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vendredi 26 juin 2020

La V.O. du vendredi n°153 : Supergirl - Being super (DC Comics - Juin 2018)


Kara Danvers fait tout son possible pour paraître une adolescente de 16 ans relativement normale. Et on pourrait la croire sans problème, n’eussent été sa force prodigieuse et sa capacité à flotter dans les airs et à sauter par-dessus les granges de sa petite bourgade, Midvale. Dans le plus grand secret, bien entendu !

Ses étranges pouvoirs mis à part, Kara fait donc tout pour être normale. Ses parents adoptifs sont de bons fermiers qui l’ont élevé avec des valeurs sûres et dans un environnement aimant. Au Lycée, elle a deux amies proches, l’exubérante Dolly et la sportive Jennifer. Mais depuis quelques temps maintenant, le corps de Kara la trahit dans des moments délicats où elle aurait bien besoin de toutes ses capacités. Tout d’abord un énorme bouton d’acné, et maintenant ses forces qui l’abandonnent d’un seul coup.

Lorsqu’un terrible tremblement de terre ravage Midvale lors d’une compétition sportive, Kara se précipite au secours de ses amies et tente d’utiliser ses pouvoirs pour sauver Jen… mais échoue à nouveau à cause de cette impression de faiblesse qui la saisit. Le deuil sera très dur pour tout le monde, d’autant que Kara était persuadée de pouvoir sauver son amie et qu’elle s’accuse de l’avoir privé d’un grand avenir.

Puis, alors que la vie reprend petit à petit son cours, l’adolescente se met à entendre une voix qui l’appelle au secours, en provenance d’un terrain abandonné… désireuse de se racheter Kara se lance à la poursuite de cette voix et découvre avec horreur qu’un jeune homme est retenu prisonnier dans une sorte de complexe scientifique secret par nulle autre que sa prof de sport, en réalité chercheuse pour LexCorp ! Après avoir aidé le captif à s’échapper, Kara apprend de lui sa véritable nature : elle est une extraterrestre, provenant de la lointaine planète Krypton, et ses pouvoirs lui viennent du soleil jaune de la Terre. Incroyable !

Tan-On, son homologue, lui révèle cette troublante vérité en ajoutant qu’il est lui aussi originaire de Krypton et qu’il est venu sur Terre voilà bien des années en tant qu’ambassadeur de sa culture auprès des peuples humains moins évolués. Capturé par l’armée et confié à LexCorp, il a passé tout son temps enfermé dans une cage et soumis à une batterie de tests que l’on pourrait qualifier de torture. Mais à présent qu’il est libre, il entend bien rectifier son erreur et prendre l’avantage sur les humains !

Kara n’a qu’un seul choix devant elle : soit elle rejoint la folle envie de vengeance de Tan-On, le seul autre membre de son espèce qu’elle connaît, soit elle s’interpose entre lui et la Terre où elle a été élevée et où elle a été recueillie après l’accident de son vaisseau. En fonction de sa décision, Kara sera traitée comme une alliée ou comme une traîtresse à son peuple, et elle doit prendre position très rapidement car Tan-On entend bien mettre ses projets à exécution avec ou sans elle. Se pourrait-il que la clé de toute cette histoire se situe loin dans le passé, au cœur des plus anciens souvenirs d’enfance de Kara auprès de ses véritables parents ? Si la jeune fille accepte sa double nature et son héritage, rien ne pourra l’arrêter !

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Mariko Tamaki, scénariste primée de renom, nous offre une relecture moderne des origines de Supergirl, la cousine de ce cher Kal-El qui ici n’interviendra à aucun moment dans le développement de l’intrigue, laissant Kara se construire seule avec ses doutes et ses peurs mais aussi ses plus grandes forces et son entourage. C’est plutôt bien vu et ce sera disponible d’ici quelques semaines chez Urban dans la collection dédiée aux récits pour adolescentes, avec des super-héroïnes réadaptées à notre monde actuel et avec des problèmes très personnels qui permettent de s’identifier à elles et de franchir certains caps difficiles de l’adolescence. Une riche idée !

Le dessin est signé quant à lui par Joëlle Jones, celle qui nous a offert une très belle prestation sur les titres Batman et Catwoman sous l’ère DC Rebirth, et qui fait ici des merveilles avec cette fille un rien timide aux grandes capacités et aux grands pouvoirs, qui impliquent forcément de grandes responsabilités. On ne va pas vous refaire l’histoire vous la connaissez déjà très bien, mais même de fins connaisseurs de la vie de Kara Zor-El risquent d’être surpris en bien par cette nouvelle version indépendante de toute continuité, mise en images avec simplicité et force de caractère.

Une très bonne histoire donc, que nous allons pouvoir découvrir en version française sous peu et qui je l’espère donnera le goût des comics à de nombreuses lectrices comme à de nombreux lecteurs ! C’est touchant et très fort, très humain, et on ne peut que se sentir proche de Kara à travers les épreuves et les problèmes qu’elle connaît à cet âge où on en a tant et tant. Un graphic novel très sympathique qu’il fait bon ajouter à sa collection et aux autres récits sur ce personnage si attachant !

samedi 26 janvier 2019

Les contes interdits - Peter Pan (ADA Éditions - Janvier 2018)


Une sombre histoire d'enlèvement d'enfants et préadolescents tire soudain l'ancien officier de police Jacques Dolan de sa retraite anticipée, après avoir résolu une horrible affaire et arrêté avec succès mais non sans sacrifice un dangereux criminel cannibale baptisé le Crocodile. Ayant depuis gagné le surnom de Hook à cause de la prothèse qu'il arbore suite à cette rencontre, Jacques est contacté par une de ses anciennes amantes, éducatrice ayant adopté plusieurs enfants pour les sortir de la rue et de la misère criminelle dans laquelle ils vivaient jusque là. Sauf que ces trois enfants, Wendy, Jean-Philippe et Michaël, ont été enlevé par un individu extrêmement dangereux dont on ne connaît que le nom : Pan. Jacques accepte de mener l'enquête et s'intéresse de près à une nouvelle drogue faisant fureur dans la ville de Québec et ses environs. On l'appelle la Poussière. Elle donne l'impression à ceux qui en consomment de retomber en enfance, et à ceux qui en prennent trop l'impression qu'ils peuvent voler... ce qui finit immanquablement en suicides en série sur lesquels la police locale ne peut enquêter davantage. Convaincu qu'il existe un lien entre la Poussière et le kidnappeur des trois enfants, Jacques parvient à faire jouer ses contacts pour obtenir de précieuses informations qui le mèneront tout droit à la tanière de celle qui se fait appeler Clochette, nymphomane ayant le marché de la Poussière entre ses mains. Après un nouveau et douloureux sacrifice, Jacques s'en tire vivant et avec de nouveaux indices pour remonter la piste du mystérieux Pan, jusque dans le Grand Nord Canadien, où se trouve un chalet au milieu d'un lac paisible en apparence... théâtre d'horreurs sans nom, ce chalet est devenu le royaume d'une petite communauté d'enfants sauvages drogués et entièrement sous le joug de leur ravisseur, qui ne se lasse jamais d'inventer des jeux plus cruels les uns que les autres. Wendy, seule des trois encore consciente de ce qui lui arrive, a un plan pour tenter de séduire Pan et de s'échapper afin d'aller chercher des secours, mais encore faut-il que la psychologie détraquée de Pan le lui permette. Jusqu'à quand parviendra-t-elle à tenir dans ce jeu pervers de séduction enfantine ? Pour Jacques une chose est sûre, le temps est désormais compté pour les enfants perdus, et pour les retrouver il devra faire ce qu'il n'avait jamais osé auparavant : se confronter de nouveau au terrible meurtrier l'ayant mutilé autrefois... face à face avec le Crocodile, seul adulte à connaître l'emplacement de Neverland, et chérissant depuis un bon moment de terribles envies de revanche...

J'ai commencé ce récit avec une attention plutôt distraite durant les deux premiers chapitres... avant de m'accrocher et de le finir d'une traite en quelques heures de glaçante terreur. La version de Blanche Neige des Contes Interdits de chez ADA Éditions était déjà plutôt costaude dans son genre, mais là on atteint un tout autre niveau de sadisme et d'horreur, qui touche de près à l'enfance et au monde affreusement sombre et glauque qui peut graviter autour, avec son lot de prédateurs et de détraqués aux aguets. Très bien écrit -même si pour nous pauvres Français il faut faire avec la séduisante désuétude du langage purement Québecois- et mené de bout en bout à un rythme endiablé par un jeune auteur très talentueux, ce récit d'enquête policière vous dérangera autant qu'il vous fascinera, du moins je l'espère si vous êtes à peu près normaux. Vous reconnaîtrez sans peine les différents personnages de l'histoire originelle, et leurs interactions vous paraîtrons peut-être similaires et familières... mais vous verrez bien vite que ce court roman vous réserve encore bien des surprises auxquelles vous ne serez jamais préparés. Attachez vos ceintures et accrochez-vous bien à votre sens de la morale et à votre cœur, vous en aurez grand besoin pour pénétrer de plein pied dans cette histoire ténébreuse...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 14 janvier 2019

Les contes interdits - Blanche Neige (ADA Éditions - Janvier 2018)


Émilie est internée dans un institut psychiatrique pour cas assez pointus et désespérés, Fort Orée. Droguée et amnésique, elle ne se rappelle d'aucun élément de son passé, ni des raisons qui l'ont faite interner ici. Elle est d'une grande beauté dit-on, vulnérable également et soumise aux caprices et attouchements du Docteur Charron, le psychiatre en charge de lui faire avouer ses crimes. Car apparemment, Émilie aurait tué plusieurs personnes par le passé, mais elle ne s'en souvient pas. Tout est flou, et même les viols répétés du Docteur Charron ne parviennent pas à la tirer de sa transe, quand bien même un infirmier sensible à sa détresse parviendrait de justesse à lui permettre de s'évader. Commence alors pour Émilie une échappée belle dans une forêt qu'on pourrait dire hantée, où les chemins sont trompeurs et où tout peut se produire, à commencer par la rencontre avec une terrible sorcière noyée cherchant à assouvir son impitoyable désir de vengeance. Là, au cœur des bois, notre infortunée va se retrouver dans un luxueux manoir sorti de nulle part, vide, qui lui servira de refuge contre les éléments et contre la sorcière des bois... mais elle découvrira rapidement que l'endroit renferme lui aussi son lot de lourds et inavouables secrets, des horreurs sans nom qui s'y sont produites et s'y produisent encore à la nuit tombée. Émilie sera prise au piège et forcée de jouer à ce jeu pervers du chat et de la souris, remontant peu à peu le cours des événements et assistant aux meurtres sanglants des tortionnaires habitant le manoir, avant d'être de nouveau la proie de la sorcière et de sa lugubre histoire. Mais tout au long de ce récit, une question se pose : qui est réellement Émilie ? Blanche colombe égarée, ou psychopathe sanguinaire ? Au lecteur de trancher, si tant est qu'il puisse survivre lui aussi à cette plongée dans les eaux tumultueuses de la folie furieuse...

J'ai été attiré dès le départ par ces Contes interdits, cherchant tout d'abord des renseignements en librairie sur leur parution, les auteurs, l'éditeur... ils viennent du Québec, douce province à l'accent chantant, et se proposent de revisiter avec un niveau de langue assez soutenu les contes d'autrefois, les belles histoires de notre patrimoine de l'imaginaire, celles-la mêmes qui ont fait le succès des studios Disney entre autres. Ici, L. P. Sicard nous entraîne dans une relecture moderne et macabre de Blanche Neige, où tout le merveilleux cède la place à l'horreur et à l'effroi pur. La perdition du personnage principal, son errance dans la folie, les tourments dont elle est victime ou bien bourreau... rien n'est jamais vraiment certain dans ce conte cruel et sanguinolent, et même arrive à la toute fin le lecteur devra encore se poser bien des questions pour tenter de donner un sens à cette aventure au bord du gouffre. Comme je le disais plus haut, le niveau de langue est assez soutenu, les mots choisis avec soin et poésie, une certaine habileté venant de l'habitude, et même dirai-je une virtuosité à nous faire naviguer au cœur de la tempête. Si certains passages sont d'un cru cruellement réaliste, ce n'est que pour mieux mettre en valeur la structure du conte dans toute son horreur. Âmes sensibles s'abstenir, jeune public également, car il faut avoir le cœur bien accroché pour rester jusqu'au bout, quand l'unique flamme de raison finit par s'éteindre et nous plonge dans une nuit sans fin...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 29 juillet 2015

Belle (Robin McKinley - Pocket - Juin 2015)


Ce n'est pas une relecture du conte de La Belle et la Bête, plutôt une réécriture que nous offre Robin McKinley, auteur réputée pour ce genre très particulier ainsi que ses œuvres de fantasy. Fondamentalement je n'ai pas grand chose à vous dire sur ce livre, si ce n'est qu'il est très fidèle à l'esprit du conte original ainsi qu'à son déroulement, tout en gardant une part d'originalité bien à lui. Une lecture rapide, que je vous conseille si vous aimez relire en version plus moderne et poussée les contes de votre enfance. Belle n'a rien à envier aux premiers conteurs ainsi qu'à la fantastique version de Disney, c'est à la fois neuf et ancien, original et fidèle, mais surtout très agréable à lire sans voir le temps passer, un peu comme au sein de ce château fabuleux. Pas besoin d'un résumé, vous connaissez tous au moins une ou deux versions de cette histoire. Montrez-vous curieux et sautez le pas, cette nouvelle version offre tous les avantages des anciennes dans une nouvelle écriture romantique et poignante : la quête de soi, la solitude, la fatalité, l'amour, le changement, la rédemption. Recette mille fois approuvée, et Mnémos, éditeur sur qui on peut compter pour ce genre de chose, ne s'y est pas trompé en sortant ce livre en 2011. Cette réédition chez Pocket vous permettra de le lire à moindre prix et dans un format passe-partout idéal pour ces vacances déjà bien entamées.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !