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lundi 18 mai 2020

Joker - L'homme qui rit (Urban Comics - Septembre 2019)


Gotham City, une ville sombre où un justicier encore plus sombre fait régner la loi et l’ordre conjointement avec les forces de police. Celles qui ne sont pas corrompues, du moins. Cette cité a déjà vu son lot d’horreurs par le passé… mais le pire reste encore à venir.

La découverte d’un véritable charnier dans un entrepôt abandonné met la police à rude épreuve. Chaque corps est atrocement défiguré en une sinistre parodie de sourire, la beau blanchie. Selon le Batman, quelqu’un se serait entraîné à maîtriser une sorte de poison pour tuer tous ces gens, mais dans quel but ? La question ne restera pas longtemps en suspend car l’assassin se fait soudain connaître de tous via la télévision. Celui que la presse surnomme bien vite le Joker, à cause de sa peau blanche et de son sourire figé, annonce à tous les citoyens de Gotham une série de meurtres à venir parmi les plus riches dignitaires de la ville, dont Bruce Wayne entre autres.

Très vite c’est la panique qui prend le dessus et Batman et la police sont au coude à coude pour résoudre cette affaire avant que les cadavres souriant ne s’accumulent. Pour le plus grand détective du monde, il y a forcément une logique derrière toute cette débauche de folie, une raison qui pousse le Joker à tuer de cette façon. En remontant le fil, Batman s’apprête à faire la rencontre de son pire ennemi et à sauver la ville d’un horrible meurtre de masse.

Dans la seconde partie de l’album, nous retrouvons la police de Gotham aux prises avec un sniper qui envoie un compte à rebours avant chacune de ses victimes. Très vite le tireur se révèle être le Joker, qui terrorise la ville entière en piratant les systèmes informatiques pour délivrer son sinistre message. L’enquête piétine et les quelques interventions publiques du Batman n’aident pas vraiment les inspecteurs à cerner le criminel. Le règne de terreur du Joker, à quelques jours de Noël, va chambouler toutes les sphères de Gotham et plonger la cité dans le chaos si rien n’est fait pour le contrer…

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Cet album compile deux histoires, la première étant une réécriture de la première apparition du Joker à Gotham et de son crime le plus célèbre à l’époque. Les auteurs y ajoutent des éléments plus modernes afin que le récit soit, en quelques sortes, intemporel et puisse être lu et compris par tout le monde, ce qui est une plutôt bonne idée. Le dessin va à l’essentiel, on sent l’hommage au Batman – Année Un de Frank Miller par exemple et c’est vraiment bienvenu, comme une sorte de suite.

L’autre récit est tiré des albums de la série Gotham Central des années 2000 qui se focalisait sur les actions de la police de la ville en parallèle de certaines enquêtes de la Chauve-Souris. Cet extrait traite lui aussi du Joker et de son rapport à la ville et à ses grandes têtes, et l’on constate bien vite tout comme les personnages principaux que la police n’est là que pour servir de spectateurs au combat acharné que se livrent le Joker et Batman avec Gotham comme terrain de jeu. On ressent vraiment le désespoir de ces inspecteurs qui sont dépassés par ce qui arrive et qui en viennent, parfois, à douter et à franchir certaines lignes pour trouver des réponses. C’est plutôt brillant mais la façon de raconter, la narration, est vraiment différente des histoires habituelles de Batman, ce qui peut dérouter.

L’homme qui rit est un récit emblématique et fondateur du mythe du Joker, et Urban a eu une riche idée en le publiant l’an-dernier dans ce volume. Quant à Gotham Central, si vous aimez le ton et l’ambiance très sombres de cette série sachez qu’elle est disponible chez Urban également en trois tomes il me semble et que vous y verrez passer certains des plus grands méchants de l’univers du Chevalier Noir, du point de vue des forces de police toujours.

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

mercredi 16 octobre 2019

DC Poster Portfolio - Jim Lee (DC Comics - Septembre 2019)


Second portfolio paru chez DC avec des posters en grand format que vous pouvez détacher et encadrer ou bien tout simplement conserver en livret collector et luxueux, cette fois-ci c'est le grand et l'incomparable Jim Lee qui est mis à l'honneur !

Grâce à vingt couvertures tout bonnement géniales, (re)découvrez le mythe de cette véritable icône du monde des comics, un homme qui connait le succès depuis le début des années 1990 et qui est désormais, et ce depuis quelques années maintenant, l'un des grands cerveaux chez DC pour la refonte de son univers depuis les New52, tout en ayant dans les années 2000 participé à beaucoup de séries classiques et surtout à beaucoup de chefs-d’œuvre du genre autour des personnages les plus emblématiques. On peut surtout citer Batman – Silence et Superman – Pour Demain, deux histoires dessinées entièrement par Jim Lee au sommet de son talent et que vous pouvez d'ailleurs retrouver chez Urban et bien sûr ici sur Radiophogeek parmi les premiers articles datés de Juin 2014.

Autant dire que le bonhomme a dessiné pas mal de héros et de vilains, et comme de juste il y a du beau monde dans ce portfolio de folie : Batman, Catwoman, Superman, Wonder Woman, Harley Quinn, le Joker, Green Lantern, Flash... pratiquement tous les grands noms actuels et d'hier sont passés sous les crayons de l'artiste, alors franchement faites-vous un gros gros plaisir et procurez-vous ce grand album, à seulement 24,99€ on aurait tort de s'en priver !

Vous pourrez ainsi profiter tout votre saoul de l'art de Jim Lee à son meilleur niveau, reprenant des périodes entières de l'histoire de Batman comme avec les couvertures de The Dark Knight Returns ou encore All-star Batman & Robin et bien entendu Silence pour laquelle vous retrouverez plusieurs illustrations. Pour ma part, ma petite préférence personnelle va à la sublime guerrière Amazone pour laquelle vous trouverez un poster absolument à tomber, riche de détails et puissant tant dans la forme que le fond, le visuel comme l'évoqué. Le soucis du détail, la puissance des personnages qui est traduite à merveille par les traits fins et racés, la précision, et aussi le travail formidable des coloristes et encreurs attitrés de Jim Lee, tout cela est réuni dans ce très beau portfolio qu'il est vraiment indispensable de posséder si vous êtes un fan de la première heure ou bien un nouveau venu !

Merci beaucoup à DC d'avoir créé cette collection prestigieuse à petit prix, et merci à des librairies indépendantes comme Original Comics de nous permettre de se les procurer sans abus et avec facilité !

Sur ce, je vous laisse vous faire votre propre avis et je vous souhaite une bonne lecture, en espérant vous retrouver bientôt pour un nouvel article !

lundi 3 juillet 2017

La question du lundi n°42 : Est-il nécessaire de tuer pour vaincre ?


Si vous suivez assidûment les émissions du blog, vous savez que c'est lors de l'émission numéro 9 sur Wonder Woman que la question est apparue sans prévenir. En parcourant la filmographie des super-héros au cinéma, on est forcé de constater que le genre répond souvent aux mêmes critères. C'est une règle pour ce genre de récit ; le héros a une volonté propre, un objectif à atteindre et pour réussir il doit lutter corps et âme contre une force antagoniste, souvent une idéologie différente de la sienne. Si on fait abstraction du mal ou bien fondé de cette idéologie, on peut alors distinguer deux types de forces antagonistes : Physique ou spirituelle.
Dans le premier cas l’idéologie d’opposition est portée par un personnage physique, un super vilain ! C'est un cas très répandu dans cet univers. Batman a son Joker là où Spider-Man a son Bouffon Vert. Les exemples sont nombreux. On peut même retrouver cette règle dans quasiment tous les films d’action/aventure. Ici le protagoniste principal devra vaincre son adversaire pour arriver à ses fins. Vaincre ne veut pas dire tuer.
Dans le deuxième cas, notre héros lutte contre une idée générale portée par un groupe de personnes, voir l’ensemble de l’humanité. Dans ce cas il ne s'agit plus de vaincre un super vilain mais bien une entité qu’on ne peut atteindre qu’avec des mots et arguments valables. Le combat prend forme de débats (bon souvent au cinéma on veut de la bagarre, d'où les débordements physiques intercalés par des phases d’explication).
C'est ce dernier type de situation que nous traiterons d'abord. Puis nous nous attacherons aux super-vilains, antagonistes physiques de nos héros.

Le Super héros seul face au monde :

Notre vaillant super-héros, se retrouve confronté à un super-vilain intouchable puisque spirituel. Il est nécessaire pourtant de vaincre cette force. Alors il faudra user de ruse et de stratégie, on sort des clous. Vaincre une idée, comment faire ?
On peut évidement penser à éliminer tout les porteurs de cette idée (quand il sont peu nombreux). Une solution simple, qui fait l’objet de beaucoup de films. Mais le mode de pensée existera toujours quelque part, ou pourra tout simplement renaître ailleurs dans une autre époque. Non ! Notre héros ne peut procéder ainsi. De plus c'est un super-héros, il ne peut éliminer bêtement et consciemment autant de monde.
Ce qu’il faut c’est vaincre en faisant évoluer le mode de pensée. Peu de films traitent cet aspect, on peut noter The Dark Knigth qui met en scène un Joker convaincu que les Gothamiens ont un fond cruel et égoïste. Il les met donc à l'épreuve ; deux péniches, l’une avec les pires criminels de Gotham et l’autre avec ses citoyens. Chacun a le pouvoir de détruire le navire de l’autre, ou se verra couler par le fond au bout du temps impartit (cruel ce Joker quand il s’y met). Convaincu que les habitants de Gothan sont tous corrompus, violent et sans scrupules ; le Joker est surprit quand rien ne se passe. Le Batman lui, croit au bon fond des humains et n’intervient que pour capturer son ennemi. Et c’est ce qu’il fait. L'idée antagoniste au héro est tout simplement détruite par les habitants et criminels de Gotham eux mêmes, pas besoin d'éliminer le Joker !
C’est vrai il peut recommencer, ou avoir des idées pires, et le tuer prendrait du sens. Mais là encore les différents récits entre ces deux ennemis de toujours montrent au final que l’un n’a d'intérêt que pour l’autre, Ce qui limite la casse. Le justicier doit rester maître de son choix et en assumer les conséquences.
Wonder Woman reprend un peu ce principe de combat par la pensée, mais c’est bien moins visible. Tout est dans une réplique de Steve Trevor : « peut être qu’ils sont naturellement mauvais » (réplique plus ou moins exacte) ! Il laisse entendre ici l’existence d’une maladie récurrente qui pousse les humains à s’entretuer en masse ! Arès vient par la suite confirmer cette version ! Avant cette réplique, tout semble aller dans le sens de Diana qui pense que Arès corrompt les humains.
Wonder Woman est devant un choix : comment changer ce mode de pensée ? Tuer tous les humains ou leur montrer l’exemple. Ici aussi il n’est pas nécessaire de tuer pour vaincre, Diana a fait son choix. Certes Arès n’est plus (ou pas, qui sait), mais il y a quelques situations extrêmes.
« Tuer pour vaincre », non ce n’est pas nécessaire. Cela dit, le débat reste ouvert !