mercredi 12 juillet 2017

Wonder Woman Rebirth tome 1 - Année un (Urban Comics - Juin 2017)


Diana, princesse des fières et nobles Amazones, rêve d'un autre monde que celui de son île natale. Un monde dont elle ne connaît rien, mais dont toutes ses sœurs se souviennent avec mépris et douleur. Pourtant, rien ne saurait l'empêcher d'y croire... et voilà qu'un jour, un étrange appareil volant s'écrase sur la plage de Themyscira. Tout son équipage est mort lors de l'impact, à ce qu'il semble, mais il reste un survivant, gravement blessé, qui implore la princesse avant de s'évanouir. Soigné et étudié de près par les Amazones, Steve Trevor tente tout son possible pour leur faire comprendre qu'il doit retourner dans son monde, menacé par un réseau terroriste sur lequel lui et son escouade enquêtaient avant de s'écraser. Après un concile déchirant, c'est finalement Diana qui est choisie comme championne de Themyscira et chargée d'accompagner Steve dans son monde, et de l'aider à vaincre le mal qui s'y répand. C'est avec un pincement au cœur qu'elle accepte cette mission, qui fera d'elle une exilée incapable de regagner sa terre natale. Une fois arrivée aux États-Unis, c'est elle qui se retrouve objet d'études et de controverses, jusqu'à ce que la communication parvienne à s'établir entre elle et ses nouveaux amis. Dotée par ses dieux protecteurs de qualités et pouvoirs hors du commun, Diana va tout faire pour remonter la trace du réseau terroriste qui prône la voie d'Arès, dieu de la Guerre à la soif de sang insatiable, et tenter de vaincre cette idéologie par ses actes et sa volonté. Le combat sera rude et la mettra souvent à l'épreuve, mais elle ne renoncera pas, car elle est l'envoyée des dieux pour maintenir la paix et éviter que le monde ne sombre dans le chaos. Elle est Diana, princesse des Amazones, porteuse des bienfaits de leur culture et de leur savoir ancestral. Elle est Wonder Woman. Et le monde s'apprête à la rencontrer pour la première fois, un monde qui peut-être ne la mérite pas, mais un monde qui ne demande qu'à être secouru.

La série sur Wonder Woman démarre sur les chapeaux de roue avec ce premier tome, qui rassemble les numéros pairs de la série consacrés au passé. Les numéros impairs quant à eux seront disponibles dans les tomes à venir et raconteront la quête de vérité de Diana dans le présent, après le chamboulement de DC Rebirth. Ici nous sont donc racontées les origines de Wonder Woman, sa vie sur Themyscira ainsi que sa venue dans le monde des hommes, en somme tout ce qui manquait au personnage lors des New52 puisqu'elle arrivait dans la bataille déjà en connaissance de notre monde et de sa culture. Nous avons donc droit au récit des origines qui faisait défaut à l'héroïne lors de la précédente incarnation de l'univers DC, ses aventures des New52 ne sont pas remises en cause mais bel et bien renforcées par un tel apport, de la part d'un maître du personnage et de son envergure car il s'agit de Greg Rucka lui-même qui reprend les affaires. Le dessin est efficace, clair et précis, et tous les personnages gravitant autour de Diana sont attachants et immédiatement essentiels à son parcours. Comme de juste, concluons par un ''vivement la suite !'' amplement mérité.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mardi 11 juillet 2017

Kasane - La voleuse de visage tome 3 (Ki-Oon - Mai 2016)


Kasane connaît désormais le succès sur les planches grâce au visage de Nina, qu'elle ne cesse de lui emprunter. Nina de son côté alterne les phases d'éveil et de sommeil de sa maladie dans une attitude amorphe, de plus en plus éloignée de la réalité à mesure qu'elle perd toutes ses chances de connaître un jour ce même succès elle-même. Alors, dans un geste désespéré d'appel au secours, Nina tente de se suicider en se jetant du haut d'un immeuble. Kasane a tout juste le temps de lui emprunter son visage à nouveau avant que les secours n'arrivent et ne l'embarquent à l'hôpital, où le diagnostic est sans appel : Nina risque bien de ne jamais plus se réveiller, et de rester dans un état végétatif dont rien ne saurait la tirer. Enregistrée sous le nom de Kasane à cause de ses traits, elle est à deux doigts d'être déclarée morte par la tante cupide de la véritable Kasane... avant que celle-ci ne face volte-face et ne décide de défendre Nina contre sa tante. Un marché est donc passé, la fausse Nina gardera la fausse Kasane chez elle le temps de ses soins, quel qu'il puisse être. Mais une fois cette épreuve passée, c'est une autre calamité qui s'abat sur Kasane : les parents de Nina veulent rencontrer leur fille au succès grandissant, et sa mère se met petit à petit à avoir des soupçons sur la jeune femme qui se trouve devant eux. Un plan est donc monté en urgence par Kasane et son agent, Habuta, qui vise à faire en sorte que le père de Nina n'ait d'autre choix que de déclarer sa femme folle et ne la fasse interner ou suivre par un médecin spécialisé dans la paranoïa dans laquelle elle semble s'être enfermée. Tout cela juste à temps pour que Kasane puisse jouer son tout nouveau rôle au théâtre, celui de Salomé, la princesse maudite de l’œuvre d'Oscar Wilde, qui pourrait enfin lui apporter la richesse et la reconnaissance qu'elle attend, et qui pourrait lui permettre de se libérer du poids de l'héritage de sa mère pour enfin voler de ses propres ailes... mais les fantômes du passé sont bien plus difficiles à effacer que les épreuves du présent, et Kasane risque à tout instant de perdre ce fragile avantage qu'elle a su se conserver...

Un troisième tome très riche, qui voit Kasane aux prises avec plusieurs problèmes graves dans son entourage proche et qui menacent de briser sa carrière à tout instant. Non seulement la maladie et la dépression de Nina, mais aussi les soupçons de la mère de Nina ainsi que les remontrances de l'acteur vedette de la nouvelle pièce dans laquelle elle va jouer, tout en supportant le retour d'une ancienne camarade de classe qui la brutalisait au Lycée et dont le sort se retrouve entre ses mains... que va faire Kasane ? Tome très riche comme je le disais, une lecture à la fois complexe de part sa construction mais simple dans sa narration, pour une série toujours aussi excellente et prenante depuis son premier chapitre. Un seinen remarquable à conseiller à tout le monde autour de soi !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 10 juillet 2017

La question du lundi n°43 : Le "Dark Universe" d'Universal est-il encore viable ?


Le mois dernier sortait sur nos écrans le dernier film tant attendu de Tom Cruise, La Momie, des studios Universal. Ce film devait être ce que Dracula Untold avait échoué à être en son temps, c'est à dire le fer de lance d'un univers partagé au cinéma, le Dark Universe, rassemblant au sein d'une même continuité de films les différents monstres sacrés du cinéma comme Dracula, la Momie, le monstre de Frankenstein, la créature du lagon, le Dr. Jekyll et Mr. Hyde, etc. Tous les grands monstres de la littérature anglaise du XIXème siècle, dont Universal a récupéré tous les droits ou peu s'en faut.
Revenons-en au film La Momie. Il nous présente à la fois une nouvelle version de cette histoire qui date déjà des années '30 et dont selon moi la meilleure adaptation reste celle de Stephen Sommers en deux volets (clin d’œil : les amateurs auront reconnu le Livre d'Or d'Amon-Râ dans la bibliothèque du film récent, ainsi qu'un crâne de vampire et une main de créature aquatique), et également certains des personnages de ce fameux univers partagé comme le bon Dr. Jekyll, directeur de l'institut qui effectue des fouilles et des recherches dans le monde entier sur les avatars du Mal quels qu'ils soient, et son pendant malfaisant le redoutable Mr. Hyde. Mais entre un Tom Cruise en roue libre et un Russel Crowe qui en fait des tonnes, la sauce n'a malheureusement pas prise. Rappelons que le film souffre de près de 83% de critiques négatives, d'un désaveu quasi-total des fans du genre, et d'une promotion un rien lourdingue de la part des studios. La venue en grande pompe de Tom Cruise dans son premier talk-show français, Quotidien, n'y aura au final rien changé et le film se traîne lamentablement sur les écrans. Pour tout vous dire, quand je suis moi-même allé le voir avec la meilleure bonne volonté du monde, je me suis retrouvé totalement seul dans une salle entièrement vide, pour une séance privée qui m'a laissé plutôt froid. C'est vous dire à quel point le film que je m'apprêtais à voir avait su séduire son public...
Que veut faire Universal exactement avec son univers partagé de monstres ? Une concurrence assez tardive aux univers de Marvel et DC, Warner et Disney et leurs super-héros ? Une façon de dire ''Eh, nous aussi on peut faire une longue histoire sur plusieurs films avec des personnages connus de la culture populaire !'' et de tenter maladroitement de s'approprier une partie du public ? J'ai malheureusement plutôt l'impression que malgré tous leurs efforts, ils n'ont pour l'instant réussi qu'à saborder le navire et que la chute dramatiquement lente de leurs aspirations risque de faire mal. Pourtant sur le papier tout partait d'une bonne idée, mais peut-être est-il temps de se demander si les monstres du cinéma et de la littérature intéressent encore réellement quelqu'un de nos jours, à part les fidèles lecteurs du genre. Bonne idée mais peut-être mauvaise cible... et surtout gestion catastrophique des acteurs. Tout ne peut pas reposer uniquement sur un grand nom au casting, le public n'est pas si idiot et a généralement tendance à voir qu'il n'y a rien de bien concret derrière le voile. Ça me coûte de tenir ce discours, car quelque part au fond de moi j'y croyais, à ce Dark Universe et à sa belle fanfare. Je suis un grand fan du film Van Helsing de Stephen Sommers (encore lui) après tout, on peut dire que je suis peut-être un peu trop idéaliste et bon public, mais même moi j'ai été déçu par cette momie qui n'avait pas grand chose pour elle. Cela dit, il faut reconnaître que l'actrice choisie pour incarner la princesse maudite et revancharde était une des rares bonnes idées du film, c'est pratiquement le seul personnage qui ne sonne pas faux. Mais mise en face des ténors qui ne jouent pas leur rôle, elle perd de sa substance et cette nouvelle incarnation sera malheureusement vite oubliée.

Pas de réponse réelle à apporter à cette question pour l'instant, étant donné que cela commence tout juste, mais des réserves à noter et surtout un mauvais départ à corriger d'urgence dans les films suivants, si les studios en ont encore le courage et la volonté. Je l'espère de tout cœur.

samedi 8 juillet 2017

Batman Rebirth tome 1 - Mon nom est Gotham (Urban Comics - Juin 2017)


C'est enfin le grand moment que l'on attendait toutes et tous, le retour du véritable Batman sous la nouvelle ère de DC Rebirth. Dans cette nouvelle histoire qui commence, Bruce Wayne et ses fidèles alliés devront composer avec des menaces chaque jour plus insistantes de la part de super-criminels et autres organisations maléfiques. Quelque chose rôde dans la ville, quelque chose se trame à Gotham, les monstres arrivent... et pour y faire face, Batman sera aidé par deux nouveaux justiciers masqués baptisés Gotham et Gotham Girl ! Quelle est leur histoire ? Comment ont-ils obtenu leurs pouvoirs ? Qu'arrivera-t-il à la ville de Gotham maintenant qu'elle est défendue par de super-protecteurs ? Toutes ces réponses et bien plus encore dans ce premier tome, une histoire qui se révèle tour à tour comique ou tragique, de bons et grands moments sont partagés avec le lecteur et les émotions fortes seront riches et bien présentes tout au long de la lecture !

Avec ce premier tome c'est donc une nouvelle ère qui s'inaugure pour Batman, mais aussi pour l'univers de DC. Pour l'instant aucun lien n'est établi entre cette première histoire contenue dans son ensemble dans ce premier tome et la fameuse affaire du badge du Comédien, axe central de DC Rebirth, mais nous y viendront tôt ou tard. Les auteurs sont en grande forme, ce n'est pas vraiment comme au temps de Scott Snyder, peut-être que c'est un peu moins pointu, plus grand public, en tout cas c'est effectivement un point d'entrée idéal pour tout nouveau lecteur désireux de rejoindre les aventures du Chevalier Noir. Snyder est toujours là mais il est épaulé par Tom King et accompagné aux dessins par des rock-stars comme David Finch ou Ivan Reis, une bien belle équipe donc. Le tome 2 est d'ores et déjà programmé et s'intitulera Mon nom est Suicide, tout un programme quand on sait quel essor prend la désormais célèbre Suicid Squad d'Amanda Waller. Absolument à suivre !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

vendredi 7 juillet 2017

La V.O. du vendredi n°79 : Lady Death rules ! tome 1 (Coffin Comics - Juin 2017)


La légende est de retour... Lady Death revient enfin à la vie, ou ce que l'on peut appeler une vie au cœur des Enfers. Après 20 ans de longue absence, la voici finalement de retour dans la dimension infernale, dotée d'une nouvelle arme capable d'apporter la mort à toute créature malfaisante qui rencontre son chemin. Pendant 20 ans, elle a dormi d'un profond sommeil... pendant 20 ans, elle a vécu des aventures qui n'étaient qu'illusions, des rêves maudits... et aujourd'hui, elle réclame vengeance pour toutes ces années de sa vie dont on l'a privé ! Vengeance contre ceux qui ont jadis orchestré sa chute, vengeance contre ceux qui de nos jours se complaisent dans un bain de sang d'innocents qui n'en finit pas, vengeance contre les démons qui ont voulu la faire disparaître et la plonger dans une vie illusoire. Lady Death est bel et bien de retour, et elle compte faire chèrement payer à ses ennemis l'erreur de l'avoir laissé en vie ! Pour commencer elle va monter deux camps opposés l'un contre l'autre pour provoquer une guerre fratricide entre démons et natifs de l'Enfer, ce afin de faire sortir de son repaire le véritable coupable, le maléfique sorcier Séance, dont on dit que les pouvoirs rivalisent avec ceux de la sorcière blanche elle-même. Une occasion en or pour elle de tester cette réputation et sa nouvelle arme ! Puis, allant au secours d'une âme innocente avant qu'elle ne soit dévorée par l'Enfer, Lady Death va tenter de s'échapper par le Portail d'Hadès, afin de regagner la Terre. Mais il s'agit en réalité d'un nouveau piège et elle y perdra un allié précieux, tout en se faisant une nouvelle ennemie acharnée qui ne risque pas de l'oublier de sitôt. Et pendant ce temps sur Terre justement, les esprits et loa s'inquiètent du retour d'une ancienne trinité de puissances magiques aux pouvoirs démesurés, qui risque de plonger le monde dans le chaos absolu. Lady Death pourrait peut-être y mettre un terme... ou bien les forces supérieures devront-elles faire appel à une nouvelle combattante ?

Qu'on se le dise, Lady Death est bien enfin de retour telle que la voulait son créateur, Brian Pulido, sous son tout nouveau label Coffin Comics. Ce premier album relié rassemble les premiers chapitres de la nouvelle série Lady Death ainsi qu'un mot de l'auteur pour faire le point sur la carrière de son personnage fétiche et sur le financement participatif sans lequel tout cela n'aurait pu voir le jour. Disponible soit en reliure souple soit en cartonnée dure, ce premier tome rappelle le bon vieux temps des jours de Chaos! Comics, et la seule chose que l'on peut regretter c'est de ne pas pouvoir retrouver l'ensemble des personnages de l'époque, puisqu'ils sont dispersés entre plusieurs éditeurs de nos jours. Mais au moins nous avons la chance de pouvoir lire à nouveau les aventures de Lady Death, comme si ces 20 dernières années d'errances éditoriales n'avaient été qu'un mauvais rêve, dont le personnage se relève enfin et s'apprête à faire table rase, pour notre plus grand plaisir. Une série à suivre donc et à surveiller attentivement, car il faudra peut-être de nouveau l'aide du lectorat fidèle de la sorcière blanche pour la maintenir à ce niveau de qualité d'édition, très respectable d'ailleurs.

jeudi 6 juillet 2017

Im - Great Priest Imhotep tome 2 (Ki-Oon - Mai 2017)


Alors qu'ils enquêtaient sur la présence possible d'un Magai au sein d'un temple shinto, Imhotep et Hinome croisent le chemin d'un autre prêtre d'Amon, le jeune Harugo Misora, qui a autrefois perdu toute sa famille par la faute d'un Magai. On découvre alors à cette occasion que la personne qui a créé les Magai n'est autre qu'Imhotep lui-même. La révélation est dure à encaisser et le combat tourne court, Im parvenant à soliciter le pardon de son adversaire pour un temps seulement. Mais les dieux seuls savent ce qui se passera à leur prochaine rencontre...
Et justement, nous aurons en majorité droit dans ce volume à un flashback revenant 3000 ans plus tôt, dans l'Ancienne Égypte, à l'époque où Im était encore le prêtre le plus aimé et redouté à la fois de son ordre. Nous découvrirons avec horreur les circonstances qui ont permis qu'Im soit scellé jusqu'à notre siècle, et l'horrible trahison dont il fut victime, lui ainsi que le meilleur et seul ami qu'il ait jamais eu en ce monde. Un sort tragique qui commencera à expliquer les véritables raisons du retour d'Im dans le monde mortel et sa vraie mission, en plus d'exorciser les Magai dont il est responsable.

Une plongée saisissante dans le passé d'Im, qui lève d'un coup le voile sur le mystère de son retour et de sa mission divine, ou plutôt punition devrait-on dire. Ce second tome repose presque entièrement sur son flashback qui nous ramène à l'époque de l’Égypte Antique, et l'auteure parvient à nous transporter sans peine dans ce monde qui a bercé la civilisation. On sent une certaine connaissance des us et coutumes de ce temps, ainsi que des positions respectives du clergé et de la maison royale. Tout est fait pour que le lecteur puisse lire une histoire aussi simplifiée que possible sans être pour autant débilitante et surtout rester de qualité. Et effectivement, l'histoire gagne une nouvelle profondeur suite à ce voyage dans le passé, et le retour au présent s'annonce des plus mouvementés pour la suite de la série. Rendez-vous bientôt pour le tome 3 !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 5 juillet 2017

Spider-Man - L'enfant intérieur (Panini Comics - Juin 2017)


L'heure est enfin venue approfondir les personnalités de Vermine et du nouveau Bouffon Vert, Harry Osborn lui-même. Pour Vermine il s'agit d'une traque sans relâche dans les méandres de son passé et de sa mémoire, des traumatismes bouleversants qu'il a subi dans sa jeunesse et des expériences malveillantes qui ont fait de lui cet homme-rat cannibale qui terrorise la ville entière. Spider-Man va devoir mettre de côté ses propres peurs et doutes afin de retrouver Vermine, Edward, avant qu'il ne soit trop tard et qu'il ne commette l'irréparable. Mais Peter Parker va également devoir faire avec ses propres démons et fantôme du passé qui ressurgissent quand le Bouffon Vert s'en prend directement à lui et lui fait inhaler un gaz le plongeant dans une transe hypnotique et réveillant les plus sombres aspects de sa personnalité. Si pour Vermine les chances de rédemptions sont minces, il en est d'autant plus le cas avec Harry, qui sombre totalement dans la folie destructrice qui habitait son père, au point de s'en prendre à sa propre famille sous couvert de vouloir les protéger du monde extérieur. Quel que soit le plan tordu du Bouffon, Spider-Man devra lutter comme jamais pour pénétrer au cœur de la démence de son ancien meilleur ami, et l'aider à surmonter ses propres traumatismes, avant qu'il ne soit trop tard et que Harry ne disparaisse totalement, dévoré par la personnalité du Bouffon.

C'est un gros album que celui-ci, dans la belle collection ''Marvel Vintage'' qui a jusque là su séduire son public avec des récits de qualité. Ici il est donc question d'un trio bien singulier, celui que forment Spider-Man, Vermine et le Bouffon Vert. Trois êtres détruits par leur passé et leurs traumas, trois personnalités au bord du gouffre qui luttent chaque jour pour tenir le coup et échapper aux ombres de leur enfance. Il est surtout question de rédemption, en effet c'est le thème principal que l'on retrouve pour ces trois personnages : Edward (Vermine) peut-il s'amender de ses crimes épouvantables et redevenir un être humain en acceptant l'aide d'autrui ? Peter peut-il surmonter sa culpabilité vis à vis de son oncle Ben ou bien encore, plus profondément enfouie, celle qu'il ressent vis à vis de ses parents ? Et Harry pourra-t-il échapper au cruel souvenir déformé de son père et de la folie qui coule dans ses veines et menace ses proches ? La réponse se trouve en chacun d'eux, quelque part, enterrée sous des années de dures expériences et séquelles dramatiques. Mais une chose est sûre cependant, c'est qu'aucun des trois n'arrivera à s'en relever sans l'aide des autres. Magnifique histoire donc que ce grand arc présenté dans cet album, une histoire touchante à plus d'un titre et terriblement personnelle, à lire pour tous les amateurs du ton plus sérieux et adulte que les séries sur Spider-Man ont pu prendre vers la fin des années '80.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 3 juillet 2017

La question du lundi n°42 : Est-il nécessaire de tuer pour vaincre ?


Si vous suivez assidûment les émissions du blog, vous savez que c'est lors de l'émission numéro 9 sur Wonder Woman que la question est apparue sans prévenir. En parcourant la filmographie des super-héros au cinéma, on est forcé de constater que le genre répond souvent aux mêmes critères. C'est une règle pour ce genre de récit ; le héros a une volonté propre, un objectif à atteindre et pour réussir il doit lutter corps et âme contre une force antagoniste, souvent une idéologie différente de la sienne. Si on fait abstraction du mal ou bien fondé de cette idéologie, on peut alors distinguer deux types de forces antagonistes : Physique ou spirituelle.
Dans le premier cas l’idéologie d’opposition est portée par un personnage physique, un super vilain ! C'est un cas très répandu dans cet univers. Batman a son Joker là où Spider-Man a son Bouffon Vert. Les exemples sont nombreux. On peut même retrouver cette règle dans quasiment tous les films d’action/aventure. Ici le protagoniste principal devra vaincre son adversaire pour arriver à ses fins. Vaincre ne veut pas dire tuer.
Dans le deuxième cas, notre héros lutte contre une idée générale portée par un groupe de personnes, voir l’ensemble de l’humanité. Dans ce cas il ne s'agit plus de vaincre un super vilain mais bien une entité qu’on ne peut atteindre qu’avec des mots et arguments valables. Le combat prend forme de débats (bon souvent au cinéma on veut de la bagarre, d'où les débordements physiques intercalés par des phases d’explication).
C'est ce dernier type de situation que nous traiterons d'abord. Puis nous nous attacherons aux super-vilains, antagonistes physiques de nos héros.

Le Super héros seul face au monde :

Notre vaillant super-héros, se retrouve confronté à un super-vilain intouchable puisque spirituel. Il est nécessaire pourtant de vaincre cette force. Alors il faudra user de ruse et de stratégie, on sort des clous. Vaincre une idée, comment faire ?
On peut évidement penser à éliminer tout les porteurs de cette idée (quand il sont peu nombreux). Une solution simple, qui fait l’objet de beaucoup de films. Mais le mode de pensée existera toujours quelque part, ou pourra tout simplement renaître ailleurs dans une autre époque. Non ! Notre héros ne peut procéder ainsi. De plus c'est un super-héros, il ne peut éliminer bêtement et consciemment autant de monde.
Ce qu’il faut c’est vaincre en faisant évoluer le mode de pensée. Peu de films traitent cet aspect, on peut noter The Dark Knigth qui met en scène un Joker convaincu que les Gothamiens ont un fond cruel et égoïste. Il les met donc à l'épreuve ; deux péniches, l’une avec les pires criminels de Gotham et l’autre avec ses citoyens. Chacun a le pouvoir de détruire le navire de l’autre, ou se verra couler par le fond au bout du temps impartit (cruel ce Joker quand il s’y met). Convaincu que les habitants de Gothan sont tous corrompus, violent et sans scrupules ; le Joker est surprit quand rien ne se passe. Le Batman lui, croit au bon fond des humains et n’intervient que pour capturer son ennemi. Et c’est ce qu’il fait. L'idée antagoniste au héro est tout simplement détruite par les habitants et criminels de Gotham eux mêmes, pas besoin d'éliminer le Joker !
C’est vrai il peut recommencer, ou avoir des idées pires, et le tuer prendrait du sens. Mais là encore les différents récits entre ces deux ennemis de toujours montrent au final que l’un n’a d'intérêt que pour l’autre, Ce qui limite la casse. Le justicier doit rester maître de son choix et en assumer les conséquences.
Wonder Woman reprend un peu ce principe de combat par la pensée, mais c’est bien moins visible. Tout est dans une réplique de Steve Trevor : « peut être qu’ils sont naturellement mauvais » (réplique plus ou moins exacte) ! Il laisse entendre ici l’existence d’une maladie récurrente qui pousse les humains à s’entretuer en masse ! Arès vient par la suite confirmer cette version ! Avant cette réplique, tout semble aller dans le sens de Diana qui pense que Arès corrompt les humains.
Wonder Woman est devant un choix : comment changer ce mode de pensée ? Tuer tous les humains ou leur montrer l’exemple. Ici aussi il n’est pas nécessaire de tuer pour vaincre, Diana a fait son choix. Certes Arès n’est plus (ou pas, qui sait), mais il y a quelques situations extrêmes.
« Tuer pour vaincre », non ce n’est pas nécessaire. Cela dit, le débat reste ouvert !

vendredi 30 juin 2017

La V.O. du vendredi n°78 : Excalibur tome 3 - House of M prelude (Marvel - Septembre 2005)


Magneto a recouvré l'usage de ses pouvoirs et a réussi à ramener sa fille, Wanda, la Sorcière Rouge, sur Genosha afin qu'elle puisse bénéficier de l'aide de Charles Xavier pour maîtriser ses pouvoirs et ses troubles psychologiques. Six mois passent ainsi, alors que dans le reste du monde la nouvelle du retour de Magneto inquiète. Pendant ce temps, Zanzibar est soudain attaquée par une escouade d'Armuriers, des chasseurs de mutants avides de pouvoirs et de richesses, qui visent principalement les défenses et ressources du pays. Paige et Angel, des X-Men, sont heureusement sur place et organisent la résistance en attendant des renforts qui viendront contre toute attente des jeunes recrues de Genosha, désireux de montrer au monde entier que les mutants ne sont pas tous un danger ou une menace. Alors que l'invasion tourne court et que les Armuriers se rendent après leur défaite, de mystérieuses tractations ont lieu dans l'ombre...
Et enfin, de retour sur Genosha, Charles Xavier et le Docteur Strange mettent en commun leurs pouvoirs et leurs connaissances pour venir en aide à Wanda en tentant de comprendre les mécanismes de ses pouvoirs et de sa folie. Mais ce voyage psychique ne sera pas de tout repos et révèlera des pans entiers du passé de Xavier ainsi que ses doutes et pires craintes pour l'avenir. Et si la seule solution était le sacrifice ?

Troisième et dernier tome pour la troisième série mutante Excalibur. Un tome qui se veut être la préquelle de House of M, l'un des meilleurs events Marvel qui soit. Charles Xavier est mis face à ses contradictions et à ses peurs, liées tant à son passé qu'au présent qu'il tente de construire avec l'aide de Magneto. Les trois premiers chapitres présentent une aventure commune de certains X-Men et des recrues de Genosha, histoire de consolider les rapports entre les différentes équipes, tandis que le quatrième et ultime chapitre de ce dernier tome explore les souvenirs de Xavier et, finalement, le place face au choix le plus important de sa vie. Lire House of M pour connaître la suite, c'est une lecture vivement recommandée !

lundi 26 juin 2017

Emission #9 - Wonder Woman, le film (2017)


Salut à tous, aujourd'hui petite conversation entre amis sur le dernier-né de l'écurie DC/Warner au cinéma, le film Wonder Woman de Patty Jenkins avec Gal Gadot dans le rôle-titre !

vendredi 23 juin 2017

La V.O. du vendredi n°77 : Southern Nightgown tome 1 (Rothic Comics - 2012)


Satin Larson est une jeune adolescente de 16 ans qui a perdu sa mère dès la naissance, et qui vient de perdre sa grand-mère. Alors qu'elle se prépare pour la cérémonie et l'enterrement, elle revient l'espace d'un instant sur sa vie et les histoires que Gran pouvait lui raconter, sur d'autres lieux, d'autres mondes enchantés et enchanteurs, des mondes non loin de celui-ci mais aux règles si différentes. Avec ses trois amies Savanna, Clare et Vienna, Satin assiste aux funérailles solitaires sous le regard d'un dieu auquel elle a bien du mal à croire. S'échappant dans le rêve et la mélancolie, elle disparaît peu à peu et s'enfonce dans un univers fait de magie, de créatures fantastiques et de splendeurs insolites. Mais pourra-t-elle seulement regagner le monde mortel à nouveau, ou bien son esprit s'est-il perdu en chemin ? Alors qu'au Lycée tout le monde se prépare à la fête, Satin de son côté se permet de rêver ne serait-ce qu'un peu à un autre univers, un autre monde, en compagnie de Joe Black, un ami de longue date et petit-ami de Clare, avec qui il vient à nouveau de rompre. Une soirée solitaire entre deux amis tourne à la rêverie et chacun s'imagine dans la peau d'un autre, d'un ailleurs bien meilleur qu'ici. Avera, Georgie, est une prison dorée dont rien ne s'échappe jamais, à moins de connaître les ponts vers les autres mondes et d'avoir le courage de les arpenter... jusqu'à se perdre en chemin.

Southern Nightgown c'est avant tout un peu de l'histoire personnelle de JP Roth, l'auteure, telle qu'elle peut nous la raconter au début de ce magnifique petit album. Une jeune femme qui grandit dans un endroit très strict et conservateur, sous une doctrine qui ne lui convient pas, et qui cherche plus que tout à s'en échapper par le rêve et la création personnelle. Elle s'invente trois amies qui l'accompagnent dans tous les temps forts de sa vie, les moments durs comme les rares joies, jusqu'à la libération et l'épanouissement après plusieurs voyages qui forgeront sa personne et sa vie. Bien plus intimiste que Ancient Dreams chroniquée ici précédemment, cette histoire-ci vous prend au cœur et ne vous lâche plus jusqu'à la dernière page, grâce également aux dessins magnifiques de Dawn McTeigue qui signe ici l'un de ses premiers travaux complets. Je ne peux que vous conseiller cette lecture, pleine de poésie et de mélancolie, une lecture émouvante et de qualité dans un monde de super-productions stéréotypées.

Il existe apparemment deux éditions de ce premier (et pour le moment unique) tome de Southern Nightgown, à vous de choisir en fonction de celle sur laquelle vous tomberez en faisant vos recherches. J'ai réussi à me procurer les deux, le contenu est inchangé de l'une à l'autre, il doit certainement s'agir de la première édition puis de la réédition plus récente. Patientons désormais en attendant la suite !

jeudi 22 juin 2017

Alice in Murderland tome 5 (Pika - Mai 2017)


Qui est véritablement l'individu qui se fait passer pour le grand frère Zéno depuis tout ce temps ? La réponse se cache dans les souvenirs de Stella, ainsi que dans ceux de sa grande sœur Ibara, qui enquête elle aussi sur ce mystère obsédant. Alors qu'elle fait face à l'horrible vérité, Stella se change en Alice et décide de tuer l'imposteur, quel qu'en soit le prix. Sur l'autel des trois piliers de la famille Kuonji, l'affrontement décisif éclatera et personne ne sera en mesure de l'arrêter, car cette fois-ci Alice a bien l'intention d'aller jusqu'au bout et ne compte pas être dérangée par les états d'âme de Stella. Libérant tout son pouvoir, elle parvient à les transporter, Zéno et elle, hors de la propriété des Kuonji pour un duel meurtrier au cœur de la ville. Qui sortira vainqueur ? Et surtout, Stella parviendra-t-elle à reprendre le dessus sur une Alice déchaînée ?

Cinquième tome et l'on fait une petite pause sur l'intrigue générale pour se focaliser sur celle concernant Stella et Zéno, qui évolue grandement depuis la révélation faite dans le tome précédent. Kaori Yuki en profite pour nous éblouir avec son style graphique si unique, comme toujours à la pointe de la perfection, et avec un nouveau personnage grâce à l'entrée en scène musclée de la grande sœur Ibara, incarnation-même de ce style très reconnaissable. La véritable nature de Zéno enfin dévoilée, il se pourrait que les choses changent de façon irrémédiable pour le tandem qu'il formait avec Stella, à moins que l'intervention de Tsukito ne parvienne à la ramener de l'endroit où son esprit se trouve tandis qu'Alice poursuit son massacre...

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !