vendredi 29 novembre 2024

La V.O. du vendredi n°267 : Witchblade tome 2 (Image/Top Cow - Avril 2019)


Intriguée par le retour de son ancien crush d'entre les morts, Alex n'aura toutefois pas le temps de l'interroger davantage sur cet état de fait, puisqu'il disparaît de nouveau. Pendant plusieurs semaines, Alex va donc chasser les démons à sa façon pour satisfaire la volonté du Witchblade, dont elle ne parvient toujours pas à cerner l'objectif.


Mais elle n'est pas la seule à vouloir comprendre un peu mieux cet Artefact. Visée par une inconnue avec un revolver doté de balles bien étranges, Alex ne doit sa survie qu'à la chance ou peu s'en faut. En cherchant à se renseigner sur son agresseuse, l'ancienne journaliste va découvrir qu'il existe toute une conspiration visant à s'emparer du Witchblade pour le compte d'une société pharmaceutique de pointe dont la présidente désire plus que tout posséder le pouvoir de l'Artefact pour elle-même.


Après avoir réussi à capturer la tireuse, Alex et ses compagnons vont tenter de comprendre jusqu'où remonte cette conspiration et de qui ils doivent se méfier, et à plus forte raison à qui ils peuvent faire confiance dans cette affaire. Hélas, à peine le temps pour eux de définir une stratégie que celle-ci est mise en difficulté par la capture d'Alex à son tour !


La porteuse du Witchblade va être détenue dans les laboratoires de son ennemie pendant deux longues semaines, forcée à combattre des démons en boucle et exposée à une sinistre magie du sang qui vise à corrompre son lien avec l'Artefact pour mieux l'en séparer par la suite. Parvenant par miracle à s'évader en compagnie d'une autre détenue, Alex finit par découvrir que toutes les femmes pouvant posséder le Witchblade ont été minutieusement traquées et éliminées par l'organisation, dans l'idée de former une seule d'entre elles à devenir l'hôte parfaite suivant les volontés de la patronne.


Poussée dans ses retranchements, Alex tombe sous l'emprise du Witchblade corrompu et pactise avec un démon de haut rang pour tenter de faire s'évader ses amis des mêmes locaux dont elle a pu s'échapper peu auparavant. Utilisant la magie du sang contre elle-même, Alex parvient néanmoins à gagner assez de temps pour que le nouveau lien avec le Witchblade se renforce et lui permette de faire céder le sortilège avant que le transfert ne soit complet vers l'hôte choisie.


Cependant, il semble que la déflagration d'énergie mystique qui s'en suit les ait toutes et tous projeté dans le futur, en 2025, où New York est devenue une zone hautement militarisée sous extrême surveillance ! Et, en 2019, juste après l'explosion, le démon qui avait pactisé avec Alex essaie maintenant de pactiser de même avec Haley, l'hôte idéale mais rejetée, qui se fait désormais appeler Shadowblade et n'a qu'un seul but en tête : redevenir complète en retrouvant son autre moitié, apparemment toujours entre les mains d'Alex.


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Au bout de ce second tome de la seconde série Witchblade je commence à mieux comprendre pour quelles raisons elle n'a pas bien fonctionné à son époque, toute fin des années 2010. Par rapport à l'originale, il y a assez peu d'action, les personnages ne sont pas vraiment attachants et on a tendance à rapidement en oublier certains dans le décor, et surtout le dessin n'est pas franchement au mieux de ce qu'Image pouvait fournir en ce temps pré-Covid.


Reste néanmoins que le scénario tient la route, même si là aussi ce n'est pas vraiment passionnant, et il faut tout de même passer au moins la moitié de l'album avant de comprendre où tout cela va nous mener, ou si vous préférez avant que l'intrigue générale ne devienne redondante et donc prévisible. Dommage car je commençais à bien aimer cette nouvelle Alex Underwood combattant les démons dans les rues de New York à la nuit tombée, mais il faut croire que c'était encore trop proche de la formule d'origine.


A trop vouloir la changer, cette formule, les auteurs et artistes de cette seconde version ont peut-être perdu ce qui faisait tout le sel de la première série, le côté ultra-sexy en moins cela va sans dire. Il y aura bien quelques références visuelles ici et là mais c'est tout ce que l'on est en droit d'attendre de ce titre, qui désire nous entraîner dans quelque chose de plus psychologique et pernicieux, pas forcément de la meilleure des façons cependant.


Alors est-ce que le troisième et dernier tome va réussir à nous fournir une conclusion digne de ce nom ou bien sera-ce la déception jusqu'au bout ? Réponse dans les prochaines semaines !

samedi 23 novembre 2024

Amazing Spider-Man par David Michelinie et Erik Larsen omnibus (Panini Comics - Juillet 2024)


Quand vous vous appelez Peter Parker, et que votre alter-ego n'est autre que le sympathique Spider-Man, vous vous traînez forcément une certaine malchance et un bagage émotionnel gros comme une maison. Mais, à mesure que vous affrontez les épreuves que la vie s'acharne à placer sur votre chemin, vous en sortez grandi et mieux entouré que jamais. En principe.


Même s'il est marié à la superbe Mary Jane, qui connaît le succès depuis qu'elle joue l'un des rôles principaux dans un soap-opera télévisé, et que cette dernière le soutiendra toujours coûte que coûte dans les moments de doute comme dans les joies les plus infimes, Peter doit tout de même compter avec le retour de pas mal de ses anciennes connaissances dernièrement. Par exemple, Felicia Hardy vient de débarquer à nouveau dans sa vie, au bras de Flash Thompson, qui de son côté ignore totalement que sa nouvelle petite-amie fabuleuse n'est autre que la Chatte Noire, criminelle repentie mais extrêmement amoureuse de l'Homme-Araignée.


Le plan de Felicia est assez simple au fond : Peter lui a brisé le cœur, alors elle va briser celui de l'un de ses meilleurs amis, avant de s'acharner à lui prouver qu'il a fait une grosse erreur en se mariant avec MJ et qu'il aurait mieux fait de la choisir elle ! Sur le papier, aucun problème pour une séductrice et croqueuse d'hommes comme Felicia, d'autant que Flash reste un grand simplet incapable d'imaginer sa fourberie. Ce que la Chatte Noire ne pouvait prévoir, en revanche, c'est que MJ ne céderait aucun pouce de terrain malgré les menaces à son encontre, et que Flash Thompson se révélerait bien plus attrayant qu'attendu lorsqu'on lui laisse l'occasion de démontrer ses talents chevaleresques.


Si seulement il n'y avait que des intrigues amoureuses autour de Peter, il en serait sans doute comblé ! Malheureusement, Spider-Man doit aussi négocier avec le retour, une fois de plus, de l’infatigable Venom dans les environs, et une énième bataille sans merci qui s'annonce entre les deux hommes-araignées que tout oppose. En plus, Mary Jane de son côté est de nouveau la cible du harcèlement de Jonathan Caesar, tout juste sorti de prison et pas du tout soigné de son obsession maladive pour elle. Le magnat immobilier envoie à nouveau ses sbires faire la chasse à toute personne partageant de près ou de loin la vie de son idole, ce qui inclus Spider-Man puisqu'il s'ingénie à sauver la belle rousse à chaque tentative d'enlèvement.


Grâce à un habile stratagème, le Tisseur parvient à retourner ses différents ennemis du moments les uns contre les autres et à faire en sorte qu'ils se neutralisent réciproquement, Eddie Brock repartant en prison sans son précieux symbiote laissé pour mort. Quant à MJ, elle ira en personne dire deux mots à Caesar et mettre les choses au clair une bonne fois pour toutes entre eux, mais elle ne pouvait pas prévoir l'intervention d'un nouveau joueur dans la partie, lui aussi fan inconditionnel de la belle rousse et peu désireux de la laisser lui échapper...


Cela fait déjà pas mal de problèmes à résoudre, mine de rien, mais il reste encore de la place sur l'agenda très chargé de Spider-Man, alors pourquoi ne pas en profiter ? Depuis quelques temps, le Docteur Octopus prend un malin plaisir à recontacter ses anciennes relations criminelles pour les pousser à revenir à lui et à reformer, tous ensemble, les Sinister Six dans le but avoué de conquérir le monde à l'aide d'une menace de premier plan. Si Electro, Mysterio, le Vautour et le Super-Bouffon répondent bien présents avec grand plaisir, ce n'est pas le cas de l'Homme-Sable qui nécessitera une petite menace supplémentaire pour le faire rentrer dans le rang. Combien de temps ce chantage atroce tiendra-t-il, là est toute la question. En attendant, Baker ne peut que courber l'échine et faire ce que l'on attend de lui, malgré ses réserves.


A peine débarrassé du groupe formé par ses plus terribles adversaires, Spider-Man doit une fois de plus affronter Venom qui vient de se reconstituer et de s'évader de prison pour le duel final ! Seuls, isolés sur une île désertée depuis un accident minier, les deux combattants vont tout donner pour l'emporter, l'un pour survivre, l'autre pour tuer. Au beau milieu de la jungle et alors qu'il subit la traque impitoyable de Venom, Peter a soudain une nouvelle idée de génie et parvient à simuler sa propre mort aux yeux de son ennemi, qui décide alors le sourire aux lèvres de profiter pleinement de sa nouvelle vie de tranquillité.


De retour à New York, c'est cette fois contre le Caméléon et sa nouvelle petite bande de malfrats que Spider-Man devra se frotter, mais sans ses pouvoirs à cause d'une machine conçue par le malfaiteur métamorphe. Aidé de la Chatte Noire sur ce coup, Peter ne s'en sort que de justesse par là aussi un habile retournement de situation, tandis que Felicia perd ses propres capacités surhumaines semble-t-il définitivement ! Les deux alliés de circonstances décident d'en rester là et de garder le secret l'un sur l'autre auprès de leurs proches, Felicia voulant finalement tenter sa chance avec Flash qui n'est pas si mal à ses yeux. La hache de guerre est donc officiellement enterrée entre les deux amants d'antan, et chacun va retrouver la précieuse compagnie de son être cher.


Seulement, Spider-Man commence à devenir une sérieuse épine dans le pied d'un gros joueur : Justin Hammer, multimilliardaire retors et fournisseur d'armes et de costumes high-tech à de nombreux super-vilains. C'en est au point où Hammer décide de faire appel au Rhino puis à Boomerang pour éliminer Spider-Man et ce nouveau justicier se faisant appeler Cardiac qui prennent un malin plaisir à s'attaquer à ses entreprises illégales et fort juteuses. Mais rien ne semble en mesure d'arrêter les héros sur leur lancée, et Hammer finit par abandonner ses projets les concernant, du moins pour le moment, tant que rien ne permet de remonter jusqu'à lui.


Enfin, cinq des membres des Sinister Six ont très mal digéré la trahison du Docteur Octopus précédemment, et s'entendent alors pour le retrouver et lui faire payer le prix de son infamie. Mais ce n'était qu'une nouvelle ruse pour réunir l'équipe autour de son leader naturel, dans le but cette fois-ci de s'emparer d'armes ultra-perfectionnées dans une autre dimension et de revenir à New York pour y semer le chaos et la désolation. Avec ses tentacules en adamantium, plus dangereux que jamais, Otto semble bien proche de la victoire au bout du compte, car même Hulk ne peut rivaliser en face à face. Il faudra l'aide de Ghost Rider, de Deathlok et du Somnambule pour enfin arrêter les méchants et mettre Octavius hors d'état de nuire, peut-être pour de bon cette fois-ci.


Et pour conclure en beauté, c'est désormais à Alistair Smythe d'entrer en scène avec toute une armée d'Anti-Araignées conçus sur mesure pour s'en prendre à la fois à Spider-Man et à Jonah Jameson, les deux personnes responsables de la mort de son père et de son obsession maladive pour ses machines. Guéri de son handicap, Alistair place l'Homme-Araignée face à un grave cas de conscience : soit il tente de l'arrêter directement au prix d'un combat épique, soit il parcourt toute la ville à la recherche des Anti-Araignées envoyés s'en prendre aux proches de Jameson et de Peter. Autant dire que non seulement la nuit va être longue, mais surtout que Spider-Man ne rigole plus, et Smythe en sera quitte pour ses frais !


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Nous sommes ici en présence du second omnibus consacré au long run de David Michelinie sur la série principale Amazing Spider-Man, couvrant cette fois-ci le tout début des années '90, avant le départ fracassant des dessinateurs-rois de Marvel pour fonder Image en directe concurrence. Erik Larsen prend le relais de Todd MacFarlane dans un style graphiquement très proche du précédent, reprenant et même améliorant à sa façon les gimmicks inventés par le futur créateur de Spawn.


Si vous avez lu cet omnibus, vous savez que j'ai passé sous silence durant ce long résumé certains chapitres qui étaient pourtant bien dessinés aussi par Erik Larsen, mais qui figuraient déjà au sommaire du premier volume, inutile donc d'en reparler. Marvel et Panini ont décidé de garder ces épisodes en doublon pour que la continuité se fasse plus simple à suivre d'un dessinateur à l'autre, et de ce fait le seul vrai facteur immuable est la présence de David Michelinie au scénario, et je m'en réjouis totalement.


Je ne vais pas reprendre point par point tout ce que j'avais déjà pu développer dans mon article sur le premier omnibus de ce run d'exception, mais je rappellerai simplement que le travail formidable de Michelinie pour briser les clichés de son époque, notamment concernant la position des femmes dans l'entourage des super-héros, a fait des merveilles et nous a offert des héroïnes du quotidien fortes et imbattables elles aussi à leur façon, soutiens de toujours comme rivales acharnées.


Erik Larsen partira ensuite faire voguer sa propre galère, puis il reviendra chez Marvel quelques années plus tard pour reprendre la série Spider-Man lancée par MacFarlane lui-même en son temps, où il mettra son expérience des récits d'action pure et dure au service de l'éditeur dans un style qui lui est propre. La qualité de l'histoire n'est clairement pas la même, et clairement pas au niveau du scénario développé par Michelinie, mais ça reste un bon défouloir et c'est agréable à l’œil la plupart du temps. On sent que le dessinateur vedette est devenu un conteur à sa façon et qu'il éprouve le besoin de s'exercer pour perfectionner son nouveau talent, quitte à revenir chez Marvel à plusieurs reprises par la suite, toujours sur les aventures de Spider-Man pour quelques numéros par-ci par-là.


Je terminerai, une fois n'est pas coutume, en vous parlant d'une expérience personnelle concernant le contenu de cet omnibus. J'avais dans ma collection depuis un bon bout de temps un vieil exemplaire de la revue française Strange, contenant un épisode que j'avais adoré et que j'ai lu et relu encore et encore tellement j'étais fasciné. Et bien cet épisode se trouve collecté ici dans cet omnibus par Panini, il s'agit de celui où le gentleman-cambrioleur vieillissant Black Fox fait son grand retour à New York pour y dérober un énorme diamant, se mettant à dos non seulement le Tisseur mais surtout le terrible Docteur Fatalis, à qui il a volé sans le savoir une de ses plus précieuses possessions. Je me rappelais du combat incroyable qui s'en suivait entre Spider-Man et Fatalis, et c'est avec un immense bonheur que j'ai pu retrouver tout cela en qualité supérieure et surtout que j'ai pu enfin associer un nom à cette histoire de folie, celui de David Michelinie, illustre inconnu pour moi quand je parcourais mon Strange fiévreusement étant plus jeune et moins expérimenté.


Comme quoi, on tombe parfois sur des petites pépites du passé comme ça en lisant au hasard et en ne se rendant pas forcément compte tout de suite de la valeur des histoires que l'on possède et accumule avec patience et application. Certains détails seront à jamais inexpliqués, quand d'autres trouveront enfin une signification toute particulière et entière bien des années après, au fil des rééditions. Je suis très content et reconnaissant à Panini/Marvel de m'avoir fait revivre ce moment d'émotion, qui me permet de rentabiliser cet omnibus sans problème, du moins sentimentalement parlant !


La suite du programme, si Panini reste conforme aux parutions V.O. de Marvel, ça devrait être le passage de Mark Bagley sur Amazing Spider-Man toujours aux côtés de David Michelinie aux manettes, et ça aussi j'ai très très hâte de le découvrir même si certains récits sont d'ores et déjà devenus légendaires dans d'autres collections (Maximum Carnage, par exemple). Je vous invite à patienter quelques mois le temps que tout cela se fasse, vous me retrouverez sans faillir fidèle au poste et toujours avec grand plaisir !


Au fait, que pensez-vous de la couverture collector de cet omnibus ? Je la trouve personnellement bien plus réussie et impactante que celle choisie pour l'édition régulière, peut-être parce qu'il y a ce charme désuet qui y est attaché, ou bien parce que Panini nous offre à cette occasion un effet vernis sélectif et relief qui en jette pas mal au sein d'une bibliothèque bien garnie !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

 

vendredi 22 novembre 2024

La V.O. du vendredi n°266 : Psylocke #1 - Masks (Marvel - Novembre 2024)


Pendant de trop nombreuses années, Kwannon était piégée à l'intérieur de son propre corps, piloté et maîtrisé par une autre qu'elle, sous l'identité de Psylocke, mutante et assassin experte en la matière. Depuis quelques temps, elle a enfin retrouvé toute la maîtrise de son être, et son esprit comme son corps sont maintenant en parfaite adéquation. Mais qui est-elle réellement ? Ses propres partenaires au sein des différentes équipes X-Men peuvent-ils seulement se targuer de la connaître comme il se doit ?


La vérité est que Kwannon sera toujours la plus isolée du groupe, ne pouvant se fier qu'à elle-même et ne rendant de compte qu'à l'intérêt supérieur qu'elle sert de son mieux. Quand, au retour d'une mission de sauvetage en solo, Cyclope décide de la mettre sur la touche plutôt que de l'emmener avec le reste de son groupe direction leur prochaine aventure, c'est la goutte de trop pour l'ex-ninja qui cherche désormais une façon de s'occuper, et surtout d'échapper à ses propres pensées. Pas si facile quand on est télépathe de haut niveau, avec un inconscient regorgeant d'horreurs...


Mais finalement une nouvelle opportunité s'offre à elle quand elle en a le plus besoin : selon ses sources, l'A.I.M. préparerait une grande soirée mondaine pour révéler leur tout nouveau produit de contrebande, dernière évolution en date de la tristement célèbre hormone de croissance mutante. S'infiltrant sans problème dans la soirée, Psylocke découvre que le clou du spectacle n'est pas tant la révélation du produit en lui-même que la mise aux enchères de cinq jeunes mutants enlevés à leurs familles !


Voyant rouge immédiatement, Kwannon fonce dans le tas et extermine ses opposants du moment, ne retenant plus ses coups et cherchant à détruire tout autant qu'à sauver. Enlever des enfants innocents pour la seule raison qu'ils sont mutants la révulse et ne lui rappelle que trop bien son propre passé, qui a tendance à ressurgir dans sa mémoire depuis un moment. Quand elle se réveille de sa transe de combat, Kwannon se tient au-dessus d'un cadavre tout frais... et c'est elle qui tient le sabre ensanglanté !


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C'était probablement l'un des personnages que j'aimais le plus dans les débuts de l'ère Krakoa des X-Men sous Jonathan Hickman, dont vous pouvez d'ailleurs toujours suivre mes chroniques chaque mercredi ou quand j'ai le temps de m'y consacrer. Je suis donc très très content de m'être procuré le premier numéro de la nouvelle série consacrée à Psylocke version Kwannon, qui mérite depuis bien longtemps d'avoir son propre moment de gloire ou du moins sa propre exploration psychologique, une chose que son passage dans les Hellions de Monsieur Sinistre ne pouvait pas forcément permettre au milieu des autres personnages de l'équipe.


Il y a par ailleurs déjà eu une première série sur Psylocke à la toute fin des années 2000 mais nous en parlerons une prochaine fois, et puis il s'agissait toujours de Betsy Braddock il me semble et non Kwannon aux commandes.


Encore une fois j'ai craqué pour une couverture variante signée Artgerm, comme vous le savez à présent je considère cela comme une sorte de gage de qualité ou tout du moins d'intérêt certain.


Je ne suis pas du tout à jour dans mes lectures mutantes chez Marvel, mais je me permets de faire un grand bond en avant et de prendre le train en marche pour quelques séries seulement, comme celle-ci, des séries qui me promettent de grands moments d'action et d'émotion en suivant les aventures en solo de mes personnages favoris. Je tâcherai de rattraper mon retard au fur et à mesure, et ces mêmes chapitres que je vous présente maintenant seront bien disponibles je pense dans les futures revues mutantes de Panini dès 2025, on aura donc l'occasion d'en reparler !


Ce premier chapitre contient également quelques publicités et indices concernant les autres séries de l'univers mutant de Marvel, après la chute et la fin de l'ère Krakoa. Mais ce qui m'intéresse le plus c'est la dédicace en souvenir de John Cassaday, dessinateur brillant lui aussi parti bien trop tôt. Je trouve le fait que ses anciens amis et collègues lui rendent ainsi un dernier hommage public est de bon goût, en tout cas ça permet de rappeler quelles furent ses contributions majeures dans les années 2000 aux séries mettant en scène les X-Men. A l'heure où les équipes mutantes sont plus divisées que jamais, c'est toujours bon de regarder un peu en arrière pour se rendre compte de tout le chemin parcouru.

La V.O. du vendredi n°265 : Batgirl #1 - Mother, part 1 of 6 (DC Comics - Novembre 2024)


« - Tu sais, je n'ai jamais voulu avoir de fille... » « - Tu parles comme si j'avais voulu avoir une mère. »


C'est par ce premier échange assez tendu que s'effectuent les retrouvailles entre Cassandra Cain, la Batgirl en titre, et sa génitrice Lady Shiva, sans doute l'assassin la plus douée au monde. Par le passé, Shiva a tout tenté pour convertir sa fille à son mode de vie, en faire une arme suprême aiguisée et mortelle à souhait, mais Cassandra a préféré choisir d'être une héroïne aux côtés de Batman, le Chevalier Noir de Gotham City, et de ses autres apprentis. Évidemment, cette décision a créé quelques tensions dans la famille...


Mais ce soir, Shiva n'est pas là pour se battre. Pas avec sa fille en tout cas. Elle lui demande de l'aide, chose très inhabituelle pour qui la connaît, car d'après ses dires une dangereuse secte d'assassins a fait de sa lignée une cible prioritaire dans le cadre d'un grand contrat qui dépasse tous les enjeux précédents. Cassandra est elle aussi visée bien entendu, et seule l'union de la mère et de la fille pourrait avoir des chances contre ceux qui se nomment les Déterrés, apparemment d'anciens guerriers de jadis revenus à la vie dans le but de tuer toujours davantage.


Même si elle ne lui fait pas confiance le moins du monde, Batgirl est bien obligée de croire le récit de Shiva quand les fameux Déterrés leur tombent droit dessus au terme de leur rencontre glaciale. Alors qu'elles parviennent à s'échapper, après un combat acharné où elles réapprennent à se fier à l'autre en situation réelle, le temple de Lady Shiva est détruit dans une explosion et tous ses adeptes semblent massacrés jusqu'au dernier.


C'est dans les ruines du temple, en plein cœur de Gotham, que Batgirl et Lady Shiva vont devoir livrer leur plus grand combat à ce jour en tant que mère et fille, ou plutôt en tant que combattantes chevronnées ayant la rage en elles et brûlant de s'en servir pour rendre justice et coup pour coup à leurs assaillants. Une justice toute personnelle en ce qui concerne Shiva, mais l'heure n'est pas encore à la réflexion pour l'apprentie détective, il lui faut déjà survivre à cette longue nuit qui s'annonce !


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Je ne connaissais pas vraiment Cassandra Cain comme personnage dans la vaste galerie de la bat-famille, mais j'ai appris petit à petit à la reconnaître lors de ses apparitions ou quand les scénaristes trouvent le moyen de l'utiliser dans leurs récits, ce qui jusque-là n'arrivait pas si souvent admettons-le. C'est donc avec plaisir que je me lance dans cette nouvelle série qui lui est entièrement consacrée, dans le cadre du DC ALL IN qui vient de s'engager chez cet éditeur historique à plus d'un titre.


Le renouveau souhaité fera-t-il mouche ? Pour l'instant, et à l'aune de ce seul premier chapitre d'une seule des séries annoncées dans le catalogue, je suis plutôt satisfait et curieux de connaître la suite. La couverture variante signée Artgerm est pour beaucoup dans mon choix de m'engager sur cette nouvelle série, car personnellement je dois avouer que je trouve toujours la présence de cet artiste sur un projet assez vivifiante et de bon augure quant à la qualité du titre. Nous verrons bien ce qu'il en sera dans les prochains chapitres !


Cette série Batgirl version Cassandra Cain promet en tout cas son lot d'action à chaque page tournée, et également pas mal d'introspection pour la jeune détective combattante qui va devoir miser sur une confiance toute relative à l'égard de sa mère pour qui elle n'a que mépris et même colère pas tout à fait enfouie. Et cette dernière le lui rend bien ! Dans le petit monde de Batman, les tensions familiales sont nombreuses et souvent le sel de scénarios bien ficelés dont on peut profiter sur la longueur. Ici on nous annonce pour le moment un premier arc en six chapitres, et comme ça démarre très fort je me demande ce que les artistes sur ce titre nous réservent pour que le souffle épique ne retombe pas de sitôt !


Juste une petite observation personnelle sur le design des nouveaux ennemis du jour : les Déterrés ressemblent quand même furieusement à mes yeux aux ninjas de la Main chez Marvel... le seul vrai changement c'est la couleur de leur tenue, passant du rouge au bleu. Est-ce que les artistes de Batgirl sont allés piocher dans la même source que ceux de Daredevil par exemple ? Je ne suis pas un spécialiste du Japon médiéval mais la similitude de ces deux sectes me perturbe un peu, peut-être aurait-il mieux valu les différencier davantage pour éviter ce genre de réflexion.

jeudi 7 novembre 2024

#DRCL - Midnight Children tome 3 (Ki-Oon - Octobre 2024)


Les loups du zoo se sont échappés en pleine nuit, attirés par un étrange individu vêtu de noir et disparaissant dans les ténèbres au moment de son forfait. Toute la ville de Whitby est hantée du sinistre hurlement des bêtes dont la bride est lâchée, transportant leur nouveau maître jusqu'à sa proie !


Dans la chapelle de l'académie, le professeur Van Helsing et les quatre élèves qu'il a rassemblé autour de lui tentent le tout pour le tout afin de sauver Luke/Lucy, qui semble comme possédé(e). Alors que Mina parvient finalement à arracher le droit d'être la première personne à donner son sang pour la pauvre victime, malgré l'ego blessé des garçons, le Comte fait soudain son apparition à la tête de sa meute, foulant du pied les précieuses protections mises en place par Van Helsing pour tenter de le contenir, sans le moindre effet apparent.


Psychologiquement brisé par cet échec avéré de ses méthodes ancestrales, Van Helsing n'est plus d'aucune aide et les adolescents se démènent alors de leur mieux pour faire reculer les loups ainsi que le Comte, en entonnant spontanément un cantique qui les protégera du Mal. Cela semble contre toute attente fonctionner, le Prince Immortel disparaissant peu à peu avec ses bêtes. Lorsque le jour se lève, le calme est revenu...


Mais la hantise n'est pas terminée pour autant. Van Helsing, portant Luke dans ses bras, tente de sortir de la chapelle mais est soudain frappé par le regard de l'ennemi qui simulait la lumière du soleil au beau milieu des ténèbres nocturnes. Tout simplement désintégrés dans un épais brouillard de sang, les deux corps ne seront jamais retrouvés. Tout juste subsiste-t-il le bras droit du professeur Hollandais, dans la main duquel repose un crucifix d'argent, sa seule défense véritable.


Le cercueil de Luke est enterré vide et tous les élèves de l'académie sont invités à se recueillir au-dessus de sa tombe. Fait étrange, les loups échappés du zoo ont d'eux-mêmes regagné leur cage et se tiennent tranquilles. Tout semble rentré dans l'ordre, alors que tout le monde reprend ses occupations du quotidien en oubliant presque totalement l'incident. Mais pas les quatre survivants, qui se jurent sur la tombe de leur ami défunt de ne plus jamais faire confiance aux adultes et de rester unis quoi qu'il puisse arriver.


Quelques temps plus tard, la panique gagne à nouveau la petite ville de Whitby. Des enfants disparaissent de leur chambres en pleine nuit, emmenés d'après de rares témoins par une femme vêtue de noir, sans laisser la moindre trace de son passage. Rassemblés dans la chambre de Mina à l'académie, les quatre membres du Camelia Club pratiquent une séance de spiritisme pour tenter d'entrer en contact avec l'esprit de Luke, via une planque de Ouija, mais c'est l'âme tourmentée de Van Helsing qui leur répond ! Luke ne serait pas mort... ni tout à fait vivant non plus. Coincé pour l'éternité dans un entre-deux fait de damnation et d'horreurs indicibles, il peut toutefois encore être sauvé et conduit dans l'au-delà à condition de parvenir à le rejoindre dans sa tanière.


Aussitôt, les trois garçons laissent Mina en plan dans sa chambre pour partir à la recherche de la tombe de Luke en pleine nuit, afin d'en exhumer le cercueil et de vérifier si leur ami s'y trouve ou non. Désemparée par ce manque de confiance et ce nouvel abandon, Mina ne se rend pas compte qu'elle invite près d'elle un nouvel esprit, qui ne demande qu'à s'entretenir un peu avec elle...


De leur côté, Arthur, Jo et Quincey semblent parvenir à la conclusion que le cercueil de Luke est bel et bien toujours vide, jusqu'à ce que la lumière de leur lanterne n'éclaire de petits crânes dépouillés logés dans cette dernière demeure... des crânes d'enfants. Soudain, Lucy leur apparaît alors que la Lune se voile de lourds nuages, et les capture tous les trois afin de les dévorer !


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Les événements relatés et illustrés dans ce troisième tome de la série horrifique de Shin'ichi Sakamoto sont ceux de la mort de Lucy dans l’œuvre originale, qui était déjà assez terrifiante sur le papier et à travers les correspondances des principaux personnages de l'histoire, et qui a été magnifiée à mon sens par le film de Francis Ford Coppola. Mais cette mort tragique est aussitôt suivie d'une sorte de résurrection impie, et le combat qui s'annonce risque bien d'être déchirant à plus d'un titre !


Une fois de plus le thème du féminisme est abordé et plutôt bien traité quoique avec un brin de fatalisme par le mangaka, à travers son incarnation de Mina qui cherche toujours à obtenir la reconnaissance de ses pairs pour son courage et son implication mais ne récolte que douces paroles de protections et vaines promesses. J'espère qu'elle sera la clé du sauvetage des trois garçons face à Lucy car cela les remettrait pour de bon à leur place, et elle gagnerait ainsi la confiance du groupe alors que jusqu'ici toutes ses tentatives n'ont fait que la mettre à l'écart de ceux qui pensaient avoir la connaissance et la bravoure de leur côté.


Point fort aussi et gros changement par rapport au roman et à ses multiples adaptations, Van Helsing meurt très directement au contact du Comte, son ennemi fatal, après avoir vu toutes ses croyances brisées les unes après les autres devant lui. Il n'aura pu que s'en remettre à Dieu dans un ultime geste de défense, mais n'a apparemment toujours pas l'esprit tranquille après son trépas sanglant. Le reste de l'histoire est donc bien entre les mains des adolescents du Camelia Club, et je gage qu'il leur faudra surmonter encore quelques épreuves inédites avant de pleinement prendre conscience de ce à quoi ils ont affaire. Ce qui promet plusieurs autres tomes à cette série qui aurait pu être très courte sans cela ! Et apparemment, dans cette nouvelle version du mythe, tout le monde peut mourir à n'importe quel moment !


Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !