient bien vite une acolyte acharnée de Vampirella, ne rêvant que de se venger de l'acte odieux qu'on l'a poussé à commettre, et d'exterminer elle aussi le plus de vampires possible, comme sa sauveuse. Une longue route qui les conduira jusqu'à Rome et à l'organisation connue sous le nom d'Anti-Vatican, une secte religieuse de vampires ayant détourné le message de la Bible et préparant la fin du monde des mortels pour l'arrivée de celui des vampires et autres créatures infernales. Aidées de façon inespérée par la loge des Bonnes Soeurs Écarlates, de redoutables nonnes ayant dévoué leur vie entière à la lutte contre le Mal par tous les moyens possibles, Vampirella et Dixie vont pénétrer au cœur du sanctuaire du Pape Noir pour tenter d'en finir une fois pour toutes avec ses projets apocalyptiques. Ce sera aussi l'occasion pour chacune d'elles d'être confrontée à son passé ainsi qu'à l'avenir : pour l'une, la révélation partielle de ses origines, pour l'autre celle de sa fin imminente et du destin de ses proches. Quel que soit le résultat de cette opération, le monde ne sera jamais plus comme avant...

C'est le tout premier récit de Vampirella que j'ai eu la chance de lire, même si je connaissais le personnage depuis un bout de temps. J'en suis ressorti vraiment fan, surtout que l'écriture à quatre mains de génies tels que Grant Morrison et Mark Millar (fin des années 1990, quand ils s'entendaient encore) vous emporte tout au long du récit sans jamais relâcher la pression ni l'intérêt de l'histoire, les deux auteurs parvenant aussi à combler l'un et l'autre leurs lacunes respectives en travaillant ensembles.
La série des Vampirella Masters Series est celle qui comporte les récits parus entre 1988 et 2008 chez l'éditeur Harris Publication, repris par Dynamite Entertainment en 2010. Composée de 7 tomes en V.O., l'idée était que Panini puisse nous les faire paraître en V.F., mais nous n'avons eu droit qu'au premier tome, L'éveil du Mal, en Octobre 2012. Depuis, plus rien, même pas une annonce. Je suppose donc, connaissant la logique éditoriale de Panini, qu'il faudra nous contenter de ça. Cela dit si ça vous intéresse il y a eu par le passé d'autres histoires de Vampirella parues en français, principalement chez Soleil dans les années 1990, mais aussi un peu chez Semic. Armez-vous de courage et de patience et vous devriez pouvoir trouver ça, moi en tout cas je vais tenter ma chance !
Dans ce tome unique en V.F. nous avons donc le droit à deux arcs des auteurs, celui appelé L'éveil du Mal et sa suite directe, La guerre sainte. Les deux récits se suffisent en eux-mêmes, les auteurs ayant travaillé sur le modèle de récits en trois chapitres, pouvant se rejoindre entre eux au besoin. Pour compléter l'album nous avons aussi droit, et ça il faut reconnaître que c'est une excellente chose de la part de Panini, au numéro spécial des 25 ans de Vampirella intitulé La Reine de Coeur sanglante, récit one-shot passionnant et écrit par Grant Morrison, tandis que Mark Millar de son côté signe le second one-shot Un enfer glacial, petite aventure de Vampirella en Arctique sur les traces d'une secte de vampires s'adonnant aux plaisirs les plus vils. Deux récits de qualité, qui détendent bien après la lecture haletante des précédents, quoique celui de Morrison soit une belle histoire à faire peur comme on les aime pour Halloween.
Quelle est la recette du succès de Vampirella ? De la violence, des répliques cinglantes, de l'humour bien noir et froid, un zeste de cynisme, de l'érotisme et parfois même du sexe, ambiance rock'n'roll à l'ancienne, hardrock et métal réunis autour du culte du vampire dans l'imaginaire collectif. Ça dépote, ça envoie du lourd dans tous les sens et ça ne nous pousse même pas à trop réfléchir pour comprendre, bref du Morrison qui se lâche un peu la bride et qui s'éclate, en compagnie du scénariste probablement le plus violent de la profession dans ses écrits. Pour vous faire une idée de leur coopération sur ce personnage et ces histoires, vous pourrez lire les bonus qui retranscrivent pour vous les conversations entre les deux auteurs, un gros délire ! Véritable icône tant sexuelle que culturelle pour plusieurs générations, phénomène de société à l'âge de la libération des mœurs et du rock, résolument irrespectueux des convenances et totalement débridé, le comic-book Vampirella a sans doute connu ses meilleures heures sous cette période bénie de la fin des années 1990, et je regrette grandement que Panini ne fasse pas l'effort de publier la suite (d'autant plus dommage que pour ce tome on a quand même le droit à un gros ''1'' sur la tranche, en sachant que la suite n'arrivera jamais...). Un petit coup de pouce du lectorat pourrait sans doute aider, alors toutes celles et ceux qui ont aimé, faites-le-leur savoir !

Pourquoi, en conclusion, ai-je choisi de parler de Vampirella durant ce mois spécial ? Tout simplement pour la même raison qui m'a poussé, entre autres, à vous parler de Carmilla. Dans ce monde dicté par les canons masculins, il est à mon avis bien utile de rappeler qu'il existe aussi des femmes fortes dans ce domaine, et Vampirella est sans doute la plus forte et la plus badass que l'on puisse rencontrer. Et en plus elle est écrite admirablement et de façon très féminine par des auteurs masculins, preuve qu'ils en ont compris toute l'essence et qu'ils la respectent. Pouvoir aux filles !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !